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Hugues Eta - Une silhouette de poule

Hugues Eta arrive tranquillement aux rives de la quarantaine. Il est de ces milliers de diplômés sans emploi congolais qui vivotent comme ils le peuvent de prestations dans des écoles privées et, pour les plus chanceux, de quelques cours particuliers bienvenus pour améliorer le maigre ordinaire. L’homme est discret, presque timide et jouit d’une correction de langage et de mise qui ne souffre aucun reproche.
A vingt ans, il se distingue lors du concours Martin Luther King, organisé par le Centre culturel américain. Il remporte le deuxième prix. La même année, Hugues Eta est l'un des cinq sélectionnés de l'Association nationale des écrivains du Congo lors des journées Tchicaya U tam'si de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'université Marien Ngouabi de Brazzaville, pour son manuscrit "Le Nouvel épitomé".
Avec son "Voyage au pays de l'imaginaire", Hugues Eta se distingue encore, en 1996, parmi les deux cent soixante participants au prix Arthur Rimbaud du ministère français de la Jeunesse et des sports, au cours duquel, vingt-quatre jeunes poètes ont coédité une anthologie intitulée "La Fleur de l'âge".
Biographie par Jean Dany Ebouélé in "Les Dépêches de Brazzaville"
« Après avoir fait l’expérience de la poésie et de l’imaginaire, Hugues Eta nous offre « Une silhouette de poule », son premier roman, un livre muni d’une écriture poétiquement réaliste, saga émouvante d’une famille africaine avec les bonheurs, les malheurs, les débuts et les fins tragiques de plusieurs générations. Phrases courtes et percutantes dévoilent avec poésie et humour, intelligence et sensibilité, les méandres d’une famille africaine, grâce à Tsagnelet, le jeune protagoniste du roman : « La famille africaine c’est une source qui devient rapidement une rivière, un fleuve puis un océan. C’est précisément le père et la mère au commencement. Puis le père et la mère du père. Ensuite le père et la mère de la mère, leurs frères et soeurs, cousins et cousines. Les oncles et les tantes des deux côtés occupent une place de choix sans omettre leurs épouses et époux, leurs enfants et les enfants de ces enfants-là. Ainsi, disséminés dans les grandes villes, les progénitures sont souvent exposées aux rapports incestueux. Voilà pourquoi certaines personnes portent leur ethnie au cou pour se prévenir des coups de foudre des membres de la famille. » Hugues ETA fait preuve dans ce roman d’un grand talent littéraire. Il dit tout ce qu’il faut dire sur les puissants et les faibles, sur la misère et la richesse de la société africaine, sur le déséquilibre des forces et des moyens.
Les trames narratives de « Une silhouette de poule » sont truffées de mille voix(es) réelles et imaginaires, à travers lesquelles l’Afrique se mire magiquement dans ses coutumes, indépendances, limites et frontières. »
Rodica Draghincescu, écrivaine francophone, essayiste, poète et romancière.
Hugues est un ami de longue date et j’ai assisté à la genèse de ce roman. J’ai eu un peu de mal à la lecture de la première partie. J’y ai trouvé le français ampoulé et truffé de congolismes incompréhensibles au non initié d'autant plus que ces termes ne sont pas explicités par des notes de bas de page ou un lexique. J’ai posé le livre. Je ne l’ai plus ouvert durant plusieurs semaines en me demandant bien comment dire à l’auteur que je préférais ne pas chroniquer son œuvre.
Notre ami commun, le journaliste Anthony Mouyoungui, bien qu’il ne l’ait pas lu, m’a conseillé d’aller au bout de la lecture. Pour une fois, je l’ai écouté et, magie, j’ai trouvé la suite bourrée de qualités, d’humour et de critique sociale exprimée avec tact et réalisme.
Comme la plupart des écrivains congolais, Hugues Eta traite de la période de guerres qu'à traversé le pays, sans doute pour exorciser les traumatismes qu'elles leurs ont causés. Tsagnelet, traverse les évènements en évitant les balles mais pas les inconvénients inhérents aux conflits. Il est du nord, son amour est du sud. La guerre les sépare et bien qu'il ne songe qu'à la retrouver, il perdra sa belle.

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