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Congo Brazzaville : La méthode Coué érigée en système politique
La méthode élaborée par Coué[1] se fonde sur l'idée que l'imagination, plus que la volonté, détermine nos actes. « Si étant malade, nous nous imaginons que la guérison va se produire, celle-ci se produira si elle est possible. Si elle ne l'est pas, nous obtiendrons le maximum d'améliorations qu'il est possible d'obtenir ». L'imagination guidée de façon consciente, la pensée positive, permet de conditionner notre inconscient, et de faire ainsi pencher la balance du bon côté.
Nous avons un témoignage évident de l’efficacité de cette méthode :
Notre bon papa Sassou s’est/a répété durant plus de 10 ans qu’il était le président d’un pays pauvre très endetté. Il a fini par accéder à cette enviable et glorieuse situation.
A côté de cette brillante réussite, il y a ceux pour lesquels le succès est moins évident.
Thierry Moungalla[2], qui pourtant a beaucoup usé de la pensée positive en multipliant voyages, visites et déclarations, repousse pour la nième fois la connexion du Congo au câble sous marin WACS et par voie de conséquence l’arrivée de l’internet à très haut débit chez les congolais[3]. C’est vrai qu’il n’en est qu’à sa troisième année d’utilisation de la méthode Coué, c’est sûrement trop peu.
Bruno Jean-Richard Itoua[4] ne pourra pas éclairer Brazzaville, avec du courant congolais, pour le Cinquantenaire de l’Indépendance[5]. A Pointe-Noire les coupures et délestages continuent à envoyer les ponténégrins se coucher tôt[6]. L’immense majorité de la population n’a toujours pas accès à l’eau potable. Le ministre semblait pourtant très convaincu quand il déclarait, il n’y a pas si longtemps, qu’il n’aurait désormais plus que de bonnes nouvelles à annoncer.
Ces deux là sont bien loin d’être des exceptions et chacun pourra à loisir citer ses exemples puisqu’il en est de même pour l’emploi, l’école, les routes, le chemin de fer, la santé… depuis toujours les "élites" congolaises se congratulent de leur excellence quand elles ne parviennent qu'à grand peine à la médiocrité.
Voici des décennies que les congolais se répètent tous les jours : « Ça ira un jour… » et que leurs conditions d’existence ne font que se dégrader.
Les messages positifs ne fonctionneraient-ils, comme le pense Joanne Wood[7], que si la personne qui les prononce y croit réellement ?
[1] Psychologue et pharmacien français, Émile Coué de la Châtaigneraie (1857 - 1926) fut l’ardent promoteur de la psychothérapie fondée sur la suggestion et l'autohypnose.
[2] Ministre des postes et télécommunications chargé des nouvelles technologies de la communication.
[3] A la place, il fait relier les ministères entre eux par de la fibre optique (En cours de pose dans certaines rues de Brazzaville et déroulée à l’avancement sur la ligne électrique en cours de rénovation entre Pointe-Noire et Brazzaville) et les équipe de liaisons VSAT (Officiellement destinées à l’équipement du CHU et de l’Université).
[4] Ministre de l’énergie et de l’hydraulique.
[5] Des voleurs particulièrement costauds ont subtilisé 800m de câble THT irremplaçables empêchant la mise en service du barrage d’Imboulou.
[6] Pourtant une turbine de la nouvelle Centrale Electrique du Congo à Côte Matève a été déclarée opérationnelle.
[7] Professeur de psychologie à l'Université de Waterloo (Canada). Elle a étudié la pertinence et l'impact de la pensée positive.

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