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Le RDPS réunifié sort du schisme
L'hégémonisme du PCT, le plus ancien parti politique congolais, se traduit par les principes d'absorbsion des formations dites de la majorité, et de division de celles, quelque soit leur bord, qui s'y refusent.
Parmi ces dernières, le RDPS, fondé par le versatile Jean-Pierre Thystère Tchicaya, est certainement le parti le plus populaire au Kouilou. Suite au non respect de ses dispositions statutaires après le décès de son président fondateur, il s'est divisé en deux factions antagoniques.
la première, sous la direction du Dr Bernard Mbatchi, président par interim, favorable à une adhésion au RMP (Rassemblement de la Majorité Présidentielle),
la seconde, désirant garder plus d'indépendance sans pour autant se déclarer d'opposition, issue d'un congrès considéré comme nul et non avenu par les précédents, a plébiscité Mabio Mavongou Zinga à sa présidence.
Il s'en est suivi une période de trois années durant lesquelles le parti n'a guère fait que s'affaiblir, aucun des deux présidents ne voulant céder. C'est le 25 août 2011 qu'après mures réflexions, Mabio prenait la plume et dans une lettre d'anthologie, il décidait, pour le bien et l'unité du parti, de confier à Bernard Mbatchi la présidence unitaire du RDPS. Certains ont voulu y voir une capitulation, mais la plupart l'a salué comme le geste généreux et désintéréssé d'un grand démocrate. La lettre du 25 août proposait le 19 octobre 2011, date du 21ème anniversaire du RDPS, pour l'annonce officielle de la réconciliation. Il aura fallu attendre le 7 janvier 2012, jour de célébration de l'anniversaire de Jean-Pierre Thystère Tchicaya, pour que l'on assiste à la sortie publique du RDPS réunifié.
La cérémonie
SUECO est en état de siège ce samedi matin. Un impressionnant service d'ordre, vêtu de Tshirts noirs frappés du blason du RDPS souligné par le mot réunifié sur la poitrine et de l'inscription SECURITE dans le dos, fait régner la discipline parmi le public déjà très dense qui se presse à l'entrée de l'amphithéâtre.
Ce n'est que patte blanche montrée que l'on peut pénétrer dans la salle où des dames, aussi nombreuses que les agents de sécurité, la poitrine ceinte d'une écharpe marquée PROTOCOLE, prennent en charge les arrivants.
Un portrait du président fondateur trône sur le podium.
Vers onze heures, il ne reste plus un siège libre et on commence à rentrer des chaises supplémentaires qui vont occuper le moindre espace libre. Dehors, le public en attente est toujours aussi nombreux.
A onze heures trente :
Premier orateur, Mabio Maoungou-Zinga nous offre un discours historique, un discours de combat. La voix ferme, s'adressant de la tribune tantôt aux militants, tantôt à son frère Bernard Mbatchi. Mabio toujours avec respect s'excuse, promet assistance et défie son rival en cas d'échec. Ses phrases choc sont ovationnées par un public enlevé par son charisme. Mbatchi opine de la tête et applaudit du bout des doigts.
C'est assis de sa place à la table du présidium que Bernard Mbatchi prend la parole. On espère qu'après le brio du premier orateur, il aura à coeur de répondre de même. Hélas, il se contente de prononcer le discours plutôt creux qu'il a préparé d'avance et dans lequel transparaît sa satisfaction d'être désormais le seul maître à bord du vaisseau RDPS. Il publie cependant une feuille de route en 3 pages :
1- Des actions structurantes de terrain
2- Le processus préparatoire d'un congrès afin de doter le parti d'instances acceptées par tous.
3- La tenue du dit congrès.
Dans l'attente de la préparation et la lecture du communiqué final, le présidium sort prendre un bain de foule, ce que les exclus de la salle apprécient au plus haut point.
Marie-Jeanne, militante de la premère heure verse des larmes de bonheur pour cette réunification qu'elle espérait tant.
Aprenez que tout flatteur...
Ce 7 janvier 2012, le corbeau Bernard Mbatchi a laissé tomber le fromage RDPS dans la gueule du renard Mabio Mavoungou-Zinga .
Nous avons pu mesurer à l'applaudimètre l'énorme fossé qui sépare les deux hommes dans le cœur des militants.
Serait-ce par pingrerie que Bernard Mbatchi a laissé à Mabio le soin d'organiser et d'ordonner la manifestation, lui conférant ainsi la plus grande part de ses prérogatives présidentielles ?
Pourquoi Bernard Mbatchi n'a-t-il pas répondu au discours de campagne de MMZ par une déclaration aussi forte ?
Sa fierté d'accéder à la présidence de tout le parti l'aurait-elle rendu autiste et n'aurait-il rien entendu de ce que lui a dit Mabio ?
S'il n'était pas préparé à répondre à une telle diatribe, pourquoi n'a-t-il pas demandé une suspension afin de préparer avec son staff une réponse à son rival ?
Pourquoi a-t-il abandonné la lecture du communiqué final à un très proche de MMZ ?
Le fait est que pour la plupart des observateurs présents, Bernard Mbatchi a perdu en ce 7 janvier son autorité sur le parti en faveur de Mavoungou-Zinga qui l'a renvoyé in peto à son rôle de président interimaire. On verra l'épilogue de cette longue marche de MMZ vers la tête du RDPS réunifié lors du congrès que Mbatchi sera bien contraint d'organiser. Quand ? Nous n'en savons rien puisque seule l'expression "dans un délai raisonnable" a été employée. On peut cependant compter sur le lobying que les partisans de Mabio ne manqueront pas de faire pour que l'échéance soit la plus proche possible.
Quel avenir pour le RDPS ?
Le RDPS est d'évidence et malgré les dénégations bien compréhensibles de ses cadres, un parti ethnique sans être tribaliste. Jusqu'ici cantonné à un rôle arbitral dans le suivi de la politique congolaise, il veut, avec Mabio, passer le cap et ambitionne de se positionner dans la course au pouvoir. La tâche sera ardue pour qu'il s'implante solidement et significativement dans les autres départements sans lesquels il n'aura aucune chance de parvenir à son objectif.

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