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Déclaration de la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-U)
Déclaration de la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-U)
Suite à la cession par le Gouvernement Congolais des terres arables à des fermiers Sud-africains.
La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-U) exprime sa vive indignation et sa profonde désapprobation suite à la signature par le Gouvernement congolais et des fermiers Sud-africains réunis en société anonyme (Agri SA), ce 10 Mars 2011, d'un accord portant sur la cession par le Congo de 80 000 hectares (ha) de terres arables pour un bail de 99 ans.
En effet, à en croire le ministre des Affaires foncières et du Domaine public, Pierre Mabiala, au cours d’interview accordée à la radio France internationale (RFI) « il s'agira pour le Congo, au travers de cet accord, à la fois de réaliser l'essor de son agriculture, d'assurer sa sécurité alimentaire et de générer des emplois dans les départements concernés (Bouenza et Niari) ». Or, rien dans le ledit accord ne va dans le sens d'une quelconque obligation de transfert de techniques agropastorales aux paysans congolais, de l'emploi de jeunes autres qu’à des tâches subalternes ou de privilégier le marché national. De l’aveu même de Tho De Jager, Vice-président d’Agri SA, la partie sud-africaine n’est soumise à aucune obligation de ce genre.
Partout en Afrique où l’expérience a été tentée et ce, quels qu’en soient les partenaires (Chine, Corée du sud, Pays pétroliers arabes, Fonds de pension, Banques occidentales etc.), les produits issus de l’exploitation de ces terres sont surtout destinés au marché international.
La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja estime que seule une politique agro pastorale et agro-alimentaire d'envergure, pensée et conçue dans un cadre panafricain peut sortir le Congo et l'Afrique de sa dépendance alimentaire. Cette politique au centre de laquelle sera mis le paysan africain, donnera la latitude à nos gouvernements de mutualiser les moyens et de mieux repartir les investissements dans différents domaines inhérents à l'agriculture ; de la recherche agronomique en passant par la production, la transformation et la commercialisation de denrées agricoles.
La souveraineté d’un Etat n’est pas une notion creuse, mais s’incarne par la maitrise de ses attributs (monnaie, ressources stratégiques, industrie, éducation…) par les peuples concernés. Par conséquent, plus que la sécurité alimentaire, les peuples d’Afrique ont besoin d’une souveraineté alimentaire. Car comment parler de sécurité alimentaire quand les détenteurs des exploitations agricoles n’ont que des motivations mercantiles, propices à l’exploitation des cultures d’exportation, contraire au métabolisme de base des populations ? Qui mieux que les populations peut garantir leur propre sécurité alimentaire ?
Par ailleurs, il est inadmissible que le gouvernement ait décidé de façon unilatérale et opaque de céder nos terres pour une durée d’un siècle, sans qu’aucune force vive n’ait été au préalable consultée. La terre n’est pas un bien quelconque dont on peut disposer avec autant de légèreté. Faut-il en rappeler le caractère sacré ?
Aussi, la LPC-U interpelle le gouvernement congolais mais aussi les autres gouvernements africains qui se sont lancés dans la marchandisation de ce patrimoine à des capitaux étrangers, du risque que l’Africain un jour soit dépossédé de ce qui lui reste : son sol. Etrangers sur les terres de leurs aïeuls, nos paysans n’auront d’autre choix que de grossir le nombre de miséreux dans les grandes villes, quand ils ne se feront pas candidats à l’immigration clandestine sous des cieux de plus en plus inhospitaliers. Il est pour le moins irresponsable que les gouvernements africains, avec le passé qui est le nôtre (Yovodah, colonisation, néocolonisation etc.); déjà asservi sur notre propre territoire, soient si peu soucieux de préserver la souveraineté du continent encore lézardée depuis plus de quatre siècles.
L’histoire à la fâcheuse tendance à se répéter chez les peuples qui ignorent tout de leur passé ou qui n’en tirent pas les leçons pour édifier le présent et préparer l’avenir. La question de la terre a été au fondement de l’idéal panafricain, c’est pourquoi la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja, se voit interpeller au premier chef. Car, l’histoire nous rappelle que six ans après la sinistre conférence de Berlin de 1884 qui consacra le partage de l’Afrique, Henry-Sylvester Williams (1869-1911), Avocat au barreau anglais, Afro-descendant de Trinidad et Conseiller juridique sur des questions agraires auprès des chefs coutumiers d’Afrique australe, profita du contexte de l’Exposition Universelle de Paris pour convoquer en 1900 à Londres la Première Conférence Panafricaine, afin d’attirer l’attention de la Communauté internationale sur les doubles convoitises des émigrants Boers et de la Compagnie à Charte de Cecil Rhodes.
La non résolution de cette situation dénoncée très tôt par celui qui est l’un des pères du Panafricanisme, conduira aux deux régimes coloniaux et ségrégationnistes les plus longs et les plus féroces sur le continent africain : l’Apartheid en Rhodésie (actuel Zimbabwé), et en Afrique du Sud.
Pour finir, qu’il ne soit pas vu dans cette Déclaration un acte de xénophobie à l’endroit de nos frères d’Afrique du Sud. Seulement, nous sommes ici dans une situation toute particulière. Les fermiers dont il est question sont les mêmes, descendants des émigrants Boers, qui concentrent et exploitent la majorité des terres arables, acquises illégalement par leurs aïeuls, en Afrique du sud mais aussi dans d’autres pays de la sous-région. La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja attire l’attention de l’African National Congress (A.N.C), parti panafricain actuellement au pouvoir en Afrique du sud, de ce que la question de la réforme agraire à laquelle ce pays frère est confronté ne saurait être réglée en la sous traitant dans d’autres pays africains. La fibre panafricaine que la L.P.C-U. et l’A.N.C. ont en partage devrait orienter nos réflexions vers des solutions africaines concertées et consensuelles.
C’est maintenant ou jamais que les Nations soucieuses des droits humains doivent défendre la dépossession des Peuples par des régimes illégitimes avec la complicité du capital, au lieu de n’avoir qu’une vision sélective quand ils réclameront leur patrimoine. Qu’il ne soit pas fait de procès pour racisme le jour où le peuple congolais, rétablie dans ses droits, exigera légitimement la restitution de ces 80 000 ha de terres, sans contrepartie ; l’expérience de nos frères du Zimbabwe est suffisamment édifiante aujourd’hui.
La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja veut rassurer le Peuple congolais de ce que le droit international reconnaît la nécessité de prendre en compte la nature du régime qui a contracté les dettes et cédé le patrimoine national, et l’utilisation qui en a été faite. Ce qui implique la responsabilité directe des créanciers et autres marchands qui ne peuvent ne pas savoir, qu’ils contractent avec des régimes illégitimes et anti-peuples.
Fait à Paris, le 31 mars 2011
Pour la Ligue Panafricaine du Congo - UMOJA (LPC-U)
Le Bureau Exécutif
Contact :
Site : http://lpcumoja.unblog.fr/
Mail : lipaco.33@gmail.com

Sans doute que des aspects m'échappent dans ce texte et si je ne peux qu'approuver la critique de l'opacité des accords et leur manque de précision tout comme celle de la non consultation des électeurs congolais, je pense quand même que la mise en valeur des terres est un élément qui devrait être positif. Il faut cependant que la concession de nouvelles terres ne soit faite qu'après réussite de cette première expérience et qui impliquerait que les obligations de :
soient respectés
La taille des terres pour l'instant concédées est relativement restreinte 80 000 hectares c'est 800 km² qui peuvent s'inscrire dans un rectangle de 40km x 20 km soit 0.23% du territoire national qu'on est actuellemnt infoutus de mettre en valeur.
L'implantation de ces fermiers ne paut aller sans la création d'infrastructures de transport qui profiteront à tous et en particulier aux agriculteurs congolais riverains.
Dans tous les cas il vaut certainement mieux avoir des terres cultivées que des terres en friche.