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A Madingou (Bouenza), la bibliothèque ACIEL : une lueur dans la poussière

A Madingou, dans le département de la Bouenza, existe une bibliothèque qui fonctionne, avec beaucoup de difficultés, dans l’indifférence totale sans le moindre soutien. Pourtant, sa présence permet aux habitants de la communauté urbaine d’avoir un espace ou assouvir leur soif de connaissances.
Située à l’angle des avenues de la gare et du marché poste, la bibliothèque ACIEL (Association Congolaise pour l’Initiative Economique et Locale) n’attire pas l’attention des passants. Rien ne la distingue des autres maisons environnantes sauf la plaque nominative sur la porte. Celle-ci est, d’ailleurs, l’unique ouverture. La bibliothèque ne comportant aucune fenêtre. A l’intérieur de cet espace de 24m2, des rayons de livres rangés tant bien que mal. Des ouvrages traitant de tout : des manuels scolaires aux ouvrages spécialisés en passant par les romans policiers et à
l’eau de rose. Les adhérents, en majorité élèves et fonctionnaires, trouvent de tout dans une chaleur étouffante. Pas de climatiseur encore moins de ventilateur, le cout de celui étant trop élevé pour les responsables. Sur une table, au milieu de la pièce, sous un pagne, un ordinateur, acquis depuis des mois, que le bibliothécaire, faute de formation, n’arrive pas à utiliser.
A l’origine, en 2007, ce fonds documentaire d’environ 4000 ouvrages, don des originaires de Madingou vivant en France, était destiné aux élèves de la localité. Seulement, Jean-Antoine Souvenir Moudoudou, Secrétaire général de l’association, a pensé qu’il serait plus judicieux de monter une bibliothèque pour non seulement permettre à un grand d’habitants de profiter des livres mais aussi pouvoir les conserver longtemps. Ainsi depuis presque quatre ans, cet économiste de formation, se bat, chaque jour, pour que la structure continue à exister sans aucune aide ni de l’administration publique ni des particuliers.
Et pourtant, cette initiative mériterait un accompagnement de la Direction Départementale du livre et de la lecture publique de la Bouenza, quand on sait que cette bibliothèque est la seule du genre a Madingou et qu’elle a permis aux élèves d’avoir un cadre idéal pour préparer leurs examens : 92% des adhérents en classe de Terminale ont obtenu leur bac cette année.
En dehors d’une facilitation pour participer à un séminaire sur le placement du livre, rien d’autre n’est venu de ce coté. Le bibliothécaire doit se contenter des adhésions (1.ooo FCFA par personne pour une année) pour faire fonctionner la structure et percevoir son per diem. ‘’C’est plus du social. Je ne gagne absolument rien. C’est très dur financièrement mais j’ai espoir que ca ira mieux dans le futur’’ déclare Jean-Antoine Souvenir Moudoudou. L’espoir, c’est les projets en cours de réalisation : la mise en location d’une partie du bâtiment et une micro finance.
La bibliothèque est l’une des actions que mène cette association créée en 2003. La plus connues étant la Foire du Terroir dont la 3e édition s’est déroulée en juillet dernier à Madingou.

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