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Un policier abat un jeune homme pour 50 FCFA à Pointe-Noire
Les abus de pouvoir des représentants de l’ordre minent la société congolaise. Une fois de plus un officier de police a voulu faire justice lui-même. Pour la dérisoire somme de 50 FCFA un jeune homme est passé de vie à trépas à l’Hôpital Général Adolphe Cissé. Comment ceux qui sont dévolus à la défense des libertés publiques peuvent-ils agir avec une telle sauvagerie ? Comment peut-on admettre qu’un défenseur de la veuve et de l’orphelin puisse se déplacer l’arme à la main, cartouche engagée et cran de sécurité ôté ? Tant que les dérives policières ne seront pas punies avec une sévérité exemplaire, et que la présence de voyous n’est pas éradiquée des rang des forces de l’ordre, on ne pourra pas espérer un regain de confiance et une revalorisation de la fonction policière dans l’esprit des populations.
Photo : La surchauffe parmi la foule après le drame
Un policier tire à bout portant sur un homme à la gare de Tié-Tié
Les habitants du quartier Fond Tié-Tié, dans le troisième arrondissement de la ville océane, ont été les témoins d’une scène odieuse le 5 août aux premières heures de la matinée.
Lionel Guyrou, plus connu sous le pseudonyme de Bébé noir, a reçu dans le cou des balles tirées par l’adjudant Nkouanzi, dit Bettina, à la suite d’une banale altercation. Selon les témoignages recueillis sur place, le crime a eu lieu tôt le matin. Il est 8h environ, Bébé noir, jeune garçon d’une vingtaine d’années, chargeur de véhicules au Fond Tié-Tié, très connu dans le milieu des jeunes de ce quartier, veut passer un appel téléphonique dans une cabine en face de la station-service Total, non loin du passage à niveau du CFCO.
Son appel est taxé 150 FCFA, selon la tenancière de la cabine téléphonique qui le somme de payer aussitôt. N’ayant que 100 FCFA, Bébé noir promet de compléter la somme plus tard, ce qui déclenche une dispute avec la tenancière qui, outrée, appelle son amant, l’adjudant Nkouanzi, alias Bettina, agent au commissariat de police de la gare de Tié-Tié.
Ce dernier arrive sur les lieux en tenue civile, son pistolet automatique à la main. Il menace et insulte Bébé noir. L’adjudant Nkouanzi l’emmène ensuite dans un hangar, lui demandant de lever les mains en l’air et de s’asseoir. Au moment où il veut lui mettre les menottes, Bébé noir résiste et c’est alors que le policier lui tire dessus à bout portant.
Touché au cou, ce dernier s’écroule. Amené d’urgence à l’hôpital, il va décéder quelques minutes plus tard des suites de ses blessures. L’adjudant Nkouanzi sera ensuite conduit au commissariat de la gare du Fond Tié-Tié par les siens avant d’être déféré au commissariat central de Pointe-Noire.
Ce crime pose une fois de plus la question de la moralisation des agents des forces de l’ordre qui usent souvent de leur position dominante pour commettre des actes répréhensibles.
À plusieurs reprises, à Pointe-Noire, des agents ont été mis au banc des accusés par la population qui ne cesse de se plaindre de leurs dérives. Si certains agents sont exemplaires, d’autres ne sont pas exempts de tout reproche. De nombreux policiers ayant commis des actes délictueux sont restés impunis après un court séjour dans les geôles, souvent destiné à les protéger contre la vindicte populaire plutôt que les sanctionner.

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