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Voyagera-t-on mieux en train qu’en avion au Congo dans les mois qui viennent
Vous l'avez révé, Sassou l'a fait.
Alors que les voies sont toujours en aussi mauvais état, que le ballast a quasiment disparu sous les rails et que les infrastructures des gares n'ont pas évolué depuis qu'elles ont été construites dans les années 30, le CFCO va mettre en service des trains de prestige où l'on pourra surfer sur internet, déjeuner dans des wagons restaurant dignes de l'Orient Express et dormir dans des wagons couchettes.
Transports ferroviaires : le CFCO acquiert neuf wagons voyageurs de prestige
Ces wagons voyageurs formant des « trains de prestige » ont été réceptionnés le 13 août par les responsables du Chemin de fer Congo Océan (CFCO) au port autonome de Pointe-Noire
Les neuf wagons voyageurs réceptionnés sur les vingt-trois commandés en Corée du Sud offrent aux usagers des conditions de voyage très confortables. Ils sont climatisés et possèdent chacun une connexion internet devant permettre aux voyageurs d'être en liaison permanente avec le monde durant tout le trajet. Ces voitures ont soixante places assises en première classe et soixante-quatre en seconde. Elles sont équipées de bars, restaurants et de couchettes.
Selon les responsables du CFCO, aucun passager ne peut voyager debout dans ces voitures, et leur encombrement par les bagages est interdit. Le CFCO n'a pas encore déterminé les tarifs de ces trains modernes, ni les gares desservies.
L'acquisition de ces wagons s'inscrit dans la politique de l'État congolais qui, depuis 2007, consent des investissements conséquents dans le cadre du projet de réhabilitation et d'équipement du CFCO. Grâce à ces fonds alloués par l'État, le CFCO a connu une augmentation du nombre de locomotives de ligne et de manœuvre qui est passé respectivement de dix-neuf contre dix et neuf contre quatre en 2008. L'embellie a aussi été remarquée dans la réduction du temps de parcours sur la ligne. Vingt heures en moyenne à ce jour, contre trente heures en 2008.
D'autres bonnes nouvelles font aujourd'hui la fierté des cheminots, c'est le cas de la baisse sensible des déraillements dont le nombre est passé de vingt en 2007 à cinq en 2010(1). La disparition des interruptions de trafic dues aux inondations du Djoué entre les PK 492 et 494 est aussi un motif de satisfaction à l'actif des cheminots.
(1) Dont un qui a fait plusieurs dizaines de morts à Yanga en juin 2010. (NDLR)
La semaine africaine publiait dans son édition du 13 août dernier l'article qui suit et qui exprime assez bien les conditions de transport dans le CFCO actuel.
Trains de voyageurs sur le CFCO des conditions inhumaines
Le trafic voyageur sur le C.f.c.o (Chemin de fer Congo océan) est très intense, en cette période des grandes vacances scolaires. Seulement, les conditions de voyage laissent à désirer dans les trains. Les témoignages sont poignants: les wagons sont surchargés, beaucoup de passagers sont tenus de voyager debout, car il est impossible de s’asseoir ou même de s’accroupir, les fenêtres des wagons sont, souvent, fermées, les sièges manquent de confort et les passagers sont contraints de s’entasser à quatre, voire six, etc. Le spectacle est ahurissant, se plaignent les passagers. Tout cela n’est pas du tout indiqué pour un voyage en train. Le 2 août dernier, par exemple, trois femmes se sont évanouies à la gare ferroviaire de Brazzaville, suite à un étouffement dans un train express. C’est comme une alerte. Il est temps, pour la direction du C.f.c.o, d’humaniser les conditions de voyage des passagers, pour éviter une situation autrement plus dramatique. En attendant, il faut saluer la décision prise par le C.f.c.o de prévoir, désormais, trois voyages par semaine, chaque lundi, mercredi et vendredi, au départ de Pointe-Noire, et chaque mardi, jeudi et samedi, au départ de Brazzaville.
A qui sont destinées ces nouvelles voitures ? Pour le voyageur modeste, la mise en service de ces nouveaux wagons ne changera probablement pas la donne, il n'aura pas les moyens de s'offrir le voyage, seuls les bourgeois peu pressés ou ayant peur des voyages aériens et les touristes composeront la clientèle.



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