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William Bongho, un marchand d’illusions
William Bongho, un marchand d’illusions qui a décidé de faire de la diaspora congolaise de France une variable d’ajustement pour entrer dans le clan N’Guesso

Deux ans après avoir organisé un pseudo-colloque sur la Paix dans les murs du palais du Luxembourg (le sénat français), le 24 janvier 2009 et un simulacre de « Forum pour la consolidation de la Paix au Congo Brazzaville », le 4 avril 2009 au palais des congrès de Paris, William Bongho veut faire un remake en février 2011. Et pourquoi ne pas rééditer un tel exploit ? En 2009 la promesse mensongère de donner 2500 euros à chaque participant avait attiré beaucoup de monde, y compris dans les rangs de ceux qui se disent officiellement contre ce pouvoir dictatorial et corrompu car les Congolais de la diaspora, tout comme leurs compatriotes restés au pays, aiment l’argent facile et le pouvoir l’a bien compris. Alors rebelote, « on remet ça ».
Cette fois, il a une nouvelle idée. Il a promis à Sassou N’Guesso et son entourage proche de les aider à prendre le contrôle la diaspora congolaise de Paris qui est considérée comme une véritable épine pour le pouvoir de Brazzaville. Justement cela tombe bien pour un pouvoir en difficulté et qui rêve secrètement d’étouffer les ardeurs de la diaspora. Et pour cause, d’après ses propres dires, il n’a pas eu beaucoup de difficultés pour vendre son idée et convaincre Denis Sassou N’Guesso et certains membres de son entourage sur le bien-fondé de sa démarche et de lui donner les moyens financiers. L’objet principal consiste à détourner de manière quasi-permanente l’attention des congolais de la diaspora jugés trop enclins à critiquer le pouvoir et à salir l’image du pays à l’extérieur.
En effet, alors que Denis Sassou N’Guesso et son entourage retiennent leur souffle craignant un effet domino qui viendrait de l’onde de choc provoquée par la révolution tunisienne et qui pourrait donner bien des idées au peuple congolais, William Bongho a flairé la bonne affaire pour se faire les poches comme en 2009, année de l’élection présidentielle. Il sait que le président congolais et son entourage qui ont déjà beaucoup de fil à retordre avec cette diaspora congolaise de France, notamment avec les affaires dites des « 353 disparus du Beach » et des « Biens Mal Acquis », craignent que celle-ci exploite cette nouvelle fenêtre de tir qui s’est ouverte avec la crise tunisienne et incite séditieusement les Congolais de l’intérieur à une révolte populaire. D’où l’intérêt accordé par Sassou N’Guesso et son entourage à cette démarche proposée par William Bongho.
Ainsi donc, un nouveau colloque sur la thématique de la souveraineté nationale et la paix (cette thématique chère à Denis Sassou N’Guesso) sera organisé et transmis en direct à la télévision au Congo. Celui-ci aura lieu, en fonction de la capacité de la salle qui sera proposée, soit au Palais Bourbon (assemblée nationale française) ou soit au palais du Luxembourg (Sénat français) d’ici à la fin du mois de février prochain. Les Congolais seront de France y seront invités à débattre. Et ce type d’exercice de diversion sera répété régulièrement avec en filigrane ce vieux rêve de bien contrôler la place de Paris.
Il convient cependant de rappeler qu’en 2009, près de 2,1 milliards de francs CFA (c’est-à-dire près de 3,6 millions d’euros ; ce qui reste tout de même assez modeste comparé au 4,15 millions d’euros que coûte la location à l’année de la suite d’Edgar N’Guesso à la « Réserve Paris ») avaient été sortis du Trésor Public congolais par Denis Christel Sassou N’Guesso et ses amis, Serge Bouya (frère de Jean Jacques Bouya et député nommé de la deuxième circonscription de Ouenzé, un quartier nord de Brazzaville) et Privat Ndeké (neveu de Jean Dominique Okemba et maire très contesté de l’arrondissement de Talangaï, également au nord de Brazzaville) pour l’organisation du pseudo-colloque sur la Paix et du fameux « Forum pour la consolidation de la Paix au Congo Brazzaville ». C’est dire combien organiser un événement à Paris peut être un moyen idéal pour faire sortir des milliards de CFA du Trésor Public congolais et s’en mettre plein les poches, et ça, William Bongho l’a manifestement bien compris. Vive le Congo Pays Pauvre très Endetté, vive le FMI et la Banque mondiale, vive le Club de Paris.
Reste donc une question : Le public de la diaspora congolaise de France qui s’était rendu massivement en 2009 à cette mascarade dans l’espoir d’empocher chacun 2500 euros, et qui s’était finalement fait floué sera-t-il cette fois encore au rendez-vous ? Rien n’est moins sûr quand on sait qu’il y aura toujours des opportunistes prêts à vendre leurs âmes au diable et à apporter leur caution en fermant les yeux devant les agissements de ce clan au pouvoir qui les spolie sans répit depuis des décennies. Il y a donc fort à parier que ces opportunistes se déplaceront à nouveau en masse comme c’était déjà le cas le 24 janvier 2009 au palais du Luxembourg (Sénat français) et le 4 avril 2009 au palais des congrès de Paris. Mais une chose est certaine, cette fois encore leur déception sera très grande car d’après nos informations, William Bongho est bien décidé à prendre sa revanche en se servant du magot pour acheter lui aussi un somptueux pavillon dans une banlieue chic de Paris, comme l’avaient fait Serge Bouya et Privat Ndeké en 2009. Après tout, en matière des Biens Mal Acquis en France, le clan N’Guesso ne montre-il pas lui-même l’exemple à ses courtisans ? Il faut dire qu’en 2009, William Bongho s’était en effet fait doubler et s’était contenté des miettes en détournant les 15000 euros (10 millions de francs CFA) destinés à une jeune journaliste franco-congolaise qui avait organisé ces deux événements.
On voit donc qu’au final toute cette mascarade de 2009 n’a fait qu’un seul heureux parmi les membres de la diaspora congolaise de France, à savoir, Bienvenu Okiémi qui lui, est rentré au gouvernement. Justement la promesse (mensongère bien évidemment) de faire rentrer les gens au gouvernement, c’est peut-être celle-là la nouvelle arme de William Bongho pour attirer du monde à son prochain colloque.
Ah ! Pauvres Congolais, quand allez-vous enfin vous réveiller ? Aujourd’hui tout se passe comme si Sassou avait promis aux Congolais une éternité de malheurs et pourtant cela ne semble point les émouvoir.
Jacques Henri DESMAREST

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