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Cohabitation Bantus-Pygmée - Un apartheid version locale
par Ifrikia KENGUE DI-BOUTANDOU (in sakabrazza.ning.com)
Dans certaines régions forestières du Congo, les Pygmées, considérés comme des sous-hommes, sont souvent frappés d'ostracisme. Au marché, dans les quartiers, à l'église ou dans les bars, chacun connaît sa place. Pourtant cette cohabitation ségrégationniste semble l'objet d'un accord tacite entre les peuples. Reportage à Impfondo, chef-lieu du département de la Likouala.
Impfondo. Quartier Moungoungui. L'ambiance est au rendez-vous dans les deux hangars du nganda d'Olga, la vendeuse de «douma». Eclats de rire, fumées de cigarettes, plaisanteries grivoises sur les prétendus bienfaits de cet alcool de miel, claquements de langue de délectation fusent dans «la pièce» principale. Comme partout dans la ville, le litre de cet hydromel local est vendu à 150 Frs Cfa. Dès qu’Olga en dépose un bidon de cinq litres au sol, les verres posés à côté, passent déjà de main en main. Celui que tout le monde surnomme, ici, «Le vieux Cobra», pilier de bar du coin, initie, autour de lui, les jeunes aux invectives.
A l'écart de ce groupe, dans le plus petit des deux hangars, trois femmes pygmées, vêtues de vieux vêtements sales, trinquent bruyamment en dégustant, elles aussi, le délicieux nectar. L'une d'elle est assise à même le sol argileux, pieds nus, le regard fuyant, un enfant accroché négligemment à un de ses seins flasques. Échange de plaisanteries. Le bébé qui vient de perdre le sein de sa mère se met à pleurer. Les trois femmes entonnent, alors, une berceuse.
Ces femmes boivent dans des gobelets spécifiques aux autochtones, car elles ne peuvent pas partager les mêmes récipients avec les Bantus. Et, il en a toujours été ainsi. «Pourquoi ne partagez-vous pas les mêmes récipients?», «Parce que ça a toujours été comme ça», répondent-elles, surprises par la question. Loin de s'en offusquer, elles semblent même le cautionner. «Nous sommes des Mbenga et eux sont des Bantus, on est différents c'est tout», expliquent-elles, fatalistes. Et lorsque l'on demande à la propriétaire les raisons de cette ségrégation, elle nous réplique que c'est dans la nature des autochtones de rester dans leur coin et d’avoir leurs «choses» à eux.
De l'autre côté les discussions deviennent, de plus en plus, animées. Attirée par l'ambiance, l’une des femmes pygmée se met à une fenêtre, son enfant se remet aussitôt à pleurer, toute l'assistance lui jette un regard réprobateur avant de la rabrouer vertement. «Depuis qu'ils sont devenus un peu normaux et civilisés ces pygmées... », lance dédaigneux un jeune homme de l'assistance.
Ici, les peuples de la forêt sont, souvent, méprisés et considérés comme des sous-hommes. Un Apartheid à la Bantu où le simple terme pygmée revêt une connotation péjorative. Certains, même, n'hésitent pas à comparer les Pygmées à «des gorilles à poils jaunes».
Corvéables à souhait à cause de leur nature serviable, ils ont été longtemps, pour ceux qui se sont sédentarisés, au service des autres. Et nombreux sont les Bantus qui disent: «mon pygmée», pour désigner ceux qui sont à leur service, comme Zéphirin, étudiant, fier d'annoncer qu'il y a des pygmées qui travaillent pour lui au champ. «J’ai mes pygmées qui travaillent pour moi au village», affirme-t-il avec suffisance.
Même si le gouvernement congolais inscrit, aujourd’hui, l’intégration progressive et sans heurt de la culture pygmée dans sa politique et, en fait aujourd'hui une richesse, au nom de la biodiversité, de nombreuses discriminations subsistent. En août 2007, des musiciens autochtones, invités à la 5ème édition du Fespam (Festival panafricain de musique), avaient été hébergés au parc zoologique de Brazzaville, site censé reproduire leur habitat naturel...Une «hospitalité» qui avait provoqué le courroux des O.n.g (Organisations non gouvernementales) de défense des droits de l’homme.
Les Bantus auraient beaucoup à apprendre des Pygmées qui restent dépositaires de nombreux arcanes de la forêt qu'ils se refusent à leur dévoiler. A eux donc de s’en montrer digne. Ce qui pour l’heure, est encore loin d’être le cas.
Exagéré ? Voyez cette vidéo ou celle-ci

si ces propos «des gorilles à poils jaunes».emanent des Congolais,que feront alors d'autres races qui dans des pays racistes comme la Russie,l'ukraine,la chine......?quand ils se moquent et segregent la race noire je crois que cela part d'abord des africains eux memes.les pygmees sont des gens normaux comme tous les autres et congolais comme tout autre.pourquoi cette difference?Il ya beaucoup de fil a retordre dans la maniere de penser du congolais.