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PNR : La refection de l'Avenue Jacques Opangault et du pont de Songolo, le serpent de mer

Depuis plusieurs années, nous tentons d’alerter, si besoin était, les autorités sur le problème crucial de circulation et de sécurité publique que pose l’avenue Jacques Opangault de Pointe-Noire, plus communément appelée route de Songolo.Voici ce que votre serviteur en écrivait in congopage.com en février 2007 :
L’avenue Jacques Opangault relie le centre ville à la RN5 au sortir du quartier Faubourg, via le quartier de Songolo. C’est une échappatoire importante pour celui qui veut éviter les embouteillages constants au niveau de l’avenue Raymond Paillet.
Elle commence au rond point du 31 juillet où convergent 3 avenues venant de la ville, une seule en repart vers le nord de la métropole (effet entonnoir).
La réfection de cette artère essentielle fut financée, par l’Union Européenne, sous la présidence de Lissouba alors que Jean-Pierre Thistère Tchicaya occupait le fauteuil de maire central de la ville. Les travaux furent confiés à SOCOFRAN qui les mena à bien jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le tapis de macadam à réaliser. Là, on s’aperçut que les fonds réservés à cet usage avaient disparu. Il se dit dans la cité océane que le maire de l’époque est responsable de la disparition de cet argent. Le fait est que depuis lors la route est restée sans travaux. Au fil des ans et sous un trafic croissant, elle s’est dégradée au point de rendre toute circulation très difficile. En saison des pluies les bourbiers s’y succèdent et en saison sèche le sable mou y règne en maître absolu.

L’avenue Jacques Opangault ne possède pas de réseau d’assainissement bien que sur son tronçon qui va du carrefour rond point du 31 juillet à son franchissement de la rivière Songolo elle soit tracée sur une parallèle, à une centaine de mètres, de la rivière Tchinouka. Lors de la présentation du budget municipal 2006, Roland Bouity-Viaudo, maire de la ville, s’était engagé à réaliser l’assainissement de la partie goudronnée de cette artère. A la fin de l’exercice, nous devons constater que la promesse n’a pas été tenue.[1]
Sur son parcours se trouvent, entre autres, les résidences du préfet de Pointe-Noire, représentant l’Etat dans la ville-département, ainsi que celle du président de l’Assemblée Nationale qui n’est autre que Jean-Pierre Thistère Tchicaya, ci-dessus cité. On ajoutera que de nombreux notables ont élu domicile dans le résidentiel quartier de Songolo. Malgré ce peuplement flatteur rien ne se réalise.

Le caractère de route nationale de l’artère autorise la mairie de se dégager du problème : "La mairie doit s’occuper des voiries municipales, l’avenue Jacques Opangault est une route nationale, à ce titre c’est à l’Etat de la réhabiliter.". La réfection de cette avenue réclame la construction d’un pont, l’actuel à voie unique est en très mauvais état. Le coût de construction d’un nouvel ouvrage, aux normes, se situerait dans une fourchette de 1,8 à 2,4 milliards de francs CFA que la mairie serait bien à mal de financer avec son budget d’investissement annuel de 2 milliards.[2]
Les ponténégrins espèrent que ce tronçon de route nationale est incluse dans la liste de travaux promis par le Président Sassou lors de la présentation de ses vœux à la Nation puisque partie intégrante de la liaison Pointe-Noire - Brazzaville désormais programmée.
Dans le même média, au cours d’une interview antérieure (19/11/2005) qu’il accordait à Daniel Lobé Diboto, Valentin Tchibota Goma, directeur de la cellule antipollution du ministère des hydrocarbures et alors administrateur maire de l’arrondissement 2 de Pointe-Noire, déclarait :
DLD : Il est un autre pont sur la Songolo, avenue Jacques Opangault. Cet ouvrage est dans un état déplorable. Sous son tablier passent les pipes CORAF. Vous qui êtes, en tant que maire, en charge de l’une des berges de ce pont et aussi responsable des problèmes d’environnement liés au pétrole ne vous inquiétez-vous pas des terribles conséquences écologiques qui ne manqueraient pas de survenir si ce pont venait à s’effondrer ?
TGV : Vous avez parfaitement raison, le pont de Songolo m’inquiète tout particulièrement. Je travaille sur ce sujet aux deux titres que vous évoquez, en tant que maire, car une partie du pont est sous ma responsabilité et en tant que directeur central de la cellule antipollution. En ce moment nous menons une action qui consiste à faire un repérage de ce pipe, car en plus du problème du pont nous avons aussi celui des habitations qui ont été construites aux abords du pipe voire sur le pipe lui même.
Nous sommes donc en train de faire ce travail avec la CORAF, la mairie centrale, et les sociétés pétrolières. Nous devons d’abord faire une sensibilisation des populations sur les risques encourus et d’autre part comment prendre une action coercitive pour que le prospect qui doit exister entre le pipe et les constructions soit respecté. D’autre part sur les mesures conservatoires à prendre pour protéger le pipe en cas d’effondrement du pont. C’est donc un dossier à suivre.
DLD : Monsieur le maire, il semble évident qu’aucune solution durable ne peut exister sans la construction d’un nouveau pont...
TGV : Oui, oui, il faut nécessairement la construction d’un nouveau pont, c’est une solution que nous avons en cours d’étude avec les gens des travaux publics et autres. Mais il nous faut de toute manière une solution provisoire car, comme je vous sais bien informé, vous savez que là, en plus du pipe Djeno-CORAF passent aussi les pipes qui ravitaillent le port, mais aussi la ville, en produits finis depuis la CORAF. Nous devons donc nous inquiéter de la situation d’attente de réalisation du nouveau pont dont les études, comme celles de la réfection de l’avenue Jacques Opangault ont dors et déjà été diligentées par la mairie centrale. Soyez certain que Roland Bouity Viaudo est lui aussi tourmenté par le problème et qu’il s’en préoccupe. Il est probable que nous trouverons la solution avec l’aide du ministère des hydrocarbures et celle des sociétés pétrolières.
Las des difficultés ci-dessus énumérées, deux candidats aux élections législatives de 2008 interpelaient, toujours sans le moindre effet, les autorités :
LETTRE OUVERTE AUX AUTORITES DE LA VILLE DE POINTE-NOIRE.
Madame, Messieurs,
Les usagers de l’Avenue Jacques OPANGAULT sise dans les arrondissements 2 et 4 de la ville de Pointe-Noire tiennent à porter à votre attention la situation plus que préoccupante du pont par lequel ladite avenue franchit la rivière « Songolo ». Cet ouvrage à voie unique a été longtemps interdit aux véhicules de plus de 17 Tonnes. Le panneau indiquant cette interdiction a disparu depuis des années. Les balises permettant de limiter la largeur des convois pouvant franchir l’ouvrage ont été vandalisées. La conséquence la plus évidente est la destruction totale des rambardes ouest du pont et les profondes blessures du tablier où, par endroits, les armatures ont été elles aussi détruites.
L’état de vétusté de l’ouvrage inquiète les usagers qui en craignent l’effondrement.
A l’attention toute particulière de Monsieur l’Administrateur-maire de l’Arrondissement 2, gestionnaire de la moitié sud du pont et Directeur Général de la Cellule antipollution du Ministère des Hydrocarbures.
Plusieurs oléoducs font partie intégrante de cet ouvrage. En cas d’effondrement, ils ne manqueront pas d’être rompus. Il faudra alors régler le problème d’une pollution majeure. Peut-être même d’un incendie d’hydrocarbures en zone urbaine. Nous vous rappelons qu’une intervention d’urgence a du être réalisée en Février 2008 pour colmater une fuite de gaz toxiques provenant de ces oléoducs.
Ce signe prémonitoire ne semble pas vous avoir alertés.
Une mesure de fermeture de l’ouvrage s’impose avant que ne survienne une catastrophe. Les usagers sont conscients de l’impopularité que provoquera une telle mesure ; ils sont aussi conscients que si vous ne la prenez pas et que survient l’irréparable, ils vous en tiendront pour responsables devant toute juridiction se déclarant compétente.
Quel que soit le cas de figure, ils vous considèrent comme coupables de la négligence qui, depuis toujours, a été la vôtre dans la gestion de cet ouvrage.
Nous, usagers de cette avenue, vous exhortons de sortir de votre mutisme en vous impliquant au premier chef dans ce qui apparaît comme un danger imminent.
Fait à Pointe-Noire, le 27 Avril 2008
En février 2010, Armand-Gélase Bouckety tentera une nouvelle action de même type accompagnée d’une pétition. Il sera convoqué par la mairie qui saura le dissuader de pousser l’idée à son terme en lui promettant l’imminence des travaux.
Un nouvel espoir en 2009
Lors de la présentation du budget 2010, le maire central donnait un nouvel espoir aux ponténégrins, d’autant plus que le ministère des finances lançait un appel d’offres pour le remplacement du pont à voie unique :
Appel d'offres National N°026T / MFBPP-CAB / CGFPPTE / PURAC-UCEP-SPM/09 du 19 novembre 2009
"Construction d'un dalot triple sur l'avenue jacques OPANGAULT sur la rivière SANGOLO[3], arrondissement 2, commune de Pointe-Noire"
Une petite amélioration à laquelle la municipalité est étrangère
En février 2010, alors que rien à part la fourniture de quelques camions de terre jaune pour boucher les trous au droit de la propriété du préfet Paka n’avait été réalisé, la CORAF se sentait obligée d’entreprendre des travaux de couverture du pipe au sud du pont, la circulation se faisant directement sur les pipes. Ces travaux sur une longueur de 200m sont toujours en cours contraignant la circulation à emprunter une déviation malcommode.
La cerise sur le gâteau
Fin février 2010, une fuite est constatée sur le pipe de pétrole brut. Cette fuite pollue directement la rivière Songolo. La CORAF avec l’aide de TOTAL engage de couteux travaux de réparation de la conduite endommagée sous le tablier du pont, sans prévoir en aucune manière la déviation des tuyaux.
Aujourd’hui, nous doutons que la construction du dalot prévu tienne toujours, sinon comment comprendre que le pipe n’ait pas été dévié ?
De là à nous laisser penser que la municipalité n’a aucun propension à vouloir faciliter la vie des quartiers nord de Pointe-Noire, il y a un pas que de nombreux usagers n’hésitent pas à franchir.
[1] Trois ans plus tard, les usagers attendent toujours que cet engagement soit tenu.
[2] A noter que le budget municipal pour 2010 a été arrêté à plus de 13 milliards dont plus de 2 n’ont pu être retrouvés au trésor municipal.
[3] La faute d’orthographe est d’origine


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