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Jeu collectif : Pour sauver le RDPS Mabio Mavoungou Zinga cède la présidence à Bernard Mbatchi

Le RDPS à l’image de bon nombre de formations politiques congolaises historiques s’est trouvé divisé en factions antagoniques ne lui permettant plus de se faire entendre avec toute l’acuité qui fut la sienne du vivant de son président fondateur Jean-Pierre Thystère Tchikaya. On se souviendra que l’origine du schisme est venu de la volonté de monsieur Bernard Mbatchi (président intérimaire) d’intégrer le parti au RMP. Un grand nombre de militants était opposé à cette intégration qui pour eux aurait marqué la perte de l’identité et des idées portées par le parti.

Convoqué dans des circonstances rocambolesques, le 1er Congrès extraordinaire du RDPS, en l’absence de la tendance Mbatchi, plébiscitait le 4 avril 2009 Mabio Mavoungou Zinga à la présidence du Rassemblement Démocratique pour le Progrès Social. Cette élection n’a jamais été reconnue par la faction rivale. On sait aussi que le 6ème congrès extraordinaire du PCT a sonné le glas du RMP donnant raison à MMZ puisque l’intégration du Rassemblement pour la Majorité Présidentielle au Parti Congolais du Travail aurait entraîné de facto la disparition du RDPS. A cette même occasion, Bernard Mbatchi, à son tour, a refusé la fusion absorption du RDPS dans le PCT, levant par là l’obstacle majeur de la réunification. Mabio Mavoungou Zinga en a pris bonne note et a décidé dans une lettre à son rival d’œuvrer unilatéralement à la réconciliation du RDPS en lui cédant la direction, démontrant que pour lui l’intérêt personnel passe après celui du parti politique dont il défend les intérêts depuis qu’il y a adhéré.
Mabio Mavoungou Zinga
Quand les leaders politiques congolais prendront la mesure du geste posé par Mabio Mavoungou Zinga, le pays aura fait un grand pas en avant. Ce seront les idées qui animeront les partis politiques et plus la dévotion des militants à l’égard de leurs dirigeants. Le culte de la personnalité à vécu place aux principes et aux programmes de société. Que le peuple fasse enfin ses choix sur des propositions clairement exprimées par des hommes résolus à tenir leurs promesses électorales.
Monsieur Bernard Mbatchi
Voici le texte intégral de la lettre que Mabio Mavoungou Zinga a adressée à son frère Bernard Mbatchi.
Monsieur le Président et cher Frère,
Il y a quelques jours, je suis venu prendre langue avec vous dans votre bureau pour traiter à huis clos de la réconciliation-réunification de notre parti.
Les jours se succèdent et l’écho demeurant silencieux, vous avez sans doute douté de ma détermination : il n’en est rien.
J’ai pris le temps d’écouter la base de notre Parti ; et après de longues et mures réflexions mais aussi tenant compte que notre Parti dans son, entièreté n’est pas tombé dans le piège de la fusion dissolution savamment orchestrée et programmé ; j’en suis arrivé à la même conclusion.
Il est donc de notre devoir, chacun en ce qui le concerne, de mettre une certaine dose d’humilité, de tolérance et de responsabilité dans nos actions : la survie du RDPS est à ce prix.
C’est pourquoi, plutôt que de laisser végéter notre Parti comme un monstre en carton à doubles têtes, je vous concède de façon unilatérale la Présidence unicellulaire de notre outil pomitique commun : le RDPS.
Cette attitude me paraît présentement la seule à même de nous éloigner de la castration oculaire dont l’issue serait fatalement la liquidation sans autre forme de procès de notre appareil politique. Ceux qui se sont rassemblés pour la Démocratie et le progrès social ne nous l’auraient jamais pardonné.
En ces temps tumultueux où être membre du RDPS est presque un crime ou un délit, il nous faut plus que jamais resserrer nos rangs. Donnons à nos militantes et militants le rêve et l’espoir des lendemains meilleurs.
Pour ma part, je demeure sans lassitude optimiste quant à l’avenir de notre Parti et de la démocratie dans notre pays.
En conséquence, j’attends de vous, Monsieur le Président, la prise de toutes les mesures utiles et nécessaires de nature à booster l’activité de notre Parti.
D’ores et déjà, je vous réitère très respectueusement mon invitation à venir procéder à l’inauguration du siège national du RDPS à Mongo-Mpoukou à l’occasion du 21ème anniversaire du Parti qui aura lieu, comme vous le savez, le 19 octobre 2011 selon le programme que vous aurez arrêté.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le beau geste de MMZ est d'une grande finesse politique. Bernard Mbatchi n'a guère de solutions pour contrer ce cadeau certainement quelque peu empoisonné. Mabio devrait se voir proposer un poste d'importance dans le bureau directeur, probablement la première vice-présidence ou le secrétariat général (ce qui serait un meilleur plan pour Mbatchi qui risque cependant d'hésiter à offir à celui qu'il déteste si fortement un tel poste clé), à défaut de quoi, les militants ne comprendraient pas l'obstination de Mbatchi d'écarter Mabio.
Lors de la prochaine échéance au sein du parti, MMZ pourra se présenter contre Mbatchi devant l'ensemble des militants. Il aura alors de fortes chances de l'emporter devant son rival et ainsi accéder à la présidence d'un parti unitaire.
Il est aussi désormais entièrement libre de ses mouvements pour faire sa campagne pour les législatives de 2012 sans devoir la faire pour l'ensemble des candidats, il laisse cette lourde tâche à Bernard Mbatchi qui aura fort à faire. C'est là que la nommination de MMZ au secrétariat général pourrait permettre dau président de tenter un contre en imposant à MMZ une charge très lourde. Encore faut-il que Mabio l'accepte et il ne fait pour moi guère de doute qu'il se prépare à une telle éventualité et qu'il a déjà sa solution.
Les prochaines semaines vont sans doute être riches en rebondissements dans le RDPS. On en verra probablement l'apogée lors de l'inauguration du siège le 19 octobre 2011.
Wait and see...
Je remercie Mabio Mavoungou Zinga de la confiance qu'il nous a manifestée en nous offrant la primeur de la publication de sa lettre.
La Semaine Africaine fait une interprétation bien différente et partisane du geste de Mabio sous entendant qu'il s'agit d'une reculade. Le journal catholique semble traduire les faits en une victoire de Bernard Mbatchi.
Coup de théâtre au RDPS : Mabio Mavoungou Zinga reconnaît Bernard Mbatchi comme président du parti
Depuis la disparition de son président-fondateur, Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, en juin 2008, le R.d.p.s (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social) était secoué par une crise interne sur la question de la succession. Alors qu’une tendance avait investi le sénateur Bernard Mbatchi, une autre tendance soutenait Mabio Mavoungou-Zinga à la tête du parti.
D’abord président par intérim, Bernard Mbatchi a été investi président du parti, lors du deuxième congrès ordinaire du R.d.p.s, tenu à Pointe-Noire, du 25 au 26 avril 2009. Si l’on en croit la lettre qu’il lui a envoyée, Mabio Mavoungou-Zinga a décidé «unilatéralement» de le reconnaître comme président du parti. Un véritable coup de théâtre dans la crise qui minait, jusque-là, le R.d.p.s.
A l’heure où l’homme politique se cramponne à ses acquis, on vient de vivre un grand moment de dépassement d’un leader. En effet, Mabio Mavoungou-Zinga a pris son courage et a décidé, par lui-même, de laisser les destinées du R.d.p.s à son frère, Bernard Mbatchi, plutôt que de rester scotché à des revendications interminables. Cette décision, réputée «irrévocable et irréversible», selon lui, est la preuve de sa grande modestie, soutient-il. Par cet acte, Mabio Mavoungou-Zinga a voulu démontrer, aux yeux des cadres et militants du R.d.p.s, son sens d’humilité, de tolérance et, surtout, de responsabilité, qualités qui doivent, désormais, guider tout leader politique. Le R.d.p.s peut, donc, refaire son unité et ses lendemains ne sont plus en danger.
Suit le texte de la lettre puis notre confrère Equateur Denis NGUIMBI conclut :
En tout cas, le R.d.p.s peut, maintenant, entrevoir le futur dans la sérénité.
Vendredi, 02 Septembre 2011