Connexion utilisateur
Si Marion Michel Madzimba Ehouango devenait un jour président de la République du Congo (Ajout 1+2)
Marion Michel Madzimba Ehouango, professeur d'université quinquagénaire, est un conservateur du Parti congolais du travail. Il a été à plusieurs reprises directeur de cabinet. Il s’est présenté en 2009 pour la première fois à l’élection présidentielle au nom de l'Association Marien Ngouabi et Ethique. Il avait dans un premier temps appelé à une concertation nationale en lieu et place de l'élection.
Son crédo : « Il faut revenir à la Constitution de 1992 qui a été votée par 98% de la population. Monsieur Sassou Nguesso est arrivé au pouvoir à l'issue d'un coup d'état, et sa Constitution sur mesure lui donne tous les pouvoirs. »
Faisant partie de mes amis sur Facebook, il a accepté de se prêter à une interview sans concessions. Tout s’est passé par chat, les questions et les réponses proviennent de copiés/collés, seules les fautes de frappe ont été corrigées.
Marion Michel Madzimba Ehouango, est un acteur politique que je ne connais qu'à travers le web. Je ne prends pas plus parti pour lui que pour aucun autre politicien. Je ne suis qu'un observateur qui tente de vous faire partager l'information. Je ne suis responsable que des questions que je pose et les assume pleinement.
Lionel Sanz : Dis Marion, si tu étais élu, reconnaîtrais-tu toujours tes amis d'aujourd'hui ?
Marion Michel Madzimba Ehouango : Ah, ah... Tu sais Lionel , ils sont bien plus que des "amis" ! Comment veux-tu que j'oublie cette formidable chaine de solidarité qui m'a sauvé la vie face aux forces obscures qui ne rêvaient que de m'occire pour tuer l’Ethique de « Marien Ngouabi?
Tu fais bien de remettre tout ça en ligne ! "Conservateur" ici ne veut pas dire "rétrograde" mais Ethique "!
LS : Rejetterais-tu a priori TOUS ceux qui ont participé aux gouvernements Sassou ?
MMME : Si j’étais élu, rejetterais-je tous les ministres de Sassou ? Bien sûr que non ! Il y a parmi eux des gens de grande compétence mais qui n’ont pas « le courage de leur compétences ». La veulerie n’exclut pas que l’on soit capable de donner le meilleur de soi dans un autre contexte
LS : As-tu des noms à donner parmi eux ?
MMME : je ne veux pas qu'ils soient virés du gvt par ma faute !!
LS : Quels sont les femmes et les hommes sans poste à l'heure actuelle dont tu voudrais t'attacher la collaboration ? Ne me dis pas que tu ne veux pas leur faire perdre la chance d'être nommés.
MMME : Je ne les connais pas tous ... Et puis la composition d'un gouvernement ne doit plus être l'affaire du Président à lui seul . Autrement la tentation est grande de demander à ses enfants de proposer des "copains" et "des copines " ! Il faut réhabiliter les partis politiques qui doivent être porteurs de programmes et non des espèces de "vuvuzelas" de projets concoctés en famille ! Et puis il y a des technocrates (qui auront de loin ma préférence). Le gouvernement n’est pas forcement le lieu d’exercice de « politiciens ».
LS : je vois que la langue de bois ne t'est pas étrangère.
Je ne parlais pas particulièrement de ministrables mais aussi de conseillers, puisque nous sommes déjà édifiés sur le fait que tu es pour un régime bicéphale, nous sommes d'accord que ce serait le premier ministre qui composerait le cabinet. Donc je répète ma question : Quels sont les femmes et les hommes sans poste à l'heure actuelle dont tu voudrais t'attacher la collaboration ?
MMME : Ne t'en fais pas ...j'ai une équipe bien solide qui travaille actuellement à mes côtés. Beaucoup de jeunes loups aux dents bien longues qui ont le temps de prendre "de la bouteille" avant les échéances ! Mais ici ce n'est pas le lieu de les exposer. J'en sais personnellement quelque choses...
LS : Bon, on y reviendra, je ne suis pas du genre chien qui oublie un os. A ton avis, quel devait être l'âge de la retraite en politique ?
MMME : Il n'y a pas d'âge pour être « con » , alors il n y en a pas non plus pour faire la politique. Il faut être en bonne santé mentale et physique. Si non, on ferait dans l'eugénisme ...
LS : Ta réponse semble sous entendre que pour faire de la politique il faut être con (tu vois je sais aussi jouer au con) ne penses-tu pas que tu devrais un peu plus mesurer tes réponses ?
MMME : C'est vrai qu'avec toutes les contraintes que cela pose, il faut être un peu "con" pour faire de la politique un métier ( ce qui est loin d'être mon cas car je n'en fais pas un métier si non je n'aurai pas pris tant de distances avec mes "copains" ) Dire qu'il y en qui rêvent d'y impliquer leurs gosses...c'est manquer d'amour paternel ! lol ..
LS : D'autres ont tenu ce genre de propos avant toi et se sont cramponnés au pouvoir à la suite, il faut croire que la place n'est pas si mauvaise. Qu'est-ce qui te permet d'affirmer que tu n'en feras pas autant ?
MMME : J'aime trop ma liberté ! Les compromis sont toujours fatigants à gérer. Or 5 ans de compromis pour le quinquagénaire que je suis c'est déjà assez !
LS : Tu dis donc que si tu étais élu tu ne te représenterais pas à la fin de ton premier mandat.
MMME : Non, car j'ai une équipe et de jeunes gens que j'aurais bien formé et avec qui je partage le projet social qui nous aura fait élire.
Tu sais ? L'important n'est pas celui qui est en poste. Le plus important c'est que le projet soit réalisé. Or bien souvent un ancien Président est de bon conseil aux côtés de celui qui l'aura remplacé.
Si Sassou et Lissouba l'avaient compris nombreux de nos compatriotes seraient encore vivants et nous n'aurions jamais été pillés de nos maisons et biens divers .Lula l'a compris et avant lui, Mandela...Ils sont partis mais leurs projets continue de se réaliser
Retiens Lionel , que ce n’est pas de la démagogie …Je le pense sincèrement.
LS : Si Madiba ne s'est pas représenté, Lula Da Silva a fait deux mandats, ce n'est donc pas un cas comparable puisque toi tu ne voudrais en faire qu'un. Et si un large consensus te demandait de rempiler, que ferais-tu ?
MMME : Je me méfie de ce que tu appelles "large consensus" ! C'est le parti qui doit sereinement regarder tous les contours des questions que pose le pouvoir et non le consensus "de bouffeurs" qui bien souvent ne pensent qu'à eux-mêmes ! Mon point de vue est qu'un mandat suffit quand on a un programme politique cohérent et en partage avec son parti politique est ses alliés. On n’est pas forcément indispensable pour réaliser ce type de projet. Et si la mort m'emportait en cours de mandat ? Je demanderai de différer le décès parce que j'ai encore un mandat à accomplir ? C’est fou !
LS : N'est-il pas entant de dire, comme la plupart : "Je n'ai pas pu terminer la tâche que je m'étais fixée, je dois donc poursuivre" ?
MMME : Rire....Les Ivoiriens disent : "...Travail du blanc ne finit jamais ... !"
Est-il logique de penser que l'on est en mesure soi-même de réaliser un projet social ? C'est de la vanité !
LS : Un changement politique exige-t-il un nettoyage des administrations et des services ?
MMME : Oh la la...Bien sûr ! Ça ne sera pas au "karcher" mais ça y ressemblera ...
Avec tous ces "parents" et militants que l'on nomme à longueur de journée à des postes pour lesquels ils n'ont aucune compétence technique et encore moins l'éthique !
C’est vrai qu’on pourra toujours crier à la "chasse aux sorcières" , mais le Congo est si petit qu’on se connaît tous … y compris nos différents parcours professionnels.
LS : Ne vois tu pas dans l'annonce de ces mesures un obstacle majeur à ta promotion en politique ?
MMME : Si je dois être élu, autant que cela soit sur un projet clair ...Je n'en fais pas une fixation, je vis bien hors du pouvoir et je ne m'en porte pas plus mal ...
J'aime bien Pierre Mendes - France...Tu vois le rapport ?
LS : Il n'a jamais été Président de la République, toi non plus d'ailleurs. Y aurait similitude de destins parce que similitude de grandes gueules ?
MMME : Peut-être ...Mais François Mitterrand l'a amené au Panthéon...!
LS : Les cimetières sont remplis de héros posthumes. Je ne suis pas certain que ta réponse me satisfasse.
Quelles seraient les premières mesures que le Président Madzimba Ehouango prendrait face à son peuple ?
MMME : Dialogue National Sans exclusif ! Car il faut tourner les pages sombres de notre histoire post-conférence National.
Les "voleurs" et les "assassins" du régime Lissouba sont devenus des « saint par une opération de « purification » via l'exil et l'on ne parle que de "nouveaux voleurs " et de nouveaux "assassins" . Ce n'est pas juste !
Et puis la tâche de redressement national est si vaste et complexe qu'il faut prendre l'avis de toutes les compétences au lieu de penser que l'on a toujours raison sous prétexte de mauvaise expérience.
De plus , le Congo est bourré de jeunes talents …il faut leur donner l’occasion de se « faire connaître » comme notre génération l’a eue grâce à la CNS , même si nous n’avons pas réussi à l’exploiter comme nous l’aurions souhaité
LS : Nous sommes d'accord sur le fait qu'aucun des trois camps qui se sont opposés durant les évènements ne s'est comporté d'une manière plus humaine que l'autre et que des exactions ont eu lieu de tous les côtés sans que quiconque puisse dire qui a été pire.
Le pays est dans un état de dysfonctionnement grave et les chantiers en cours sont bien loin de couvrir les besoins nationaux. Que ferais-tu pour accélérer l'équipement de la nation ?
MMME : Il faut une politique de décentralisation bien pensée et des garde-fous contre l’irrédentisme "tribalo-régionaliste".
Personne mieux que ceux qui vivent les situations de terrain ne maîtrisent les priorités locales.
De plus il faut parachever le projet de la « fonction publique locale » pour mieux émailler les collectivités d'une administration permanente et compétente.
Bien entendu, il y a le rôle important des Ministères de la planification, de l'aménagement du territoire ainsi que celui de l'équipement et des travaux publics.
SUITE
LS : Tu prônes le retour à la constitution de 92. Je ne sais même plus le N° que porte l'actuelle, mais ta république porterait elle le N° suivant ou celui de la précédente (celle de 92) ? (Cette question n'a rien d'anodin)
MMME : Le nombre de ministre dépendra du programme que j'aurai fait accepter au peuple et au parlement. Le problème n'est pas leur nombre... C'est qu'ils sont sur payés !
Bertrand Mboungou Lekoba : Vous avez été l'un des rares, sinon l'unique candidat de la dernière élection présidentielle à avoir un discours et un projet cohérents. Aucun doute dans mon esprit sur vos compétences et vos anciens étudiants que je connais sont unanimes à ce propos. La place accordé à la jeunesse dans votre vision est l’idéale. Cependant, vous êtes un conservateur du PCT et ceci m'interpelle. Déjà pour commencer, Marien Ngouabi dont vous défendez l’éthique avait beaucoup de qualités reconnues par ceux qui l'ont connu; mais il n’apparaît pas que ce monsieur était un défenseur de la démocratie. Etes vous un démocrate ?
<!--[endif]-->
MMME : Il faut replacer Ngouabi dans le contexte de son temps . (monde bi-polaire , dans un contexte post-colonial, avec une idéologie séduisante puisque la "crème intellectuelle » du monde y était sensible !).Dans un décor ainsi planté je ne pense pas que la question du choix soit entre "démocrate" et "dictateur". Les enjeux sont historiques ! Quand à la filiation "capitaliste" ou " socialiste" , Massamba Débat , dans un lien que j'avais longtemps gardé sur mon mur l'avait , me semble t-il , déjà bien posé :"peut-on être capitaliste sans capitaux ?" disait-il .
D'ailleurs de ce point de vue je suis tellement de gauche que la question ne se pose même pas !
Pour en revenir à l'Ethique de Ngouabi, nous n'avons jamais dit qu'il était un "Saint", mais c'était le meilleur de ses congénères qui savait reconnaître ses torts ( il aimait la critique et l'auto critique), il savait pardonner et assumer ses responsabilité jusqu'au bout ( le faux mystère de son assassinat sera révélé tôt ou tard ! )
Vous me demandez si je suis un démocrate ? La démocratie n'est pas une religion ...Je suis un pragmatique. Ce n'est pas parce qu'on est élu que l'on doit se permettre tout et n'importe quoi. La révolte est un droit lorsque les fondamentaux de l'équilibre social et psychique de la communauté est menacé .Je suis héritier des "révoltés" de 1789 !!!
MMME : Rire...Au temps du mono, j'avais refusé d'adhérer au PCT et mes activité dans l'AEC (mouvement estudiantin en France) me posaient plutôt contre. J'ai adhéré au PCT quand son Président actuel avait annoncé qu'il fallait le dissoudre pour créer à sa place un « nouveau parti politique » .Comble de l'ironie !... Voila des gens qui ont causé beaucoup de tort au pays et qui veulent changer de parti pour faire peau neuve et verser tout leur passif sur le compte du « Parti de Marien »...! J'ai trop d'admiration pour le Président Ngouabi. Alors j'ai rejoint ce qui devait rester de ce parti. Voilà pourquoi nous avons crée l'Association "Marien Ngouabi et Ethique" (avec d’ailleurs, des gens qui ne sont pas tous membres du PCT) . Quand aux fonctions de responsabilité, je n'en ai occupé aucune au sein du PCT. Je suis un vrai militant de base et je m’en réjouis.
MMME : Pour les "valeurs de Ngouabi " je pense qu'elles sont, aujourd’hui, les seules capables d'empêcher certains de "dormir" en paix ! De plus une activité politique doit avoir des repères ...Je suis fondamentalement de gauche (comme homme politique). C'est vrai que le PCT officiel n'a pas d'idéologie, mais je pense que le petit peuple du PCT à la base avec qui je partage nombre de mes réflexions est idéologiquement de gauche.Peut-être l'emporterai-je (ce petit peuple) dans ma nouvelle aventure partisane ... Qui sait ? Chaque chose en son temps
D'hax Mboungou : Aujourd'hui ya Marion vous êtes parmi les potentiels leaders de la politique du congo libre; vous faites rêver des jeunes congolais de par la place qui leur est accordée dans votre conception de la politique. Alors ce qui interpelle toujours et parfois fait douter certains amis de vous c'est l'importance que vous accordez au PCT & Cie. On peut aussi comprend que que soyez membre du PCT à l'époque, on était dans un système monopartiste. Ce qui se veut au congo c'est que la rupture, la vraie rupture enfin s'installe. Vou n'y êtes pas loin mais il vous faudra tout simplement prendre la décision de créer votre propre parti qui pourra vous liberer de tous soupçons possibles.
Vous êtes parainnez par Mr LEKOUNZOU qui n'est pas propre dans son passé politique et vous vous proclammez toujours comme concervateur du PCT. Pour ne pas paraphraser Bertrand, je diari que le PCT dépuis sa création n'a jamais été pour la démocratie la preuve en est que ses éléphants qui parlent nuit et jours au nom de la démocratie ne vous laissent même pas enrégistrer votre parti au ministère de l'intérieur et ce la sans raison valable.
MMME : Non Maradona n'est pour rien...Marien Ngouabi me suffit largement
ACD : Il y a eu la creation de nombreux partis politiques au Congo qui ont d'ailleurs rien apporté comme changement espérer. Il est vrai qu'on ne fait pas du nouveau avec l'ancien mais il est aussi vrai que nous en avons marre de ses partis politiques qui pullulent comme les églises de reveil au Congo.Sans ideologie ni programme,on avance les yeux bandes.Votre point de vu est tres juste et clair que les idées de de Marion Ehouango ne s'accomodent pas avec les ideaux du Pct,mais puis qu'il y a adhere,il peut etre celui qui incarne le vrai renouveau.Mais n'empêche comme vous le pensez ,qu'il y ait veritablement fissure entre lui et le pct surtout qu'il n'a pas été gestionnaire et quel serait le bien fonde de se partager ce lourd bilan?
MMME : De ces discussions naitrait-il un parti politique ? La Tunisie vient de nommer 3 ministres issus des réseaux sociaux ( Twitter et Facebook). Peut-être changerions-nous le Congo avec notre "Parti Virtuel" qui pourrait conclure cette discussion ? Je le dis sans blague !!! Au moins on ne me refusera plus l'agrément de création de parti politique puisque la loi est muette concernant les "partis virtuels" !
Marien Ngouabi, Pct, franchement on ne peut pas faire pire si on veut être un leader politique à audience confidentielle. Comme disent les ivoiriens: "si vous êtes vraiment fâché, allez-y". Il y'a un vrai écart entre vos capacités et cet attachement...cela me semble un peu SUSPECT...mais, je respecte votre position, je suis démocrate.
Liberer le secteur privé en favorisant la création d'activité par les natifs du pays en priorité (une sorte de préférence nationale)
Supprimer l'école des cadets, qui ne sert à rien sauf à faire du Congo le seul pays au monde où il y a plus d'officiers que de soldats de rang... à la place mettre en place un service militaire obligatoire à partir de 16ans pour les jeunes Congolais hommes ou femmes
Supprimer le conseil constitutionnel et le sénat qui coûtent cher et qui ne servent à rien pour un "petit" pays de 4 millions d'habitant mettre à la place comme à l'époque du royaume de Kongo un conseil d'environ 8 membres (le lemba) qui aura le même rôle que par exemple la cour suprême des états-unis
Changez les noms étrangers de la plupart de nos villes, il est inacceptable que la capitale du Congo soit encore nommé Brazzaville, sachant que ce bonhomme est un assassin !
Mettre en place un programme culturel offensive, création de musée, de bibliothèque, privilégier par exemple la célébration des héros et héroïnes du Congo Je pense qu'on devrait commémoré la naissance ou l'assassinat des personnalités comme Kimpa Vita, Matswa
Avoir une monnaie propre dont le nom pourrait être par exemple le Nzimbu (au lieu du Franc CFA)
Bref ! il y a pleins de choses à dire, mais je m'arrête là en disons simplement ceci : A l'époque de Kongo Dia Ntontela, être un dirigeant était une charge lourde que d'ailleurs beaucoup abandonnaient, car trop contraignant parce que l'on devait être un exemple pour la communauté !
Il faut faut favoriser un sentiment de fierté chez le Congolais de base
Il faut que le congolais soit fier non pas parce qu'il porte des costumes ou veut ressembler au Français, mais parce qu'il estimera être issu d'un peuple spécial qui a un rôle important à jouer dans le monde.
Mais ça c'est bien connu car j'en ai parlé lors de ma campagne télévisée
Achille Ngoma : Ya Marion, s'il vous etait donné de trouver ue solution miracle pour sortir le Congo de cette dèche et le mettre sur des rails, que proposeriez-vous, en 5 points de deux a trois mots.
1.....
2.....
3.....
4.....
5..... ?
Il n y a même pas de points allant de 1 à...5 ! Un programme politique doit être un tout cohérent. Bien entendu il y ‘a les préalables. Si c'est que tu penses être des solutions miracles ce n'est pas cela. Les préalables sont comme une table d'opération que l'on doit préparer pour que le chirurgien fasse son travail. Là dedans je mets la question de la légitimité qui doit être incontestable, la réconciliation nationale, le juste dédommagement des injustices tant sociales judiciaires que politiques, bref créer des conditions idoines pour une gouvernance apaisée. Le reste tiendra du programme politique avec ses priorités stratégiques.
LS : Tu es donc favorable à beaucoup plus d'autonomie aux collectivités locales. S'il est des départements qui ne peuvent que s'en réjouir, il en est d'autres qui vont se demander comment il vont pouvoir faire pour financer leurs besoins. Comment peux-tu les rassurer ? Et comment peux-tu rassurer les "nantis" qui vont craindre de devenir les vaches à lait des départements pauvres ? Je ne me contenterai pas d'une réponse où tu dirais que c'est déjà le cas.
MMME : Je suis pour une décentralisation la plus large possible, mais à partir des régions disposant des aires de drainage économiques (et non les Département/Régions actuels qui correspondent plutôt aux entités sociologiques et ethniques). Il faut refonder le découpage territorial en tenant compte des « réalités économiques plutôt qu’historiques et sociales. J’ai toujours pensé que nos collectivités territoriales disposaient de bons atouts miniers, touristiques et agricoles. Il faut une politique volontariste pour développer ces potentialités. Au final on verra que nous avons peut-être très peu de « régions pauvres », mais qu’à cela ne tienne il y a le mécanisme de péréquation au niveau central qui ajustera les budget régionaux par rapport à leurs besoins.
LS : Serais-tu pour un Congo fédéral ou confédéral ? Si oui, comment y parvenir ?
MMME : Quand à la question fédérale ( ou confédérale), je pense que la réponse se trouve dans ma conception de la décentralisation. Je suis admiratif de l’expérience de la RDC avec ses conseils et gouvernements provinciaux. Ce n’est pas du fédéralisme mais une décentralisation qui mérite d’être mieux suivie. Que ça ne marche pas bien la bas est un autre problème qui concerne moins la pertinence du mécanisme que d’autres questions d’ordre politique plutôt que purement administratifs.
LS : Quelle serait ta politique énergétique ?
MMME : La politique énergétique ? C’est une très bonne question, je t’en remercie. Il faut dissocier la politique que l’on pourrait avoir de l’énergie domestique de celle qui concerne l’énergie en tant que facteur d’industrialisation. Je pense que l’énergie « lourde du type centrale hydraulique ( ou nucléaire pourquoi pas ?) doit nous permettre une politique très audacieuse d’industrialisation ‘ nous en avons les potentialité tant énergétiques que minérales !). Pour l’énergie domestique et intermédiaire il y a lieu d’explorer d’autres voies qui s’ouvrent à nous comme le solaire et d’autres ( ce que d’ailleurs le gouvernement tente de faire actuellement et que je félicite )
LS : Energie nucléaire, et allons donc, tu veux te mettre tous les écolos à dos ?
MMME : Energie nucléaire ? C'est mon côté "culotté". Il faut que cela demeure une possibilité. Être capable de...ne signifie pas forcément avoir choisi de... quand aux "écolo" congolais ...
LS : Comment redresser l'enseignement et la santé ?
MMME : La question de l’enseignement et de la santé rejoint celle de la décentralisation : les infrastructures scolaires et sanitaires doit être érigées au regard de la densité des populations dans les zones concernées. C’est là-dessus que je compte sur les exécutifs locaux et conseils ! Le parachutage des structures socio-sanitaire est actuellement cause d’énorme gâchis. On trouve des IRM à Abo (bourgade de moins de 100 habitants aux environs d’Oyo) et il en manque au CHU de Brazzaville. C’est comme cette propension à permettre aux députés et autres « cadres » d’ériger des écoles et autres structures para hospitalières dans leurs villages de naissance et d’en imposer au gouvernement l’affectation des personnels…C’est absurde. Comment redresser tout ça ? il faut beaucoup de rigueur dans le recrutement des personnels. Ces deux secteurs sociaux nécessitent un personnel spécifique tant en qualité que du point de vue éthique. Il faut se départir de la logique actuelle qui consiste à faire du « remplissage » avec des « appelé-volontaires ». On ne doit pas être « personnel soignant » ou « enseignant » quand « on n’a pas trouvé mieux… » .Ce sont des postes sensibles. Il faut y encourager des vocations et être rigoureux dans le recrutement.
LS : Abo est le village de Fançois Ibovi, est-ce l'Etat ou lui même qui a fourni à sa structure hospitalière l'IRM dont tu parles ? Si c'est privé et qu'Ibovi est à même d'expliquer comment il a pu acheter ce matériel de grand prix, il n'y a pas grand chose à dire. C'est par contre à lui de payer les opérateurs.
MMME : Le problème est que c'est à l'Etat d'y affecter le personnel ...! C'est comme toutes ces écoles qu'on construit n'importe où qui explique en partie le déficit d'enseignants qualifiés.
LS : Tu dis : "C'est comme toutes ces écoles qu'on construit n'importe où qui explique en partie le déficit d'enseignants qualifiés." Es-tu certain que la dévalorisation évidente du métier d'enseignant, salaires de misère, logements insalubres, négligence des locaux et du matériel pédagogique, irrespect de la part des parents qui induit l'irrespect de la part des élèves... n'est pas pour davantage dans la carence observée ?
MMME : Le fait de penser que n'importe qui peut construire une "école" n'importe où traduit de l'idée que les gens se font du métier d'enseignant. Bien entendu, tu as raison de dire que tout ça tiens aussi du traitement que le politique fait des enseignants. Mais le comportement des parents et élèves vis à vis de l'enseignant tient aussi de l'idée que les enseignants se font de leur propre statut. Je suis enseignant moi-même ; La conception que les gens de ma génération ont du statut social de l'université (ce qui induit un ensemble de comportement) n'est pas la même que celle que j'observe auprès de mes jeunes collègues qui pour la plupart ne sont venus à ce métier que pour l'argent ou bien pour s'en servir comme piédestal afin d'accéder à d'autres fonctions. En définitive, pour ce qui est de l’université le traitement n’est pas si mauvais que ça. Un universitaire congolais gagne 3 ou 4 fois le salaire de son collègue en RDC et le double de celui du Benin ou du Burkina-Faso. Le problème est ailleurs !
LS : Mon cher Marion, tu réponds à coté de la question. Notre propos étant plus de savoir comment tu voudrais que ton gouvernement agisse pour améliorer une situation catastrophique plutôt que de constater qu'elle l'est.
A suivre…

Publier un nouveau commentaire