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SNE : La preuve du bourrage de mou
Quel est donc l'intérêt de mentir aux congolais ? En annonçant prématurément la mise en service d'infrastructures en cours de réalisation mais bien loin d'être opérationnelles, ce que tous les usagers ont pu constater par eux même, le gouvernement discrédite un peu plus son image auprès de l'opinion publique. Est-il si honteux de reconnaître les difficultés rencontrées et qui justifieraient les retards constatés ? Sans doute puisque le ministère de l'énergie et de l'hydraulique préfère user de ces procédés plutôt que d'user de la transparence qui demeure un simple mot de circonstances.
La SNE se fixe de nouveaux défis pour améliorer ses services
La Société nationale d'électricité (Sne) s'est dotée d'un budget de 38,11 milliards de Fcfa pour réussir ses nouveaux défis, à savoir, améliorer ses services et garantir un service de qualité.
Ce budget a été adopté samedi 22 janvier au cours du comité de gestion de la société. Il a dégagé 32,6 milliards de charges d'exploitation, soit une marge brute sur matières prévisionnelles de 5,5 milliards de Fcfa, et un résultat net de 1,5 milliard après la prise en compte des amortissements et des impôts sur résultats.
Jugé en hausse comparativement à celui de l'année dernière, ce budget se fixe comme priorité la poursuite de la mise en œuvre de certaines actions entreprises pour réussir une véritable mutation du secteur dont les services sont peu appréciés par les utilisateurs. « Les documents soumis à votre appréciation visent donc à atteindre les objectifs les plus importants et faire face aux défis qui attendent notre secteur devenu hautement concurrentiel », a déclaré devant les administrateurs, le directeur général de la Sne, Camille Pella.
Ces défis qui attendent cette société nationale sont notamment la restructuration de l'entreprise, pour la rendre plus apte à atteindre les objectifs conformes aux textes en vigueur ; l'amélioration de la qualité des services à travers une bonne gestion des réseaux et ouvrages de production ; l'augmentation de la desserte par l'extension des réseaux et l'amélioration des résultats commerciaux, en vue de l'équilibre financier de la société et du financement de son développement.
En effet, ces objectifs tiennent compte des défis de cette unique société, au regard de l'importance de son produit dans la modernisation et le développement économique de tout Etat.
Longtemps à la recherche d'un équilibre, sachant qu'une partie de son énergie est importée jusqu'à ce jour de l'Etat voisin (la République démocratique du Congo), la Sne cherche à maximiser sa couverture nationale avec la connexion prochaine du barrage d'Imboulou ( pourtant annoncée comme faite pour les festivités du cinquantenaire) et de la centrale électrique du Congo basée à Pointe-Noire. ( les deux tranches ont été annoncées comme connectées il ya déjà des mois ) « La Sne se situe dans un tournant décisif avec l'arrivée de deux nouvelles sources de production. Cela se traduit, pour la Sne, par une disponibilité importante d'énergie qu'il s'agit maintenant de vendre et de distribuer aux clients », a précisé le secrétaire général, M. Pongault, au sortir du comité de gestion.
Par ailleurs, pour atteindre cet objectif, le directeur général pense que parmi les grands chantiers qui attendent la société, figure la réhabilitation et l'extension des réseaux de transport et de distribution dont les travaux lancés depuis quelque temps seront achevés dans les mois à venir.
Secteur clé pour l'industrialisation du pays tant prônée par les gouvernants, l'électricité est vécu, depuis quelques années, par les Congolais, comme une denrée rare au regard des délestages et coupures intempestives voire prolongées qui sont devenues le quotidien des populations dans les deux plus grandes villes du pays.
Guy-Gervais Kitina
Les "Dépêches de Brazzaville"

A force d'attendre et de se laisser bercer par les illusions des dirigeants, le barrage d'Imboulou devient un mythe. Pourtant tant attendus, porteurs d'espoir et résolvant la cruciale question de délestage, le barrage et sa mise en exploitation deviennent hypothétique pour les congolais. On ne peut se poser qu'une question: à quand Imboulou.