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Parution du premier single de Freback-B "Evadé" produit par l’Espace Kintuari
Après dix sept années de carrière, le rappeur congolais Freback-B vient de mettre sur le marché son premier maxi single. Un produit de quatre titres où il dénonce les maux sociaux qui « enchaînent » actuellement les Congolais.
Parcours de Freback-B, rappeur
Freddy Bakana Bien-aimé (ses vrai nom et prénoms) entre dans le monde « rappologique » en 1992 lorsqu’il intègre le groupe « Concept IA des trois membres » de Brazzaville. Une année plus tard, il offre aux mélomanes « Gongologie ». Stigmatisant les guerres civiles des années 90, le produit sera bien apprécié par le public congolais. Parmi ces Congolais, Jean Pierre Bakana, son père qui tenait à ce que le fils « fasse de longues études ». Et l’album traverse les frontières nationales pour fasciner quelques chroniqueurs musicaux d’Africa N° 1, une chaîne radiophonique du Gabon.
Mais les années suivantes, Freback se lance dans la carrière « solo ». Et l’artiste se plonge dans une sorte d’anonymat. Ce, jusqu’au moment où il participe en 2008, à la deuxième édition du « Grand Prix de rap » organisée par l’espace culturel « Kintuari de la Corniche de Foucks » de Pointe-Noire. Le jury composé de journalistes, musiciens, promoteurs culturels et mécènes, couronne Freback-B. C’était «l’envol d’un talent longtemps oublié », selon Guy Serge De Mouanza, journaliste.
Cette victoire lui donne droit à quelques gadgets. Mais surtout à l’enregistrement gratuit d’un album. Chose promise, chose due, Simon Jagger Kimpouni, directeur gérant de Kintuari, agit et réalise.
L’âme même du rap ?
Le 06 décembre 2009, Freback-B et son producteur convoquent les journalistes. La conférence de presse sera en réalité l’occasion de présenter l’œuvre. « Evadé », « Na Lingui yo » (je t’aime en lingala), « Biyala » (prostituées en lari) et « Manou », sont les quatre titres du maxi single. Le produit est une sorte de cri d’alarme d’une personne « enchaînée par les fléaux sociaux », « l’envers du décor » ou la « triste réalité » d’une société corrompue par la prostitution, le banditisme, la corruption, la fraude, la concussion, etc. « Nous devons nous évader de ce quotidien si nous autres Congolais voulons prendre date avec l’histoire universelle », disait-il, un peu courroucé lors de la conférence de presse.
Bachelier en série littéraire, Freback-B a utilisé le style poétique où romantisme, lyrisme et engagement s’imbriquent et s’entrelacent de façon tout à fait cohérente. Tout cela lui vaut aujourd’hui estime et admiration auprès des mélomanes. «Ça, c’est l’âme même du rap. Tant il tranche vu sa forme et son contenu avec les albums de beaucoup de rappeurs congolais », a déclaré Octave Théophile Nzila, membre du BCDA (Bureau congolais des droits d’auteur). Et Nzila n’est pas seul. Jusqu’ici cette appréciation est partagée par tous ceux-là qui se rendent à Kintuari où se vendent les mille cassettes audio. « C’est ce qu’on appelle faire de la musique, quel que soit le genre : une œuvre de l’esprit doit poser de manière concrète les problèmes de la société. Et donc contribuer à leur résolution », selon Rauldy Toudissa, musicien religieux qui dit avoir fait de l’œuvre de Freback-B « un album de chevet ».
John Ndinga-Ngoma

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