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Le poids de la culture dans la presse du Congo Brazzaville

Quelques remarques et impressions sur la presse congolaise achetée à Brazzaville au cours de deux séjours (mai et juillet 2009) et quelques journaux congolais reçus en Belgique. Un suivi plus long pourrait sans doute mener à réviser cette opinion.
La presse au Congo est pléthorique, j'ai pu dénombrer 35 titres, C’est énorme pour un pays africain et même européen (Ceci ne concerne pas la presse spécialisée). Il est encourageant de voir que la liberté de la presse existe (Les critiques politiques et sociales sont nombreuses).
L'édition de journaux et de magazines est onéreuse et le personnel des rédactions de la majorité d’entre eux est probablement fort réduite, parfois rédigées par un ou deux journalistes.
Le prix des journaux et magazines varie de 500 CFA (0,77 €) à 2.000 CFA (3 €). Compte tenu du faible pouvoir d’achat au Congo, ils ont des difficultés a survivre. Seules Les Dépêches de Brazzaville sont largement diffusées. Leur prix modique de 100 CFA (0,16 €) en est certainement la raison[1]. C’est le seul quotidien du pays, les autres titres sont hebdomadaires, mensuels ou bimensuels[2].
Ce qui m'a particulièrement surpris a été de voir que la culture est le parent pauvre de la presse écrite.
Si on peut lire assez fréquemment des articles sur la musique, art majeur en Afrique, en particulier à l'occasion du Festival Panafricain de Musique - FESPAM -(biennal), il est beaucoup plus rare d’y trouver des informations sur les autres activités artistiques et culturelles : littérature, arts plastiques, théâtre, cinéma, poésie, photographie, etc...
Exception, "Les Dépêches de Brazzaville" réservent une place importante à la culture[3]. Elles publient en outre des numéros spéciaux très intéressants sur la littérature.
D'autres journaux et magazines possèdent des pages culturelles ou traitent occasionnellement du sujet : La Semaine Africaine, Basango, Avant-Garde, Les Cahiers de l'Avenir, Le Nouveau Regard, Le Choc, Les Echos du Congo.
L’absence d'informations culturelles (sauf erreur) grève surtout : Grands Lacs, Talassa, Le Patriote, La Rue meurt, Epanza, Le Baobab, Congo Ya Sika, Tam-Tam d'Afrique, L'Agenda, Le Fanion, L'Observateur, Le Défi Africain, Eveil d'Afrique, Poto-Po-Toi, Le Nouvel Observateur d'Afrique, La Nouvelle République, Le Trottoir, La Raison, Ntsie, Pari Africain, L'Evénementiel, Le Manager, Capital, La Griffe, L'Alima, Mibeko, Emmanuel.
Beaucoup de jeunes congolais sont capables de très bien écrire, et ce ne sont pas les sujets qui manquent. Par contre, le manque de moyens des rédactions pour rétribuer les piges ne favorise pas leur émergence.
D’autre part, j'ai pu constater, par les nombreuses discussions avec des artistes, que la culture n'est pas encore assez encouragée (comme d'ailleurs dans de nombreux pays africains) au niveau gouvernemental en dehors de quelques rares manifestations. Ce désintérêt rebondit sans doute sur la profession journalistique alors que la culture et les arts sont des atouts majeurs pour le développement intellectuel et philosophique de ce pays qui compte, il faut le souligner, un grand nombre de créateurs.
Vive la politique, le social, l'économie, le sport, la musique, la danse, la sape... mais n'oublions pas les différentes formes d'activités culturelles !
Marc Somville (Belgique)
Manager le l'artiste peintre et sculpteuse de Brazzaville Rhode Bath-Schéba Makoumbou.
http://www.rhodemakoumbou.eu
[1]Les Dépêches de Brazzaville sont très largement subventionnées par le gouvernement, elles peuvent donc se permettre la vente à perte.
[2] Somville oublie que La Semaine Africaine paraît deux fois par semaine.
[3] L’actualité congolaise assez réduite leur impose peut-être un remplissage éditorial.

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