Connexion utilisateur
L'Etat de droit en disfonction ou la guerre des pouvoirs
Justice (Pointe-Noire) : Une citoyenne se plaint du non respect d’une décision du tribunal prise en sa faveur
Commerçante de carrière, domiciliée au quartier Côte-sauvage, dans le premier arrondissement Lumumba, à Pointe-Noire, Mme Cynthia Barrière, née Mabiala, de nationalité congolaise, mariée et mère de deux enfants, loue une parcelle de terrain au centre-ville, sur laquelle elle a construit un salon de coiffure appelé «Astuce-boutique» et un restaurant, «Le Mfumwanz». Elle a tenu un point de presse, mardi 28 juin 2011, devant les restes de sa maison détruite, pour exprimer son ras-le-bol devant ce qu’elle considère comme un acharnement du procureur général près la cour d’appel de Pointe-Noire.
(Photo : les lieux après le passage de la horde sauvage des huissiers et juste avant la démolition définitive)
A son point de presse, Mme Cynthia Barrière a résumé ainsi la situation à laquelle elle est confrontée: «Je suis commerçante de carrière, domiciliée au quartier Côte sauvage, dans l’arrondissement n°1 Lumumba. Louant une parcelle de terrain avec un contrat de bail cadastrée n°240 bis et 240 ter, section G, au centre-ville de Pointe-Noire, me permettant d’exercer sur ce lieu des activités commerciales, j’ai construit deux boutiques dénommées Astuce-boutique, un salon de coiffure mixte et un restaurant, «Le Mfumwanz». Chose écœurante, je suis confrontée à de nombreuses menaces de démolition et surtout d’expulsion, de la part de Oba Christian et son huissier.
Tenez! La première réquisition d’expulsion exécutée par l’huissier Joachim Mitolo date du 2 mai 2010. Mais, j’avais gagné le procès. Le premier jugement de réintégration date du 9 septembre 2010. Après ma réintégration, ils sont revenus avec la même réquisition, pour m’expulser de nouveau, alors qu’il y avait déjà l’ordonnance de réintégration, référencée comme suit: Rôle civile n°959, année 2010, répertoire n°624 du 1er octobre 2010 F 355.
Suite à cela, Monsieur Georges Akiera, procureur général près la cour suprême, à Brazzaville, avait ordonné au procureur général près la cour d’appel de Pointe-Noire, le 21 janvier 2011, ma réintégration. Malgré cela, je suis toujours l’objet d’expulsion de la part du procureur, puisque le 17 juin 2011, Maître Anicet est venu me brandir la même réquisition d’expulsion».
Répondant aux questions des journalistes, Mme Barrière déclaré: «Je demande à la justice congolaise où sont exactement mes droits, en tant que citoyenne? Si mon jugement demande à ce qu’on puisse m’expulser, qu’on m’expulse. Mais, on ne peut pas démolir ce qui existe. Si Madame Florine Yimbou née Badianseke ou les autres ont d’autres jugements qui peuvent écraser celui que j’ai au départ, à ce moment-là, j’accepte. Mais, tant qu’il n’y aura rien, je demande aux autorités de voir ce problème, parce que cela devient grave. Je perds trop d’argent pour reconstruire les locaux. Jusqu’à ce jour, je suis toujours victime d’expulsion de la part du procureur général près la cour d’appel de Pointe-Noire. J’aimerais savoir ce qu’ils me reprochent, puisque cette réintégration ne compte pas pour la cour d’appel de Pointe-Noire. Cela fait deux ans qu’on le signifie et ça fait deux ans qu’on est tout le temps expulsé. Apparemment, la réaction de la cour suprême ne les importe pas, au niveau de la cour d’appel, parce que, jusque-là, ça continue. Ils ne respectent pas les décisions de la cour suprême».
Mme Barrière a enfin justifié son point de presse par sa volonté d’exprimer son ras-le-bol, «parce qu’il y a pas mal de gens qui subissent ce genre de pression et le peuple congolais doit savoir qui, réellement, mettre à certains postes de responsabilité. Est-ce que les gens sont en mesure de respecter la loi? Moi, je ne fais pas partie du tribunal, j’ai porté plainte, le tribunal m’a donné raison et le procureur est censé respecter les décisions de la justice, et me mettre en sécurité. Mais, c’est le même procureur qui met les décisions du tribunal en doute. Alors, que faire?», s’est-elle interrogée.
Signalons qu’après son point de presse, la maison de Mme Barrière a été totalement rasée, pour laisser la place à un terrain vague.

Publier un nouveau commentaire