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Les nouveaux projets énergétiques d’ENI menacent la forêt tropicale du Congo
Selon un nouveau rapport publié aujourd’hui (09/11/2009) par des organisations congolaises de défense des droits de l’Homme et leurs partenaires internationaux, les projets de la compagnie pétrolière ENI d’exploitation des sables bitumineux et de l’huile de palme pour l’alimentation et les agro-carburants dans le bassin du Congo risquent d’entraîner des dommages irréversibles à la biodiversité, aux populations locales et à notre climat. Les projets sont également en contradiction avec les principes de la compagnie en matière de respect des droits de l’Homme et de l’environnement.
De plus, le rapport,“AVENIRS ÉNERGÉTIQUES : Les investissements d’Eni dans les sables bitumineux et les palmiers à huile dans le Bassin du Congo”, soutient que de tels investissements, compte tenu de leur potentiel hautement nuisible sur le plan local et de l’énorme bilan carbone négatif, devraient être considérés comme trop risqués pour ENI ou n’importe quelle autre entreprise extractive1.
C’est le premier projet d’exploitation des sables bitumineux en Afrique2 et le projet d’huile de palme serait l’un des plus importants du continent. Les accords étaient signés en 2008 entre Eni et la République du Congo (Brazzaville), pays riche en pétrole mais dont la population est très majoritairement pauvre, avec un niveau de transparence et de respect des droits humains minimum. Les forêts couvrent les deux tiers du Congo et sont essentielles à la subsistance des populations locales aussi bien qu’au stockage vital du carbone. Le gouvernement du Congo veut être l’un des gardiens des ressources du Bassin3, mais ses performances en matière d’application des lois forestières et de la protection environnementale sont faibles.
ENI est actuellement classée comme la plus « respectueuse du développement durable » des compagnies pétrolières au monde4. Très récemment, au Forum du Leadership de l’ONU à New York, son PDG Paolo Scaroni a expressément recommandé aux délégués présents des actions concernant le changement climatique5. Néanmoins une étude montre que l’investissement planifié par ENI au Congo ne va pas dans le sens du développement de sources d’énergies durables.“Moins d’un mois avant le sommet de Copenhague, ces investissements minent la réputation d’ENI en matière d’écologie. Ils mettent aussi en avant le coût environnemental et social d’un soutien continu aux investissements énergétiques à forte teneur en carbone et tournés vers l’exportation – en particulier dans des zones sensibles écologiquement avec un faible niveau de gouvernance” a déclaré Barbara Unmüssig, la Présidente de la fondation Heinrich Böll.
La zone d’exploration des sables bitumineux au Congo couvre une vaste étendue (1790 Km2), alors que la plantation du palmier à huile dont la localisation exacte n’est pas connue s’étendrait sur 70 000 hectares de terres “non cultivées”. ENI annonce qu’aucun de ses investissements ne sera effectué dans des zones de forêts tropicales ou de forte biodiversité et n’impliquera de déplacements de population.
Néanmoins, le rapport révèle que, d’après les propres estimations d’ENI, la zone sélectionnée est composée de 50 à 70% de forêt tropicale et d’autres zones très fragiles sur le plan environnemental. Selon Brice Mackosso de la Commission Justice et Paix, Pointe-Noire, Congo “la population locale qui souffre déjà des impacts du développement pétrolier n’a pas été correctement consultée sur les nouveaux projets.
Ceci va à l’encontre des politiques d’ENI sur les droits de l’homme et sur l’environnement”. En Alberta, au Canada, les sables bitumineux ont provoqué pollution, épuisement des ressources d’eau et impacts négatifs sur la santé des communautés, ainsi que la destruction de la forêt boréale. Un baril de pétrole issu de sable bitumineux émet trois à cinq fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel et les Canadiens ont maintenant le bilan carbone le plus important de tous les citoyens du G8. De la même manière, la monoculture de plantes destinées au biocarburant est une source majeure d’une déforestation qui représente 20% des émissions globales de carbone. La culture du palmier entraîne également une augmentation de l’insécurité alimentaire, des conflits fonciers, des atteintes aux droits de l’homme et des menaces sur les groupes autochtones.
“Les nouveaux projets d’ENI révèlent le manque de contrôle de son actionnaire principal, le gouvernement italien”, selon Elena Gerebizza, de l’organisation italienne Campagne pour la Réforme de la Banque Mondiale. “L’Italie a clairement la responsabilité de garantir que les investissements faits par ENI le soient en considération de leurs impacts potentiels sur le développement et le climat et n’aillent pas à l’encontre des engagements internationaux du pays tels que la réduction des émissions de carbone”.
Pour plus d’information, contactez:
- Karoline Hutter, Heinrich Böll Foundation: +49 30 28534 202 or mobile +49 160 365 7722.
- Luca Manes, CRBM: +39.06.78 26 855 or mobile +39.335.57 21 837.
- Brice Mackosso, Christian Mounzéo (RPDH); Sarah Wykes (Project Manager): +44 7971 064433.

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