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N'sangu Ndji Ndji, petite chronique du festival - Acte II
Jeudi 2 juin
A partir de 19 heures au CCF
Trio de Traverse :
Ne cherchez pas de référence, Trio de Traverse, création du musicien Jean-Rémy Guédon, du comédien et metteur en scène Pierre Claver Mabiala et du danseur et chorégraphe Brice Mbemba, est une formation éphémère pour un spectacle qui ne connaîtra certainement qu'une unique représentation. La prestation de ce soir a d'évidence souffert d'une préparation très courte, une performance en quelque sorte, je ne doute pas qu'elle ait ravi le maître des lieux, le très mondain Eric Girard-Miclet.Jean-Rémy Guédon, habitué de la scène ponténégrine et en particulier de celle de l'Espace Tchikaya U Tam'si, a composé une partition du type de celle qu'il avait servie lors de son dernier concert donné dans ce même lieu en compagnie de la chanteuse kinoise Maryse Ngalula, un duo de musique synthétique issue de son Macintosh et de phrasés jazzy provenant de son saxophone. Lui seul, et pour cause, était au point.
La chaude voix de Pierre-Claver Mabiala servait un texte difficile pas toujours bien mémorisé. Il faut reconnaître, à sa décharge, qu'il l'a appris durant la préparation de cette édition du festival dont il est le brillant directeur.
Brice Mbemba est un chanteur possédant une fort belle voix et un percussionniste tout à fait acceptable, je le trouve nettement moins bon quand il courtise Terpsichore. C'est sans doute parce que je les connais trop et depuis longtemps que je n'apprécie pas beaucoup ses chorégraphies peu inspirées et les gesticulations, roulades et autres clichés qui les caractérisent. Cette fois encore je ne l'ai pas trouvé à la hauteur et il me semble que Marie-Bède Koubemba, issu de la même école et bien qu'on puisse lui faire, à un moindre degré, les mêmes remarques, aurait été un meilleur choix. Il faut reconnaître que depuis que Serge Bissadissi s'est installé à Lyon, on ne connaît plus à Pointe-Noire de vrai chorégraphe.
Scèn'Art :
Je n'ai pas assisté à cette partie du spectacle, mais elle doit être rejouée avant la fin du festival.

Petit couac au stade Jean-Louis Kokolo, personne au comité d'organisation n'a relevé que 21 heures c'est bien tard pour ouvrir le site et que, comme il est ouvert à tous vents, le public viendra tôt pensant y trouver pour le moins des animations. Hélas, nous n'avons rien prévu. Les jeunes protestent et sont franchement frondeurs. Nous savions pourtant que dans ce quartier ils ont le sang chaud. Avec mon badge autour du cou, je me fais houspiller par des gamins chargés à la bière. Je demande alors à la régie de, pour le moins, passer de la musique enregistrée. Les gosses se calment un peu.
Dès que l'équipe arrive du CCF la soirée commence sans plus attendre. C'est Sidney Mahoungou chroniqueur culturel de Télé Pointe-Noire qui, toujours très pro, est le monsieur Loyal de la soirée.
21 heures au stade Jean-Louis Kokolo

Brice Mizingou :
Brice est bien connu des ponténégrins. Depuis des années il preste avec ses musiciens aux terrasses des ngandas, au Bar musical Tapas de Bernard et Florida Maurel et lors de divers concerts donnés ici ou là. Agréable surprise, il est accompagné d'un groupe bien maîtrisé et d'assez bonne tenue à l'exception du bassiste qui aurait mérite d'être remplacé. Brice qui vit dans un quartier proche est dans son fief et il joue devant un public acquis, pourtant, il n'a pas l'habitude d'un public aussi nombreux, il lui faudra deux ou trois morceaux avant de se lâcher totalement, et là ce sera du tout bon avec de novelles compositions et aussi ses vieux titres socialement très engagés. On ne peut pas être le petit frère de Youss Banda pour rien.
Oumar Pene
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Juste avant 22 heures, la communauté sénégalaise venue nombreuse doute encore de la venue d’Oumar Pene.
- Comment, vous pouvez-faire venir Oumar Pene vous ?
- Mais si je vous assure, il sera là.
- C'est combien ?
- C'est gratuit;
- Walaï tu vois que tu es un farceur.
Mais quand ses musiciens montent sur scène ça tourne au délire et en quelques minutes, alertés sans doute par des textos, les sénégalais affluent sur le stade. Nous estimons le public a environ 2000 personnes.
Sublime prestation de la star et de ses musiciens, avec mention particulière au joueur de kora. Deux heures de musique électrisante et sublime, Oumar Pene ne s’est pas moqué de Pointe-Noire où il venait pour la première fois.
A noter dans le public la présence du consul du Sénégal.
Une bagarre qui aurait pu dégénérer a éclaté pendant le spectacle entre congolais et sénégalais. Nous refusons de juger qui en détient la responsabilité. Le comité d’organisation déplore ces agissements lors d’une manifestation organisée dans le but déclaré de rapprocher les peuples.
Antoine Cannella, Le régisseur professionnel venu de Paris pour nous prêter main forte n'a pas été très aidé par ses assistants pour faire les balances qui pour seulement deux groupes lui ont pris 3 heures. Il parviendra pourtant à nous offrir un son d'une qualité rarement atteinte ici.

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