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Le gouvernement annule le FESPAM 2011
Le huitième FESPAM débute sous de funestes prémices - 7 morts
La cérémonie d'ouverture du 8ème Fespam (boudée par le chef de l'Etat) a été marquée par une violente bousculade qui a fait 7 morts et 38 blessés dont trois sous pronostic réservé. Nous avons reçu deux versions des évênements de ce triste 9 juillet. Incapables de dire quelle est la bonne et même si elle fait partie de ces relations, nous vous les présentons toutes les deux.
Version 1 :
La remorque qui emmenait les brésiliennes a échouée a l'entrée du stade, le portail du stade s'est violemment ouverte et aussitôt les gens se sont engouffrer dans cette brèche... Dans ce mouvement, certains ce sont retrouvés sous d'autres.... Aussitôt la police a repris le contrôle de la situation et les pompiers ont évacués les blessés aux CHU et a l'hôpital militaire.... Trop tard pour certains.. D'autres hors de danger sont rentrés chez eux ou....sont reparti au concert....
Version 2 :
Les hommes de Ndenguet démontrent une fois de plus leur incompétence et leur brutalité. Plutôt que de prévoir des barrières les nervis de la force publique préfèrent utiliser des méthodes dignes du moyen âge quitte à transformer une fête en massacre.
Il y a fort à parier que l'entière responsabilité de ce tragique fait divers va retomber sur la foule et que personne ne sera inquiété ni parmi les porteurs d'uniformes ni au ministère de l'interieur.
Cette édition du FESPAM est fortement controversée, inclus dans l'organe de presse présidentiel "Les Dépêches de Brazzaville" qui nous servait ce dernier vendredi un éditorial et un article des plus critiques.
Nous vous les donnons en pâture :
Editorial-Musique
Vendredi 8 Juillet 2011 à 04:30:00
Fespam
Demain, débutera la grand-messe musicale qui, tous les deux ans, enchante le Congo. Une manifestation qui n'a pas toujours été exempte de critiques faute de préparation suffisante mais qui a fini par s'imposer dans la longue liste des festivals consacrés à la musique de par le monde. Et qui, par conséquent, contribue à la renommée artistique du Congo, ce qui n'est pas rien, chacun en conviendra.
Juger cette nouvelle édition avant qu'elle ne commence ne serait ni juste ni raisonnable. Mais émettre le vœu qu'elle rassemble les foules, focalise l'attention des médias, attire vers nous les regards du monde, projette du Congo une image positive ne l'est pas. Et c'est pourquoi, à la veille de l'évènement, il nous paraît nécessaire de lancer un appel afin que le peuple congolais tout entier et non seulement ses artistes fasse résolument sienne cette longue série de concerts et de manifestations.
S'il est vrai que la renommée d'un festival repose avant tout sur le talent des hommes et des femmes qui l'animent, il l'est tout autant, sinon plus, que sans appui populaire, il n'est aucune fête de ce type qui atteigne son but et demeure ancrée dans les mémoires. À une ou deux reprises dans le passé, le Fespam, notamment au lendemain de la guerre civile, a réussi cet exploit, mais l'on ne saurait dire qu'il en fut toujours ainsi, si bien que son image, au plan international, n'est aujourd'hui ni très forte ni très nette.
Faire du cru 2011 un moment fort de la musique panafricaine n'est pas impossible dans la mesure où les artistes retenus comptent parmi les plus en vue, sont les plus appréciés du grand public. Mais ce but ne sera réellement atteint que si pendant une semaine Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et les autres grandes cités concernées vibrent toutes au rythme de la musique. Ce qui n'est pas impossible si, dans les jours à venir, la rue se mobilise pour faire de ce Fespam la plus vivante, la plus animée des fêtes populaires.
Dans la dernière ligne droite qui débute, tout devrait donc être mis en œuvre par les responsables du festival afin d'amener les Congolais à faire leur cette huitième édition en s'appropriant les diverses manifestations qui la jalonneront. Une tâche qui n'a rien de surhumain si l'État mobilise par ce but les puissants moyens de communication et d'influence dont il dispose.
À un jour de l'ouverture du Fespam, il n'est rien de plus urgent, selon nous, que de passionner par avance le grand public.
Les Dépêches de Brazzaville
Bulletin-Musique
Vendredi 8 Juillet 2011 à 07:00:00
Fespam : que souhaitent les Congolais ?
La huitième édition de cette grand-messe de la musique africaine débute dans deux jours. Les Congolais se demandent si 15 ans après sa naissance, le Festival panafricain de musique (Fespam) en déclin pourra un jour retrouver son éclat
En dépit de la volonté du chef de l'État, Denis Sassou N'Guesso, de toujours porter haut l'étendard du Fespam, la plus grande organisation musicale du continent qu'abrite depuis 1996 le Congo, la visibilité de l'événement n'est pas encore à la hauteur des autres festivals africains. Le président de la République, ainsi que le soulignait le commissaire général du Fespam le 4 juillet, a fortement contribué au financement du nouveau podium installé au stade Félix-Éboué de Brazzaville.
Aussi a-t-on appris, toujours de la même source, que l'organisation avait acquis du matériel de musique flambant neuf qui serait déjà à Brazzaville. L'artiste sénégalais Youssou N'dour, parrain de l'événement, devrait arriver à Brazzaville le 8 juillet ainsi que d'autres musiciens de renom invités au Fespam.
Tout cela ne convainc pas les Congolais au regard de certains indicateurs. Comparativement avec les éditions antérieures, celle-ci serait taxée de tous les maux du point de vue organisationnel. « J'ignore encore quand sera lancé officiellement l'événement. C'est une honte, et c'est la raison pour laquelle, dit-on, le chef de l'État a préféré ne pas être présent à la cérémonie d'ouverture », déclare un Brazzavillois.
Les flottements sont tellement remarquables que l'on ne peut empêcher le public de porter des jugements. Dès lors, on peut s'interroger sur la compétence des hommes qui pilotent l'événement. Par exemple, une partie de la délégation brésilienne, composée d'au moins quatorze personnes, a voyagé bien trop longtemps entre São Paulo et Brazzaville via Johannesburg. Elle n'est arrivée que le 7 juillet à midi après moult tracasseries, alors qu'une première partie de cette même délégation était sur le sol congolais depuis le 4 juillet. On peut s'interroger sur ce qu'en pensent ces Brésiliens.
Par ailleurs, aucun moyen logistique n'est prévu pour assurer le transport des délégations, alors même qu'elles peuvent arriver en pleine nuit. C'est le cas de la délégation guinéenne arrivée à l'aéroport international de Maya-Maya la nuit dernière. De tels flottements sont légions, et on se demande si le comité de direction du festival est informé de cette gestion déplorable du commissariat général.
Le vrai problème se poserait au niveau de la direction de la manifestation. Loin de combler les attentes des Congolais, qui rêvent d'un festival à l'image du Fespaco qui se déroule chaque année au Burkina-Faso, le Fespam devrait être un miroir pour le Congo, l'Afrique et sa diaspora, afin de faire découvrir au monde le riche potentiel de la culture africaine.
Souhaitons pourtant bon vent à cette édition qui s'ouvrira le 9 juillet après le carnaval que vont nous proposer les artistes brésiliennes sur l'avenue de la Paix. Pour que vivent le Congo, l'Afrique et la diaspora pour le plus grand bonheur des festivaliers.
Une régression constatée
Les Brazzavillois que nous avons rencontrés n'ont cessé de comparer les quelque huit éditions du Fespam. Deux éditions ont retenu leur attention, celles de 1999 et de 2003. Certains d'entre eux ont même déclaré : « Si le Fespam de 1999 a été une réussite, c'est parce que le pays sortait des événements douloureux de 1997. Il fallait Fespam se présentait comme un bon moyen de passer le message que le pays était dorénavant fréquentable. Cela est prouvé par la qualité et la pléthore d'artistes invités à cette édition, artistes de renom susceptibles de porter le message du Congo dans leurs pays respectifs. »
Le Fespam de 2001 par contre, n'a pas connu l'ampleur de celui de 1999, ni celle de la première édition de 1996. C'est finalement en 2003 que le pays et les festivaliers venus au Congo ont vibré et célébré une belle fête. La beauté de cette fête n'avait pas laissé le président de la République insensible. Venu pour le lancement, le chef de l'État, Denis Sassou N'Guesso, très satisfait du déroulement de cette cérémonie d'ouverture à laquelle il a assisté de 16 heures jusqu'au lendemain à 1 heure du matin, n'avait pas manqué d'éloges pour l'équipe dirigeante du commissariat général. « Je suis fier de vous. Allez encore de l'avant ! », avait-il déclaré.
En effet, le Fespam 2003 promettait des lendemains meilleurs. Mais hélas, au lieu de continuer sur sa lancée, l'activité a commencé à régresser. Pendant que les Congolais et les Africains attendaient une édition au moins identique sinon meilleure que celle de 2003, c'est bien autre chose qu'on leur a servi. Depuis, le Fespam ne cesse de perdre sa visibilité. Comment comprendre que jusqu'au moment où nous éditons ce journal, alors que nous sommes seulement à 24 heures de l'événement, la presse n'est pas en mesure de diffuser la liste des artistes internationaux invités à cette grand-messe ?
Pourquoi n'arrive-t-on pas à relever le niveau de cette activité panafricaine ? Est-ce le commissariat général qui se montre incompétent ou tout le système, c'est-à-dire le comité de direction ? Voilà les questions que les Brazzavillois se posent. Bref, les responsables ont intérêt à revoir leur copie afin de les convaincre que le Fespam ne va pas à sa perte. Il ne sera plus un événement attendu par tous, il a déjà perdu son attrait à l'échelle nationale.
Jean-Dany Ébouélé et Bruno Okokana

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