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CRP – Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari – g.elbienkari@gmail.com
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Pointe-Noire : Les séropositifs, des employés à respecter
(Syfia/CRP) Sous l'impulsion d'ONG et des pouvoirs publics, certaines entreprises de Pointe-Noire prennent en charge leurs employés séropositifs et veillent au respect de leurs droits. Mais, le combat contre la discrimination est difficile dans un environnement gangrené par le manque d'informations et les préjugés.
"Au travail, je suis un collègue, pas un malade." À Pointe-Noire, les quelque trois cents agents de Zain Congo, un opérateur de téléphonie mobile, ne semblent jurer que par ce slogan. "Je n'ai pas envie de savoir que mon collègue est séropositif, car je sais que je peux cohabiter avec lui sans crainte. Le sida ne se transmet pas par simple contact", explique Olga Marthe Loemba, agent du service de management.
Ces cinq dernières années, grâce au partenariat entre des ONG, l'Unité départementale de lutte contre le sida (UDLS) et Unicongo (Union patronale et interprofessionnelle), près de 50 entreprises ont mis en place des points focaux animés par des employés. Ces relais informent et veillent à l'application stricte du Code du travail. Le Port autonome de Pointe-Noire évacue parfois à ses frais en Occident certains de ses employés séropositifs. Les compagnies pétrolières Total et ENI assistent financièrement et psychologiquement leurs agents sidéens. Patrice Batz Huyer, responsable du programme VIH/sida à Zain Congo, résume : "Un séropositif, pourvu qu'il jouisse de toutes ses facultés, a les mêmes droits et devoirs qu'une personne dite normale."
Une manière de voir que ne partagent pas bon nombre d'employeurs. À leurs yeux, sida équivaut forcément à incapacité ou faible rendement physique et intellectuel. "Employer un séropositif, c'est causer la chute de l'entreprise. Mieux vaut ne pas le faire et, au cas où ce dernier est déjà dans la société, s'en débarrasser par tous les moyens", lance le responsable d'un restaurant, qui craint que ses clients, informés de la présence d'un de ces malades dans son personnel, partent déjeuner ailleurs. "Ils auraient peur d'être contaminés, poursuit-il. On n'aurait alors plus d'argent pour faire fonctionner notre établissement."
L'employé sidéen a les mêmes droits
Même si la Confédération syndicale des travailleurs du Congo et la Confédération syndicale congolaise disent ne pas avoir reçu de plaintes de séropositifs victimes de licenciements abusifs, certains préjugés chez les patrons causent renvois, mutations et autres traitements injustes. Une enquête menée cette année auprès de cinq sociétés par les ONG Azur développement et le Club des jeunes pour l'éducation sexuelle et à la santé (CJESS) révèle ainsi que cinq personnes ont été licenciées en raison de leur séropositivité. "Nous avons lu une note de service faisant état de la radiation d'un employé à cause d'une infection rétrovirale qui entraînait une diminution de rendement. Pourtant, cette personne jouissait de toutes ses facultés physiques et intellectuelles", explique David Hermann Malanda, président du CJESS. Le docteur Jean-Pierre Nkouendolo, coordonnateur de l'UDLS affirme cependant que "grâce à l'action concertée de l'UDLS et de deux ONG qui ont négocié avec la société, le patron est revenu sur sa décision."
"Le pire des dangers, c'est le manque d'information", résume Sylvie Niombo, présidente d'Azur développement. Pour faire tomber les préjugés et les tabous qui entourent le sida, des ONG circulent notamment dans les hôpitaux. "La séropositivité est encore perçue par beaucoup comme une honte et une injure", déplore Dominique, candidate au dépistage volontaire.
La loi est pourtant claire. Selon Georges Nguila, chef d’antenne de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), "en cas de discrimination en milieu professionnel, il y a deux recours : la négociation et la voie juridique". Et comme le souligne Abraham Mbouala, agent de la direction départementale du Travail et de la sécurité sociale, "le Code du travail ne prévoit aucune disposition particulière pour les séropositifs et il est valable pour tout le monde". Ce Code condamne, dans l'entreprise, la discrimination sous toutes ses formes et prévoit des sanctions. "Le sidéen est une personne normale, on n'a donc pas besoin d'une législation particulière", insiste Marthe Tchitoula Makosso, agent du service ressources humaines au Port de Pointe-Noire.
John Ndinga-Ngoma
Septembre 2010
Congo Brazzaville : Solutions pratiques au chômage chronique des jeunes diplômés
(Syfia/CRP) Face à la montée du chômage des jeunes diplômés et aux défaillances des structures d'aide à l'insertion professionnelle, la société civile prend des initiatives originales et relativement efficaces. Salon de l'emploi et formations pratiques contribuent à rapprocher les jeunes des besoins du monde professionnel.
Diplômée dans le secteur des assurances, Andocheline Otsoa est désemparée : "Je cherche du travail depuis dix ans…" Elle n'est pas la seule à vivre cette situation. Les jeunes Congolais ont en effet de plus en plus de mal à trouver un emploi à la fin de leurs études. Selon l'Office national de l'emploi et de la main-d'œuvre (ONEMO), le nombre de jeunes diplômés au chômage (15 000) a augmenté de 25 % l'année dernière. Anne Marie Bikindou, directrice de la prospection et du placement à l'ONEMO explique cela par l'absence, depuis de nombreuses années, "d'une politique d'emploi des jeunes diplômés".
Accompagnés par des structures officielles d'aide à l'insertion professionnelle pas assez performantes, les chercheurs d'emploi ont peu d'opportunités de rencontrer des recruteurs et de se faire repérer. Ces derniers temps, la société civile mène des actions concrètes pour y remédier. L'Association initiative d'aide au développement (AIDD) organise ainsi chaque année, depuis deux ans, un salon de l'emploi. Le but, explique Léocadie Ondzé, membre de cette association, est de "donner la chance aux jeunes diplômés qui cherchent un emploi d'aller vers les sociétés qui les intéressent et qui ont des offres". Les candidats sont également formés à la présentation de leur CV, la rédaction de lettres de motivation et la préparation aux entretiens d'embauche, etc.
Université inadaptée
Florent Madzou, directeur des ressources humaines des Mutuelles congolaises d'épargne et de crédit (Mucodec) était présent aux deux éditions de ce salon. "Nous y avons recruté trois personnes dont les profils correspondaient à nos besoins", explique-t-il. Laure, titulaire d'une Maîtrise en sciences économiques, aujourd'hui caissière dans ces mutuelles, est l'une de ces recrues. Lors du salon 2008, elle avait rencontré Florent Madzou avec qui elle s'était entretenue. "À sa demande, se souvient-elle, j'ai déposé mon dossier, passé un entretien et réussi le test final".
Comme elle, Paco Cleme, après ses études universitaires, a décroché un poste de comptable à Nathalys, une entreprise locale contactée au salon de 2009. À cette occasion, il avait discuté avec le directeur général de l'entreprise, faisant valoir l'expérience acquise lors de ses stages. Plus d'une quinzaine d'entreprises et environ 2 000 jeunes ont pris part au dernier salon qui s'est tenu en mai dernier à Brazzaville. Analysant les résultats de cette initiative depuis les débuts, Guylaine Mbany, présidente de l'AIDD, estime que "grâce au salon, nous avons pu placer 200 jeunes diplômés".
D'autres ONG obtiennent elles aussi des résultats encourageants. Dans un pays où les formations universitaires sont souvent trop théoriques ou inadaptées aux besoins du marché du travail, l'Association ville campagnes emplois (AVICE) a trouvé une parade dans le secteur agricole. Elle propose des formations pratiques aux lauréats de l'Institut du développement rural (IDR) et à d'autres volontaires. En trois ans, selon Victor Dimina, le président de cette association, "21 jeunes ont été formés, qui aujourd'hui se sont mis à leur propre compte". Parmi les bénéficiaires, Laure Batamio élève de la volaille : "Avec une ferme de près de 500 pondeuses, je gagne mieux ma vie que certains fonctionnaires !". Côme Bitsoumanou, président de Cercle d'action développement et d'animation rurale, est convaincu que l'agriculture et l'agro-alimentaire sont des secteurs porteurs à développer pour réduire le chômage des jeunes.
Développer les stages en entreprises
Le secteur pétrolier, qui a connu une forte croissance en 2009, manque lui aussi de personnel qualifié. Dans le journal interne de l'entreprise, Serge Bouiti-Viaudo, coordonnateur développement durable à Total E & P Congo, estime que l'Université devrait "revoir le contenu des programmes tout en formant des enseignants, afin d'orienter des étudiants vers des thématiques pétrolières qui correspondent à nos besoins".
Conscient de l’ampleur du problème, le ministère chargé de l'Emploi entend faire avancer les choses, notamment à travers l'ONEMO. Désormais, ce dernier affiche dans ses locaux toutes les informations sur les emplois. L'Office prévoit également de donner aux chômeurs des formations plus pratiques dans différentes filières, puis de leur trouver des stages, sortes de pré-emploi dans les entreprises.
Pour trouver des solutions adaptées, il faudra d'abord sans doute améliorer le diagnostic. Reste en effet à mettre en place l'indicateur de suivi prévu dans le Rapport d'avancement de la mise en oeuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté, à savoir : le pourcentage de diplômés de l'enseignement supérieur ayant trouvé un emploi correspondant à leur formation dans les deux années suivant leur sortie.
Jean Thibaut Ngoyi
Septembre 2010
Brazzaville : Les bienfaits et les risques de l'épargne collective
(Syfia/CRP) Le manque de sérieux de certaines banques amène de plus en plus de Brazzavillois à cotiser à des systèmes d'épargne collective. Simples, ces derniers permettent d'économiser au quotidien et de recevoir ensuite une somme importante pour investir. Gérés de façon artisanale, ils offrent cependant peu de garanties à leurs adhérents.
"Tous les jours, je versais 1 000 Fcfa (1,5 €) pour le carnet de pointage. L'initiatrice de ce système m'a aidée à aller au bout du cycle de six mois. J'étais commerçante de foufou, je suis maintenant propriétaire d'un restaurant !", se félicite Viviane Balenda, veuve avec quatre enfants à charge, en essuyant délicatement son comptoir, le sourire aux lèvres. Le principe du carnet de pointage (ou de "la ristourne") est plus ou moins toujours le même : chaque adhérent verse une petite somme tous les jours ou toutes les semaines. Après plusieurs mois d'épargne collective, chacun, à tour de rôle, reçoit une grosse somme d'argent.
En famille ou sur le lieu de travail, dans les marchés ou les grandes administrations de la place, le carnet de pointage est une pratique de plus en plus courante à Brazzaville depuis une dizaine d’années. Elle offre une alternative aux banques et organismes de crédit dans lesquels bon nombre de Congolais n'ont plus confiance depuis la fermeture de plusieurs d'entre eux. Un employé de la DRTV (Digital Radio Télévision) raconte avoir perdu l'argent qu'il avait placé à Humberto Brada, une société qui, au début des années 2000, promettait 30 % d'intérêt après 45 jours de dépôt, là où les banques classiques offrent des taux d'intérêt annuels de 5 à 12 %. Cette société a rapidement fermé ses portes, ruinant plus de 25 000 clients… "Mon père a aussi perdu de l'argent par le passé (dans d'autres banques, Ndlr). Avec les banques congolaises, il faut s'attendre à tout !", conclut cet employé de la DRTV.
Double intérêt
Pour ceux qui cotisent aux ristournes, l'intérêt est double : s'imposer au quotidien des économies et disposer ensuite d'une somme importante d'argent à investir dans un projet. "Grâce à ce système, j'ai acheté une parcelle. Avec mon salaire, je n'aurais pas pu le faire", se félicite Jocelyne, une secrétaire. Marcel, un commerçant, est tout aussi enthousiaste : "J'avais parié avec ma femme qu'avant la fin de l’année, j'ouvrirais ma boucherie. C'est désormais chose faite, car le mois passé, j'ai reçu un million de Fcfa (plus de 1 500 €) grâce à une ristourne que j'avais commencée en janvier."
"Le carnet de pointage permet d'acquérir une somme donnée à une date fixe. Il suffit de respecter ses engagements", explique Irène Silakouna, monteuse à la DRTV, qui a découvert ce système dans sa famille, puis l'a expérimenté avec des amis marchands quand elle était vendeuse de beignets, et enfin mis en place à son arrivée à la DRTV. Elle est persuadée de permettre ainsi aux plus pauvres d'épargner "sans payer de frais d'ouverture ou d'entretien de compte, ni être confronté aux longues procédures administratives nécessaires pour obtenir un crédit."
"Ma joie à la fin de chaque cycle, qui dure en général dix mois, est de voir un adhérent s'acheter une machine à coudre, un ordinateur ou un sac de foufou… Bref, quelque chose qui va lui servir dans son domaine d'activité", se réjouit Mélanie Tsamounoukou, fonctionnaire et vendeuse de friperie, qui a mis en place une ristourne de cinquante adhérents, il y a cinq ans environ sur son lieu de travail.
Pratiques peu sécurisantes
"Je gagne 1 % sur chaque versement, confie Irène. Mélanie reconnaît cependant que gérer une telle organisation n'est pas toujours facile : "Une fois, j'ai eu un décès et j'ai emprunté de l'argent dans la caisse en me disant que j'allais le remettre le jour de la paye. Mais, il m'est arrivé un autre malheur. Heureusement, j'avais prévenu mes adhérents…" Un exemple révélateur des faibles garanties qu'offre ce système.
Ceux qui cotisent font presque aveuglément confiance à leurs caissiers. "Le contrôle se fait à partir d'une fiche, tous les jours, semaines ou mois et l'argent est conservé au domicile du trésorier…", précise Brice, un ancien adhérent. Un agent des Mutuelles congolaises d'épargne et de crédit (Mucodec) désapprouve lui aussi ces pratiques qu'il juge peu sécurisantes. Même son de cloche du côté du Forum des jeunes entreprises, institution bancaire qui aide des jeunes à entreprendre une activité : "Dernièrement, un incendie s'est déclenché dans une boutique dont le gérant tenait un carnet de pointage. Tout a brûlé. Plusieurs personnes ont perdu leur argent et ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes…"
Annette Kouamba Matondo
Septembre 2010
Congo Brazzaville - RD Congo : Mieux vaut dédouaner à Pointe-Noire qu'à Boma ou Matadi
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Trop d'impôt tue l'impôt. A exiger deux fois plus de taxes et à tracasser les importateurs, les douaniers de RD Congo des ports de Boma et Matadi sont en train de perdre leurs clients qui préfèrent débarquer à Pointe-Noire au Congo Brazzaville voisin, où le dédouanement leur coûte moitié moins cher.
La cité côtière de Muanda, à 240 km de Matadi, en RD Congo, connaît un regain d’activités depuis que des véhicules remorques viennent y décharger leurs grosses cargaisons. Remplis de marchandises importées d’Europe, ils viennent du port de Pointe-Noire à 135 km plus au nord sur la côte au Congo Brazzaville. C’est là que de plus en plus d’importateurs de RDC préfèrent, ces jours-ci, dédouaner leurs marchandises, fuyant presque les ports de Matadi et de Boma, dans leur pays. "Plus jamais je ne dédouanerai mes marchandises dans ces deux ports où les services étatiques sont très tracassiers", jure Jean-Claude Vangu, homme d’affaires de Matadi, qui a choisi Pointe-Noire où, dit-il, "l’administration douanière fonctionne dans les normes avec quatre services : l’immigration, la douane, l’hygiène et l’Office de contrôle et de vérification."
Dans les deux ports de la province du Bas-Congo comme dans d’autres postes frontières de RDC, c’est souvent une flopée d’agents d’une dizaine de services voire plus, qui ont l’œil rivé sur les importateurs. Les frais de dénouement leur coûtent alors les yeux de la tête, en tous cas beaucoup plus chers qu’ailleurs : "A Boma et Matadi, dédouaner une voiture Mitsubishi Lancer revient à 2 400 $ contre 1 200 $ à Pointe-Noire", compare Emile Mayuku, un déclarant en douane, qui brandit une feuille de douane. Opérateur économique de Muanda, Christ Womo s’étonne, lui aussi, de ces énormes écarts des coûts : un conteneur de 20 pieds de marchandises est dédouané 8 000 $ voire plus dans les ports du Bas-Congo, pour 4 500 à 5 000 $ à “Ponton la mer” (Pointe-Noire).
"Trop c’est trop"
Une fois arrivés avec les véhicules à Muanda, les importateurs préfèrent décharger leurs marchandises là. Ils évitent d’aller jusqu’à Boma ou Matadi, distants de 240 et 360 km de Pointe-Noire pour, disent-ils, éviter des frais supplémentaires. Sur leur trajet entre le Congo-Brazza et la RD Congo en passant par l’enclave angolaise de Cabinda, ils ne présentent que leurs documents douaniers au passage de la première frontière, et paient des frais de transit de 200 $ pour une voiture japonaise et 800 $ pour un conteneur de 20 pieds à la douane angolaise. Ce qui, malgré les risques de traverser le territoire cabindais infesté de rebelles du Flec (Front de libération de l’enclave de Cabinda), est de loin plus avantageux que s’ils faisaient le dédouanement dans les ports de leur pays. "Trop c’est trop", tempêtent, fous de rage, les importateurs qui continuent encore à faire leurs opérations à Boma et Matadi.
Ces derniers essayent de mettre la pression sur le gouvernement de Kinshasa, pour obtenir la réduction des taxes portuaires. En mars 2010, celui-ci a signé un “Pacte de doublement des recettes” avec les différentes régies financières du pays (douane, impôts…), afin d’améliorer son budget. La douane a ainsi presque doublé ses taxes dans ces ports. Mais les résultats attendus ne seraient pas au rendez-vous, à cause de la fuite de certains importateurs. "Au regard du pacte de doublement nous comptions engranger 118 milliards de Fc par rapport au premier trimestre 2010, mais nous n’avons atteint que 62 milliards", constate Eric Hata, directeur provincial intérimaire des douanes.
Activités et recettes en baisse
Les conséquences de ce désintéressement se font également sentir à l’Office national des transports qui gère les ports et à l’Office congolais de contrôle des marchandises à l’import-export. Selon un transporteur, leurs frets auraient périclité de plusieurs centaines de tonnes depuis que Pointe-Noire a récupéré les importateurs de RDC mécontents.
La situation de ces ports congolais est aggravée par le faible tirant d’eau du fleuve Congo, qui a cessé d’être dragué, dont se plaignent les armateurs qui viennent y mouiller. "Pour protéger leurs cargaisons, les navires ne transportent plus de gros tonnages", explique Richard Munoko, directeur des relations publiques à la Régie des voies maritimes à Boma. Agences en douane, dockers et petits commerçants qui vivent autour des activités des ports de la province du Bas-Congo en RDC sont aussi inquiets. "Je pensais faire de bonnes affaires en vendant les bilokos (marchandises importées de seconde main, Ndlr), mon espoir est perdu", regrette Alfred Dinzolele, un habitant de Boma.
Dieudonné Mwaka Dimbi
Syfia Grands Lacs – Septembre 2010

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