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Nouvel album de Bongo Prophéta « C’est toi-même », comme un évangile philosophique
D’un contenu moralisateur et injonctif, C’est toi-même, nouvel album de l’artiste congolais Bongo Prophéta met l’homme seul au cœur de son destin. Comme un véritable traité sur l’existentialisme. Découverte.« L’homme est le boulanger de sa vie », « Je suis le maître de mon destin et capitaine de mon âme », « Je me situe par rapport à moi-même ». L’humanité tout entière doit ces beaux mots respectivement à Jacques Roumain, écrivain haïtien, Nelson Mandela, ancien Chef de l’Etat sud africain et Moktar Ould Daddah, ancien président de la république de Mauritanie.
Depuis la création, la problématique de l’Homme face à son destin a toujours été au centre des réflexions menées par des penseurs, des hommes de science ou des artistes : y a-t-il un ‘‘autre’’ qui puisse tirer sur les ficelles d’une personne ? La plupart des réponses placent l’homme seul au centre même de son destin.
Dans une société où la théorie de la victimisation ou de l’irresponsabilité existentielle s’enracine dans les esprits, il y a nécessité de rappeler cela : Nous ne sommes que ce que nous avons toujours voulu devenir ou être.
A travers « Yo Moko » (toi-même en lingala), titre-phare du neuvième produit de sa carrière musicale, Bongo Prophéta donne en réalité une véritable leçon sur les problèmes de l’existence. «Aucun Dieu ne peut descendre pour faire le bonheur ou le malheur de l’homme. Ce que Dieu nous donne, c’est le souffle et la raison. Le reste relève de notre responsabilité. Inutile donc de se culpabiliser, d’accuser. Au tribunal on est seul à répondre de ses actes. Au Paradis on sera aussi seul à savourer le bonheur infini », a-t-il expliqué le 15 mai à Pointe-Noire à l’occasion de la présentation du maxi de six titres qu’il vient de mettre sur le marché.
Produit par Corneille Moukala-Moukoko, « C’est toi-même », disponible en mille coffrets et cinq cents cassettes, est aussi la matérialisation de deux serments. Celui de Moukala-Moukoko qui promit dans les années 80, de produire Bongo Prophéta. Et celui de Bongo Prophéta qui vient d’honorer « son frère » en proposant au public une œuvre aussi pertinente que cohérente.
Si Bongo Prophéta fait partie aujourd’hui de l’establishment culturel ou musical congolais, il est cependant loin d’être le fruit du hasard. Trente ans de pratique de musique lui ont permis d’accoucher trente-huit morceaux à travers des œuvres comme La vie (premier album), Qui vivra verra, Tchilunzi (esprit en yombé et vili) et Accomplissement de vie. Produits grâce auxquels l’artiste s’est également frayé une bonne place sur l’échiquier international, puisqu’il est aujourd’hui membre de la Sacem (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique) de France.
L’auréole de Bongo pourrait s’expliquer aussi par son humanisme, puisqu’il reconnaît avoir formé au sein de son orchestre « Bawadié Mélodia » créé en 1979 en compagnie d’Angelou Chevauché, plusieurs jeunes qui par la suite inscriront leurs noms en lettres capitales dans le livre congolais de la musique. Rapha Bounzeki et Roland Ikoh sont de ceux-là qui ont travaillé durant les années 80 et sous la poussière ocre de Dolisie avec Bongo.
John Ndinga-Ngoma

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