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Maya-Maya, la vitrine du désordre, de la corruption et des passe-droits.
Il y a quelques années, je fus pris dans un guet-apens à l’aéroport de Maya-Maya.
Le jour de mon retour, j’avais prévu arriver à l’aéroport une demi-heure avant la fin des enregistrements. Stupeur à mon arrivée aux guichets d’enregistrement, il y avait une foule compacte et des hurlements. Le chef d’escale d’air France, un beau jeune homme bien grassouillet comme ON les aime là-bas, paré de son gilet aux couleurs d’Air France où l’on pouvait lire sur son macaron l’inscription « B. Mandoki - chef d’escale Air France Congo-BZV ».
Le mec avait fier allure avec ses lunettes à monture blanc transparent qui lui donnaient un air magnanime. J’avais bien sûr remarqué la belle chute du bas, sans ourlet, de son pantalon de laine pure vierge de couleur bleu de Berlin harmonieusement marié avec un mocassin noir ébène parfaitement ciré.
Le chef d’escale nous annonça, après multiples appels pour intimer le silence, que les enregistrements étaient « suspendus ». Dubitatifs et stupéfaits, les passagers se demandaient s’il fallait monter dans les cabines de l’avion avec nos gros bagages. Monsieur le chef d’escale finit par nous avouer qu’il y avait en fait un excédent de passagers. Le beau Monsieur venait d’avouer son incompétence. « Personne ne monte dans un avion comme dans un bateau à destination de Mossaka », avait lancé un passager visiblement très énervé. Un autre poursuivit, « il faut d’abord avoir réservé sa place et payé son titre de voyage, etc. Comment expliquez-vous alors la pléthore des passagers le jour de l’embarquement ? »
Ce qui m’avait le plus gêné ce jour-là était le fait que les nombreux recalés de l’embarquement étaient majoritairement des originaires de la RDC. C’était ignoble. J’avais honte d’être-là à discuter avec un député de Poto-Poto qui brigua quelques années plus tard à la magistrature suprême de le l’Etat congolais. Ce monsieur venait de faire bourrer dans l’avion une de ses filles qui voyageait en compagnie de sa petite sœur. Bien sûr, j’apprendrai après quelques heures de vol qu’elles ne s’étaient même pas donné la peine de faire leurs réservations. L’honorable papa et grand frère s’était paraît-il arrangé avec le chef d’escale, un de ses petits de quartier.
Plusieurs autres explications parcoururent le groupe des passagers écœurés et éconduits par Monsieur le chef d’escale. Certains disaient qu’il y aurait parmi les passagers des éléments de la sécurité en prévision de la visite du chef dans un mois… Ces individus auraient eu les cartes d’embarquement sans avoir pris les dispositions de réservation et d’embarquement. Des colonels et d’autres barons de la place étaient venus accompagnés leurs maîtresses, enfants et autres. Tous ces bons seigneurs ignorent les règles de bienséance. Résultat des courses, de nombreux passagers se sont retrouvés sur le carreau… Le Big G., en force et tout en finesse, réussit à embarquer sur une banquette de misère à côté de 2 gamins (8 et 11 ans) dont la maman vivait en métropole hexagonale.
Le chef de cabine nous encouragea à porter réclamations auprès de la direction d’Air France à Paris. Celui-ci nous procura des imprimés et des argumentations à l’appui. Nous étions une poignée dans le cas. Des consignes spéciales furent données aux hôtesses et aux Stewards pour prendre soin de nous. Les guignols pistonnés repérables facilement à leurs looks rustiques et leurs regards menaçant ne comprenaient pas pourquoi certains passagers avaient droit au champagne alors que l’alcool est visiblement interdit sur la ligne Paris/Brazza ?!
Eh oui, la ligne Paris/Brazza d’Air France est certainement la ligne la plus chère et paradoxalement c’est également la ligne la moins choyée en termes de services embarqués. Air France y positionne ses agents les plus austères et même les plus agressifs. Par exemple, la vente de l’alcool est strictement interdite car les passagers congolais sont capables de vous en acheter des quantités astronomiques… le pire est surtout qu’ils sont de très gros consommateurs en vol. Pour cette raison : fini la bonne petite cuit dans les airs !
Cela étant, l’exception avait été faite au groupe de résistants ayant réussi à embarquer « presque » par force.
En somme, je remercie le commandant de bord, le chef de cabine et leur équipage pour leur professionnalisme. Aujourd’hui de telles méprises ne sont plus possibles sur les vols d’Air France. Les réservations et l’achat des titres de voyage ne passent plus par les corruptibles agents congolais.
Le Patriote GNOKA

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