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Scandaleux éditorial des « Dépêches de Brazzaville »
Dans son édition de ce jour, le média de Jean-Paul Pigasse, probablement par sa plume, toujours dithyrambique quand il parle de son gagne pain, se permet une analyse du secteur entrepreunarial congolais qui démontre de la part de son auteur, soit sa mauvaise connaissance du sujet, soit sa mauvaise foi. On le trouvera à la suite avec nos remarques non exhaustives.
Et le secteur privé ?
Si l'on ne peut qu'admirer l'extraordinaire vitalité du secteur public qui, malgré sa pesanteur naturelle et les difficultés auxquelles il se trouve constamment confronté dans les décaissements qui lui permettent d'agir, l'on doit se désoler de la passivité du secteur privé. Passivité due, bien évidemment, aux difficultés qu'engendre la crise économique partout dans le monde mais provoquée aussi par l'attentisme généré dans les esprits par les troubles de la dernière décennie du siècle précédent et la lente remontée de l'économie congolaise.
NDLR : Que fait donc le secteur public à part un travail de donneur d’ordres et de mise en coupe réglée des opérateurs privés ?
Nous entendons d'ici les cris d'orfraie et les réactions indignées qu'un tel propos ne manquera pas de susciter dans les rangs des associations patronales, des organisations professionnelles, des entreprises petites et grandes qui ne relèvent que d'elles-mêmes. Mais si les unes comme les autres sont honnêtes avec elles-mêmes, elles reconnaîtront qu'il reste beaucoup à faire pour que le secteur privé, au Congo, participe réellement à la renaissance nationale. Et cela dans tous les domaines d'activité.
NDLR : Parfaitement exact, si le secteur privé doit un jour se développer il faudra d’abord que le secteur étatique lui donne les moyens de travailler sans tracasseries outrancières et qu’il mette fin aux pratiques de collusion, de concussion et de corruption qui sont la règle en son sein.
Il est vrai, pour être juste, que certaines entreprises n'hésitent pas à payer de leur personne en prenant des risques dans le ou les secteurs où elles opèrent. Mais il est tout aussi vrai que ces entreprises se comptent sur les doigts d'une main, à la limite des deux mains, ce qui ne fait pas un très grand nombre d'acteurs efficaces et qui justifie donc largement notre propos. Disons-le avec force même si cela ne plaît pas à tout le monde, le secteur privé, chez nous, est loin, bien loin de remplir les devoirs qui sont les siens comme dans toute économie libre.
NDLR : Sous entendu : des entreprises (en particulier extrême orientales) préfinancent les travaux qu’elles engagent. C’est oublier que pour celles-ci leur Etat d’origine couvre ou finance leurs investissements et qu’elles sont assurées de recouvrer le fruit de leur labeur.
Comptant plus sur les finances de l'État que sur leur propre recherche de marchés et d'opportunités, l'on voit de nombreuses entreprises, dont pourtant l'expertise technique est grande dans leur domaine d'action, attendre pour bouger que l'État lance des appels d'offres juteux, s'engage dans des actions spectaculaires, énonce des projets de grande envergure. Alors et alors seulement les entrepreneurs se mobilisent en évitant de prendre le moindre risque.
NDLR : Quels risques doivent donc prendre les entreprises déjà durement frappées par une crise dont elles ne sont pas responsables ? Elles devraient donc lancer des travaux à leur frais sans savoir si un jour elles pourraient voir leur investissement fructifier, sans parler des difficultés auxquelles elles se trouveraient confrontées pour obtenir les autorisations nécessaires ?
Si le Congo était un pays pauvre, en proie à de grands troubles et couvert de dettes, une telle attitude pourrait à la rigueur se comprendre. Mais l'époque où des maux plombaient la renaissance de la nation est depuis longtemps révolue et notre pays compte au contraire parmi les quelques nations africaines sur lesquelles il est non seulement raisonnable mais sage de parier sans la moindre hésitation.
NDLR : Voilà donc un scoop : Le Congo qui a fait des pieds et des mains pour se faire reconnaître comme Pays Pauvre Très Endetté, n’est pas un pays pauvre, ce que de nombreux observateurs clamaient haut et fort tout au long du chemin menant le pays à l’initiative PPTE. Nous avons la confirmation que ces démarches ne relevaient que d’une arnaque de mauvais payeur.
Puissent donc ces quelques remarques percer le mur de scepticisme dans lequel demeurent aujourd'hui enfermés la plupart des investisseurs nationaux. L'un des rôles de la presse n'est-il pas de mettre les pieds dans le plat lorsque cela s'avère nécessaire ?
NDLR : Oui mon cher confrère, c’est ce que nous venons de faire.
Les Dépêches de Brazzaville

En caractères normaux c'est Pigasse
En Italiques c'est YS
Mais tu avais très bien compris.
Pour t'éviter de paraitre plus bête que tu ne l'est, j'ai passé mes remarques en rouge et les ai précédées de la mention NDLR. Trouves-tu ça plus clair ?