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"DESTINS MAUDITS" deuxième roman d'Eric Dibas-Franck
A ma grande honte j'avoue ne pas avoir assuré pour la parution de cette seconde œuvre d'Eric Dibas-Franck qui pourtant m'avait prévenu très en amont de la présentation de son roman le vendredi 21 octobre. Je n'ai pas trouvé le temps d'aller chercher mon exemplaire et n'ai pas pu rentrer à temps d'un voyage dans l'Hinterland en raison d'une panne de voiture. Fort heureusement notre confrère et ami Anthony Mouyoungui était présent à la chambre consulaire.
YS
Le nouveau roman d’Eric Dibas-Franck, ‘’Destins Maudits’’ (Ed. L’Harmattan), a été présenté au public ponténégrin le 21 octobre 2011 dans la Salle des conférences de la Chambre Consulaire. Ce roman de 144 pages, raconte le parcours chaotique et dramatique de Loumingou-Loumingou à travers plusieurs pays dévastés par la guerre. Pour son deuxième roman, Eric Dibas-Franck se met dans la peau d’une femme et nous offre un récit émouvant.
Prévue pour durer 1h30, la cérémonie a mis finalement plus de temps. Le public, cosmopolite, était avide d’en savoir davantage sur le nouveau roman d'Eric Dibas-Franck. Trois mois après sa parution, seuls quelques privilégiés ont eu la chance de le lire intégralement, les autres se contenant de bribes. Il était donc nécessaire d’être là pour écouter la critique du Professeur Mukala Kadima-Nzuzi et les explications de l’auteur.
Pour le critique, l’intérêt de ce roman réside en trois aspects : la langue, l’identité et l’écriture. ‘’La langue d’Eric Dibas-Franck ne s’accommode pas de l’académie, c’est une langue qui reflète le parler congolais avec des tournures, une langue française tropicalisée’’ affirma le professeur. L’identité et l’écriture de cet auteur se remarquent dans le choix du thème et du ton. En effet, en plongeant ses lecteurs dans l’univers atroce des guerres civiles, à travers le témoignage d’une survivante, Loumingou-Loumingou, Eric Dibas-Franck se remémore les tristes événements qui ont secoué son pays dans les années 90. Il clame, d’une certaine façon, son identité congolaise.
Si le thème n’est pas nouveau, plusieurs auteurs congolais l’ayant abordé avant lui, c’est son écriture qui le distingue des autres. Une écriture haletante, faite d’instantanés. Il donne la parole à une femme, Loumingou-Loumingou, la narratrice. Tout au long du récit, il peint avec justesse, les péripéties de cette héroïne en quête d’une vie paisible et sereine. Une vie que son propre pays ne peut lui offrir et qu’elle pense trouver ailleurs. Seulement, le destin semble s’acharner sur elle, partout la situation est la même : violence, tuerie et exactions en tout genre. Elle est ainsi prise dans une sorte de cercle infernal : la violence succédant a la violence. Battue, violée et condamnée, elle ne se départit pas, pour autant, de sa dignité de femme. Ce qui lui permettre, d’ailleurs, de faire face à ce qu’on pourrait considérer comme une malédiction et de survivre pour témoigner. Afin que nul n’oublie ce qui s’est passé.
A titre exceptionnel, Eric Dibas-Franck a été récompensé par le Prix Tchikounda du meilleur écrivain du département. Un prix reçu en avance par rapport aux autres lauréats. Ceci pour reconnaitre l’innovation que ce grand ami d’Alain Mabanckou apporte a la littérature congolaise dans son ensemble pas seulement celle de la langue française.
Anthony Mouyoungui
Je regrette d'autant plus de n'avoir pas été présent qu'une question me brûle les lèvres : Pourquoi écrit-il tous ses romans au féminin ? C'était déjà le cas pour sa première œuvre "Peine perdue" qui nous avait déjà faite grande impression en 2008.
Très cher Eric, j'espère que tu ne me tiendras pas rigueur pour cette défection et que tu accepteras de m'accorder une petite interview pour que nous puissions parler de "Destins maudits" en toute amitié.
Bien à toi.
YS

DESTINS MAUDITS ROMAN

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