Connexion utilisateur
RDC - Les élections selon Syfia grands lacs
Observation des éléctions en RDC par les journalistes de Syfia Grands lacs.
ELECTIONS EN RD CONGO - Engouement et vigilance des électeurs
Certains candidats à la présidentielle en RD Congo demandent déjà l'annulation du scrutin arguant de fraudes massives, alors même que les résultats ne sont pas encore annoncés. De fait, les observateurs tant nationaux qu'internationaux ont noté de nombreuses irrégularités mais ont surtout relevé la grande pagaille qui a présidé à cette journée électorale.
Cependant ce qui a frappé les journalistes de Syfia Grands Lacs présents dans les bureaux de vote des provinces et de la capitale, est aussi l'engouement massif des électeurs à venir voter et la grande vigilance des témoins et observateurs plus attentifs qu'en 2006.
Partout l'affluence a été très grande dans les centres de vote pour ces élections présidentielles et législatives pourtant attendues avec inquiétude. Mais souvent tous les électeurs présents n'ont pas pu mettre leurs bulletins dans l'urne. Soit le nombre de bulletins était insuffisant pour tous les inscrits, soit la durée d'ouverture des bureaux trop courte pour que tout le monde ait le temps de passer, soit, un peu partout, les listes électorales étaient incomplètes et tout le monde n'y retrouvait pas son nom. Et puis, les épais bulletins de vote pour les législatives ont causé bien du souci aux électeurs surtout âgés ou peu instruits à qui il fallait beaucoup de temps et de l'aide pour repérer leur candidat. Des mécontentements lorsque l'attente était trop longue ont parfois émaillé cette journée d'élections.
La plupart des Congolais, y compris ceux du Burundi, attendaient, en effet, avec impatience ces scrutins car beaucoup tenaient à tout prix à désavouer les élus de 2006 qui les avaient déçus et à choisir clairement leurs représentants, espérant qu'ils prendront à cœur leurs problèmes. C'est ainsi qu'à Kisangani, la population a, selon les résultats provisoires affichés dans les bureaux de vote, massivement voté pour le "candidat des pauvres", le transporteur à vélo proche de leurs préoccupations.
Dans de nombreux bureaux de vote, la vigilance était aussi de mise pour éviter les fraudes. Les témoins délégués par les partis politiques étaient ainsi très nombreux, trop nombreux au goût de certains présidents de centres de vote. Beaucoup ont fait leur travail consciencieusement en dépit des longues heures qu'ils ont du passer dans les centres. Ils sont restés jusqu'à la fin du dépouillement traquant la moindre irrégularité même quand l'obscurité rendait difficile la lecture des bulletins de vote. A Kinshasa, des jeunes se sont aussi organisé pour surveiller les opérations de vote. La crainte de fraudes était tellement forte parfois que certains, pourtant innocents, en ont fait les frais comme ce chef de centre de Goma.
Après cette journée d'élections qui s'est déroulée dans le calme, et sans incident majeur dans la majorité des provinces, excepté à Lubumbashi et à Kananga, les Congolais attendent maintenant avec appréhension les résultats et surtout les réactions des perdants. Feront-ils preuve d'autant de sagesse et de conviction que leurs électeurs ?
Marie-Agnès Leplaideur
Les élections en images Reportage à Goma d'Alain Wandimoyi
Beni - Les électeurs déterminés à voter malgré les coups de feu
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) L'attaque de la prison par des hommes armés qui ont libéré les détenus, le matin des élections, n'a pas entamé la détermination des électeurs de Beni, venus voter en masse pour des dirigeants qui mettraient fin à l'insécurité.
A 4h50’ ce lundi 28 novembre, des coups de feu crépitent dans la commune de Beu, au sud de Beni. Le quartier abrite la plus grande prison de la ville. Des coups de mortiers, d’armes lourdes et légères sont entendus presque partout en ville. Sur le moment, personne ne sait réellement ce qui se passe. Malgré tout, dès 6 heures, les avenues grouillent de monde. Les électeurs se hâtent vers les bureaux de vote. A un moment, un homme avance vers un groupe de jeunes : "Vous, là, vous n’entendez rien ? Vous faites comme si rien n’était !", leur dit-il. Il fait allusion à ces détonations. Les jeunes lui répondent : "Pensez-vous qu’avec la peur, ce pays changera ?" Nous devons, clament-ils d’une même voix, aller voter pour "mettre fin à ces tueries sans précédent."
Située au nord de Goma, dans la province du Nord-Kivu (est de la Rd Congo), Beni a connu de nombreux assassinats ces derniers mois. Pour les habitants, les scrutins de ce jour étaient une belle occasion d’exprimer leurs profonds ressentiments face à ce climat d’insécurité qui pourrit au quotidien leur vie. "Nous devons combattre ce fléau en élisant des dirigeants responsables qui vont sanctionner tous les criminels, qui seront en mesure de payer les militaires souvent soupçonnés d’être impliqués dans des assassinats et de lutter contre les antivaleurs…", déclare Célestin Katembo, très déterminé comme de milliers d’électeurs à participer au vote.
C'est ainsi que les 240 bureaux de vote prévus pour accueillir les électeurs de Beni ont tous fonctionné. Les militaires et la police les ont quadrillés pour sécuriser le scrutin. Selon le colonel Gilbert Mulinga, commandant du Groupe mobile d’intervention, les assaillants ont profité du déploiement de ces hommes dans les centres électoraux pour libérer les détenus de la prison. D’après le procureur de la République, 427 prisonniers se sont évadés dont des criminels, des violeurs et des bandits de grand chemin. Un militaire a été tué et deux policiers grièvement blessés.
Sanctionner par le vote
Outre le président, les électeurs devaient élire deux députés pour représenter la ville à l’Assemblée nationale (500 sièges). Pour le territoire du même nom, 231 candidats se disputaient 8 sièges. Quelques irrégularités et omissions des noms d’électeurs ont entaché le bon déroulement du scrutin. Mais surtout des milliers de gens ont dû prendre leur mal en patience pour attendre leur tour de voter, appelant à tout moment les agents électoraux à les aider pour identifier leurs noms et numéros de séries sur les listes d’électeurs. "Je ne quitterai ici qu’après avoir voté. Même s’il fait nuit, je dois absolument sanctionner le pouvoir par mon vote !", jurait F.K., un enseignant qui n’entendait pas rester en marge de cette élection.
Pendant que les électeurs de Beni votaient, des jeeps de la police, de l’armée et des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements) n’arrêtaient de sillonner la ville. Le procureur de la République avait, en effet, immédiatement après, émis des mandats d’arrêt contre les évadés. Mais cette forte présence des forces de sécurité dans la ville n’a pas effrayé les électeurs, qui se sont rendus en masse dans les bureaux de vote. L’engouement était manifeste. "En 2006, il y avait certes plus d’organisation que cette année. Mais nous sentons cette fois un plus grand afflux de la population", témoigne Étienne Paluku, un chef de bureau de vote.
Pendant la journée, une vingtaine de prisonniers ont été rattrapés par la police. Mais là aussi, cet évènement n’a pas détourné l’attention des habitants. "Je voterai sans aucune influence de qui que ce soit. A l’instant, mon problème c’est voter pour la bonne gouvernance", dit un électeur, peu intéressé par l’attaque de la prison. "C’est important de voter car je sens que ma voix compte pour booster le changement et la refondation" du pays, tranche Alphonse Kakule, un jeune étudiant.
Jacques Kikuni
Lubumbashi - Le pénible vote des vieillards
(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) Dans l’isoloir, les vieilles personnes ont beaucoup souffert pour retrouver les noms ou numéros de leurs candidats, sur des bulletins de vote des législatives longs d’une dizaine de pages à Lubumbashi. Il a fallu souvent qu’on les y aide, pour qu’elles s’en sortent…
La foule se presse dans l’enceinte de l’école primaire Bustani ya Elimu, où le vote débute dès 8 heures, même si la CENI avait prévu que les opérations commencent à 6h. L’engouement devant les bureaux de vote est surprenant. Parmi les électeurs en file, Da Louise, la soixantaine révolue. "Regardez quand même les vieilles personnes !", lance-t-elle désespérément en direction d’un policier chargé d’assurer l’ordre.
L’agent donne l’air de ne se préoccuper que de l’ordre. Mais quelques minutes après, il revient sur ses pas, pointe du doigt Da Louise, une autre femme derrière elle et un vieil homme accroupi dans les rangs, un pull over sur la tête. Il les conduit vers le bureau de vote où, de façon quasi automatique, le personnel s’accorde à leur simplifier la tâche. "Je suis venu avec mon stylo (se méfiant de ceux de la CENI dont les écrits selon la rumeur, s’effaçaient 30’après, Ndlr)", prévient l’un des vieillards, pendant que le président du bureau lui remet le bulletin pour la présidentielle. De petite taille (un peu plus de 30 cm), il n’exige pas beaucoup d’effort pour repérer la photo ou le numéro de l’un des 11 candidats en lice.
"Laissez-les voter en paix"
L’un et l’autre sortent de leur isoloir après un laps de temps, avant de recevoir les bulletins pour les législatives. "Faites la même chose et allez vous reposez à la maison", leur recommande Mulimbi, le président du bureau de vote. Mais cette fois, les trois vieux électeurs tardent à quitter chacun son isoloir. "Muchachishe !", s’écrie en swahili Mulimbi, demandant aux autres électeurs de s’éloigner des isoloirs. En face de lui, des électeurs impatients regardent, curieux, les bulletins qu’ils viennent de recevoir. Toujours dans les isoloirs, le trio parcourt, l’une après l’autre, les 14 pages du bulletin des législatives. "Je ne retrouve pas mon candidat", lance Da Louise, quittant son isoloir pour aller vers le président du bureau.
Elle ne cesse de feuilleter l’encombrant bulletin. Tantôt elle cherche le numéro de son candidat, tantôt son regard s’immobilise devant les photos, les logos des partis ou les noms d’autres candidats. Les trois vieux prennent le temps de parcourir les 46 photos présentes sur chaque page. "Nous avons appris, lors de la formation, qu’il faut servir prioritairement les personnes du 3ème âge, les femmes enceintes, les handicapés et autres. Laissez-les voter en paix même s’ils sont lents", explique la secrétaire de bureau, aux autres électeurs impatients.
Petite peur dans la ville
En face d’elle, un jeune homme conseille qu’on les aide à retrouver leurs candidats. "Passez-moi les numéros de vos candidats", finit pas s’adresser d’un ton coléreux, le président du bureau, aux vieux électeurs. Par le bras, il les tire l’un après l’autre vers l’isoloir et, sous le regard intéressé des témoins et observateurs présents sur le lieu, les aide à cocher la case correspondant au numéro du candidat. Pendant ce temps, dans la cour de l’école, l’engouement des électeurs cède la place à la peur parmi la foule agitée. "A l’Institut Njanja, des hommes armés ont tiré des balles, dispersé les électeurs et brûlé urnes, isoloirs et bulletins de vote", alerte un jeune motard tout suant. Certaines personnes sont mortes, ajoute-t-il sans autres détails.
La nouvelle faisant état d’assaillants circulant à bord d’une camionnette, avec armes à feu à la recherche des bureaux de vote, gagne toutes les rues. Après avoir tiré sur un policier et un civil morts sur le champ, ces inconnus ont poursuivi leur aventure dans la commune de la Rwashi. Là, six d’entre eux ont été tués par des militaires mis à leur trousse. D’autres parmi eux ont été arrêtés et mis à la disposition du gouvernement provincial, avant l’ouverture d’une procédure judiciaire ne soit engagée contre eux.
Maurice Mulamba
Kinshasa - Un scrutin très surveillé par des électeurs
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Les suspicions qui ont entouré le processus électoral en Rd Congo ont poussé les électeurs à la méfiance. A Kinshasa, notamment, des habitants comme des témoins des partis ou des candidats sont restés postés dans les bureaux de vote jusqu’au dépouillement et à l’affichage des résultats, pour déjouer toute tentative de fraude…
Une heure avant l’ouverture des bureaux de vote, prévue à 6h du matin, des jeunes étaient déjà postés aux abords et dans la cour de certains centres de vote de la commune de Limete, à l’est de Kinshasa. Portant des T-shirts blancs frappés de la mention "Force One Sécurité", ces jeunes volontaires sont venus "veiller sur tout ce qui s’y passera et décourager toute tentative de fraude", affirme Cédric, l’un d’eux, posté devant le centre de vote du Complexe scolaire Enodi. Son groupe est resté là toute la journée, jusqu’à la fin du dépouillement et de l’affichage des résultats.
Au Centre de vote de l’Institut Mokengeli, dans la commune voisine de Lemba, des électeurs ont carrément passé la journée dans la cour de l’école transformée pour la circonstance en buvette. Après avoir accompli leur devoir civique, ils ont refusé de quitter le lieu, installé des tables et sièges en plastiques et commencé à boire "pour tuer le temps et surveiller de loin toute tentative de fraude".
Vigilance tous-azimut
La vigilance était de mise dans quasiment tous les quartiers de la capitale. La veille, des rumeurs de préparation de fraude massive avaient circulé dans les rues de Kinshasa, renforçant la suspicion des gens. C’est avec beaucoup d’appréhension que des électeurs se sont donc rendus aux urnes. "On a dit que des bulletins de vote remplis d’avance seront glissés dans les urnes. Nous nous sommes préparés pour empêcher toutes ces fraudes" déclare Cédric, fixant droit dans les yeux un nouvel électeur qui rejoignait la file d’attente.
La même détermination de veiller scrupuleusement à la transparence du scrutin s’est poursuivie jusqu’à l’intérieur des bureaux. Ainsi au centre Enodi, les témoins des partis politiques et des candidats étaient plus nombreux que le nombre légalement autorisé. Dans cette école, 27 témoins occupaient trois rangées de banc au fond d’une salle de classe de 5m sur 6, qui servait de bureau de vote. Ni les vociférations du président du bureau rappelant le règlement, ni les appels des forces de l’ordre ne sont parvenus à les dissuader. "Je leur ai dit de faire des rotations toutes les dix minutes pour ne garder que 5 témoins présents dans le bureau comme l’exige la loi, mais personne ne voulait sortir", explique, désarçonné, le président du bureau de vote, qui s’est adonné à un exercice de pédagogie.
La tâche devient alors difficile pour les agents électoraux de la CENI. Car le nombre élevé des candidats députés, comme dans la circonscription électorale de Kinshasa III Mont-Amba où 1330 candidats se disputent 11 sièges, "on devrait prévoir des bureaux de vote grands comme des amphithéâtres si chaque candidat doit se faire représenter par son témoin", explique le président d’un bureau de vote.
Des agents électoraux débordés
Incompris malgré tous les efforts déployés, il a laissé les nombreux témoins à se confiner dans la salle. "Je ne fais confiance en personne. Je dois surveiller le scrutin et je ne quitterai le lieu sous aucun prétexte", affirme André, témoin d’un parti d’opposition, calé dans son siège. Le surnombre de témoins déterminés à ne pas partir a eu comme conséquence l’insuffisance des bulletins de vote dans certains bureaux. "Nous n’avons prévu qu’une marge de 10 % de bulletins de vote. A cette allure, tout le monde ne saura pas voter", rappelle le président d’un bureau de vote qui attendait 338 électeurs.
Pour servir tous les électeurs en bulletins, il a dû recourir au bureau voisin. "Nous faisons la péréquation des bulletins", avait-il expliqué aux témoins, très vigilants, qui l’ont accompagné dans sa démarche. Le lendemain du scrutin, un groupe de "Force One Sécurité" est revenu tôt le matin au centre de vote Enodi "pour vérifier si les résultats affichés la veille, n’ont pas été modifiés la nuit".
Raoul Biletshi
Kisangani - De très nombreux témoins vigilants mais pas toujours neutres
(Syfia Grands Lacs/Kisangani) Très nombreux les témoins des partis politiques présents dans les bureaux de vote pour s'assurer du bon déroulement des scrutins, en ont souvent profité pour influer sur le choix des électeurs. Cependant, malgré leur fatigue, ils ont surveillé attentivement le décompte des voix. Reportage à Kisangani.
Dès 5 h du matin, ce 28 novembre, les témoins des partis politiques, regroupements et candidats indépendants ont commencé à prendre d’assaut les bureaux de vote à Kisangani et dans les alentours. "Ne commencez rien sans nous !", lance l’un d’eux aux agents électoraux qui arrangent encore le matériel dans un bureau de vote à 17 km de la ville à l’école primaire Mikaieli sur la route Ituri. D'autres ne sont arrivés qu'après le début du scrutin.
Dans tous les bureaux de vote, les présidents ont eu du mal à gérer les témoins tellement ils étaient nombreux. A l'école Mikaieli, les deux bancs réservés pour eux étaient pleins. Pour ne pas encombrer le bureau, le président leur demandait de s'y relayer.
Des témoins de l’opposition et de la majorité étaient présents dans tous les centres. Parfois, on trouvait même deux témoins d’un même parti politique qui ne se connaissaient pas alors que la loi n'en prévoyait qu'un par parti.
Certains portaient des badges des partis dont ils oubliaient qu’ils étaient membres même quand le président leur posait la question. Beaucoup n'était pas très actifs. A l’école primaire Limanga à Mangobo, un témoin s’est profondément endormi. "Que diras tu à ton chef ?", lui demanda la présidente de bureau de vote. D'autres manipulaient leurs téléphones et ne prenaient presque pas de notes. D’autres encore n'avaient pas le même nom sur leur badge et sur leur carte d'électeur. "Certains sont sans formation et ne connaissent pas les manuels de procédure de vote", explique un président de bureau de vote qui refuse l’accès à l'un d'eux pour identité douteuse.
"Accompagner" les votants dans l'isoloir
Souvent ces témoins ont accompagné les votants dans l’isoloir, surtout les analphabètes et les personnes du troisième âge, incapables de se retrouver dans ces bulletins de vote qui comptaient 8 pages pour les législatives ; avec l’autorisation du président du bureau lorsque l’électeur votait pour le candidat du témoin. "Le chef de centre a permis à une femme d’accompagner plus de 30 personnes qui ne peuvent pas voter eux mêmes dans l’isoloir",s’indignait une observatrice en colère auprès du président d’un bureau de vote de E.P. Mituku Mangobo. Alors que la loi ne l’autorise qu’une seule fois pour une personne.
Dans de nombreux bureaux de vote dans la commune Lubunga sur la rive gauche du fleuve Congo, des témoins très présents vantaient les œuvres de tel ou tel candidat devant les électeurs dans la file d’attente. Une femme s’en est plainte au centre de vote du Lycée Mufaume auprès du responsable de la police. Au collège Maele, certains témoins proposaient de l’argent (5 $) aux électeurs pour qu’ils votent pour leur candidat. "En sortant du bureau, il m’a plutôt remis 1000 fc au lieu de 5$", témoigne une électrice.
A l’école primaire Maendeleo, d'autres représentants de partis politiques, assis sur les fenêtres de la salle, les autres debout entre les isoloirs au risque de violer le caractère secret du scrutin, ont outrepassé leurs pouvoirs. "Non, je sais la personne pour qui je vote", a rétorqué à haute voix un quinquagénaire à un témoin qui le suivait dans l’isoloir.
Ailleurs, une fille avec un badge de témoin attaché à sa chemise a joué le rôle du premier assesseur (qui oriente l’électeur dans le bureau de vote) pour recevoir les électeurs dans un bureau de vote. "Elle aide le premier assesseur qui est un peu lent," se justifie le président. A l’E P Kabondo, certains témoins faisaient des mimiques pour indiquer aux électeurs qui entraient pour qui voter. "Madame, tu n’es pas là pour saluer tout le monde !", a intimé le président à l'un d'eux.
Affamés et fatigués
Dans l'après-midi, certains de ces envoyés des candidats ont commencé à s'endormir sur les bancs, comme à l'école Kabondo. "Depuis le matin, je n’ai même pas bu de l’eau", déclare l'un d'eux. Rares sont les candidats et partis qui ont pensé à les nourrir : du pain, une boîte à sardine et une bouteille d’eau minérale pour les témoins de la Fondation du Congo (FC), des biscuits et sachets d’eau pour ceux de la Convention pour la république et la démocratie… Certains ont touché une prime inférieure au coût du transport et ont affirmé faire du bénévolat.
P.Mikwa, E.Mukuli, H.Basea, T.Boyongo, A. Makanisi, T.Mokiango, C.Uzilo
Masisi au Nord Kivu - L'éloignement des centres de vote, limite le nombre d'électeurs
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Dans le territoire de Masisi en province du Nord Kivu, des électeurs étaient contraints de parcourir des kilomètres pour rejoindre leur bureau de vote. Beaucoup de personnes âgées et d'handicapés, entre autres, n'ont ainsi pas pu voter alors qu'ils le souhaitaient.
"J’habite à Mushaki, et je suis venue voter ici à Matanda parce que c’est là que mon nom est apparu, donc j'étais obligé de parcourir au moins 5 km pour aller voter", explique Ntamuheza Joseph rencontré à Matanda dans le territoire de Masisi dans la province du Nord Kivu ou il est venue accomplir son devoir civique.
Comme lui, de très nombreux électeurs devaient parcourir de 5 à 10 km pour rejoindre leur centre de vote. "Nous nous sommes réveillé très tôt le matin pour être au bureau de vote, j'ai marché au moins 10 km jusqu’ici", explique Uwimana, une femme rencontrée à Matanda.
Les bureaux sont en effet installés là où il y a une forte concentration d'électeurs, là où ils sont peu nombreux, les bureaux sont rares et donc souvent éloignés, ce qui est souvent le cas dans cette région.
Ces longues distances ont rebuté de nombreux électeurs qui ont préféré rester chez eux et qui n'ont pas voté. Une maman qui a requit l’anonymat s'explique : "Les bureaux de vote sont très, très loin, je ne sais pas y arriver. Je dois m’occuper de mon champ et de mes enfants. Je ne sais aller passer toute la journée au bureau de vote. Où trouverai-je à manger pour mes enfants ?"
Parmi les personnes qui ne sont pas aller voter dans ces conditions, on note entre autre beaucoup de gens du troisième âge et des handicapés. "Je n’ai plus assez de force pour aller voter trop loin, je n'ai personne pour m accompagner. Je voulais vraiment voter mais l’emplacement des bureaux ne me permet pas d’y arriver vue mon état de santé, témoigne une personne âgée. Ils n’ont pas pensé à nous qui avons du mal à marcher. Ils ne voulaient peut être pas que nous allions voter."
Pourtant, ces élections étaient un moment très attendu de nombreux Congolais soucieux de choisir librement leurs représentants. Ne pas pouvoir le faire en a déçu plus d'un.
Passy Mubalama
Rutshuru - Pagaille autour des listes électorales
(Syfia Grands Lacs/ RD Congo) Des listes officielles incomplètes ou non conformes, d'autres, manuscrites, réalisées dans l'urgence, des électeurs autorisés tardivement à aller voter ailleurs dans leur circonscription… A Rutshuru, au Nord-Kivu, bon nombre de personnes n'ont pas pu voter.
"Tout électeur non repris sur la liste et ayant sa carte électorale est autorisé à voter dans tout bureau de vote de la circonscription de son enrôlement. Ceni." Ce message téléphonique envoyé par la Commission électorale nationale indépendante à tout abonné des entreprises de télécommunication Vodacom et Airtel vient à peine de tomber sur le téléphone du chef d'un bureau de vote de Rutshuru, au Nord-Kivu. Nerveux, il sursaute tout en se parlant à lui-même : "Il est déjà 17 heures passées et ils sont des centaines à ne pas avoir encore voté. Pourtant, il n'y a environ que 300 électeurs officiellement inscrits… S'il faut continuer à tracer les listes à la main, le vote va aller jusqu'au petit matin."
Dans ce bureau de vote, c'est la bousculade et il est bien difficile de se frayer un passage.Dans cette foule plus ou moins alignée, un garçon de 14 ans. "Je suis ici depuis 9 heures ce matin. Je cherche le nom de ma mère qui ne sait ni lire ni écrire, mais je ne l'ai pas encore trouvé", fait-il savoir. Finalement, sa maman décide de rentrer à la maison et de ne pas voter. "Le chef du bureau vient de nous demander d'aller ailleurs. Il dit qu'il a arrêté les opérations. Je suis essoufflée. Je ne peux plus aller m'aligner devant un autre bureau", regrette-t-elleamèrement. Contacté à ce sujet, le chef du site explique que la Ceni n'a prévu qu'un seul bureau dans ce centre et qu'il ne reste plus que 10 bulletins de vote réservés aux témoins et aux observateurs.
Aucun incident majeur
Comme cette femme, de nombreux habitants de Rutshuru n'ont pas pu voter ce 28 novembre à cause de la lenteur des opérations, mais aussi de l'absence de certains noms sur les listes d'électeurs. Par ailleurs, le message de la Ceni est arrivé dans la soirée alors qu'ils étaient nombreux à être déjà rentrés chez eux... D'autres, qui ont eu à temps l'information, ont résisté au sommeil jusque dans la nuit pour voter. "Nous avons reçu l'ordre de les orienter dans n'importe quel bureau. Ici, ils votent par dérogation, comme leurs noms ne sont pas repris sur les listes, nous sommes obligés d'en élaborer d'autres manuscrites", explique un membre de la Ceni.
Aucun incident majeur n'a été signalé à Rutshuru, malgré quelques anomalies enregistrées, notamment au Complexe scolaire Penuel où des candidats de l'opposition ont exigé l'annulation des résultats de ce centre. Selon eux, plus de 80 % des inscrits sur les listes seraient des gens d'autres régions. Une situation qui a créé des tensions au sein de ce centre où le chef dit avoir été surpris d'enregistrer seulement une dizaine de votants.
Cette pagaille autour des listes électorales était la même dans plusieurs sites sur les 154 répartis sur l'ensemble du territoire de Rutshuru. Dans la confusion ambiante, quelques bureaux de vote tentent d'afficher les premiers résultats depuis mardi après-midi. Mais, difficile pour l'instant de dire qui des 11 candidats à la présidentielle est en tête.
Evariste Mahamba
Les Congolais du Rwanda peu motivés à voter
(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Installés depuis des années au Rwanda, de l'autre côté de la frontière avec la RD Congo, bon nombre de Congolais ne sont pas retournés chez eux pour voter. Les dernières semaines avant le scrutin, craignant l'instabilité, des compatriotes les ont rejoint temporairement.
Tout le personnel d’une compagnie commerciale basée à Bukavu, à l'est de la RDC, a élu domicile dans un hôtel de Kamembe, au Rwanda voisin, depuis la mi-novembre 2011. Cette compagnie a déplacé ses employés, mais pas ses activités. Son siège et ses succursales du Sud-Kivu continuent de fonctionner. Le personnel s’y rend le matin et le soir traverse la frontière pour "passer la nuit dans un endroit sûr".
Comme cette compagnie, de nombreuses organisations internationales œuvrant au Sud-Kivu ont suggéré à leurs employés de s’installer temporairement à Kamembe. Certains se sont installés dans des chambres d’hôtel, d’autres ont loué pour un ou deux mois de petites maisons. Des individus et des familles ayant leurs proches de l’autre côté de la frontière ont également préféré passer la journée en RDC et la nuit au Rwanda. "A la suite de la demande croissante en maisons de location, les propriétaires ont augmenté les prix. Le mien m'a demandé d'ajouter 10 000 Frw (17 $), alors que je loge dans sa maison depuis longtemps", déplore un mécanicien de Kamembe.
Les longues files à sens unique quittant le Rwanda le matin et y entrant le soir, en particulier le jour des élections, témoignent du grand nombre de Congolais qui se sont installés au Pays des mille collines. "Les frontières sont restées ouvertes pour permettre aux citoyens congolais qui sont en règle d'aller voter. Certains, qui voulaient s'approvisionner à Kamembe ont voté tôt et sont ensuite allés au marché, car les magasins étaient fermés ce jour là au Sud-Kivu",explique un douanier de Rusizi.
Globalement, les commerçants frontaliers côté rwandais déplorent toutefois les pertes dans leurs affaires. A Kamembe, beaucoup de stocks de viandes, légumes et autres denrées alimentaires n’ont pas été écoulés. Même les banques de cette ville, dont beaucoup de clients sont Congolais, n’ont enregistré que des retraits d’après un agent d’un de ces établissements. Les compagnies de transport qui relient Kamembe à Kigali, en passant par Butare et Muhanga au Sud, ont, elles, manqué de passagers.
"Nous cherchons la paix"
De nombreux Congolais vivant au Rwanda depuis longtemps sont en effet restés indifférents aux élections dans leur pays d'origine. A l'image d'un garagiste au camp Zaïre, un quartier de Gikondo (Kigali), habité depuis des décennies en majorité par des Congolais : "Les conflits et l'insécurité qui ont ravagé le pays depuis des années découragent les électeurs de voter pour un leader. Ceux qui sont en place n'ont pas fait grand-chose pour changer les conditions de vie des citoyens".
Ce Congolais, qui est au Rwanda depuis 15 ans, estime que son pays d'adoption est "beaucoup plus tranquille. Dommage que le Rwanda n'accorde pas facilement la nationalité. Moi, je souhaiterais rester ici toute ma vie." Avis partagé par une mère de cinq enfants, originaire de Goma, qui ajoute : "'Si nous sommes ici, ce n'est pas parce que nous n'aimons pas notre pays, mais parce que nous cherchons la paix." Comme le garagiste cité plus haut, elle voudrait, elle aussi, obtenir la nationalité rwandaise et rester dans ce pays avec son mari enseignant.
Même si elle n’est pas allée voter pour garder ses petits enfants à la maison, son mari et trois de leurs enfants sont allés exercer leur droit à Goma. Mais, pour cette Congolaise, les accrochages qui ont entaché les élections dans certains coins du Nord-Kivu risquent de décourager les électeurs de participer aux prochains scrutins.
Jean de la croix Tabaro & Narcisse Mutuyemungu
Frontière ougandaise - Des cartons de bulletins de vote interceptés
À Kasindi, localité située à 80 km de Beni, à la frontière avec l’Ouganda, vers 14 h lundi, toute la population était en alerte maximale. Six cartons de bulletins de vote venaient d'être interceptés par un groupe de jeunes commissionnaires en douane à la frontière. La rumeur a circulé comme une trainée de poudre dans cette cité d’environ 20 000 habitants où les électeurs étaient en train de voter.
Bosco Pendani, un de ceux qui a dénoncé cette fraude aux bulletins de vote, directeur de campagne d’un député national élu de cette zone témoigne qu'ils en étaient informés depuis quelques jours. Voyant des cartons différents de ceux contenant habituellement des produits de première nécessité, et ne pesant pas le même poids, les commissionnaires les ont saisis sans demander l'aval de personne.
Selon Omar Kavotha, président de la société civile de Beni, ce trafic de bulletins à la porte de l’Ouganda ne fait pas de doute, surtout qu’il existe des échanges fréquents entre l’Ouganda et l’Afrique du Sud où ont été imprimés les bulletins. Il ajoute qu’en Ouganda, des imprimeries modernes sont aussi capables de fabriquer des faux bulletins.
Selon certains habitants, un général des FARDC de la mouvance au pouvoir serait soupçonné dans cette affaire, sans pour l'instant en avoir la preuve. Le député provincial, élu en territoire de Beni, Jaribu Muliwavyo a condamné cette tentative de fraude et aussi les policiers qui, quelques heures plus tard, ont mis la main sur ceux qui l'avaient dénoncée.
Par ailleurs au village de Maboya sur l'axe routier Beni-Butembo, un candidat député national a été aussi attrapé avec un lot de bulletins de vote dont quelques-uns avec son nom coché. Ici c’est la population qui l'a vu en train de remettre aux villageois les bulletins avec de l’argent.
Jacques Kikuni Kokonyange
L'encre indélébile numéro 3
Dans un bureau de vote près de Kisangani, un témoin de l’Union pour la nation (UNC) est sorti dire aux autres témoins des partis d’opposition et aux observateurs nationaux et internationaux que le couvercle du tampon de l’encre indélébile pour les électeurs qui, ne sachant pas écrire, votent par empreinte digitale portait la mention numéro 3, numéro d’ordre de Kabila. Une remarque faite dans de nombreux bureaux de vote du pays, où parfois ce couvercle a été arraché.
Alain Wandimoyi – Goma
Goma - Un chef de centre lapidé par erreur
Au centre de vote situé dans le complexe scolaire la Joie au quartier Ndosho à Goma. Des électeurs ont dénoncé un bourrage des urnes et ont lapidé un chef de bureau soupçonné d’en être responsable et qui est grièvement blessé. Selon la CENI il s'agissait pourtant d'un malentendu, dû au fait que les témoins des partis, observateurs et journalistes sont autorisés par la procédure à voter avant les autres électeurs. La police a cependant tiré pour disperser la foule. Le bilan actuel fait état d'un blessé suite à ces tirs.
Passy Mulumba
Kisangani - Dépouiller les bulletins dans l'obscurité
À l’école primaire Mikaeli à 17 km de la ville de Kisangani, il fait nuit à 18h30 quand arrive l'heure du dépouillement des votes. Dans la petite salle de classe, on allume les lampes à pile, on démonte les isoloirs en carton pour les étaler par terre. Les agents de la Ceni descellent les urnes et renversent celle avec les bulletins pour les présidentielles sur le sol. Deux agents de la Ceni, assis par terre déplient les bulletins un par un et cherchent les petits signes qui indiquent le vote. Une dizaine de témoins les observent attentivement mais, dans l'obscurité, ils ont bien du mal à les voir. Deux témoins, un de la majorité et un de l’opposition demandent alors de se rapprocher de plus près. Certains allument la torche de leur téléphone portable. D'autres pointent minutieusement les décomptes.
Deux autres agents de la Ceni, assis à des bureaux d'écoliers, notent les résultats.. Quand le nombre de bulletins dépasse d’un le nombre de votants, les témoins exigent de recompter la liste d’émargement. "Ne nous tuons pas, recomptons calmement", lance un observateur pour calmer certains témoins qui s’énervaient contre le président. Après le décompte, l’erreur est retrouvée, tous rient et on continue. Mais au moindre doute, on reprend les comptes
Pour déclarer un bulletin nul, le président de bureau prend son manuel de procédures pour convaincre les témoins qu'il a raison.
Vers 21 heures, le dépouillement de la présidentielle est fini et on remplit les procès verbaux. Après une petite pause, on passe au dénombrement des voix de députés sur des bulletins de 8 pages où il faut chercher le petit signe coché dans la case vide. Un travail fastidieux qui emmènera les équipes jusqu’au-delà des petites heures du matin.
Pepe Mikwa - Kissangani
Le candidat des pauvres caracole en tête
C’est tôt le matin, à partir de 5 h mardi 29 novembre que les résultats provisoires de vote ont commencé à être affichés dans certains bureaux de vote comme l’exige la loi pour la transparence.
Le cycliste transporteur (Awenze Makiaba n °48) candidat à la députation crée la surprise. Il vient en première position dans presque tous les bureaux de vote. Même dans ceux des quartiers où des candidats nantis avaient distribué des milliers de dollars ou fait des dons des transformateurs comme à la commune Kisangani, où il vient en tête avec 150 voix alors que le second en a moins de 30.
À Kabondo, au bureau de l’EP Maendeleo alors que les quartiers environnants ont reçu de nombreux dons des candidats (construction des ouvrages, matériels électriques et autres), le candidat des pauvres, qui n'a même pas fait un meeting, réalise de grands scores, avec souvent deux à trois fois plus de voix que les autres candidats. À Mangobo et Tshopo, il obtient un score très serré avec les autres. Une exception dans la commune Mangobo, où Awenze vient en seconde position après l’ancien président de l’Assemblée provinciale. À Lubunga, il rafle aussi les voix d'un candidat mieux connu du coin.
Ernest Mukuli
Bukavu : Tous les électeurs n'ont pas pu voter
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Le temps insuffisant imparti pour le scrutin face au nombre d'électeurs, la lenteur du scrutin lié, l'insuffisance des bulletins, n'a pas permis de voter aux très nombreux électeurs qui s'étaient déplacés.
Il est 13 h 30 mn au centre de vote de l’école primaire Ngakwa, à 25 km à l’ouest de Bukavu. "Les bulletins de vote pour les présidentielles sont épuisés", déclare le chef du centre aux milliers d’électeurs alignés dans la cour de l’école. A l’école primaire Burhiba aussi une foule d’électeurs attend toujours derrière les murs du centre de vote, agglutinée au portail car il leur est interdit d'entrer. A l'intérieur, neuf longues files d’attente pour entrer dans le bureau.
"Tous les électeurs n’ont pas pu voter avant l'heure de fermeture, car il était prévu 480 électeurs dans notre bureau", explique le président du bureau de vote numéro G7. Ailleurs le vote s'est poursuivi au-delà de 18 heures, jusqu'à 19 h 30 mn à Burhiba. Sur 580 électeurs attendus, seulement 424 ont voté malgré la prolongation.
Des bulletins compliqués
Aux horaires d'ouverture insuffisants, s'ajoutent la lenteur du scrutin, un exercice difficile pour beaucoup. Le bulletin de vote pour les présidentielles était d’une page. "C’était facile de faire son choix", explique N. B., un électeur au sortir du bureau de vote. Mais faire son choix pour les législatives a été difficile pour beaucoup d'électeurs. Beaucoup n'arrivaient pas à trouver leur leader parmi les petites effigies des candidats. "Après avoir tourné et retourné les quatre pages du bulletin qui reprenait les candidats députés sans retrouver celui que je devais élire, j’ai appelé un observateur à mon secours pour m’aider à reconnaitre mon candidats. C’est ainsi que j’ai pu voter", explique Nyota M’punga en sortant du bureau.
Les agents des bureaux de vote étaient pour la plupart nerveux face à ces foules. "Certains d’entre eux ont voté pour des électeurs analphabètes", déclare P. C., un observateur. Les policiers ont même chicoté des électeurs pressés de voter qui franchissaient la ligne de sécurité. "Le grand nombre d’analphabètes et de vieillards a ralenti la vitesse du vote, disaient les jeunes dans la cour. C’est ainsi que nous trainons encore jusque tard."
Thaddée Hyawe-Hinyi
20, rue du Carré du Roi - 34000 Montpellier – France
contact@syfia.info - Tél : 33 (0) 4 67 52 79 34

Publier un nouveau commentaire