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Pierre-Claver MABIALA, un artiste aux multiples casquettes
La longue relation entre Pierre-Claver Mabiala et la culture remonte à ses années du secondaire, années 80 avec le théâtre, un théâtre, pratiqué à l'église et à l'école, sans rigueur ni règles. C'était juste pour le plaisir.
C'était un ''véritable moment de bonheur qui nous faisait oublier les mathématiques et des Sciences Physiques'' se souvient-il aujourd'hui.
Pour la rigueur, les règles et le sérieux, il fallait attendre 1992 et 1993. Au sortir d'un atelier organisé par la Compagnie Punta Négra au Centre Culturel Français de Pointe-Noire, il entrevoit la possibilité de faire carrière dans la culture. C'est là que tout démarre en fait.
Comédien, metteur en scène et dirigeant d'une troupe, il porte plusieurs casquettes ce qui augure déjà de la personnalité qu'il est aujourd'hui à 37 ans: un homme très occupé (Metteur en scène, directeur de Festival et d'une entreprise culturelle, membre de plusieurs réseaux dont Equation Musique et Zone Franche).
En 1998, son engagement et son assiduité par rapport aux autres comédiens, séduisent rapidement Victor Nani, le metteur en scène, qui décide de créer un spectacle uniquement pour lui. Ce one man show, intitulé ''La graine d'arachide'', va permettre à Pierre-Claver d'effectuer sa première tournée internationale au Burkina-Faso. Ce voyage est un véritable déclic pour la suite de sa carrière, il décide d'importer le modèle des espaces culturels qu'il a vus au pays des hommes intègres et qui existent déjà au Bénin et en RCA. C'est ainsi que naît en 1999 l'Espace Culturel Yaro, baptisé en hommage à Romuald Djimbi, un ami disparu. Une merveilleuse aventure qui dure toujours. La même année, avec les amis, il lance le premier festival de théâtre de la ville, les JOUTHEC, Journées Théâtrales en Campagne, dont il assurera la direction jusqu'en 2005. Une manifestation dont la vocation est d'amener le théâtre vers les populations rurales sevrées de distractions saines.
Après avoir cédé à un autre la place de directeur des Jouthec, en 2005, Pierre-Claver, curieux, rigoureux et observateur, se lance dans la musique, pas n'importe qu'elle musique mais celle de recherche. Un genre délaissé mais autour duquel la demande est forte. Cette décision n'est pas le fruit du hasard mais le résultat des mois de réflexion. Le succès de «Reflets Loango», les premières résidences artistiques d'Afrique Centrale qui regroupaient des artistes de la RDC, du Gabon et du Congo y est pour quelque chose, l'atelier musique ayant été plus performant que ceux de la danse et du théâtre. De ce changement de direction est né N'Sangu Ndji-Ndji, le Festival International des Musiques et des Arts. En six éditions, ce festival est devenu la plus grande manifestation culturelle de la Capitale économique du Congo. Une manifestation de référence pour la ville, N’Sangu Ndji-Ndji signifiant la Fête de Pointe-Noire en langue loango, qui favorise les échanges entre les artistes locaux et ceux de l'étranger et qui donne une autre image de la ville.
Et la famille dans tout cela? Elle est omniprésente! Sa sœur Viviane, comédienne, a participé à plusieurs de ses créations. Les parents qui, au début voyaient d'un très mauvais œil le chemin pris par l'aîné, la culture au Congo n'étant pas un secteur porteur, sont aujourd'hui fiers de sa réussite. Malgré ses nombreux voyages à l'étranger, Pierre-Claver reste attaché à sa ville qu'il ne manque pas de visiter chaque fois qu'il rentre. Après des années d'expérience, il estime avoir encore des choses à dire et à faire. ''On est en train de changer les choses, on n’a pas fini, ça ne finira jamais mais on a quand même marqué un grand coup''. Ajoute ce personnage qui n'a aucun regret d'avoir choisi le métier de l'art en dépit des nombreuses difficultés rencontrées dans son parcours. Un métier qui lui a permis d'assouvir sa soif de liberté, qui l’a enrichi et développé sa personne.
Pour le futur, Pierre-Claver a d'autres projets: la promotion, la diffusion et l'accompagnement des artistes en développement ; de nombreux projets qui ne l'empêchent pas de prendre le temps de lire une pièce de théâtre, et de se détendre, avec sa fille à Loango, localité située à 17 kms au nord de Pointe-Noire.
Anthony Mouyoungui
*Cet article est aussi à lire sur afriquequigagne.ca

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