Connexion utilisateur
Faire de la politique autrement
La légitime réflexion sur l’espace politique congolais, chaque jour avalé par l’espace du pouvoir, m’amène à fustiger, sans ambages, l’inertie des pratiques politiques actuelles. Une apathie qui cache en réalité une insidieuse tempête politique. Depuis un certain temps, dans les officines de l’oyocratie, des manœuvres sont mises en branle. Et derrière le salmigondis d’informations, se dissimule un pâté où se mêlent tribalisme gouvernemental, intrigues et cynisme, sur fond d’une géante OPA que le PCT veut réaliser sur les partis satellites.
On ne le dénoncera jamais assez, pour concrétiser le rêve de pérennisation et/ou de dévolution monarchique du pouvoir, la minorité non représentative du peuple, mais qui a le destin du pays en main, érige en règle le favoritisme et le clientélisme. Sans réel mandat de la plèbe, elle met à mal les finances de l’Etat. Le corollaire de ces antivaleurs : un écart abyssal entre les recettes pétrolières déclarées par les compagnies qui exploitent le pétrole dans le cadre de « Publiez ce que vous Payez » et ce que déclare le gouvernement. Une illustration de la folie qui s’est emparée du clan au pouvoir. En conduisant une politique, située tout à fait aux antipodes des règles de bonne gouvernance démocratique, ce clan mafieux s’illustre, de fort belle manière, dans la médiocrité, ou par des pseudo joutes de préséance entre eux et par des règlements de règlements de comptes de bas étage.
Dans cette logique, Isidore Mvouba, secrétaire permanent et secrétaire Général par intérim depuis le décès de Noumazalaye, est dans le collimateur des caciques du PCT qui ne cachent pas leur impatience pour l’éloigner de la mangeoire. Sa convoitise dans le juteux domaine de transports aériens, dans lequel excelle déjà le patriarche Maurice NGUESSO, ne fait pas que des amis. Ce secteur mis délibérément en faillite par le pouvoir, ne doit être exploité que par la famille du monarque. Les héritiers du Grand commerçant Mahouéné qui avaient l’outrecuidance d’acquérir des appareils qui desservaient le Nord du pays, sont depuis longtemps édifiés sur les pratiques odieuses de ce pouvoir.
De telles méthodes très peu civilisées sont, de plus en plus, transposées et transportées sur les institutions républicaines fragilisées par des pratiques de tripatouillages faits selon les humeurs et le bon vouloir du monarque de Mpila( euh… il a changé de domicile). Les hommes au pouvoir ont ainsi trahi les aspirations du peuple et ont ôté ses lettres de noblesse à l’art politique qui n’est, ni plus ni moins, que la soumission volontaire et désintéressée aux intérêts supérieurs de la population. Pour les prédateurs au pouvoir, la politique est un moyen d’ascension sociale et non un sacerdoce.
Depuis le retour de Sassou par les armes, et conscient de son impopularité, il a opté pour la corruption généralisée des députés-nommés de son Assemblée croupion. Il ne s’entoure que des prédateurs aux longues dents, plus préoccupés par leurs soucis de ventre et de bas ventre que par l’intérêt supérieur du pays. Le sage Ahmadou kourouma ne disait-il pas que « Le chef qui n’a autour de lui que des griots et courtisans pour le flatter et l’applaudir est un solitaire : il a beau partir, il ne rencontre que lui-même ; il a beau écouter, il n’entend que lui-même». Ainsi, la banqueroute de nos valeurs traditionnelles d’éthique n’est pas apparue ex-nihilo : elle procède de l’œuvre de nos dirigeants dont l’approche, pour le moins réductrice, ramène tout à des rapports troubles d’argent.

Publier un nouveau commentaire