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Quelles solutions lors des rentrées scolaires africaines pour les faibles revenus?
(Source: http://goudiabykunda.over-blog.com/article-24167210.html)
J'ai été surpris récemment d'entendre lors des conversations téléphoniques récentes avec des Frères demeurant au pays cette question: A quand la 4ème partie sur le gouvernement?Je n'ai pourtant pas donné de date, même si ça viendra et que cela ne ressemblera en rien aux 2 dernières. Une chose m'interpelle aujourd'hui, c'est le sujet sur la rentrée scolaire. Nous sommes un bon paquet à être parent d'un, de deux ou de plusieurs élèves. Même quand on ne l'est pas, on l'est quand même (nièces, neveux, petits frères et sœurs…)
Je pensai écrire un truc dessus depuis des jours mais je ne voyais pas sous quel angle l'aborder. C'est la lecture du blog de Kagni Alem, le fils très caché deBella Bellow (tant pis pour ceux qui vont me croire) qui m'a plus inspiré encore. En effet, ce dernier aborde une question cruciale, à savoir comment faire face aux divers frais engendrés par la rentrée scolaire tels que ceux pour les stylos, crayons, cahiers, cartables etc. Vaste question quand on connaît les revenus de nos fonctionnaires dans les CFA et même de pas mal d'agents dans le privé, chaque fois que les mois de septembre/octobre pointent leurs museaux, certains parents doivent même interdire à leurs progéniture de l'ouvrir car le sujet est bien connu: l'argent de la tenue/l'argent du nouveau sac/l'argent des cahiers/l'argent des… Et le père de riposter, de qui donne un dialogue souvent surréaliste:
· Mais ta tenue de l'année passée?
· Papa, j'ai grandi. Ou encore, Elle a des trous;
· Ton sac de l'an dernier?
· Papa, il n'est plus à la mode. Ou encore, il a des trous;
· Tes équerres, compas, règles de l'an passée?
· Ils sont cassés, papa. Ou encore, On me les avait volés.
Le pauvre père, qu'il ait 3 enfants, qu'il en ait 7, avec 60.000 ou même 150.000 XAF ne peut faire face aux coûts d'une seule rentrée scolaire décente. Je n'ai même pas cité les livres car là aussi, les choses se compliquent. Les livres ont des coûts exorbitants. Sincèrement. Chaque fois que j'en achète ici pour mon jeune frère, élève dans une école supérieure privée en train d'apprendre la gestion, le droit, la compta, bref! les finances, je me dis Heureusement qu'il bosse bien. Lui au moins, il a (si je puis dire) la chance de m'avoir de ce côté-ci de la Mare Nostrum. Et, les autres, ils doivent s'en sortir comment? Imaginons un papa et une maman qui avaient pensé avoir été raisonnable en faisant des enfants avec des écarts “corrects” et qui, en ce mois de septembre 2009 a son aîné de 18 ans qui entre dans une école privée (l'université est morte depuis des années, je n'en parle même pas), sa petite sœur de 14 ans qui attaque sa 3ème, et les deux derniers de 10 et 6 ans qui sont encore au primaire. Avec environ 250.000 XAF bruts/mois, comment vont-ils s'en sortir? C'est tout bonnement infernal! J'en connais qui fuient leurs propres maisons pour ce genre de choses, restant au bureau jusqu'à pas d'heures, espérant rentrer quand les enfants sont endormis. Et le matin, ils repartent aux aurores. Il y en a qui vont s'endetter auprès d'usuriers qui leur proposent des taux prohibitifs de 30 à 50%. On croit s'endetter pour résoudre un souci, c'est une valise de soucis qu'on va commander en réalité car ces dettes, on ne termine jamais de les pays, c'est comme avec le FMI et la Banque mondiale.
Pour une certaine forme de gratuité
Mes parents qui ont connu et l'école sous le Blanc et l'école sous “nous-mêmes” m'ont souvent raconté qu'ils ne devaient eux payer que le transport. Or, certains habitaient tellement loin des écoles primaires qu'ils dormaient dans la semaine chez un oncle ou une tante qui était à proximité. Et puis, de toutes les façons, il n'y avait pas de 100-100 ni de wôrô-wôrô* à l'époque. Il fallait donc emprunter la ligne 11, la plus célèbre au monde: ses deux jambes! Les cahiers, plumes, encriers (ma mère eut cela dans les années 60 à Ngania) etc. restaient à l'école et, le lendemain quand on revenait, tout était là.
Je sais bien qu'aujourd'hui, certains d'entre nous, dans les 2 Congo, au Kamerun, en RCA, au Tchad, au Togo, au Bénin etc. ont tellement d'enfants qu'ils pourraient constituer des équipes de hand-ball, de basket-ball, voire de rugby, mais tout le monde n'est pas à loger à la même enseigne. Si Kagni Alemprône (ou plaide plutôt, c'est son mot) pour le retour d'un 13ème mois qui, naguère, existait et était remboursable à taux 0, je pense de mon côté que les États, avec des fonctionnaires compétents, crédibles, devraient travailler de son côté, pour mettre sur pieds une sorte de gratuité des frais de scolarité pour les enfants des écoles publics dont les parents ont de faibles revenus, et cette gratuité pourrait se limiter par exemple à 5 enfants (les doigts de la main, hein?) et inclure des fournitures scolaires de base: tenues scolaires etc. Quitte aux parents de s'occuper des autres enfants, des bus à payer s'il y a lieu, de leurs repas etc. Nos États ont largement les moyens de le faire, je ne vais pas revenir ici sur tout l'argent gaspillé chaque année par nos administrations diverses. J'apprends par exemple via le journal en ligne www.africaintelligence.fr qu'une somme de 300.000€ aurait quitté le Trésor public congolais pour se retrouver sur compte d'un avocat (patronyme non communiqué), dans une banque française, destiné au final à un homme d'affaires de l'hôtellerie. Cela fait environ 196.787.100 de XAF. So, si nous voulons financer sérieusement les domaines utiles dans notre (pas tous, j'en conviens), on peut le faire. De la même manière que tous les citoyens ne paient pas leurs impôts avec les mêmes montants (sauf la TVA qui est l'impôt le plus injuste au monde, puisque la viande du Tchad que je vais acheter à Poto-Poto, je la paie au même prix qu'un ministre ou un conseiller de la Cour des comptes!), certains cadres supérieurs du privé ne sont pas, ne devraient pas être concernés par cette proposition.
Quid des écoles privées? A ce niveau, je pense qu'en l'état actuel des choses, j'estime que l'État n'a rien à y faire, sauf jouer son rôle de contrôle et tout le reste. Celui qui va mettre son gamin dans le privé doit payer. Le fait que la plupart de ces fournitures scolaires soient des produits importés n'arrange pas non plus les choses: les prix ne sont pas du tout compétitifs, même quand ce sont des fournitures made in China, ou pour être précis, made in Guangzhou!
Obambé GAKOSSO, September 2009©, All Rights Reserved
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*: 100-100: Taxi collectif ou bus de transport en commun au Congo-Mfoa. Nom donné car jusqu'à décembre 1993, la course coûtait 100 FCFA. Le Wôrô-wôrô quant à lui est un taxi collectif (souvent jaune) que l'on trouve en Côte d'Ivoire. Ce nom vient du malinké et il veut dire “30 FCFA” car dans les années 40, la course y coûtait ce prix.

Je suis de tout coeur avec ta position.
A une certaine époque l'éducation était une des priorités du Congo. Maintenant, elle est devenue un moyen de s'enrichir (voir l'appartenance clanique - je ne dis pas tribale - des propriétaires d'écoles privées) et un moyen de sacrifier des populations à venir (qui bien sûr n'appartiennent pas au clan). Hitler considérait cet outil comme un guide dans "Mein Kampf". Les colons français l'ont utilisé comme moyen de pouvoir et coercition dans toutes leurs colonies pré et pos indépendances.
La gratuité ou la facilité d'accès aux pré-requis pour l'éducation est l'un des points majeurs que nous avons perdu au Congo, alors que je n'ai entendu personne m'annoncer que nous n'étions plus des sympathisants d'un socialisme moderne oeuvrant pour le peuple. Un exemple évident de ce qui attend le Congo se trouve sur la rive gauche. Mais la paupérisation des intellectuels imbus d'eux-mêmes, de la population qui méprise l'étranger et se croit supèrieure aux autres tout en croupissant dans la vase et la misère empêchent de voir que nous sommes sur une descente infernale qui pénalisera plusieures générations.
Ender End