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La Fête à Ndji-Ndji : les éditions se suivent et se ressemblent…étrangement
Gâchis et amateurisme sont les deux mots qui définissent le mieux La Fête à Ndji-Ndji, un festival de musique dont la 5e édition s’est déroulée à Pointe-Noire du 1er au 5 septembre dernier. Cette édition a été une exacte réplique de ses devancières. Un flop considérable !
Pourtant, les choses semblaient mieux se présenter cette année : deux conférences de presse en l’espace d’un mois dont une la veille de l’ouverture, l’arrivée du camerounais Manu Dibango, la star affiche, de la portugaise Susana Travassos et des artistes allemands. A cela il faut ajouter un plateau local très alléchant (Achille Mouébo, Lionnel Kombo 2 Bayonne entre autres…), des partenaires solides (MTN, BCI, Crédit du Congo,…) et un budget estimé à plus de 20 millions de FCFA. Comment alors imaginer que cette manifestation ait échoué ? On se le demande encore.
On avait l’espoir que cette édition allait réussir, que cela marquerait, certainement, un nouveau départ pour la manifestation et que Ya Tatchi allait tirer les leçons du passé. Même si au fond de nos têtes des doutes existaient encore. Très vite ceux-ci ont pris le pas sur nos espoirs. Les erreurs du passé ont ressurgi : des spectacles qui débutent en retard, une programmation non disponible à l’avance, l’absence du village du festival, les artistes éparpillés dans la ville. On s’est vite rendu à l’évidence que Ya Tatchi est resté le même : un solitaire qui ne fait confiance à personne, qui gère et dirige tout sans assistance. Le reste de son équipe ne s’occupe que des broutilles. Il n’est pas surprenant à ce niveau de parler d’amateurisme.
A mon entendement, un festival est une fête d’autant plus que celui-ci se nomme tout simplement "la Fête à Ndji-Ndji". On ne peut comprendre qu’une manifestation qui se veut populaire puisse être à ce point éloignée du grand public. L’illustration en est le spectacle de Manu Dibango dans l’hôtel le plus luxueux de la ville à un tarif exorbitant (50.000 FCFA ndlr). A ce prix quel public souhaiterait savoir s'il était réservé aux notables de la ville (le Maire, le Directeur du Cabinet du Préfet de Pointe-Noire ont été aperçus !) et aux expatrié rentrés de vacances. En tout cas pas monsieur tout le monde, même pour le saxo du chauve de Douala. Ce qui aurait put être le clou du festival est devenu son gouffre financier car ce cabaret, les spectateurs mangeaient pendant que le saxophoniste était sur la scène, a coûté la bagatelle de 17.000.000 de FCFA ! Avec ce prix, l’organisation, non Ya Tatchi, aurait put s’offrir la salle du Ccf, le Forum Mbongui et Le chemin de Damas et en avoir encore dans la caisse pour assurer d’autres dépenses comme le Mess mixte de Garnison qui revenait à 1.000.000 de FCFA le jour.
Tous ces exemples montrent à quel point Ya Tatchi est passé à côté de l’occasion de redorer non seulement son blason mais aussi celui de son festival. Après cinq échecs cuisant, aura-t-il la force de se relever et continuer à bénéficier de l’assistance des ses partenaires. Un gros point d’interrogation subsiste quand même à ce niveau. Mais la fin chaotique de cette édition, avec une cérémonie de clôture annulée alors que le public était déjà là tandis que le Directeur était introuvable, n’augure rien de bon.
Dans ce tableau sombre subsiste une petite note de gaieté en ce qui concerne le cachet des artistes locaux. Ceux-ci, contrairement aux éditions passées, ont reçu leur dû sans problème. Il aurait été désagréable que Ya Tatchi, trompettiste de son état, néglige les membres de sa corporation.
Surtout que les artistes congolais ne cessent de se plaindre du manque d’intérêt et de soutient à leur égard.

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