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Qui sont les Koongo ?
De nos jours, à la lumière des données archéologiques et linguistiques notamment, la quasi totalité des ethnologues s’accorde à admettre que le bantu originel, ancêtre des populations qui ont essaimé en Afrique noire, aurait eu son berceau dans la région saharienne. C’est précisément sous le sol de Canaan dont parle la Bible et devenu d’abord la Palestine puis Israël, qu’il faudrait fouiller le cordon ombilical du groupe bantu originel. Le fameux mythe de la disparition des 12 tribus d’Israël cache, il n’y a plus aucun doute pour l’historien, la réalité de la migration bantu vers l’Afrique noire. Ce fait est d’ailleurs confirmé par les géographes arabes du Moyen-âge, tel Idrissi qui, à une époque où les explorateurs européens cherchaient à découvrir la retraite des véritables descendants d’Abraham, leur avaient fourni cet indice : « Trouvez le Sambalyon, ce fleuve mythique au bord duquel s’étaient installées les Tribus israélites qui étaient venues en Ethiopie, après avoir passé un certain temps en Egypte, et vous trouverez les Tribus perdues d’Israël ». Il faut préciser que « Ethiopie » était le nom originel de l’Afrique Noire. L’histoire nous apprend en effet que, partis de la région saharienne, les
Proto-bantu sont descendus dans la région des Grands Lacs. Repartis de là, ils atterrirent sur le Plateau Baoutchi dans le Nord-est du Nigeria, précisément sur les rives de la Bénoué. C’est de là que seraient partis les Bantu actuels au début de l’ère chrétienne. Ainsi, pratiquant une agriculture de savane, le groupe bantu Nord-ouest, contournant la forêt équatoriale, termine sa course dans la région du Kassaï vers 550 de notre ère et constitue le noyau bantu dont sont issus les Koongo.
Par une lente migration, à une vitesse moyenne de deux kilomètres par an ; les Koongo, après trois siècles atteignent le Kwango vers 850. Certains s’y fixent, d’autres au contraire vont poursuivre leur périple, d’abord le long de la côte, pour remonter ensuite le fleuve qu’ils franchiront vers Matadi, pour aboutir dans l’aire géographique où sera finalement fondé le prestigieux Koongo dia Ntolila (Rassemblement Koongo), dont la province Nsundi sera le domaine royal. Les Koongo connaîtront ici près de trois siècles de prospérité et d’unité, période à laquelle le contact avec l’Europe viendra sonner le glas. En effet, un vigoureux sens de l'indépendance caractérisait les Koongo. Ils se jugeaient eux mêmes, écrivait un Italien du XVe siècle : "Les premiers hommes du monde" et rien semble-t-il ne les persuadait du contraire. Ils avaient le profond sentiment que Koongo dia Ntotila était non seulement le plus grand pays du monde, mais aussi le plus heureux et le plus beau : (Dieu d’Abraham, le virus nous vient de loin !).
Puissants guerriers, prompts à se défendre, jaloux de leur intégrité territoriale, profondément attachés à leur culture et confiants en soi ; ces sentiments vont créer un climat délétère dans les rapports entre Koongo et Portugais. A en croire les historiographes européens qui ont eu un contact avec le royaume ; les rapports entre Koongo et Portugais sont d’abord une histoire d’amour, qui commence sous le signe de l’égalité des races, de l’amitié et de la fraternité entre les deux peuples. Mais très vite, ce contact se révèle un heurt des deux civilisations. On signale que la pierre d’achoppement fut la volonté des Portugais d’imposer le christianisme occidentalisé aux Koongo, lequel Christianisme exigeait que les Koongo renoncent à leurs croyances. Devant cet arrière plan tumultueux érigé par les actes incessants de provocation par les Portugais, écrit un historien : les Koongo décident de réagir ; Mani-Koongo mobilise la garde royale. Le 25 octobre 1665 à 09 heures du matin, vingt mille hommes affrontent les troupes portugaises à Ambwila (district de l'actuelle province de Uige en Angola, dont le chef lieu est Nova-Caipemba). Les Koongo accusent une réelle supériorité au combat, acculant les troupes portugaises à une défaite certaine. Mais, ces derniers vont bénéficier du renfort des Yaka,
sous-groupe Téké, dont l’intervention déséquilibrera le rapport de force en faveur des troupes portugaises.
Les Koongo seront donc défaits ce jour là. Ce sera aussi le début de la fin du royaume. Dans sa thèse
de Doctorat 3e cycle "Coutumes et Développement au Congo Brazzaville, faculté catholique de Lyon, 1968"
; notre très regretté Cardinal Emile Biayenda que son âme repose en paix ! écrivait : « Unis à l'origine, les Kongo connurent leur tour de Babel et durent se scinder en plusieurs groupes à l'occasion de circonstances diverses. ». Les Koongo vont donc se disperser à la suite de cette défaite. Ceux de la province de Nsundi, vont remonter le fleuve et les uns après les autres le franchiront à Kibunzi entre Matadi et Boma ; puis à Manianga et à Mpombo, pour aboutir à BOOKA devenu BOKO par simple déformation par les Européens, et BOOKA était en réalité une excroissance du Royaume sur la rive droite du fleuve, comme le fut Booko-Soongo; ‘’Booka’’ veut dire campement. Un groupe va demeurer sur place et gardera le nom Koongo. Un second groupe conduit par le
patriarche Mi-Mpanzu plus connu sous le pseudonyme de Bueta-Mbongo (qui retient avec force l’argent dans sa main, en fait un pingre) à cause de son esprit économe, tentera de pénétrer plus à l’intérieur en territoire téké. Mais, l’aventure s’arrêtera à Loufoulakari où, plus tard, rattrapé par Fourneau, Mi-Mpanzu ou Bueta-Mbongo sera décapité avec son entourage immédiat, pour s’être opposé à la pénétration européenne dans sa localité.

Les chutes de Loufoulakari à 80 km au Sud de Brazzaville, où fut décapité Bueta Mbongo
Le reste du groupe va poursuivre la migration, et pour échapper à la traque coloniale, ces Koongo vont avoir recours à un subterfuge qui consistera à changer de nom. Ainsi ils deviendront d’abord les« Bissi-Buendé », puis les « Bissi-Mpuntu ». Enfin, une fois arrivés dans la zone de Kimboto située au Sud-est dans la LEKOUMOU et à environ 300 km au Nord-ouest de Kimpanzu, ces Koongo vont de nouveau changer de nom pour devenir des « Laadi », nom qui leur vient de la rivière qui arrose cette région habitée par ailleurs par un sous-groupe ethnique téké appelé « Laali ».
La migration va se poursuivre en plein territoire téké, jusque dans ce qui est devenu de nos jours la contrée de MPANGALA. Ce dernier groupe Koongo aura choisi de conserver le nom de la Province d’où nous sommes partis c’est-à-dire « NSUNDI ». Mpangala était par ailleurs le chef lieu de la localité du royaume Koongo dia Ntotila nommée « MABAMBALA ». Les Koongo ainsi défaits par les Portugais à Ambwila, vont immigrer en territoire téké. Ils emporteront dans leur mémoire des témoignages qui portent traces des splendeurs disparues de Koongo dia Ntotila qu’ils restitueront sans discontinuer à la mémoire de la postérité et qui, évidemment, vont forger un sentiment anticolonialiste empreint d’une rare puissance, qui ne cessera désormais de hanter la mémoire de toute la descendance Koongo. Ainsi, comme l’écrit Georges Balandier : « ….la nostalgie de l’unité et de la grandeur disparues se transformera en exigence de libération. Les Ba-Kongo prendront dès 1920, l’initiative des luttes d’indépendance ; leurs guides politiques revendiqueront symboliquement le titre de roi afin d’affirmer une continuité. La résurrection d’un Koongo rajeuni et techniquement équipé paraîtra possible ».
C’est le devoir qui nous échoit, la mission qui nous incombe, quoi qu’il advienne !
NGULU MBAKALA BÂ NA MBELE
Daniel Nkouta

Wikipédia explique mieux, en tout cas tout ce verbiage...