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Les forêts d'eucalyptus en péril au Congo
Les autorités congolaises s'inquiètent de l'avenir des plantations d'eucalyptus qui étaient supposées apporter des revenus substantiels à l'économie nationale. Pour elles, la responsabilité de leur disparition progressive va à l'incivisme des populations. Pour nous, ce sont elles qui détiennent le plus gros de la culpabilité par d'une part leur incapacité à faire respecter le code foncier par les prétendus propriétaires fonciers et d'autre part par leur laxisme vis à vis des exploitants desquels elles n'exigent en rien le respect de leurs engagements.
Dossier
Le massif d’Eucalyptus Fibre Congo menacé de disparition
La visite sur les lieux, le 17 août, du préfet du Kouilou, a confirmé le constat.
Fidèle Dimou était accompagné d’Eugène Bipfouma, secrétaire général du département de Pointe-Noire, des agents du ministère en charge de l’Économie forestière, des cadres d’Eucalyptus Fibre Congo (EFC) ainsi que des administrations publiques concernées et de la force publique. La délégation s’est rendue notamment sur le plateau de Hinda et dans la zone de Nanga pour se rendre compte de la dévastation du massif forestier par la population. Des zones de terre pourtant classées sur la base de la loi 16-2000 du 20 novembre 2000 et du décret 2009-211 du 22 juillet portant sur leur classement qui en définit aussi les limites et les usages.
Près de 7 750 hectares de terres appartenant à EFC ont été dévastés de façon anarchique, occasionnant ainsi 22 milliards FCFA de pertes pour EFC. Ce qui fragilise sa situation, puisque sur les 70 000 hectares de ses besoins en superficie, il ne lui en reste que 39 000. Ainsi, sa production évaluée à 1 000 000 de tonnes par an est redescendue à 300 000 tonnes.
Pour Maurice Ngoma, directeur des opérations à EFC, les difficultés rencontrées dans la protection de ces zones classées acquises par contrat de bail emphytéotique signé avec l’État congolais résultent de la présence de documents officiels signés par des administrations publiques qui sèment le doute et mettent en difficultés EFC et la population.
Ces documents sont, entre autres, le titre foncier délivré dans la zone classée par la conservation foncière, le plan de bornage de la même zone délivrée par le cadastre, l’attestation d’accord préalable de lotir délivrée par le ministère de la Construction et de l’urbanisme, la légalisation des contrats de bail par les services de la mairie, les réquisitions de la force publique, etc. « EFC a un contrat de bail avec l’État qui lui loue les terres, c’est à l’État de mettre de l’ordre sur les terres concédées à son locataire qu’est EFC et non à ce dernier d’y mettre de l’ordre », a-t-il ajouté.
Selon André Rouleau, directeur général d’EFC, sa société a une responsabilité dans la protection mais les différents services de l’État doivent apporter leur appui inconditionnel, sinon le massif sera perdu et les investissements réduits à néant. Il faut donc augmenter la superficie du massif pour répondre aux besoins en établissant une frontière pour le massif à l’intérieur de laquelle l’intégrité de la plantation pourra être préservée grâce à une volonté ferme de la part des autorités sans ambiguïté quant à l’utilisation de ces terres.
Le massif forestier concédé à EFC obéit au code forestier qui est un document de base permettant le classement des zones de forêt. Un code renforcé par le décret qui fait de ces forêts un massif forestier classé, donc protégé. Ces deux textes sont signés du président de la République.
Hervé Brice Mampouya
Les Dépêches de Brazzaville
Commentaire : On nous prend encore pour des imbéciles

La forêt d'eucalyptus telles qu'elle se présentait entre Lemba et Diosso. Aujourd'hui, il ne reste plus que les souches (Photo Fabrice Moustic)
Une fois de plus les populations ont bon dos. Certes, l’avidité des terriens leur a fait lotir et vendre de nombreuses terres concédées à EFC, cependant elle ne sont pas la raison majeure de la destruction du massif forestier, mais bel et bien la surexploitation qu’en fait le concessionnaire et son absence de politique de reboisement. Tel Attila, quand EFC passe l’eucalyptus ne repousse plus. Entre la Rivière Rouge et Holmoni, le massif forestier était continu, ce ne sont plus que des friches constellées de souches, pourtant aucune construction n’y a été érigée. Il en est de même entre Mengo et Hinda et en tant d’autres lieux. Avant que de rendre responsables les populations sans doute faudrait-il vérifier que l’exploitant respecte son cahier des charges. La thèse de la perte de 31 000 Ha (310 km² soit un rectangle de 31 km x 10 km) du fait de l’habitant ne tient pas debout.
La Rédaction
Ce que prétend MagForestry (EFC)
Vue d’Ensemble

MagForestry possède à 100% Eucalyptus Fibre Congo (EFC), une opération de sylviculture soutenable et renouvelable qui est basée à Pointe-Noire en République du Congo. EFC a acquis en 2005 les droits exclusifs pour gérer cette concession de 68.000 hectares. La concession qui expire en 2075 est basée sur le plantage et la coupe (après 7 années) d’eucalyptus clonés (bois dur) à croissance rapide. Une importante partie de la concession recouvre la zone des permis de prospection et d’exploitation accordés à MagMinerals, la compagnie sœur de MagForestry. Les plantations d’EFC approvisionnent l’usine de copeaux de bois à technologie de pointe, récemment mise en service, qui produit 500.000 tonnes par an de copeaux et qui se trouve dans l'enceinte du port de Pointe-Noire.
Investissements Majeurs
La compagnie tourne maintenant à plein régime après la mise en service de l’usine de copeaux en 2008. En 2009, EFC a réalisé des améliorations dans la coupe et le débit de l’usine ; ces améliorations devraient se poursuivre durant le cours de l’année. Des efforts importants ont été produits pour améliorer les équipements et les installations, les mesures de santé et de sécurité et pour former la main d’œuvre locale. L’objectif est d’augmenter sans risque les volumes de coupe et l’utilisation d’entrepreneurs locaux.
Des investissements ont été réalisés dans les équipements pour la coupe, l’écorçage et le transport. De même la pépinière a connu une amélioration substantielle pour soutenir le reboisement.
La construction de l’usine de copeaux de bois (valeur 35.7 millions de $) fut approuvée par MagForestry en 2006 pour bénéficier de la valeur ajoutée représentée par la vente de copeaux au lieu de la vente de rondins.
Le plus important fournisseur d’emplois non gouvernemental de la République
Avec la mise en activité des opérations de sylviculture, MagIndustries a également émergé comme le plus important fournisseur d’emplois privés dans le pays, avec approximativement 300 employés directs et 2000 travailleurs sous contrat. Avec cette proéminence, MagIndustries a été identifiée dans la République du Congo comme un moteur important pour la croissance économique et comme un citoyen de corporation responsable et socialement engagé.
Le Marché
Les revenus de MagForestry proviennent de la vente des copeaux plutôt que des rondins, ce qui a augmenté considérablement les revenus et les marges. En fait, toute la production a été vendue d’avance pour les deux années à venir aux acheteurs de fibre en Europe.

L'usine de copeaux de Pointe-Noire (Cliché : Socofran)
Les rapports des consultants ont indiqué que les concessions forestières dans la région de Pointe-Noire peuvent fournir jusqu’à 1.600.000 tonnes par an. La production d’une telle quantité de fibre de bois, à l’intérieur d’un rayon de 80km du port hauturier représente une situation très unique. Alors que MagForestry s’est positionnée comme un fournisseur de copeaux d’eucalyptus pour les marchés mondiaux de la fibre, une réflexion à plus long terme peut être envisagée pour d’autres pas en avant dans la chaine de valeur ajoutée.
Un volume de production d’un million de tonnes par an pourrait aisément soutenir une usine de panneaux de particules (MDF et HDF) d’échelle mondiale. A 1.5 million de tonnes et plus, le volume serait suffisant pour une usine de pulpe de haut rendement (HYP). Le bois dur HYP est un produit important de croissance dans le secteur mondial de la pulpe et du papier.

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