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Congo- Brazzaville : Conflit de compétences doctorales dans les hôpitaux de Brazzaville
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Ai- Congo- Les hôpitaux ont pour rôle essentiel d’accueillir les malades et de les soigner. Ce rôle est exercé par le personnel soignant, composé de médecins et de docteurs et de doctoresses, d’infirmiers et infirmières.
Ces derniers doivent donner les soins aux malades sans discrimination aucune, sans distinction d’origine, de religion, d’appartenance familiale ou de grade dans la société. Ces derniers temps, on observe dans les hôpitaux de Brazzaville, un comportement rébarbatif des soignants qui frise le dédain des patients et ne favorise pas l’espoir de guérison.
Au Centre hospitalier et universitaire (CHU), à l’hôpital de Makélékélé et à l’hôpital de Talangaï, les malades subissent des inhumanités en plus de la maladie dont ils souffrent. Il est dix heures, un taxi arrive, feux de détresse et klaxon tonitruant, s’arrête devant les urgences du CHU. Un homme en blouse blanche accoure, le chauffeur descend de sa voiture, soutire un homme dont les bras pendent de chaque côté de son corps.
Le médecin lui demande de le coucher le malade sur un lit de métal. « Il a fait un accident de circulation », lance le taximan qui s’engouffre dans son taxi et démarre aussitôt. Le médecin disparaît dans un petit couloir et réapparaît quelques instant après, tenant une ordonnance qu’il dépose sur la poitrine de la victime de l’accident. Il repart dans son bureau, abandonnant le malade qui est pourtant incapable de marcher pour aller acheter ses médicaments. De ce moment jusqu’au moment où les parents de l’accidenté seront alertés, beaucoup de choses peuvent subvenir, voire la mort.
Une femme arrive en pleurant, un enfant sous la crise de paludisme dans ses bras. L’infirmière qui l’accueille au CHU, la renvoie immédiatement à la caisse pour le droit d’admission à l »hôpital, sans d’abord constater l’état de l’enfant. Après la caisse, la mère de l’enfant ne retrouve pas l’infirmière. Elle court dans tous les sens, croise un infirmier qui passe, insensible aux pleurs de la femme. Quelques minutes plus tard, lorsqu’un médecin, pas plus intéressé au cas d’ailleurs, lui dit d’attendre sur un banc, l’enfant rend l’âme sur les genoux de sa mère. Pour toute excuse, le médecin qui vient constater le décès accable la pauvre mère d’injures parce qu’elle a fait soigner son enfant à l’hôpital de Makélékélé. « Cà vous prendra, on vous a toujours dit de venir directement ici au CHU, dans ces hôpitaux il n’ya pas de docteurs compétents ! », blâme le médecin.
Les mêmes scènes sont souvent observées dans les deux autres hôpitaux, Makélékélé et Talangaï. Quand une famille veut faire évacuer son patient au CHU, constatant qu’il ne reçoit pas de soins appropriés, les médecins de ces deux centre hospitaliers refusent l’évacuation en traitant leurs collègues du CHU de médiocres et leur hôpital de mouroir. Lorsqu’un malade « fuit » du CHU pour abandon ou mauvais traitement, il est reçu par des vociférations à Makélékélé ou à Talangaï par des médecins qui l’accusent d’avoir passer un temps inutile au CHU où, selon eux, les médecins ne sont pas compétents.
Cette situation met les citoyens dans une angoisse qui ne les rassure pas. Dans ce conflit doctoral, ce sont les citoyens qui payent de leur vie. Un malade peut mourir au seuil d’un hôpital du seul fait qu’il a commencé son traitement dans un autre hôpital. Le savoir et l’expérience des docteurs d’un centre hospitalier sont mis en doute par leurs collègues d’autres centres hospitaliers. « D’où venez-vous ? », demande un docteur du CHU à un couple qui amène une personne de troisième âge, visiblement exténuée. « De Makélékélé, docteur », répond l’homme. « Ah oui, après avoir perdu du temps là-bas, vous venez au CHU. Couchez-la sur ce banc », ordonne le médecin qui s’en va, sans prendre le temps d’examiner le malade. Les parents désemparés et perplexes, ne savent pas à quel Saint se vouer. Quelques instants plus tard, le médecin passe en tenue de ville en leur lançant : « J’ai fini ma journée, attendez mon collègue qui arrive ». Le temps d’attente varie et parfois la mort, toujours plus prompte, arrive bien avant le médecin attendu et arrache le malade à la vie.
Au CHU comme dans d’autres hôpitaux de Brazzaville, l’exigence du paiement du droit d’entrée est parfois fatale. Dans la « folle » course vers un service de soins, les parents oublient souvent de passer par la caisse. Avant de toucher le malade gémissant de douleur ou inanimé, le médecin exige le ticket de la caisse. Le temps d’aller remplir cette formalité, les choses peuvent empirer. Les médecins devraient d’abord examiner le malade, lui donner les premiers soins, et le droit pourrait être inclus dans la facture globale de l’hospitalisation. C’est-à-dire que le droit serait payé d’une façon ou d’une autre. Malheureusement, le médecin a plus plaisir de voir mourir le malade pour un ticket que de sauver d’abord sa vie.
Il manque mortellement de médicaments dans les différents hôpitaux de Brazzaville. Le moindre comprimé qui peut soulager le malade est introuvable. Les ordonnances vont du simple paracétamol jusqu’au bristol. Plus étonnant, les infirmiers et infirmières vendent des médicaments à leurs patients. Où se les procurent-ils ? Deux possibilités se présentent. Ils ordonnent des médicaments en plus grand nombre pour garder le surplus, ou ils se les prennent dans la pharmacie de l’hôpital. Ces médicaments qui devraient être donnés gratuitement aux malades, leur sont vendus. Que de dons de médicaments faits par les représentations diplomatiques ou des organisations internationales. Il n’y a jamais eu de médicaments gratuits dans les hôpitaux au lendemain même de la cérémonie de leur remise.
Il y a des maux qui pourraient être guéris sans trop de dépenses. Dans les hôpitaux, tous les maux ont été mystifiés. Tous les maux sont extrêmement graves et nécessitent des soins très coûteux. Les pharmacies des hôpitaux devraient avoir des médicaments d’urgence pour les premiers oins, avant de passer à ceux que l’on ne peut pas y trouver. S’agissant de la compétence et de l’expérience des médecins, c’est un problème grave qui doit être vu sérieusement car la vie de la population en dépend. Il faut, pour le peuple, de vrais médecins, bien outillés. On voit souvent des médecins qui tergiversent plusieurs fois avant de prendre la décision, qui n’est pas toujours la meilleure.
Eugène Gampaka, Ai Brazzaville

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