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PNR : Première représentation publique du film "Dora" du réalisateur Eddy Mikolo

‘’Dora’’, le film réalisé par Eddy Mikolo, a été projeté pour la première fois en public ce lundi 30 janvier 2012 sur la Place de la République (ex rond-point Lumumba) dans le 1er arrondissement de Pointe-Noire. Un événement qui a attiré des milliers de ponténégrins et qui restera dans l’histoire comme le premier grand événement culturel de l’année 2012.
Les spots publicitaires et le bouche à oreilles ont atteint leur objectif. Les spectateurs sont venus de partout pour vivre cet instant jamais vu à Pointe-Noire : un film congolais projeté dans la ville. Ce film est d’autant plus particulier qu'il est entièrement ponténégrin. Toute l’équipe, en effet, réside dans la Capitale économique du Congo. Et elle était présente sur les lieux.
Assis ou debout, les yeux rivés sur l’écran géant, les spectateurs, captivés, sont restés concentrés tout au long de la projection, applaudissement et riant lorsqu’une séquence le permettait.
‘’Je suis content de constater que chaque fois qu’un spectateur arrivait, s’arrêtait et continuait à suivre le film, ne repartait pas aussitôt’’ remarque, avec sourire, Eddy Mikolo (photo), le réalisateur. Un constat qui cache mal son triomphe. Pourtant tout le long de la séance, il est passé par tous les sentiments : appréhension, crainte, joie et satisfaction. Ce n’était pas gagné d’avance.
Réputé pour sa critique sévère à l’endroit des œuvres réalisées par les nationaux, le public ponténégrin n’accorde pas facilement son satisfecit. ‘’Ma seule crainte était que le public n’accepte pas le film’’ avoue le réalisateur soulagé. Crainte vite levée car la joie se lisait sur les yeux de tous les spectateurs, en majorité jeunes. La foule grossissait au fur et à mesure que le temps avançait.
L’heure et le lieu sont également de beaucoup dans la réussite de l’événement ; 17h c’est la sortie des bureaux et des écoles, la Place de la Republique est le nœud de la ville, la paume de la main à sept chemins. La plupart des lignes de bus passe par ce point névralgique.
Tourné, avec les moyens techniques limités, à Pointe-Noire pour les séquences urbaines et à Tandou-Bizeze pour la campagne, aucun décor artificiel n’a été utilisé, avec des acteurs amateurs, ce film a été financé par fonds propres du réalisateur. Ce manque de financement a contraint celui-ci à attendre un semestre pour la première projection publique. La présente ne s’est effectuée que grâce à un heureux concours de circonstance : la grand-messe du football africain.
En effet, l’écran géant placé à ce niveau sert, depuis le 21 janvier, à la diffusion des matches de la Coupe d’Afrique des Nations. L’équipe du film a, donc, profité de cette audience inespérée pour non seulement montrer le film mais aussi jauger la réaction du public.
‘’Je suis satisfait. C’est rare de voir à Pointe-Noire, une projection publique d’un film congolais. Je suis encore plus content de savoir que ce sont des ponténégrins qui ont fait le travail’’ déclare un spectateur ravi à l’issue de la séance.
Il n’est pas le seul d’ailleurs, les autres spectateurs ont manifesté différemment leur satisfaction en voulant porter en triomphe Ursula Goma, la comédienne qui joue le rôle titre. ‘’ J’ai été surprise par la réaction du public. J’avoue que j’ai eu un peu peur, je n’imaginais pas que cela allait se passer ainsi. Je suis ravie du travail effectué’’ reconnait-elle avec un grand sourire. Elle s’est refugiée dans les locaux de la police pour échapper à ses fans.
Le manque de soutient de la part des pouvoirs publics est le grand mal qui tue la création artistique au Congo. Les artistes créent sans être certains de trouver les moyens nécessaires pour distribuer leurs oeuvres. Ils sont obligés de recourir au système ‘’D’’ (la débrouillardise!). C’est le cas d’Eddy Mikolo qui n’a eu pour seul accompagnement que celui de DVS+, la chaine de télé et radio qui l’emploie.
Il n’en est pas à sa première expérience cinématographique. En 2003, il a avait réalisé, en compagnie de ses complices Brice Mayinguidi et Claude Massala, une serie de sept épisodes intitulée ‘’Rien que l’amour’’. Faute de producteur et de distributeur, cette tentative s’était arrêtée à la première saison. Il espère aujourd’hui que son nouveau film connaitra un destin meilleur que la série.
‘’Nous lançons un vibrant appel aux autorités administratives et aux entreprises de mettre à profit de tels événements pour promouvoir non seulement l’art mais aussi leurs produits’’ sollicite Félicien Balende, le comedien qui joue le premier rôle masculin.
Pendant plusieurs jours, ce sujet va alimenter toutes les conversations et les absents auront le sentiment d’avoir raté quelque chose. Ils pourront se rattraper, une seconde projection est prévue au même endroit le 12 février, jour de la finale de la CAN.
XQZ à Anthony Mouyoungui : hier soir une rupture de liaison avec notre FAI au moment où nous mettions en ligne ne nous a pas permis de créditer cet article à son auteur. Voilà qui est réparé.

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