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THEÂTRE DE L’OPPRIMÉ Atelier de Pointe-Noire

Atelier de formation par marc Weinblatt (USA)
Offert par l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique
Appui logistique : L’Arche de Ngoujel
Administration locale :
Jean Léopold Ngoulou
(coordination)
Dimitri Makaya
(communication & relations extérieures)
Jésus Bonatis Zinga
(responsable de la gestion du site )
Pointe-Noire, 20 – 22 mars 2010
Programme
Samedi, 20 mars 2010
10h20 : Arrivée de la délégation à l’aéroport A. Neto (en provenance de Brazzaville). Réception par le comité local de relais.
13h00 – 16H30. Rencontre avec (tous) les artistes au Lycée Victor Augagneur (LVA). Exposé général sur le genre théâtral de « l’opprimé. »
Dimanche, 21 mars
- 8h00. Rassemblement. Petit déjeuner.
- 10h00. Atelier de formation (avec les artistes sélectionnés), au LVA.
- 12h00, pause déjeuner.
- 12h45 – 16h00, suite de la formation.
Lundi, 22 mars
- 8h00. Rassemblement. Petit déjeuner.
- 10h00. Atelier de formation (avec les artistes sélectionnés), au LVA.
- 13h00, pause déjeuner.
- 17h00. Spectacle de démonstration au LVA.
mardi, 23 mars
- 11h00. Retour de la délégation à Brazzaville.
Avertissement et critères de sélection
- Appartenance à une compagnie ou un espace culturel actif.
- Être à 100 % disponible durant les 3 jours (atelier et spectacle.)
- Formation gratuite (Pas de frais d’inscription, pour les artistes à former.)
- Formation non rémunérée (Pas de cachet pour les stagiaires)
- Versement d’un perdiem journalier aux stagiaires, pour le transport et la nutrition.
- Tous les stagiaires ont été pressentis (affaire proposée), d’où (pour ceux qui ne l’ont pas encore fait), il est impérieux de confirmer son engagement et sa disponibilité au moins 5 jours avant le début des activités, par mail ou par téléphone.
Contacts :
→ Jean Léopold Ngoulou (Ngoujel 1er) 553 39 68 960 22 71 larchedengouj@yahoo.fr ngoujel@hotmail.com
→ Dimitri Makaya (Mak de Ardy) 530 73 46 arnaudmakaya@yahoo.fr
NB. Le nombre de stagiaires ne pouvant forcément être que limité, par souci d’efficacité, nous regrettons très sincèrement de ne pas avoir pu enrober tous les artistes potentiellement disponibles que compte la ville de Pointe-Noire.
Liste des stagiaires pressentis
Cercle culturel pour enfants (CCE).
1. Joel Koukou
Compagnie Bivelas – Espac culturelYaro.
2. Viviane Mabiala
Handi-Art
3. Alain Ngono
Les grands As – Espace Tali.
4. Arnaud Dimytri Makaya
Ya viti k’
5. Ghislain Zinga
L’Arche de Ngoujel.
6. Jésus Zinga
7. Serge Galvin Koumba
Africa Graffitis.
8. Nestor Mabiala
Les Argus.
9. Davy Kimpa
Théâtre de Coulisses
10. Jefh Biyéri
11. Selma Mayala
Les Victoriens.
12. Nicole Kissambou
Issima Compagnie
13. Gisèle Tchicaya
Professionnel indépendant.
14. Gilbert Massala Salladin
Auditeurs libres.
15. Roland Kaya
16. Germaine Ololo
NDLR : Jean-Léopold Ngoulou nous a demandé d'insérer. Nous le faisons sans problème en nous étonnant toutefois de son ton péremptoire et solennel en opposition radicale avec le côté libertaire de l'initiative du "Théâtre de l'Opprimé". Un aspect essentiel de l'état d'esprit qui inspire le TO (voir complément ci-dessous) aurait-il échappé à Ngoujel 1er ? Assez peu étonnant venant d'un homme de théâtre qui s'écoute plus qu'il n'écoute les autres...
Le fondateur du « Théâtre de l’Opprimé » Augusto Boal (né en 1931) est mort à Rio de Janeiro en mai 2009. « Le théâtre de l'opprimé » fut une aventure qu'il colporta à travers le monde entier et singulièrement en France où il avait longtemps trouvé refuge.Manifeste pour un théâtre social
Au milieu des années 50, Augusto Boal fonde le Théâtre Arena à Sao paulo, théâtre qui tourne le dos au « théâtre bourgeois » pour s'intéresser aux ouvriers, aux paysans, au petit peuple, à travers des pièces de jeunes auteurs et des grandes pièces du répertoire. Bref, du théâtre social.
Dans un pays qui était tout sauf une démocratie, une personnalité forte comme Boal ne pouvait que radicaliser sa démarche. Ce qu'il fit en renversant la perspective habituelle, parlant de « spect-acteur » et de « théâtre-journal ». Et en organisant des manifestations artistiques suite aux coups d'état que connut le Brésil dans les années soixante. Les artistes qui manifestent alors à travers leurs œuvres ne sont pas à la fête. Arrestations, tortures. Boal n'y échappe pas.
Les habits neufs du théâtre politique
Il écrit « Le Théâtre de l'opprimé » puis prend le chemin de l'exil qui le conduit en France. C'est aux editions Maspéro qu'en paraîtra en1977 la traduction. Un premier livre (fondateur) qui tombe à pic dans le foisonnement post soixante-huitard des années 70. Un manuel de guerilla théâtrale, le théâtre dernier étant moins un art qu'une arme (bien que Boal nous laisse un manuscrit inédit portant sur les esthétiques du théâtre de l'opprimé). Le Brésilien relance le théâtre politique en le déplaçant.
« Le grand mérite du théâtre de l'opprimé est de créer le doute, de ne pas donner de certitude (et celle-ci doit venir, au mieux, après le doute, jamais avant). Si tu donnes la certitude avant le doute, tu ne réponds à aucune nécessité. Le théâtre politique d'avant était univoque, il donnait les bonnes réponses. Ce que nous essayons de faire aujourd'hui, c'est de poser les bonnes questions, la meilleure d'entre elles étant à mon sens : quelle question voulez-vous vous poser ? »
Un spectateur actif
Toute personne qui s'intéresse alors au théâtre militant dévore ce livre. C'est un théâtre où le spectateur n'est plus un être passif.
« Ce que propose le théâtre de l'opprimé, c'est l'action même : le spectateur ne délègue aucun pouvoir au personnage, ni pour qu'il joue ni pour qu'il pense à sa place. »
Il s'en suit que le lieu théâtral habituel est aboli : le théâtre de l'opprimé se tient dans des places, des quais de gare, des supermarchés. Boal va ainsi élaborer différentes formes ou stratégies : le théâtre invisible, le théâtre forum, etc. De fil en aiguille il va aussi frayer avec le monde enseignant et celui de la psychiatrie et travailler avec tous ceux qui s'occupent des exclu.
Le théâtre n'est plus un but, une fin en soi mais un moyen. Et, à tout prendre, la modeste répétition d'une vraie révolution. Un grain de sable pour enrayer la machine.
Tout cela Boal va le propager en Europe mais aussi en Amérique Latine et enfin au Brésil où il retournera au début des années 90 pour rejoindre le parti du futur président Lula.
L'utopie ne meurt jamais
Le 27 mars dernier, date de la journée mondiale du théâtre, c'est à Augusto Boal qu'on avait demandé d'écrire la proclamation de cette journée. Voici sa conclusion, gorgée d'utopie :
« Quand nous regardons au-delà des apparences, nous voyons des oppresseurs et des opprimés, dans toutes les sociétés, les ethnies, les sexes, les classes et les castes ; nous voyons un monde injuste et cruel. Nous devons inventer un autre monde parce que nous savons qu'un autre monde est possible. Mais il nous appartient de le construire de nos mains en entrant en scène, sur les planches et dans notre vie.
Venez assister au spectacle qui va commencer ; de retour chez vous, avec vos amis, jouez vos propres pièces et voyez ce que vous n'avez jamais pu voir : ce qui saute aux yeux. Le théâtre n'est pas seulement un événement, c'est un mode de vie !
Nous sommes tous des acteurs : être citoyen, ce n'est pas vivre en société, c'est la changer. »
A lire le bouleversant témoignage de Jean Gabriel Carasso qui fut l'un de ses proches.
? Tous les ouvrages d'Augusto Boal sont publiés aux Editions de la découverte (certains en poche comme « Le Théâtre de l'opprimé » ou « Jeux pour acteurs et non acteurs »).

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