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Kadhafi : Le baroud d'horreur du "guide de la révolution"
Selon certaines sources la répression totaliserait plus de 2000 victimes depuis le début des manifestations.
Les forces loyales au régime libyen de Mouammar Kadhafi ont tiré vendredi sur des manifestants à Tripoli faisant au moins deux morts, après la prise de contrôle de l'est du pays par l'opposition, la communauté internationale tentant de stopper le bain de sang.
Les forces de sécurité libyennes ont tiré sur des manifestants dans des quartiers de l'ouest de la capitale à la sortie de la prière du vendredi, ont indiqué à l'AFP des témoins joints par téléphone. Selon Reuters, cinq manifestants auraient été tués.
Un autre témoin, joint par téléphone par l'AFP, a affirmé qu'au moins deux manifestants ont été tués vendredi par des "miliciens" pro-régime dans le quartier populaire de Fachloum dans l'est de Tripoli. "Il y a au moins deux morts et des miliciens en civil continuent à tirer sur les manifestants", a indiqué ce témoin sous couvert de l'anonymat. "Il y a beaucoup de gens dans la rue. Il y aura un massacre", a-t-il encore ajouté.
Les partisans du "Guide" sont concentrés à Tripoli, où la milice Khamis disposerait notamment de 9000 combattants, de chars et d'avions, selon des informations non confirmées d'habitants anti-Kadhafi dans la ville d'Al-Baïda (est). L'armée, de son côté, a été affectée par les mutineries, selon ces sources.
Le théâtre de la contestation s'étend de l'ouest de Tripoli à Benghazi, dans des villes côtières ou proches des côtes, l'immense majorité du pays, à 93% désertique, étant épargné par les combats. Dans l'est, l'opposition armée s'organise pour une éventuelle marche vers Tripoli afin de chasser le colonel libyen du pouvoir.
Signe que le pouvoir cherche à endiguer la vague de contestation, la télévision libyenne a annoncé une aide de 400 dollars aux familles libyennes, ainsi que l'augmentation de 150% des salaires de certains fonctionnaires.
Des journalistes de l'AFP à Benghazi, ont vu un millier de manifestants rassemblés devant le tribunal local, devenu quartier général de l'insurrection. Certains campaient dans des tentes non loin, des enfants jouaient dans un char abandonné. Des marionnettes à l'effigie de Mouammar Kadhafi ont été pendues aux lampadaires des rues où patrouillent des soldats et des civils en armes. Certains soldats vendaient leurs armes au plus offrant malgré les appels des commandants militaires à s'organiser en force anti-Kadhafi.

Mouammar Kadhafi et son ami Nicolas Sarkozy
Plus de 35 morts à Zawiyah
A l'ouest de Tripoli, dans la ville de Zawiyah (60 km), les combats entre opposants et partisans du régime libyen de Mouammar Kadhafi ont fait "plus de 35 morts, peut-être même 50", a affirmé vendredi à l'AFP le porte-parole de la Ligue libyenne des droits de l'homme. "A Zawiyah, les civils et des officiers ayant quitté l'armée contrôlent la ville", a-t-il affirmé en assurant avoir obtenu ses dernières informations "à 11H00 ce matin".
Selon l'agence officielle Jana, des "terroristes" ont égorgé plusieurs soldats à Zawiyah, alors que selon le journal libyen Quryna, dont le siège est à Benghazi, 23 personnes ont été tuées et plus de 44 blessées dans l'assaut des forces de sécurité contre la ville.
Selon Ali al-Mokhtar al-Gasmi, un responsable du Croissant-Rouge à Benghazi, foyer de la contestation à 1000 km à l'est de Tripoli, "des combats à l'arme lourde ont lieu à Zawiyah, il y a des combats entre l'armée régulière et les manifestants qui ont réussi à s'armer" et "il y a de très nombreuses victimes y compris parmi les civils".
Selon la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), les violences liées au soulèvement contre le régime libyen de Mouammar Kadhafi ont fait au moins 640 morts, dont 275 à Tripoli et 230 à Benghazi, soit plus du double que le bilan officiel de 300 morts.

Mouammar Kadhafi et son ami Sylvio Berlusconi
Le plan des Kadhafi : "Vivre en Libye et y mourir"
Seïf Al-Islam, l'un des fils du leader libyen contesté Mouammar Kadhafi, a affirmé vendredi dans un entretien à une télévision turque que sa famille resterait coûte que coûte en Libye, et a averti qu'elle ne permettrait pas à une "poignée de terroristes" de contrôler une partie du pays.
Interrogé par un journaliste de la chaîne CNN-Türk sur un éventuel "plan B" de fuite envisagé par sa famille en cas de victoire des insurgés, Seïf Al-Islam a répondu: "Notre plan A, c'est de vivre en Libye et y mourir. Le plan B, c'est de vivre en Libye et y mourir", selon la traduction en turc de ses propos.
Le fils Kadhafi a admis la perte de contrôle de l'Est libyen, mais a assuré que les autorités libyennes reprendraient bientôt le contrôle de la région.
Concernant les victimes, il a fait état d'un bilan de 242 morts dans les violences, inférieur à un précédent bilan officiel de 300 morts. Il a également assuré que l'aviation n'avait mené aucun raid contre la population, mais avait pilonné trois dépôts d'armes pour éviter qu'ils ne tombent aux mains des rebelles.
Il a assuré que les manifestations pacifiques et les revendications politiques n'étaient "pas un problème, elles sont acceptables", seule l'action de "groupes armés" étant illégitime.
Il a également rejeté tout plan de destruction des infrastructures pétrolières du pays en cas de progression de l'insurrection. "Nous ne détruirons jamais le pétrole. Il appartient au peuple", a-t-il dit.

Mouammar Kadhafi et Barack Obama
Un proche conseiller et cousin de Mouammar Kadhafi, démissionne
Kadhaf al-Dam, proche conseiller et cousin du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a démissionné jeudi de toutes ses fonctions officielles, a annoncé vendredi l'agence égyptienne Mena. Parallèlement, une troisième ville est aux mains des insurgés. Selon son bureau, le haut responsable libyen, qui est notamment en charge des relations égypto-libyennes et qui a une résidence au Caire, a quitté la Libye il y a une semaine.
En présentant sa démission jeudi, l'émissaire libyen a "appelé à l'arrêt du bain de sang, et au retour à la raison pour préserver l'unité et l'avenir de la Libye", toujours selon la Mena qui cite le communiqué de son bureau au Caire.
Jeudi en début d'après-midi, on apprenait également, via Reuters, les démissions de l'ambassadeur libyen en France et de celui auprès de l'Unesco.
Vendredi en fin de matinée, une dépêche de la même agence annonçait que l'armée et la police libyennes se ralliaient à l'insurrection dans la ville orientale d'Adjabia. Une information diffusée par Al-Jazira.

Mouammar Kadhafi et son ami Juan Carlos
Musratha désertée par les pro-Kadhafi
Musratha, la 3ème ville en Libye, à quelque 150 km à l'est de Tripoli, a été désertée par les loyalistes au régime de Mouammar Kadhafi, mais des affrontements ont eu lieu sur une base aérienne située à proximité qui ont fait de nombreux morts, a indiqué un habitant. Musratha a "été libérée par les révolutionnaires du 17 février", a-t-il dit en allusion à la date de la "Journée de la colère" contre le régime libyen à laquelle avait appelé l'opposition en exil.
Si cette information se confirmait, cela signifierait que le mouvement anti-Kadhafi se rapproche de la capitale par le côté est.

Mouammar Kadhafi et son ami Jacques Chirac
Une opération militaire pour évacuer des Italiens
Rome "a préparé une opération militaire" pour évacuer des Italiens bloqués sans nourriture "dans le sud-est de la Libye", a annoncé vendredi le ministre italien de la Défense Ignazio La Russa à la chaîne de télévision SkyTG24. "Nous avons des informations selon lesquelles il y a des Italiens dans le sud-est de la Libye qui se sont retrouvés sans vivres : nous allons les récupérer", a-t-il dit.

Mouammar Kadhafi a mauvaise mine
La Libye au bord de la famine
Le Programme alimentaire mondial de l'ONU a averti vendredi que la chaîne d'approvisionnement en nourriture en Libye "était en danger de s'effondrer", alors que les organisations humanitaires craignent que de nombreuses personnes soient dans l'incapacité de fuir le pays. "La Libye importe pratiquement tous ses vivres et la chaine d'approvisionnement est sur le point de s'effondrer" a indiqué la porte-parole du PAM Emilia Casella, lors d'un point de presse, précisant que les importations alimentaires n'arrivaient plus dans les ports et que la distribution en était compromise en raison des violences.
Par ailleurs une porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a indiqué que de nombreuses personnes voulant quitter le pays étaient prises au piège et ne pouvaient partir. "Nous sommes préoccupés par le fait que de nombreuses personnes qui voudraient fuir sont prises au piège" a déclaré Melissa Fleming.
Des dizaines de milliers d'employés asiatiques, originaires de pays pauvres comme le Bangladesh ou les Philippines, restent ainsi bloqués en Libye, leurs gouvernements peinant à mettre en place des plans d'évacuation, dénoncent des organisations protégeant leurs droits.

Des ouvriers abandonnés par leur employeur
D'autres, abandonnés par leur employeur, témoignent de leur calvaire. "On n'a ni argent ni nourriture, on meurt presque de faim", a expliqué à l'AFP un ouvrier du Bangladesh travaillant sur un chantier de construction en plein désert de Libye. Kabir Hossain, 24 ans, est l'un des 60 000 Bangladeshis partis s'exiler en Libye pour travailler en tant qu'ouvriers contractuels dans le secteur de la construction. "On a été pris au piège dans le camp à Raslanuf Sakania, à 400 km de Benghazi, quand les violences ont éclaté", relate-t-il dans une conversation entrecoupée de grésillements.
Les ouvriers ont été déplacés par leur employeur avant d'être "abandonnés au milieu de la route": "Ils nous ont dit qu'on devait trouver notre propre chemin pour sortir du pays".

Mouammar Kadhafi et deux de ses compères du club des démocrates africains
RTBF avec AFP et Reuters

La fameuse communauté internationale est partagée quant aux sanctions à appliquer à la Libye. La plupart des pays occidentaux ont mangé à sa table et l'ont courtisé pour son pétrole; on a vite fait d'oublier qui il était en réalité. Un homme qui fait de sa population une boucherie humaine, n'hésitant pas à tirer sur la foule. Ce qui fait resurgir ces vieilles véleillités. Là tout le monde ne peut rien dire, ne peut rien faire : dommage