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Evelyne Mankou Tsimba écrivaine

Je ne connaissaisEvelyne Mankou que par ce que Simon Mavoula en a ecrit dans congopage.com quand l'écrivaine, il y aura bientôt un an m'a écrit pour me demander si j'accepterais de chroniquer ses œuvres. Je lui répondis alors qu'une lecture préalable était forcément nécessaire. Elle m'apprit qu'elle devait venir quelque temps à Pointe-Noire. Nous ne nous y vîmes pas et c'est, à mon grand regret, après son retour en France qu'elle reprit contact.
Elle m'a alors fait parvenir deux textes "Patience d'une femme" et "La misère humaine". Tandis que j'atendais qu'elle me fasse parvenir sa bio et quelques photos, je cherchais sur la toile et j'y trouvai cette photo qui me fit aussitôt penser au Chat de Chester dans"Alice au pays des merveilles" tant son sourire y est éclatant.
Née au Congo Brazzaville, Eveline Mankou est arrivée en France en octobre 1999 après un long séjour en Côte d’Ivoire pour cause de guerre dans son pays.
Elle vit actuellement à Nice et travaille dans l’univers de la mode à Monaco.
C'est tout ce que nous a appris sa biographie et son blog n'est guère plus prolixe. Nous nous en contenterons donc pour ne parler que de sa plume.
"La misère humaine" est une plaquette qui rassemble en 48 pages onze nouvelles inégales en longueur. Evelyne Mankou y traite de bien des problèmes qui touchent les africains en exil, le sida, la condition féminine, les relations avec le pays d'accueil et celui d'origine pour ceux qui deviennent des exclus dans les deux... On aurait sans doute aimé que les sujets sient un peu plus fouillés mais le fait qu'ils posent plus de problèmes qu'ils en traitent était certainement le but recherché.
Je me permets de mettre en ligne une courte nouvelle tirée de cet ouvrage pour vous ouvrir l'appétit :
Ma Terre natale
J’ai longtemps attendu ce moment, il ne se passait pas un jour sans que j’y pense.
J’avais choisi d’immigrer, afin de fuir la misère humaine de mon pays.
Le manque d’infrastructures, le sous développement me rendaient triste. J’en avais marre de subir la médiocrité de nos gouvernants. A Genève j’avais trouvé l’hospitalité en demandant l’asile politique. Au fur et à mesure mes conditions de vie s’amélioraient.
Obtenant rapidement l’autorisation de séjour, j’avais décroché un contrat de travail à durée indéterminée. Ma vie était bien organisée, j’étais un modèle d’intégration réussie. Mais, quelque chose tout de même me manquait. Je ne saurais définir quoi. Je ne me sentais pas vraiment à ma place malgré ma réussite sociale. Ma terre natale me manquait.
Une chose me préoccupait constamment tel un fantôme. Au plus profond de mon être, je me répétais sans cesse ne pas être à ma place dans cet espace européen.
Je décidais donc de travailler durement afin d’amasser suffisamment d’argent et par la suite faire le chemin inverse c'est-à-dire rentrer chez moi à Lomé, ma terre natale.
Arrivé à Lomé, je ne pouvais plus m’adapter.
Tu ne bois que l’eau minérale mise en bouteille en Europe, j’en ai ras le bol de tes manières ; n’est-ce pas ici à Lomé que tu es né et que tu as été élevé ! Pourquoi tout ceci ne te convient-il plus ?
Je ne te comprends pas, dit son frère. Tu es devenu totalement différent et insupportable, c’est ce que vous apprenez au pays des toubabs*: se plaindre de tout?
Pourquoi me regardez vous avec ce regard comme celui d’un désespéré face à son sauveur ou celui d’un enfant la veille de noël ?
Une grande incompréhension s’était installée entre les deux frères, pourtant jumeaux, nés le même jour mais dont les destins divergeaient.
* Hommes blancs
La lecture de "La patience d'une femme" m'a laissé sceptique. Ce "roman" bien court, on le parcourt en moins d'une heure, aurait pu prendre place dans le recueil précédement traité.
Ce récit d'une femme clandestine, sur protégée par un amant abusif commence plutôt bien avec la description du rôle social de la femme africaine. L'héroïne décide de s'exiler, on ne sait pas très bien pourquoi et elle fait le choix de ne pas rentrer pour des rasions plus mystérieuses encore. Elle s'accorche à la France jusqu'à ne plus pouvoir envisager le retour au pays. La chûte est beaucoup trop brêve comme si l'auteure avait voulu se débarrasser de son œuvre, c'est dommage car on sent en elle un réel potentiel d'écriture.
Evelyne Mankou doit poursuivre son travail d'écrivaine, mais alors qu'elle dit dans l'interview qu'elle a donnée à Simon Mavoula qu'elle est apolitique, tout dans ses textes dit le contraire. Elle fait là un travail plus journalistique que romanesque.
Peut-être devrais-je lire son troisième ouvrage "Dialogue imaginaire et imagé de la mère avec le fœtus".
Publications d'Evelyne Mankou chez Bénévent

1, Traverse Lympia - B.P. 4049 - 06301 Nice Cedex 4

Patience d'une femme
ISBN : 2-84871-689-4
Nb de pages : 100
prix en librairie : 7 €
genre : Roman
parution : 10/2005
Achat par correspondance :7 € + port 3 €
C’est l’histoire d’une jeune fille africaine née dans une famille nombreuse? de situation financière précaire? comme tant d’autres d’ailleurs.
Sa mère est séparée de son père et élève seule ses enfants.Une tante lui tend la main et la scolarise pour lui donner une chance de s’en sortir.
La vie n’est pas très facile mais la force de son caractère lui permet de tenir le coup, jusqu’au jour où tout bascule.
La guerre surviEnt dans son pays. Elle se retrouve toute seule face à son destin ; dès lors, elle comprend qu’elle n’a aucune chance de s’en sortir dans son pays. Elle tente d’immigrer en France où elle pense être heureuse, mais surtout, c’est son rêve qui se réalise, « la porte de l’occident, la porte de la richesse. » Seulement, d’autres surprises l’attendent. C’est le début des déboires.

La misère humaine
ISBN : 9782756317175
Nb de pages : 48
prix en librairie : 9 €
genre : Nouvelles
parution : 6/2010
Achat par correspondance : 9 € + port 3 €
Les évènements socio-politiques en Afrique ont donné une nouvelle orientation aux destinées humaines, sur lesquelles s’est greffée une nouvelle dimension : l’immigration. Le traitement par le biais de l’humour de ce mouvement social dont l’Homme africain représente le sujet est une manière d’exorciser ce blues alimenté, entre autres, par l’esclavage moderne en plein vingt et unième siècle. Au coeur des banlieues, dans les appartements entre quatre murs et parfois dans les prisons occidentales, jusqu’au fin fond du continent africain, la misère humaine est présente, collant à la peau des hommes comme une sangsue.
En auto édition
Dialogue imaginaire et imagé entre la mère et le fœtus
"Dialogue imaginaire et imagé..." est le résultat d’une maïeutique. Accouchement dans un accouchement, il y a mise en abyme. "J’ai utilisé un système cognitif antique pour faire jaillir la vérité. Cette méthode, Socrate l’a nommée (...) la maïeutique ou l’art de faire accoucher les esprits. Elle consiste à faire découvrir à son interlocuteur la vérité par lui-même en lui posant des questions. Le non-être (parce que, encore à l’état fœtal) est sensible à la peine de sa jeune future mère qui est visiblement tourmentée, il s’emploie à l’aider en utilisant la méthode socratique ; l’accouchement de la pensée. "

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