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«Accent grave» soutient des projets africains
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Yannick Hambanou préside une association dont l’objectif est de soutenir les Africains en leur donnant «une canne à pêche plutôt qu’un poisson». Depuis son poste chez DSC à Creil, il œuvre pour faire reculer la pauvreté dans son continent d’origine.
Quand Yannick Hambanou
lit qu’un jeune de son pays a tenté de gagner la France en se cachant dans le train d’atterrissage d’un avion, son cœur se serre. Submergé par la révolte, il sait qu’il est impératif de passer à l’action, et décide de mettre en place des «outils de développement». En août dernier, il crée «Accent grave», une organisation non gouvernementale qui entend aider hommes et femmes à se prendre en main.L’homme qui s’occupe des commissions sur vente et des honoraires chez DSC à Creil maîtrise bien son sujet. Et il ne manque pas de motivations : «Quand je retourne au Congo Brazzaville, je vois des jeunes diplômés sans boulot. C’est le chaos. Et moi, j’ai 45 ans, je suis propriétaire, j’ai une femme et trois enfants, beaucoup de chance aussi.» Passé le constat, il sait qu’avec les personnes qui l’ont suivi dans cette aventure, il peut faire beaucoup.
Et il remercie déjà ceux qui, chez DSC, l’ont soutenu dans l’élaboration des statuts, le logo, et le site Internet de son ONG.
Soutenir tous les porteurs de projets
Yannick Hambanou veut aider des porteurs de projets d’entreprise créateurs d’emplois. «Jeune ou vieux, car il n’y a pas que les jeunes qui ont de bonnes idées», revendique- t- il. «Dans ces pays, on pense qu’entreprendre est réservé à une élite. Il faut casser cette idée.» Pour faire sortir de leur isolement ces gens qui apporteront un nouveau souffle à l’Afrique, il a monté un centre de recherche et de documentation pour la création d’entreprise. «Dans cette maison, chacun peut venir obtenir des
conseils; échanger des idées et se documenter sur la création ou la reprise d’entreprise. C’est aussi un endroit où l’on peut surfer sur Internet. » Très peu utilisé en Afrique, le web est un outil dont la démocratisation est prioritaire: pour apprendre, comparer, confronter les savoir-faire, estime M. Hambanou. «Une fois éveillée l’envie de se lancer, il faut pouvoir apprécier le projet, aider à son montage et le suivre.» explique-t-il.
Evaluer et soutenir
L’un des outils que propose l’ONG est un cahier des charges pré- établi, pour celui qui envisage de créer son entreprise. Le candidat doit ensuite passer par la phase d’analyse de ses compétences. «Il y a un tel écart entre ce qu’ils ont appris à l’école et ce qui se passe sur le terrain!», se plaint M. Hambanou dont l’expression favorite, «entreprendre pour apprendre» résume bien la philosophie.
Le second temps de l’aide est donc un moment d’évaluation: traquer les points faibles du futur chef d’entreprise et développer avec lui ses aptitudes managériales. Pendant six mois au moins, celui qui a reçu une aide bénéficiera ensuite d’une forme de tutorat. «Cette idée, je l’emprunte à ma propre entreprise, sourit le président de l’ONG. Chez DSC, nous pratiquons le reporting : des arrêts de compte mensuels que nous communiquons à Point. P.» Sachant que tout projet de micro entreprise peut prétendre à un prêt à taux zéro allant de 1000 à 7500euros, «Accent grave» a décidé de verrouiller au maximum en investissant 60% de la somme dans l’achat du matériel et en ne gardant que 40% pour les actifs circulants. «Cela évitera les dérapages», concède prudemment M. Hambanou.
Tout est en ordre, reste à lancer la machine. Le président et la trésorière se rendent cet été au Congo Brazzaville pour installer le centre. L’initiative est soutenue par deux parrains: le député de l’Oise Edouard Courtial et l’écrivain Viviane Forestier.
Après son pays natal, Yannick Hambanou souhaite étendre son association à la République
démocratique du Congo, puis au Gabon et à l’Angola.
? S. H.
SOIF D’IDÉES, DE SAVOIR ET… DE FINANCES
Pour cet été, «Accent grave» a besoin de fonds financiers et de matériel informatique. Peu importe PC ou Mac,
pourvu que les ordinateurs fonctionnent et donnent accès à Internet. L’ONG a déjà reçu d’Office Dépôt tout ce qui lui était nécessaire en fournitures de bureau. La société Agedis a mis à sa disposition des transporteurs jusqu’à Creil où tout est stocké en attendant le voyage. Les six membres de l’association, très motivés et
d’horizons très divers, sont malgré tout preneurs de tout contact ou toute idée qui leur permettrait d’aller plus loin ou plus vite dans leur projet.
Le second volet de leur réflexion concerne l’agriculture. Comment se fait-il que, dans un pays où la terre est fertile, les gens meurent de faim? s’interrogent-ils. Sur ce sujet, leur démarche a vivement intéressé les autorités françaises : en février, invité par les ministères des Affaires étrangères et de la Coopération, «Accent grave» a participé à une table ronde à l’Agence française de développement. L’association organise, à son tour, une table ronde dans l’Oise et souhaite y associer tous ceux qui peuvent contribuer à faire avancer sa réflexion. Une école d’agriculture serait aussi la bienvenue.
Contact : accent. grave@hotmail. fr

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