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CRP – Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari – g.elbienkari@gmail.com
Syfia international – Emmanuel de Solère Stintzy – desolere@syfia.info
Congo Brazzaville Les handicapés décident pour les handicapés
(Syfia/CRP) Les handicapés sont désormais mieux représentés dans certaines instances décisionnaires de l'administration congolaise. Cette année, certains d'entre eux, regroupés dans un comité de suivi du plan national, participent au recrutement de leurs pairs dans la Fonction publique. Une première avancée, résultat du plaidoyer de la société civile et de sa concertation avec les autorités.
Du jamais vu au Congo Brazzaville ! Les personnes handicapées sont désormais étroitement associées aux décisions qui les concernent. Cette petite révolution fait suite à la publication, en avril dernier, d'un décret présidentiel mettant sur pied un comité national chargé de coordonner, suivre et évaluer le plan national pour les handicapés. Cet organe technique a pour mission d'aider le gouvernement dans ses politiques sociales en faveur de ces personnes. Il est présidé par le ministre chargé des Affaires sociales, avec comme vice-présidents des handicapés proposés par leurs pairs. Une belle victoire pour l’Union nationale des handicapés du Congo (UNHACO), l’Union nationale des aveugles et malvoyants du Congo (UNAMAC) et les nombreuses autres associations qui voient ainsi enfin aboutir leurs plaidoyers.
Le projet de texte approuvant le plan d’action national et celui créant un comité de coordination avaient en effet été adoptés par un conseil ministériel dès mai 2009. L'UNHACO et l'UNAMAC ont appelé sans relâche le gouvernement à mettre en oeuvre le Plan d’action de la Décennie africaine des personnes handicapées, adopté par les chefs d’État africains en 2002 à Durban, en Afrique du Sud. Le chef de l'État a finalement paraphé et publié ces textes.
Gouvernement et associations parlent le même langage
Concrètement, le plan national permettra aux handicapés de s'occuper des questions qui les concernent, à différents niveaux de l'Administration. Des mesures sont déjà appliquées, notamment lors des recrutements dans la Fonctionpublique de cette année. Ce sont désormais les handicapés qui montent les dossiers des candidats qui sont dans la même situation qu'eux, les acheminent au bon service et suivent leurs traitements. Hugues Boukele, président de l'UNAMAC, laisse éclater sa joie : "Enfin, le gouvernement et les associations peuvent parler le même langage !"
Avant, "tout se passait au niveau de la Fonction publique sans que nous soyons impliqués directement. Maintenant, nous recevons les dossiers des amis et nous servons de relais avec le ministère", précise Florent Matakala, membre d'une équipe de suivi des dossiers de recrutement de 2010. Ce groupe de six personnes compte des sourds, des aveugles et des infirmes moteurs. L'UNHACO les a mandatés pour acheminer les dossiers des membres, les suivre et veiller au respect du quota prévu par le plan national. Selon celui-ci, à la fin du recrutement, au moins un nouvel embauché sur dix doit être un handicapé.
Analysant l'évolution actuelle, Jean de Dieu Goma, président de l’UNHACO et deuxième vice-président du Comité national de coordination, de suivi et d'évaluation, estime que "les résultats de la première Décennie africaine des personnes handicapées (2000-2009) restent mitigés dans la plupart des pays africains". Mais, pour cet ancien ministre chargé des personnes handicapées en 1995 sous la présidence de Pascal Lissouba, "la deuxième décennie (2010-2019) augure au Congo, à n’en point douter, des lendemains meilleurs".
Selon Georges Biakabakana, directeur de la réadaptation au ministère des Affaires sociales, la mise en place de ce plan n’est pas seulement le résultat des plaidoyers des associations, mais aussi la traduction concrète d'une vision politique basée sur "les principes de la participation et de la responsabilité des personnes handicapées". Avant d'élaborer ce plan, explique-t-il, le gouvernement a d'abord dressé un état des lieux. Les conclusions ont révélé un manque d’organisation et de suivi de ces personnes. L'État a donc d'abord institué un fonds de soutien, avant de créer le Comité national de suivi.
Au tour des entreprises privées ?
Georges Biakabakana souhaite à présent que le ministère chargé de la Fonction publique rédige un projet de loi imposant aux entreprises publiques, mais aussi privées d'embaucher au moins 10 % de personnes handicapées. Mais, prévient-il, une loi imposant un quota d'embauche ne peut être efficace que si les associations de handicapés sont crédibles, bien gérées et ne recherchent rien d'autre que le bien-être collectif.
Honoré, père d’un handicapé, espère que grâce aux nouvelles dispositions et aux mesures à l'étude, "la personne handicapée sera traitée à égalité avec le candidat valide lors de son intégration dans la Fonction publique et dans les entreprises privées". Si tel était le cas, conclut-il, "cela soulagerait les parents qui aideraient davantage leurs enfants à réussir leurs études".
Marien Nzikou-Massala
Octobre 2010
Brazzaville : Tenace discrimination des séropositifs dans les hôpitaux
(Syfia/CRP) Malgré des progrès significatifs enregistrés dans plusieurs hôpitaux de Brazzaville, les séropositifs continuent à être discriminés par certains personnels de santé. Autorités et associations organisent des formations et des concertations pour faire changer durablement les mentalités, en attendant l'adoption d'une loi pour mieux protéger ces malades.
Il est 16 heures. Depuis 8 heures du matin, une femme séropositive attend de consulter un médecin du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville pour une plaie à la jambe. Une marque de discrimination évidente, selon elle : "Dès que des médecins extérieurs au Centre de traitement ambulatoire (CTA) qui me suit habituellement, voient le cachet du CTA, ils me disent qu'il n'y a plus de place ici pour moi et que ma cause est perdue. Si je n'étais pas soutenue spirituellement, je me suiciderais…" Un autre séropositif dit avoir vécu un rejet similaire dans ce même hôpital : "J'avais rendez-vous avec un docteur, mais, à ma grande surprise, un de ses collaborateurs m'a dit sans plus d'explications qu'il ne me recevrait pas. Cela m'a choqué."
Selon Carine, sage femme au CHU, la peur d'être infecté, l'image négative du sida et des séropositifs qu'on a donnée par le passé ainsi que le manque de déontologie professionnelle et de formation d'une partie du personnel, sont autant de raisons qui expliquent de telles attitudes. Pour Sylvie Niombo, présidente de l'ONG Azur Développement (AD), la stigmatisation et les discriminations sapent les efforts de prévention du VIH et doivent être considérées comme des violations des droits humains : "Nous devons les combattre, afin que les séropositifs vivent sans honte, ni sentiment de culpabilité et bénéficient du soutien de leurs proches et de leurs soignants."
Plus instruits et plus respectueux
Petit à petit, la détermination de certaines associations commence à porter ses fruits. Simon, assistant au projet VIH/sida à AD, explique : "Nous organisons des ateliers dans des hôpitaux avec le personnel soignant, des séropositifs et des associations. Nous formulons des recommandations pour les uns et les autres : considérer le sida comme toute maladie chronique, bien suivre les prescriptions du médecin, ne pas sombrer dans l'auto stigmatisation, connaître ses droits et devoirs, etc."
Après avoir, dans une étude de 2004, tiré la sonnette d'alarme sur certains comportements graves du personnel soignant (injures, négligence ou refus de soins, annonce brutale de leur séropositivité aux malades et par des personnes non qualifiées, remise des résultats à une tierce personne, etc.), le ministère de la Justice et des droits humains, constate, lui aussi, quelques progrès. Cyrille Louya, directeur de la coopération chargé de l'unité de lutte contre le sida dans ce même ministère, rappelle : "Après notre étude, nous avons mené beaucoup d'activités qui ont apporté au public une connaissance exacte de la pandémie. Il y a également eu une grande évolution au niveau des personnels de santé grâce à nos formations, réunions et ateliers."
La mentalité de certains professionnels de santé commence en effet à changer. Ainsi, lors d'une communication de Blandine Sita, présidente de l'association Femmes plus du Congo, en août dernier, un médecin s'est excusé pour avoir discriminé des séropositifs. Plusieurs médecins suivent désormais avec plus de respect ces patients. Certains font passer le message aux autres personnels de santé. Le Dr Regis, pédiatre et responsable de l'unité de prise en charge des séropositifs à l'hôpital de Makélékélé, rappelle à son équipe de prendre soin des sidéens comme des autres malades.
Une loi très attendue
Depuis 2007 et la gratuité des antirétroviraux (ARV) dans les hôpitaux, les séropositifs sont globalement mieux suivis et pris en charge. Les progrès enregistrés sont cependant fragiles. En particulier quand les hôpitaux et les pharmacies manquent d'ARV, en raison de délais d'acheminement trop importants, comme l'explique, sous anonymat, un des responsables de la Congolaise des médicaments génériques (Comeg). Selon cette même source, la Comeg, qui achète et reçoit les ARV de l'étranger puis assure leur distribution dans les pharmacies et hôpitaux du pays, est en rupture de stock depuis environ cinq mois. Pour le Dr Regis, cette situation contribue à discriminer à nouveau les séropositifs, car plus malades et plus facilement repérables, ils sont aussi plus montrés du doigt.
Les associations cherchent une solution durable et réclament le vote d'une loi qui protège les séropositifs, comme il en existe dans d'autres pays africains. Un projet datant de 2004 se trouve toujours au Secrétariat général du gouvernement. "Il doit partir au Parlement, s'impatiente Mme Sita. Cette loi doit être adoptée et promulguée au Congo." En août dernier, la présidente de Femmes plus du Congo a plaidé devant les femmes parlementaires pour qu'elles apportent leur soutien à l'adoption de ce texte.
Jean Thibaut Ngoyi
Octobre 2010
Brazzaville : L'art, une thérapie pour des orphelins
(Syfia/CRP) Mal aimés, traités de voleurs ou de brigands, des orphelins de Brazzaville ont retrouvé l'estime d'eux-mêmes et la joie de vivre grâce au théâtre, à la musique ou au dessin. Une fois la représentation et l'exposition finies, certains continuent à se réunir et à s'exprimer grâce aux arts. Une première réussite pour l'ONG organisatrice.
Bruit de boîtes de conserve, battements de mains, voix d'enfants chantant à tue-tête… Dès qu'il franchit le portail de l'orphelinat Cœur immaculé à Brazzaville, le visiteur est accueilli par un concert singulier. Sous la véranda, d'autres gamins dansent ou font de courtes représentations théâtrales sous les acclamations et les rires. Hugues, 15 ans, fait office de formateur. Il espère qu'un des artistes qui les ont encadrés, lui et ses copains, sera bientôt au rendez-vous ce mercredi. "Les enfants ont naturellement gardé en tête ce rendez-vous. C'est un moyen pour eux de se distraire", explique un des responsables des lieux. "Ils continuent à s'exercer seuls avec l'appui ponctuel des artistes", raconte Sherif, musicien formateur, qui souhaite pouvoir se rendre disponible le plus souvent possible pour ses anciens élèves.
Pour aider les orphelins à exprimer leurs émotions, une ONG italienne installée au Congo depuis 1993, Comunità Promozione e sviluppo (CPS, Communauté promotion et développement) a initié 20 enfants aux arts de la scène (théâtre, danse, musique, chant) et 14 autres à la sculpture et à la peinture, entre mars et septembre dernier. Ces enfants et adolescents, âgés de cinq à 18 ans, recueillis par les orphelinats Cœur immaculé, La Semence et Yamba Ngai, étaient encadrés par des artistes formateurs sollicités pour la circonstance.
Chacun à leur façon, les orphelins ont pris goût à ces activités artistiques. À Yamba Ngai, même si la responsable a arrêté ces rencontres à cause de la reprise des cours, "les enfants se réunissent brièvement, le temps d'évoquer quelques souvenirs et de gribouiller quelques dessins", rapporte Gastineau Massamba, qui voudrait pouvoir les aider en apportant du matériel de peinture (gouache, pinceaux et toiles). Les orphelins artistes de La Semence continuent eux à se réunir. Quant à ceux de Cœur immaculé, ils ont tellement pris goût au chant et à la narration qu'ils espèrent monter un nouveau spectacle pour Noël.
"On se chamaille moins, on s'entraide"
Le pari de CPS est donc en bonne voie d'être gagné. Luca Genovese, volontaire international, résume ainsi l'ambition initiale de son ONG à travers Apprentissart 2010 : "Jeter des graines avec l'espoir qu'en certains enfants naisse une passion qui puisse les aider à exprimer leurs sentiments à travers des créations artistiques." Une belle opportunité, selon le professeur Mbougou Victor du département de psychologie pour qui "l'activité artistique est très importante dans la vie de l'enfant, car elle lui offre la possibilité de s'exprimer, l'aide à organiser sa pensée, rehausse son estime, l'encourage à améliorer ses relations avec les autres".
Il y a quelques semaines, au moment des répétitions, les premiers bienfaits de l'opération étaient déjà visibles. "Je chante, je danse, mais ce que j'aime par-dessus tout c'est dessiner des avions. Plus tard, j'aimerais être pilote", lançait Dieuvi, en exécutant des mouvements de danse. "Je suis content, parce que nous apprenons beaucoup de choses avec mes frères. On se chamaille moins .On s'entraide en expliquant aux autres quand ils ne comprennent pas le texte à répéter", se félicitait alors Damien, 10 ans.
"Ils ont extériorisé leurs émotions"
Le spectacle Mbongui bantu (La joie de se retrouver, en lari) qu'ils ont présenté en septembre au Centre culturel français (CCF) de Brazzaville, devant une salle comble, a consacré leurs efforts. Christian Muzika, un artiste comédien qui les a formés, a été bluffé par leur sang-froid : "Sur scène, ils se sont libérés. Ils ont extériorisé leurs émotions. C'était impressionnant !" Le public, essentiellement composé d'enfants accompagnés de leurs parents, a savouré cette représentation ponctuée de conseils ("Tous les enfants ont besoin, d'amour, d'éducation et de considération. Les orphelins ne sont pas différents des autres") et de réflexions ("On nous qualifie de voleurs et de brigands, mais, nous ne sommes pas inciviques").
Presque au même moment, le CCF organisait l'exposition de 14 tableaux et de cinq sculptures réalisées par les orphelins de Yamba Ngai. En voyant certaines toiles de Pulcherie et de Marc, des enfants se sont esclaffés. Le premier tableau représentait un homme avec une grosse tête et de petites jambes, entouré de poissons et d'engins semblables à des avions. Le second était un coeur énorme à l’intérieur duquel se juxtaposaient des couleurs flamboyantes. "Ces tableaux, certes puérils, expriment simplement la vison des enfants. C'est la preuve qu'ils ont quelque chose à dire, malgré les drames qu'ils ont connus", se félicite Gastineau Massamba, l'encadreur, visiblement satisfait de l'expression artistique de ses élèves.
Annette Kouamba Matondo
Octobre 2010
Brazzaville et Pointe-Noire : L'aulacode d'élevage, un précieux rongeur
(Syfia/CRP) Formés par Agricongo à Brazzaville et Pointe-Noire, des éleveurs d'aulacodes gagnent leur vie, satisfont les consommateurs et aident à conserver une espèce menacée. La moitié des stagiaires abandonne toutefois ce métier, faute d'un soutien suffisant.
Balai en mains, torse nu et serviette autour du cou, Samuel Bidzouta ne chôme pas. Dès sept heures du matin, il nettoie la cinquantaine d'enclos où vivent ses 21 aulacodes, rongeurs sauvages appelés ici sibissi. Nous sommes à Mounkondo, dans le 4e arrondissement de Brazzaville. "Un documentaire à TV5 sur un éleveur béninois m'a poussé à pratiquer moi aussi cette activité", explique ce retraité de la Société nationale de distribution d'eau, formé en 2004 à Kombé, à 17 km au sud de Brazzaville.
C'est là, sur la route nationale n°1, que se trouve le site d'Agricongo. Après Samuel et quatre autres apprenants de la même année regroupés depuis dans un collectif, Agricongo a continué ses formations. Trois stagiaires se forment actuellement à cet élevage. "J'ai l'ai découvert dans la région de la Cuvette. Je le pratique parce que l'aulacode est une espèce rare, mais comestible", résume Alphonse, un stagiaire.
Ce rongeur est en effet apprécié de certains consommateurs et restaurateurs. "J'aime déguster cette viande douce et appétissante", confie Alain, client d'un restaurant. Il est cependant parfois difficile de trouver le sibissi sur le marché. "Depuis quatre ans, je suis ravitaillée par un collectif d'éleveurs. J'achète la bête 20 000 à 25 000 Fcfa (30 à 38 €)", révèle une restauratrice de Maya-Maya. En vendant au détail ou en gros, les éleveurs gagnent en général plutôt bien leur vie. "J'ai vendu 48 aulacodes en 2008 et réalisé une recette de 842 000 Fcfa (plus de 1 280 €)", précise Samuel. Jean Paul Bakabana, retraité, ingénieur chef des Eaux et forêts, poursuit : "Je gagne en moyenne 700 000 Fcfa (1 070 € environ) par an." Soit, selon les éleveurs, 58 000 à 70 000 Fcfa chaque mois. Plus que le Smig congolais (50 000 Fcfa, 75 €).
Éleveurs et aulacodes trop rares
Élever des aulacodes n'est toutefois pas de tout repos. Parmi les difficultés qu'il rencontre au quotidien, Jean Paul note la flambée des prix des aliments et la difficulté de trouver la fausse canne (ou herbe à éléphants), aliment de base des aulacodes, devenue rare près des ruisseaux de Brazzaville depuis que les maraîchers y cultivent des légumes. Ces difficultés sont à l'origine de l'échec de certains stagiaires. Sur les 167 éleveurs que Berthe Loumouamou dit avoir formés à Kombé depuis 2003, seule la moitié continue à pratiquer cette activité au Congo, notamment à Brazzaville et à Pointe-Noire et à Kinshasa en RDC. Les autres ont abandonné, faute de structures aux normes et par manque de moyens. Agricongo n'a en effet pas les fonds nécessaires pour financer l'installation de tous les stagiaires formés.
Le nombre de bêtes élevées a lui triplé, mais reste encore très modeste : 86 au démarrage, 233 aujourd'hui. Jean Ngoko, vétérinaire inspecteur, chef de service des élevages non conventionnels au ministère chargé de l'Élevage, précise que cette activité s'inscrit dans le projet de Développement d'alternatives au braconnage en Afrique Centrale (DABAC). Le Cameroun, le Congo et le Gabon sont les pays concernés par ce programme piloté au Congo par Agricongo qui a deux centres à Kombé et à Tchibambouka (Pointe-Noire).
Toussaint Koulengana, ingénieur agronome, chef de centre Agricongo à Kombé, estime que l'élevage d'aulacodes est une alternative pour sauvegarder ces animaux menacés, absents de la liste des espèces intégralement ou partiellement protégées au Congo. "Si nous avions beaucoup d'éleveurs, cela permettrait de conserver cette espèce", indique-t-il. Jean Ngoko estime qu'Agricongo devrait aider à installer un plus grand nombre de personnes. Il souhaite également que l'État incite les populations riveraines à pratiquer elles aussi cet élevage plutôt que de braconner.
Comme les éleveurs, les aulacodes ont besoin de sang neuf. "Depuis 2003, Agricongo ne compte que des sujets d'origine béninoise. Il devrait faire des captures dans les forêts congolaises, afin de réduire la consanguinité et limiter ses effets (sensibilité accrue aux maladies, mort subite, etc., Ndlr) dans les élevages", explique Hortense Goma, vétérinaire et chercheur au Centre de recherches vétérinaires et zootechniques de Brazzaville.
Jean Thibaut Ngoyi
Octobre 2010
Articles réalisés avec l'aide financière de la Commission européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

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