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Sportifs togolais massacrés par le FLEC : dégâts collatéraux ?
D’évidence Dos Santos en programmant une poule de la CAN 2010 dans l’enclave de Cabinda voulait afficher à la face du monde sa maitrise sur ce territoire que l’inconscient collectif congolais considère comme une province du Congo. Sa trop grande confiance en lui a fait que la sécurité de la délégation togolaise n’a pu être assurée. Compte tenu de la courte distance (2 heures de bonne route goudronnée) séparant Pointe-Noire de Cabinda, le déplacement par la route pouvait se justifier. Tous les jours des centaines de véhicules empruntent sans encombre cet itinéraire. Le voyage ne devait être qu'une partie de plaisir, comment a-t-il pu tourner au cauchemar ?
Un incroyable, cynique et pitoyable communiqué du FLEC nous a été transmis ce jour. Les togolais tués et blessés ne seraient que des dégâts collatéraux, comment dans ce cas se fait-il que personne ne fasse mention de victimes parmi l’escorte militaro policière des bus togolais ? Tous les jours des centaines de véhicules empruntent cette route sans encombre, pourquoi et comment les togolais ont-ils fait les frais de cette action ?
CABINDA :Communiqué de Presse du FLEC
Cabindais, Cabindaises, Chers amis,
Aujourd'hui, le monde entier a les yeux braqués sur nous. Aujourd'hui, sur les 5 continents, tous les peuples de la terre découvrent le Cabinda, sa situation géographique, sa révolution face à l'armée d'occupation, son espoir légitime à la liberté, à l'indépendance, au bonheur, à l'esprit d'une révolution nécessaire et pacifique.
L'insurrection, la lutte pour l'autodétermination d'un peuple à disposer de lui-même, de ses propres institutions et structures politiques ne se conjuguent pas avec une vague soumission non violente ou tout un chacun s'agenouille devant l'oppression en espérant des jours meilleurs.
Ce droit à la liberté nous le crions depuis des années, nous l'inscrivons en lettre de sang sur les tombes de nos martyrs. Cette attaque menée par nos forces armées contre le convoi angolais exportant le bus des joueurs du Togo ne visait bien évidemment pas l'équipe de ce pays frère mais, bien entendu, les hommes de l'armée d'occupation. Nous déplorons ces victimes innocentes et notre cœur est triste mais, pour reprendre la terminologie occidentale, lorsqu'un obus ou une bombe tombe sur des civils innocents nous parlerons de dommages collatéraux.
L'Angola est, avec son Président, en fonction depuis près de 30 ans, devenu un pays fréquentable et son leader, un grand chef d'état, sans jamais avoir été élu par son peuple. Associé à la grande corruption internationale et s'accrochant au pouvoir, ce dictateur sanguinaire s'est vu attribuer le statut d'homme respectable. Pourquoi ? Sa soif de l'or noir car 80% des ressources pétrolières de l'Angola sont situées au Cabinda. Oui, mes chers compatriotes, mes chers amis, nous nous devons de saluer l'héroïque engagement de nos forces de la résistance qui ouvrent le chemin vers une juste reconnaissance de notre combat pour l'indépendance. Il est de la nature de l'homme de se redresser face au danger et l'oppression.
Déjà, en 1828, Victor Hugo dénonçait l'occupation turque de la Grèce en ses termes, à la fin de son magnifique poème, "Que veux-tu fleur, beau fruit ou l'oiseau merveilleux ? Ami dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus, je veux de la poudre et des balles".
Au Cabinda, nos enfants ont les yeux noirs et le sourire triste mais leurs rêves, comme cet enfant grec, parlent de liberté, d'étoiles et de paix. Nous voulons plus que jamais être les artisans de cette paix. Mobilisons nous pour que le rêve de nos enfants devienne réalité, source de joie, de fraternité et de prospérité.
Jean-Claude NZITA
Vidéo - Communiqué de presse du Dr Joël BATILA, Secrétaire Général du FLEC (Front de Libération de l’Enclave du Cabinda) : http://www.youtube.com/watch?v=L4dJpZVKo1M
Ce n’est certainement pas par des justifications aussi puériles et répugnantes que les indépendantistes cabindais vont pouvoir acquérir une aura de libérateurs. Même les actes de terrorisme perpétrés par les palestiniens lors de JO de Munich en 72 n'ont pas atteint le niveau d'aveuglement de cette attaque gratuite qui ne peut que discréditer la cause indépendantiste du FLEC. Alors quoi ? A qui profite le crime ?
S’agirait-il d’une provocation du pouvoir angolais pour lancer une répression sauvage sur les militants du FLEC ? L’Angola ne peut d’évidence laisser le fait impuni, il faut donc trouver très vite des coupables à offrir à l’opinion publique, d’ailleurs on nous annonce aujourd’hui l’arrestation de deux personnes appartenant au FLEC. Sans doute s’agit-il de sympathisants mais il est bien étonnant que les services de police soient parvenus aussi vite à serrer des acteurs de l’attaque, il y a fort à parier que les assaillants se sont réfugiés en territoire congolais, d’où la localisation de l’attaque à quelques kilomètres de la frontière. Les deux arrestations annoncées sont-elles la première récolte d’une chasse aux sorcières qui risque bien de dépasser les frontières angolaises ?
Comme nous le disions en introduction, l’inconscient collectif congolais et plus particulièrement vili fait de Cabinda une province "naturelle" du Congo. Il n’a jamais compris pourquoi l’Angola a conservé du seul fait linguistique son emprise sur cette province bien éloignée de sa métropole et dont les habitants sont du même sang que les kouilois. Les importantes richesses pétrolières de Cabinda ne pouvant, évidemment que stigmatiser l‘hégémonisme non formulé des Congolais. Se pourrait-il que des congolais aient des implications dans ces faits de terrorisme caractérisé ? Les togolais pourraient-ils ainsi chèrement payer leurs victoires sur les Diables Noirs et les Léopards de Dolisie ? Nous n’osons pas entériner cette option que nous avons malheureusement entendue dans la rue à Pointe-Noire.
afriquechos.ch a publié ce jour l’article que nous reproduisons ci dessous :
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CAN/Angola : L’impardonnable faute historique du FLEC |
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lundi 11 janvier 2010 Botowamungu Kalome (AEM) |
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Les joueurs togolais sous le choc après l’attaque perpétrée par le FLEC Deux membres de l’encadrement tués et deux joueurs plus ou moins grièvement blessés, le chauffeur du car aussi tué : tel est le bilan macabre de ce qui restera comme l’action politique et militaire la plus retentissante du FLEC, le Front de libération de l’enclave de Cabinda, mouvement indépendantiste de l’Angola. Mouvement qui a revendiqué l’attaque du car qui transportait l’équipe nationale togolaise qualifiée pour la Coupe d’Afrique des nations dont la phase finale est accueillie par l’Angola. On en est à se demander en quoi l’assassinat des citoyens d’un pays étranger, fussent-ils joueurs de football, sensibiliserait à la cause de ces Cabindais et comment il la ferait avancer ? Si le FLEC voulait frapper un grand coup et ternir le prestige que l’Angola voulait tirer de la CAN, il a bien réussi son affaire. Mais pas que : ce mouvement vient de commettre une faute historique grave, impardonnable. Partout au monde, cet acte ne suscite qu’incompréhension, dégoût, colère, révolte et mépris. |
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Dans son message de revendication, le FLEC déclare avoir prévenu que le Cabinda était en guerre et avait ajouté « advienne que pourra ». Que le Cabinda soit en état de guerre, on peut l’entendre ; mais en quoi l’équipe nationale togolaise était-elle une cible militaire ? Tirer sur les roues du car ou en l’air pour démontrer que le gouvernement angolais, contrairement à ses engagements, ne pouvait garantir la sécurité de la compétition aurait été une bataille significative gagnée par le FLEC. Mais la volonté de massacrer était nette, délibérée, planifiée. Pour toujours, dans l’opinion internationale, le FLEC ne restera QUE comme l’auteur de ces crimes de sang-froid. Nous ne voyons, d’ailleurs plus, un seul pays au monde qui accepterait encore d’accueillir une représentation de ce mouvement. Ses dirigeants politiques exilés dans plusieurs pays au monde ne pourront plus prétendre, conformément à la convention de Genève protégeant les réfugiés, « qu’ils ont fui l’Angola car craignant pour leur sécurité à cause de leurs opinions politiques ». La « suffisance » de l’Angola et la gaffe monumentale de la CAF Les rumeurs de sabotage et d’opérations militaires à Cabinda pendant la CAN étaient largement répandues et le gouvernement angolais était naturellement au courant. Hélas, il n’avait pas pris la mesure de la menace parce que trop confiant. Les plus remontés diront « trop suffisant ». C’est ce qu’a d’ailleurs confessé à demi-mot le ministre et ancien dirigeant du FLEC Antonio Bento Bembe : « Les autorités angolaises ont, peut-être, sous-estimé la menace posée par les séparatistes de Cabinda ». Le site de Cabinda et les équipes programmées dans cette province auraient dû, en effet, bénéficier d’un dispositif de sécurité renforcé. Le risque zéro n’existe pas bien sûr et les réponses infaillibles contre le terrorisme non plus, cependant sur cette affaire, l’Angola n’a pas démontré qu’il s’était donné les moyens d’assurer le plus efficacement possible la sécurité des équipes nationales programmées notamment à Cabinda. Quant à la Confédération africaine de football, ses dirigeants ont perdu une occasion royale de se taire, de rentrer la honte de leur grave négligence. Le soir même du drame, en effet, la CAF se dédouanait en déclarant qu’elle avait recommandé à toutes les délégations d’éviter les déplacements en car et de préférer l’avion pour des raisons de sécurité. Cette instance reconnaissait ainsi que la sécurité n’était pas garantie en Angola. Pourquoi a-t-elle laissé alors la compétition s’y dérouler sans exiger des précautions maximales des autorités angolaises ? Était-il pertinent d’accuser, deux heures seulement après le drame, les victimes de « s’être exposées » ? Irresponsable sur le fond, lamentable sur la forme. Le propos le plus ridicule a été ainsi tenu par le Congolais Constant Omari, membre du comité d’organisation de la CAN, qui a rappelé samedi que le Togo encourait, en cas de forfait, « des sanctions prévues par le règlement qui dit qu’un forfait déclaré moins de vingt jours avant le commencement de la compétition finale ou pendant celle-ci entraîne une amende de 50.000 dollars et la suspension de l’association nationale concernée pour les deux éditions suivantes de la Coupe d’Afrique des nations ». Des propos tellement ridicules qui occultent l’obligation de la CAF et du pays organisateur d’assurer la sécurité des équipes participantes. Au contraire, le Togo serait tout à fait fondé de demander des comptes, y compris devant les tribunaux, à la CAF et à l’Angola. Le cœur pas à la fête Bien courageuses les équipes nationales qui seront en état psychologique de jouer, de faire la fête à chaque but marqué, à chaque victoire remportée. Bien sûr qu’annuler la CAN serait faire triompher les ailes les plus dures du FLEC, mais comment parvenir à l’inverse en laissant se tenir, malgré tout, une compétition entachée de sang et pendant laquelle jubiler serait « oublier » les morts togolais ? Un vrai dilemme. Et voilà toute l’Afrique footballistique, toute l’Afrique politique écartelée entre le choix de la compassion obligatoire qui rendrait logique le refus de toutes les équipes de jouer et celui de jouer en mémoire des victimes afin de ne pas donner raison aux terroristes, aux assassins. Au-delà de ses enjeux colossaux et débats philosophiques, il restera cette mort très difficile, pour ne pas dire impossible, à accepter par les femmes, enfants, pères, mères, frères, sœurs et coéquipiers des victimes. Et que dire des joueurs togolais rescapés qui culpabiliseront longtemps d’avoir eu la vie sauve contrairement à leurs coéquipiers, comme s’il leur avait manqué de solidarité… À côté, le FLEC, qui vient d’y laisser toute la noblesse présumée de sa lutte, sait désormais comment il vient d’entrer dans l’histoire. Paix à l’âme des victimes et la paix du cœur pour leurs proches.| |


Ce numéro de téléphone déborde d’appels depuis l’attaque lâche du mouvement de Rodrigues Mingas sur les deux bus de la délégation togolaise à la frontière séparant le Congo-Brazzaville de la province angolaise de l’enclave de Cabinda puisqu’il accorde des interviews à tout-va. Au fait, au lieu de condamner cet acte lâche, les média s’en servent comme d’une amorce pour disserter sur la situation intérieure en Angola. Comme si ceci pouvait justifier cela…
Par ailleurs, le site officiel du FLEC/Position Militaire donne une liste exhaustive des membres du « gouvernement en exil de l’Etat du Cabinda » disséminés dans les pays européens et au Canada. Manne pour les services de police (dont l’Interpol) et de renseignement d’opérer un coup de filet pour traîner en justice les commanditaires de l’attaque terroriste sur la délégation sportive togolaise. Ce qui serait aussi s’assurer que les familles des victimes togolaises ainsi que l’Etat togolais puissent obtenir réparation de cet acte préjudiciable pour des vies et des carrières avant que ses commanditaires ne disparaissent dans la nature.
Deux poids, deux mesures
Voici le florilège des déclarations de Rodrigues Mingas qui établissent sans l’ombre d’un doute sa responsabilité pénale directe ainsi que celle de ses collègues dans l’attaque contre les sportifs togolais :
Or, rien n’est fait par les polices européennes pour interpeller Rodrigues Mingas qui multiplie des déclarations incendiaires aux média appelant à d’autres actes terroristes.
Cette indifférente choquante démontre que l’Europe se fiche éperdument du terrorisme sur le continent africain quand il fait des victimes africaines, sauf s’il est perpétré par des islamistes de la nébuleuse d’Al-Qaïda et s’il cible des Européens ou, disons-le sans mâcher des mots, des blancs, dans quel cas on demanderait à toute l’humanité de se solidariser (« Nous sommes tous Américains ») et de coopérer pour éradiquer la « menace terroriste ».
En d’autres termes : deux poids deux mesures…
Que l’on ne s’étonne guère qu’il ait fallu près de cinq ans et plus de 5 millions de morts pour que la communauté internationale sorte — de fort mauvais gré — de sa léthargie devant le désastre humanitaire des guerres inutiles à répétition en République Démocratique du Congo.
oui, c'est assez vrai tout ça. Mais la police occidentale n'intervient que si on lui demande. Tant que personne ne porte plainte, personne ne sera inquiété.
Et que dire des dirigeants congolais? Ne connaissent ils pas les acteurs de ses actes? N'y ont ils pas autant intérêt que la situation perdure?
Attendons de voir ce qui va se passer. Si rien ne se passe, le roi Pétrole aura encore influencé le cours de ces peuples.
Et pour aller dans le sens de ces articles, on pourrait ajouter que ces malheureux togolais, parce que footballeurs ont de la chance. Pour 2 victimes, tout le monde en parle. Qui parle des morts (270 selon certains) le long de l'Oubangui? Ne font ils eux aussi pas le poids d'une deuxième mesure??
Revendication des uns, désavœu des autres, qui est en droit de parler pour le FLEC ?
FONDE EN 1963 A POINTE-NOIRE
DECLARATION SUR L’EVENEMENT TRAGIQUE ET BARBARE DONT A ETE VICTIME LA DELEGATION DE L’EQUIPE DU TOGO
Le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda décline toute responsabilité sur l’attaque criminelle dont a été victime la délégation de l’équipe de la République du Togo, venue participée à la CAN 2010.
Le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda condamne énergiquement cet acte barbare et renouvelle son engagement d’œuvrer pour le dialogue, la réconciliation et la paix au Cabinda.
Le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda appelle les autorités Angolaises de mettre tout en œuvre pour arrêter et traduire en justice les commanditaires et les auteurs de cet acte insensé.
Le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda soutien la tenue de la Can 2010 à Cabinda. Il exhorte, à cet effet, les autorités de la République d’Angola de prendre tous les dispositifs nécessaires de sécurité pour le bon déroulement et la réussite de ce grand événement continental qui rassemble tous les africains.
Le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda exprime son soutien à l’ensemble de la délégation de l’équipe du Togo et partage leur profonde douleur.
Vive la paix et la Fraternité entre les Peuples.
Pour le Bureau Politique du Front de Libération de l’Enclave du Cabinda
Jacques GIESKES,
Secrétaire Permanent.
Voilà, j'avais dis de ne pas se précipiter dans les réactions. Que se passe t il maintenant? L'Angola pousse les 2 Congos et la France à livrer ses compatriotes exilés dans ces pays.
Résultat, sous pretexte (louable) de lutter contre des criminels, des militants pacifistes et de "simples" exilés vont avoir à subir les tracaseries (au mieux) policières des pays hôtes et de l'Angola. Ca arrange tout le monde, ça réconcilie les différentes parties et tant pis pour la démocratie angolaise.