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Pointe-Noire - Lycée Victor-Augagneur vs Lycée Poaty-Bernard : Une rivalité de potaches tourne à la guerre ouverte
Du vendredi au mercredi derniers, les élèves des deux lycées se sont livrés une véritable guerre. Cette crise, aux causes inconnues, a vite dépassé le cadre scolaire pour devenir une affaire d'état. Seulement les causes réelles de cet excès de violence sont peut-être ailleurs et sont plus profondes qu'on le croit.
Rivaux depuis des années, les élèves des deux établissements sont sortis du cadre habituel de leur rivalité, celui des moqueries tournant essentiellement autour du choix scolaire (les élèves de Victor-Augagneur, lycée d'enseignement général, ''intellectuels'', nourrissant un complexe de supériorité à l’endroit de ceux de Poaty-Bernard, lycée d'enseignement technique, ''manuels'''), pour un autre terrain plus dangereux celui de la violence. Et ils n'ont pas fait les choses à moitié. De vendredi à lundi, ils se sont affrontés à mains nues et armes blanches. Et le bilan de ces affrontements : plusieurs élèves blessés et un enseignant brutalisé par la police. Des forces débordées et surprises par l'ampleur des événements.
Tout comme les proviseurs des deux lycées qui, depuis le déclenchement des "hostilités" le 14 janvier, n'avaient pris aucune mesure pour ramener leurs élèves à la raison.
Pointe-Noire est coutumière de ces tensions entre élèves de LVA et ceux de LTPB mais cette année, elle a atteint un degré de violence jamais vu d'autant plus les causes en sont pas claires: les uns parlent de querelle amoureuse et les autres d'un échange verbal qui aurait mal tourné. Qu'à cela ne tienne, l'une ou l'autre raison ne justifient pas un tel excès de violence de la part des futurs cadres du pays.
Les vraies causes seraient peut-être à chercher loin de l'école, dans la cité tout simplement. L'état du pays ne pousse pas l'optimisme et pour les jeunes en mal de repère (système éducatif inadapté, manque de débouchées professionnelles...) la violence serait un moyen d'expression. L'école n'étant qu'un échantillon de la société, ce qui s'y passe n'est que le reflet du mal profond qui ronge les congolais dans leur ensemble. L'intervention du maire de la ville illustre bien le sérieux de la situation, mercredi matin, Roland Bouiti-Viaudo a entretenu tour à tour les proviseurs des deux lycées. "Ils doivent prendre leurs responsabilités !" a-t-il déclaré à l'issue de ces rencontres avec Jean-Baptiste Sitou, de Victor-Augagneur, et Séraphin Lomba, de Poaty-Bernard. Un conseil qui sonne comme une mise en garde.
Pour montrer la détermination des autorités à régler cette crise scolaire, le maire était accompagné du commandant de la compagnie territoriale de la gendarmerie et du commissaire central adjoint.
La volonté d'endiguer cette violence s'est remarquée le matin même par la mise en place d'un important dispositif des gendarmes et policiers aux abords des deux lycées. Dispositif qui n'a pas empêché les élèves des établissements rivaux de s'invectiver mutuellement. Pendant toute la matinée, l'on a craint que la situation ne dégénère à nouveau mais le théâtre des affrontements s'est déplacé loin des lycées quadrillés par les forces de l'ordre. Ainsi l'on a pu voir des "bouchons" vers le CEG Antoine-Banthoud et le lycée Pointe-Noire 2. Des affrontements mineurs qui n'ont rien à voir avec ceux du week-end.
Depuis deux jours, un calme rélatif règne au sein des deux établissements et les cours ont repris timidement. Espérons qu'au moment où se font les dépôts des candidatures pour les baccalauréats général et technique, les élèves ne penseront a rien d'autre d'à étudier. Est-ce pourtant dire que la situation est réglée ? Que les élèves ''nourris'' des préjugés sur les autres vont se calmer pour toujours?

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