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Parc national d'Odzala-Kokoua, un joyau à préserver pour les générations futures
Les richesses du Congo ne se résument pas aux matières premières, bois, minerais, pétrole... qu'il fournit en abondance aux pays développés. Ses sites naturels exeptionnels abondent, parmi lesquels plusieurs parcs nationaux et réserves dont le moindre n'est pas le parc national d'Odzala-Kokoua dont la création initiale date de 1935.
Le Parc National d’Odzala a été crée en tant que réserve naturelle intégrale par décret du Gouverneur Général de l’Afrique Equatoriale Française le 13 avril 1935, avec une superficie initiale de 1.266 km². Il fut agrandi la première fois en 1955 et sa superficie portée à 2.848 km² par adjonction au sud de la Réserve de Faune de la Lékoli-Pandaka et du Domaine de Chasse de Mboko. En 1977 il est devenu Réserve de la Biosphère, dans le cadre du Programme MAB de l’UNESCO. Suite aux investigations du programme ECOFAC et sur proposition de la Direction du Parc, une démarche d’extension a été engagée en 1999 et a abouti à la signature d’un décret signé en mai 2001 qui a porté cette fois-ci sa superficie à 13.546 km². Il est désormais intitulé Parc National d’Odzala-Kokoua (PNOK).
Sa configuration en fait un lieu unique et fort heureusement préservé qui se prête difficilement au tourisme de masse en raison de son enclavement et de son caractère essentiellement forestier. C'est tant mieux pour la faune qui s'y voit mieux mise à l'abri qu'en d'autres lieux plus accessibles. Il importe que tout aménagement qui y serait réalisé dans l'optique d'y favoriser l'accès des visiteurs soit réduit à des zones soigneusement délimitées afin de limiter l'impact négatif du tourisme.
Présentation du parc national d'Odzala-Kokoua
Source UNESCO
Le Parc National d’Odzala-Kokoua a été créé par décret présidentiel n° 2001-221 du 10/mai/2001. Il couvre une superficie de 1.354.600 hectares et est situé à cheval sur les Départements de la Cuvette-Ouest et de la Sangha.
Il est limité au sud par une route orientée géographiquement à 58° joignant le village Ebana (0°09’10’’N – 14°52’50’’E) au village Epoma (00° 28’40’’N - 15° 21’ 00’’) sur l’axe Makoua Ouesso.
A l’Est par la route Makoua-Ouesso du village Epoma (00° 28’40’’N - 15° 21’ 00’’) au village Zalangoye (00°48’40’ N - 15°22’50’’ E) ; puis de ce village, la ligne de partage des eaux entre les bassins versants de la rivière mambili et la Lengoué jusqu’au point d’intersection (1°07’20’’ -15°19’40’’ E).
Au Nord par la route Ouesso-Sembé du point (1°35’20’’N - 15°19’40’’E) jusqu’au village Bessié (1°07’20’’N - 14°41’30’’E);
A l’Ouest du village Bessié (1°07’20’’N - 14°41’30’’E), la ligne de partage des eaux entre les bassins versants de la rivière Koudou et Sembé jusqu’à la source de la Djoua (1°24’00’’ N 14°25’30’’E), puis le cours d’eau de cette rivière jusqu’à la frontière internationale du Gabon (1°18’00’’N - 14°18’30’’E) avec le Congo ; ensuite la frontière du Gabon jusqu’à la source de la Sozé (0°47’00’’N - 14°27’00’’ E) ; puis le cours d’eau de Sozé-Okanya jusqu’à la confluence avec Lekoli (0°33’50’’N - 14°33’10’’E) ; enfin le cours de la Lekoli jusqu’àu village Mbandza (0°34’10’’ N - 14°39’30’’E) de ce village, la route Mbandza-Mbomo-Itoumbi jusqu’au village Ebana (0°09’10’’N - 14°52’50’’E).
Le Parc dispose d’une équipe de gestion placée sous le contrôle d’un Directeur National, d’un Conservateur et trois Conservateurs Adjoints. Il y a 93 agents dont 59 écogardes en activité sur le site. La Direction du Parc bénéficie d’une assistance technique et financière de plusieurs partenaires notamment l’Union Européenne à travers le programme ECOFAC, WCS et WWF. Le site fait partie du complexe transfrontalier Dja-Odzala-Minkébé (TRIDOM). Un Pré-Plan d’aménagement est disponible et sera finalisé courant la première année d’ECOFAC IV.
La forêt du Parc National d’Odzala entourée par cinq unités forestières d’aménagement (UFA) garde son originalité propice aux études, témoins des grands changements en zone forestière. Elle est également parsemée des clairières ou bois qui sont des unités écologiques d’une valeur exceptionnelle pour la survie de la grande faune de forêt.
On note également la présence de sites archéologiques dont la saline de Mboko.
Le Parc abrite les espèces emblématiques de l’Afrique forestière à savoir : Gorilles (Gorilla gorilla gorilla), Bongo (Tragelaphus euryceros), chimpanzés (Pan Troglodytes), Eléphants (Loxodonta africana) etc. La forêt du parc, de type semi sempervirente est représentée par : la forêt primaire mixte de terre ferme à canopée fermée, forêts à maranthacées, la forêt à lianes, la forêt mono dominante à Limbali (Gilbertiondendro derewrei), la forêt inondée, la forêt marécageuse, la mosaïque forêt-savane et les salines.
Justification de sa valeur universelle exceptionnelle
La présence des grandes formations végétales à marantacées (photo) exprime la disparition des vieux arbres suite au vieillissement de la forêt (climax). Il s’agit là d’un processus écologique et biologique naturel qui n’est observé que dans la seule zone du Parc d’Odzala. Ces étendues de marantacées deviennent ainsi des habitats de prédilection des grands mammifères menacés d’extinction tels que les gorilles (Gorilla gorilla) et les éléphants (Loxodonta africana).
Un autre processus écologique remarquable observé dans ce Parc est la colonisation progressive de certaines zones de savanes par la forêt, ce qui serait dû à un manque d’aménagement des pâturages, en vue de permettre leur renouvellement.
Le Parc National d’Odzala contient une mosaïque forêt – savane dans laquelle on retrouve plusieurs clairières et des salines naturelles. Tous ces habitats sont à l’état naturel et n’ont jamais subi de modifications dues aux actions anthropiques.
Les grandes salines naturelles constituent d’importants points de concentration et d’alimentation pour la faune sauvage. Les forêts denses à sous-bois de marantacées sont des habitats de prédilection des gorilles de plaine et des éléphants, deux espèces menacées d’extinction.
Déclarations d'authenticité et/ou l'intégrité
Ce Parc dans ses limites actuelles, abrite toujours une faune très riche dont

des éléphants de forêt (loxodonta cyclotis),

des gorilles de plaine (gorilla gorilla),

des chimpanzés (pan troglodytes)

des buffles (Syncerus caffer nanus),

des sitatungas (tragelaphus spekei)

des hylochères (hylochchoerus meinertzhageni),

des lions (panthéra leo),

et des hyènes tachetées (Crocuta crocuta).
Tous les écosystèmes qui le caractérisent (saline, forêt, savane) demeurent intacts. Tout comme le Parc de Nouabalé Ndoki, la périphérie du Parc d‘Odzala fait l’objet d’un aménagement durable avec des exploitants forestiers (le processus de certification FSC en cours d’élaboration) qui assure l’intégrité du Parc.
Toutefois, la pression urbaine due à la proximité des centres urbains tels que Mbomo, Etoumbi, Makoua, Ouesso et le foyer du virus ébola constituent les principales menaces du site.
Il convient de noter que les épidémies d’Ébola ont pris fin depuis avril 2004 et plus aucun foyer de ce virus n’a été observé dans la zone. Un dispositif de suivi et de surveillance épidémiologique et d’alerte a été mis en place avec le concours de WCS à travers le programme FIELD VET, le Ministère de la Santé et l’OMS.
Comparaison avec d’autres parcs similaires
En comparaison avec d’autres aires protégées similaires faisant partie des listes indicatives du Cameroun notamment le Parc National de Lobéké et la Réserve de Biosphère du Dja, le Parc National d’Odzala a l’avantage d’avoir une mosaïque de forêts et de savanes qui n’ont jamais connu de modifications suite aux actions anthropiques, et contient la dernière population de lions qui existent en zone forestière.
Le Parc National de la Lopé au Gabon dispose d’habitats semblables à ceux du Parc National d’Odzala-kokoua (PNOK), mais ne constitue malheureusement pas un écosystème intact et ne dispose pas de lions (espèce très menacée d’extinction dans la zone forestière).
Dans le Parc d’Odzala-kokoua on note la présence de plus d’une centaine de clairières et de salines naturelles qui sont des sources d’apport en minéraux pour les animaux et même à une certaine époque, les ancêtres et les habitants de cette zone s’approvisionnaient en sel à ces endroits.
La présence de la hyène tachetée (Crocuta crocuta) et du lion (Panthera leo) dans le bloc forestier de cette partie du bassin du congo, n’est connu que dans le Parc National d’Odzala-Kokoua et nulle part ailleurs.
Une ONG pour la protection d'Odzala-Kokoua
Par journaldebrazza.com - 19/01/2012
Lancement d'une initiative pour protéger l'écosystème du Parc national d'Odzala-Kokoua
L’ambassadeur de l’Union Européenne au Congo (UE), Marcel Van Opstal a procédé le 17 janvier dernier à Brazzaville, au lancement d’une Organisation Non Gouvernementale, dénommée «Les Amis d’Odzala», visant la protection de l’écosystème du Parc National d’Odzala-Kokoua (PNOK), une ressource unique au monde. S’exprimant au cours d’une conférence de presse, M. Van Opstal a indiqué que cette ONG a été créée afin de lutter contre le fléau du braconnage, essentiellement celui des éléphants pour le trafic de leur ivoire qui s’accompagne d’une surexploitation de la viande de brousse. Le prix élevé de l’ivoire sur le marché international a favorisé cette année la recrudescence du braconnage au niveau du parc, avec 10 éléphants tués, a-t-il précisé, déplorant par ailleurs l’implication des personnalités importantes qui rendent difficile ce combat. Or qui dit trafic dit disparition d’espèces, qui dit disparition des espèces suppose la disparition du parc, a-t-il noté. Dans ce contexte, a déclaré l’ambassadeur de l’UE, l’existence d’une convention entre le gouvernement congolais et l’African Parks Network (APN), ainsi que celui d’une contribution financière de l’UE n’aurait plus aucun sens, tout espoir de développement de conservation de l’écotourisme pourrait être mis à néant à cause de ce trafic.
© treehugger.com
Des éléphants de la réserve d'Odzala-Kokoua au Congo Brazzaville
L’UE, depuis vingt ans, à travers les différentes phases du programme d’Ecosystèmes Forestiers en Afrique Centrale (ECOFAC) a apporté son appui à la préservation de cet espace naturel, à hauteur d’un million 800.000 euros, à travers la subvention accordée au Réseau des Aires Protégées en Afrique Centrale (RAPAC), ainsi que cinq millions destinés à la Gestion Environnementale et Durable des Ressources Naturelles et des Forêts Tropicales. «Les Amis d’Odzala» ont pour objectif d’appuyer la conservation des 13.500 km2 de forêt tropicale, représentant le PNOK et le développement du tourisme au bénéfice de la croissance régionale comme moteur de promotion d’un écotourisme respectueux et des cultures au Congo, a-t-il fait savoir. Les axes prioritaires de cette ONG portent sur la promotion de son patrimoine environnemental et culturel; le développement des contacts avec les décideurs, afin de les assister dans la reconnaissance de ce patrimoine, des menaces qui pèsent sur le parc et d’assister les acteurs à mettre en place une gestion effective du parc; la promotion de la mise en place de la Fondation pour la gestion du PNOK et l’établissement de relations fonctionnelles avec les différents acteurs de sa périphérie; l’appui à la recherche d’investisseurs.
Le diplomate européen a, en effet, signifié que ce projet qui vient d’être lancé est une initiative informelle et bénévole de diplomates et de personnalités qui se veulent impliquées dans la conservation de l’environnement et de la biodiversité. Par conséquent, il a invité les communautés en général, à prendre part, d’une façon ou d’une autre à cette initiative, et particulièrement les représentants des populations des trois régions bordant le PNOK, à savoir les populations de la Sangha, de la Cuvette et de la Cuvette-Ouest, ainsi que le secteur privé représenté par les sociétés importantes du pays, a-t-il dit. Ainsi, la République du Congo, tout comme l’UE, a décidé d’inclure dans ses priorités, la mitigation des effets du changement climatique et de la préservation de la biodiversité. Dans ce contexte et pour accompagner cette décision, l’écotourisme a été retenu au Congo, comme secteur prioritaire devant contribuer au développement économique du pays, a signifié le diplomate européen.
De son côté, le directeur de la conservation et du développement d’African Parks Network (APN), Jean Marc Froment, a souligné que cette fondation mise en place par le gouvernement congolais, en partenariat avec cette ONG indépendante sera dirigée par un conseil d’administration, composée d’autorités du ministère de l’environnement, d’autorités élues par les populations autour du PNOK, de celles venant d’autres ONG internationales comme Leadership Full Conservation et le Réseau des Aires Protégées, a-t-il indiqué. African Parks Network, en partenariat avec le Congo, a officiellement pris en charge la gestion du parc national le 14 novembre 2010, dans le cadre d’un mandat de 25 ans, attribué par le gouvernement congolais, a rappelé M. Froment.
Il convient de signaler que le PNOK, qui a une biodiversité exceptionnelle de plus 400 espèces d’oiseaux, 114 mammifères et 16 primates, est un potentiel touristique pour une économie au Congo. Ce parc est sur la liste des sites susceptibles d’être reconnus par l’UNESCO, comme patrimoine de l’humanité.

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