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LE FANTOME DU QUAI D'EN FACE de guy alexandre sounda/Editions Dédicaces/Montréal, Québec.
Ce texte convoque implicitement un lieu intemporel. Disons mieux : un préau sans âge avec des ombres colorées qui défilent interminablement, un lieu inscrit au-delà de notre norme-alitée. Puis un personnage qui navigue entre l'irréel et le réel. Jonazs (ex-lésionnaire). Fantôme des temps modernes ? Ses mots braquent nos maux du doigt. Ceux que nous refusons de voir autour de nous, en nous et voire au-delà de nous.
Ensuite une valise dont le contenu nous renvoie à nos puérilités refoulées et à nos âneries lamentables : celles que nous nous tuons à cacher au plus loin de nous, à l'abri des regards curieux et sournois. Cette valise est un vrai bazar de babioles qu'il a patiemment collecté au gré de ses errances fantomatiques comme de précieux souvenirs d'une ère lointaine.
Puis une voix, celle d'un type largué au fond des oubliettes. Un ex-lésionnaire à qui l'on a flanqué un destin aux allures d'une fable pondue par un clochard rongé par l'hiver et le vin sur un banc solitaire, entre Barbès et Château Rouge. Elle claironne ses douleurs dès les premières secondes sous un ton caustique et drôle, comme pour nous donner à rire et à réfléchir en même temps. Elle exhume un homme ordinaire coincé sous le paillasson à cause d'une minable étourderie : de méchantes langues ont fait croire à tous ses proches ainsi qu'à sa propre femme qu'il est mort à la guerre en mille morceaux irrécupérables dans un caniveau. La voix explose pour faire renaître une vie que le monde croit à six pieds sous terre.
Un fantôme ? Plutôt un écorché qui s'accroche à sa parole pour nous raconter les recoins d'une histoire, la sienne, lardée de débrouillards, de geignards, de grognards, de roublards. Tout un joli petit monde souterrain qui barbote sur le pavé et à qui il prête son corps le temps d'une valse et d'un coup de gueule dans la mare. Chaque matin que le ciel fabrique, il se livre à une tâche délicate qui est celle de recoller ses propres morceaux éparpillés comme des grains de sel sur le pavé.
Petite biographie de Guy Alexandre Sounda par lui même
dernière note biodégradable : UN PARCOURS TISSE AVEC DU FIL A RETORDRE

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Bulletin-Littérature
Jeudi 6 Août 2009 à 12:30:00
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(Canada, Congo-Brazza )
Littérature : le Congolais Guy-Alexandre Sounda publié par un éditeur québécois
Le Fantôme du quai d'en face du Congolais Guy-Alexandre Sounda va être publié par la maison d'édition québécoise les Éditions Dédicaces. Une sortie programmée pour le mois d'octobre. Une bonne nouvelle pour cet auteur et comédien congolais, qui navigue entre Afrique, Europe et Amérique du Nord.fantôme du quai d'en face
Guy-Alexandre Sounda a découvert l'univers du théâtre par hasard : pour se rapprocher d'une jeune fille dont il est amoureux, il s'inscrit aux cours de théâtre du collège. Il ne filera finalement jamais le parfait amour avec la camarade de classe en question, mais se découvre un amour fusionnel et passionné pour le poème, la dramaturgie et le récit. Ce coup du sort, favorable s'il en est, va conditionner l'existence de ce Brazzavillois. Et lui ouvrir de larges horizons : après des études de théâtre et de droit à Brazza, puis à Pointe-Noire, où il enseigne entre 1994 et 2002, il parcourt le continent (Cotonou, Abidjan, Dakar, Niamey, Bamako, Ouagadougou), puis l'Europe.
Une rencontre avec un SDF l'inspire pour sa pièce. Il pose en effet ses valises en Italie et effectue quelques allers-retours à Paris. C'est d'ailleurs en se rendant dans la capitale française qu'il va, sur un énième coup de pouce du destin, écrire la pièce Le Fantôme du quai d'en face. Alors qu'il vient pour mettre en scène une autre pièce de sa création Le Gardien de nuit en pyjama, il rencontre un SDF sans papiers à la gare de Bercy. Alpagué par cet homme, Guy-Alexandre Sounda s'assied et écoute ce naufragé de la vie, privé de papiers d'identité.
Cette rencontre va faire mouche et inspirer le Brazzavillois, qui prend sa plus belle plume, affûtée et militante comme toujours. Il en sort cette pièce engagée et caustique, qui dénonce les conditions et les injustices sociales que doivent affronter les sans-papiers. Une œuvre qui appelle le lecteur et spectateur (Le Fantôme du quai d'en face sera joué le 5 octobre au Théâtre du Point-Virgule, à Paris) a une analyse profonde de la vie des sans-papiers, hommes et femmes de l'ombre, que l'on côtoie chaque jour sans forcement s'interroger sur leur quotidien. Le Fantôme du quai d'en face montre ce que l'on refuse de voir, sans pour autant s'ériger en donneur de leçowns. Le tout, d'un style décalé et décapant. À lire dès sa sortie le 5 octobre prochain.
À la fin du mois, Guy-Alexandre Sounda s'envolera pour le Québec. Pour la sortie de son livre bien sûr, mais également pour le Festival international de théâtre de Mont-Laurier, organisé par l'association Double Défi. Il y sera membre du jury et présentera quelques spectacles hors compétition. Outre-Atlantique, l'actualité de Guy-Alexandre Sounda est donc bien chargée. Et ce n'est qu'un début...
Pour tous renseignements :
www.dedicaces.com
http://sounda.skyrock.com
www.doubledefi.qc.ca
Camille Delourme