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Congo-Brazzaville: Un bilan en trompe œil
Trois mille six milliards six cent cinquante trois millions (3.006.653.000.000) de francs CFA soit environ dix sept milliards cinq cent trente neuf millions six cent mille (17. 539.600.000) en plus du budget précédent (2010) qui était de deux mille huit cent trente et un milliards deux cent cinquante sept millions (2831.257.000.000) de francs CFA, soit une augmentation de 6,12%. C’est le nouveau budget de l’Etat exercice 2011 qui a été adopté le lundi 13 décembre à Brazzaville par le Sénat congolais. On est là dans la démesure totale au regard des programmes initialement consentis pour l’ancien budget dont les résultats sont plus que décevant diront certains. Pour d’autres, il s’agirait tout simplement de la poursuite du programme baptisé ‘‘chemin d’avenir’’ qui exige dans sa concrétisation des investissements faramineux. Investissements qui engloberaient cette fois-ci la modernisation des infrastructures de premières nécessités en l’occurrence : système éducatif, sanitaire, social, création d’emplois... Le tout dans la poursuite sans relâche de l’opération de la municipalisation accélérée. C’est dire que la continuité de ce qui a été déjà fait et qui pourtant ne satisfait pas les populations congolaise, car très loin de leurs attentes, prime sur l’orientation d’une nouvelle politique.
C’est un budget record depuis l’indépendance du Congo. Certes, aucun développement n’est possible sans un investissement accru vers les unités de productions et d’amélioration des conditions d’existence des populations. Il faut des infrastructures modernes et adaptées à l’environnement pour espérer susciter un essor de croissance et ce dans n’importe quel domaine. Cela exige bien entendu que des sommes énormes puissent être consenties pour y arriver. C’est le cas pour l’aéroport de Brazzaville, l’usine Imboulou, le centre hospitalier de Mpissa, la route Brazzaville-Pointe-Noire, l’hôpital de Dolisie et bien d’autres infrastructures dont il serait totalement injustifié de ne pas reconnaître l’utilité publique. De même, comme l’a précisé le ministère des finances : « l’augmentation du budget s’explique notamment par le déblocage des salaires des fonctionnaires gelés depuis 1995 et le recrutement de 5 000 nouveaux agents à la fonction publique » suite à la promesse faite aux congolais le 15 Août 2010 à l’occasion de son discours pour la célébration des 50 ans de l’indépendance par Mr SASSOU NGUESSO. Tout cela est le souhait de la majorité des congolais sans exception.
Tout de même, force est de constater que nous assistons à une politique de la pyramide inversée, des choix couteux, douteux inopérants et improductifs chaque année, et ce depuis 1997. Laissons-nous aller ici à une petite rétrospective 2010.
Nos villes se meurent.
Au moment ou l’on s’apprête à réinjecter environ 26 à 30 milliards pour l’assainissement et la modernisation des collecteurs d’eau de la ville de Brazzaville pour l’exercice 2011, personne ne prend la peine de faire un bilan des 13 milliards 277 millions de FCFA pour assainir Brazzaville avant les festivités du 50ème anniversaire en support des 22 milliards préalablement consenties par le conseil municipal en début d’année. Quelles conclusions pouvons-nous en tirer pour un investissement qui aurait déjà couté plus de 100 milliards en 10 ans ? Le constat alarmant et pathétique laisse pantois le visiteur de passage à Brazzaville qui s’exclame en des termes qui indigne les habitants : Ville impropre, Brazzaville se meurt, ville poubelle etc. combien de municipalisations accélérées devrions-nous y consacrer pour rendre enfin Brazzaville propre débarrassée de tous ses déchets polluants?
Pointe-Noire vient de sortir d’une inondation sans précédente dont les causes n’épargnent pas les responsables municipaux qui ont privilégiés le revêtement de quelques routes du centre ville à coup de millions engloutissant ainsi la moitié du budget municipal dans les travaux de complaisance laissant la ville à la merci d’une catastrophe naturelle qui aurait pu être gérée autrement si les collecteurs et les canalisations faisaient partie de la politique de modernisation de cette ville.
Les habitants de MOSSAKA ne cessent de rafistoler les quelques branches et pailles pour boucher les trous béants causés perpétuellement par les inondations faute d’une politique d’investissement pour la construction des digues.
Ces villes régulièrement plongées dans l’obscurité (Brazzaville et Pointe-Noire en particulier) sont aujourd’hui livrées à la merci des pilleurs, violeurs, voleurs et autres malfrats de tous genres. Et l’on nous annonce pour la énième fois qu’ « ... A la fin de l'année 2010, le Congo sera en mesure de produire 75% de ses besoins en électricité, grâce à la réalisation d'une usine thermique à Brazzaville et d'une centrale hydroélectrique à Imboulou » Bruno Itoua, Ministre de L’énergie et de l’Hydraulique. Pourtant depuis 2009 son ministère perçoit 125 millions de la banque mondiale pour réhabiliter les infrastructures de base dans le cadre du Projet Eau et Développement Urbain (PEDU). Ajouter à cela, les sommes colossales englouties par l’Etat dans ce projet. « … ces résultats c’est améliorer les conditions de vie des populations, notamment la desserte en eau et en électricité» déclarait encore une fois Bruno Jean Richard Itoua, en s’adressant à ses collaborateur en début d’année. Je vous laisse le soin d’en juger les résultats obtenus depuis.
La santé,
A moins de quatre ans de l’objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) le Programme de lutte contre le paludisme traîne toujours le pas pour prendre son envol applicatif sur tout le territoire congolais. La lenteur de la mise en œuvre d’une grande campagne de vulgarisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) pour combattre le paludisme est au point mort faute de moyens structurels et humains nous dit-on. Pourtant cette maladie est l’une des plus répandue au Congo-Brazzaville. De même « … en suspendant depuis 1995 la politique de vaccination sanitaire contre la polio, la tuberculose… qui s’effectuait dès la maternelle jusqu'à la fin du cycle primaire, le Congo-Brazzaville s’est laissé entrainer dans une spirale dangereuse de contamination qui ouvre aujourd’hui la voie à plusieurs infections destructrices qui frappent de façons récurrentes les populations. »1 L’épisode des 200 morts récemment victimes de la polio dans le sud du pays est là pour mettre en lumière les lacunes de la politique sanitaire de ce gouvernement.
Que dire de l’insalubrité qui prévaut au sein du CHU et de ses alentours immédiats favorisant ainsi des infections graves dues à « l’insuffisance d’hygiène et d’élimination des déchets, l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements, les sous-effectifs, les conditions de promiscuité, l’insuffisance des connaissances de base en matière de lutte contre les infections et de leur application, des procédures médicales dangereuses, une absence de directives et de politiques2. Tout ceci montre à suffisance que notre politique sanitaire est loin de donner l’entière satisfaction aux populations congolaises. Pourtant une enveloppe de plus 60 milliards est allouée pour la sécurisation des lieux sanitaires. De même comment peut-on admettre, avec plus de 3 millions d’habitants, que notre société congolaise puisse s’épanouir sans système de sécurité sociale applicable par tous, serait-il seulement un problème de financement ou une erreur de choix politique de santé ? Pourtant le vieillissement de la population congolaise accompagné d’une évolution de structures familiales est un des éléments à prendre en compte pour moderniser notre système de santé. Toutes ces questions sont occultées par le gouvernement actuel condamnant ainsi la majorité de la population à une déchéance sociale sans précédente alors qu’on nous annonce que le pays est désormais « riche et désendetté. »
L’éducation
Dans son rapport 2009, L’UNESCO a tiré l’alarme sur la baisse de niveau scolaire de l’éducation congolaise. La principale raison de la débâcle scolaire congolaise est le mépris du gouvernement tout entier pour sa jeunesse. Au lieu de l'instruire de savoirs disciplinaires solides et décisifs, avec des méthodes qui ont prouvé leur efficacité, (celles-là mêmes auxquelles de nombreux enfants ont réussi à acquérir des compétences solides) il a privatisé et "marchandisé" l'enseignement. Désormais l'élève a un statut de partenaire du contrat pédagogique: il travaille s'il veut, quand il veut. S'il ne travaille pas les maîtres et les parents n'ont que très peu d'autorité pour les obliger à apprendre. On a fait de la jeunesse une minorité dont il faut défendre les droits particuliers, entre autres celui du choix de s'instruire ou pas. Certes le gouvernement actuel a une très grosse responsabilité quand à la diminution des moyens accordés à l'instruction publique congolaise; mais d'un autre côté des sommes considérables sont dépensées pour mettre en œuvre des pédagogies suicidaires et souvent inutiles. Des pédagogies qui favorisent les modes d'être et les compétences des enfants des classes moyennes aisées. L’éducation congolaise est entrain de se scinder en deux catégories bien distinctes. L’éducation pour les riches et celle destinée aux pauvres. En un mot une propension à promouvoir l’inégalité face à la réussite. Les subventions sont réduites quasiment de moitié dans les écoles publiques favorisant ainsi la fuite des enseignants et la baisse du niveau.
Aussi l’une des causes de la décadence de l’Université Marien Ngouabi est la conséquence de la mauvaise formation des élèves depuis le cursus scolaire primaire et secondaire. En plus, l’absence des infrastructures modernes et innovantes accentue le déficit de réussite des étudiants congolais. Ces derniers sont de plus en plus mis en situations échecs dès lors qu’ils s’aventurent hors du Congo-Brazzaville. Non faute d’une mauvaise volonté, mais parce qu’ils accusent un retard considérable d’acquisition de connaissance. Les enseignants critiquent depuis 2000 la politique du gouvernement, estimant qu'elle mène inéluctablement à un décrochage accru des étudiants scolarisés de l’Université Marien Ngouabi, dont les parents gagnent peu d'argent et ont peu de temps pour les encourager à travailler à la maison. Il faut donc une vraie transformation de l’université Marien Ngouabi par un plan de réhabilitation intégrale des infrastructures. L’université se meurt à petit feu, mais chaque année on vote un budget colossal qui disparaît dès les premiers mois dans les activités privées des fonctionnaires éducatifs au goût très franchement douteux et pas catholiques. Pourtant, comme les années précédentes, l’amélioration du système éducatif est encore demain une des priorités du gouvernement.
L’absence d’une politique de solidarité.
La disparité galopante et scandaleuse entre les congolais nantis issus principalement de la sphère politique et les congolais moyens ne cesse de susciter des interrogations. Comment le gouvernement congolais peut-il maintenir le SMIC à 49.996 FCFA environ alors que le coût de la vie augmente. Aucune politique d’aide aux plus démunis n’est engagée pour soutenir les populations en grande difficulté. Comment cette population désœuvrée peut-elle s’offrir des soins médicaux dès lors que la simple prise de rendez-vous coute 2000 f CFA ? Comment soutenir l’éducation et préparer l’avenir d’un étudiant qui vient d’une de nos dix régions sans une politique estudiantine de logement ni encore moins une bourse régulière pouvant l’accompagner dans sa vie d’étudiant ? De même là aussi, le mot d’ordre du gouvernement est : solidarité envers les plus faibles et protection sans faille aux populations en grandes difficultés. Bien-sûr, ce ne sont que des mots, pour distraire le peuple. En dix ans, les salaires des magistrats, des officiers, proches du clan et hommes politiques au service du pouvoir ont été plus que triplés, mais aucune augmentation de salaires des fonctionnaires n’a été constatée. Toujours est-il la pauvreté augmente et la misère ne cesse de gagner les foyers.
Dans son rapport sur les fraudes salariales, le ministère des finances a dénoncé en avril dernier la pratique courante de certains sujets congolais d’usurper les identités de certaines personnes disparues ou vivantes et de percevoir des salaires à leur place. Un gain de plus de 150 millions a été économisé après contrôles. Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Gilbert Ondongo déclarait : « Nous avons l'assurance qu'on pourrait aller aisément vers les 300 à 500 millions d'économies sur les 2 milliards mensuels, et nous y travaillons ». Ce dernier préconisait la suite en ses termes : « À ce jour, nous avons des indices qui tendent à montrer que la fraude est d'une grande ampleur. La forêt est dense, mais avec prudence nous allons essayer de la rendre plus claire. J'espère que nous y arriverons. Et si je peux me permettre un peu de sensationnel, on pourrait arriver à une économie au minimum d'un milliard par mois, au maximum de deux à trois milliards par mois »3. Logiquement on faisant notre petit calcul, nous aurions dû avoir une économie de 6 à 18 milliards est-ce le cas ? Non ! La question est simple pourquoi ces efforts ont été stoppés ? Qui a donné l’ordre ? Les auteurs sont pourtant bien identifiés mais la commission nationale anti-corruption n’a pris aucune mesure disciplinaire contre ces contrevenants. Certains d’entre-deux ont été même reconduits à leur poste. Sera-t-on surpris demain que le déficit de l’état grimpe de nouveau comme les années précédentes ? Car ce gouvernement ne respecte rien même pas sa propre constitution : Selon la Constitution congolaise de 2002, "tout acte de […] corruption, d'enrichissement illicite, de concussion, de détournement ou de dilapidation des deniers publics, est réprimé dans les conditions prévues par la loi." L'article 48 stipule « …que tout citoyen élu ou nommé à une haute fonction publique est censé déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonction et à la cessation de celle-ci... » Mr Denis SASSOU NGUESSO tirant à sa manière un bilan positif de l’année 2009 déclarait « […] L’accent à donc été mis sur la lutte contre la fraude, la corruption et la concussion. L'année 2009 fut également décisive grâce à l'adoption de la loi relative à ces antivaleurs par le Parlement congolais en permettant la poursuite devant les tribunaux de certains agents et cadres du Trésor Public, pour cause de malversations financières." L'intérêt de ces actions s'inscrit en effet dans la dynamique de contrer la corruption, mais aussi de terme aux désordres observés dans la conduite et l'exécution des opérations financières" Ou en sommes-nous dans l’application de ces principes ?
L’emploi des jeunes
C’est encore une des priorités annoncées du gouvernement congolais. La réalité nous renvoie une situation catastrophique depuis une dizaine d’année. En effet 47% des jeunes entre 25 et 40 ans sont sans emploi, malgré un cursus scolaire parfois très éloquent. Comme cet ancien étudiant sorti de la faculté des sciences économiques avec une Licence mention bien en 2007 aujourd’hui planton et veilleur de nuit chez un dignitaire de la place. «… Je ne dors que très souvent le matin entre 6h et midi après je m’occupe des chantiers du patron, l’après-midi. La nuit, je monte la garde chez lui à Ouenzé. J’attends toujours les réponses des demandes que j’ai déposé ci et là. En attendant, je dois survivre avec ce boulot, je n’ai pas le choix… » Bienvenu S.
L’incohérence entre le discours du gouvernement, les moyens « énormes » qui semblent être mises en place et les résultats sur le terrain traduit une inefficacité incontestable de la politique gouvernementale de création d’emploi et d’embauche des jeunes. A t-on réellement investit là ou il faut ces dernières années pour créer des emplois? L’université Marien Ngouabi ne mérite t’elle pas d’avoir des ‘’concurrentes’’ comme l’université de Pointe-Noire par exemple ? Le projet de bâtir un complexe universitaire à KINTELE doit être soutenu et encouragé pour diversifier et moderniser l’enseignement. Cela ne doit pas être que des mots. Ce ne serait-il pas une aubaine pour les milliers de congolais qui ont choisit de s’exiler faute d’opportunité ? La construction des unités de santé médicale de proximité (dispensaire, centre social du quartier...) n’aiderait-elle pas les milliers de ces jeunes issus des écoles de formations socio-médicales de trouver un emploi ? La mise en place d’une politique d’assainissement et de salubrité dans une logique de partenariat entre les collectivités locales et l’Etat n’est-elle pas une solution de création d’activité rémunératrice ? Le développement durable prise dans son volet aménagement des espaces vert ne peut-elle pas constituer une piste de création d’emploi dans des villes ou ces aménagements font totalement défaut ?
Ainsi, ce n’est pas tant les opportunités de création d’emploi qui manque au Congo-Brazzaville, mais nous sommes en présence d’un gouvernement limité dans ses choix. Un gouvernement qui refuse de s’ouvrir vers le monde professionnel moderne pour innover ses choix. Un gouvernement qui s’active pour réitérer les mêmes erreurs dans les mêmes pratiques dilapidatrices des fonds publics au détriment d’une politique coordonnée de développement en associant les aspirations profondes des congolais.
Les dernières déclarations du Ministre des Finances sur un fond de triomphalisme peut faire penser que le mal est derrière nous "Le Congo est désormais un pays quasiment désendetté", avait estimé, Gilbert Ondongo, en présence de la secrétaire d’Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac lors de la signature du Contrat de désendettement et de développement (C2D) de 80 millions d’euros.
Il nous apparaît très clairement que tant que ce gouvernement ne sera pas prêt à s’investir pleinement dans des choix cohérents d’investissement pour susciter la création d’emploi, l’amélioration des conditions sociales des populations, le respect des engagements pris pour la modernisation des infrastructures éducatives et médicales, les 3.006.653.000.000 f CFA votés par le sénat ne serait qu’une nouvelle fenêtre ouverte pour favoriser l’inéxemplarité, la corruption, le chômage, bref le statut quo. C'est-à-dire condamner à nouveau plus de la moitié des 4 millions de Congolais à vivre en dessous du seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. Peut-on en être fier ?
Quelle politique de redistribution sociale des richesses ?
Les congolais ne croient plus au Père Noël. Depuis 13 ans, les années passent et malheureusement se ressemblent car leur porte monnaie subit sans cesse les effets pervers d’une crise qui ne dit pas son nom. Une petite musique soucieuse orchestrée par un son de repli sur soi, de tristesse de colère mais surtout d’inquiétude. Comment faire pour passer les fêtes de fin d’années en ayant assuré ne fusse qu’un repas dans la journée ? Faut-il le marteler de nouveau qu’il y a urgence de s’intéresser davantage aux situations des plus démunies qui croupissent au seuil du dénuement ? Cette population livrée à elle-même a assez du déni de reconnaissance par le gouvernement de leurs conditions dégradantes au jour le jour.
Les Congolais qui ont de la chance d’avoir un travail souvent subalterne restent accrochés à la promesse faite de rehausser le SMIC dès le 1er janvier 2011. Ces mesures seront-elles significatives pour aider ces populations à sortir de la pauvreté ?
A titre de rappel, Le salaire minimum congolais est de 49 996 f Cfa par mois et le chômage touche 39% de la population active. Se loger, se nourrir, se vêtir et se soigner sont devenus des cauchemars pour toute cette frange de la population. Et la situation ne va pas en s’améliorant. Selon la banque mondiale 39% des 800.000 chômeurs environ vivent aujourd’hui dans un foyer dont un seul membre travaille et touche le SMIC. Beaucoup de ces défavorisés retournent chez leurs parents pour combler le déficit et espérer joindre les deux bouts.
Quelques prix des produits de première nécessité à la date du 25 décembre 2010
PRODUIT |
PRIX |
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Pain |
FCFA 150 |
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Manioc |
FCFA 100 & 700 |
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Sac de Ciment |
5800 à 6800 FCFA |
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Sac de foufou |
Varie entre 18.000 et 23.000 F CFA |
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Bouteille d’huile |
Locale 900 F CFA le litre |
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Prix d’une course de taxi |
Variable de fait, la course est à 1000 FCFA (officieusement) ; officiellement elle est à 700 F Cfa |
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Prix d’un vol aérien Brazza-Pointe-Noire |
Varie entre 30.000 et 45.000 FCFA Cela dépend aussi des compagnies |
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Prix d’un trajet Brazza-Pointe-Noire par train |
FCFA 11.000 et 8500 (première et deuxième classe) |
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Prix d’une chambre d’Hôtel 2 étoiles |
30.000, 35.000, 40.000 et plus |
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Prix d’un trajet en bus |
150 F CFA/demi-terrain |
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Prix d’une consultation en clinique ou hôpital |
FCFA 3000 Hôpital de l’état, 5000 et plus cliniques privés |
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Prix d’un appel téléphonique (mobile ou téléphone filaire) |
l’appel est à 1 franc la seconde inclus vers l’étranger |
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Prix moyen tarif électricité |
FCFA 14.000 (forfait) |
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Prix moyen tarif eau |
11.500 FCFA (forfait) |
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Bourse d’un étudiant |
30.000 FCFA |
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Prix d’un poulet entier |
(Varie selon le poids) le prix moyen est de 2500 F CFA |
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Prix d’un kilo de viande |
F CFA 2500 viande (locale) et 2800 F CFA importée |
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Prix d’un litre de pétrole lampant |
1000 FCFA |
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Prix d’un litre d’essence |
600 FCFA |
Au moment où l’économie congolaise recouvre une grande partie de son autonomie grâce à la réduction de la dette consentie par les nombreux pays bailleurs de fonds, il serait injustifiable que le peuple n’en bénéficie pas. D’autant plus que c’est pour justement lutter contre la pauvreté que ces pays ont consenti à éponger la dette congolaise.
Au regard de la progression du coût exorbitant de la vie et de la flambée des prix, il est indispensable que le gouvernement congolais améliore significativement les conditions de vie des plus défavorisés. Bien qu’il ne soit pas exclu que la solidarité corresponde à une responsabilité à la fois individuelle et sociale. Ce sont deux dimensions qui se renforcent mutuellement. La liberté individuelle n'est atteignable, dans une société démocratique, qu'à la condition d'offrir à chacun la possibilité de l'exercer pleinement. Cette ambition passe par le recours à la notion de responsabilité sociale. Avant d'incriminer les plus faibles en les rendant responsables de leur sort, il faudrait se poser la question des responsabilités de nos autorités dans la défaillance du système économique et social. Que fait notre gouvernement pour rééquilibrer les inégalités salariales qui causent tant d’humiliations et de souffrances ? A-t-on mis en place une politique de surveillance des prix qui ne soit pas en inadéquation avec les revenus de la majorité des congolais ?
En référence au tableau ci-dessus, nous constatons qu’il est difficile pour une famille moyenne de trois individus (Père, mère et un enfant) dont un seul membre de la famille travaille et ne touchant que le smic de s’offrir un vrai repas tous les jours. Il faut stopper l’hémorragie permanente du pillage des fonds publics qui crucifie tant notre système social.
Certains économistes sursautent déjà sur leur chaise en lisant ces passages, car leur théorie sur la rigueur et la gestion sécuritaire des finances est incompatible avec une possibilité de revalorisation globale du SMIC. Sans vouloir contredire leur orientation, nous nous posons les questions suivantes : Comment justifient-ils une augmentation de plus 30% des salaires des députés, magistrats, ministres, officiers, conseillers politiques…culminant parfois jusqu'à dépasser plus de la moitié de la masse salariale globale du pays ? Quelle est cette théorie économiste qui accrédite l’augmentation salariale d’une portion de la population à hauteur de plus 30% en espérant ainsi rééquilibrer un système social décadent ?
La solidarité dont nous faisons allusion ici est la condition sine qua non du redécollage. Le retour de l'investissement dans le capital humain, dans la protection sociale, dans des emplois de qualité, ne constitue pas une dépense superflue. Il s'agit au contraire d'accroître notre efficacité collective à sortir le Congo par le haut. Face à une économie de plus en plus flexible et globalisée, la comparaison du Congo avec d'autres pays africains (Gabon et Guinée équatoriale dont le SMIC est au dessus de 150.000 F Cfa par exemple) nous montre qu'il existe des marges d'autonomie pour des reformes sociales en faveur d'une intégration plus solidaire. La fin de l’année 2010 et tout son corolaire positive (annulation globale de la dette, une économie qui tend à sortir progressivement de la crise doit être un moment privilégiée pour réfléchir ensemble sur les fondements de cette solidarité à réinventer. Autrement comment comprendre, tout cet étalage d’opulence de la part des dignitaires actuels si le statut quo persiste privant ainsi la majorité des congolais d’une vie meilleure.
Le prix du baril du pétrole oscille 90 dollars et en l’absence de dettes extérieures, Les comptes bancaires du Congo sont semble-t-il en surlidiquité. Pourquoi ne pas instaurer une véritable politique sociale de redistribution des richesses ?
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Bref aperçu de la Chronologie de la réduction de la dette congolaise :
février 2010 : Le FMI et la Banque Mondiale réduisent la dette du Congo Brazzaville
de 1,9 milliards de dollars.
Juillet 2010 : Les États-Unis annulent, à Brazzaville, de la dette du Congo estimée à 33,439 millions de dollars, environ 17 milliards de FCFA.
Juillet 2010 : Italie efface la totalité de la dette congolaise, soit environ 70 milliards
de FCFA (120 millions de dollars).
Juillet 2010 : La France annule une dette d’un montant de 424 milliards de FCFA du Congo (645,7 millions d’euros)
Juillet 2010 : La Suisse annule une dette du Congo d’un montant de 5 milliards de FCFA, soit 11,1 millions de Francs suisse
Décembre 2010 : Allemagne annule 46,985 milliards de FCFA (plus de 71 millions d'euros) de sa dette. vis-à-vis du Congo
1- Le Congo doit réactiver l'intérêt de la vaccination préventive
2- The Lancet revue médicale Britannique
3- Le 29 juillet 2010 devant les membres du gouvernement et de l'Assemblée nationale réunis pour la traditionnelle séance des questions orales avec débat.

Berri nous dit : "L’université Marien Ngouabi ne mérite t’elle pas d’avoir des "concurrentes" comme l’université de Pointe-Noire par exemple ? Le projet de bâtir un complexe universitaire à KINTELE doit être soutenu et encouragé pour diversifier et moderniser l’enseignement."
J'ai bien du mal à le suivre sur ce chapitre.
De fait le Congo produit des étudiants d'un niveau très bas incapables de postuler au niveau international et bien souvent même au niveau national. Que l'on, redresse ce niveau avant d'envisager la création de nouvelles universités et surtout se méfier de leur délocalisation vers des lieux comme Kintélé où il n'y a rien.