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Qui sont les délinquants ? Nouveau récit de brutalités policières à Pointe-Noire
A propos d'un fait divers dans lequel est impliqué un officier de police, nous écrivions hier : Tant que les dérives policières ne seront pas punies avec une sévérité exemplaire, et que la présence de voyous n’est pas éradiquée des rang des forces de l’ordre, on ne pourra pas espérer un regain de confiance et une revalorisation de la fonction policière dans l’esprit des populations. Ce n'est pas le récit qui suit, trouvé dans Facebook qui va nous faire changer d'avis.
Au moins deux des victimes nous sont parfaitement connues : Arnaud Kingat et Roland Kaya, elles sont dignes de foi.
Photo : Le visage tuméfié et la chemise déchirée de l'une des victimes des défenseurs de l'ordre.
Le Récit :
La nuit du samedi 30 au 31 juillet 2011, un groupe de 14 jeunes congolais et français passent une soirée amicale et se rendent dans le quartier Mawata. Dès leur arrivée, vers 1h du matin, des pick-ups de la police municipale s'arrêtent à hauteur du groupe et un policier cagoulé, suivi des ses collègues, saute du véhicule et arrache une fille du groupe sans explication ni interpellation. Face à la violence et à l'incompréhension, le groupe tente de s'interposer entre la police et la jeune femme. Au même moment : Arnaud KINGA (journaliste) se dirige vers les policiers pour s'informer et se fait frapper, menotter et placer dans le véhicule ; Guichel BITSY (agent de l’ONG Rénatura) subit le même traitement sans être menotté ; Roland KAYA (comédien) reçoit des coups de poing au visage et se fait frapper dans les jambes à coup de matraque. Dans la foulée, il perd son téléphone portable ; Deme Steve PAMBOU (artiste) est également violenté et étranglé.
Finalement, l'amie est placée dans le véhicule de la police.
Voulant connaître la cause de l'arrestation de leur amie, ils [les autres ndlr] décident de suivre la patrouille de police. En cours de route, devant le restaurant chez Andreas, la jeune femme est transférée dans un camion bâché où plus d'une quarantaine de filles sont déjà. Une autre jeune femme qui était dans la rue est frappée, ses vêtements sont déchirés par les policiers puis elle est placée dans le véhicule totalement nue.
Devant le commissariat de l'arrondissement n°1 de Lumumba, Arnaud KINGA est relâché. A ce moment, les policiers expliquent que "la police congolaise a reçu l'ordre d'arrêter toutes les prostituées de Pointe-Noire". En tentant de comprendre la situation avec certains agents de la police et de leur expliquer que leur amie n'en n'est pas une, un policier demande la somme de 34 000 FCFA pour que la jeune fille soit libérée. Très rapidement le policier descend la somme exigée à 15 000 FCFA. Les jeunes gens refusent cette transaction, contraire à la loi et n'étant coupables d'aucun délit.
Après plusieurs minutes, les jeunes femmes sont convoyées par les policiers jusqu'au commissariat central. Toujours dans le même souci de protéger leurs amis, le groupe suit de nouveau les véhicules. Une fois arrivé, Guichel BITSY est relâché. Le groupe a de nouveau tenté de faire comprendre aux policiers que la manière avec laquelle ces femmes ont été arrêtées ne correspond pas à une procédure policière et ne respecte pas les droits des personnes. Le groupe d'amis ajoute que toutes les filles dehors à cette heure-là ne sont pas "automatiquement" des prostituées (parmi les femmes arrêtées, se trouvent également des épouses).
Après de nombreuses réclamations devant le commissariat central, un colonel, qui n'est pas de service, s'arrête pour discuter avec le groupe. Suite aux déclarations faites et au constat de la violence policière avérée au commissariat, le colonel promet de faire ce qui est en son pouvoir pour faire sortir l'amie détenue puis quitte les lieux. Le groupe reste près d'une demi-heure devant le commissariat pour attendre la libération de leur amie. Puis leur attention est attirée par des cris de femmes à l'intérieur du commissariat. Pour cette raison, quatre membres du groupe entrent dans le commissariat pour savoir où en est la procédure. Ensuite, un lieutenant en service leur demande violemment de quitter les lieux. M.. Prince BAOUA rappelle aux policiers que le code de la famille stipule que « tout être humain est sujet de droit » et qu'on leur doit le respect. C'est pour cela que le lieutenant ordonne alors à ses collaborateurs de frapper M. BAOUA et de l'arrêter. Les subalternes et particulièrement un sergent répondant au nom de M. DOUNIAMA le battent jusqu'à le défigurer et le faire saigner. Puis, il est enfermé dans une cellule.
Juste après cette arrestation et suite aux réclamations exprimées par le groupe, la jeune femme et elle seule est libérée.
Les revendications continuent après la libération de la jeune femme pour innocenter leur ami incarcéré. Une somme de 72 000 FCFA est demandée par le lieutenant qui accuse M. BAOUA de l'avoir outragé (ce qui n'est que pire mensonge et mauvaise mise en scène). Il reste incarcéré pendant 6 heures.
Le groupe reste à proximité du commissariat jusqu'à la libération de M. BAOUA. Vers 8h, un colonel, se disant « commissaire au commissariat de Loandjili », revient au commissariat central pour ordonner la libération de M. BAOUA. Ce même colonel était présent au moment où M. BAOUA a été maltraité et incarcéré. Ce dernier présente des contusions à sa sortie de cellule.
Aujourd'hui, la démarche du groupe d'amis concernés par ces événements est d'une part de réclamer justice, et de manière plus générale d'amorcer une prise de conscience par tous, afin de faire instaurer des procédures policières respectueuses des droits de l'Homme en République du Congo.
Il ne peut être toléré que des policiers agissant tel qu'il a été décrit, puissent déclarer, comme le sergent, M. DOUNIAMA "je suis la loi!".
Les policiers avaient reçu l'ordre d'arrêter les prostituées, pas de les brutaliser.
Ils ont embarqué sans distinction toutes les femmes noires accompagnées ou non, ce qui nous a été confirmé à diverses reprises l'opération ayant eu lieu dans toute la ville.
Ils n'ont tenu aucun compte des déclarations des gens présents et se sont même permis de frapper ceux qui avaient l'outrecuidance de leur faire remarquer la disproportion de leurs manières.

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