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Samu Social de Pointe-Noire : un engagement quotidien au service des enfants de la rue.
Le 8 octobre 2011, le Samu Social de Pointe-Noire a organisé une Journée portes-ouvertes à son siège à Mpita, dans le 1er arrondissement de la ville océane. Toute la journée durant, il a été donné la possibilité à tout citoyen de se rendre compte des actions que mène cette association auprès des enfants de la rue. Le tout dans une atmosphère festive puisque des activités culturelles ont aussi été programmées : exposition de photos réalisées par Valloni, une pièce de théâtre avec les enfants du Centre d’hébergement, dirigés par Pierre-Claver Mabiala, un conte de Nestor Mabiala et Roland Kaya et de la musique avec le duo Kaly Djatou - Antoine Manana.
A cette occasion, nous avons rencontré Adrien Casseron, Directeur du Samu Social, qui nous a éclairés sur le travail de cette association.
Chaque soir, depuis avril 2006, les équipes du Samu Social arpentent les rues et avenues de Pointe-Noire à la recherche des enfants de la rue. Intervenir auprès de ces enfants est, en effet, la mission principale de cette association, mais pas n’importe quel enfant. Des mineurs exclusivement !
‘’Nous avons vocation d’intégrer les enfants mineurs plus précisément les enfants de la rue parce que notre démarche est centrée sur ce type d’enfant. C’est un accompagnement spécifique. Ce n’est pas la même chose avec un enfant qui a vécu dans sa famille, qui a été scolarisé même s’il peut y avoir des difficultés. C’est quand même différent’’ souligne Adrien Casseron, le Directeur de la structure.
En l’espace de cinq ans et de nombreuses maraudes (les rondes de nuit), les animateurs du Samu Social sont parvenus à connaitre pratiquement tous les enfants de la rue de la ville et à établir un véritable lien de confiance avec eux. Ceci relève de l’exploit quand on sait à quel point ces enfants sont méfiants vis-à-vis des inconnus. Les enfants, dont l’état sanitaire et psychologique nécessite des soins d’urgence, sont accueillis au Centre d’Hébergement d’Urgence avec Soins Infirmiers et Psychologique (CHUSIP). Mis en place il y a un an et demi. Ce centre, qui peut recevoir plus de 20 pensionnaires pour des séjours de courtes et moyennes durées, a permis au Samu Social de développer ses activités auprès de ces enfants car ‘’en les hébergeant, on peut mieux travailler pour qu’ils puissent repartir dans leurs familles. Il est opérationnel, il fonctionne très bien et les enfants s’y sentent bien aussi’’ ajoute Adrien Casseron. Ce dernier considère d’ailleurs ce centre comme une rampe de lancement qui leur a aussi permis d’avoir plus de résultat au nombre de retour en famille.
Depuis son arrivée à la tête de cette structure, 20 mois plus tôt, 130 à 140 enfants ont été ramenés définitivement à leurs familles sur les 1000 identifiés. Mais, cela ne fut pas facile, 6 mois voire 1 ou 2 ans selon les cas ont été nécessaire pour aboutir à ce résultat que l’on pourrait juger faible vu la population, croissante, des enfants de la rue à Pointe-Noire. Seulement, ‘’Si vous ne travailler pas avec les familles, si vous n’êtes pas avec eux, si vous ne travaillez pas pour qu’ils puissent se déshabituer de la rue pour réapprendre les codes de la vie en société avant d’entrer dans leurs familles, vous êtes sur qu’ils vont repartir. Parce que le problème n’aura pas été résolu. Il faut chercher et trouver la solution’’ insiste Adrien Casseron. Le nombre d’enfants ne suffit pas, ce qui est essentiel c’est le résultat obtenu.
Cette démarche de travail fait que le Samu Social est méconnu du grand public, il ne s’agit pas de faire connaitre le Samu Social car ‘’ce qui sert les enfants ce n’est pas qu’on connaisse le Samu Social mais qu’on connaisse leur vécu, de savoir qu’ils sont victimes. Victimes de vivre dans la rue, d’être nés dans une famille qui a rencontré des difficultés’’ complète le Directeur du Samu Social.
Vivre dans la rue, pousse ces enfants à développer des stratégies de survie souvent déviantes : le vol et la mendicité étant les plus fréquentes. Ce qui n’améliore pas leur image et sont ainsi stigmatises. ‘’Quand vous êtes enfant et que vous êtes dans la rue, parfois pour manger vous n’avez pas d’autre choix. Il faut parler d’eux.’’ explique le responsable de la structure.
Un responsable, satisfait du travail accompli en 20 mois, mais aussi conscient de l’immense tache qu’il reste encore à faire, qui peut en l’occurrence s’appuyer sur un personnel très compétent (médecins, infirmiers, animateurs et travailleurs sociaux) et des partenaires très impliqués du Réseau des Intervenants sur la problématique des enfants des rues (Ministère des Affaires Sociales, de l’Action Humanitaire et de la Solidarité, les Organisations de la Société Civile, les Centres d’hébergement, les Centres de scolarisation professionnelle).
‘’On a encore beaucoup de travail à faire, on s’améliore, on se développer. Par exemple, le Centre d’hébergement nous permet d’être plus efficace en moyen de travail. On va y arriver, on n’est pas tout seul’’. Conclu, avec un large sourire, Adrien Casseron.

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