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JOUTHEC 2010 : bilan en demi teinte
La 9è édition des Journées Théâtrales en Campagne (JOUTHEC) s’est déroulée du 28 au 30 décembre 2010 à Loango dans le Département du Kouilou. Des artistes venus de quatre pays africains (Bénin, Cameroun, RDC, Togo et Congo-Brazzaville) ont participé à cette manifestation qui permet aux populations rurales de voir les créations artistiques locales et étrangères.
C'est dans une indifférence quasi général que cette édition a été organisée. Une édition au cours de laquelle le bon a côtoyé le moins bon.
Sur la scène érigée à la commune de la localité, musiciens, conteurs, danseurs et comédiens ont proposé des spectacles abordant des thèmes aussi variés que la condition de la femme (La vallée de l’ignorance de la Compagnie Actions Plurielles du Bénin), les carences et les tares de la justice décrites de façon satyrique (Le Justicier de Nana Ardo du Cameroun), la lutte contre toute forme de virus (Halte au virus FC de Bina-Ngoua de Pointe-Noire), la préservation de l’environnement (Niama a Nzia d’Alain NGono de Pointe-Noire) et les méfaits de la guerre (Au nom de ma mère plus jamais ça de Bi-NKum Théâtre de Pointe-Noire) sans oublier toute la sagesse africaine contenue dans les contes (Pierres parlantes racontent Timda Mbala des togolais de Kadam-Kadam notamment). Des thèmes intéressants pour des spectacles de qualité moyenne. Les artistes, qui se sont donné à fond pour leur public, ont été desservi par la mauvaise qualité du plancher.
Malgré ce désagrément et quelques soucis logistiques (spectacles débutant en retard !), cette édition, la 3è depuis que la manifestation est devenue biennale, s’inscrit dans le prcessus de retour au but de la manifestation : être proche de la population rurale, sevrée de manifestation culturelle. Comme en 2006 et en 2008, le village du festival a été installé à Loango et les festivaliers logés sur place. Cette proximité a permis aux habitants de la localité de se sentir concerner par la manifestation et d’en tirer profit sur tous les plans. Ils n’ont pas hésité à venir nombreux, femmes et enfants surtout !, assister aux spectacles. Ce ne fut malheureusement pas le cas pour les autorités du département qui ne se sont manifestées que lors de la cérémonie d’ouverture, peut être parce qu’elle se déroulait dans la salle de conférence de la Préfecture. Ce qui n’empêche pas Aimée Patricia Mavoungou, directrice de la manifestation, d’être satisfaite du déroulement. ‘’Tout n’a pas été réalisé comme on le souhaitait mais la programmation a tenu et les artistes étrangers attendus étaient là. Le public de Loango a répondu présent chaque soir. Je suis satisfaite dans l’ensemble’’.
Satisfaction également du côté de Djonimbo. L'artiste kinois, habitué de Pointe-Noire et de Loango, se sent comme chez lui. Sa prestation au cours de ce festival fut à la hauteur de son talent. Il a entraîne la public dans un voyage ou il était question d'un retour aux vraies valeurs africaines. Djonimbo se considère comme la cendre qui résulte da la combustion d'un bois.
Au cours de cette édition, l'art a été aussi un moyen de sensibilisation contre les MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) à l'endroit non seulement du public mais aussi des festivaliers. Les manifestations culturelles, lieu de rencontres des gens venus d'horizons divers, peuvent également se révéler être des sources de contamination.
Pour les prochaines éditions, il incombe donc à la Compagnie Bivélas, organisatrice du festival, de corriger les erreurs relevées cette année pour que la manifestation retrouve son prestige d’antan. Prestige qui avait fait des Journées Théâtrales en Campagne une des manifestations les plus prisées de la sous région.
Qu'il semble très loin ce temps!

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