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Politique nationale : est-ce l’ouverture ?

Mademoiselle Mambou Aimée Gnali est une dame qui n'a pas sa langue dans sa poche. L'ex-ministre de la culture démissionnaire du gouvernement Sassou II est passée dans l'opposition radicale en rejoignant le PAD du général Ngouélondélé dont elle est secrétaire générale. Elle réagit dans ce texte à ce qui semble être la nouvelle orientation de la politique gouvernementale à l'égard de son opposition.
Politique nationale : est-ce l’ouverture ?
Est-ce l’ouverture, la main tendue ou un simple signe des temps? Toujours est-il que «La Semaine Africaine» nous a rapporté, coup sur coup, à la une de ses livraisons du vendredi 17, puis du mardi 21 septembre 2010, des déclarations de deux ténors de la majorité présidentielle qui, bien que surprenantes dans la bouche de ces inconditionnels du Rassemblement de la majorité présidentielle (R.m.p), me sont allées droit au cœur.
Au cours de la conférence de presse donnée à son cabinet, le vendredi 10 septembre 2010, M. Michel Ngakala, secrétaire permanent du Parti congolais du travail (P.c.t), chargé de la vie du parti, affirme, en effet, à propos de la réunification de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (U.pa.d.s): «Pour faire asseoir la démocratie dans notre pays, il faut disposer des partis forts… Que ça soit à l’opposition ou à la majorité… Si vous avez une opposition totalement déstabilisée, vous avez un contrepoids nul. Il faut avoir une opposition bien structurée, avec des cadres de haut niveau, tournés vers l’avenir, et avec un projet qui peut rassembler les Congolais».
Une semaine plus tard, soit le vendredi 17 septembre 2010, au palais des congrès, c’est le député Jean Claude Ibovi, président du Mouvement pour la démocratie et le progrès (M.d.p), qui, fustigeant une classe politique aux nombreux acteurs «véreux, prédateurs, pauvres dans leur esprit, sans ambition pour notre bien commun, le Congo», soutient: «…Il faut, à nos dirigeants, un véritable changement de cap et de politique… Le changement est possible, mais on ne change pas de politique, sans changer les hommes».
En tant que militante du Parti pour l’alternance démocratique (P.a.d), je ne puis que me réjouir de ces propos de nos adversaires qui reconnaissent, enfin, le bien fondé de nos positions politiques, tant en ce qui concerne le fonctionnement de la démocratie que la nécessité de changer les hommes pour changer de politique.
Est-ce à dire qu’ils sont prêts à modifier leur comportement vis-à-vis de l’opposition? A cesser de la diaboliser? A la laisser jouer son rôle de contrepoids, pour instaurer une démocratie véritable et changer les hommes qui nous dirigent? C’est ce que nous attendons de voir.
Car, si nous voulons, réellement, changer de cap, les mots seuls ne suffisent pas. Il nous faut, les uns et les autres, majorité et opposition, prouver, par les actes que nous posons, les projets que nous proposons de mettre en œuvre, pour changer de politique, que nous sommes plus que jamais déterminés à aller au changement.
L’opposition congolaise possède les cadres de haut niveau dont parle M. Ngakala et détient des projets inspirés du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (D.r.s.p) de nature à améliorer l’avenir des Congolais. Elle a engagé, depuis deux mois, une réflexion sur elle-même visant à renforcer sa cohésion et son impact. Mais, le pouvoir, que soutiennent nos deux orateurs, est-il prêt à lui reconnaitre une place dans le concert national et à ouvrir avec elle un dialogue franc et constructif sur l’avenir du pays?
Si changement de cap il doit y avoir, il passe, d’abord, par-là: rassembler toutes les forces vives et toutes les compétences du pays, de quelque bord qu’elles soient, et reconnaitre leur droit à participer au développement du pays. Ce qui n’a pas été le cas, jusqu’à ce jour. Faut-il voir, à travers les déclarations des deux hauts responsables politiques de la majorité présidentielle, le prélude à un changement d’attitude? Ou bien leurs propos sont-ils à mettre au compte de la logorrhée habituelle des prétendus responsables congolais?
Mambou Aimée GNALI
Secrétaire Générale du Parti pour l’Alternance
Démocratique (PAD)
Nous avons peine à nous convaincre que vous avez la naïveté de croire en ces propos démagogiques et politiciens. Le PCT entre en campagne pour les législatives en donnant quelques gages de démocratie de façade grâce à sa maîtrise de la langue de bois.
Débouté par l'opinion publique lors des précédents scrutins, le système électoral congolais n'a plus la moindre crédibilité face à l'opinion internationale. Votre parti, le PAD, a d'ailleurs refusé d'y participer. Un nouveau boycott de l'opposition risquant d'obérer la légitimité d'une assemblée élue sans sa présence, l'ouverture prônée par Mrs Ngakala et Ibovi peut-elle être considérée comme autre chose qu'une tentative de mise en confiance de l'opposition radicale afin qu'elle rentre dans le jeu électoral pour mieux la mettre hors jeu par le système de décompte incontrôlé et incontrôlable des voix très au point dans le pays ?
Nous aimerions beaucoup à Déchaîné que vous approfondissiez votre analyse.
Respectueusement
La Rédaction

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