Société

2010 - VOLONTARIAT INTERNATIONAL DE LA FRANCOPHONIE (ViF)

Sous l’impulsion d’Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, et adopté par le XIe sommet des chefs d’états (Bucarest, 2006), le programme de volontariat international de la Francophonie a été expérimenté avec succès sur la période 2007-2009.

Ce programme mis en œuvre par l’OIF offre aux jeunes la possibilité de participer au développement des sociétés par le biais du volontariat. Ce programme est mené en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), avec le soutien de l’Association internationale des maires francophone (AIMF) et de TV5 Monde.

Présentation du programme

Le programme du Volontariat international de la Francophonie est destiné à offrir aux jeunes francophones la possibilité de:
- s’engager durant 12 mois à mettre leurs compétences à disposition d’un projet auquel ils vont participer, et de vivre une expérience de mobilité internationale au sein de l’espace francophone qui s’intègrera à leur parcours professionnel;
- contribuer au développement des pays francophones dont notamment ceux du Sud, d’Europe centrale et orientale. 

Déployés sur les cinq continents, les volontaires s’engagent à œuvrer dans les domaines d'actions privilégiés de la Francophonie.

Pour plus d'informations consultez:  www.jeunesse.francophonie.org/

 

Brazzaville insalubre : causes et solutions

Quel est le cadre de vie des brazzavillois et brazzavilloises ?

Les populations de Brazzaville doivent se demander quelle est la politique d’assainissement et de salubrité de leur ville ?

Quel est le projet de l’actuel Maire en matière d’assainissement ?

Il ne sera jamais assez dit ou écrit sur le sujet  tant que la vie de nombreux citoyens congolais sera mise en danger par la faiblesse ou l’incompétence du Président du conseil municipal de Brazzaville et la Société PROBARZZA censés tout mettre en œuvre pour lutter contre l’insalubrité.

En cette saison de pluie, Brazzaville patauge dans les eaux usées, les citoyens cohabitent plus que jamais avec les tas d’immondices qui jalonnent les rues et les marchés. Au rond-point  de la Tsiémé  dans l’arrondissement 5 Ouenzé, un spectacle triste, humiliant vous accueille en observant le quotidien des populations. D’une part, l’eau stagnante et polluée par les moustiques et de l’autre,  les immondices qui côtoient les denrées alimentaires. Ajouter à cela la circulation complètement incontrôlée et anarchique rend le paysage digne d’un concours «A  qui pollue le plus ». Ce spectacle affligeant et indigne, les citoyens de Brazzaville le retrouvent dans tous les arrondissements de la capitale.
Pourtant les populations ont été prévenues de l’arrivée prochaine de PROBARZZA qui devrait semble-il s’attaquer au problème. C’était il y a deux ans environs. Oui chers compatriotes,  voilà deux ans que la mairie de Brazzaville et la Société PROBRAZZA ont promis nettoyer la ville, deux ans que les populations s’infectent de tas de maladies. Curieusement, nous venons d’apprendre que le président du conseil municipal Hugues Ngouélondélé accentue l’application de l’arrêté n°0044 du 18 août 2009 du conseil départemental et municipal, modifiant les arrêtés n°38 et 070, fixant les modalités pratiques pour l’hygiène et la propreté…  « Les occupants ou propriétaires des magasins des boutiques, bars, restaurants, boîtes de nuit et autres propriétés, à l’intérieur ou attenant de la voie publique, qu’ils soient propriétaires ou locataires, devront une fois par jour assurer le nettoyage des alentours, devantures de leurs propriétés, une fois tous les deux jours, assurer le nettoyage des caniveaux situés le long de leurs propriétés et partant, maintenir en état de propriété les trottoirs qui bordent leurs propriétés»...
«Le non respect de cet arrêté est passible d’une amende de 150.000 FCFA, allant jusqu’à la fermeture temporaire ou définitive de l’étal, magasin, restaurant, bureau et autres. La Police et la Gendarmerie nationale sont chargées de l’application stricte du présent arrêté».
Face à l’insalubrité de la ville, les populations se posent une seule question au maire et à PROBRAZZA : En l’absence de bennes à ordures dans la ville où allons-nous déposer les déchets collectés ?
Pourquoi persiste t’on à faire croire aux congolais que la raison de l’inefficacité de la Mairie et de PROBRAZZA réside dans le seul fait que son matériel soi-disant « ultramoderne » serait bloqué à Pointe-Noire faute de moyen d’acheminement vers Brazzaville ? Pourquoi débloquer plus d’un milliard de FCFA (montant qui serait revu à la hausse) par mois si cette entreprise est incapable d’honorer ses engagements ? A l’exception de la voie baptisée présidentielle qui relie le palais du peuple à l’aéroport et, sporadiquement l’avenue de la paix où un semblant d’hommes et femmes sortis de l’ombre nettoient en pleine nuit, rien n’est fait en matière de salubrité.
Quel est l’objet réel de la société PROBRAZZA ? Aujourd’hui plus d’un congolais soupçonne l’arnaque orchestrée par le maire et PROBRAZZA pour détourner encore une fois de plus les fonds destinés à l’assainissement de la ville de Brazzaville. Jusqu'à combien de morts de paisibles citoyens victimes des maladies hydriques (fièvre typhoïde, amibiase, divers parasites intestinaux) dues à l’insalubrité doit-on atteindre pour que réagissent les pouvoirs publics ?
Il est à noter que nous ne pourrons jamais vaincre le paludisme en vivant dans l’insalubrité. Les Congolais doivent savoir que beaucoup de pays ont vaincu le paludisme grâce à une politique cohérente d’assainissement.
Politique d’assainissement à promouvoir :
Je propose que toutes les victimes de l’insalubrité se constituent en association qui porterait plainte contre la mairie et PROBRAZZA pour manquement aux devoirs civils et mise en danger de la vie d’autrui. Que cette association défende leurs intérêts au conseil municipal de la ville en février 2010.
Que si les immondices ne sont pas collectés par les services de la mairie et PROBRAZZA, soient déposés devant l’hôtel de ville ou les Mairies de Brazzaville.
Que Brazzaville soit dotée à court terme de collecteurs et d’une usine de traitement des eaux usées (mise en place d’un réseau d’égouts).
Pourquoi ne pas envisager de diversifier les partenaires pour s’occuper de la salubrité de la capitale. Ceci favoriserait une concurrence loyale et gage d’un service adapté et de qualité à travers un  cahier de charges défini par le conseil municipal. Le monopole de PROBRAZZA est à dénoncer.
Que les citoyens dénoncent, vivement, le détournement des fonds municipaux au profit de la société PROBRAZZA et l’inactivité sinon l’incompétence du maire de la ville.
Que les citoyens dénoncent l’absence d’une politique de collecte des ordures ménagères, emballages et papiers, du verre, des déchets dangereux et des encombrants des ménages (déchetteries).
Contrairement au maire Hugues Ngouélondélé et PROBRAZZA qui se sont prononcés pour l’enfouissement des ordures ménagères collectées, les conseillers municipaux et les citoyens doivent exiger vivement un service public d’élimination des déchets ménagers et assimilés (collecte, traitement et valorisation).
Le conseil municipal doit interdire la production et la vente  des sacs plastiques (sachets) et encourager la production des matières biodégradables.
Brazzaville doit se doter à court terme d’une politique de valorisation des ordures ménagères. La collecte et le traitement des déchets ménagers se feraient dans un centre de valorisation énergétique. Un centre de valorisation énergétique serait un cite industriel au sein duquel seront incinérées les ordures ménagères non recyclables. L’incinération produirait ainsi de l’électricité qui serait vendue et redistribuée sur le réseau de la SNE (Société nationale d’Electricité). L’obtention des mâchefers seront valorisés en travaux publics (sous-couches routières pour le bitumage des rues et avenues de Brazzaville). Le recyclage de la ferraille permettrait sa commercialisation vers les industriels (aciéries).
Ainsi, Brazzaville redeviendrait agréable et bon à vivre doté d’un plan d’urbanisme viable et d’une stratégie de planification en assainissement et salubrité.
Jean-Claude BERI

Cohabitation Bantus-Pygmée - Un apartheid version locale

par Ifrikia KENGUE DI-BOUTANDOU (in sakabrazza.ning.com)

Dans certaines régions forestières du Congo, les Pygmées, considérés comme des sous-hommes, sont souvent frappés d'ostracisme. Au marché, dans les quartiers, à l'église ou dans les bars, chacun connaît sa place. Pourtant cette cohabitation ségrégationniste semble l'objet d'un accord tacite entre les peuples. Reportage à Impfondo, chef-lieu du département de la Likouala. 

Impfondo. Quartier Moungoungui. L'ambiance est au rendez-vous dans les deux hangars du nganda d'Olga, la vendeuse de «douma». Eclats de rire, fumées de cigarettes, plaisanteries grivoises sur les prétendus bienfaits de cet alcool de miel, claquements de langue de délectation fusent dans «la pièce» principale. Comme partout dans la ville, le litre de cet hydromel local est vendu à 150 Frs Cfa. Dès qu’Olga en dépose un bidon de cinq litres au sol, les verres posés à côté, passent déjà de main en main. Celui que tout le monde surnomme, ici, «Le vieux Cobra», pilier de bar du coin, initie, autour de lui, les jeunes aux invectives.

A l'écart de ce groupe, dans le plus petit des deux hangars, trois femmes pygmées, vêtues de vieux vêtements sales, trinquent bruyamment en dégustant, elles aussi, le délicieux nectar. L'une d'elle est assise à même le sol argileux, pieds nus, le regard fuyant, un enfant accroché négligemment à un de ses seins flasques. Échange de plaisanteries. Le bébé qui vient de perdre le sein de sa mère se met à pleurer. Les trois femmes entonnent, alors, une berceuse.

Ces femmes boivent dans des gobelets spécifiques aux autochtones, car elles ne peuvent pas partager les mêmes récipients avec les Bantus. Et, il en a toujours été ainsi. «Pourquoi ne partagez-vous pas les mêmes récipients?», «Parce que ça a toujours été comme ça», répondent-elles, surprises par la question. Loin de s'en offusquer, elles semblent même le cautionner. «Nous sommes des Mbenga et eux sont des Bantus, on est différents c'est tout», expliquent-elles, fatalistes. Et lorsque l'on demande à la propriétaire les raisons de cette ségrégation, elle nous réplique que c'est dans la nature des autochtones de rester dans leur coin et d’avoir leurs «choses» à eux.

De l'autre côté les discussions deviennent, de plus en plus, animées. Attirée par l'ambiance, l’une des femmes pygmée se met à une fenêtre, son enfant se remet aussitôt à pleurer, toute l'assistance lui jette un regard réprobateur avant de la rabrouer vertement. «Depuis qu'ils sont devenus un peu normaux et civilisés ces pygmées... », lance dédaigneux un jeune homme de l'assistance.

Ici, les peuples de la forêt sont, souvent, méprisés et considérés comme des sous-hommes. Un Apartheid à la Bantu où le simple terme pygmée revêt une connotation péjorative. Certains, même, n'hésitent pas à comparer les Pygmées à «des gorilles à poils jaunes».

Corvéables à souhait à cause de leur nature serviable, ils ont été longtemps, pour ceux qui se sont sédentarisés, au service des autres. Et nombreux sont les Bantus qui disent: «mon pygmée», pour désigner ceux qui sont à leur service, comme Zéphirin, étudiant, fier d'annoncer qu'il y a des pygmées qui travaillent pour lui au champ. «J’ai mes pygmées qui travaillent pour moi au village», affirme-t-il avec suffisance.

Même si le gouvernement congolais inscrit, aujourd’hui, l’intégration progressive et sans heurt de la culture pygmée dans sa politique et, en fait aujourd'hui une richesse, au nom de la biodiversité, de nombreuses discriminations subsistent. En août 2007, des musiciens autochtones, invités à la 5ème édition du Fespam (Festival panafricain de musique), avaient été hébergés au parc zoologique de Brazzaville, site censé reproduire leur habitat naturel...Une «hospitalité» qui avait provoqué le courroux des O.n.g (Organisations non gouvernementales) de défense des droits de l’homme.

Les Bantus auraient beaucoup à apprendre des Pygmées qui restent dépositaires de nombreux arcanes de la forêt qu'ils se refusent à leur dévoiler. A eux donc de s’en montrer digne. Ce qui pour l’heure, est encore loin d’être le cas.

Ifrikia KENGUE DI-BOUTANDOU

Exagéré ? Voyez cette vidéo  ou celle-ci

De la visibilité aux non-voyants du Congo

L’ONG Viens et vois, lancée en 2004, offre une perspective aux malvoyants

PAR FALILA GBADAMASSI 

Afrik.com

 
Major de promotion de l’Institut national des aveugles au Congo, Emerson Massa essaie de recréer l’opportunité qu’il a eue à travers son ONG Viens et vois. L’alphabétisation y est conçue comme un impératif pour favoriser l’insertion économique et sociale des aveugles, souvent considérés comme « des épaves humaines ».

Etre scolarisé au Congo quand on est malvoyant ou non-voyant est une chance qui s’apprécie. Surtout quand on s’apelle Emerson Masa. « Je suis un ancien élève de l’Institut national des aveugles du Congo, la seule structure qui nous accueille dans le pays. Je suis issu de la première promotion qui a obtenu son bac dans cet institut en 1994 ». Major de sa promotion, le jeune homme a alors 23 ans et décide de se « débrouiller tout seul », au grand désarroi de ses parents qui pensent à l’obstacle que constitue son handicap. « Je voulais montrer aux gens ce que je pouvais faire ». Il vend du pétrole, des vêtements à crédit et tient une cabine téléphonique. « Je me suis protégé avec une grille, raconte-t-il à propos de son expérience de distributeur d’essence. Tout était bien ordonné. Je touchais le billet de façon sensible. Quand j’avais des doutes, je me tournais vers quelqu’un de confiance ». Ses petites entreprises ont permis à Emerson Massa de payer son mariage et la dot de son épouse. Le jeune homme est papa d’un petit garçon depuis 2007.

Des hommes heureux

Grâce à l’Institut national des aveugles, Emerson Massa a pu se prendre en charge. Ce n’est malheureusement pas le cas de tous ceux qui ont le même handicap que lui. « Pour y être admis, il faut avoir au minimum 15 ans et au maximum 25 ans. Ce qui m’a révolté, raconte-t-il, c’est que certains deviennent des laissés-pour-compte parce qu’ils n’ont pas l’âge requis pour intégrer l’institut ». Le jeune congolais lance en 2004 l’ONG Viens et vois pour remédier en partie à cette situation. Elle s’attelle, entre autres, à conduire des programmes d’alphabétisation « parce qu’il y a seulement 2% de handicapés visuels qui accèdent aux bancs de l’école ». Cent vingt personnes ont été formées entre 2004 et 2008 dans les capitales économique, Brazzaville, et politique du Congo, Pointe-Noire. Au total, cinq sessions, à laquelle une quinzaine de personnes participent, ont été organisées à Brazzaville et trois autres, à Pointe-Noire. Pour chacune d’elles, l’ONG a dépensé environ « 5 500 euros ». La structure prend en charge le transport, le gîte, le couvert ainsi que la formation des stagiaires. Viens et vois, dont le siège est à Brazzaville, propose aussi des séminaires économiques qui ouvriront la porte à des petits métiers aux participants. « Nous leur montrons par exemple qu’ils peuvent tenir une cabine téléphonique et devenir ainsi autonomes. » La pâtisserie et les techniques de maraîchage sont également enseignées. L’ONG dispose aussi de deux hectares de culture du manioc exploitée par une trentaine de malvoyants.

« Les gens manifestent beaucoup de joie, sont heureux de se rendre compte qu’ils peuvent s’insérer socialement, explique Emerson Massa. C’est vrai qu’on peut estimer que c’est une goutte d’eau dans l’océan quand on alphabétise 120 personnes sur 100 000 handicapés. Mais on a pas la prétention de tout faire, mais c’est important de semer de l’espoir dans le cœur de ceux que l’on traite comme "des épaves humaines" et dont attend rien, même au sein de leur propre famille ». Viens et vois, l’un des coups de cœur de l’édition 2010 du concours Harubuntu des porteurs d’espoir et de richesses africains, s’est également dotée de cybercafés où sont dispensés gratuitement des cours d’informatique tous les jours de « 7h30 à 20h30, sauf le dimanche ». Les ordinateurs sont équipés du logiciel de reconnaissance vocale Jaws. « Nous n’avons pas les moyens d’équiper nos ordinateurs. « Un clavier braille coûte entre 9 et 11 000 euros, explique Emerson Massa ». A Brazzaville et à Pointe-Noire, les salles comptent respectivement 12 et 7 ordinateurs en service. Petit à petit, Emerson Massa et son ONG deviennent des bâtisseurs d’avenir pour les handicapés visuels au Congo.

L’ONG Viens et Vois (VV) 
2105, rue Fouékélé Makélékélé - B.P 3294 Bacongo-Brazzaville 
Tél : + 242 660 56 47 - viens_vois@live.fr

Déclaration sur la Journée internationale de la femme au Congo

 

 

 

 Déclaration sur la Journée internationale de la femme au Congo : Assurer une meilleure protection de la femme dans les lois et les faits !

Brazzaville-Pointe-Noire le 8 mars 2011. A l’occasion de la journée internationale de la femme, la RPDH réaffirme la volonté des Nations-Unies d’assurer l’égalité des droits entre l’homme et la femme et la nécessité d’appliquer effectivement les textes juridiques internationaux régionaux relatifs à la promotion et protection spécifiques des droits de la femme, particulièrement la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Le Congo a ratifié la quasi-totalité des instruments internationaux de promotion et de protection des droits de la femme; il a consacré dans sa constitution cette protection, avec notamment les dispositions de l’article 8 de la constitution du 20 janvier 2002, affirmant le principe de l’égalité de tous les citoyens devant la loi, et reconnaissant en son alinéa 3 et 4 l’égalité des sexes et leur représentativité à toutes les fonctions politiques, électives et administratives. 

En dépit de ces engagements, la RPDH constate la persistance des discriminations et violences faites aux femmes, notamment les violences conjugales insuffisamment saisies et/ou sanctionnées, le harcèlement sexuel (61% des cas de harcèlement sexuel et 3% de viols en milieu estudiantin selon le ministère de la Promotion de la femme et de l’Intégration de la Femme au développement), les mauvais traitements ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en cas de veuvage, le viol conjugal, non encore criminalisé par la loi congolaise etc.…

Les femmes n’accèdent pas pleinement aux services de santé adéquats, par manque d’infrastructures sanitaires et des ressources humaines et financières. A titre illustratif, les complications liées à la grossesse et l’accouchement sont les causes principales de la mortalité maternelle (781 décès pour 100000 naissances vivantes, EDS 2005).

L’accès des femmes à la justice est un problème crucial. En effet, les femmes congolaises ont difficilement accès au service judicaire pour faire valoir leurs droits, par manque d’information, des coûts des procédures judiciaires et de l’éloignement des cours et tribunaux des centres périphériques.

 Sur le plan socio-économique, la femme est traitée différemment à l’homme, surtout en ce qui concerne l’accès à un emploi rémunéré et la satisfaction d’autres besoins. Au plan politique, la parité homme-femme n’est encore qu’une simple vue de l’esprit.

Eu égard à ce qui précède, la RPDH, persuadée qu’aucune société ne peut aspirer à un  développement durable sans la prise en compte effective des droits des femmes et sans leur participation, appelle le gouvernement à mieux protéger les droits des femmes et lui recommande de :

Fait à Pointe-Noire, le 7 mars 2011

Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme

Le Bureau Exécutif

Contact Presse :

Christian Mounzeo, Président : 05 595 52 46

Franck Loufoua Bessi, Assistant aux Programmes : 05 550 45 20

E-mail :rp.dh.@laposte.net

Département du Niari : Y a-t-il un espoir de reprise des chantiers abandonnés de la municipalisation accélérée?

 Le 15 août 2006, Dolisie, commune et chef-lieu du département du Niari, a célébré, avec faste, le 46ème anniversaire de l'indépendance du Congo. A cette occasion, le département du Niari devrait se métamorphoser, grâce à la politique de municipalisation accélérée dont il a bénéficié. De nombreux micro-projets devraient y être réalisés, afin d'améliorer, qualitativement, les conditions de vie des populations. Quatre ans après, certains chantiers, qui devraient faire la fierté du département, sont en berne, à cause de la mauvaise foi de certains opérateurs économiques qui ont obtenu des marchés publics et des avances importantes, mais qui ont disparu. Les éléphants blancs continuent à orner la ville de Dolisie et les sous-préfectures du département du Niari.

 

C'est le ministre d'Etat  Isidore Mvouba, qui avait lancé les travaux de la municipalisation accélérée du département du Niari. Lors de la cérémonie solennelle organisée à Dolisie, il avait prononcé un discours dans lequel il avait exprimé la détermination du gouvernement à conduire, jusqu'au bout, les travaux inscrits dans le cadre de la municipalisation accélérée de ce département. «Ici, au Niari, nous sommes nantis d'un bagage important des vermouts que nous avons eu à faire et des mesures collectives à apporter. C'est ce que nous avons décidé de faire avec les opérateurs qui sont appelés sur le terrain à réaliser les différents projets qui ont été inscrits à ce programme spécifique. On va s'atteler et s'attacher à ce que les projets inscrits se réalisent. En tout cas, un tel objectif est à notre portée. On peut dire que nous allons tenir comme à Pointe-Noire et à Impfondo, les challenges de la municipalisation, ici, dans ce département», avait-il déclaré.

Malheureusement, quatre ans après la célébration, avec faste, à Dolisie, la troisième ville du pays, du 46ème anniversaire de l'indépendance nationale, le constat général des travaux de municipalisation du Niari est, plutôt, mitigé. Beaucoup de chantiers sont arrêtés ou ne sont pas réalisés. Bon nombre d'entrepreneurs ont laissé des éléphants blancs et beaucoup d'ouvrages n'ont pas encore été remis, officiellement, au gouvernement, comme c'était le cas à Pointe-Noire et à Impfondo.

Les 177 projets prévus dans le département du Niari n'ont pas, tous, connus de réalisation. Certains chantiers ont été, brutalement, arrêtés. Les opérateurs économiques ont-ils encore les moyens de reprendre les travaux et les achever? En tout cas, rien n'est appliqué de tout ce que le ministre d'Etat Mvouba avait pris comme engagement et promis comme mesures disciplinaires, à l'époque.

Les acteurs politiques, qui se sont mués en opérateurs économiques, ont du mal à réaliser les travaux, même dans les circonscriptions électorales où ils ont été élus. Conséquence: bon nombre de chantiers n'ont pas pu être achevés et les langues se délient pour crier au scandale et au laxisme de l'Etat.

Parmi les ouvrages non achevés, figurent le siège de l'hôtel de la préfecture du Niari (encore à l'étape de fondation [voir illustration]), le siège du conseil départemental du Niari (les travaux arrêtés au niveau de la fondation), le siège de l’hôtel de ville de Dolisie, (les travaux d'extension et de réhabilitation avancent à pas de caméléon); la résidence du président du tribunal de grande instance de Dolisie (les travaux n'ont pas encore connu un début d'exécution); la construction du mur du lycée Victor Sathoud (arrêtée et abandonnée), ainsi que les travaux de l’hôpital de référence de Dolisie, du centre du sous-ordonnancement et de la direction du contrôle financier; la construction du centre d'animation sociale, etc. A l'aéroport de classe internationale Ngot-Nzoungou, l'aérogare achevée et inaugurée est, aujourd'hui, en dégradation.

Dans le cadre de cette municipalisation, il était prévu la réalisation des travaux d'assainissement, d'équipement et de bitumage de plusieurs routes urbaines. Dolisie, qui avait un réseau routier dont la dégradation était avancée, n'a eu que 11 kms de voie bitumés. Là aussi, il se pose, à certains niveaux, un problème de canalisation. Outre l’avenue de la Révolution, les canalisations des autres avenues bitumées n’ont pas été réhabilitées. Seuls fonctionnent, quelques caniveaux construits dans les années 1980, mais qui sont en dégradation.

La maison d'arrêt de Dolisie, dont la réhabilitation n'était pas prévue dans le cadre de la municipalisation accélérée, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Ses locaux se trouvent dans un état de dégradation très avancé. Tout manque là-bas. Il ne fait plus de doute que cet établissement pénitentiaire ne remplit plus les conditions nécessaires pour jouer son rôle.

Devant cet état de chose, le préfet du Niari, Jean Pierre Heyko Lekoba, avait exprimé le vœu ardent des filles et fils du Niari, de voir  s'achever tous les chantiers initiés dans le cadre de la municipalisation accélérée de leur département. C’était le 25 février 2011, lors de l’inauguration du marché moderne de Dolisie, en présence de Mme Antoinette Sassou Nguesso, épouse du chef de l’Etat, présidente de la Fondation Congo-Assistance. Le gouvernement (Ministère de l’équipement et des travaux publics, Ministère de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat, Ministère des finances et du budget et du portefeuille public)  et la D.g.g.t (Délégation générale des grands travaux), devraient faire le point de la municipalisation accélérée dans le Niari, dans le but de reprendre les chantiers abandonnés.

Cyr Armel YABBAT-NGO

In "La Semaine Africaine"

Flore Barros virtuellement millionnaire, de fait sans le sou.

Des rumeurs ont été une fois de plus colportées sur internet et le site congo-liberty.com s’en est violement fait écho sans vérifier ses sources :

Nous apprenons avec effroi que Mlle Flore BARROS est malade; elle souffre de multiples douleurs suite à son agression au Taser par Monsieur Hassan HOJEIJ.

Mlle Flore BARROS est hospitalisée à Pointe-Noire où elle est entrain de crever en silence ; les médecins ne savent pas comment traiter les multiples douleurs dont elle souffre.

Le décès de Mlle Flore BARROS arrangerait certainement les Autorités Judiciaires du Congo Brazzaville, son bourreau l’ignoble Hassan HOJEIJ ainsi que ses avocats…

Si ce message vous parvient, veuillez alerter les médias ainsi que toutes les personnes de votre entourage; la vie de notre compatriote Flore BARROS TCHICAYA dépend de chacun de nous…

Prions pour Flore Barros et sachons que ce qui est arrivé à notre compatriote aurait pu arriver à n’importe qui et que personne n’est à l’abris d’autant plus que la justice du Congo, influencée par le gouvernement ne nous protège pas.

www.congo-liberty.com

A la lecture de cet article résolument mensonger,  j’ai aussitôt appelé Flore et lui ai rendu visite dans son petit appartement du grand marché. La photo y a été prise ce jour même.

Elle m’a dit avoir eu des problèmes à un sein qui aurait considérablement enflé, cette affection est fort heureusement passée mais elle s’est mise dans la tête qu’elle allait développer un cancer. Flore va mal dans son corps et va surtout mal dans sa tête, le désespoir l’envahit et elle se déclare prête à aller se dénuder en place publique pour faire réagir les congolais sur son sort.

La victime d’Hassan Hodjej est dans la pire misère qu’elle ait connue. L’espoir était revenu à l’écoute du verdict qui la créditait de 350 millions de dommages et intérêts pour la mutilation qu’elle a subie. Espoir bien vite déçu quand nous avons appris que son bourreau est insolvable. Depuis Flore est allée au bout de ses économies. Aujourd’hui elle a retiré les derniers 5000 FCFA qui garnissaient encore son compte en banque.

Son loyer a été payé par une personne de bonne volonté et sa fille pour le deuxième mois consécutif n’est pas scolarisée alors qu’elle devait présenter cette année le BEPC.

Il est temps que tous ceux qui ont de la compassion pour elle agissent ne fut-ce que pour lui permettre de tenir.

 

 

GAG ? Les ONG du Sud au secours de la France...

Source : http://mampouya.over-blog.com/

"ONG land", le pays des ONG. La France mérite ce surnom, tant sont nombreuses ses associations humanitaires et développementistes, œuvrant dans presque tous les pays du Sud. L'inverse est-il vrai ? Existe-t-il des ONG du Sud œuvrant sur notre sol ? Non, penserez-vous. Pourtant, des initiatives existent. Nous avons rencontré plusieurs associations du Sud installées en France.

Morceaux choisis

C'est à Paris que nous avons rencontré Boubacar DIOP, malien et responsable de l'association Bamako France Solidarité (BFS). "Notre organisation est née d'un constat d'urgence, explique Boubacar, celui de l'immense malaise social qui règne en France. Ce pays est vraiment une terre de paradoxes. Les magasins débordent de marchandises en tout genre, les affiches publicitaires présentent des personnes heureuses et souriantes. Et pourtant, on recense plus de 150 000 tentatives de suicide par an. Au moins 15 % des Français (es) souffrent de dépression, soit six fois plus qu'en 1970. Près d’un quart de la population consomme des anxiolytiques, des antidépresseurs ou des somnifères. Un record en Europe !"

Mais ce qui préoccupe le plus Boubacar, c'est la perte de sociabilité. "Ici, les gens ne se parlent plus, ou mal. L'aridité relationnelle, la solitude, le culte de l'apparence font des ravages. C'est pourquoi notre première action consiste à recréer du lien social, sur des bases de bienveillance et d'entraide".

Concrètement, BFS organise des soirées de voisinage. Un animateur-convivialité (AC) fait le tour des immeubles pour inviter les gens à partager un plat, une chanson, une histoire. "La participation et l'ambiance ne sont pas toujours au rendez-vous... Mais c'est normal, il faut du temps". note Boubacar, résolument optimiste.

Pour pérenniser son action, BFS forme des animateurs locaux. Ainsi Julien, animateur-convivialité à Evry (Sud de Paris) depuis deux ans. De retour d'un stage au Mali, il nous confie ses impressions : "Là-bas, la sociabilité et l'entraide sont impressionnantes ! Pas facile de recréer la même chose ici. L'un des principaux obstacles, c'est le manque de temps. En France, la plupart des gens vivent à un rythme fou. Ils passent deux heures par jour dans les bouchons, huit heures dans un bureau à respirer de l'air conditionné, quatre heures devant la télévision. Difficile de briser ce cercle vicieux".

La plus grande réussite de Julien ? "J'ai inventé un stage de 'détélétoxication'. Le premier atelier consiste à calculer le temps que chacun (e) passe devant le petit écran au cours de sa vie. Quand les accrocs du zapping réalisent qu'à 60 ans, ils auront passé 10 ans devant la télévision, c'est souvent un électrochoc.  On aide alors les participants (es) à se désaccoutumer progressivement, à redécouvrir des activités plus créatives, collectives et conviviales. Les résultats sont parfois spectaculaires".

Encouragée par ces succès, BFS a établi une antenne permanente à Paris et diversifie ses actions. Nouveau chantier en cours : la revitalisation agricole. Explications de Liberté M'bouet, la responsable du projet : "La France traverse une profonde crise agricole. Les rendements de l'agriculture intensive sont prodigieux, mais à quel prix... Les sols sont détruits, les eaux sont polluées, les paysans disparaissent. Une impasse écologique et sociale !"

Mais la plus grande indignation de Liberté, c'est le goût des produits. "Regardez cette chose insipide ! s'exclame-t-elle, un fruit translucide à la main. Ici, les gens appellent ça une tomate... On devrait plutôt dire une pétrotomate ! Elle est cultivée dans une serre chauffée, sur une roche sur laquelle circule une solution nutritive, le tout géré par des dispositifs électroniques. Et encore, je ne vous parle pas des nitratabricots, des pesticerises ou des chimoranges... Après, on s'étonne que les petits Français préfèrent les fast food aux fruits et légumes frais !"

Les conséquences sur la santé sont déjà visibles, puisque la France compte 15% d'obèses. "Sans parler du gaspillage ! De quoi nous faire bondir, nous, maliens. 50% des salades produites intensivement sont jetées à cause du stockage et du transport !" s'indigne Liberté.

Pour contrer cette évolution, BFS a lancé le programme 'D'autres pommes sont possibles'.

"Nous allons rencontrer les gens directement dans la rue. Nous leur faisons goûter des pommes bio produites localement. Nous les invitons ensuite à rejoindre des marchés de producteurs locaux ou participer à une AMAP2. Ça marche plutôt bien." se félicite Boubacar.

Autre lieu, autre projet. C'est à Gaillac, petite ville du Sud de la France, que nous rencontrons Pablo POPITE, Délégué Général de Démocrates Sans Frontières (DSF), une ONG vénézuélienne.

"La première fois que je suis venu en France, j'ai été frappé par le vide politique, raconte Pablo. Les gens sont dépolitisés, ils n'ont quasiment aucun contrôle sur les affaires publiques. Sans parler du haut niveau de corruption qui règne au sein du gouvernement." Cette situation a encouragé Pablo à créer DSF : "Nous proposons aux mouvements politiques français notre expertise théorique et pratique sur la démocratie directe au Vénézuéla, sur le soutien des luttes sociales, la création de médias alternatifs, etc."

Une action souvent difficile. "La plupart des gens vivent une déconnexion entre leurs idéaux et leurs pratiques, y compris dans les franges les plus critiques de la population. J'ai en tête l'exemple de ce militant altermondialiste se promenant une canette de Coca-Cola à la main. Ou encore cette femme qui fredonnait une chanson anticapitaliste dans un rayon de supermarché. Sans parler de ceux qui se rendent à une conférence sur le pillage du pétrole africain... en voiture !"

Loin d'être découragé, Pablo reste cependant ironique : "Quand on sait que le mode de vie français consomme l'équivalent de quatre planètes, on s'inquiète quand certains altermondialistes affirment qu'ils veulent un autre monde..."

Dernière ONG rencontrée lors de notre enquête, Sens Du Monde (SDM). Cette association tibétaine basée en France lutte contre le tourisme de masse.

Padüp Purinsooh, anthropologue à l'Université de Lhassa, nous explique la philosophie de cette association créée en 2002 : "Au Tibet, les avions déversent chaque année des centaines de milliers de touristes occidentaux en mal d'exotisme. Cette situation déclenche des réactions d'ostracisme de la part des tibétains. Beaucoup ont peur de voir le Tibet devenir comme la Thaïlande, pays qui subit presque 20% de tourisme sexuel."

Pour endiguer ce racisme anti-blanc, SDM tente de traiter le mal à la racine, en menant des actions en

Occident, notamment en France. "Il faut décoloniser les imaginaires, affirme Padüp Purinsooh. Le tourisme de masse est l'une des conséquences du consumérisme occidental. Galvanisé par 50 ans de publicité, le Français cherche le bonheur conforme qu'on lui agite devant les yeux à grands renforts de publicité."

Concrètement, SDM envoie des équipes tibétaines en France. "Nous nous asseyons dans la rue avec des petits panneaux sur lesquels est marqué 'Une petite pensée pour sauver la planète SVP', explique Padüp. Les passants étonnés s'arrêtent, une discussion s'engage. Nos équipes sont sélectionnées pour leur vivacité argumentaire. En quelques phrases et quelques questions, elles déstabilisent les gens, les invitant à réfléchir aux besoins fondamentaux de leur vie. Vous savez, les Français traversent une grave crise d'hétéronomie. Ils ont bien du mal à imaginer autre chose qu'une vie conformiste, un travail, une maison, une auto, etc…

Avec SDM, nous leur permettons de réfléchir aux conséquences à moyen terme de ce mode de vie, notamment pour les générations futures. D'une certaine manière, nous sommes là pour 'donner faim à ceux qui ont du pain', ironise Padüp, le sourire aux lèvres. La France a besoin d'une soif de nouveaux désirs, une soif de liens sociaux, de démocratie, d'écologie !"

Réflexion sur le sens de la vie, recréation de lien social, repolitisation de la population... Vous l'aurez sans doute deviné, ces initiatives maliennes, vénézuéliennes et tibétaines sont le fruit de notre imagination débordante.

Une manière espiègle d'inverser, pour une fois, l'image habituelle de l'Occident seul bienfaiteur des populations du Sud. Un message aux amis (es) du Tibet, du Vénézuéla, du Mali et d'ailleurs : venez aider la France et les français à faire vivre la décroissance !

 

Informations provenant de SYFIA

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Butembo : Se former à l’étranger pour mieux travailler au pays

 

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) De plus à plus de jeunes de Butembo au nord de la RD Congo partent se former, souvent en marketing, dans les pays d’Asie, en Chine et en Indonésie surtout. Mais ils rentrent ensuite investir au pays et y monter de rentables affaires. 

 

En grimpant au quatrième niveau du bâtiment Palos en plein centre ville de Butembo ( 320 km au nord de Goma), on est vite surpris par le nombre d'activités exercées ici. Nous sommes à la "place Kilimandjaro". Plus de 10 jeunes filles et garçons s’activent. Certains dans la cuisine du restaurant, d’autres dans le salon de coiffure et d’autres encore reçoivent, orientent et servent les clients. Le patron n’est pas loin. Il est partout pour surveiller jusqu’aux moindres détails.

Pour le rencontrer au calme, il faut aller dans la salle de formation. La barbe broussailleuse et les vêtements bien coupés, John Silusawa est le jeune entrepreneur qui a monté ces affaires. Il enseigne aussi le chinois parlé aux habitants de la ville depuis plus d’un an. Après 15 mois en Chine comme immigré résident, il est rentré au pays pour investir. "J’ai compris qu’il est important de revenir vivre chez soi. Chez autrui, il n’a jamais fait beau," explique ce jeune homme calme aux cheveux mal peignés.

 

Apprendre à faire des affaires

D'autres jeunes comme lui reviennent bâtir leur vie au pays après un temps à l'étranger. Ils partent en Chine ou dans d’autres pays d’Asie, le plus souvent en Indonésie où ils apprennent des métiers surtout liés au commerce mais aussi la cuisine ou la coiffure. Ils en profitent aussi pour apprendre l'anglais. "Moi j’ai passé deux ans à Jakarta à apprendre l’informatique, je suis revenu et j’ai crée mon secrétariat public et je m’en félicite", témoigne joyeusement Jean Baptiste Kakule. Il ajoute qu’il est "important de toujours songer à revenir un jour chez soi et prouver qu’on n’avait pas fui les siens". "Lorsque nous partons, c’est toujours avec l’idée d’apprendre d’abord avec l’idée que nous devons revenir. Du coup nous capitalisons le temps passé à l’étranger," explique Mwendapole Katsuva qui a investi dans le commerce des voitures d’occasion après deux ans passés à Guangzhou en Chine. D’autres en profitent pour tisser des liens d’échanges commerciaux. "Quand on va en Chine, c’est avec l’idée d’aller apprendre ce qui fait la fierté de ce peuple travailleur et de revenir le pratiquer ici chez nous, témoigne Jean Baptiste Kakule. L’amitié qu’on entretient une fois de retour fait que les autres ont du respect pour vous à l’étranger comme au pays."

 

Partir pour revenir

Dans la coutume Nande (peuple qui habite Butembo en plus de 90%) un diction dit : "On n’atteint pas les cheveux blancs loin de chez soi", en d’autres termes, "on ne peut pas devenir vieux loin de son terroir." "Ce qui fait que l’on songe toujours à rentrer, même lorsqu’on a une vie aisée ailleurs", confirme Polycarpe Ndivito, président de la Fédération des Entreprises du Congo.

Certes, certains restent absents de longues années mais ils finissent toujours par revenir. "Souvent c’est pour des raisons de coopérations économiques. Ceux qui restent deviennent des facilitateurs dans les transactions entre les opérateurs de chez nous et ceux du pays hôte, des sortes de commissionnaires.  Mais toujours, ils finissent par revenir au pays travailler pour eux mêmes après avoir gagné un peu d’argent à investir", explique John Silusawa.

Partir pour rester, on n’y songe jamais. Un jour il faut revenir, travailler pour la communauté et vivre avec les siens. Selon Polycarpe Ndivito, il en a toujours été ainsi : "Des opérateurs économiques qui ont été les premiers à voyager vers l’étranger dans les années 80, personne n’a décidé de s’installer définitivement là. Ils sont tous revenus travailler ici et faire fortune."

 

Kennedy Wema


 

Europe : Des immigrés prisonniers de leurs mensonges

 

(Syfia Europe) Porteurs des espoirs de leurs familles, beaucoup de jeunes immigrés africains préfèrent affronter seuls leurs problèmes en Europe. Un mensonge en entraînant un autre, ils ne parlent pas à leurs proches de leurs regrets d’être partis et de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Ceux qui osent dire la vérité se sentent soulagés.

 

Nostalgique, C.H regarde défiler les photos de sa famille sur son ordinateur portable. Il le sait  bien, cela  réveille en lui de mauvais souvenirs, mais il ne peut pas s’en empêcher. Il se rappelle de sa dernière journée en RD Congo. Il avait alors visité tous ses proches pour leur dire adieu. Tous étaient contents de lui et pleins d’espoir, convaincus que leur enfant allait vivre dans un pays sécurisé, gagner beaucoup d’argent et aider la famille à sortir de la pauvreté.

En réalité, C.H commençait en France une vie d’isolement et d’incertitude, loin des siens. "Depuis mon départ il y a sept ans, je n’ai jamais été heureux. Je ne savais pas que je venais ici pour faire partie de ces sans-papiers que j’écoutais souvent à la radio", confie ce jeune d’une trentaine d’année, visiblement triste. "Mes amis en Europe  avaient promis de m’aider à étudier et à trouver un bon boulot. Mais, quand je suis arrivé, ils m’ont dit que je devais remettre mon passeport et demander l’asile, si je voulais rester, car mon visa allait bientôt  expirer. ".

"Après, tu auras tout ce que tu désires et surtout de l’argent", me promettaient-ils encore. Un faux espoir, un de plus. Sa demande d’asile est rejetée et C.H. devient lui aussi un sans-papiers. Actuellement, il ne peut ni travailler, ni continuer ses études sur le sol français. Son rêve de devenir ingénieur s’est éteint. Il passe toute la journée à ne rien faire, la peur au ventre. A tout moment il risque en effet d’être expulsé en RD Congo.

 

"Mentir à la famille ne profite jamais"

En France, en Hollande, en Belgique et en Angleterre, C.H. connaît des dizaines de clandestins. Comme bon nombre d’entre eux, il cache la vérité à sa famille. "Mon papa risque de se suicider s’il apprend que je vis de l’aide sociale. Lui-même est pauvre et donc incapable de m’assister financièrement. Pourquoi mes parents devraient-ils s’inquiéter pour moi ? Je préfère leur dire que j’étudie bien et que je cherche du travail. Je leur raconte que c’est difficile d’en trouver avec la crise économique, mais que j’espère pouvoir envoyer un peu d’euros dans les prochaines années", explique C.H., qui regrette amèrement d’avoir déjà perdu sept ans de sa vie en Europe. Avec ses amis proches qui veulent à leur tour venir, il est un peu plus bavard : "Je ne peux pas leur dire toute la vérité, mais je leur conseille d’y penser à deux fois, car la vie ici n’est pas aussi bonne qu’on le pense quand on est en Afrique. " 

Nombreux sont les jeunes migrants qui se retrouvent en quelque sorte prisonniers de leurs promesses et de leurs mensonges. A. M. est de ceux-là : "Cela fait trois ans que je rassure ma copine qu’elle va me rejoindre… Mais, comment l’amener ici,  alors  que je  ne peux même pas lui envoyer quelques sous ? Je ne sais pas comment me tirer de cette situation. Certains préfèrent couper la communication, mais pour moi ce n’est pas la bonne option. " En Belgique depuis trois ans, sans  espoir de trouver ni boulot ni d’être intégré à l’université, ce jeune homme de 28 ans envisage de révéler la vérité à sa copine et de lui demander de l’aider à informer sa  famille. Mais, rien ne dit que cette dernière compatira à ses malheurs… "Chaque fois qu’on se téléphone, elle me demande comment vont les études. Je réponds que ça roule bien. Je lui ai tellement menti… Je lui  ai même dit qu’elle devrait chercher un passeport dans les plus brefs délais, ce qu’elle a vite fait… J’ai peur qu’elle ne me pardonne pas", craint-il.

Les immigrés d’Europe qui ont le courage de dire dès le départ la vérité à leurs familles sont soulagés moralement et quelquefois même aussi financièrement. "Je savais dès le départ que mentir à la famille ne profite jamais. J’ai donc osé demander à  mon  frère de m’envoyer de l’argent. Autrement, je n’aurais pas pu m’en sortir. Cela m’a  aidé jusqu'à ce que je trouve du travail", se félicite une Rwandaise, en Belgique depuis trois ans. Elle conclut, comme un conseil aux autres : "Il n’y a aucune raison de mentir à tes parents, à tes frères et sœurs. Si tu souffres, ils sont prêts à souffrir avec toi ! "

                                                                                              Jean Fichery Dukulizimana


 

Beni : Rentrer cultiver au village pour investir en ville

 

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Le développement rapide de Beni, au nord de Goma, a poussé de nombreux citadins au chômage et des petits agriculteurs périurbains à aller cultiver loin dans les campagnes. Un retour facilité par l’amélioration de la sécurité et de l’état des routes. Mais beaucoup rêvent de regagner la ville pour monter une nouvelle affaire…

 

Le paysage autour d’Eringeti ressemble à un vaste champ bien vert. Sur les versants des montagnes qui surplombent ce village situé en bordure d’une route asphaltée, à 60 km de Beni, au nord de Goma, des plantations et champs de bananiers, cacaoyers, papayers, maïs, haricots, arachides, etc. s’étendent à perte de vue.

Même constat dans d’autres villages. Luna-Etat, Kata Beyi, Otomabare, Mayi Moya, situés sur l’axe routier Bunia-Makiki, à l’est de Beni, ont vu leurs alentours envahis par de vastes champs. Tous ou presque appartiennent aux gens venus de la ville, principalement de Beni.

Lassés de ne rien faire dans les grandes agglomérations, ces citadins s’installent depuis ces deux dernières années dans les campagnes où ils acquièrent des étendues de terre qu’ils cultivent. "Je ne pouvais plus rester en ville car mes affaires ne marchaient plus et la vie devenait intenable", affirme Amani Kataliko, ancien déclarant en douane qui s’est établi à Bella où il cultive plusieurs hectares de terre. Commerçant en faillite, Evariste Kakule, lui, s’est momentanément reconverti en planteur de cacao au village Mayi Mayo où il compte reconstituer un fonds de redémarrage de son commerce.

 

Démographie galopante

La pression démographique explique notamment cet exode urbain. Depuis que Beni a été érigée en ville en 2003 la population de cette ville a augmenté de plus de 60 %. Elle compte aujourd’hui 500 mille habitants. Une démographie qui a entraîné l’extension désordonnée de la ville. Les arbustes et les espaces verts tout autour ont petit à petit disparu, laissant place aux maisons d’habitation. Pour des milliers des cultivateurs périurbains, c’est un coup dur. "Avant que la cité ne devienne administrativement une ville, il y avait des champs juste aux alentours. Des agriculteurs s’y rendaient le matin sans trop de difficulté et rentraient le soir avec des produits destinés à la vente ou à la consommation domestique", se souvient Masumbuko Zaza, chef de bureau à la commune Mulekera.

Aujourd’hui, ils sont contraints d’aller loin de Beni pour cultiver. Certains avaient commencé à occuper les aires protégées du Parc des Virunga. Mais "les paysans qui ont cultivé un certain moment sur le latéral du parc ont été chassés", se réjouit Boris Kakule, de l’Ong Solidaire pour la nature. "Ils doivent cesser de rêver, le parc ne sera pas morcelé pour eux", met en garde le service du développement rural à Beni. 

La maladie du café qui a ravagé les plantations de la région a, par ailleurs, laissé sur le pavé de nombreux travailleurs qui en dépendaient. Certaines entreprises tombées en faillite ont, en effet, fermé leurs dépôts et usines de café, augmentant ainsi le nombre de chômeurs en ville. "J’assumais les fonctions de chef d’usine avant de me retrouver dans la rue", se souvient Barthélemy Kimuha qui cultive aujourd’hui des champs à Luna-Etat.

 

Reculer pour mieux sauter

Ceux qui décident de retourner faire les champs dans les villages sont encouragés par les conditions sécuritaires, qui s’améliorent après plusieurs opérations militaires menées ces derniers mois par l’armée congolaise. Mais aussi par les routes de desserte réfectionnées, qui permettent l’évacuation des produits vers les grands centres urbains. Habitué à flâner dans les rues de Beni, Mathias Kambere est aujourd’hui fier. Quelque temps après son arrivée au village, il savoure déjà les premières récoltes. A Luna-Etat, "j’ai cultivé en peu de temps des amarantes et des aubergines. Avec les premières ventes, je viens d’empocher 200 $", se réjouit Mathias qui ne pouvait rêver gagner autant d’argent du temps où il était habitué à vadrouiller dans les rues de Beni.

Nombre de ces citadins envisagent cependant de retourner en ville. Ils sont flattés à l’idée d’y faire un triomphe après les bons résultats récoltés à la campagne. Etienne Musavuli qui tient une dizaine d’hectares de champs de manioc à Otomabare, localité située à 120 km de Beni promet un retour triomphal en ville. "Actuellement, explique-t-il, nous cultivons des variétés améliorées de manioc. Cette production me permettra de m’organiser et pourquoi pas monter  une boutique. Les amis seront très étonnés quand ils me verront débarquer en ville tout relooké".

 

                                                                                                   Jacques Kikuni Kokonyange


 

Kasaï occidental : Les ménagères font du commerce pour arrondir les fins de mois

                            

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) A Kananga, à lest de la RD Congo, les conditions de vie de plus en plus difficiles amènent de nombreuses femmes à se lancer dans le petit commerce, pour compléter les salaires modiques de leurs maris. Les bénéfices sont insignifiants mais elles arrivent à joindre les deux bouts.

 

"Comme fonctionnaire de lEtat, mon mari touche un salaire mensuel de 34 000 FC (37$). Chaque mois, il me remet 20000 FC pour la nourriture et tous les frais du ménage. Que puis-je faire avec cette somme. Je dois donc me débrouiller pour arrondir les fins de mois", se plaint maman Kapinga, femme au foyer à Kananga, à lest de la RD Congo. Avec cette modique somme, elle doit en effet trouver des solutions. Comme dautres femmes dans sa situation, elle fait du commerce pour joindre les deux bouts. Partout en ville, les vendeuses ont pris place le long des avenues, devant les parcelles et les étalages ne se comptent plus. Des sachets de sucre à 50 FC, du sel, du savon, des biscuits, des bonbons, toutes sortes de denrées sont proposées aux passants.

 

Des revenus sécurisés

Au moment de faire les comptes, les bénéfices sont insignifiants. Ces vendeuses nespèrent dailleurs pas faire fortune avec cette activité, car les temps sont durs pour tout le monde. Les marges bénéficiaires permettent à peine de tenir le coup à la fin du mois, jusquau paiement du salaire du mari. Largent liquide est trop vite dépensé en futilités, pensent-elles. Autant ne pas prendre de risque et investir dans lachat et la revente au jour le jour des denrées de première nécessité. Il ny a pas de risque de perte, car les poissons salés, la farine, le manioc et autres produits non vendus sont consommés par les ménages eux-mêmes.

"Nous faisons ce commerce pour sauvegarder le budget familial et les bénéfices que nous réalisons, aussi maigres soient-ils, nous offrent une marge de sécurité quand les salaires ne sont pas payés à temps", déclare Marie-Josée, vendeuse ambulante. Tous les jours, elle sillonne la ville pour vendre de lhuile de palme. "La vente dun bidon de 20l dhuile de palme me permet de réaliser un bénéfice jusquà 2500 FC, ce qui nest pas négligeable pour moi. Je parcours donc tous les quartiers pour écouler ma marchandise afin de pouvoir acheter de la farine de maïs et de manioc. Et ainsi de suite tous les jours", ajoute Marie-Josée qui, pour compléter ses provisions journalières avec des légumes, peut compter sur ses enfants qui soccupent du potager. 

 

Elles prennent les choses en main

Les plus organisées parmi les commerçantes arrivent à épargner un peu dargent pour supporter dautres charges familiales. "Nous formons un groupe de trente vendeuses et chaque jour, nous mettons de côté chacune 100 FC. A la fin du mois, cela nous fait une somme que nous pouvons utiliser pour les frais scolaires par exemple. Sans trop de peine, je paye tous les mois 1000 FC pour les études de mes filles", raconte une vendeuse.

Habituellement au chômage ou confinées dans les tâches domestiques, ces femmes vendeuses sont aujourd’hui pour la majorité satisfaites davoir trouvé ce moyen pour sen sortir et ne plus dépendre entièrement du salaire de leurs maris. Même si cela exige certains sacrifices, comme être absentes du foyer toute la journée et de délaisser les enfants. "Nous commençons à nous habituer à cette situation car maman nest à la maison que pendant les week-ends", se plaint à demi-mot Kalala, dont la mère est commerçante.

Les choses sont un peu plus compliquées pour les maris qui nont aucun contrôle sur les activités et les revenus de leurs épouses. Certains hommes auraient même préféré que les femmes rentrent à la maison avec les recettes journalières plutôt que des marchandises. "Pour moi, il est exclu de rentrer avec de largent en espèces après une journée de travail. Et pas question non plus, que mon mari profite seul du fruit de mon travail. Avec les marchandises que je ramène le soir, il ne peut rien faire pour lui-même", se défend Isabelle Ntumba, vendeuse de farine et de fretins pas loin du marché central.

Julienne Elameji


 

Goma : Fausse quinine : attention danger !

 

(Syfia Grands-Lacs/Rd Congo) A Goma, à l’est de la RD Congo, pharmaciens et autorités sanitaires s’inquiètent de la prolifération de faux médicaments contre le paludisme. Ils appellent à la vigilance, car la quinine sous dosée est inefficace et dangereuse.

 

"La maladie s’aggrave de jour en jour et pourtant, j’ai pris de la quinine. Je vais voir un autre médecin afin de m’assurer que je n’ai pas été empoisonné", se plaint Blaise Mutoka, un habitant de Goma, à l’est de la RD Congo, couché à même le sol. Il a une crise de paludisme et pour son malheur, il a été soigné avec de la fausse quinine. Comme lui, de nombreux paludéens sont traités avec de faux médicaments, malgré les efforts des autorités sanitaires pour combattre la vente et l’administration de ces produits illicites.

 

Un problème de santé publique

Dans un pays où le paludisme est la première cause de mortalité, surtout chez les enfants, l’administration de quinine inadéquate expose les malades à des complications sévères et met en danger la vie de millions de personnes. "Le paludisme est la maladie la plus répandue au Congo. Huit personnes sur dix hospitalisées et la plupart des malades en soins ambulatoires souffrent de la malaria. Dans les cas sérieux, nous administrons de la quinine, seul médicament curatif qui peut être efficace, précise Henri Kambale Takenga, pharmacien inspecteur du Nord-Kivu. Si le médicament est de mauvaise qualité ou sous dosé, le traitement peut s’avérer inefficace et même dangereux. Dangereux parce qu’il peut induire une certaine résistance, engendrer des défaillances ou provoquer une toxicité dans l’organisme."Selon lui, la quinine bien dosée, est une arme de dernier recours dans la lutte contre le paludisme.

Il s’inquiète des conséquences à moyen ou long terme de la vente de ces médicaments inefficaces dans certaines structures médicales de la province du Nord-Kivu bien qu’un stock de fausse quinine ait été intercepté et saisi récemment. "Nous avons été interpelé par la zone de santé de Kirotshe où le paludisme semblait résister à la quinine. Nous avons procédé à des vérifications et sommes tombés sur un lot de médicaments contrefaits que nous avons confisqués. Depuis, nos équipes sont sur le terrain, et le médecin inspecteur a diffusé une note circulaire dans toute la province", explique encore Henri Kambale Takenga. Il appelle à la vigilance tous les médecins, chefs de zone de santé de la province du nord Kivu, ainsi que les pharmaciens et les superviseurs dans tous les territoires et districts, afin que chacun, à son niveau, vérifie l’origine et la qualité des produits administrés aux paludéens.

 

La chasse aux trafiquants

L’autorité sanitaire de la province lance un appel au calme mais n’en reste pas moins ferme à l’égard des trafiquants de faux médicaments. "Nous sommes en contact régulier avec l’ensemble des pharmaciens et des responsables de structures médicales, afin de démasquer et d’arrêter les personnes qui mettent sur le marché des produits impropres à la consommation. Ces trafiquants seront traduits en justice et punies pour ces actes criminels car ils mettent en danger la vie des populations", s’indigne Dominique Baabo, Inspecteur provincial de la Santé de la province du Nord-Kivu qui révèle que les saisies opérées par le service urbain des pharmaciens dans une structure médicale à Goma, n’ont pas permis de mettre la main sur les vrais responsables du trafic.

Pharmakina, la firme qui produit et distribue la vraie quinine, suit de près les enquêtes menées par l’Inspection provinciale de la Santé et apporte sa collaboration pour l’identification des produits dangereux. Une tâche qui s’annonce difficile, car la fausse quinine, produite principalement en Inde et acheminée au Congo via la Tanzanie ou le Kenya, est distribuée clandestinement dans un emballage identique au modèle produit en Europe. Même dans les officines sérieuses, les vendeurs ne distinguent pas toujours le vrai du faux. Selon Tosh Mambu, pharmacien, la seule garantie de vendre de la quinine de qualité, c’est de respecter les circuits réguliers d’approvisionnement. "Respecter cette règle nous évitera les approvisionnements en médicaments peu fiables", recommande-t-il à ses collègues.

                                                                                                  Alain Wandimoyi


 

Rwanda : Une mutuelle de santé pour les vaches

 

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Les éleveurs du district de Gisagara au sud du Rwanda ont lancé, depuis peu, une mutuelle de santé pour soigner leurs vaches à moindre coût. Depuis lors le nombre de bêtes mortes de maladies a considérablement baissé.

 

"Si la mutuelle de santé a marché pour nous pourquoi pas l’essayer pour le bétail ?", constate Triphonie Mukagasimba, membre du comité de gestion de la mutuelle de santé pour la vache de Save au sud du Rwanda. Depuis six mois, les éleveurs de cette région ont initié une caisse mutuelle pour soigner  leurs vaches. L'opération "une vache par famille pauvre" lancée par le gouvernement a multiplié le nombre de vaches de race améliorée dans les campagnes. 

Cependant, selon Kamanzi, agriculteur-éleveur, ces vaches qui produisent plus de lait sont cependant plus souvent malades que les vaches locales : "Elles s’adaptent difficilement au climat et certains paysans ignorent encore comment les élever." Partant de la réussite de la mutuelle de santé pour les Rwandais, 76 éleveurs en ont lancé une pour soigner les vaches. Actuellement ils sont plus d’une centaine à s’entraider dans l’élevage de leur bétail. Triphonie remarque qu'" actuellement les vaches sont soignées rapidement grâce à la mutuelle. Avant les éleveurs leur donnaient les médicaments traditionnels par manque de moyens, certaines vaches en mourraient."  Pour elle, le coût des soins pour ces vaches était très élevé pour un seul  éleveur ce qui explique leur forte mentalité.

 

Moins de  morts

Chaque éleveur  cotise 2000 Frw (4$) par an.  Cette somme est donnée en quatre tranches de 500 Frw (1$) par trimestre pour permettre aux plus pauvres d’entre eux de réunir la somme sans trop de difficultés. Triphonie explique que "cette cotisation permet à l’éleveur de payer les médicaments pour soigner sa vache chaque fois que  la maladie se présente durant l’année."  Celui qui n’a pas de mutuelle doit payer cinq fois plus cher, ce qui est difficile pour un paysan pauvre.

Selon le vétérinaire du secteur de Save, Nshimiyimana Théogène, durant les quatre mois passés, seule une vache sur 16 est morte de maladie contre 10 avant l'existence de la mutuelle. Selon Habimana, un autre éleveur de la même région, "quand une vache est malade, le paysan appelle directement le vétérinaire qui la soigne et la mutuelle paie la totalité de la facture. Ainsi les vaches ne meurent plus comme avant ’’. 

En outre, cette caisse mutuelle gérée par les éleveurs eux-mêmes à travers un comité de gestion,  permet aux paysans de partager leurs expériences afin de prévenir les maladies du gros bétail.  Les membres envisagent d’ouvrir une pharmacie vétérinaire qui leur permettra d’accéder aux médicaments rapidement et à moindre coût. Cette initiative est entrain d’être imitée actuellement dans  les districts voisins de Gisagara.

Solange Ayanone


 

Bandundu : Des paysans contraints d’utiliser les engrais

 

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) La baisse de la production agricole due à l’appauvrissement des terres arables, contraint les paysans de l’est de Bandundu gagnés par les disettes, à accepter l’usage des engrais chimiques. Jusque-là, ils ne voulaient pas de ces fertilisants qui rendraient, selon certaines croyances locales, leur sol stérile.

 

Chaque jour, de longues files de paysans au dos brûlé par les rayons du soleil se dirigent, infatigables, vers la forêt de Bonsumi, à 17 km à l’est de Bandundu, capitale de la province du même nom, au nord-est de Kinshasa. C’est dans cette forêt au sol argilo-sabloneux qu’ils ont toujours cultivé, à la houe, leurs champs. Mais la terre s’est tellement appauvrie au fil des ans que les rendements ont baissé ces dernières années. Sur un hectare cultivé, les paysans récoltent difficilement trois sacs de cossettes de manioc de 50 kg par an. Il y a une dizaine d’années, ils produisaient sur la même étendue une dizaine de sacs dans l’année. "Il semble qu’il existe des produits qui rendent le sol productif, disent un groupe d’agriculteurs en route pour leurs champs. Nous souhaitons que les agronomes nous aident à introduire cette nouvelle technique culturale.

S’ils connaissent l’existence des engrais chimiques, ces paysans ont jusque-là été réticents à en faire usage. Des idées reçues leur ont, en effet, toujours fait croire qu’ils sont nocifs pour les sols. "Ils se fient à des mythes que nous devons briser", explique Clément Tayeye, qui fait partie d’un groupe d’animateurs communautaires, de moniteurs agricoles et d’agronomes qui s’emploient à faire disparaître ces idées de leur tête et les encouragent à recourir aux engrais.

 

Les limites des pratiques traditionnelles

Depuis la nuit des temps, les paysans de cette contrée ont toujours pratiqué l’agriculture traditionnelle sur brûlis. Après le déboisement et ils mettent le feu, les cendres et le charbon de bois enfouis au sol lors des labours servent de fertilisants. "C’est après deux ou trois grandes pluies que l’on peut semer", raconte Boniface Pamana Diamite, un agriculteur. Mais les experts en agriculture leur déconseillent cette pratique. " Brûler les champs n’est pas une technique à encourager, leur répètent-ils. Elle détruit le sol qui s’appauvrit et devient improductif par la suite." L'absence de jachère ne permet pas la régénération des sols…

La plupart des terres cultivables étant devenues peu fertiles, les disettes sont devenues récurrentes dans la région. Dans les secteurs Kwango-Kasaï et Manzasay qui sont les plus touchés dans le territoire de Bagata, les populations n’ont plus de manioc, leur aliment de base. Pour avoir ce produit, le maïs ou l’huile de palme que la contrée produisait avant, "nous allons nous approvisionner à pied ou à vélo dans le territoire voisin de Bulungu", témoigne Fulgence Nkanzi, un habitant. "L’utilisation des engrais est une nécessité incontournable et nous devons les accepter si nous voulons vraiment avoir des bons résultats", se convainc Boniface Pamana.

 

Démystifier les engrais

La tâche des experts agricoles est facilitée dans certains villages où était installée une entreprise de production et de commercialisation de cigarettes. Elle utilisait déjà des engrais dans ses cultures de tabac et sa production était abondante. Après l’arrêt de ses activités il y a une vingtaine d’années, les paysans ont continué à exploiter les espaces cultivables abandonnées pour leurs cultures vivrières. Durant les premières années, "sésames, maïs et manioc y poussaient merveilleusement bien", témoigne Nova Boy Moke Ngunza, un agronome du secteur.

Dans la capitale provinciale, quelques hectares ont été cultivés sur le site qui abrite les bureaux du gouverneur. C’est un champ de démonstration pour "démystifier l’usage des engrais et encourager les agriculteurs à les utiliser", explique Lambert Muyembe, agronome chef du site. "S’ils sont appropriés au type de sol, il n’y a aucun inconvénient d’en faire usage", rassure Nova Boy. Pour l’instant, le Service national des semences donne gratuitement ces fertilisants aux petits paysans qui en font la demande. Mais les agriculteurs qui exploitent de grandes étendues de 50 à 100 ha, doivent acheter les engrais au Service national des fertilisants et intrants connexes, à 1 $ le kilo.

 

Désiré Tankuy 

 

 

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Justice : Retour sur la catastrophe ferroviaire de Yanga…

Au Congo, qu'on ait affaire à une catastrophe ferroviaire ou aérienne, les seuls coupables désignés sont les petits, cheminots ou pilotes. Le matériel, si vétuste soit-il ne peut être mis en cause et les héroïques pilotes de l'Antonov, qui ont fait tout ce qu'ils ont pu pour faire le moins de dégâts possible sont déclarés responsables du crash. Comme ils sont morts, ils ne sont pas en position de se défendre tant bien même nous savons tous que deux moteurs de l'aéronef étaient en panne au moment de l'accident. Pour les conducteurs du train accidenté à Yanga, la situation est similaire, incarcérés depuis les faits, ils sont les lampistes qui paient pour les vrais responsables : les pouvoirs publics en la personne du ministère des transports et la direction du CFCO.

La vox populi ne s'y trompe pas.

 

«Les pauvres conducteurs n’ont rien à voir… » 

 

Pour les familles des victimes et les survivants, les causes de l’accident du train Océan du 21 juin 2010 à Yanga, sont ailleurs. Pas sur la tête des deux conducteurs. Et le tribunal de grande instance de Pointe-Noire semble multiplier de bien flagrants vices de procédure. 

Bras ou pieds amputés, grosses cicatrices aux joues,…Les séquelles de la catastrophe ferroviaire de Yanga ne sont pas encore effacées. Elles ont été davantage visibles le 14 juin dernier au tribunal de grande instance de Pointe-Noire. Victimes, ayants droits, Ong et de nombreux observateurs ont ce mardi-là répondu massivement à l’appel des autorités judiciaires ponténégrines. Ce, pour entendre devant le public deux citoyens congolais pour « homicide involontaire » suite à l’accident ferroviaire du train Océan qui s’était produit dans la nuit du 21 au 22 juin 2010 à Yanga, à l’est de Pointe-Noire. Le bilan officiel fut de 76 morts et plus de 400 blessés.

Ecroués le 24 juin 2010, les deux prévenus sont restés détenus sans être jugés pendant un an. Ce qui a suscité la réaction de certaines organisations de la société civile. Dans un communiqué de presse daté du 12 mai dernier, la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (Rdph), attirait «l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur la détention prolongée et sans jugement de Messieurs Miyalou Moungondo Cyprien et Kikondi Gambou Antoine, agents conducteurs du Chemin de Fer Congo Océan (CFCO), incarcérés depuis le 24 juin 2010 à la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire, suite à l’accident ferroviaire survenu à Yanga le 21 juin 2010… ». Un état de choses que la Rdph avait jugé « déplorable pour un Etat qui se dit de droit, étant donné qu’on assiste là à une sorte de condamnation sans jugement préalable de personnes qu’on laisse mourir à petit feu », selon l’expression de Franck Loufoua Bessy, chargé des programmes à la Rpdh. Et si ces personnes meurent à petit feu, c’est parce que «les deux détenus âgés de 47 ans (Miyalou) et 63 ans (Kikondi) souffrent de rétention d’urine aigue, d’insuffisance rénale, d’hypertension artérielle et d’hémorroïdes internes», révèle encore la Rdph citant l’infirmier major de la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire.

 

« Nous n’avons pas affaire aux deux conducteurs, plutôt à l’Etat »

A la première audience de ce procès, la défense s’est pliée en dix pour démontrer le caractère arbitraire de la détention prolongée des deux conducteurs et partant obtenir leur liberté provisoire. Evoquant notamment l’article 9 de la constitution de 2002 et l’article 11 de la déclaration universelle des droits de l’homme sur la présomption d’innocence. Des dispositions du code de procédure pénale ont également ont été largement commentées pour signifier que la détention provisoire ne peut aller au-delà de quatre mois, elle ne peut être prorogée que de deux mois.

Mais la demande a été rejetée par le tribunal. Et en vertu de quoi ? Difficile de commenter une décision de justice. Pour sa part, le ministère public a évoqué la sécurité des deux prévenus, attendu que le parquet s’était déclaré incapable de protéger les deux accusés contre d’éventuelles représailles des familles des victimes. «Ridicule stratagème, argument stupide !», s’est exclamé quelqu’un dans l’assistance. «Ils veulent à tout prix condamner les pauvres conducteurs. Nous n’avons pas affaire à ces deux citoyens», a renchéri M. Pierre, parent de deux victimes. Et cet argument a été défendu unanimement par les ayants droits, les survivants, les Ong et beaucoup d’observateurs. De là à déduire que le peuple congolais a déjà compris que les causes de cet accident ferroviaire de Yanga sont ailleurs. On ne saurait imputer une telle charge à deux citoyens. 

Est-ce donc à dire que toute la responsabilité de cet accident sera placée rien que sur la tête des deux conducteurs, comme l’avait fait Isidore Mvouba, ministre des transports, lors des obsèques des victimes ? Bien malin quiconque répondra avec exactitude à cette question. Malin aussi celui qui, malgré le « bon état de la voie révisée en 1989, la solidité de la locomotive venue d’Afrique du Sud et des wagons réhabilités en 2007 » (sic), selon le gouvernement et la direction du Cfco (Chemin de fer Congo-Océan), démontrera avec une rigueur mathématique que les Congolais ne voyagent pas comme des bœufs dans des vans vu la promiscuité dans les trains. Mieux, comme les Juifs en déportation au temps du sadique Hitler. Et bien que l’accident zéro n’existe pas, les uns et les autres devraient prouver que la voie est réellement bien surveillée si l’on se réfère par exemple au récent renversement d’une locomotive suite à l’ensablement faute de garde-lignes qui devrait en avertir le Cfco. Que l’on démontre que le système d’attelage fonctionnait bien en cette nuit du 21 juin 2010. Que chacun dise pourquoi, selon de nombreux agents du Cfco, les voitures britanniques « Brel » jadis utilisées par le train bleu ont été vite retirées de la circulation quelques jours après l’accident de Yanga.

Dès lors, quel problème réel résoudra ce procès ? Est-ce bien l’envie de l’Etat d’éclairer l’opinion publique tant nationale qu’internationale sur les causes du drame ? S’agit-il d’un expédient dont veulent faire usage les autorités pour se débarrasser d’une responsabilité qu’elles ne veulent pas du tout assumer? Est-ce une manière de vouloir refuser d’indemniser les familles des victimes comme pour les deux catastrophes de Mvoungouti ?

 En attendant la prochaine audience fixée au 28 juin prochain, ce procès où les accusés semblent d’avance condamnés comme le capitaine Dreyfus en France en 1894, risque d’offrir aux Congolais une énième parodie de justice digne des régimes totalitaires où seule la volonté du « duce » ou du « führer » compte, même si le peuple doit en pâtir. Et quel est ce duce congolais qui veut instrumentaliser la justice congolaise ? Le Boss lui-même? L’ancien premier ministre anticonstitutionnel et grand cheminot Mvouba ? Difficile de savoir qui exactement.

John Ndinga-Ngoma         

Le Volontariat international de la Francophonie (ViF)

Mis en œuvre par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), basé sur les valeurs de solidarité, de partage et d’engagement, le ViF est destiné à offrir aux jeunes francophones, âgés entre 21 et 34 ans, la possibilité de s’engager durant 12 mois à mettre leurs savoirs, savoir faire et savoir être à disposition d’un projet de développement et de vivre une expérience de mobilité internationale au sein de l’espace francophone qui s’intègrera à leur parcours professionnel. Une cinquantaine de ViF seront sélectionnés chaque année sur la période 2010-2013.

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Les entreprises malades du Chemin d’Avenir

Les entreprises la Société Nationale d’Electricité (SNE), la Société Nationale de Distribution d’Eau (SNDE), l’ATC, la COGELO, l’ANAC, la SNPC, CONGO TELECOM souffrent des mêmes maux : gabegie, fraude, détournement, corruption, traffic d’influence, tribalisme et clanisme. Les preuves sont suffisantes pour que les responsables de ces entreprises fassent leurs valises. Et si nous étions sérieux nombreux iraient en prison.

Le manque criard d’eau, d’électricités, du pétrole lampant, du carburant et même  avoir une réservation d’avion devient un casse tête chinois.  Dans ces entreprises règnent le tribalisme, la fraude, la corruption et le trafic d’influence. Payer les salaires dans certaines de ces entreprises est une gymnastique, la paie est devenue irrégulière  et tardive. Il faut parfois l’intervention  de Tombola Cash, le cas de la COGELO ; Toutes ces entreprises n’ont jamais versé à la CNSS les droits des travailleurs quand des retraits sont opérés sur leur salaire. De nombreux travailleurs de la COGELO  admis à la retraite traversent le désert en plein midi. Les bilans sont toujours négatifs et déficitaires depuis de nombreuses années

La paix, la sécurité et la démocratie ne peuvent être des supports d’action publique que si les droits des travailleurs sont versés à la CNSS, que si les salaires sont réguliers et payés à temps sans aide d’une tierce personne morale ou physique, que si l’eau coule chaque jour dans les robinets, que si la lumière est. Comment peut on privilégier le dialogue social quand le gouvernement ne fait que négocier sempiternellement la trêve sociale ?-Comment privilégier ce dialogue lorsque les textes et législation du travail sont bafoués et violés par les directeurs généraux ? Comment privilégier ce dialogue lorsque les partenaires sociaux n’ont pas des moyens de travail, s’ils sont toujours l’objet des menaces, de discrimination, bref des bouc émissaires ? Comment privilégier ce dialogue lors que le Président de la République qui les nomme ne les sanctionne pas ? Comment privilégier ce dialogue lorsque les ministres de tutelle, les présidents des Conseils d’administration et les administrateurs sont corrompus et laissent tout passer ?

Pourquoi être solidaire d’un échec ou d’une responsabilité alors que les coupables sont connus ? Il n’ ya jamais eu de mauvaise troupe sinon que de mauvais chefs. Tous ces directeurs généraux ont prouvé leur incompétence dans la gestion de la chose publique, leur médiocrité pourquoi vouloir encore les garder ? C’est ça la solidarité de la responsabilité partagée ? Malgré les déficits, des recrutements intempestifs se font à la pelle tous les trimestres.

On ne pourra garder le cap de la paix et de la fraternité que si le tribalisme et le clanisme  cessent dans les recrutements, les nominations et les avancements. Et, si la nuit est longue, c’est que le jour n’est plus loin, nous voulons voir la clarté du jour qui se lève, les directeurs généraux doivent répondre de leur médiocrité. Alors faut-il encore attendre cent jours pour sanctionner ces criminels socioéconomiques ?

Aleka Jean  John  

L’argent rend fous (et violents) les fonctionnaires congolais

On se souviendra de l’affaire qui opposa à Dolisie Marie Magloire Dambenzet alors préfet du Niari et le trésorier payeur, le premier tabassant en règle le second pour une sombre histoire de sous. Cette agression valut au préfet un limogeage bien mérité.

Pointe-Noire vient de connaître la répétition de ces honteux évènements dans un conflit entre le directeur départemental de la culture et des arts et son SAF comme cet article paru dans « La Semaine Africaine » nous en informe.

Le cas devenant récurent, il faut peut-être envisager d’ offrir aux fonctionnaires congolais des gants et un ring de boxe en lieu et place de stylos et bureaux ?

Une rixe entre hauts fonctionnaires de la culture à Pointe-Noire: l’affaire est en justice

 

A croire que ce sont des hommes de culture! Le directeur départemental de la culture à Pointe-Noire, Léonard Ibouanga, en est arrivé aux mains avec son S.a.f, Charles Sokat, pour une histoire de fonds de fonctionnement, d’un montant de trois millions de francs Cfa. La triste scène s’est produite jeudi 14 octobre dernier, dans la soirée, au domicile du S.a.f, au quartier Fouks. Que s’est-il passé? 

Charles Sokat s’était rendu, ce jour-là, au trésor public départemental, retirer les fonds de fonctionnement de la direction de la culture. Ayant été servi en retard, il est rentré chez lui, car les bureaux étaient déjà fermés. En fin d’après midi, le directeur départemental de la culture lui passe un coup de fil, «pour connaître sa position». Et il l’a rejoint à la maison. 

Le S.a.f a, alors, remis les fonds au directeur départemental de la culture. Ce dernier, en guise de félicitations, sans doute, lui tend un billet de 5.000 F Cfa. S’estimant blousé, le S.a.f proteste et une dispute éclate, qui dégénère vite en rixe. Pendant la bagarre, le directeur départemental balance un tabouret à son S.a.f. 

L’épouse de ce dernier s’intercale et reçoit le tabouret. Heureusement, elle n’est pas blessée. Charles Sokat téléphone à la police qui intervient assez rapidement. Les deux hauts fonctionnaires sont conduits au commissariat central de police où ils sont entendus sur procès verbal. L’affaire est transférée à la justice et, en attendant le procès, les deux hommes sont remis en liberté. Cependant, on ne sait pas si les fonds ont été placés sous scellé. 


La Semaine Africaine

QUAND LE TRIBALISME S’INVITE DANS LA PROFESSION D’AVOCAT EN REPUBLIQUE DU CONGO

Décidemment, rien se sera épargné à notre pauvre Congo dans sa course de plus en plus incertaine vers la construction de la fameuse nation multiethnique. Tous les beaux discours entendus ici et là depuis des décennies, toutes les belles paroles des leaders politiques fondateurs des partis, notre hymne a beau nous inviter à « oublier ce qui nous divise et à être plus unis que jamais », ne sont en définitive dans l’un ou l’autre cas que des propos vides et creux destinés à distraire ceux qui osent y croire.

Il y a très peu  temps, les médias se sont fait l’écho de la crise qui a secoue des mois durant la profession des Avocats au Congo, singulièrement le Barreau de Pointe-Noire qui a prononcé avec la plus grande légèreté, des graves sanctions contre deux Avocats.

Mais voilà ! après Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire qui, sur injonction du Général Pierre GARCIA cousin de Maître Jean PETRO, ancien Bâtonnier national de mettre sous coude la requête par laquelle, Maître Jean Louis LABARRE faisait assignation directe à Maître Jean PETRO pour détournement de plus de 203.000.000 FCFA avait-on appris, de la Société Civile Professionnelle d’Avocats PETRO LABARRE KALINA, l’affaire avait fini par prendre désormais des proportions politico-ethniques.

En effet, de l’aveu de Maître Joël PACKA, l’actuel Bâtonnier du Barreau de Pointe-Noire lui-même, qui était flanqué d’un autre avocat métis[1], un certain Maître IVAN, une réunion aurait été convoquée à l’initiative de Monsieur Alexandre Honoré PAKA, Préfet de Pointe-Noire, réunissant les avocats vili avec quelques magistrats également vili, pour examiner la possibilité de régler partiellement cette affaire, aux fins d’annulation de la sanction qui frappait alors Maître Jean Louis LABARRE, fils du terroir, sans se préoccuper de la sanction de Maître Lionel KALINA MENGA, non originaire du Kouilou. Maître Jean Louis LABARRE convoqué à cette réunion tribale, aurait simplement refusé de trahir la confiance mutuelle qui le lie à son confrère Maître Lionel KALINA MENGA. Ce refus qui irritait Maître Joël PACKA et les autres avocats vili, a obligé celui-ci à vider son sac dans un milieu où nous nous trouvions, sans se douter de notre présence, car né au Kouilou où nous avons par ailleurs grandi, de mère vili et de père mbochi nos origines mbochi n’attirent que rarement l’attention des gens.

Ce qui est plus grave, c’est la haine clairement entretenue par les originaires du Kouilou à l’égard de ceux qu’ils appellent les « étrangers ». Il y a été dit par exemple, que la présence d’un Magistrat du Nord, Monsieur ANZILANDO comme Président de la Cour d’Appel de Pointe-Noire, ainsi que celle de Monsieur Christian OBA, Procureur Général près la même Cour, sont vécues comme une offense par les fils du Kouilou, alors que jusqu’ici la redistribution de ces fonctions obéissait à la règle suivant laquelle, si le Premier Président de la Cour d’Appel est du Nord, le Procureur Général serait du Kouilou et vice et versa.

Que par ailleurs, la présence de trop nombreux avocats « étrangers » au Barreau de Pointe-Noire est une autre anomalie, et que tout devait être mis en œuvre, pour faire qu’il y ait de plus en plus d’Avocats du coin, et qu’actuellement, tout devait être entrepris pour assurer la réélection de Maître Joël PACKA lors des prochaines élections.

De son côté, Maître Jean PETRO qui refusait l’arrangement tribal envisagé, voulait coûte que coûte régler ses comptes. Il aurait alors retiré de son compte à ECO BANQUE, la faramineuse somme de 200.000.000 Fcfa aux fins de corrompre quelques avocats, pour s’assurer de leur soutien. Il fallait absolument s’assurer la réélection de Maître Jean Prosper MABASSI comme Bâtonnier national, et surtout s’assurer de la majorité parmi ceux qui devaient statuer dans l’affaire de Maître KALINA. Maître Jean PETRO a par ailleurs juré que tant qu’il sera vivant, Maître Jean Louis LABARRE et Maître Lionel KALINA MENGA ne porteront plus jamais la robe. Pour ne rien manquer, d’après Maître Joël PACKA, Maître Jean PETRO aurait reçu en son domicile jusque très tard dans la nuit, le responsable des émissions à TPT, afin de s’assurer du silence de cette radio.

En tout cas, tout devrait être mis en œuvre pour éviter que Maître NGALIBA soit élu Bâtonnier national. Etant du Nord et proche du pouvoir de Sassou, il bénéficierait de cette protection, qui interdirait toute possibilité de le déloger ensuite, et rien ne s’oppose à croire, que Maître NGALIBA, réorganisant le Conseil de l’Ordre, introduise dans la Profession, de plus en plus d’avocats du Nord, l’équilibre serait alors rompu en faveur du Nord.

Avant de publier cet article, n’étant pas de la Profession et très loin d’elle, il m’a fallu préalablement enquêter sur la réalité sur le nombre des avocats du Nord et ceux du Sud, véritable enjeu politique désormais. Il est vrai que le déséquilibre en faveur du Sud est patent. Cette situation, fruit de la Conférence Nationale, nécessite d’être corrigée, en abrogeant la loi actuelle. La Profession d’avocat est une Profession libérale qui ne doit pas être prise en otage.

C’est à se demander dans quel pays nous vivons et où allons-nous ? Comment des cadres, fussent-ils d’une profession libérale, et par ailleurs des magistrats qui ont prêté serment, peuvent-ils afficher un tel comportement ? Comment espérer que seuls des originaires du Kouilou peuvent trouver place dans les fonctions publiques dans ce Département ? Mais comment un Préfet peut-il organiser ou simplement s’associer à de telles démarches qui relèvent du complot contre l’Etat ? Comment une simple affaire interne à une corporation professionnelle, peut-elle traduire une telle haine tribale à l’égard des autres, jusqu’à faire l’amalgame avec des Officiers comme le Colonel Théophile ILOBAKIMA que l’on croit encore Directeur Départemental de la Police et qui passerait son temps semble-t-il à traquer les cadres vili ?

Maître Joël PACKA aurait même suggéré d’atténuer la teinte vili, en associant à l’action, les avocats originaires du Niboland, et qu’il suffirait de charger Maître Dieudonné MISSIE de cette mission. Où va donc le pays ?

Il semblerait que Monsieur PANGOU, Magistrat de son Etat, Procureur de la République au Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire, serait très actif à couvrir les originaires du Kouilou dans tous les délits commis. Aucun vili ne sera détenu à la Maison d’Arrêt, aussi longtemps qu’il sera à son poste. De son côté, le Magistrat PANGOU est assuré de la couverture du Général Pierre GARCIA, qui serait né et aurait grandi à LES SARAS avec Jean PETRO et le Magistrat PANGOU.

Au moment où nous nous venons de célébrer les 50 ans de notre indépendance, il me paraît nécessaire que de tels faits fassent l’objet dune enquête approfondie des Services de Sécurité, car cela met en danger noter sécurité à tous.

Jean Marius ILOKI KAMBISSI

Quartier MBOTA


[1] NDLR : Nous voyons mal ce que cette précision apporte dans un débat ayant prétention de défendre le multiethnisme. (YS)

William Bongho, un marchand d’illusions

 William Bongho, un marchand d’illusions qui a décidé de faire de la diaspora congolaise de France une variable d’ajustement pour entrer dans le clan N’Guesso

Deux ans après avoir organisé un pseudo-colloque sur la Paix dans les murs du palais du Luxembourg (le sénat français), le 24 janvier 2009 et un simulacre de « Forum pour la consolidation de la Paix au Congo Brazzaville », le 4 avril 2009 au palais des congrès de Paris, William Bongho veut faire un remake en février 2011. Et pourquoi ne pas rééditer un tel exploit ? En 2009 la promesse mensongère de donner 2500 euros à chaque participant avait attiré beaucoup de monde, y compris dans les rangs de ceux qui se disent officiellement contre ce pouvoir dictatorial et corrompu car les Congolais de la diaspora, tout comme leurs compatriotes restés au pays, aiment l’argent facile et le pouvoir l’a bien compris. Alors rebelote, « on remet ça ».

Cette fois, il a une nouvelle idée. Il a promis à Sassou N’Guesso et son entourage proche de les aider à prendre le contrôle la diaspora congolaise de Paris qui est considérée comme une véritable épine pour le pouvoir de Brazzaville. Justement cela tombe bien pour un pouvoir en difficulté et qui rêve secrètement d’étouffer les ardeurs de la diaspora. Et pour cause, d’après ses propres dires, il n’a pas eu beaucoup de difficultés pour vendre son idée et convaincre Denis Sassou N’Guesso et certains membres de son entourage sur le bien-fondé de sa démarche et de lui donner les moyens financiers. L’objet principal consiste à détourner de manière quasi-permanente l’attention des congolais de la diaspora jugés trop enclins à critiquer le pouvoir et à salir l’image du pays à l’extérieur.   

En effet, alors que Denis Sassou N’Guesso et son entourage retiennent leur souffle craignant un effet domino qui viendrait de l’onde de choc provoquée par la révolution tunisienne et qui pourrait donner bien des idées au peuple congolais, William Bongho a flairé la bonne affaire pour se faire les poches comme en 2009, année de l’élection présidentielle. Il sait que le président congolais et son entourage qui ont déjà beaucoup de fil à retordre avec cette diaspora congolaise de France, notamment avec les affaires dites des « 353 disparus du Beach » et des « Biens Mal Acquis », craignent que celle-ci exploite cette nouvelle fenêtre de tir qui s’est ouverte avec la crise tunisienne et incite séditieusement les Congolais de l’intérieur à une révolte populaire. D’où l’intérêt accordé par Sassou N’Guesso et son entourage à cette démarche proposée par William Bongho.

Ainsi donc, un nouveau colloque sur la thématique de la souveraineté nationale et la paix (cette thématique chère à Denis Sassou N’Guesso) sera organisé et transmis en direct à la télévision au Congo. Celui-ci aura lieu, en fonction de la capacité de la salle qui sera proposée, soit au Palais Bourbon (assemblée nationale française) ou soit au palais du Luxembourg (Sénat français) d’ici à la fin du mois de février prochain. Les Congolais seront de France y seront invités à débattre. Et ce type d’exercice de diversion sera répété régulièrement avec en filigrane ce vieux rêve de bien contrôler la place de Paris.   

Il convient cependant de rappeler qu’en 2009, près de 2,1 milliards de francs CFA (c’est-à-dire près de 3,6 millions d’euros ; ce qui reste tout de même assez modeste comparé au 4,15 millions d’euros que coûte la location à l’année de la suite d’Edgar N’Guesso à la « Réserve Paris ») avaient été sortis du Trésor Public congolais par Denis Christel Sassou N’Guesso et ses amis, Serge Bouya (frère de Jean Jacques Bouya et député nommé de la deuxième circonscription de Ouenzé, un quartier nord de Brazzaville) et Privat Ndeké (neveu de Jean Dominique Okemba et maire très contesté de l’arrondissement de Talangaï, également au nord de Brazzaville) pour l’organisation du pseudo-colloque sur la Paix et du fameux « Forum pour la consolidation de la Paix au Congo Brazzaville ». C’est dire combien organiser un événement à Paris peut être un moyen idéal pour faire sortir des milliards de CFA du Trésor Public congolais et s’en mettre plein les poches, et ça, William Bongho l’a manifestement bien compris. Vive le Congo Pays Pauvre très Endetté, vive le FMI et la Banque mondiale, vive le Club de Paris.

Reste donc une question : Le public de la diaspora congolaise de France qui s’était rendu massivement en 2009 à cette mascarade dans l’espoir d’empocher chacun 2500 euros, et qui s’était finalement fait floué sera-t-il cette fois encore au rendez-vous ? Rien n’est moins sûr quand on sait qu’il y aura toujours des opportunistes prêts à vendre leurs âmes au diable et à apporter leur caution en fermant les yeux devant les agissements de ce clan au pouvoir qui les spolie sans répit depuis des décennies. Il y a donc fort à parier que ces opportunistes se déplaceront à nouveau en masse comme c’était déjà le cas le 24 janvier 2009 au palais du Luxembourg (Sénat français) et le 4 avril 2009 au palais des congrès de Paris. Mais une chose est certaine, cette fois encore leur déception sera très grande car d’après nos informations, William Bongho est bien décidé à prendre sa revanche en se servant du magot pour acheter lui aussi un somptueux pavillon dans une banlieue chic de Paris, comme l’avaient fait Serge Bouya et Privat Ndeké en 2009. Après tout, en matière des Biens Mal Acquis en France, le clan N’Guesso ne montre-il pas lui-même l’exemple à ses courtisans ? Il faut dire qu’en 2009, William Bongho s’était en effet fait doubler et s’était contenté des miettes en détournant les 15000 euros (10 millions de francs CFA) destinés à une jeune journaliste franco-congolaise qui avait organisé ces deux événements.

On voit donc qu’au final toute cette mascarade de 2009 n’a fait qu’un seul heureux parmi les membres de la diaspora congolaise de France, à savoir, Bienvenu Okiémi qui lui, est rentré au gouvernement. Justement la promesse (mensongère bien évidemment) de faire rentrer les gens au gouvernement, c’est peut-être celle-là la nouvelle arme de William Bongho pour attirer du monde à son prochain colloque. 

Ah ! Pauvres Congolais, quand allez-vous enfin vous réveiller ? Aujourd’hui tout se passe comme si Sassou avait promis aux Congolais une éternité de malheurs et pourtant cela ne semble point les émouvoir.

Jacques Henri DESMAREST

"Exploitation forestière au Congo : trop curieux, j'ai fini en prison" par Sylvain Angerand pour rue 89.com

Pokola, c'est la vitrine du Congo et des coupeurs de bois, le triomphe de l'exploitation forestière industrielle « durable » sur la pauvreté. La Congolaise industrielle de bois (CIB) a même obtenu la certification FSC (Forest stewardhip council), le précieux sésame qui est censé garantir aux clients soucieux d'écologie que leur bois vient d'une forêt gérée de façon responsable et participe au développement des populations locales.

La transparence est l'un des principaux critères pour obtenir le label. A Pokola, les journalistes et les ONG sont donc bienvenus. Officiellement.

Autorisé à filmer à l'intérieur de la plus grande concession forestière industrielle du bassin du Congo, aujourd'hui en crise, on m'a empêché, manu militari, de rencontrer les villageois. Une enquête qui gêne même les autorités françaises.

Jusqu'au début des années 1970, Pokola n'était qu'un petit village de pêcheurs perdu dans l'immensité de la forêt congolaise. Aujourd'hui, c'est « un îlot de prospérité dans un océan de misère », pour reprendre l'expression d'un cadre français de le CIB, entreprise forestière.

Routes, logements, dispensaire, eau potable, l'électricité… Pokola doit tout à l'entreprise. Le village est devenu une ville où vivent aujourd'hui plus de 10 000 personnes.

Quand l'exploitation industrielle des forêts montre son vrai visage

Cela fait maintenant plus de six ans que je travaille dans le bassin du Congo avec lesAmis de la Terre pour surveiller et dénoncer les dérives de l'exploitation forestière. Je savais que la situation était explosive à Pokola.

La CIB, c'est un Etat dans l'Etat : une concession forestière de plus de 1,3 million d'hectares, contrôlée par une multinationale danoise, DLH. Prétextant la crise économique, le groupe DLH a imposé en décembre 2009 le licenciement de 650 personnes, soit la moitié du personnel.

Avec les familles, plus de 3 000 personnes se retrouvent perdues dans la forêt, à 900 km de Brazzaville, sans emploi ni moyen de subsistance. La multinationale veut vendre cette concession, les employés et les personnes licenciées qui attendaient la reprise se sentent trahis. La tension monte d'un cran. La vitrine de l'exploitation forestière industrielle durable est en train de se fissurer.

Dès les premiers contacts avec la CIB, j'ai vite compris que nous n'étions pas les bienvenus. Pour traverser la rivière Sangha, on doit prendre le bac privé de la CIB : 150 euros. A Pokola, devant l'entrée de l'usine, nouvelle tentative de racket. Le grand patron, Mr Schwartz, me plante le décor :

« Vous savez la CIB est une entreprise privée et nous ne pouvons pas interférer avec les services de l'Etat. »

 

Ici, il y a deux catégories de citoyens : les travailleurs et les autres. Les travailleurs de la CIB habitent de jolies petites maisons avec électricité, télévision et eau, et les autres vivent à la périphérie dans des baraquements de fortune.

En garde à vue, l'entreprise veille

Nous partons visiter un chantier en forêt et cherchons des personnes licenciées qui voudraient témoigner. En chemin, nous avons la chance de croiser des gorilles, meilleurs ambassadeurs de la CIB.

C'est ici que France 3 est venu filmer « C'est pas sorcier : en route pour la jungle »avec le soutien de l'Agence française de développement (trop heureuse de faire la promotion de l'exploitation industrielle des forêts). C'est ici aussi que Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Ecologie, est venu pour montrer qu'il entendait s'engager dans la lutte contre la déforestation.

Arrêtés au saut du lit, nous nous retrouvons au poste de police pour un motif obscur et fluctuant. Nos ordinateurs et caméras sont saisis. On laisse faire, les vraies bandes scotchées autour des jambes. Le flic nous regarde et jette un glacial « la CIB vous a abandonnés ».

On nous fait comprendre qu'avoir essayé de parler avec des personnes licenciées est une menace pour la sécurité de l'Etat. Un informaticien de la CIB vient copier nos fichiers.

Lors de la garde à vue, je prétexte un malaise pour aller chercher un médicament et j'alerte le bureau en France, qui obtient notre libération grâce à l'intervention du consulat.

« Faire preuve de sagesse »

Le soir, Mr Scharwtz, le grand patron, nous invite à sa table. La langouste a du mal à passer, nous demandons juste à rencontrer ceux pour lesquels nous sommes là…. Et face à ce refus, allons arrêter le reportage.

Il nous reparle des gorilles, de France 3… Ah, eux au moins, ils ont fait du bon boulot et montré ce qu'était la gestion durable des forêts !

De retour en France, je découvre avec stupeur l'e-mail envoyé par le consulat. En clair, l'exploitation industrielle des forêts du bassin du Congo n'est pas critiquable. Voici les conseils du consul adjoint :

« Il est souhaitable que les intéressés fassent preuve de “sagesse” et restituent les documents demandés, auquel cas l'affaire devrait en rester là. »

 

Photo : un vigile de la CIB à Pokola, au Congo (Karim Dridi) 


NDLR : Compte tenu des graves accusations portées contre la CIB dans cet article, nos lecteurs comprendront que nous ne demandions pas de confirmation à notre ami et collaborateur Privat Tiburce Massanga en poste à Pokola. 

Ceci dit, nous passerons tout droit de réponse que la CIB voudrait publier pour l'information objective du public.

En tant que représentants de la presse, nous considérons comme totalement intolérables les entraves à son travail qui ont été faites à l'auteur.

*** BUONANA 2010 ***

Notre Mouyabito n'est pas très optimiste en ce début de millésime. Il faut bien dire que nous sommes accoutumés à ce que nos voeux de bonne année pourtant sincères soient balayés comme un rien par ceux que nous avons chargés de nous gouverner.

2010 Nous laisse peu d'espoir avec des décideurs qui se réunissent à grands frais et qui se montrent incapables de s'entendre pour améliorer la santé de la planète, avec Obama le sauveur qui renforce les troupes en Afghanistan et qui va remplacer la honteuse prison de Guantanamo par une non moins honteuse prison sur le territoire des Etats Unis. Avec l'Iran prochaine cible des boys et la Corée du Nord qui n'en fait qu'à sa tête. Avec les forêts qui disparaissent, la température qui monte et les laboratoires pharmaceutiques qui fabriquent à plein régime des vaccins contre une grippe fantôme sans se préoccuper de maladies qui elles tuent à plein temps, palu, tuberculose, SIDA... , 

2010 meilleure que 2009 ? On peut bien sûr s'illusionner, mais le monde ne s'améliore pas, bien au contraire, il fonce tête baissée dans le mur, il finira bien par s'y fracasser.

Bonne année quand même.

 

 Mesdames, messieurs, chers frères et sœurs du continent et de la diaspora,


Je me dois de commencer cette allocution en vous exprimant toute ma joie et surtout toute ma gratitude de vous savoir de plus en plus nombreux à prendre le train de l’espoir et à vous écarter des chemins tortueux proposés par tous les charlatans et les vendeurs de miracles.

Bien des évènements m’ont interpelé cette année mais je dois dire que l’implication de l’Afrique dans le terrorisme international a été une grande surprise. Comment avant d’avoir pris soin de remplir nos besoins primordiaux nous allons nous lancer dans le terrorisme ? Cette attitude paradoxale méritait que j’interpelle les consciences afin que ceux des nôtres qui se laissent instrumentaliser par les terroristes de tout bord retrouvent la voie de la raison et du bon sens. J’ai simplement du mal à croire que le développement de l’Afrique passe par une initiation au terrorisme international ou simplement par l’usage de la violence envers les innocents.

La situation apocalyptique de nombre de pays africain a conduit bien des personnes à une forme d’exil forcé. Ces personnes forment qu’on le veuille ou non ce qu’on appelle à ce jour la diaspora. Pour avoir côtoyé ces personnes et à en observant les épiphénomènes qui s’initient ça et là sous les couvert fallacieux de communauté noire, j’en arrive à mettre le doigt sur un élément de fond qui est la confusion mentale qui règne dans les esprits de ces dernières. Une confusion qui prend naissance dans les racines africaines de ces personnes et qui contraste avec leur quotidien en occident.

Face aux problèmes de sociétés comme le racisme, le rejet de l’autre, il y a une sorte de repli identitaire qui empêche ces personnes de s’autodéterminer dans leurs environnements respectifs. Elles se terrent au contraire dans un passé baigné par de lointains souvenir de leurs racines africaines. Je dois dire que la génération de Noirs nés en Afrique et qui ont émigré en occident vit un déchirement intérieur qui à certains égards mériterait une psychothérapie. Cette génération vit avec le frein à main tiré et ne sait si elle est occidentale ou africaine. Cette question m’a été adressée à savoir si les africains de la diaspora doivent se considérer comme Africains ou comme des occidentaux ?

Après mûre réflexion mon avis à ce sujet est clair, l’Etre humain se détermine dans son environnement quotidien et chaque individu se doit de dépasser les barrières du rejet et de s’intégrer pleinement dans son environnement. Chaque société humaine a ses propres problèmes. Je suis persuadé que pour mieux aider l’Afrique la contribution de ces personnes pèsera de tout son poids une fois qu’elles seront dans des sphères du pouvoir et non dans des sphères anonymes de revendications stériles.

Au fond il y a tout un discours raciste qui classe les humains selon les origines, la couleur de peau et autre qui a élu droit de cité dans la conscience collective et qui empêche les uns et les autres de vivre normalement au quotidien. J’en appelle à la déconstruction des paradigmes intellectuels tant chez ceux qui ont émigrés dans un passé lointain que pour les nouveaux immigrés. Il faut essayer d’appréhender l’autre comme son semblable mais aucunement à travers la couleur de sa peau ou ses origines.

Il n’est certes pas facile d’intégrer la différence comme un élément de normalité mais rationnellement la tolérance est un élément de paix social indéniable.

Ma position semble irriter les racistes de tous bords j’en ai eu la preuve en m’opposant à la mise à mort programmée du franc CFA à la demande de pseudo-intellectuels, vendeurs de salut et les grands prestidigitateurs. J’ai pris pour éléments de preuve les indépendances que nous avons réclamé à corps et à cris dans les années 60 qui ont abouti des décennies plus tard à une délitescence de nombreux pays si pas tous. Un des rares remparts colonial structuré qui persiste est aujourd’hui cette monnaie dans certains pays francophones. Hors, après avoir détruit tous les autres socles, en iconoclastes avisés que nous sommes, le dernier rempart à détruire est la monnaie. Nombreux pseudo intellectuels africains ont tenu un discours haineux et pondu une solution qui vise à sortir du CFA et à créer une nouvelle monnaie. Mais les éléments factuels que j’ai exposés montrent clairement que ce raisonnement est une hérésie au bon sens. Malgré mes démonstrations simples beaucoup me qualifient de tous les noms d’oiseaux. Mais face au marasme collectif j’accepte volontiers ces noms d’oiseaux et je reste persuadé que tout individu doté de bon sens peut comprendre que les critères élémentaires qui garantissent non pas la création d’une monnaie mais sa saine gestion ne sont pas remplis dans les conditions actuelles de l’Afrique.

J’ai également été soumis à une réflexion qui vise à repenser les relations que nous entretenons avec le monde occidental et à arrêter la politique de la terre brûlée que nous pratiquons avec brio et qui consiste à exercer une forme de préférence à la couleur de peau et de se soustraire de compétences. Il me semble que la politique actuelle soit le fruit de l’ambivalence qui sectorise une société humaine en personnes en fonction de leurs origines. Ayant longuement discuté avec ceux qui sont disposés à échanger et qui se plaignent au quotidien de racisme, je suis alors étonné que ces personnes là s’offusquent lorsqu’on évoque l’idée que l’autre puisse prendre part au destin d’une nation sans tenir compte de la couleur de sa peau.

J’ai pris exemple sur les entraîneurs de football « étrangers » que nous appelons pour manager les équipes de football de nombre de pays africains. Si cette démarche est actée et frappée du sceau de normal dans notre conscience et notre inconscience, il devrait en être de même des autres secteurs de la société pis encore quand ceux-ci sont le chantre de la médiocrité la plus inacceptable. 

Si l’on peut condamner cette vision rétrograde, elle devient dramatique lorsque des journalistes sans envergure dans certains pays africains pondent des brûlots contre des personnes de bonne volonté sous le prétexte fallacieux qu’ils ne sont pas de la bonne couleur et mettent en avant des éléments objectifs qui ne visent pas à amener de la sérénité dans la grande famille humaine mais au contraire à réveiller les vieux fantômes de la haine et de la discrimination. J’appelle donc les Etats africains à sanctionner ce type d’initiatives mais j’en appelle aussi les leaders politiques occidentaux à cesser de promouvoir le rejet sous toutes ses formes en votant des lois qui participent à la discrimination. Je pense à la mise ne place des concept comme les minorité visibles, la discrimination positive, àla loi contre le port du foulard, contre le port de le niqab, l’interdiction des minarets et autres…

Je constate que la vie en société paraît un exercice difficile à bien des égards ; mais il me semble que la lutte contre les extrémismes de tout bord est une priorité. Il faut élever la conscience collective en brisant les chaînes de l’intolérance. Barack Obama est président aux USA, Rama YADE est une personnalité du microcosme français etc. toutes ces personnes occupent des postes à responsabilités. L’Afrique devrait prendre exemple en mettant à des postes de responsabilités des personnes avec des compétences (avérées sans se soucier de leurs origines) qui nous font cruellement défaut à ce jour.

Cette démarche est salvatrice à plus d’un titre : elle permet déjà d’humaniser nombre de sociétés, de prôner le dur exercice de la tolérance, de déconstruire cette politique raciste atavique qui gangrène nos consciences, d’apporter de la couleur dans les microcosmes politiques de nos pays, mais également de briser la chaîne des tares sociales qui vicient l’atmosphère d’honnêtes citoyens, d’apporter une sensibilité différente, de tuer le ver de l’affairisme qui prévaut dans certains pays, de diminuer le poison du tribalisme et surtout , cette démarche permet de renforcer les liens d’amitiés avec nombre de sociétés humaines.

Je crois fermement et intimement que l’Afrique devra son salut en acceptant en son sein et notamment aux postes à responsabilités des personnes hautement compétentes qui sont inutilisées dans nombre de pays riches. Il est temps de laisser de côté les affres du passé et d’avancer sur le chemin de la reconstruction. Il me semble que beaucoup de nations dites développées l’ont compris et en profitent allègrement ; à nous de les imiter et de profiter des conditions actuelles qui favorisent le brassage des connaissances, des cultures et des civilisations.

Si la position de nombre de dirigeants de pays africains est calquée sur le suivisme et l’acceptation de l’infantilisation, j’appelle les gouvernants actuels qui se sont auto disqualifiés à cesser de se comporter en grands enfants et d’assumer un complexe d’infériorité vis-à-vis des dirigeants occidentaux. J’interpelle les dirigeants occidentaux également afin qu’ils à cessent leur politique paternaliste qui ôte aux dirigeants africains la possibilité de pouvoir penser et de pouvoir décider. La convocation à Paris des présidents africains à l’orée de la réunion de Copenhague sur la lutte contre le réchauffement climatique est l’exemple typique de ce qu’il faudrait éviter dans les relations qui doivent se prévaloir entre les pays occidentaux et l’Afrique.

La falsification des élections présidentielles au Gabon afin de favoriser les réseaux affairistes couplée au musellement de l’opposition sont des actes d’une petitesse condamnable et qu’au 21siècle nous nous devrions en tant qu’humains de dépasser. Les pratiques actuelles qui visent l’immobilisme, l’affairisme et la sauvegarde des intérêts en faisant le jeu des petites connivences entre copains ne participent pas à l’autodétermination des peuples.

Je ne suis pas un adepte féru de la démocratie car elle porte en son sein l’inconsistance et le vice.

Le constat qui se dégage des différentes élections sous fond de démocratie à l’occidentale m’amène à poser la question de savoir si effectivement la volonté manifestée d’imposer la prolifération d’une telle idéologie est en adéquation avec la mise en place effective de celle-ci dans nombres de pays et en Afrique en particulier où elle s’accommode à l’usage de la force, à la falsification du résultat des urnes, à la haine , au tribalisme et qu’ au fond elle ne finira pas par être déniée par ceux là même à qui on l’impose ? Une question me vient : la démocratie à l’Africaine doit-elle être conditionnée par les choix arbitraires et unilatéraux des anciennes puissances colonisatrices ?

Le plus déplorable est à ne pas en douter la guéguerre du chien pour l’os initiée par les présidents congolais et camerounais pour reprendre la place de « patriarche » laissée vacante après la mort de Bongo. On attendrait de tels individus qu’ils se penchent sur les problèmes liés au quotidien des populations ou de coordonner leurs efforts autour des problèmes de la sous région comme les problèmes liés à la disparition annoncée du Lac Tchad. En effet, environ 30 millions de personnes du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria, vivent autour du lac. Le tarissement des ressources en eau a entraîné une détérioration massive des capacités de production agricole et une baisse de 60% de la production halieutique. La surexploitation du lac et des terrains environnants risquent d'entraîner ou d'aggraver des conflits et des mouvements migratoires dans la région.

La superficie du lac Tchad, autrefois un des plus grands réservoirs d'eau du monde, s'est réduite de 90% au cours des dernières décennies à cause du changement climatique et de la pression démographique, passant de 25.000 km2 en 1963 à moins de 1.500 km2 en 2001. Selon les prévisions climatiques de la NASA, le lac pourrait disparaître dans une vingtaine d'années. Que proposent nos deux illuminés face à ce problème ? La solution à ce problème se résume-t-elle à la seule surenchère dans l’échange de courriers pour la prise du leadership de la sous-région ? 


Depuis 2005, les Ivoiriens sont dans l’attente d’une élection présidentielle qui ne vient pas. Est-il possible pour ceux qui exercent le pouvoir de manière illégitime de prendre de la hauteur ? Le mince espoir pour un scrutin au printemps 2010 est-il le nouveau tour de passe-passe pour jouir du pouvoir dans l’illégalité ? Le comportement de Gbagbo paraît à bien des égards simplement honteux.


Avec ses 84ans, Abdoulaye Wade fait office de dinosaure de la politique africaine. En 2012 il semble encore vouloir se présenter aux élections présidentielles. Il arrive à un âge où l’exercice du pouvoir n’est plus compatible avec la charge de travail qu’impose l’exercice de la magistrature suprême d’un pays. La confusion de genre qui émaille la fin de son règne actuel où la gestion du bien public se confond allègrement avec une affaire familiale est à déplorer au plus haut point et doit être déjà le signe d’une fin de règne et d’un travail qui impose de tirer sa révérence.


Bien que nous admirons Abdoulaye Wade force est de constater que ses magistratures n’ont pas beaucoup fait évoluer le Sénégal et à cet effet, il faut tirer les leçons qui s’imposent. Quand nous parlons de Wade nous faisons là cas pour tous les autres grand-pères séniles qui sont embrigadés par les mouvances dites présidentielles et qui voient d’un mauvais œil le départ du monarque. Aujourd’hui de sources sûres, de nombreuses personnes fourbissent les armes afin de précipiter le Cameroun dans une guerre civile en 2011 si le lion de Mvomeka venait à se représenter et à faire falsifier les résultats des élections comme par le passé.


La renaissance de l’Afrique doit passer par des leaders jeunes et des personnes présentant une certaine probité morale hors l’Afrique est à l’image de ses dirigeants.


Cette année a été marquée par une crise économique à l’échelle de la planète. Les moteurs des échanges internationaux ont paru grippés pendant des instants interminables. La plus grande tristesse a été de constater que l’Afrique avec ses matières premières n’en a pas profité pour faire le hold-up du siècle. Il a fallu des efforts collectifs des pays riches afin de relancer la machine mondiale. Avec le recul on peut se poser la question de savoir quel a été le rôle de l’Afrique dans cette santé recouvrée ?


Quand on est dans la misère comme le sont nombre de pays africains, la crise économique mondiale n’est pas une nouveauté mais le quotidien. Alors on se focalise et on dépense des sommes colossales dans la distraction. Alors distrayons-nous pendant que beaucoup d’entre nous trépassent.
L’année 2010 sera celle de la première coupe du monde en sol africain. L’Afrique connaît déjà ses qualifiés. J’appelle ces pays à donner un spectacle honorable et à aller aussi loin que possible dans cette compétition. J’appelle les principaux acteurs, les joueurs à prendre la réelle mesure de cet événement et à donner une image honorable de l’Afrique pour une fois. En ce qui concerne les entraîneurs qu’ils fassent ce qu’ils savent faire le mieux et qu’ils justifient le sacrifice consenti par nombre de pays africains pour leur permettre de porter haut les couleurs des meilleures nations africaines.


Certaines situations imposent la réflexion et la fronde antillaise contre l’Etat français a été qu’on le veuille ou non un moment fort de cette année car les réclamations (chômage en Guadeloupe qui atteint aujourd’hui 22%, la faiblesse du pouvoir d’achat, la fin du monopôle béké etc. ) légitimes du leader du LKP Elie Domota doivent conduire les dirigeants français à prendre de réelle mesure pour assurer à tous les citoyens français les mêmes droits mais également les même devoirs. Visiblement 500ans après l’abolition de l’esclavage, l’égalité citoyenne des droits n’est pas encore un fait établi dans les consciences collectives. Voilà le réel chantier à mener pour combattre la discrimination sous fond d’hypocrisie dans ce pays.


J’adresse tous mes vœux aux combattantes de la misère qui vendent leur corps en occident pour donner de la dignité à leur famille.


J’adresse tous mes vœux aux enfants de rues et aux malades du SIDA. J’adresse mes vœux à ses hommes et femmes des campagnes, ces paysans, condamnés à travailler la terre pour espérer survivre dans un environnement ingrat et indifférent.

 
Puisse cette nouvelle année être celle du dépassement collectif pour les sportifs africains engagés pour défendre l’honneur de l’Afrique. Je souhaite une heureuse année 2010 à ceux qui participent à la promotion de la culture africaine.


Je place l’année 2010 sous le signe de la grande fraternité universelle. Bonne et heureuse année 2010 à tous les Africains de la diaspora et du continent, joyeuse année 2010 à tous les amoureux de l’Afrique et surtout joyeuse année à tous les haineux de l’Afrique, des Noirs et des Africains.


Mouyabi

6 novembre 2010, l'arbre célébré à la tronçonneuse

Les plus louables intentions peuvent être gâchées par des initiatives contraires. A la suite un article paru dans "Les Dépêches de Brazzaville" suivi de ce que nous avons pu constater à Pointe-Noire.

 Célébration de la 24e Journée nationale de l'arbre

(Les depeches de Brazzaville 05/11/2010) 

La 24e Journée nationale de l'arbre sera célébrée le 6 novembre prochain sous le thème « Luttons contre la déforestation et la dégradation de nos forêts en plantant et en respectant les arbres afin de stabiliser le climat ». A cette occasion, le gouvernement a rendu publique une déclaration lue par le ministre du Développement durable, de l'économie forestière et de l'environnement, Henri Djombo. 

Comme chaque année à la même date, cette journée est un repère pour la nation congolaise car elle marque le renouvellement des engagements pris par le gouvernement congolais concernant les aléas climatiques. L'institution de cette journée vise la sauvegarde du patrimoine forestier naturel à travers le reboisement populaire. Par ailleurs, cette journée poursuit trois objectifs : intégrer l'arbre dans les stratégies de développement socioéconomique et culturel ; prévenir les conséquences de la dégradation des écosystèmes forestiers et promouvoir la culture de l'arbre au Congo. 

« Un arbre sur pied absorbe du gaz carbonique, un gaz à effet de serre contenu dans l'air, et dégage en retour l'oxygène, nécessaire à la vie sur terre. Abattu, cet arbre libère dans l'atmosphère le carbone et d'autres gaz nocifs et perd ses propriétés de séquestration », a rappelé le ministre Henri Djombo. 

Selon les estimations, la déforestation qui atteint 0,19% au niveau mondial contre 0,08% au Congo (taux le plus bas en pays tropicaux), contribue pour 1/5e des émissions mondiales des gaz à effet de serre et au réchauffement de la planète. Les forêts constituent donc d'importants puits de carbone, participant à la régulation et à la stabilisation du climat global et sont placées aujourd'hui au cœur du débat sur l'atténuation de ce réchauffement, afin d'assurer la survie de la biodiversité. 

Les progrès réalisés par notre pays dans les domaines de l'aménagement de la gestion durable et de la certification forestière, le placent en bonne place sur l'échiquier mondial en matière de gestion durable des forêts. Le boisement et le reboisement, qui en constituent un pilier important et actif, représentent des apports efficaces du Congo à l'effort global. 

Le ministère a adopté depuis 2004 une nouvelle stratégie qui porte sur la promotion des forêts privées et villageoises, avec l'appui du service national de reboisement, en vue de promouvoir la plantation d'arbres comme une activité économique nouvelle, mais également de satisfaire les besoins en bois, énergie, en bois de service, d'œuvre et d'industrie. Les performances accomplies dans l'afforestation et le reboisement sont encourageantes. 

Fort des résultats de la recherche forestière congolaise qui ont permis de mettre au point, pour la première fois au monde, la technique de clonage de l'eucalyptus à Pointe-Noire et de l'expérience acquise par notre pays dans le domaine des plantations forestières, Henri Djombo a précisé qu' « un programme national d'afforestation et de reboisement sera lancé en 2011 - année internationale des forêts ». Ce programme contribuera à la création d'emplois ainsi qu'à l'amélioration des revenus des acteurs impliqués dans l'économie nationale. Il bénéficie déjà de l'appui de certains organismes internationaux et d'autres pays. 

Guillaume Ondzé


Respect de l'arbre, sans doute est-ce ce que l'Etat Major a voulu mettre en évidence en choisissant précisément le 6 novembre pour abattre ceux qui longeaient le mur du camp du 31 juillet à Pointe-Noire.

Photos de Anthony Mouyoungui.

ABOLIR LE SAC PLASTIQUE, UN DEVOIR NATIONAL

« Quand cessera-t-on de penser qu'on peut fabriquer des citoyens de demain en éduquant les enfants avec de simples slogans sans rien modifier à l'environnement pestilentiel dans lequel ils évoluent ». Taslima Nasreen
Initiée le 25 janvier 2010 la campagne d’interdiction des sacs plastique au Congo-Brazzaville vient de faire un bond en avant significatif. Effet, l’association « DEVELOPPER AUTREMENT LE CONGO » (DAC) qui dès le 28 Mars 2010 avait lancé sur le net une pétition contre les sacs non biodégradables[1] relayés par plusieurs sites d’information en particulier  Congo-déchaîné et Congoplus.info constate avec une  satisfaction retenue que le message est entendu par le gouvernement congolais qui s’est lancé ce 16 Juin 2010 à travers la ministre des affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Emilienne Raoul, dans une campagne de sensibilisation sous le thème : « un environnement sans sachets pour la survie de l’enfant au Congo ».[2]
 

Rappel des faits :

Constatant la dégradation sans précédent de l’espace environnemental congolais, l’association DEVELOPPER AUTREMENT LE CONGO s’est engagé dans une campagne de prévention et d’information afin de mieux sensibiliser l’opinion publique congolais des effets réels de l’utilisation abusive des sacs non biodégradables. Faut-il savoir que les sacs en plastique sont facilement emportés par le vent. Ils pendent dans les arbres, les toits des maisons, sous les fils électriques rendant ainsi le paysage moins attrayant. Ils flottent dans les rivières notamment « MADOUKOU » favorisant ainsi la prolifération des nids de moustiques. Ils obstruent les systèmes d’évacuation d’eau provoquant les inondant a répétitions que Brazzaville (ainsi les autres villes du pays) sont aujourd’hui victimes de façon récurrentes. Dans nos campagnes, les animaux les assimilent a de la nourriture et s’étouffent en essayent de les manger. Peu de sacs en plastique sont recyclés et la plupart d’entre eux nécessitent des centaines d’années pour se décomposer. Au Congo-Brazzaville, les sacs en plastique sont tellement communs qu’on les retrouve partout dans toute l’activité du congolais moyen ‘emballage d’eau, de nourriture…. ‘
 
Que faire ?
 
Sans exception, encourager cette campagne lancée aujourd’hui par le gouvernement congolais qui, par la force des choses, vient de reconnaitre le bien fondé de cette initiative. Comme nous ne cessons de le dire, notre action est avant tout patriotique et solidaire en privilégiant le Congo au delà de toute considération politicienne partisane. C’est ainsi , nous serons vigilant a ce que cette campagne ne soit pas juste un effet d’annonce pour étouffer un vrai problème environnemental qui ne peut perdurer au profit de quelques industriels peu soucieux de l’environnement.
Aussi, au delà de l’interdiction des sacs, nous suggérons que le gouvernement encourage les artisans à développer des activités de substitution comme des unités de fabrication des cabas en lianes, des sacs en fibres d’écorces d’arbres. Toutes nos propositions à ce sujet peuvent être consultées sur notre blog. [3]
Le combat n’est pas encore gagné contre les sacs plastiques, il s’agit d’une première étape qui doit nécessairement nous conduire vers l’adoption d’une loi réglementant l’utilisation de ses produits polluant. C’est ainsi, nous tenons à remercier les 356 personnes qui ont signés la pétition depuis 28 Mars 2010. Aussi, nous poursuivrons notre action jusqu'à l’aboutissement définitif d’un cadre juridique
 
Association DAC
http://berijc.over-blog.com/
DAC : developperautrementlecongo@gmail.com

[2] Christian Brice Elion : Congo-site portail

  

AFAP - BAKENTO : "Développer un réseau de femmes africaines dynamiques et entreprenantes"

 

L’entrepreneuriat des femmes congolaises

Certaines femmes africaines, comme beaucoup d’autres venant d’ailleurs, pensent à s’engager dans des entreprises dans lesquelles elles seraient les premiers acteurs, les initiatrices de leurs projets – qu’il s’agisse de sociétés, d’associations ou autres...

Les raisons de cette décision peuvent être multiples : tantôt un rêve à réaliser, tantôt la cause d’une conjoncture peu propice à l’embauche, tantôt une volonté de concilier vie familiale et vie professionnelle épanouies, ou tout simplement un défi à relever.

Cette décision généralement réfléchie, est quelquefois à peine, à plusieurs égards, le début d’un processus des plus contraignants.

Pourtant, devant ces difficultés connues, on rencontre désormais de plus en plus de femmes africaines, plus particulièrement des femmes congolaises qui n’hésitent plus à franchir le pas.

Ces femmes installées en Europe doivent s’adapter à ce monde, en prenant le soin d’unir leur savoirfaire aux traditions de leur terre d’origine.

Remplies de détermination, de ténacité, d’ambition, ces femmes s’installent loin de leurs pays, emportant avec elles, leurs valeurs qui, transmises au fil du temps par la culture, se conjuguent parfaitement avec le monde moderne.

Cette culture congolaise puise sa richesse dans ses nombreuses régions, toutes plus singulières les unes que les autres. Les traditions ancestrales, empreintes de vertus donnent une envie incommensurable de les perpétuer. Au détour de leurs parcours, elles nous prouvent leur bonne maîtrise dans le domaine.

Les femmes d’affaires congolaises ont de beaux jours devant elles.

A travers leurs expériences et engagements dans des domaines aussi variés que l’art, l’entrepreneuriat, l’associatif, le cosmétique, la mode, la littérature…*, ces femmes sont des acteurs importants au développement de notre société. Grâce à la richesse de leur diversité, chacune à sa manière, contribue non seulement à améliorer la vie économique et sociale, mais s’inscrit également comme le symbole de la femme active, entreprenante, épatante.

Conscientes de la beauté culturelle africaine, l’entrepreneure africaine doit aussi tendre à sauvegarder cette culture, à la transmettre et à la promouvoir.

Ces femmes surprenantes, que l’on retrouve sur tous les fronts, doivent rester autant sensibles au savoir-faire qu’au bien-être.

C’est dans cette perspective que l’AFAP (l’Association des femmes africaines au Pluriel) s’inscrit ; dans le but de réunir, échanger et encourager les initiatives socio-économiques des femmes africaines.

Merci, à vous Mesdames, Mesdemoiselles et… Messieurs (qui sont présents), de venir à cette première édition organisée par l’AFAP, le samedi 9 Avril 2011 de 11h à 19h au Musée Dapper, 35bis rue Paul Valéry 75116 PARIS.

Je suis convaincue, qu’ensemble, nous pourrons rendre nos actions nécessaires et indispensables à la promotion des initiatives des femmes africaines.

Edrine BALANDAMIO
AFAP BAKENTO
Bakento.afap@gmail.com
http://www.bakentoafap.com

 LE PROGRAMME

11h15 : Ouverture
par Edrine BALANDAMIO-MBOUKA, Présidente de AFAP BAKENTO - Modératrice: Lauryathe SAUGET BIKOUTA, Secrétaire Générale de l’Association LENDA

11H30 : Présentation des entreprises et associations des femmes

12h45 : Projection d’images des peintures et oeuvres sculpturales, par Rhode Bath-Scheba MAKOUMBOU, Peintre/sculpteuse
 
13h15 : Exposition-livres par Eveline MANKOU NTSIMBA, Romancière

13h45-14h00 : PAUSE

14h00 : Trampoline Studio - par Mabiala NKOUKA, Infographiste ; Menga NKOUKA, Architecte, membres fondateurs de Trampoline Studio

14h15 : Conférence-débat
A/ "Comment concilier volonté d’investir et pérennité de l’entreprise ?" par Halimata SO, Chargée de mission sur le programme de promotion socioprofessionnelle des migrants à l’antenne Ile de France du GRDR ; Yéra DEMBELE, Responsable FAFRAD-économique ; Andress BAKALA, Porteuse de projet
15h30-16h00 : DEBAT
B / "La femme Congolaise Entrepreneure" par Yana LOEMBA-DELHO, Directrice de Ldyn Productions
C/ "Point de vue sociologique" Les femmes Africaines face aux nouvelles dynamiques économiques et sociales
par Jean-Aimé DIBAKANA, Maitre de conférences en sociologie, démographie l’Université Paris VSorbonne
et l’Ecole Normale Sociale (Paris)

16h50-17h00 : Femmes en Peau’ aime par Marie-Line LOUET, Poétesse

17h-17h15 : PAUSE

17H15 : RECOMPENSES PRIX BAKENTO

17h45-18h30 : "Mami-wata Blues", Pièce de théâtre congolaise, par Ange KETA NGANGA, Barnabé MATSIONA, Rufine WOTE, Jean BIDIAFOU

18H45 : Mot de remerciement et clôture de la journée


A retourner dans les plus brefs délais

Bulletin d’inscription

JOURNEE BAKENTO sur l’entrepreneuriat au féminin
Le samedi 9 Avril 2011 de 11h à 19h au Musée Dapper, 35bis rue Paul Valéry 75116 PARIS

NOM :                                                        PRENOM :

REPRÉSENTANT (Fonction et Nom de l’organisme représenté, si nécessaire)

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Tél :

Participera ………………..OUI  NON 

Sera accompagné (e) de…………….. personne(s)

Action/réaction, attention à ne pas faire le jeu des racistes

Lu dans le forum les grands débats de congopage.com cette réflexion sur le racisme par Mouyabito qui au delà d'un texte fort bien tourné tord le cou à nombre de préjugés.

A lire et méditer.

 

 

Mesdames, messieurs, chers humains,

Depuis la nuit des temps, l’être humain se sert de moyens de classifications afin de ranger les êtres et les choses dans des classes de manière à mieux les nommer, les indexer et les gérer. Il arrive parfois que certains outils de rangement se s’écartent de cette volonté première qui est se veut d‘utilité publique.

Tenez pour identifier le lion on dira selon la logique de classification que c’est est un mammifère carnivore de la famille des félidés du genre Panthera (félins). Le chien est un mammifère domestique de la famille des canidés, les scientifiques regroupent l'ensemble des races de chiens au sein d'un groupe nommé Canis lupus familiaris, une sous-espèce de Canis lupus, à laquelle appartiennent également d'autres sous-espèces comme le loup gris. Des chiens domestiqués devenus marrons ont créé leur propre groupe homogène qui sont considérés comme autant de sous-espèces de Canis lupus, par exemple les dingos et le chien chanteur. Ainsi donc lorsque je parle d’un lion ou d’un chien tout au moins ces classifications mes permettent d’y voir plus clair.

Pour tracer la parallèle avec l’exemple ci-dessus, l’Homme est un mammifère omnivore de l’espèce Homo Sapiens. Pour des besoins supplémentaires cette classification ne suffit pas et certains classent les humains selon la couleur de la peau. Des esprits plus ou moins malintentionnés parlent de races : 

Sans rentrer dans les débats inutiles, il est admis qu’il existe qu’une seule race la race humaine.

Ceci dit si ces désignations qui permettent simplement de profiler un humain parmi tant d’autres sont utiles à bien des égards, ces distinctions posent problème lorsqu’elles participent à stigmatiser les groupes humains au nom de critères peu rationnels.

La volonté qui consiste à segmenter les couches sociales pour mieux gérer la cité est une démarche louable à plus d’un titre cette démarche devient hautement condamnable lorsqu’elle sert à indexer un groupe humain au nom de sa couleur de peau, de sa religion, de sa taille, de ses pratiques sexuelles et j’en passe.

Aujourd’hui nombre de personnes se reconnaissent dans une communauté noire.

Dans des milieux dits autorisés, on parle même de minorité visibles. Le pas est allégrement franchi pour fausser les rapports sociaux. Dans un sens certains vont se penser posséder des droits et exercer un droit régalien sur ceux qu’ils ont nommés minorités visibles.

Il y a un problème de fond sur lequel j’aimerai bien m’appesantir car de quel droit certains s’octroient des privilèges au point de réduire leurs semblables au simple statut de citoyens de second zone ?

Les femmes se battent pour qu’on reconnaisse leurs droits. Des droits qui leurs sont dus par la constitution mais dont l’application au quotidien se heurte à cette vision moyenâgeuse qui consiste à dévaloriser l’autre car il est différent.

Les personnes à la sexualité différentes souffrent de tous les maux dans la société. Elles affirment leur différence dans des communautés dites gays et célèbrent leurs différences dans des fêtes comme les gays pride.

Ceux qui pratiquent une religion différente sont devenus de potentiels kamikazes poseurs de bombes devant l’éternel.

Les Noirs en occident pour exister se réclament d’une certaine communauté Noire.

J’appelle ici les personnes ayant un soupçon d’esprit rationnel à se poser la question de savoir si au fond la constitution d’une communauté noire n’est pas au fond une forme de racisme par réaction ? Car au fond si les autres vous stigmatisent pour finir vous fêtes bloc et réagissez en les affrontant d’une manière ou d’une autre, par des discours extrémistes ou alors modérés. Quand j’écoute les discours de nombre de personnes qui se réclament leader de cette communauté, j’ai mal au ventre. L’Afrique est devenue bien malgré elle le socle qui les unit et la dénonciation des spoliations de l’occident leur cheval de bataille.

A bien y regarder ceux qui se disent combattants Noirs ne sont au fond que des personnes qui souffrent d’un manque de reconnaissance de la part des autres groupes humains. Alors l’utilisation de l’Afrique comme moyen de combat est rapidement devenue un subterfuge parmi tant d’autres.

Allez arrêtez moi si je me trompe.

Certains parlent ouvertement de rapatriement, de dédommagement et de désionnisation pour expliquer les motifs de leur combat. Ces personnes pensent rapatrier qui mais surtout où ? Qu’attendent-elles pour retourner en Afrique de leur propre gré puisqu’elles ne se sentent pas aimées et comprises là où elles vivent ? J’appelle ce type de discours de l’escroquerie intellectuelle. Je vous invite à vous pencher sur ce type de discours et à les soupeser de manière rigoureuse.

Dans quelle Afrique ces personnes pensent pouvoir rapatrier les Noirs de la diaspora de force ? Dans l’Afrique de leur rêve, celles qu’ils appellent Kémet ? Je dis ici ma colère contre ces charlatans. Je parle de kémet en effet car depuis que les travaux du professeur Anta Diop ont permis d’éclairer l’humanité sur ce que fut la civilisation Egyptienne antique, nombre de personnes se sont emparées de ces travaux pour servir un discours haineux qui se situe aux antipodes du génie d’Anta Diop. Que l’on étudie le passé de l’Afrique et que les Africains puisent dans ce passé la force pour avancer, quoi de plus noble comme idée mais lorsque le seul discours que certains savent tenir est un discours passéiste alors indéniablement on est tombé bien bas, faute de pouvoir produire un discours concret chevillé au présent pour aider l’Afrique à se lever et à se sortir de son bourbier. Ces travaux stipulent que le premier Homme serait parti d’Afrique pour peupler le reste du globe.L’Afrique n’est donc pas la propriété de quelques fous en quête de reconnaissance sociale mais comme il est communément admis, le berceau de l’Humanité.

Que la dénonciation des iniquités envers des groupes humains se fassent j’y accorde tout mon crédit mais que cette dénonciation serve à stigmatiser d’autres groupes humains et à promouvoir la haine, la suspicion, le ressentiment, là je prends de la distance par rapport à cette vision étriquée et ces discours orientés et fallacieux.

Il n’existe pas selon moi une communauté noire pas plus d’une communauté Blanche jaune ou grise, il existe des humains qui vivent dans un environnement social et qui sont soumis à des lois. Dans tous les groupes sociaux, il existe des personnes sensées, certains beaucoup plus ou beaucoup moins que d’autres. De fait la généralisation de faits isolés pour promouvoir la haine est un crime. Je suis persuadé que l’humanité est appelée à vivre en communauté et à se mélanger.

La haine de son semblable au nom de la couleur de sa peau, de sa religion de sa sexualité est une haine lamentable qui dénote d’un état d’esprit primaire. Les considérations malencontreuses de personnes qui se servent des outils de classifications pour promouvoir le ressentiment, le racisme, sont simplement irresponsables et regrettables.

Pour élever le niveau de conscience collectif, il faut simplement œuvrer à consolider le socle social et non à le scléroser.

Les extrémistes de tous bords, les démagogues et les populistes sont des vendeurs d’utopies.

Mon discours est une discours humaniste, de fraternité universelle ce n’est pas celui de l’imbécilité.

Je continue de croire qu’il n’existe pas de communauté humaine, de tribus, de races uniquement sur la base de couleur de la peau.

Je continue de croire qu’il n’existe pas de musulmans ni de chrétiens mais simplement des Humains à qui l’on donne des étiquettes.

Le danger le plus grave est la perte de l’humanité de l’autre au profit de son étiquetage.

Au fond ce qui nous dérange le plus ce n’est pas tant comment l’autre apparaît à ma conscience ce qui nous gêne le plus c’est la DIFFERENCE. Le cerveau humain fonctionne par association et par dissociation. Il assimile ce qui se ressemble et dissocie ce qui est différent. Hors ce qui distingue fondamentalement l’Homme des autres animaux, c’est sa capacité à réfléchir. De fait, si nos impressions nous induisent dans l’erreur alors c’est bien triste car nous perdons l’essence qui fait notre humanité.

Tenez les lapins dans un clapier se reconnaissent-ils dans une communauté de lapins noirs, angora, nains et autres ? Cette simple logique qui relève de l’observation quotidienne traduit le recul qui doit nous habiter lorsque nous sommes en face de nos semblables mais malheureusement aussi en face de ces personnes qui ont du mal avec la différence. Nous pouvons les aider à se lever de cette obscurantisme mais la pire des choses c’est de participer à la promotion de discours sophistes qui empoisonnent l’univers social.

Remarquez que le fait de se penser partisan d’une certaine communauté noire empêche nombre de personnes ayant les compétences à s’insérer dans la société et à participer à la vie politique car elles estiment ne pas appartenir à tel ou tel autre groupe humain. Voilà ce que j’appelle le contrecoup de l’imbécilité. Quand arrive alors qu’une personne dénuée de considérations rétrogrades se retrouve impliquée dans la vie sociale et dans le staff dirigeant elle devient la victime de ceux et celles qui la voit comme une humain de seconde zone mais pis encore elle devient l’objet de toutes les railleries de la part de ceux qui se disent membres de sa communauté.

Il est temps à mon sens de prendre conscience que la vie est courte. Il n’y a pas une vie hypothétique où on rêve d’une Afrique idyllique et une vie dans un enfer occidental.

Pour ma part, Obama n’est pas Noir mais Américain. Rama Yade n’est pas Noire mais Française. Tant que nous n’auront pas intégrés ces données nous seront encore à attendre que passe le train de l’espoir. Le génie et la crétinerie se côtoient au quotidien. L’Humanité fonctionne avec des tares, les rapports de forces sont inhérents à la vie en société. La seule chose qui puisse les stopper ce n’est pas la promotion de la haine mais l’esprit rationnel. La promotion des distinctions phénotypiques humaines n’est pas une fin en soi mais un moyen.

Il n’ya pas d’angélisme à concevoir une vie sociale sous l’angle de la fraternité.

Il y a erreur à croire que la différence me permet de déshumaniser l’autre et donc de le traiter avec peu d’égards.

Mouyabi


Le racisme est une idéologie consistant à hiérarchiser des groupes naturels humains, désignés souvent sous le terme de races, à partir d'attributs naturels, visible ou non (physiquespsychiquesculturels, etc) des caractéristiques morales ou intellectuelles s'appliquant à l'ensemble de ce groupe. Plus largement, l'historien Benjamin Isaac explique qu'on peut qualifier de raciste « toute pensée qui attribue collectivement à un peuple ou à un groupe humain les mêmes traits de caractère et de comportement, transmis de génération en génération sans possibilité d'y échapper par un choix individuel  »

Pour en savoir plus 

Actu

AFP : crash d'un avion cargo à Brazzaville (actualisation 3)

 Un avion cargo de la compagnie Aeroflot Business, de type Antonov 12, assurant la liaison entre Pointe-Noire (sud) et Brazzaville s'est écrasé Mercredi matin dans un quartier périphérique de la capitale alors qu'il était en phase d'atterrissage, a indiqué le ministre des transports, Emile Ouosso.

«L'avion est tombé sur un cimetière à Nganga Lingolo (un quartier périphérique à 20 km au sud de Brazzaville).
Il y avait au moins trois membres d'équipage à bord. On ignore s'ils sont tous morts», a déclaré M. Ouosso au téléphone depuis Pointe-Noire. Le ministre s'apprêtait à prendre un hélicoptère pour se rendre sur les lieux de l'accident. Les services de sûreté de l'aéroport de Maya-Maya de Brazzaville ont dit ignorer les causes de ce crash 

En 2007, le gouvernement congolais avait interdit le transport de personnes par les Antonov, après avoir constaté que ceux-ci transportaient fréquemment des passagers même s'ils ne sont pas prévus à cet effet.

AFP


Crash au Congo: deux Ukrainiens et deux Moldaves 

 

parmi les victimes

MOSCOU, 26 août - RIA Novosti. Le crash d'un avion cargo An-12 près de Brazzaville, dans la République du Congo, a fait six morts dont deux Ukrainiens, deux Moldaves et deux Congolais, a annoncé mercredi le consul de Russie à Brazzaville Evgueni Sokolov.

"Selon un nouveau bilan, six personnes ont péri dans le crash - deux Congolais qui accompagnaient la cargaison et quatre membres d'équipage dont deux Ukrainiens et deux Moldaves", a indiqué le consul à RIA Novosti.

L'avion Antonov-12 appartenant à la compagnie aérienne locale Aero Fret Business s'est écrasé mercredi matin sur un cimetière à Nganga Lingolo, à 20 km au sud de la capitale Brazzaville. L'appareil assurait la liaison entre Pointe-Noire (sud) et Brazzaville.
 


 

 

Un avion cargo de type Antonov 12 s’écrase vers Madibou

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Un avion cargo de type Antonov 12 s’écrase vers MadibouUn avion cargo de type Antonov 12, immatriculé 6344607 TNAIA de la compagnie Aéro Fret Busness s’est écrasé avec six personnes à bord et des marchandises, le 26 août en matinée à Loukanga II vers Madibou, localité située au sud de Brazzaville. Cet appareil assurant le trafic fret, devait relier Pointe-Noire et Brazzaville avec à bord un mini bus Hiace, trois voitures, des cartons de vin, etc.

 

 

Selon le ministre congolais des transports et de l’aviation civile Emile Ouosso qui s’est rendu sur le lieu de l’accident, un bureau d’enquête et accident a été mis en place afin d’identifier les causes du crash de cet appareil d’un tonnage de 20 tonnes. 
«Nous avons demandé que tous les débris de l’avion soient ramenés à l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) surtout que la boîte noire soit retrouvée pour qu’on puisse la faire décrypter dans les pays où il existe les équipements nécessaires», a-t-il déclaré. 

Cet avion a décollé de l’aéroport de Pointe-Noire à 7heures 48 TU et devait arriver à Brazzaville à 8heures 43 TU. La tour de contrôle a perdu le contact avec l’appareil aux environs de 8heures 34 TU.

L’équipage était composé de cinq ressortissants d’Ukraine et d’un Congolais Nicolas Massamba, convoyeur des véhicules à bord du cargo. 

Il y a près de deux ans et demi, le ministère des transports et de l’aviation civile avait interdit le transport des passagers par les aéronefs de type Antonov 24. Cette mesure ne mettait pas en cause la société Antonov mais plutôt les opérations d’entretien de ces appareils.


En raison des difficultés d’acheminement des marchandises à Brazzaville via le Chemin de fer Congo océan (CFCO) qui accuse une insuffisance de locomotives et une défectuosité du réseau, il a été décidé d’autoriser le trafic fret entre Brazzaville et Pointe-Noire par les avions Antonov 12. Principale voie reliant les deux capitales du pays, le CFCO a été endommagé pendant les conflits armés survenus au cours de ces dernières années. 

D’après M. Ouosso, en 2008, le Gouvernement a inscrit une ligne budgétaire de 25 milliards de francs CFA en faveur du CFCO contre 18 milliards de francs CFA en 2009 pour l’acquisition d’une quinzaine de locomotives. Mais, a poursuivi le ministre des transports, il se pose un problème d’écartement.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mercredi 26 Août 2009 - 18:31
 
 
 
Christian Brice Elion (congo-siteportail.info)
 

Crash aérien : le ministre Ouosso appelle la société Aéro Fret Business à prendre ses responsabilités

 

Un avion de type Antonov 12 immatriculé 63 44607 TN-AIA de la compagnie Aéro Fret Business, qui opère dans le transport de marchandises entre Pointe-Noire et Brazzaville, s'est écrasé mercredi à Loukanga dans la périphérie de Nganga-Lingolo au sud de Brazzaville, alors qu'il arrivait de Pointe-Noire.

Face à ce crash, qui a causé la mort de six personnes, soit cinq membres de l'équipage de nationalité ukrainienne et un Congolais, et la perte de l'appareil, le ministre des Transports et de l'Avion civile, Émile Ouosso, qui s'est rendu sur les lieux, a appelé l'exploitant responsable à prendre ses responsabilités et paraître devant la commission d'enquête mise en place. Cette commission se chargera d'élucider, dans les prochains jours, les causes réelles de ce crash dès la découverte de la boîte noire.

« Nous saurons ce qui s'est passé ce matin après l'enquête. Mais les questions qui se posent tournent autour de l'âge de l'avion, de son arrivée au Congo, de la date de la dernière révision et du tonnage maximum embarqué pour cet appareil afin de savoir ce qui a failli dans les procédures techniques », a déclaré le ministre au cours d'un point de presse. Il a par ailleurs attiré l'attention des Congolais sur les dangers qu'ils encouraient à voyager dans ce type de transports : « J'appelle les Congolais à la prudence, je les invite à prendre un avion régulier et non un cargo..»

En effet, cet avion qui transportait à son bord des voitures, précisément un minibus Hiace, deux voitures Toyota Corolla, une voiture starlette et des denrées alimentaires avait, selon les agents de l'aviation civile, perdu tout contact avec la tour de contrôle peu après son décollage de Pointe-Noire. Évoquant en outre un tonnage excessif, qui pouvait être également une des causes non négligeables du crash, le ministre des Transports a instruit l'Agence nationale de l'aviation civile (Anac) de mettre en place un mécanisme de contrôle au départ de chaque cargo pour s'assurer du tonnage et des personnes à bord, qui ne devraient être que les membres de l'équipage.

Pour assainir le ciel congolais, le gouvernement avait pris en octobre 2007 la mesure d'interdire dans l'ensemble du territoire congolais le vol des Antonov 24 en version passager. Cette décision n'affectait pas les Antonov 12 qui facilitent l'approvisionnement de Brazzaville en produits de première nécessité. La révision de ces appareils n'a pu être suffisamment contrôlée.

D'après une source proche de la compagnie Aéro Fret Business, l'Anac aurait, il y a quelque temps, instruit la compagnie de procéder à la révision de l'appareil par le fabriquant, mais cela n'a pu se faire à Pointe-Noire qui ne dispose pas d'atelier approprié. Selon la même source, qui a requis l'anonymat, deux pilotes ukrainiens auraient même démissionné à la suite du refus par les responsables de soumettre l'appareil à une révision digne de ce nom.

Guy-Gervais Kitina (Les Dépèches de Brazzaville)

 


 

 NDLR

 

 

Un aéronef du même type avait, en janvier 2008, percuté un Boeing 737 en stationnement sur l'aéroport de Pointe-Noire.

Cet accident met une nouvelle fois en évidence le danger induit par ces appareils vétustes et mal entretenus qui, certes, ne peuvent théoriquement pas transporter de passagers mais qui présentent des dangers évidents pour les populations au sol.

Emile Ouosso aurait dû se poser la question de l'opportunité de poursuivre la rénovation des aéroports Maya-Maya de Brazzaville et Agostinho Neto de Pointe-Noire. Leur situation intra muros dans les deux principales villes du pays laissent craindre une catastrophe majeure compte tenu de la très mauvaise qualité du parc volant. La délocalisation des aéroports internationnaux à une distance sécuritaire des métropoles semble être un impératif ne pouvant être différé.

Benoît XVI appelle l'Afrique à la résistance (la-croix.com)

 Lors de la messe d’ouverture du Synode pour l’Afrique, le pape, qui considère ce continent comme un « immense poumon spirituel », a fustigé les fondamentalismes religieux et les « déchets toxiques spirituels » qui le « contaminent »

Les évèques entrent dans la basilique Saint-Pierre pour la messe d’ouverture du Synode pour l’Afrique, dimanche 4 octobre (AP/Giuseppe GIGLIA) 

Lentement, les pères synodaux s’avancent. Ils viennent de toute l’Afrique. Parmi eux, Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala et président de la Conférence épiscopale du Congo. Son témoignage est saisissant : « Mon diocèse a vécu une guerre civile de 1997 à 1999 avec, jusqu’à aujourd’hui, la permanence des milices “ninjas”. L’Église s’est mobilisée, dialoguant avec le leader des “ninjas”, pour tenter d’aboutir à une paix définitive. Aujourd’hui, la milice a pu être officiellement désarmée, ce désarmement et la réinsertion socio-économique des enfants-soldats ayant été financés par la Banque mondiale. Mais nous restons vigilants, un désarmement n’est jamais définitif. La plupart des écoles et des dispensaires ont été détruits. C’est toute une génération de jeunes qui n’a donc pas connu l’école, depuis dix ans. »

Dans un tel marasme, Mgr Mbuyu attend beaucoup du Synode. « Que l’Église soit plus fortement présente dans la réalité sociale, car les misères que nous connaissons relèvent de la mauvaise gestion des hommes et des biens. Nous avons d’énormes possibilités matérielles, économiques, humaines, mais tout est gaspillé. »

« Que l’Occident cesse d’exploiter notre continent »

Comme lui, bon nombre des évêques qui s’avancent dimanche 4 octobre dans la basilique Saint-Pierre pour la messe d’ouverture du Synode pour l’Afrique souhaitent que l’Église, par le biais de cette rencontre, bouscule les dirigeants, africains mais aussi occidentaux. « Que les chrétiens d’Europe et d’Amérique prennent l’Afrique au sérieux et que l’Occident cesse d’exploiter notre continent sans vergogne », lancera ainsi, à la sortie de la basilique, Mgr Philip Naameh, archevêque de Tamale (Ghana). « Nous avons besoin d’un projet qui mobilise toute l’Afrique », estime pour sa part Mgr Daniel Mizonzo, du Congo-Brazzaville, qui souhaite que « le monde entier écoute ce que l’Afrique a à dire ».

Au cours de la cérémonie, les langues et les voix africaines étaient largement présentes, mêlées au latin, au français, au portugais, à l’anglais, langues de travail de ce synode. Nakoma peto (« Que je devienne pur »), chanté en lingala (langue du Congo), a scandé le rite d’aspersion, au début de la célébration. C’est la responsable des Focolari de Côte d’Ivoire, Geneviève Amalia Mathilde Sanze, qui a lu la première lecture en français. 

Après la proclamation de l’Évangile en latin, la prière des fidèles a été prononcée en swahili, en portugais, en amharique, en haoussa, en lingala et en arabe. Un chant en kikongo, Ee Mkufu, Yamba Makabi (« Seigneur accueille cette offre ») a accompagné l’offertoire, tandis que le Togolais Edem Kodjo, ancien secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, est parmi ceux qui apportent les offrandes devant Benoît XVI. À la fin de la célébration, l’hymne Tokobondela yo e, Mama Maria (« Nous te prions, Maman Marie ») est exécuté en lingala.

« Une source d’exploitation, de conflit et de corruption »

Dans son homélie, Benoît XVI s’est montré très vigoureux. Il a rappelé que les ressources de l’Afrique sont « une source d’exploitation, de conflit et de corruption ». Mais, pour lui, « l’Afrique représente un immense “poumon” spirituel (…) qui peut aussi tomber malade ». Et c’est bien le mot de « maladie » que le pape utilise, « une maladie déjà diffusée dans le monde occidental, à savoir le matérialisme pratique, associé à la pensée relativiste et nihiliste ». Le « premier monde » est clairement accusé par le pape d’exporter « des déchets toxiques spirituels » qui contaminent les populations des autres continents. « Le colonialisme n’est jamais tout à fait terminé », dit-il. 

Benoît XVI dénonce un « second virus » : « le fondamentalisme religieux, lié à des intérêts politiques et économiques ». L’accusation vise l’efflorescence des sectes, ces groupes qui « sont en train de se répandre sur le continent africain ; ils le font au nom de Dieu, mais selon une logique opposée à la logique divine, c’est-à-dire en enseignant et en pratiquant non pas l’amour et le respect de la liberté, mais l’intolérance et la violence ». 

« La famille est le lieu de la vie »

Puis Benoît XVI insiste sur « la thématique complexe du mariage dans le contexte africain ecclésial et social », en lien avec l’évangile du jour (Mc 10, 2-16) : « Dans la mesure où elle conserve et développe sa foi, l’Afrique pourra trouver des ressources immenses à donner en faveur de la famille fondée sur le mariage. » « Chez nous, les valeurs familiales sont très importantes, parce que la famille est le lieu de la vie et la vie est la valeur sur laquelle tout est fondé », confirme Sœur Marie-Bernard Alima, secrétaire générale de la Commission Justice et Paix du Congo et de la région des Grands Lacs, venue pour le Synode avec un groupe de religieuses. 

Enfin, Benoît XVI insiste sur « la grande contribution » de l’Église « à toute la société », pourvu qu’elle soit fidèle à sa vocation d’être « prophétie et ferment de réconciliation entre différents groupes ethniques, linguistiques et aussi religieux, à l’intérieur de chaque nation et sur tout le continent ». Ce que redit à sa manière, à la sortie de la basilique, Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako (Mali) : « Nous, Église en Afrique, sommes fille de l’Europe et nous ne souhaitons pas vivre en orpheline ; tels des enfants heureux de savoir que leur maman reste fidèle aux valeurs qu’elle a transmises, nous souhaitons que l’Église en Occident continue de vivre avec ce qu’elle nous a donné de meilleur, la foi en Jésus-Christ. » 

À l’Angélus, Benoît XVI a bien précisé le mode d’emploi de ce Synode : « Il ne s’agit ni d’un colloque ni d’une assemblée programmatique », a-t-il rappelé, car « nous n’en sommes pas les protagonistes : ce sont le Seigneur et le Saint-Esprit qui guident l’Église ».

Claire LESEGRETAIN et Frédéric MOUNIER, à Rome

Kouilou : Sauver la RN5

Le tronçon Pointe-Noire/Diosso de la RN5, reliant la capitale économique au Gabon, a été réhabilite en 2000. Cette même année il fut décidé que le second tronçon Diosso/Hol-Moni, qui parcourrait la lèvre ouest du plateau de Hinda en desservant quelques villages, le tombeau des rois de Loango et la réserve de chimpanzés de Tchimpounga et qui offrait parmi les plus belles vues qui soient vers la baie de Loango, serait abandonné. L’option choisie était une nouvelle route littorale greffée sur le tronçon réhabilité l’année précédente au niveau du village Lemba, siège de la commune de Loango.

 
 
 
  
 
 
 
Le nouveau tracé permettrait la desserte de deux localités : Matombi auquel on accédait précédemment depuis la route de la Pointe-Indienne, et Tchissanga qu’on rejoignait par une route descendant des crêtes par un joli vallon à hauteur du village Ntoupou. Il ouvrait surtout l’appétit des propriétaires fonciers du littoral qui voyaient la valeur marchande leurs terrains multipliée. La direction régionale des travaux publics du Kouilou argumentait sur un point de faiblesse de l’ancien tracé pour l’abandonner.
Aucune étude d'impact ne fut réalisée en dépit de l'avis de certains experts qui jouèrent les Cassandre en prédisant ;
  • que l'érosion marine qui se faisait déjà sentir emporterait la chaussée à courte échéance,
  • que la facilitation de l’accès aux exceptionnels biotopes naturellement protégés des gorges[1] les mettait en péril écologique grave
Les mêmes balayaient avec de solides arguments techniques la condamnation de l'ancien parcours.
Il leur fut discrètement, mais fermement conseillé de parler d’autre chose.
 
SGE-C (pilote) et SOCOFRAN construisent cette section en 2001[2].
 
L’Etat décrète que la bande des cent pas du roi, étendue à 150m, est réservée aux activités touristiques et que  les constructions en matériaux durables y sont interdite.
 
Aussitôt les ngandas et restaurants proliférèrent le long des plages pour le plus grand plaisir de la classe moyenne congolaise et expatriée. Dès lors, la côte de Matombi devient le lieu privilégié du tourisme dominical ponténégrin. Un peu plus tard, on a vu s’installer quelques bungalows de week-end. Chacun tente à sa manière de préserver son petit investissement de l’érosion marine qui emporte près d’un mètre par mois.
 
Très vite, les gorges de Diosso sont pénétrées par les charbonniers qui en dévastent les forêts.
Les villages antérieurement desservis par les crêtes périclitent. Leur accès est compromis par l'abandon total de l'entretien de l'ancienne route. L’accès coté Hol-Moni se ravine de façon inquiétante et n’est plus guère accessible sans un vrai véhicule tout terrain[3]. Le point de faiblesse alibi tient pour sa part parfaitement le coup.
 
La mer ronge irrémédiablement la côte[4], plus ou moins 10 mètres par an, on recule les ngandas, les quelques maisons construites hors la bande des 150m se trouvent désormais à l’intérieur de celle-ci. La mer s’approche de la route. Aucune mesure d’Etat n’est proposée pour ne fusse qu’étudier des solutions de protection.
Prétendant prévoir l’agrandissement de la zone portuaire de Pointe-Noire à plus de 15 kilomètres de là, un "trio infernal" constitué des ministres Martin Parfait Coussoud-Mavoungou, Lamyr Nguele et Raymond Mboulou, décrète la démolition immédiate de toutes les constructions entre route et mer.
Avec zèle les engins raseront sous leurs yeux toutes les constructions, inclus les ngandas en matériaux périssables, sans le moindre égard pour la végétation.[5] Ils laisseront le littoral dévasté comme après un bombardement.
 
La plus grande partie de la plage de la baie de Loango est condamnée. La route sera coupée par la mer dans cinq ou six ans Les vagues battront la base des falaises du plateau de Hinda probablement avant 15 ans. Des pans entiers s’abattront dans l’océan.
Pourtant, personne n’agira pour protéger la côte. Trop cher ?  Trop compliqué ? Trop tard ?
 
Il faut donc d’urgence réhabiliter l’ancien tracé avant que le coût des mesures conservatoires nécessaires ne devienne rédhibitoire. C’est du ressort du ministère des travaux publics, sans doute sous contrôle de la direction générale des grands travaux.
 
Cette route est la perle du tourisme au Kouilou. Il faut réfléchir sur les orientations permettant valoriser les sites en les respectant. C’est du ressort du ministre du tourisme chargé de l’écologie.
 

[1] Les gorges sont des cirques d’érosion qui parsèment en particulier le bord ouest du plateau de Hinda. Au fond de ces cirques, une végétation intacte qui hébergeait une faune particulière, s’était développée. Jusque là très difficiles d’accès, elles ne recevaient que des visites très limitées et peu pénalisantes.
[2] Ils réaliseront un troisième tronçon Hol-Moni/Madingo-Kayes reprenant strictement l’ancien tracé l’année suivante. Le goudron s’achève peu après la sortie de la localité. Les sections suivantes, entrecoupées par le passage de 2 bacs après lesquels se trouve le village de Nzambi, sous préfecture, n’ont reçu qu’un très vague reprofilage et l’accès à la frontière n’est pas garanti.
[3] Après dix huit mois sans avoir tenté de parcourir la route des crêtes, c’est pour faire les honneurs des paysages sublimes que recèle ce tracé à un ami français venu nous rendre visite, que nous avons tenté de le reprendre dans le sens du retour qui est celui qui révèle au mieux les beautés des divers sites.
A notre grande surprise, des travaux ont été faits pour améliorer la longue rampe autrefois très ravinée. Sans doute, les évènements récents du royaume de Loango, décès du roi, nomination et intronisation de son successeur y sont ils pour quelque chose. On peut actuellement s’y engager sans 4x4, étant bien entendu qu’il vaut mieux disposer au moins d’un SUV.

 

Trafic de chèques aux douanes congolaises ?

 Le journal Talassa met à jour dans sa dernière édition un scandale qui entache les douanes congolaises qui, entre nous soit dit, jouissent déjà d’une piètre réputation au regard du train de vie de leurs agents.

A l’origine de la découverte se l'affaire :

Un agent des impôts en poste à l’hôpital de Loandjili aurait été interpellé puis incarcéré par la Direction Départementale de la Surveillance du Territoire. Ce personnage aurait détourné pas moins de trois cent trente trois millions deux cent soixante douze mille cinq cent cinquante cinq de francs CFA (333.272.555XAF). 
Il aurait pour cela utilisé un subterfuge, que le journal affirme comme étant courant, et qui exige des complicités au sein des douanes congolaises.

Des chèques émis à destination des services des impôts, sont détournés en direction des services des douanes qui dépendent eux aussi du ministère des finances. 

Le mécanisme de la fraude : 

Un opérateur économique émet un chèque à ordre du Trésor. Il reçoit du receveur une quittance en bonne et due forme mais seule une valeur bien inférieure à la somme perçue est inscrite dans les livres. Au lieu d’être acheminé vers le Trésor Public, l’effet est détourné en direction du service des douanes qui dispose de liquidités importantes et qui en fait la compensation en espèces sonnantes et trébuchantes. Le receveur des douanes prélève sa commission qui s’élève à 35%. Seul le montant inscrit par le receveur des impôts revient au Trésor Public.

Simple et efficace, mais uniquement possible parce que tous les rouages de la machine sont « graissés » au passage. Inclus le contrôle d’Etat ? Probable sinon la fraude aurait été mise en évidence, à moins que Talassa ne se trompe. Dans tous les cas, une enquête devrait être diligentée.

Intégralité de l'article sur le site de Talassa

Afrique-Antilles une bonne adresse gastronomique à Pointe-Noire

Doudou Louise, native de la Désirade en Guadeloupe, est bien connue des brazzavillois. Ils se sont longtemps régalés dans le restaurant qu'elle tenait dans la capitale.  Diverses péripéties le lui ont fait perdre.

Doudou Louise est donc descendue ouvrir un nouvel établissement à Pointe-Noire. La modestie des lieux n'obère en rien la qualité de la cuisine aux saveurs variées.

Pas trop bien situé dans le tissu urbain ponténégrin, le restaurant peine à prendre son envol, mais comme il aime beaucoup Doudou Louise et sa cuisine, Dé-Chaîné lui offre cette pub certain que ses prestations ne vous décevront pas.

Avril 2011 : Agenda des actions africaines en région parisienne

 

 

 

 

Rien de tel que l'Agenda des actions africaines en région parisienne de Jean-Paul Vanhoove, pour faire mentir ceux qui disent que les français se foutent de l'Afrique et des africains en confondant politiciens et société civile.

 

 

 

 

 

 

 

Anniversaire, commémoration, journées mondiales …

samedi 2 avril : elections législatives au Nigéria - rens. groupeexpertise@listes.survie.org

du 2 avril au 9 avril : semaine sans télé

le 4 avril : Fête de l'indépendance du Sénégal

le 4 avril : Journée internationale de la lutte contre les mines antipersonnelles clutetem@yahoo.fr

jeudi 7 avril World Health Day / Journée mondiale de la santé MENGA Tél.: 00237 77 77 46 00 Skype : mengadawe

jeudi 7 avril prochain verra le dix-septième anniversaire du déclenchement du génocide des Tutsi au Rwanda. D’avril à juillet 1994, ce génocide a fait entre 800 000 et un million de victimes, massacrées parce qu’elles étaient tutsi. Il a aussi coûté la vie à des milliers de Hutu opposés à l’extermination de leurs compatriotes. Dix-sept ans après, notre pays a besoin de vous pour regarder en face son histoire avec le Rwanda. Pour aller plus loin : La complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, Survie, L’Harmattan, 2009. - http://survie.org/genocide/article/17-ans-apres-le-genocide-des-tutsi

vendredi 8 avril 2011 : élection présidentielle à Djibouti - rens. groupeexpertise@listes.survie.org

le 8 avril : journée mondiale des Roms

samedi 9 avril : élection présidentielle Nigéria + législative, Etat et gouvernorat - rens. groupeexpertise@listes.survie.org

le 15 avril : en mémoire des victimes (pour la plupart africaines) des incendies dans les hôtels (rue de Provence) et /ou taudis parisiens de l'été 2005 … Ne les oublions pas ... pour pouvoir dire "plus jamais ça". Venez habillés en blanc, avec une fleur blanche …asso-paris-opera@laposte.net

samedi 16 avril : élections des gouverneurs des 36 Etats de la fédération ainsi que les assemblées législatives régionale - rens. groupeexpertise@listes.survie.org

le 17 avril : journée mondiale de luttes paysannes : en souvenir du massacre de 19 paysans sans terre en 1994 : les assassins n'ont été condamnés qu'en 2004, les grands propiétaires commanditaires ne sont toujours pas inquiétés

le 18 avril : Fête de l'indépendance du Zilbabwe

du 24 au 30 avril Semaine mondiale de l’Education pour tous

le 26 avril : Fête de l'Union de la Tanzanie

le 27 avril : Fête de la liberté de l'Afrique du Sud

le 27 avril : Fête de la République du Sierra Léone

le 27 avril : Fête Nationale du Togo (1960)

Actions situées à Paris (75)

jusqu'au 10 juillet 2011 tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 19h. : Angola, figures du pouvoir : cent quarante oeuvres : masques de différentes factures, statuettes de chef à l'effigie du héros-chasseur Chibinda Ilunga, figures cultuelles et insignes de dignité, mpressionnants objets magico-religieux et bas-reliefs polychromes. L'espace consacré à l'art contemporain est investi par l'un des plus grands artistes angolais, António Ole. - Lieu Musé Dapper, 35 bis, rue Paul Valéry, Paris 16è - Rens 01 45 02 16 02 / 01 45 00 07 48 - Réservation conseillée au 01 45 00 91 75 comexpo@dapper.com.fr communication@dapper.com.fr www.dapper.com.fr

jusqu'au 6 avril 2011 du lundi au samedi 14h à 19h : Exposition Senoufo : Issus du "melting pot" ivoirien, les Sénoufo ( littéralement ceux qui parlent le séné ) se déploient jusqu'au Mali. Leur diversité ethnique en explique le foisonnement artistique dont les masques comme le statuaire combinent à la fois les fonctions de divertissement ou de contrôle social ( confréries secrètes, guérisseurs, sorciers..). Si le statuaire insiste sur la pureté de la forme et la mixité de divers matériaux ( bois, tissu, fibre végétale, pigments purs), le masque vise à s'approprier les forces multiples de l'anthropomorphisme comme donnée fondamentale, soit le symbole de l'incarnation du monde des esprits. C'est dans la perception de cette force que s'exerce le talent des artistes. Armand Auxiètre, Directeur de la Galerie " L'oeil et la Main " a choisi de présenter pour cette exposition un masque casque Sénoufo qui reprend les critères essentiels de la création plastique Sénoufo, entre intellectualisme de la ligne et sensualité du modelé, organisant ainsi des compositions d’un intense dynamisme. - Lieu : Art Gallery l’œil et la main, 41 rue de Verneuil, Paris 7è - Rens. 01.42.61.54.10 contact@agalom.com www.african-paris.com

jusqu'au 17 juillet : Exposition d'anthropologie une "Fabrique des images" qui touche les 5 continents. Avec 160 œuvres et objets, elle invite à un décryptage des grandes productions artistiques et matérielles de l'Humanité pour révéler ce qui ne se voit pas d'emblée dans une image. Cette compréhension des images se fonde sur 4 grands modèles iconologiques créés par l'Homme, au-delà de tout classement géographique ou chronologique, que ce soit en Afrique, dans l'Europe des XVe- XVIe siècles, dans les Amériques des Indiens d'Amazonie ou des Inuit d'Alaska, jusque dans l'Australie des Aborigènes. L'exposition dévoile ces 4 modèles - traduisant 4 grandes visions du monde - que sont le totémisme, le naturalisme, l'animisme et l'analogisme. Avec la Fabrique des images, le visiteur découvre les différents principes de déchiffrement selon lesquels les civilisations voient le monde et en rendent compte. - Lieu : Musée du quai Branly, 37 quai Branly, Paris 7è - Rens. 01 56 61 70 00 www.quaibranly.fr

jusqu'au 3 avril, du jeudi au samedi à 20h, dimanche à 15h : Représentation de "elf la pompe Afrique" - Un imbroglio politico-judiciaire raconté par ses protagonistes. Les vraies paroles d’un procès qui nous regarde. Histoire de comprendre. Un spectacle ecrit et mis en scène par Nicolas Lambert. "Elf, la pompe Afrique» a le mérite de condenser le procès Elf et de le rendre « lisible ». Le résultat est d’une clarté qui était inaccessible même à ceux qui suivaient le procès à travers la presse, semaine par semaine." Thomas Hann - Cassandre - Participation : 10 € (voire 5€ voire 15€ selon vos bourses et vos vies). Restauration goûtue et bon marché. - Lieu au Grand Parquet - 20 bis rue du département, Paris 18è - Réservation : 01 40 05 01 50 http://www.survie-paris.org/elf-la-pompe-afrique,620.html - contact@survie-paris.org, www.survie-paris.org

jusqu'au 10 juin 2011 de 10h30 à 12h30 , les 2e et 4e vendredis du mois : Supports et circulations des savoirs et des Arts en Afrique et dans la Diaspora organisé par Jean-Paul Colleyn, directeur d'études, Christine Douxami, maître de conférences à l'Université de Franche-Comté, Aïssatou Mbodje-Pouye, postdoctorante - Lieu : IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail, Paris 6è - Rens : 01 53 63 56 50 stceaf@ehess.fr

jusqu'au 2 avril 2011 formation Hemisphères sur le thème : L'agriculture vivrière peut-elle nourrir la planète ? Nos aliments issus de la production industrielle viennent du monde entier. Poulet du Brésil, tomates d’Espagne, etc. Les distances que parcourent nos aliments est impressionnante. L’intensification, les OGM, les monocultures d’exportation sont toujours aussi répandues. Cette logique peut-elle perdurer dans le nouvel essor de l’Ecologie ? Le monde a toujours faim. Malgré une capacité mondiale virtuelle à nourri toute la planète, il perdure toujours 1 million de sous-alimentés. Les dégâts du productivisme fait que cette population est à 70% des paysans ! Les consommateurs sont toujours plus nombreux à s’interroger et à chercher des alternatives. Elles existent, circuits courts, agro-écologie, etc. Les paysans du Nord comme du Sud se regroupent pour combattre et offrir un nouveau modèle agricole. Il faut réinventer les relations entre consommateurs et producteurs et les espaces entre campagne et ville. Cette session de formation abordera les interdépendances entre le Nord et le Sud quant aux modèles de production, de transformation et de consommation. Nous ferons émerger ensemble les alternatives concrètes en place et les initiatives en cours. A la fois formation et action, Hemispheres permet aux jeunes participants de : Mieux comprendre et clarifier quelques mécanismes générateurs de pauvreté, d'exclusion, de discrimination et de non respect des droits humains au Nord comme au Sud, Découvrir les mobilisations et l'énergie positive de ceux qui font bouger les choses, Maîtriser des savoir-faire techniques et artistiques pour organiser des actions de sensibilisation à la solidarité internationale, Construire en groupe multiculturel un ou plusieurs outils pédagogiques visant une mobilisation du plus grand nombre de citoyens, Expérimenter en situation réelle, après la formation et dans leur environnement particulier, leur désir d'engagement en mettant en œuvre concrètement un évènement de sensibilisation aux solidarités internationales. Lieu : Centre International de Séjour de Paris Maurice Ravel, CISP Kellermann, 6, avenue Maurice Ravel, Paris 12è, M°Bel-Air - Porte de Vincennes - Porte Dorée, Bus 29 : Jules Lemaître/Maurice Ravel, Bus P.C.2 et N°56 : Porte de St. Mandé. Rens : Claire Honoré au 01 55 42 62 74 ou à c.honore@fdh.org www.hemispheres-eu.org

jusqu'au 23 mai à 20h30 : Spectacle : Mamane Malmène les mots ! Spectacle d'humour de Mamane - Mamane, un drôle de prénom pour un drôle de numéro. Venu tout droit du Niger, cet humoriste pas banal distille des messages pas bêtes du tout, sous la forme de contes faussement naïfs. Fausse candeur, fausse ignorance, ce Mamane est un véritable faussaire, car sous ses airs d’ignare patenté, il balance des vérités sur la complexité de L'humoriste Mamane dans son spectacle "Mamane Malmène les mots !"cette France pas toujours très « terre d’accueil ». Racisme, problèmes des sans-papiers, mais aussi faillites des états Africains, Mamane aborde les sujets qui fâchent avec une maîtrise parfaite du geste et de la parole. Léger, jamais moralisateur ni plaintif, ce « one-mamane-show » en est d’autant plus percutant. Un bon moment, même si toutes les vérités ne font pas toujours plaisir à entendre ! - Entrée: 15€ ; tarif réduit 10 € - Lavoir Moderne Parisien , 35 rue Léon, Paris 18è - Rens et réserv 01 42 52 09 14 www.rueleon.net

du vendredi 1er au 30 avril 2011 2ème édition : Les Nuits d’Afrique Le SATELLIT Café et l’association World Musique vous invitent à la 2eme édition des Nuits d’Afrique. Entre kora, balafon, percussions et chants, tout un voyage en terre africaine, pour retrouver les racines et la musique de chacun de ses peuples. Alors venez partager et venez danser aux rythmes de l’Afrique noire ! - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

vendredi 1er avril de 10h à 17h : Journée d’étude "Comportement amoureux & sexualité" : évolution des représentations et des pratiques à Madagascar et aux Comores organisée par le Centre de recherche sur l’océan Indien occidental et le monde austronésien (Croima-Asies, Inalco) - Lieu Inalco, centre Riquet, 10 rue Riquet, 75019 Paris 19è , M° Riquet (ligne 7)- Rens 01 70 23 26 00 v.nirhylanto@cegetel.net, malala@live.fr www.inalco.fr

du vendredi 1er au 13 avril de 10h30 à 19h30 : exposition sociétés traditionnelles du Gabon, Textes et photos de Gwenaëlle Dubreuil présententé par Sira kura & trait d’éthique - Lieu : Trait d’éthique, 7 rue Mademoiselle, Paris 15è, M° Commerce - Rens. Sira Kura 01 48 28 18 47 liza.duflo@sira-kura.com

vendredi 1er avril à 18h30 : Conférence débat sur Djibouti - A la veille de l’élection présidentielle à Djibouti prévue le 8 avril prochain, Mohamed Kadamy abordera la situation de ce pays marqué par des mouvements importants de protestation populaire mais aussi par une dure répression. L’implantation militaire de la France l’amènera à évoquer concrètement les changements indispensables à opérer en matière de politique africaine pour la France et l’Europe et à imaginer une autre mondialisation. Personnalité politique africaine, Mohamed Kadamy est aujourd’hui président du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie. (FRUD), membre du bureau de l’Amicale Pan-Africaine en France. Il a été l’un des fondateurs du Mouvement populaire de libération qui a joué un rôle important dans la lutte contre le colonialisme. Il est activement engagé pour la défense des droits humains. Ces activités de haut niveau lui ont coûté un emprisonnement de 29 mois dans les geoles djiboutiennes entre septembre 1997 et février 2000. Lieu : Salle des conférences du siège du PCF, Espace Oscar Niemeyer, 28 rue Mathurin Moreau, M° Colonel Fabien - Rens Sylvie JAN / afrique@pcf.fr ou Alain Vermeersch / avermeersch@pcf.fr

vendredi 1er avril à 20h30. Quand Sayon fait le Zèbre : Sayon Bamba est une adepte d’une forme de cosmopolitisme qui croise les genres musicaux en les mixant avec ses racines, pour façonner un son métissé bien à elle. De sa voix rugueuse et fragile à la fois, cette guinéenne raconte sans complexe ni tabou des histoires envoûtantes de femmes et de liberté : sensualité, plaisir et révolte rythment ses morceaux. Dans son troisième album qui vient tout juste de sortir, elle affirme encore plus fort le courage de dire non. Non à l’excision qu’elle dénonce dans « L’excisée », une diatribe chantée en soussou, malinké et français. Indignée, Sayon Bamba est une femme en résistance qui n’oublie pas pour autant de se lancer dans la danse et qu’Amour, Désir et Plaisir ne sont surtout pas des interdits. - Lieu : le Zèbre de Belleville, 63 Bd de Belleville, (M° Belleville Tout spectateur se revendiquant de cette newsletter à l’entrée bénéficiera du tarif réduit à 10 €. - Rens www.sayonbamba.com

jusqu’à fin Avril : Exposition de Jacob Diboum : Totems - entrée libre consommation obligatoire - Entrée + verre : 10€ (bière, vin ou jus de fruit) - 3 grandes bières pour 12€ - Brunch africain : 6€ : Pastels, accra, salade, banane plantain, poulet, Brochettes : 2 euros - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h / 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

vendredi 1er avril à 21h : Concert de Mohamed Metsing - Petit-fils du « roi de la kora » Soundioulou Cissokho et de la diva de la chanson mandingue Maa Hawa Kouyaté (ou « Mahawa »), Mohamed Lamine Cissokho dit « Metsing » est né en 1986 dans le quartier de la Médina à Dakar (Sénégal). Auteur, compositeur, chanteur, balafongiste, guitariste et percussionniste, Metsing navigue entre musique mandingue, mbalax et pop… - entrée libre consommation obligatoire - Entrée + verre : 10€ (bière, vin ou jus de fruit) - 3 grandes bières pour 12€ - Brunch africain : 6€ : Pastels, accra, salade, banane plantain, poulet, Brochettes : 2€ - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

vendredi 1er avril à partir de 21h : Concert de LES FRÈRES DE LA RUE Goumbé Reggae Ils viennent présenter leur dernier album « Ton attitude » où se mêlent des voix venant du Goumbé, musique que les anciens utilisaient pour guérir et apporter de la joie, à une mélodie éthnique, une rythmique skank reggae et des influences pop. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

samedi 2 avril de 16h à 18h : "Perspectives politiques au Cameroun - Les grands enjeux de la Présidentielle 2011" avec Mme Kah WALLA, Candidate à la Présidentielle, M. Paul Eric EMERY, Délégué Section France Nord du RDPC (parti au pouvoir) et M. Vincent Sosthène FOUDA, Cameroun Génération 2011, Candidat à la Présidentielle - - Lieu : Sciences Po Paris, 56 Rue des Saints Pères, Paris 7è, Salle François Goguel - Inscription obligatoire par mail auprès d'Hervé LADO, herve.lado@sciences-po.org - Rens : aspa@sciences-po.org http://aspa.afrik.com

samedi 2 avril à 21h : Concert de Youssouf Diabaté & Diabakan : Originaire du Mali, Youssouf Diabaté mêle musiques mandingues, jazz, funk et afrobeat. - entrée libre consommation obligatoire - Entrée + verre : 10€ (bière, vin ou jus de fruit) - 3 grandes bières pour 12€ - Brunch africain : 6€ : Pastels, accra, salade, banane plantain, poulet, Brochettes : 2€ - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

dimanche 3 avril de 11h à 15h Sanzas d'Afrique & mbira du Zimbabwe, Conférence – projection vidéo et concert mbira dans le cadre des brunchs de l'association Ethnomusika - brunch assiette orientale à 8€ - Le Brunch ethnomusiKa sera consacré aux sanzas, instruments de musique méconnus, qui sont jouées principalement par les populations bantoues d'Afrique. Les sanzas ont comme point commun de produire du son par « pincement » de lamelles métalliques ou végétales (bambou, écorce, bois...) fixées sur une table de jeu le plus souvent en bois. Utilisées dans différents contextes de jeu (divertissement, rituel…), les sanzas présentent une grande diversité de formes qui varient notamment en fonction de la taille, du nombre de lamelles et du type de résonateur. Vincent Hickman est titulaire d'un DEA en anthropologie (2002) sur la pratique des mbira au Zimbabwe. Il a depuis prolongé ses recherches sur le jeu des sanzas dans d'autres régions du continent (Congo, Zambie, Malawi...).- Lieu : Péniche Anako, Bassin de la Villette , face au 61, quai de la Seine, Paris 19è, M° Riquet, Stalingrad ou Jaurès - Rens. 09 53 14 90 68 / 06 62 11 14 64 admin@penicheanako.org contact@lezardsnoirs.org communication@ethnomusika.org http://peniche.anako.com/Agenda_20.html

dimanche 3 avril de 12h à 13h30 : porte ouverte pour s'essayer à la danse contemporaine d'expression africaine moyennant une participation de 1€ - Lieu : Studio one step, 18/20 rue du Fbg du Temple , Paris 11è, M° République - Inscription : 01 40 95 84 30 siguine@siguine.asso.fr http://www.siguine.asso.fr

dimanches 3 et 10 avril à 15h : Trace de conte, à partir de 6 ans : Comment l'apparition d'un flamboyant, bel arbre aux fleurs rouges, sème-t-elle la discorde dans un village ? Le chat peut-il récupérer son sourire confisqué par l'Homme ? Laissez-vous porter par l'humour du conteur kongo Gabriel Kinsa qui abordera ces questions, et bien d'autres encore, à travers des histoires de la forêt et de la savane. Vous découvrirez un univers où les animaux côtoient des hommes dont le comportement est loin d'être exemplaire… Tarif : 9 € ou réduit : 5 € (Les Amis du musée Dapper, enfants de moins de 12 ans, groupes à partir de 10 personnes, familles nombreuses, demandeurs d'emploi) - Réservation conseillée au 01 45 00 91 75

dimanche 3 avril et tous les dimanches de 16h à minuit : Bal Afro. Avec Suzanne NDjock et Saraaba : danse, brunch africain, cocktails. Des après midi dansants comme en Afrique… Nous proposons des danses très variées comme le zouk, le coupé décalé, la salsa, le merengué, des cocktails africains originaux, un brunch afro avec pastels, accras, poulet, salade et des brochettes. http://www.saraaba.fr - Entrée + verre : 10€ (bière, vin ou jus de fruit) - 3 grandes bières pour 12€ - Brunch africain : 6€ : Pastels, accra, salade, banane plantain, poulet, Brochettes : 2 euros Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h ou 06 50 41 88 59 afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

du lundi 4 au dimanche 10 avril de 11 à 20h : présence de ER MADA "Equitable et Rare de MADAgascar" au salon des créateurs - C'est l'occasion de fêter le début du printemps ensemble et découvrir les nouveaux produits ERMADA de Madagascard - : des broderie, raphia, déco en fer forgé, art de la table, bijoux, bien être épicés, bois et marqueterie, des écharpes en soie sauvage, des baobabs en fer forgé ( oui, venez les voir !!!!). Des produits rares et de qualité dans la tradition, Ermada c’est la qualté et la tradition de l’excellence des produits issus de développement équitable. Etre client chez Ermada c’est plus qu’acheter. Acherter Un produit c’est participer à l’amélioration des conditions de vie des artisans à Madagascar Préparez les journées ensoleillées avec les produits chapeaux et les sacs faits mains : plaisir et élégance, sac en raphia ou en soie sauvage, - Lieu : 1 place Saint Opportune, M° Chatelet, ligne 4, sortie place Saint Opportune - Rens. 06 20 14 63 14, 01 39 59 10 23 contact@ermada.fr www.ermada.fr

lundi 4 avril de 14h à 16h : Conférence débat : Réformer et punir. Naissance du délinquant en Afrique (Nigeria/Afrique du Sud, 1930-1970) par Laurent Fourchard - Lieu : CEMAf , salle Person di site Paris , 9 rue Malher, Paris 4è, M° Saint-Paul - Rens : Ceaf http://www.cemaf.cnrs.fr/spip.php?article346

mardi 5 avril 2011 de 19h30 à 22h projection/débat du film documentaire Katanga Business réalisé par Thierry Michel - Tourné dans une province riche en ressources minières de la République Démocratique du Congo, le Katanga, le documentaire dévoile l'exploitation des ressources et des hommes par les multinationales. Tandis que la population du Katanga continue de vivre dans une pauvreté extrême, les intérêts occidentaux se trouvent concurrencés par l’arrivée de la Chine. Le gouverneur Moïse Katumbi cultive son image de défenseur des pauvres contre tous ceux qui viennent profiter des richesses minières de la province. En présence de Firoze Manji de Pambazuka (site d’information pour la justice sociale en Afrique). - Lieu AGECA, 177, rue de Charonne, Paris 11è, M° Charonne - Rens Olivier Petitjean : 01.44.64.74.16 o.petitjean@ritimo.org http://mercredis.coredem.info/transnationales ou AGECA 01.43.70.35.67 ageca@ageca.org

mardi 5 avril à 21h : Concert Jam Session avec Saraaba Team. Saraaba Team et leurs invités nous proposent un voyage musique : afro, acoustique, world music, jazz, swing, zouk, reggae, afro-cubain, salsa… Avec VR2Sax (sax), Kamory Kouyaté (balafon), Jankey Suso (voix), Ousmane Kouyaté (kora), Papis Diabaté (basse). Vous êtes musiciens et vous êtes intéressés, venez « jammer » à Saraaba… - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

mercredi 6 avril de 9h30 à 19 h : Journée de débats et d'échanges sur "le pouvoir des entreprises transnationales" organisée par Ritimo dans le cadre de la Coredem en partenariat avec l'Aitec, CRID/Une seule planète, 4D, Basta! et Altermondes - Au cours des dernières décennies, les entreprises transnationales sont devenues un acteur de plus en plus incontournable de la vie politique et économique, et ce tout autour de la planète, occupant un terrain jusque là réservé aux États souverains. Les cadres juridiques, économiques et politiques demeurent largement inadaptés à cette nouvelle réalité, ce qui permet à ces entreprises d’échapper à leurs responsabilités. Les firmes transnationales parviennent à inspirer nombre des politiques économiques et commerciales adoptées par les gouvernements, depuis le niveau local jusqu’au niveau global. Leur pouvoir et leur prestige semblent sortir inentamés de la crise économique globale, et elles se présentent parfois comme les seules capables de résoudre les grands problèmes mondiaux comme la sécurité alimentaire ou le changement climatique. Les projets de transformation sociale et d’émancipation, même lorsque leurs représentants parviennent au pouvoir politique institutionnel, se heurtent systématiquement au pouvoir réel des grandes entreprises, qui limite drastiquement leurs ambitions ou les contraint à des compromis permanents. À cette montée en puissance en apparence inexorable, les citoyens et acteurs de la société civile ont répondu en mettant en œuvre des formes d’action très diverses, allant de la résistance vigoureuse aux stratégies de dialogue et de compromis. Ces actions et ces initiatives se sont développées à différents niveaux : celui du droit et des tribunaux, celui de l’incitation aux bonnes pratiques de « responsabilité des entreprises », celui de la construction d’un syndicalisme transnational renouvelé, celui de la sensibilisation des consommateurs, celui de l’invention de pratiques et de modèles économiques alternatifs. Cette rencontre abordera la question à partir de points de vue transversaux en créant les conditions d’un dialogue entre différentes manières d’appréhender le pouvoir des multinationales et d’y répondre. Lieu : l'AGECA, 177, rue de Charonne, 75011 Paris 11è, M° Charonne - Rens. Olivier Petitjean : 01.14.64.74.16 o.petitjean@ritimo.org http://mercredis.coredem.info/transnationales http://www.coredem.info http://mercredis.coredem.info/transnationales ou AGECA 01.43.70.35.67 ageca@ageca.org

mercredi 6 avril de 17h à 19h30 : conférence-débat : RSE (Responsabilité sociale des entreprises) : Quels enjeux pour les pays du Sud - La RSE est-elle une opportunité ou un leurre pour les pays en développement ? - En analysant les rapports de développement durable de 52 entreprises françaises, CFIE-conseil a constaté que la question spécifique de l'impact des grandes entreprises sur le développement des pays du Sud était rarement abordé en tant que tel même si on trouve çà et là des informations. Et pourtant, l'enjeu pour ces pays est considérable car quand on parle de développement durable et de responsabilité sociale et environnementale des entreprises, on aborde bien sûr la question de la réduction des effets négatifs liés aux activités (violations des droits sociaux fondamentaux et plus largement des droits de l'Homme, pollutions, alimentation des conflits armés, déplacements de populations, corruption...) mais aussi celle d'une plus juste répartition de la valeur créée (accès aux biens et services de première nécessité, transparence sur le versement local des impôts, taxes, redevances...., développement local, concertations avec les pays populations locales...). L'ambition de cette rencontre n'est pas de faire un exposé exhaustif de l'ensemble des problématiques liées à la présence directe et indirecte des grandes entreprises dans les pays du Sud mais de poser un certain nombre de repères, d'examiner si les principes qui sous-tendent à la RSE peuvent être une chance pour le développement des pays du Sud et, si oui, à quelles conditions. Avec : Guillaume Chaloin (gérant de fonds à Meeschaert Gestion Privée), Martial Cozette (associé-gérant de CFIE-conseil), Claude Darnault (directeur du développement durable du groupe Essilor), Thierry Dedieu (secrétaire confédéral CFDT), Antonio Manganella (chargé de plaidoyer RSEE au CCFD-Terre Solidaire), Sidoine Ravet (responsable du programme Eau pour tous à Suez Environnement), Un représentant de la Société Bionersis - Lieu : 'Institut Catholique de Paris, 21 rue d'Assas, Paris 6è - Inscription en précisant bien nom, prénom, organisation, courriel et numéro de téléphone. par fax au 01 46 06 05 06 ou cfie-contact@neuf.fr avant le 4 avril. - Rens.: 01 46 06 07 08 http://www.cfie.net

mercredi 6 avril de 17h45 à 19h45 Rencontre-débat sur : « Femme et écriture » avec Catherine Coquery-Vidrovitch, Sophie Ekoué et Elizabeth Moundo - Animée par : Tanella Boni - dans le cadre du cycle I « Que peuvent les productions littéraires africaines » - Organisé par la CADE (Coordination pour l’Afrique de Demain) et ENDA TIERS MONDE (Organisation Internationale Environnement et développement) - Lieu : Ecole Nationale d’Administration (ENA), amphithéâtre Parodi, 2, avenue de l'Observatoire - Lieu : Ecole Nationale d’Administration (ENA), Amphithéâtre Parodi, 2, avenue de l'Observatoire - Paris 6ème, RER B : Luxembourg, Bus : 38 et 82 - Rens. Inscription obligatoire 01 43 48 14 67 cade@afrique-demain.org http://www.afrique-demain.org

mercredi 6 avril à 20h : Projection de "Little Sénégal" de Rachid Bouchareb : Un film hommage à Sotigui Kouyaté en sélection officielle au Festival de Berlin 2001 - Alloune, un vieux guide du musée africain « La Maison des Esclaves » à Gorée, part aux Etats Unis pour retrouver les descendants de ses ancêtres qui y ont été déportés comme esclaves. Il se retrouve dans le quartier de Harlem où vit la communauté africaine Little Sénégal. Alloune retrouve son neveu ainsi qu'une lointaine cousine. Il cherche à rassembler sa famille, ce qui parait incompréhensible aux yeux de ses "parents" américains car, même au sein des Afro-Américains et des Africains, règnent le racisme et la violence. Un fossé sépare les Afro-Américains des immigrés africains récents, ces derniers semblant plus préoccupés par le passé esclavagiste que les premiers. - Lieu : Cinéma La Clef, 21 rue de la Clef à Paris, M° Censier Daubenton - Rens. AFASPA - Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique, 01 49 93 07 60 afaspa@wanadoo.fr , michele.decaster@wanadoo.fr http://www.afaspa.com

mercredi 6 avril à 21h et tous les mercredis : Concert Jam Session animées par Magou, Djéour Cissoko et Elisa Massimelli nous proposent: world music, jazz, swing, zouk, reggae, afro-cubain, salsa, afro, acoustique… Avec Magou (guitare, voix), Elisa (percussions), Djéour Cissoko (kora)… Vous êtes musiciens et vous êtes intéressés, venez « jammer » à Saraaba… - entrée libre consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h00 / 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

du jeudi 7 avril au 31 août 2011 du lundi au samedi de 14h à 19h : Exposition DOGON, - Dominant depuis le XVème siècle les falaises de Bandiagra au Mali, les Dogon sont les héritiers d'une tradition artistique ethnique exceptionnelle : Chaque œuvre d'art témoignant à la fois de l'intimité des familles – les œuvres ne sont pas destinées à être vues mais au contraire conservées dans la pénombre des maisons, telles qu'au sanctuaire- et de la représentation d'une cosmogonie unique qui structure la vie quotidienne comme le rythme et les rituels des cérémonies sociétales ou initiatiques. Cosmogonie et organisation sociale : Dogon ou Hebbe signifie littéralement " païen "; soit celui qui refuse de s'intégrer à l'Islam. Les Dogon vénèrent le dieu Amma. Amma selon leur cosmogonie avait l'aspect d'un oeuf. La statuaire Dogon présente toujours des têtes ovoïdes signifiant de ce Dieu du ciel. Amma est associé à huit ancêtres, représentant la hiérarchie d'une société construite sur un modèle patriarcal. - Vernissage le jeudi 7 avril à partir de 19h - Lieu : Art Gallery l’œil et la main, 41 rue de Verneuil, Paris 7è, - Rens. 01.42.61.54.10 contact@agalom.com www.african-paris.com

jeudi 7 avril à 19h : Réunion adhérent-e-s et sympathisant-e-s de Survie : Discussion dur l'actualité: Togo, Côte-d'Ivoire, Burkina Faso, Guinée-C, Niger, Rwanda, RDC... Organisation: soirée Rwanda en Avril, ... Lieu : Maison des Associations du 3ème, 5 rue Perrée, M° République / Temple - contact@survie-paris.org, www.survie-paris.org

jeudi 7 avril de 19h à minuit : Soiré afro caraibéenne à Dès 19h, venez prendre un verre, échanger, et vous divertir.... Un show d'exception et une ambiance de folie suivront...... dDe 19h à 21h : Un buffet dînatoire exotique vous sera proposé par le restaurant traiteur "Délice Créole" et des Punchs vous seront offerts. à partir de 21h : Nous vous offrons un Show Coiffure mixte proposé par Gwada Barber Shop. Pour découvrir ses magnifiques créations afro-caribbéennes, retrouvez son univers: http://www.facebook.com/GWADABARBERSHOPconcept - Pour clôturer la soirée, DJ Krispee vous fera danser sur des sons Afro, R&B, Zouk et Reggaeton jusqu'à minuit. Toute entrée après 21h donne droit à une seule consommation. L'établissement exige une tenue correcte et se réserve le droit d'entrée (Baskets non autorisés) - Entrée 18 € Prix couple 30 €. - Lieu La Chapelle des Lombards, 19 rue de Lappe - 75011 Paris 11è, M° Bastille ( Ligne 1,5,8). - Résevation 06.22.88.70.67 ou 06.26.03.76.38 au plus tard le 5 avril.

jeudi 7 avril à 19h : Vernissage de l’exposition de photographies issues du livre Sahraouis Existences-résistances de Rogério Ferrari l en présence de Ali Omar Yara, préfacier du livre paru au Passager Clandestin (2010) - Lieu : Quilombo Boutique-Librairie 23 rue Voltaire, Paris 11è, M° Rue des Boulets - Rens. 01 43 71 21 07 quilombo@globenet.org http://www.librairie-quilombo.org

jeudi 7 avril à 21h : Concert Amadou Kouyaté (afro folk) - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

du vendredi 8 avril au 18 mai, du lundi au samedi de 14h à 19h : Exposition collective HAÏTI, Royaume de ce monde : l'Occasion unique de rencontrer les plus grands Artistes contemporains haïtiens. avec Sergine André / Elodie Barthelemy / Mario Benjamin / Jean Hérard Celeur / Maxence Denis / Edouard Duval Carrié /André Eugène / Frankétienne / Guyodo / Sébastien Jean / Killy / Tessa Mars / Pascale Monnin / Paskö / Barbara Prézeau / Roberto Stephenson / Hervé Télémaque / Patrick Vilaire et Jean Michel Basquiat. - Hommage à Edouard Glissant - Ouverture le 7 avril de 18h30 à 2lh30 en présence des artistes - Lieu : 17 rue Dieu, 75010 Paris 10è, M° République - Rens 01 40 03 45 00

vendredi 8 avril à 20h : Concert de Danyel Waro et Laurent Dalleau - Danyel Waro fait vite tomber les barrières. Son maloya imprégné d'Afrique, de Madagascar, de France et d'Inde qui rythme les mélanges de la population réunionnaise, lance la danse. Une invitation acceptée partout avec curiosité d'abord, avant de faire se lever les spectateurs ravis d'entrer dans la transe. - Tarif 12€ - Lieu : Auditorium du Musée du Louvre, M° Palais Royal - Rens 01 40 20 50 50 www.louvre.fr/llv/auditorium/salle.jsp

vendredi 8 avril à 21h : Concert Kourkour & Djar-Djar (mbalax fusion) - Soirée Spéciale : « Indépendance du Sénégal » Percussionniste émérite, il a travaillé pour Youssou Ndour, El Hadji NDiaye, Doudou NDiaye Rose, le Ballet National du Sénégal et Mahawa Kouyaté, Ousseynou Diouf dit " Kourkour " joue de nombreuses percussions, djembé, sabar, sahourouba, tama et crée de nouveaux rythmes. Kourkour maîtrise particulièrement bien l'univers des rythmes mandingues. Il intègre son premier groupe, " Assiko de Dakar " à l'âge de 11 ans. Il a contribué et contribue toujours à des créations musicales dans différentes esthétiques : traditionnelle, mbalax, world, jazz, hip-hop. En 2007, il décide de créer son propre groupe, Djar-Djar, avec comme moteur principal les percussions, la kora, les sonorités wolof et mandingues... - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

vendredi 8 avril à partir de 21h : Concert de PATRICK RUFFINO AfroBeat Funk – Présentation de son nouvel album - Bénin : Sa technique, son sens du rythme, son groove et la facilité avec laquelle il s’adapte à tous les styles en font un artiste sollicité non seulement en Afrique, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

samedi 9 avril de 12h à 17h. commémoration du 63ème anniversaire de la création de l’UPC - Programme : Projection du Documentaire de France 2, « la la Françafriqu : cinquante années sous le sceau du secret ». Film de Patrick Benquet. - Comment et pourquoi l’UPC a-t-elle été créée le 10 avril 1948 ? - Débat public sur la lutte contre la Françafrique avec Thomas eltombe, co-auteur du volume historique Kamerun : aux origines oubliées de la Guerre de la France contre l’Afrique, paru aux Editions La Découverte en Janvier 2011. Animateurs du débat : Albert Moutoudou, Yves Beng et Franklin Nyamsi. (2h) Lieu : Bourse du travail de Paris., 3 rue du château d’eau – 75 010 Paris 10è, M° République - Rens : 06 22 29 77 36 / 06 71 83 08 61 upc.sectiondefrance@gmail.com. www.upc-cameroupc.sectiondefrance@gmail.com un.com /www.upc-kamerun.com

samedi 9 avril à 20h30 : Concert de la Confrérie d’Ibn ‘Alwan, Chants soufis du Yémen - Tarif 12€ - Lieu : Auditorium du Musée du Louvre, M° Palais Royal - Rens 01 40 20 50 50 www.louvre.fr/llv/auditorium/salle.jsp

samedi 9 avril à 21h : Concert Babacar Faye & Black Pyramid (world/reggae/folk) - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

samedi 9 avril à partir de 21h : Concert de Christofolly & Afro Beat CooCkers Afro Beat Le groupe concocte un cocktail musical épicé, profondément ancré dans la musique d'Afrique de l'ouest qui nous amène sur des terres et des sonorités variées : Ghana, Mali, Nigeria, Togo, Senegal - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

samedi 9 avril à 21h30 : Joko Concerts : Joko est une artiste spontanée, une femme de caractère. Ses mélodies singulières sont portées par un univers musical riche, mélant avec subtilité chanson française, groove urbain, soul jazz et ambiance afro-latine. Fragile, Instinctive, Moderne, Dominatrice, elle chante le lien, la vie, l'amour et les femmes. - Tarif : 10€ - Lieu: l'entrepôt 7 rue Francis de Pressensé, Paris 14è, M° Pernety Ligne 13, L'entrepôt c'est aussi un cinema d'art et d'essai, un bar, un retaurant et une galerie d'exposition. Rens. 01.45.40.07.50 lentrepot@lentrepot.fr www.lentrepot.fr, http://myspace.com/lentrepot http://www.myspace.com/adjabel

dimanches 10, 17 et 24 avril de 16h à minuit : Bal Afro PAF/ 10€ Avec par Suzanne NDjock, la reine des Nuits parisiennes…Des après midi dansants comme en Afrique… " Nous proposons des danses très variées comme le zouk, le coupé décalé, la salsa, le merengué, des cocktails africains originaux, un brunch afro avec pastels, accras, poulet, salade. « De quoi retrouver les ambiances du pays ». - Entrée + verre : 10€ Le verre : bière, vin ou jus de fruit, 3 grandes bières pour 12€ - Brunch africain : 6€ Pastels, accra, salade, banane plantain, poulet - Brochettes : 2€ - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

dimanche 10 avril à 17h : Concert de Coumbane mint Ali Warakane Griotte de Mauritanie - Tarif 12€ - Lieu : Auditorium du Musée du Louvre, M° Palais Royal - Rens 01 40 20 50 50 www.louvre.fr/llv/auditorium/salle.jsp

mardi 12 avril à 21h et chaque mardi : Concert Jam Session avec Saraaba Team - Saraaba Team et leurs invités nous proposent un voyage musique : afro, acoustique, world music, jazz, swing, zouk, reggae, afro-cubain, salsa… Avec VR2Sax (sax), Kamory Kouyaté (balafon), Jankey Suso (voix), Ousmane Kouyaté (kora), Papis Diabaté (basse). Vous êtes musiciens et vous êtes intéressés, venez « jammer » à Saraaba… - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

mercredi 13, jeudi 14, mercredi 20 et jeudi 21 avril à 19h : Spectacle Chorégraphique de Maïmouna Coulibaly et Les Ambianceuses, Sous la forme d'un spectacle humoristique et engagé, Les Ambianceuses vous invitent à la réflexion dans le grand temple de la féminité. 7 Femmes face à leurs propres désirs et tentations à travers des danses de tous horizons. Pas toujours évident d'affirmer leur féminité quand les faits d'actualités s'en mêlent. Spectacle d'1h de Danse Coupé Décalé Ragga Dancehall N'Dombolo Kuduro Burlesque Funana Kyzomba Modern-Jazz Soca Jump Up RnB Waacking Voguing Orientale Traditionnelle A fricaine Samba French Cancan Danse Haka Afro House… Théâtre de La Reine Blanche, 2 Bis Passage Ruelle, Paris 18è, M° La Chapelle (L2) - Réservations: 01 40 05 06 96 - Rens. 06 59 09 81 26 lesambianceuses@gmail.com http://www.lesambianceuses.com

du mercredi 13 au samedi 16 avril de 19h à 20h et dimanche 17 avril de 18h à 19h : Spectacle de dance POULBWA ! (Attention termites !) : POULBWA est la nouvelle pièce chorégraphique de Max DIAKOK. Elle est une peinture poétique de la société de consommation. Voguant entre humour décalé et gravité cette pièce chorégraphique met en perspective les rapports changeants qu'entretiennent entre eux les individus au gré de l'intrusion des objets de consommation dans leur espace personnel ou social. Dès lors, qui de l'individu et de l'objet « mène la danse ». Est-ce l'objet qui donne un statut à l'individu ? L'individu est-il en mesure de jongler librement avec l'objet selon ses réelles besoins ? Loin de privilégier une vision manichéenne de cette mécanique de la consommation qui n'induirait que « consumation » de l'individu, POULBWA dépeint également le cheminement têtu de l'espoir. Tarif de 7€ à 20 € - Lieu : Théâtre de l'Epée de Bois - Cartoucherie de Paris, Route du Champ de Manœuvre, Paris 12è, M° Château de Vincenne puis Bus 112 - Rens 01 48 08 39 74 www.myspace.com/maxdiakok

mercredi 13 avril à 21h et chaque mercredi : Concert Jam Session : Magou, Djéour Cissoko et Elisa Massimelli nous proposent: world music, jazz, swing, zouk, reggae, afro-cubain, salsa, afro, acoustique… Avec Magou (guitare, voix), Elisa (percussions), Djéour Cissoko (kora)… Vous êtes musiciens et vous êtes intéressés, venez « jammer » à Saraaba… - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

mercredi 13 avril à partir de 21h : Concert de Kandia Kora Rap/ragga/trip hop sur un air de kora - Guinée - Il construit son univers musical très moderne avec sa kora qu'il a su adapter au rap et autres courants musicaux issus de la culture reggae. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

jeudi 14 avril à 18h30 : Vous êtes actuellement porteur d'un projet et souhaitez vous renseigner sur les modes de financement de votre entreprise ? Vous recherchez de l’aide pour certains aspects de votre activité ? Dans le cadre du Printemps pour une Economie Equitable, initié par Minga (http://www.printemps-economie-equitable.net/), l'association régionale des CIGALES d’Ile-de-France vous invite à une réunion d’information - Lieu : Maison des associations du 12ème arrondissement, 181 avenue Daumesnil , Paris 12è, M° Daumesnil - Rens et Inscription : Association Régionale des CIGALES d'Ile de France 01 71 86 44 51 at@cigales-idf.asso.fr aurelie@cigales-idf.asso.fr www.cigales-idf.asso.fr

jeudi 14 avril à 19h : Elections Afrique ! 23e Réunion du 'Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique' - Rendez-vous tous les 2e jeudis du mois. Mobilisation commune inter-associative inter-diaspora sur les prochaines échéances électorales sur le continent africain... Elections : Centrafrique, Niger, Tchad, Madagascar... Cameroun, RDC: préparation, agir en amont. ... Bourse du travail de Paris - 3 rue du chateau d’eau, M° Château d'eau - Rens. http://electionsafrique.org/ contact@survie-paris.org, www.survie-paris.org

jeudi 14 avril à 21h : Concert Magou (world music) : Magou mêle « ndeup » des Lébous (Sénégal), jazz, soul et afro-cubain…En 2006, il a été salué par la Critique et récompensé par l'Académie Charles Cros, http://www.myspace.com/magoudakartransit / www.magou.net - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

vendredi 15 avril 1 de 10h30 à 19h : Forum Elit 2011 : Baptisée « Emergences Africaines », l’édition 2011 d’Elit’ vise à présenter l’Afrique sous un nouveau jour. Conscients des mutations aussi bien structurelles que conjoncturelles qui contribuent à accroitre l’attractivité du continent, nous souhaitons réunir davantage d’acteurs de l’émergence des économies africaines. . La genèse d’Elit’ part d’un triple constat : Il est urgent de combler le déficit d’information sur les différentes opportunités professionnelles qu’offre l’Afrique. - Il est nécessaire de constituer un réseau dynamique composé d’étudiants, jeunes professionnels et cadres expérimentés diplômés des Grandes Ecoles et Universités en France et en Europe. - Enfin, il est judicieux de proposer un cadre de rencontre propice aux échanges entre les différents acteurs de la création de valeur en Afrique : entreprises, capital humain, et organisations institutionnelles notamment. Les Institutions Internationales sont unanimes : « Le capital humain est un facteur déterminant dans le combat que l’Afrique mène pour réduire la pauvreté et atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire ». A travers Elit’, l’African Business Club souhaite s’inscrire dans cette dynamique et œuvrer pour le « retour des cerveaux » sur le continent. - Pour y participer : mettre à jour son CV, s'inscrire sur le le site de l’ABC : www.africanbusinessclub.org pour recevoir une invitation à rencontrer les recruteurs - Organisé par l'Africaines - Lieu : ESCP Europe, 79 av de la république, Paris 11è - Rens. abc.entreprises@gmail.com africanbusinessclub2@gmail.com forumelit@africanbusinessclub.org ou Rens et Inscription : davesao2000@yahoo.fr http://www.businessclubafrica.org

vendredi 15 avril 21h : Concert Malick Diaw (afro-folk) : Auteur, compositeur, guitariste sénégalais, Malick Diaw navigue entre folk, musiques wolof, mandingue, peule, touarègue, blues, jazz. Basé en Espagne, il a joué au Womex à Berlin avec le groupe Pënc de Badara Seck (Ngalla) puis au Festival de Masala à Hanovre (Allemagne), s’est produit au Womad, à Charlton Park en Angleterre. Depuis, Malick Diaw propose un folk à base de guitare acoustique, djembé, cajon, basse et chant et travaille ses propres compositions pour un premier album solo prévu courant 2010. http://www.myspace.com/malickdiaw - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

vendredi 15 avril à partir de 21h : Concert de Djeli Moussa Conde Trio Kora et Griot – Guinée Conakry Apres avoir collaboré avec entre autres Manu Dibango, Salif Keïta, Mory Kante, Alpha Blondy, Césaria Evora, Hank Jones, Djeli se lance et nous presente enfin son album. Un joueur de kora fabuleux, doublé d’un timbre de voix qui retient l’attention. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

samedi 16 avril à 21h : Concert Tiwitine (blues touareg) Tiwitine développe un groove touareg (tamashek) à la rythmique puissante, avec des arpèges tranchants comme une Takouba. - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

samedi 16 avril à partir de 21h : Concert du Groupe Olombelo Ricky Musique sacralite de Madagascar Groupe Olombelo Ricky chante Madagascar et offre des textes qui font « penser pour panser les maux » de sa terre natale. Un voyage imaginaire. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

dimanche 17 avril à 14h30 : Marc KOUTEKISSA Dédicace son livre les contes et légendes du Mali - dans le cadre l'exposition Dogon du Mali qui se tiendra du 5 Avril au 24 Juillet 2011 - Lieu : Musé du quai Branly situé au 25 quai branly, Paris 7è . - Rens. Marc KOUTEKISSA 06 62 83 32 73 koutek@hotmail.com

du mardi 19 avril au 4 mai du mardi au samedi de 10h à 19h, le dimanche de 10h à 13h : Exposition sociétés traditionnelles du Gabon, Textes et photos de Gwenaëlle Dubreuil présententé par Sira kura & trait d’éthique « Le Gabon frappe par ses contrastes. Pays engagé dans une course vers la modernité, il est aussi un pays de forêts impénétrables qui alimentent un mysticisme plus présent que visible. Au sein du Musée National des Arts et Traditions du Gabon, j’ai consacré plusieurs années à la protection d’un patrimoine matériel coupé de ses racines immatérielles. Donner vie à ces objets alignés sur des étagères impliquait un travail de documentation qui m’a amené à frapper aux portes d’une réalité parallèle, celle des sociétés initiatiques traditionnelles. En brousse comme en ville, ces sociétés, parfois secrètes et souvent fermées aux non initiés sont chargées de maintenir l’ordre communautaire. Véhiculant la parole des ancêtres, elles assurent l’éducation des jeunes gens, instaurent les règles de vie sociales et apportent une véritable assistance médicale et mystique. Responsable du culte des ancêtres, elles veillent à ce que les esprits leur soient favorables. Dans leurs temples aux parois d’écorces, les initiés entretiennent ainsi le souffle d’une croyance ancestrale basée sur une solidarité perpétuelle entre les générations et une communication ininterrompue entre les morts et les vivants. Leurs connaissances empiriques de la nature, de la pharmacopée et du monde invisible en font des vestiges vivants du patrimoine gabonais. » - Lieu: Sira Kura, 81 rue de Fontenay 94 300 Vincennes, M° / RER Vincennes - Rens. Sira Kura 01.43.65.31.07 liza.duflo@sira-kura.com

mardi 19 avril à 20h30 : du rire avec... "This is...Phil Darwin" - Pour ce qui ne l’aurait pas encore remarqué, Phil Darwin est africain. Oui oui, Africain. Du Sud, de l’Est, de l’Ouest, et même du Nord…jusqu’en France. Un humoriste franco-algéro-marocco-tuniso-congolais à l’humour franc et au rire spontané. Ce genre d’esclaffe qui s’exprime quand on entend une vanne qui accroche. Tarif 12€ - Lieu : Théâtre Traversière, 15 rue Traversière, Paris 12è , M°: Gare de Lyon - Rens. 01 43 63 28 67 dundjoe@gmail.com - Reservation http://www.billetreduc.com/5396/evt.htm

mercredi 20 avril à 15h : Contes kongo, à partir de 6 ans : Gabriel Kinsa invite le public au cœur de la forêt. Là où les êtres surnaturels côtoient les humains... Là où surgissent d'étranges créatures qui se métamorphosent sans cesse … Avec brio, il raconte, mime, danse et chante en s'inspirant des légendes et des musiques kongo. Gabriel Kinsa quitta son pays natal, le Congo, pour parfaire sa formation de comédien en France. Mais, dans le cœur d'un Congolais, élevé dans le culte des ancêtres, la culture kongo est toujours présente... Il écrit, met en scène et interprète des spectacles de contes qui vivent et respirent au rythme de la forêt équatoriale, dans un univers mystérieux, où les morts ne sont pas morts, où la faune, la flore et les êtres humains cohabitent avec magie... Tarif : 9 € ou réduit : 5 € (Les Amis du musée Dapper, enfants de moins de 12 ans, groupes à partir de 10 personnes, familles nombreuses, demandeurs d'emploi) - Réservation conseillée au 01 45 00 91 75

mercredi 20 avril à partir de 21h : Concert de Mastah Wolf-y Hip Hop Roots – Dans le cadre des soirées Hip Hop World Originaire du Cameroun, il rappe et chante en anglais dans un style « Jazzy Roots Rap », qui mêle Hip Hop aux musiques du monde entier : Jazz, Reggae ou Afro-beat. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

du jeudi 21 avril au 12 juillet, du mercredi au samedi de 13h à 19h ou sur rendez-vous : Exposition "AFTER SHAVE" de Pascale Marthine Tayou, une installation-oeuvre originale réalisée à partir des publications Revue Noire. Et "-30 ET PRESQUE SONGES- À PARIS", exposition multidisciplinaire de 30 artistes venus d'Afrique et du monde entier suite au rendez-vous d'Antananarivo tenu deux semaines auparavant et coproduit par Revue Noire Maison noire, 8 rue Cels, Paris 14è M° Gaité, Denfert Rochereau, à proximité de la fondation Cartier et de la fondation Henri Cartier-Bresson - Rens. 01 43 20 28 14 redaction@revuenoire.com www.revuenoire.com

jeudi 21 avril de 18h30 à 21h30 : Apéritif contacts interentreprises : La Chambre Internationale pour le Conseil et la Promotion (CICP) et le Réseau Mondial des Affaires (REMA) organisent depuis 2003 des conférences à thèmes, baptisées « COCKTAIL CONTACTS INTER-ENTREPRISES », afin de permettre à des chefs d'entreprises et à des responsables économiques de s'informer sur des sujets qui les préoccupent. Intervenants et thématiques : - « Le Droit et l harmonisation des Affaires en Afrique » par Me Midelel, Avocat au Barreau de Paris et du Cameroun -- « Droit & Management des PMI/PME et des Médias » Avec Me Michelle JEAN-BAPTISTE - Business Developper et consultante en stratégie juridique opérationnelle, spécialiste du E Business et de l'accompagnement à la création d'entreprise créatives et innovantes Michelle Jean-Baptiste est juriste est juriste de formation (Doctorat Cambridge - Maîtrise Paris I - DEA Paris IX Dauphine en droit des affaires international et en droit des médias – Barreau de New York)Coach-conférencière en développement de projets en Ecoles d'ingénieurs et Ecoles de commerce dont Sup de Co Paris (ESCP-EAP), Advancia, Négocia, ISC Paris, ISTEC, EPITA, EFREI, HETIC - PAF 15€ à payer à l'inscription avant le 18 avril avec adressez votre nom, prénom, E-mail, adresse à : La Chambre Internationale pour le Conseil et la Promotion (CICP), 8 Rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris - Maison des Associations 206, Quai de Valmy à Paris 10è, M° Jaures - Rens 06 65 06 77 67, 06 68 48 28 53 http://www.reseau-mondial-affaires.com http://www.cicp.biz

jeudi 21 avril à 21h : Conte Roukiata Ouédraogo - Yennenga - l'Epopée des Mossis - Formée au Cours Florent, à la mise en scène et au travail de comédienne, Roukiata Ouedraogo présente Yennenga, l'Epopée des Mossis. Le peuple Mossi trouve son origine dans l'histoire de la fabuleuse princesse Yennenga. Fameuses cavalière et redoutable amazone, Yennenga naquit au début du Xe siècle dans le royaume Dagomba des mossis. Formée aux arts de la guerre par son père, le Roi Nedega, elle aide celui-ci à défendre son royaume contre les attaques des Malinkés. Le cours de son destin change brutalement le jour où son cheval s'emballe et l'entraine, dans sa course folle, vers des terres inconnues. Roukiata Ouedraogo nous livre ici une très belle prestation, seule sur scène, dans un décor minimaliste, et vous entraîne dans son voyage en pays Mossi. - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

jeudi 21 avril à partir de 21h : Concert de DJEYIM Guitare d’Afrique - Cameroun Ce chanteur guitariste donne à entendre un jazz fusion harmonieux, délivrant à la fois des rythmes de l’Afrique centrale et une musique plus classique. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

jeudi 21 avril à 21h30 : Concert de Les Frères Guissé - Les Frères Guissé tirent la force, la richesse et la beauté de leur musique d'un ancrage aux confluents de plusieurs traditions culturelles du Sénégal et plus généralement de l'ouest africain. Originaires de la région du Fouta, au nord du Sénégal, Alioune, Cheikh et Djiby Guissé sont aussi le don de ce fleuve qui charrie un riche héritage musical; on peut, en outre, évoquer les influences d'Ali Farka(...) - Tarif : 10€ - Lieu: l'entrepôt 7 rue Francis de Pressensé, Paris 14è, M° Pernety Ligne 13, L'entrepôt c'est aussi un cinema d'art et d'essai, un bar, un retaurant et une galerie d'exposition. Rens. 01.45.40.07.50 lentrepot@lentrepot.fr www.lentrepot.fr, http://myspace.com/lentrepot http://www.myspace.com/adjabel

vendredi 22 avril à 21h : Concert de Meïssa Mbaye (afro folk) Musicien chercheur, baryton à la voix hors du commun et guitariste, Meïssa Mbaye a valorisé dans son afro-folk chanté en wolof, sérère ou français des instruments comme le kongoma (sanza), le xalam, les poteries, la calebasse, l'uddu (oudou), la bouteille... - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

vendredi 22 avril à partir de 21h : Concert de Maître Xaptalu Rap Sénégalais : Artiste musicien d'origine sénégalaise, Maître Xaptalu entre en musique dès 1996 avec comme combat « se révolter dans la positivité tout en essayant de « conscientiser » l'autre ». - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

samedi 23 avril à 14h : Appel à manifester contre l’oubli et le silence complice du régime mauritanien. En commémoration des tragiques événements des années 1989 à 1991 en Mauritanie, sous le régime du dictateur sanguinaire Mawouya ould Sid’Ahmed Taya et en solidarité avec les familles des disparus et des ayant droits - Signataires : AVOMM- ARMME-OCVIDH : Organisation contre les violations des Droits Humains en Mauritanie - Lieu : Trocadéro. Le cortège empruntera l'itinéraire Trocadéro et l’ambassade de Mauritanie - Rens. ocvidh@ocvidh.fr ocvidh001@yahoo.fr http://www.ocvidh.fr/

samedi 23 avril de 15h à 19h30 : Hommage aux femmes autour des thèmes de: violences, éducation, santé, entrepreneuriat, citoyenneté, culture, développement... Plus que jamais, aujourd'hui et demain, les droits et la promotion des femmes doivent être l'affaire de chacun-E-s et de tout-E-s, ici et là-bas! - programme : Présentation des organisateurs et partenaires par Sékou DIABATÉ, Discours introductif de Mme Eugénie DIECKY, Directrice de programme de la radio « Africa n°1 » - L'enfer quotidien des femmes en République Démocratique du Congo avec Mme Lendo KUMBU-KILUTETE, Les « Dames de coeur », une passerelle pour femmes avec Mme Adjaratou DIEYE - L'afro-américaine Meta Warrick Fuller et la dignité de la femme noire par M. Lazare KI-ZERBO, Philosophe - Contribution de l'entreprenariat féminin en France par Mme Suzanne BELLNOUN, Présidente de CLAE; à 16h20 : Intermède musical avec la participation exceptionnelle de Yasmine MODESTINE et d'autres artistes - Femmes et devoir d'égalité avec Mme Fadela HEBBADJ, Philosophe et Écrivain - La diversité, un atout pour la République? avec Mme Naomi SADENG, Conseillère municipale du Xxe arrondissement, Chargée de l'Accès à la Citoyenneté et au Vivre ensemble - « Moi Aïssatou, fille de tirailleur... » par Mme Aïssatou DIAMANKA-BESLAND, Sociologue et Écrivain - Lieu : Espace Matières grises 4, rue Olivier Métra, Paris 20è, M° Jourdain - Rens. : Sékou DIABATÉ 06 85 72 30 38 espacerda@gmail.com

samedi 23 avril de 19h30 à 4h du matin : Gala sur la Drépanocytose , Organisé DREPAVIE, Agir pour la vie, Association de lutte contre la Drepanocytose - Entrée avec Diner : 40 €, Entrée défilé-Concert : 20 € - Lieu Chapiteau Diana Moreno Bormann, Rue de la Haie Coq, Paris 19è, M° Porte de la chapelle - Rens et Réservation pour le repas à DEEP, 37 rue Jean Pierre Timbaud, 92400 Courbevoie, 06.10.80.88.98 01.78.53.25.18 doresle@hotmail.fr www.projetdeep.com http://www.deep.book.fr

samedi 23 avril à 21h : Concert Salia Kouyaté (mandingo folk) - Salia Kouyaté navigue entre musiques traditionnelles des griots mandingues, musiques de fusion, groove, reggae et afro-beat. Né au Burkina Faso, Fils de Griot, Salia Kouyaté est formé par ses Pères à la musique et aux récits de la tradition Mandingue dès son plus jeune âge. Il apprend les histoires des anciens sur des sujets comme : le respect, la famille, la nature... Et s'adonne au chant (Bambara), aux percussions et à la guitare acoustique. - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

samedi 23 avril à partir de 21h : Concert de Fafa Ruffino Jazz Pop Afro - Bénin Fafa Ruffino est une chanteuse de grand talent, une musicienne expérimentée et une danseuse explosive, sa voix et sa présence sont à couper le souffle. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

mardi 26 avril à 20h30 : du rire avec... "This is...Phil Darwin" - Pour ce qui ne l’aurait pas encore remarqué, Phil Darwin est africain. Oui oui, Africain. Du Sud, de l’Est, de l’Ouest, et même du Nord…jusqu’en France. Un humoriste franco-algéro-marocco-tuniso-congolais à l’humour franc et au rire spontané. Ce genre d’esclaffe qui s’exprime quand on entend une vanne qui accroche. Tarif 12€ - Lieu : Théâtre Traversière, 15 rue Traversière, Paris 12è , M°: Gare de Lyon - Rens. 01 43 63 28 67 dundjoe@gmail.com - Reservation http://www.billetreduc.com/5396/evt.htm

mardi 26 avril à partir de 21h : Concert de Hamadoun Tandina Poéte d’Afrique - Mali : Cet ambassadeur itinérant de la culture africaine est un infatigable orateur qui surprend et émerveille enfants et adultes. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

mercredi 27 avril à partir de 21h : Concert de Ousmane Kouyate et Universal Groove Kora dans tous les sens : Longtemps connu comme le guitariste de Salif Keita, Ousmane Kouyaté est également chanteur et compositeur. Ses sonorités acoustiques mandingues, teintées de quelques touches latines, éclairent les faces cachées de l’artiste. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

jeudi 28 avril à 21h : Théâtre Les monologues du vagin » . Une dizaine de comédiens interprètent des textes tirés des monologues du vagin. Scène ouverte animée par Belinda Duki et astrid Bayiha. Originaire du Congo Kinshasa, Belinda Duki a été formée par Alain de Bock ,Charpentier & Ariane Mnouchkine. Originaire du Cameroun, Astrid Bayiha est diplômée du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris. - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

jeudi 28 avril à partir de 21h : Concert de ISSAC KEMO Afro Jazz – Côte d’Ivoire : Artiste ouvert à toutes les musiques, Isaac Kemo est un musicien qui se mouve dans toutes les musiques avec une aisance particulière. Un style entre reggae, high life et jazz. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

jeudi 28 avril à 21h30 : Concert de Abou Diarra et Donko Band Concerts Lors des concerts, Abou Diarra est accompagné de son groupe "Donko Band". Tous originaires de l'Afrique de l'Ouest, ils sont des musiciens reconnus et animés de la passion de la musique mandingue, du jazz, du blues africain, de l'afro piti et du groove… Entre balades et rythmes effrénés, le tout emportés par le quatuor n'Goni, basse, guitare, percussions maliennes (calebasse, yabara, karignan)(...)- Tarif : 7€ - Lieu: l'entrepôt 7 rue Francis de Pressensé, Paris 14è, M° Pernety Ligne 13, L'entrepôt c'est aussi un cinema d'art et d'essai, un bar, un retaurant et une galerie d'exposition. Rens. 01.45.40.07.50 lentrepot@lentrepot.fr www.lentrepot.fr, http://myspace.com/lentrepot http://www.myspace.com/adjabel

vendredi 29 avril à partir de 21h : Concert de Carina SALVADO Fado : A la fois traditionaliste et révolutionnaire en douceur, Carina Salvado est une des voix envoûtantes du fado. Pour un voyage intimiste et mélancolique. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

samedi 30 avril à 18h30 : Conférence l’Afrique et l’argent: comment lutter contre les détournements de fonds publics ? Animée par Jacques Gobert Ekani avocat à la cour d'appel de Paris, l'Association Survie (sous réserve), l'ONG Sherpa (sous réserve). - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

samedi 30 avril à 21h : Concert Désiré Sankara (folk burkinabé) : Neveu du Capitaine Sankara, Désiré Sankara est auteur, compositeur, guitariste et interprète, Désiré Sankara explore les rythmes traditionnels du Burkina Faso (warba, wenega, liwaga, kiègba, etc.) à travers des chansons qu'il arrange à la guitare acoustique... Ses textes, chantés en mooré (sa langue), parlent de la sagesse africaine, la vie quotidienne des villageois, le respect des traditions et la tolérance. - Entré libre mais consommation obligatoire - Lieu : Saraaba, 19 rue de la Goutte d'Or , Paris 18è, M° Barbès / La Chapelle / Gare du Nord, Parking protégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

samedi 30 avril à partir de 21h : Concert de Libasse Niang Concert Xawarée - Indépendance du Sénégal Une originalité sur scène doublée d’une voix au timbre particulier pour le bonheur d’un public réceptif et enchanté. - programmation de Sandrine Kostek – Association World Musique - Entrées 8 / 10 € - Lieu : Satellit Café, 44, rue de la Folie Méricourt, Paris 11è, M° St Ambroise ou Oberkampf – Vélib Ternaux - Rens. 01 47 00 48 87 – sandrine@satellit-cafe.com

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jusqu'au 2 avril : théâtre VENAVI ou Pourquoi ma soeur ne va pas bien de Rodrigue Norman (Togo) . Théâtre dès 6 ans, ...- Akouélé et Akouété sont des faux jumeaux : fille et garçon, ils sont nés d’une même mère, le même jour. Peu de temps après leur naissance, Akouété, le garçon, décède mais, là-bas, au village, on raconte qu’il est allé dans la forêt chercher du bois et donc, Akouélé, sa soeur, l’attend, et voilà pourquoi elle ne va pas bien. D’autres disent qu’elle est folle… Sous la forme d’une âme qui erre, Akouété, le frère, revient livrer à qui peut entendre la voix des fantômes, le remède qui délivrera sa soeur. Mais y a-t-il quelqu’un pour entendre vraiment cette voix-là ? Rens: Théâtre de Sartrouville, place Jacques-Brel à Sartrouville (78) - Rens : 01 30 86 77 77 ou 79, 06 73 51 67 97 fadhila.mas@theatre-sartrouville.com www.theatre-sartrouville.com

vendredi 1er avril à 21h : Angelique Kidjo en concert - C'est sur son enfance que l'artiste béninoise fait un focus dans son dernier album, Õÿo, paru en 2010. Celle qui est née à Cotonou quelques semaines avant l'indépendance béninoise et s'est forgé une solide réputation internationale, consacrée par un Grammy Awards obtenu pour l'album précédent, Djin, Djin, fait part de ses souvenirs sur des airs de jazz, soul et autres rythmes de son pays. Tarif : 25€ - Lieu : Théâtre Simone Signoret , 12 place Auguste Romagne, 78700 Conflans-Sainte-Honorine - 0134909090 - www.theatresimonesignoret.fr

mardi 5 avril à 20h : Concert Staff Benda Bilili - Staff Benda Bilili, orchestre originaire de Kinshasa en République Démocratique du Congo, ne ressemble à rien de connu.( « Des Congolais joyeusement déjantés à l’humour décapant… »). Composé de huit chanteurs /guitaristes paraplégiques, le groupe produit une musique d’une émotion rare, avec des échos des blues ancestraux qu’ils rythment avec des réminiscences funk. Basées sur des grooves de funk, de rumba ou de reggae, leurs chansons sont portées par de magnifiques voix de crooners bluesy. Staff Benda Bilili véhicule un message universel, à la fois émouvant et plein d’espoir -Tarif : 25 et 20€ - Lieu: Théâtre Montansier, 13 , rue des Réservoirs, 78000 Versailles, Infos et résa: 0139201616 - www.theatremontansier.com

mardi 5 avril à 21h : Thomas N'Gijol - A Block ! Français d'origine camerounaise, digne héritier de l’humour urbain d’un Richard Pryor ou autre Eddy Murphy, Thomas évoque avec autodérision et finesse le terrorisme, les inégalités Nord-Sud, la famille, les banlieues, la religion et les relations hommes-femmes. Tout y passe ! Rires garantis. Tarif : 23 à 18€ - Lieu : L'Onde, 8bis avenue Louis-Breguet, 78140 Velizy-Villacoublay, Tel: 0134580335 - http://www.londe.fr

mardi 26 avril à 20h30 : Manta / Chairs (de) femmes - Trois danseuses évoquent et questionnent le rapport de la Femme à son corps. Héla Fattoumi interroge la femme, guidée par un désir d’émancipation. Elle se glisse dans le hijab, ce voile islamique qui cache, protège, nie ou sépare, et explore tout le potentiel plastique de ce « vêtement refuge ». La question sociétale devient alors geste artistique. Prix: 9 à 15€- Lieu : Le Prisme , Quartier Des 7 Mares, 78990 Elancourt. Tel résa: 0130514606 - www.leprisme.agglo-sqy.fr

vendredi 29 avril à 20h30 : Concert Sissoko Ballaké et Vincent Segal - Après avoir mêlé ses cordes à celles de Taj Mahal, le joueur de Kora, Ballaké Sissoko, fils de Djelimady Sissoko, grand maître de la kora originaire de Gambie, croise la route du violoncelliste Vincent Segal, sideman d’une myriade de personnalités aussi différentes que Cesaria Evora, -M-, Sting ou Marianne Faithfull… Sur le ton de la confidence, ils réinventent la séculaire tradition de la musique mandingue, instaurant un dialogue naturel entre leur deux vénérables instruments “classiques” que tout semblait séparer. Ceux-là s’écoutent, cela s’entend : voilà une musique de rêve, qui tout en nous tenant constamment en éveil, nous incline aux plus beaux songes nocturnes .Tarif: 21,50€ - Lieu : Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines - scène nationale, place Georges Pompidou, 78180 Montigny-le-Bretonneux – Infos et résa: 0130969900

Actions situées en Essonne (91)

jusqu'au 3 avril : Exposition des gagnants du concours photo "scènes de vie en Afrique" Par l’Office de tourisme et l'Association Massy Graviers Dans toute la ville et à l’Office de tourisme, 4 bis rue de la Division Leclerc à Massy (91) - Rens 01 69 20 08 27 www.officetourisme-massy.asso.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

jusqu'au 16 avril : Exposition ASER KASH, peintre camerounais - Par l’ASAPAC - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

jusqu'au 8 avril : Exposition du jeune peintre camerounais KEN'S avec l’ASAPAC - Lieu : médiathèque Jean Cocteau, Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 2 avril de 14h à 19h45 : Conférence débat : L'appui à l'entreprenariat des femmes migrantes : un moyen de dynamiser l'entreprenariat féminin en France - Malgré les dispositifs mis en place pour l’encourager, l’entreprenariat féminin en France peine à évoluer. Si les femmes françaises et migrantes mènent ensemble les combats pour l’égalité de sexe, on observera que cette synergie fait défaut en matière d’entreprenariat cela même parmi les jeunes générations. L’information sur l’entreprenariat féminin est-elle assez diffusée ? - Cette information touche-t-elle toutes les couches de population ? - Quelles sont les barrières qui séparent les migrantes des françaises entrepreneuses ? - Que peuvent faire les réseaux des femmes ? - Femmes françaises /femmes migrantes : jeunes et moins jeunes Comment nos différences peuvent-elles devenir une force ? - lieu : Mairie Annexe d’Evry Village , RER D station : Evry Val de Seine, RER D station : Evry Courcouronne, bus 408 arrêt : Mairie annexe - Rens. Et Inscription Suzanne Bellnoun Club des africaines entrepreneures d'Europe 06 50 94 54 58 sbellnoun@free.fr sbellnoun@claee.org www.claee.org ou Centre de Ressources Essonnien de la Solidarité Internationale (CRESI) : 01 69 21 94 97

lundi 4, mardi 5 et jeudi 28 avril de 9h30 à 17h : Formation « Gestion de projet : Monter et financer un projet de coopération internationale et/ou décentralisée » pour : Acquérir des compétences méthodologiques pour mettre en œuvre un projet de coopération et de solidarité internationale ; Maîtriser la démarche pour faire émerger et concevoir un projet de coopération et de solidarité internationale ; Proposer un itinéraire méthodologique pour élaborer un dossier de demande de cofinancement. - Contenu de la formation : Présentation de la gestion du cycle de projet, Diagnostic de situation, identification des besoins et analyse des demandes, Etude de faisabilité technique, sociale, économique et environnementale, Critères de décision et méthodes d’arbitrage avant la réalisation d’une action, Elaboration d’un budget, Elaboration d’une stratégie de recherche de financement : les bailleurs de fonds, leur identification, les différents types de financement, les conditions d’éligibilité, Le dossier de cofinancement en pratique. - Formateur : Monsieur Olivier Thome - Lieu : CRESI - Centre Hoche, 25, rue Hoche, escalier n°1, à Juvisy sur Orge (91), RER C et D Gare de Juvisy - formation et de qualification des acteurs coop internationale du territoire de l'Essonne - Service de la coopération décentralisée et des relations internationales du département de l'Essonne, Corinne Galerne 01 69 21 96 22 : cgalerne@cg91.fr

mardi 5 avril de 20h à 21h30 : Concert de Danyel Waro et Laurent Dalleau - Danyel Waro fait vite tomber les barrières. Son maloya imprégné d'Afrique, de Madagascar, de France et d'Inde qui rythme les mélanges de la population réunionnaise, lance la danse. Une invitation acceptée partout avec curiosité d'abord, avant de faire se lever les spectateurs ravis d'entrer dans la transe. Tarif de 6 à 22€ : lieu : Théâtre de l’Agora à Evry (91) RER D ligne Paris-Melun-Malherbes. Station Évry-Courcouronnes - Rens Réservation 01 60 91 65 65 (de 13 à 18h) accueil@theatreagora.com www.theatreagora.com

jeudi 7 avril de 20h à 22h : Représentaion de "Elf la pompe A Frique - Elf, la pompe Afrique : Un spectacle écrit, mis en scène et interprété par Nicolas Lambert avec la Compagnie Un pas de côté : Au printemps 2003, la compagnie pétrolière Elf est le personnage principal d’un procès qui met à jour les réseaux et les embrouilles de la politique africaine de la France. Nicolas Lambert a assisté à l’essentiel des quatre mois du procès. Dans une performance époustouflante, il nous fait revivre à lui seul les méandres et les comédies de cette ténébreuse affaire. - Tarifs : 2€, 5€ ou 10 € l’entrée au choix du spectateur , 1 € pour les moins de 12 ans - Lieu : Théâtre de l’Arlequin, 37, rue Jean Raynal, Morsang-sur-Orge, RER C Savigny sur Orge - Renseignements et réservations : 01 69 25 49 15 contact@theatre-arlequin.fr amelie.delepine@theatre-arlequin.fr www.theatre-arlequin.fr

samedi 16 avril de 14h à 17h30 : Rencontre Inter-Associative organisée par le Fédération IFAFE (une fédération d'organisation de femmes) , sur la visibilité des OSIM (Organisations de Solidarité Internationale, Issues des Migrations) - Lieu : Maison du Monde d'Evry, 509, Patio des Terrasses, Evry (91) - Rens. Inscription : Anne-Joséphine Thoni, Présidente de TEMFOR (Association membre de la Fédération IFAFE) : 06 59 15 70 98 tendrelamain.asso@gmail.com

samedi 30 avril de 20h à l'aube : Soirée dansante et festive sur le thème de l'Afrique en miniature avec spectacle lyriqu, artiste surprise, débat de société, … La soirée Happy Night est organisée par l'association AMVOE - Tarif 20€ comprenant boisson et repas - Lieu Espace Papeterie, rue Jean Bouvet, Corbeil Essonne (91) - Rens. 06 62 73 03 26, Réservation 07.60.21.97.32

Actions situées dans les Hauts de Seine (92)

jusqu'au 5 avril lundi-vendredi : 8h-20h ; samedi 8h-17h Exposition « 47, Portraits d'insurgés » - MADAGASCAR 1947 : Conception et textes de l'écrivain Jean-Luc Raharimanana , Photographies de Pierrot Men. Production : Zérane Confluence artistique. - Exposition des portraits des témoins de la répression coloniale de 1947 à Madagascar, associés à des textes du grand écrivain malgache Raharimanana. Dans le cadre de cette exposition (« 47, Portraits d’insurgés ») qui permettra de mettre en lumière un événement encore trop mal connu, trois rencontres à destination du grand public (entrée libre et gratuite)seront organisées avec le concours d’universitaires et de chercheurs français et étrangers, spécialistes des thèmes abordés. L'écrivain Raharimanana sera également présent - Lieu Hall d'accueil de Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 200 Av. de la République, bâtiment B . Rens . : 06 65 03 43 68, 01 41 37 52 11 contact@madagascar1947.fr marion.druart@mairie-nanterre.fr ou f.regourd@wanadoo.fr fregourd@u-paris10.fr http://www.madagascar1947.fr/ http://echoscapricorne.org

mardi 5 avril à 20 h30 : ciné-débat « Les Arrivants » , film documentaire de Claudine Bories et Patrice Chagnard. L’histoire se passe à la Cafda (Coordination pour l’accueil des familles demandeuses d’asile). Caroline et Colette sont assistantes sociales. À longueur de journée, elles reçoivent des familles qui viennent demander l’asile en France. Chaque jour, il en arrive de nouvelles - avec ou sans bagages, avec ou sans passeport, dans des charters ou dans des camions bâchés. Un matin, c’est Zahra, une jeune Erythréenne enceinte de huit mois ; un autre jour, les Kanesha, une famille du Sri Lanka, avec leurs deux enfants ; puis ce sera les Moulou, un couple d’Erythrée, et leur bébé ; et encore les Wong, qui arrivent tout droit de Mongolie. Dans leurs regards épuisés, on peut lire à la fois une peur immense et une détermination sans faille. Ils viennent de si loin et ils attendent tant ! Comment répondre au flot débordant de toutes ces détresses, de tous ces besoins ? Avec ces familles, c’est le monde entier qui débarque dans la vie de Caroline et Colette, et dans la nôtre. Un monde chaotique et violent, bouleversant. Avec les réalisateurs Claudine BORIES et Patrice CHAGNARD et Antoine DECOURCELLE de la CIMADE - Lieu : cinéma Jeanne Moreau à Clamart http://attac92clamart.free.fr/autre/spip.php?article431

mardi 5 avril à 20h30 : café débat "la déontologie en matière de police" : quel usage des armes et quelles conditions de garde à vue ? Avec Julie HESLOUIN Coordinatrice France / Union Européenne de la section française d’Amnesty International, Yannick DANIO pour le Syndicat Général de la Police (FO)., Julien GAUTIER avocat, pour la Ligue des Droits de l’Homme. À l’occasion du 50è anniversaire d’Amnesty International, ce café-débat est organisé par la MJC-TC de Colombes et le CEIC, avec la collaboration de la section locale d’Amnesty International, de la section locale de la Ligue des Droits de l’Homme, de l’association de Colombes «Vérité et Justice pour Mahamadou Marega» et de l’association de Courbevoie «Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia». Le 24 janvier 2005, Abou Bakari Tandia mourait à l’Hôpital Louis Mourier de Colombes. Il était tombé dans le coma à la suite d’une garde à vue au commissariat de Courbevoie, le mois précédent. Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2010, Mahamadou Marega mourait lors d’une interpellation policière, à Colombes, électrocuté par deux charges de taser et asphyxié par des gaz lacrymogènes. Ces 2 morts, et bien d’autres similaires, auraient-elles pu être évitées ? Elles soulèvent en tout cas quelques questions à l’heure où un Défenseur des Droits unique va remplacer quatre institutions qui avaient pour vocation la protection du citoyen, notamment la Commission Nationale de Déontologie de la sécurité, il est légitime de s’interroger sur le devenir des droits humains en matière de justice et de police. - Lieu MJC Théatre de Colombes, 96/98 rue Saint-Denis à Colombes (92) - Rens CEIC :01 42 42 87 26 ggf@no-log.org ou MJC-TC : 01 56 83 81 81 mjctheatrecolombes@wanadoo.fr

mercredi 6 avril à 15h : Rassemblement festif pour rappeler aux au préfet de Nanterre que l'avenir des lycéens c'est aujourd'hui dans le pays ou ils vivent et étudientavec des papiers - 18 conseils d'administration de lycées du 92 ont voté un vœu de protection de leurs lycéens sans papiers. D’autres vont encore le faire. C’est un premier message envoyé au préfet, et à ses supérieurs Sarkozy et Guéant. A Asnières ,Colombes, Clichy, , comme ailleurs, des lycéens sont en attente d’un titre de séjour et du droit de vivre enfin comme les autres . ! L’administration prend son temps, laisse les dossiers enfouis sous les piles, et attend que la fin de l’année arrive et que les jeunes, surtout ceux en fin de cycle, se retrouvent privés du soutien de leurs camarades et de leurs profs, et des parents. EXPULSABLES dans quelques mois. Et d'autres élèves du lycée, eux aussi sans papiers, restent toujours dans le secret. - Lieu : Préfecture de Nanterre - Rens. andrelandrain@gmail.com

jeudi 7 avril à 20h30 : Concert de Danyel Waro : Forte tête, farouche défenseur des valeurs identitaires de son île, Danyel Waro est une figure incontournable de La Réunion. Acteur essentiel de la renaissance du Maloya dans les années 80, il est devenu le véritable ambassadeur de cette musique d'esclaves longtemps interdite,.- PAF 12€ - Maison de la musique à Nanterre (Festival Planètes musique), 8 rue des Anciennes Mairies à Nanterre (92), RER A Nanterre ville - Rens et Reservation 01 41 37 94 21 billetterie@mairie-nanterre.fr www.nanterre.fr/Envies/Culture www.famdt.com/creation-actualite.php

samedi 9 avril, toute la journée. premier salon d'Ecotourisme est organisé avec la ville d'Asnières sur Seine Ce salon est gratuit, vous y êtes les bienvenus en tant qu'exposants ou participants. - Rens. R Cotelle rcotelle@solidere.fr www.solidere.fr

vendredi 15 avril 16h15-18h15 : stage de tresses africaines à la Vie associative Vinci, Si vous souhaitez apprendre à faire les nattes collées et les rastas mèches - Tarif : 12 € - Lieu : 11 13 avenue léonard de Vinci à Courbevoie (92) - Inscriptions obligatoires le 9 avril de 10h à 12h, Rens. Christelle Akué 06 16 05 06 08 www.coriart.fr

samedi 16 avril 10h-12h : stage de tresses africaines à la Vie associative Vinci, Si vous souhaitez apprendre à faire les nattes collées et les rastas mèches - Tarif : 12 € - Lieu : 11 13 avenue léonard de Vinci à Courbevoie (92) - Inscriptions obligatoires le 9 avril de 10h à 12h, Rens. Christelle Akué 06 16 05 06 08 www.coriart.fr

samedi 16 avril de 19h à 2h du matin : Soirée concert Avec Babacare Faye et sa troupe de percussion "Boutata Percusion", Le groupe 2 DOZ représenté par les chanteurs SWIB et DD.A et notre saxophoniste Jarod accompagné de Belinda et Martina pour une représentation scénique. Cette manifestation est la 2ème édition de FARAFINA DE organisée par Les Challengeurs Ingénieux. Elle regroupe, comme lors de la 1ère édition une ambiance de musique traditionnelle africaine et musique urbaine africaine (coupé décalé). Organisé par l'association Les Challengeurs Ingénieux, Nous sommes une association culturelle d'aide aux agriculteurs africains. Elle a pour but d'organiser des spectacles, soirées galas, expositions, toutes sortes d'activités culturelles à l'aide d'artistes en herbe, afin de récolter des fonds pour l'aide au développement agricole et artisanale dans les zones rurales dans les pays africains. Plus concrètement elle œuvre pour le développement des techniques d'agriculture et une meilleure gestion de l'écologie afin de parvenir à une autosuffisance alimentaire et améliorer les conditions de vie des habitants. Notre première action se déroulera dans la ville de Kani en Côte d'Ivoire. Lieu : Salle Jacques Decour, rue des Rosiers à Nanterre, - Rens : 06 26 09 68 41 challengeurs_ingenieux@yahoo.fr

Actions situées en Seine St Denis (93)

jeudi 7 avril de 9h à 17h30 : Conférence "Du foyer de travailleurs à la résidence sociale" et Visites à Bobigny et Montreuil - Programme : après l'accueil, conférence avec l'intervention de J-Y Reberioux, Adoma et la Ville de Bobigny - 10h45, film sur l'évolution des foyers de travailleurs en résidence sociale - 11h intervention de Paul Chemetov et Vanessa Bourdeau sur la résidence sociale Adoma de Bobigny - 11h15 visite de la résidence sociale Adoma rue Hector Berlioz - Déjeuner - Après-midi, visite de 2 résidences Adoma à Montreuil : Rapatel et Ruffins - Lieu : Salon d'honneur de l'hôtel de ville deBobigny, 31 av du président salvador allende à Bobigny (93), M° ligne 5, station Pablo Picasso, tram T1, arrêt hôtel de ville, bus 134, 234, 251, 301, arrêt hôtel de ville - Rens : 06 87 61 29 77, 01 48 32 25 93 http://www.caue93.fr/Du-foyer-de-travailleurs-a-la.html#form18 - Inscription par fax : 01 48 31 15 36, caue93@caue93.fr http://www.caue93.fr/-Les-rendez-vous-du-CAUE-93-.html

samedi 16 avril de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30 : Sensibilisation à la création d’activités génératrice de revenus dans le cadre du Programme de Soutien et deValorisation des Initiatives Féminines, le Programme de Promotion Socioprofessionnelle des Migrants, ainsi que le Programme d’Appui aux Actions Socio Sanitaires du GRDR. Participation gratuite, sur inscription. - Lieu : Antenne Ile de France du GRDR, 66/72, rue Marceau, Montreuil (93), M° ligne 9: Robespierre - Rens, Inscription 01 48 57 75 80 halimata.so@grdr.org antenne.idf@grdr.org www.grdr.org www.collectif-passerelle.com

samedi 30 avril de 12h à l'aube : Assiganmé de Paris : Un évènement marchand et culturel pour faire un voyage au Togo au cœur de l'Afrique à l'attention de tous les amis de l'Afrique : Assiganmé de Paris (le grand marché togolais de Paris) organisé par un collectif d’associations qui a pour but de regrouper différents acteurs culturels togolais et d’origine togolaise : artistes, créateurs, stylistes, associations, écrivains, commerçants, opérateurs économiques pour une journée de partage culturel. - 12h à 20h30 exposition-vente de de bijoux, tissus, vêtements et T shirt afro etc+ peintures et livres en présence des artistes - 17h : défilé de mode et de coiffure - 21h30 concert avec des chanteurs togolais tels que Djanta Kan, Edy Brivel, Christelle Johnson, Omar B et Kalagui + qq surprises - de 23h30 à l'aube : soirée Dégustation de spécialités togolaises - Il s'agit de Promouvoir et faire connaitre la culture togolaise. Valoriser l’élégance et la beauté togolaise à travers les actions menées par des différents créateurs ou stylistes togolais de France. Renforcer la communication et la collaboration des togolais de France et à l’étranger. Cette première édition a pour thème : Exposition d’arts et bijoux togolais, exposition de tableaux, défilé de mode et de coiffure, présentation de divers associations et d’écrivains togolais de France et de l’étranger, dégustation des mets togolais et du Sodabi (Rhum local) et pour finir, un mini concert des artistes togolais avec des invités surprises. Ce rendez - vous sera annuel avec différents thèmes autour de la culture togolaise. Notre cible est en outre le grand public, les artistes et professionnels à la quête des nouveautés. - Tarif pour la soirée : 10 € - Lieu : Espace Adrienne de la plaine, 8 rue des blés, La plaine St Denis, RER B la Plaine St denis, bus 173 station Murger - Rens : Essi Gnaglom 06 13 01 42 64 essi@aescommunication.com www.coriart.fr

Actions situées dans le Val d'Oise (95) - voir cjoinlambert@lacaz.net

jusqu'au 2 avril de 10h à 18h : Escales africaines - Les visiteurs pourront découvrir trois expositions : « Les masques pygmées du Congo », « Masque : le trésor de l'Afrique » avec des boubous africains prêtés par l'Association des femmes africaines de Bezons (AFAB) et « Parcours poétique autour de Tanella Boni ». Horaires : Lieu : Médiathèque Maupassant, 64 rue Édouard-Vaillant, 95870 Bezons. (95) Infos: 0139471112

vendredi 1er avril à 20h45 : Traîne pas trop sous la pluie - Un spectacle écrit, mis en scène et joué par Richard Bohringer. C’est un voyage au pays de la mémoire dédié à l’Afrique. Un retour sur le passé où se bousculent les amis, morts ou vivants, les femmes croisées, l’alcool maudit et les errances hasardeuses. Un travelling syncopé, strié d’émotions et traversé d’images vives, un road movie que le théâtre rend charnel et sensuel, une mise à nu, enfin, nourrie à même la vie et qui bat au rythme du coeur de Bohringer, artiste total, acteur, écrivain, homme debout. Tarif unique : 16,30 € - Lieu : Théâtre Jean Marais, pl François Truffaut, 95210 SAINT GRATIEN, Info et résa : 0139892442 ou 0134122634

samedi 2 avril 2011 à 17h : Contes et sagesses d'Afrique - Lieu : Bibliothèque intercommunale, 15-17 rue Robert Schumann 95400 Arnouville-les-Gonesse – Infos : 0139853996

mercredi 20 et jeudi 21 avril de 13h30 à 16h30 : Stage de danse afro-cubaine proposé par le CRD d'Argenteuil avec Christian Nicolas. Ouvert à tous. Gratuit pour tous - Lieu : Centre culturel Le Figuier blanc, 16/18 rue Grégoire Colas, 95100 Argenteuil, Tél : 0134235800

Petites annonces

Un sketches de la part de Kanibal. http://www.youtube.com/watch?v=TjlodiidrI0

Programme d’été international Humanity in Action France « LA RÉPUBLIQUE ET SA DIVERSITÉ » Vous êtes étudiant-e, ou venez de terminer vos études ? L’opportunité de faire un stage au Parlement Européen, au Congrès Américain, à la Mairie de San Francisco ou au Tribunal Pénal International d’Ex-Yougoslavie vous intéresse ? Pour remplir la candidature en ligne avant le 10 avril 2011 : http://humanityinaction.org/apply/france/application

Voici un album de photos légendées sur le Forum social de Dakar, auquel cathgegout@laposte.net participais pour France Amérique Latine. https://picasaweb.google.com/CatherineGegout2/DakarForumSocialMondial2011#

 

Bons plans

Boulevard énergétique : Accident mortel à Loudima

 Que s'est-il passé à Loudima (Bouenza) le vendredi 4 juin ?

Dans le cadre des travaux de la ligne THT de Pointe-Noire (Centrale Electrique du Congo, centrale à gaz implantée à Côte Matève en banlieue de Pointe-noire) et Brazzaville (Tsielampo) financés et supervisés par ENI-Congo, la SOGECO, émanation de ETDE (Bouygues) et de capitaux congolais, est chargée des travaux d'exécution.

Cette ligne compte plusieurs sections bien différentes :

  1. CEC-Mont Kamba : ligne entièrement neuve, réalisée à ce jour ;
  2. Mont Kamba-Loudima : ligne ancienne à rénover (remplacement des éventuels supports irréparables + câbles neufs + fibre optique.) ;
  3. Loudima-Mindouli : ligne ancienne à rénover (remplacement de supports abimés ou disparus + câbles neufs + fibre optique.) ;
  4. Mindouli-Tsielampo : Ligne entièrement neuve à réaliser suivant le tracé d'une ancienne ligne détruite durant les conflits + FO ; 
  5. A noter qu'ENI-Congo se sert a passage pour alimenter ses gisements de Boundi (Kouilou). Quoi de plus normal puisqu'elle est le maitre d'ouvrage et le financier de l'opération.

SOGECO a été chargée, sous supervision ENI, de faire l'expertise des supports éventuellement conservables sur les sections 2 et 3.

Le 4 juin vers 19 heures des journalistes attendant le début d'un spectacle a Sueco voient arriver un cortège d'ambulances à la clinique Guénin. L'un d'entre eux leur dit qu'un accident a eu lieu sur la ligne électrique du côté de Dolisie. Un pylône se serait effondré sur une équipe de travailleurs. Les blessés ont été rapatriés sur Pointe-Noire en hélicoptère. Un homme serait déjà mort

Près d'une semaine durant, nous enquêterons avec bien peu de succès tant les faits sont frappés d'omertà.

Nous apprendrons d'abord de l'indiscrétion d'un travailleur présent sur les lieux que le pylône (ancien) est tombé lors du tirage des câbles, que l'agent décédé est un jeune cadre camerounais. Il s'avère qu'il faisait partie de nos amis chez SOGECO. Qu'il y a huit blessés dont deux sont dans un état critique.

Des renseignements pris auprès d'amis vivant à Nkayi et qu'ils tiennent de cadres expatriés de SOGECO laissent penser que l'entreprise franco-congolaise cherche à se dédouaner de la responsabilité de l'accident : Le pylône se serait couché en raison de ses mauvaises fondations, ce qui n'aurait pas été décelable à l'expertise.

Nous ne comprenons pas comment :

  1. Des gens ont pu se trouver dans le cône de chute du pylône alors que des efforts de traction lui étaient appliqués.
  2. Bien que le moindre travail sur ce chantier ne puisse être réalisé sans qu'une procédure de travail éliminant toute prise de risque ne soit étudiée par l'entrepreneur et que celle-ci doive être vérifiée et validée par ENI, un tel accident ait pu se produire
  3. Les experts ont négligé l'étude des fondations de ces tas de ferraille rouillée quand les normes exigées à l'entreprise de forage ponténégrine (Foratec), chargée des fondations neuves sur la première section, l'ont conduite à la faillite.

L'accumulation de ces fautes par contre nous font parfaitement comprendre le pourquoi de la loi du silence qui entoure l'affaire est autant respectée :

Le donneur d'ordre est aussi responsable et coupable que l'entrepreneur.

Mauvais plan sil en est. Le consortium va désormais devoir réviser ses méthodes. Les analyses de l'accident vont certainement figer le chantier durant plusieurs mois. Nous parions que les conclusions de l'expertise exigeront le remplacement de tous les vieux supports avec des fondations neuves. Un énorme retard à prévoir, à moins que le coût de l'opération ne fasse avorter l'ensemble du projet.

Il est probable que l'annonce de cet accident, à deux mois des festivités du Cinquantenaire de l'Indépendance et sur une réalisation qui est l'une des pierres angulaires du programme politique du candidat Denis Sassou Nguesso, a mis le Président de la République de fort mauvaise humeur.

Brazzaville : flics voyous vs flics ripoux

 Le Dircab du Commandant des COMUS et autres bastonné à mort

Auteur: G.Fortune DOMBE BEMBA in zenga-mambu.com

Auteur et commanditaire de plusieurs exactions dans la partie nord de la capitale, le neveux de l’inspecteur général des FAC, le lieutenant-colonel Guy Ofounda et ses bandits appelée «Tossa obika» (obéis pour épargner ta vie, en Lingala), terrorisent les populations et menacent la paix et la sécurité des personnes et des biens.

Certains hommes en uniforme et des civils pratiquant des artsmartiaux sont-ils devenus des bourreaux du peuple ? Car ces derniers temps, des extorsions à main armée et de violences de tout genre, signée «écurie» Tossa obika du colonel Guy Ofounda inquiètent plus d’un habitant des quartiers Kombo, Talangaï, Makabandilou ou Massengo. Parmi ces victimes, il y a M. Iwandza, un capitaine qui s’est plaint après avoir été brutalisé, voire bastonné par les éléments du soi-disant colonel Ofounda au terminus Mikalou. Récemment, selon plusieurs témoignages, ces mêmes éléments qui règnent en seigneur de guerre ont laissé plus d’un blessé aux quartiers Kombo et Massengo, après avoir rançonné et ravi des portables des paisibles citoyens qui ne savent plus vers quelle institution se tourner pour leur sécurité ; surtout quand même des officiers de la police ou de l’armée tombent dans les mailles de cette bande de policiers sans scrupule.

En effet, le 24 septembre dernier, le directeur de cabinet du Colonel Ombeli, le commissaire de police Marcel Nguié Mbossa du Commandement des Unités Spécialisées (COMUS) a été bastonné pour avoir voulu savoir quelque chose sur l’arbitraire que la bande tossa obika perpétrait sur un vendeur de pain répondant au nom de Andzono et sur un certain Amath, vendeur de boissons au quartier «petit-chose» à Talangaï pendant que le Colonel Guy Ofounda était en bonne compagnie a quelques centimètres de cette bastonnade.

Ainsi, face à cette insécurité que la population place sur la complaisance de la Force publique, la libre circulation des biens et des personnes est menacée. Cette menace frise à un certain moment la fragilité, sinon la fragilisation d’un régime qui n’arrive plus à contrôler les «guerriers» et certains civils collaborant avec des chefs des commissariats, le cas de Guy Ofounda. Sinon, pourquoi cette impunité, cette complaisance vis-à-vis de certains officiers criminels ?

A vrai dire, l’indiscipline notoire de certains éléments des Forces Armées Congolaises (FAC) qui semblent être divisées en sous bandes dirigées par des «seigneurs de guerre», impose des sanctions sévères ou radicales.
Car, une interaction entre différentes «écuries» peut dégénérer en fusillade ou en tout autre forme de trouble. Les récentes fusillades au beach de Brazzaville et à Talangaï sont des exemples qui montrent combien la Force publique qui est sensée protéger les populations les terrorise et les traumatise.

Dans les pays sérieux, l’inspecteur des FAC devrait simplement placer à la maison d’arrêt ce colonel avec sa horde qui se comportent en véritables bandits de grand chemin. Le Général Ndenguet par ailleurs devrait se saisir du dossier des Tosa obika, version officialisée des braqueurs.
Selon certaines indiscrétions, le Colonel Guy OFOUNDA et son «Tosa Obika» serait entretenu et encouragé dans leur basse besogne par un groupe d’officiers supérieurs. Vrai ou faux ?

G.Fortune DOMBE BEMBA


 


 

Brazzaville, victime des choix pervers de son maire

Pendant que le maire de Brazzaville, Hugues Ngouélondelé et la société PRO-BRAZZA offrent aux citoyens congolais le spectacle désolant du débat sur les rémunérations des employés de la société PRO-BRAZZA, la ville de Brazzaville ne cesse de poursuivre son processus dégradant en matière d’insalubrité. Le Mercredi 2 mars 2011, les populations de Bacongo ont vu une partie du toit du marché Total s’effondrer sous le poids de la vétusté des installations. Ce marché construit sans une réelle étude et surtout avec du bois non traité présentait depuis une dizaine d’année un danger public. Les sonnettes d’alarmes que nous ne cessions de tirer à l’endroit des responsables municipaux de Brazzaville sont restées vaines auprès du Maire de Brazzaville.

 

La mauvaise gestion des taxes municipales des marchés

Dans le cadre de la municipalisation accélérée de Brazzaville, le gouvernement avait promis la reconstruction de plusieurs marchés dont celui de Total et certaines habitations proches des marchés devaient être expropriées. En trois années de municipalisation accélérée de Brazzaville, l’unique projet visible est le premier module de l’aéroport de Maya-Maya. Les Brazzavillois sont présentement médusés. Ils se demandent à quoi servent les taxes prélevées quotidiennement dans tous les marchés ? A défaut de construire des marchés modernes, la municipalité n’est même pas à mesure d’assurer la propreté des lieux. Les denrées alimentaires sont vendues à même le sol. L’hygiène des marchés est quasiment non assurée.

Le maire de Brazzaville a attribué à une société privée le contrat de perception des taxes journalières par jour par table. Quid des agents municipaux qui s’attelaient à cette tâche ? Il est connu de tous les commerçants et opérateurs économiques que la perception journalière des taxes municipales par jour et par table a engendré des pratiques de corruption, de concussion et de détournement des deniers publics. Les agents municipaux de Brazzaville ont toujours cru travaillé pour leur propre compte et allaient jusqu’à demander des paiements à l’amiable aux commerçants et aux opérateurs économiques. Ces pratiques rétrogrades sont connues de tous. Ces agissements contraires au Code municipal ne sont jamais sanctionnés par le maire de la ville. La perception des taxes par la mairie à pour but d’améliorer les conditions de travail des vendeurs, d’améliorer les sites des marchés (la construction et l’installation de nouveaux étalages) et améliorer la salubrité dans les marchés. Or force est de constater que malgré la perception de ces taxes, tous les marchés de Brazzaville sont dans un état lamentable, c'est-à-dire des lieux où les étalages sont faits de façon anarchique et où s'entassent chaque jour des immondices.

Les Congolais se plaignent du comportement des commerçants étrangers qui se lancent dans le petit commerce de détail alors que cette activité est réservée aux seuls nationaux. Il est anormal de constater qu'aujourd'hui, des commerçants étrangers font le petit commerce. Ils vendent au détail des pains, beignets, sandales, vivres frais et autres produits. Et cela se fait naturellement avec la complicité de certaines autorités municipales.

Le tripatouillage de l’assainissement de la ville de Brazzaville

L’insalubrité galopante causée par la prolifération des déchets ménagers et par les réseaux de canalisation obstrués ou inexistants pointent du doigt l’insuffisance grave d’une politique d’assainissement de la ville. Ces mêmes causes démontrent, malgré les promesses non tenues du Maire de la ville, que ces lieux dits de commerce de masse sont des endroits à risques environnementaux.

Il apparaît pourtant dans tous les discours du Maire de Brazzaville la prise en compte de la priorité d’assainir la ville de Brazzaville. Pas une seule de ses sorties officielles n’est pas alimentée par les discours aux slogans «  ville sans sachets » «  ville verte » « ville propre », etc… mais dans la réalité, Brazzaville continue de suivre un chemin de pourrissement sous le regard impuissant de ses populations.

La  8ème session ordinaire budgétaire de la municipalité de Brazzaville arrêtait ce 16 février 2011 un budget de 20 milliards 876 millions 62.356 francs pour semble-t- il assainir la ville. Après trois années de la municipalisation accélérée dont on nous a promis l’embellissement totale de la ville, la mise en place d’un service adéquat de voirie, l’assainissement des marchés de Brazzaville, etc. On nous parle encore des lots de véhicules achetés pour ramasser les ordures et autres déchets qui polluent la ville de Brazzaville. Ces derniers seraient de nouveau parqués à Pointe –noire. Ce plat déjà servi et que nous avions dénoncé en janvier 2010 dans notre article (1) : «  Pourquoi persiste t-onà faire croire aux congolais que la raison de l’inefficacité de la Mairie et de PROBARZZA réside dans le seul fait que son matériel soi-disant « ultramoderne » serait bloqué à Pointe-Noire faute de moyen d’acheminement vers Brazzaville ? ». Pourquoi certains élus ne demandent-ils pas un audit du budget des investissements de la ville de Brazzaville à compter de 2002 ?

Veut-on nous faire admettre que depuis plus de deux ans, le CFCO n’apas pu affecter un train pour effectuer le transport du matériel de PRO-BRAZZA ? Et comment les chinois ont fait pour transporter du matériel lourd jusqu’à Imboulou ?

On a l’impression que le gouvernement est devenu apathique. Ce gouvernement laisse son autorité bafouée, sans parvenir à enrayer le paupérisme, le chômage, la criminalité, l’immigration clandestine, la puissance montante des mafias et la corruption des classes politiques.Tout est fait pour organiser le pillage des ressources sous la bannière des entreprises dont le résultait d’assainissement sur le terrain est loin de satisfaire ne fusse que 5 % de la population de Brazzaville. Cette société ( PRO-BRAZZA) de plus en plus égoïste et sauvage, en voie de primitivisme, paradoxalement dissimulée et compensée par le discours de la «morale unique», angélique et pseudo-humaniste, voilà ce qui se remarque de plus en plus, année après année, jusqu'au point de rupture.

Voilà depuis l’année 2002, Hugues Ngouélondelé a promis rendre à Brazzaville ses lettres de noblesse. C'est-à-dire une ville saine, propre et agréable. Comme Jadis, Brazza la Verte. On assiste plutôt à la coexistence d'un paupérisme qui tient de l'esclavage avec de riches et insolentes bourgeoisies autoritaires et minoritaires. Voilà plusieurs années que les services de PRO-BRAZZA laissent à désirer. Cela va du personnel non qualifié, du service d’assainissement incomplet PRO-BRAZZA concentre la majeure partie de ses activités dans le centre-ville laissant le reste de la ville 

à l’abandon, à l’inexistence des infrastructures matérielles capables de maintenir les clauses de son contrat. Le constat fait par le maire de Brazzaville est édifiant : «Nous avons constaté que le travail ne se faisait pas comme nous avons souhaité dans les clauses du contrat. Vous devez 

travailler dans 

tous les arrondissements. C’est à vous de demander à vos chefs d’ajouter le matériel de travail, si vous voulez que l’Etat continue à vous soutenir» (2).

Brazzaville est devenue une ville sale du fait  d'une part de l'incivisme de quelques habitants et d'autre part de l’incompétence et de la médiocrité de son maire. L’exemple de la ville de Kigali (Rwanda) devrait inspirer les élus de la ville de Brazzaville. Mais hélas !!!

L’échec de cette entreprise PRO-BRAZZA dans son processus de lutter contre l’insalubrité à Brazzaville n’est plus à démontrer. Pourtant le maire de Brazzaville vient de la reconduire pour s’occuper, comme les années précédentes de la lutte contre l’insalubrité à Brazzaville. Il est indécent aujourd’hui de minimiser le peu de victimes qu’il y a eu dans la catastrophe de l’effondrement d’une partie du toit du marché Total. Ayant constaté les carences et l’échec de la société PRO-BRAZZA, on se demande pourquoi le maire de Brazzaville, Hugues Ngouelondelé n’a pas fait des appels d’offre internationale afin de travailler avec de nouveaux partenaires et scinder le marché d’assainissement de Brazzaville en plusieurs blocs. Les Brazzavillois se souviendront toujours de l’expérience réussie par M. François Odzali. La morale voudrait que l’on s’interroge sur l’utilité des sociétés mises en place pour lutter contre ces phénomènes. Devrions-nous attendre que le toit du marché de Poto-poto ou encore de Moungali s’effondre pour tirer des conclusions responsables ?

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(1) BRAZZAVILLE : VILLE IMPROPRE, LA MAIRIE ET PRO-BRAZZA SONT-ILS LES COUPABLES ? : www.dac-presse.com

(2) Cette annonce a été faite le 28 février par le maire de Brazzaville.

Jean-Claude BERI :   Président du DAC
www.dac-presse.com

 

COUR DE CASSATION - Poursuites validées sur les "biens mal acquis" africains

 Source Reuters

COUR DE CASSATION - Poursuites validées sur les "biens mal acquis" africains

La justice va pouvoir enquêter sur les biens français détenus par des présidents africains, comme cet immeuble parisien appartenant à Omar Bongo, l'ex-président du Gabon aujourd'hui décédé © Isabelle Simon / Sipa

La Cour de cassation a autorisé mardi la reprise de poursuites judiciaires concernant des logements de luxe et des avoirs bancaires détenus en France par trois présidents africains. La plus haute juridiction française a annulé un arrêt de la cour d'appel de Paris de 2009 qui déclarait irrecevable la plainte de l'organisation Transparency International.

La Cour ordonne le renvoi du dossier à un juge d'instruction pour que soit instruite la plainte de l'ONG, qui considère que les biens en question ont été forcément acquis avec de l'argent public détourné. Ce dossier vise les familles d'Ali Bongo (Gabon), de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzavile) et de Teodoro Obiang (Guinée équatoriale).

Une enquête de police de 2007 avait recensé 39 propriétés et 70 comptes bancaires détenus par la famille Bongo et ses proches, 24 propriétés et 112 comptes bancaires pour la famille Sassou Nguesso, et des limousines de luxe achetées par la famille Obiang.

Chemin d'avenir : le coté obscur de la force

 Depuis 36 heures Pointe-Noire est sous le coup d'une coupure générale d'électricité et d'eau. Pourtant la Centrale Electrique du Congo est supposée fournir 300MW.

Bruno Jean Richard Itoua, ministre de l'énergie et de l'hydraulique n'avit-il pas promis il y a plus d'un an que désormais de son ministère n'émaneraient plus que de bonnes nouvelles. 

Contactés les services en charge expliquent :

Qu'en raison de la pose de la fibre optique sur la ligne Pointe-Noire/Brazzaville, la ville est déconnectée de l'énergie arrivant de Moukoukoulou. La ville n'est donc alimentée que par CEC qui aurait des problèmes de démarrage. Cette strucuture étant privée, la SNE décline toute responsabilité dans cette panne.

Selon la personne contactée tout est en cours pour que la situation normale soit rétablie au plus tôt.

En attendant les marchands de chandelles font fortune.

Si nous possédons un semblant de réponse de la SNE, qu'en est-il de la Société Nationale de Distribution d'Eau qui d'évidence ne possède pas de centrale thermique relais pour envoyer le précieux liquide sur les éviers de la métropole Kouiloise ?

Retour à la normale après 44h et 30mn de coupure. Puisqu'on savait que la ligne de Moukoukoulou devait être coupée, pourquoi n'a-t-on pas attendu que la centrale de Cote Matève soit démarée  pour le faire ?

Chronique juridique : Le sort de la femme à la mort de son mari

Emmanuel Dongala, auteur congolais, a décrit l’humiliation et l’expropriation que vit la femme à la mort du mari dans son livre « Photo de groupe au bord du fleuve », dont voici un extrait (pages 46, 47, 51) : « Cela avait commencé lors de la réunion tenue entre les deux familles quelques jours seulement après que son homme fut enterré, afin de faire le point sur l’héritage du défunt comme le veut la tradition. C’est le moment que craignent toutes les femmes (…) L’oncle du mari, qui présidait la réunion, joua au patriarche sage (…) en disant qu’il fallait plutôt s’occuper de l’avenir, surtout de l’avenir des enfants. Combien d’argent son neveu avait-il laissé dans son compte ? Quand allait-on faire l’inventaire des magasins ? Et les costumes ? Les paires de chaussures ? Bileko ne pensait-elle pas que le moment était venu de partager entre ses belles-sœurs et belles-cousines une partie de tous ces pagnes et bijoux qu’elle possédait ? Quant à son petit-fils à lui oncle du mari, enfant de son fils aîné donc neveu du défunt, il ne demandait pas grand chose, la Mercedes lui sufisait.
Et il continua à raconter, à conter et à compter les objets de sa convoitise jusqu’à ce qu’il ne trouve plus rien à ajouter à son inventaire. (…). Finalement, Mâ Bileko, sa tante et ses enfants furent jetés hors de la maison, de la parcelle, dans la rue, humiliés et abandonnés à eux-mêmes. »

Les droits reconnus à la veuve par la loi au Congo, la réalité montre que la femme subit les assauts de sa belle-famille qui s’approprie la maison familiale et les autres biens du foyer. Fût-elle propriétaire des biens, la veuve se retrouve ainsi chassée de la maison familiale avec les enfants. Pour en parler, nous avons recueilli le point de vue de Charles Émile Apesse, magistrat à la Cour d’appel de Brazzaville, qui nous montre la complexité de la situation, le mari gérant le plus souvent les biens communs du foyer et même, dans certains cas déjà jugés au tribunal, le salaire de sa femme. Un usufruit qui donne à la femme le droit de se servir du patrimoine ou d’en percevoir les revenus, tels les loyers en cas de mise en location d’un immeuble, de percevoir des intérêts sur des sommes en comptes bancaires et des bénéfices en cas d’existence d’actions en société.

Droit au maintien dans la maison familiale

En présence d’enfants nés dans le mariage, hors mariage et d’enfants adoptifs, la femme a le droit de recevoir les revenus du quart des biens de la succession, quel que soit le nombre d’enfants. En présence des père et mère, frères, sœurs, oncles et tantes, neveux et nièces, lui reviennent les revenus de la moitié des biens que le défunt laisse à la succession. Si le défunt n’a laissé aucun héritier, la veuve hérite et devient propriétaire de la totalité des biens. Il s’agit des biens que le mari décédé n’aura ni vendu ni donné, ni transmis par testament.

En toute circonstance, la veuve a le droit de rester dans l’habitation principale pendant un an à compter du décès ou jusqu’au règlement amiable ou judiciaire de la succession. Les héritiers pourront, avec son consentement, la reloger en dehors de l’habitation familiale dans des conditions analogues à celles qu’elle connaissait du vivant de son mari. En cas de remariage et d’inconduite, la veuve perd le droit d’y vivre. Elle perd également ce droit si elle ne remplit pas son obligation d’entretien et d’éducation envers les héritiers mineurs.

Capital décès, pensions et rentes

Lorsqu’il existe un capital décès, une pension (somme versée périodiquement par l’État) et une rente (versement reçu soit périodiquement, soit à vie), la veuve reçoit 30% du montant, le reste revenant aux enfants. Si elle se remarie ou vit au vu et au su de tous avec un autre homme sans être mariée, elle perd le droit de percevoir ces sommes. Toutes les sommes qu’elle n’aura pas perçues reviendront ainsi aux enfants. En cas de pluralité de veuves (mariage polygamique) le capital décès ou la rente est réparti entre elles en parts égales.

Conserver les preuves de propriété et saisir le tribunal assure le dédommagement et la rétrocession des biens Selon Charles Émile Apesse, les tribunaux congolais regorgent de procès pour l’ouverture et le partage de la succession car, à la mort de leur mari, les femmes dépossédées saisissent de plus en plus le tribunal. « C’est un contentieux important en droit de la famille qui fait le pain des juridictions », assure le magistrat congolais qui préconise la réécriture du code de la famille afin d’être en phase avec les diverses situations vécues dans les foyers qui montrent que le mari gère généralement tous les biens du foyer et même, dans certains cas, le salaire de l’épouse.

Carmen Féviliyé

in "Les dépêches de Brazzaville"

Congo : crash d'un avion cargo sur Pointe-Noire

 BRAZZAVILLE - Un avion cargo Antonov congolais s'est écrasé lundi à l'atterrissage sur un quartier d'habitations de Pointe-Noire (Kitoko Daniel), la capitale économique du Congo (sud), a appris l'AFP de sources concordantes.

Aucun bilan de victimes éventuelles n'a été immédiatement commmuniqué.

"L'avion s'est écrasé (à Pointe-Noire) à l'atterrissage", a déclaré Michel Ambendé, directeur général de l'agence nationale de l'aviation civile (Anac) congolaise.

"Il a amorcé l'atterrissage après avoir eu l'autorisation de la tour de contrôle. Les dégâts matériels sont bien là mais on se réserve pour l'instant de parler de morts", a-t-il poursuivi.

Selon une source aéroportuaire qui ignorait ce que transportait l'appareil, "l'avion est tombé sur un quartier populaire".

"Nous sommes présentement sur le lieu de l'accident. C'est un Antonov" de la Trans Air Congo (TAC), a-t-elle ajouté, affirmant que "les dégats matériels sont visibles" tout en refusant de dire s'il y avait des morts.

"Je vois la fumée qui monte sur le lieu de l'accident. Je vois des ambulances qui passent. Je ne sais pas si elles transportent des blessés ou des cadavres", a déclaré à l'AFP Emile Mboussa, 39 ans, un habitant de Pointe-Noire.

"L'avion est tombé entre Roy et Kitoko, deux petites zones d'habitation qui font partie du quartier Mvou Mvou", un quartier populaire de Pointe-Noire, a affirmé Serge Bakala, un enseignant d'anglais local..

(©AFP / 21 mars 2011 17h25)

 

 

L'avion s'est écrasé dans un périmètre où on trouve, entre autres, le siège de la mairie de l'arrondissement, une chaîne de télévision privée Télé pour tous (TPT), une école privée regroupant les cycles primaire et secondaire, puis un stade mixte, non couvert, très fréquenté.

En juin 2010, onze personnes étaient mortes dans le crash d'un avion à environ 30 km de la ville minière de Yangadou (nord-ouest du Congo). L'appareil qui avait décollé de Yaoundé, transportait Ken Talbot, un Australien richissime et responsable de la compagnie minière australienne Sundance Resources, ainsi que cinq Australiens, deux Français, deux Britanniques et un Américain.

En août 2009, cinq membres d'équipages ukrainiens et un congolais avaient péri dans le crash d'un avion cargo Antonov 12 sur un cimetière de la périphérie de Brazzaville.

En 2007, Brazzaville avait interdit le transport de personnes par les Antonov après avoir constaté que ceux-ci transportaient fréquemment des passagers même s'ils ne sont pas prévus à cet effet.

Congo : 19 morts dans le crash d'un avion cargo à Pointe Noire
 

Le bilan des décès s'élève à 19 dans le crash d'un avion cargo qui a eu lieu lundi après-midi dans la capitale économique de la République du Congo, Pointe-Noire, selon les autorités policières de la ville économique du Congo qui s'affairent encore à fouiller dans les décombres.



Parmi les morts enregistrés figurent deux pilotes, deux mécaniciens et cinq passagers clandestins dont l'identité ni la nationalité n'a pas encore été révélée par les services compétents.



L'avion en provenance de Brazzaville transportait des marchandises. Il s'est écrasé dans le quartier « Kotoko Daniel », non loin de l'aéroport où il s'apprêtait à atterrir, après l' autorisation de la tour de contrôle, a indiqué le directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile (Anac), Michel Ambendé joint au téléphone



Ce bilan, qui est jugé encore provisoire, selon une source policière, pourrait s'alourdir au terme de l'opération menée par les sapeurs pompiers qui s'affairent à fouiller dans les décombres.



Ce crash d'un avion cargo est le deuxième du genre après celui de la compagnie Aéro service dans la périphérie de Brazzaville, en 2009



Depuis 2007, le Congo a interdit le transport des passagers s par des avions de type Antonov.

Source: xinhua


Photos Marc Thomas  

photographe à Pointe-Noire

 

 

Témoignage 

Martely Richmonde N'silou

 jai vu cela de mes propre yeux depui le rond point mayouta le cargo tac c crache vers kitoko daniel ctai afreu la panique d ls premiere minute un gran feu et beaucoup de fume noir le pilote a fait un demi tour il etai en direction de laeroport mai a basse altitute a tourne pui perdu le control et une elisse a stoppe de tourne celle du cote droi pui le plongant pique genre une pierre la tete en bas plein de gen ki courrai de partou d les premier instan ctai indescriptible mes main tremblai sur le volan jtai comme ipnotise!!!!

In face book

Congo Brazzaville : Des blogs pour les femmes battues

Au Congo, plusieurs femmes battues racontent leur calvaire sur un blog. Leurs témoignages représentent une libération pour elles-mêmes et pour d'autres victimes. Quant aux associations, elles trouvent là un outil rapide et efficace de communication et d'échange d'informations. 

(Syfia) – "Un jour, j’ai reçu la visite de ma petite sœur et de son collègue de travail. Pour mon mari, ce dernier était mon amant. Après leur visite, il m’a battue et m’a menacée avec une arme blanche. Cela s’est répété plusieurs fois jusqu’au jour où j’ai décidé de le quitter (…)", témoigne en substance Hortense, sur le blog de l’Association femmes solidaires (Afs). Sur le même site, Elise raconte aussi son histoire : "J’étais enceinte. A l’hôpital, le test a révélé que j'étais séropositive. Quand mon compagnon a su que son test était négatif, il a commencé à me maltraiter physiquement et psychologiquement jusqu’à dévoiler mon statut. Cela a duré six mois, puis un de mes frères m'a délivrée de lui (…)".

Sur Internet, ces victimes ont trouvé un soutien. "Si mon témoignage peut aider d’autres Congolaises à parler de leurs problèmes (coups, injures, main mise sur l'argent, Ndlr), cela ne peut que me réjouir", se félicite Elise. De son côté, Hortense avoue avoir eu ‘un choc’ la première fois qu'elle est allée sur Internet : "Quand j’ai lu les témoignages, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à être battue. J’encourage les femmes à créer leur blog.’ ‘Ces aveux permettent aux visiteurs d’avoir une idée des violences faites aux femmes et aident les victimes à dénoncer leurs partenaires et à se sentir moins seules", résume Arlette Bakou, chargée de coopération multilatérale au ministère de la Promotion et de l’Intégration de la femme au développement.

Pour les associations spécialisées, cet espace de liberté a aussi son utilité. "Cet outil permet de travailler en réseau avec des Osc et peut servir de vitrine pour une association", explique Alain Ndalla, directeur au ministère des Postes et des Télécommunications chargé des nouvelles technologies. "J'entrevois la collaboration possible avec d’autres associations : partage d’expérience, annonce de nos travaux et invitations à participer à nos activités", précise Sylvie Mfoutou de l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral.

Espaces d’expression et de réflexion

Vivienne Dzobo, de l’Agence régionale d’information et de prévention du Sida, est, elle, devenue fan de ce moyen de communication depuis un an qu'elle met à jour le blog de cette association qui traite aussi des viols conjugaux : "Je reçois des réactions et des suggestions. Des Osc viennent me voir pour que je parle de leurs activités. Certaines femmes me demandent des adresses de gens à contacter quand elles sont victimes de violences au sein de leur foyer." Vivienne espère que ce blog "sera un miroir pour notre structure, qu’il suscitera des partenariats et attirera des subventions pour nos prochaines activités."

Même si le taux de fréquentation reste minime (à peu près une visite par mois selon les blogs), on constate une volonté de maîtriser cet outil de la part de certaines Osc congolaises. "Quand on est dans le bain, on reste scotché pendant des heures à échanger et discuter sur un document. Ce support permet de gagner du temps et d'échanger avec des internautes du monde entier !", prêche Arlette, qui a son propre blog, mais reste lucide en raison de la faible présence des Congolaises sur Internet.

Une préoccupation relayée par Sylvie Niombo, coordinatrice d’Azur Développement : "Elles ne sont pas nombreuses à utiliser les blogs et se limitent aux mails. Cet espace n’a pas encore la renommée qu’il mérite dans les rangs des Osc. A cela s'ajoute le coût de la navigation, l’accès difficile à Internet et les interminables coupures d’électricité." Sylvie reste cependant optimiste, convaincue de l'utilité de ces journaux en ligne, espaces d’expression et de réflexion enrichissants.

Annette Kouamba MATONDO

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Déniché par Niaou in www.walf.sn 

Congo- Brazzaville : Conflit de compétences doctorales dans les hôpitaux de Brazzaville

 http://africa-info.org/templates/ja_barite/images/icon-date.gif); background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: initial; background-position: 0px 2px; background-repeat: no-repeat no-repeat; ">Jeudi, 25 Novembre 2010 18:30 inafrica-info.org

Ai- Congo- Les hôpitaux ont pour rôle essentiel d’accueillir les malades et de les soigner. Ce rôle  est exercé par le personnel soignant, composé de médecins et de docteurs et de doctoresses, d’infirmiers et infirmières.

Ces derniers doivent donner les soins aux malades sans discrimination aucune, sans distinction d’origine, de religion, d’appartenance familiale ou de grade dans la société. Ces derniers temps,  on observe dans les hôpitaux de Brazzaville, un comportement rébarbatif des soignants qui  frise le dédain des patients  et ne favorise pas l’espoir de guérison.

Au Centre hospitalier et universitaire (CHU), à l’hôpital de Makélékélé et à l’hôpital de Talangaï, les malades subissent des inhumanités en plus de la maladie dont ils souffrent. Il est dix heures, un taxi arrive, feux de détresse et klaxon tonitruant, s’arrête devant les urgences du CHU. Un homme  en blouse blanche accoure,  le chauffeur descend  de sa voiture, soutire un homme dont les bras pendent de chaque côté de son corps.

Le médecin lui demande de le coucher le malade sur un lit de métal. « Il a fait un accident de circulation », lance le taximan qui s’engouffre dans son taxi et démarre aussitôt. Le médecin disparaît dans un petit couloir et  réapparaît quelques instant après, tenant une ordonnance qu’il dépose sur la poitrine de la victime de l’accident. Il repart dans son bureau, abandonnant le malade qui est pourtant incapable de marcher pour aller acheter ses médicaments. De ce moment jusqu’au moment où les parents de l’accidenté seront alertés, beaucoup de choses peuvent subvenir, voire la mort.

Une femme arrive en pleurant, un enfant sous la crise de paludisme dans ses bras. L’infirmière qui l’accueille au CHU, la renvoie immédiatement à la caisse pour le droit d’admission à l »hôpital, sans d’abord  constater l’état de l’enfant. Après la caisse, la mère de l’enfant ne retrouve pas l’infirmière. Elle court dans tous les sens, croise un infirmier qui passe, insensible aux pleurs de la femme. Quelques minutes plus tard, lorsqu’un médecin, pas plus intéressé au cas d’ailleurs, lui dit d’attendre sur un banc, l’enfant rend l’âme sur les genoux de sa mère. Pour toute excuse, le médecin qui vient constater le décès accable la pauvre mère d’injures parce qu’elle a  fait soigner son enfant à l’hôpital de Makélékélé. « Cà vous prendra, on vous a toujours dit de venir directement ici au CHU, dans ces  hôpitaux il n’ya pas de docteurs compétents ! », blâme le médecin.

Les mêmes scènes sont souvent observées dans les deux autres hôpitaux, Makélékélé et Talangaï. Quand une famille veut faire évacuer son patient au CHU, constatant qu’il ne reçoit pas de soins appropriés, les médecins de ces deux centre hospitaliers refusent l’évacuation en traitant leurs collègues du CHU de médiocres et leur hôpital de mouroir. Lorsqu’un malade « fuit » du CHU pour abandon ou mauvais traitement, il est reçu par des vociférations à Makélékélé ou à Talangaï par des médecins qui l’accusent  d’avoir passer un temps inutile au CHU où, selon eux, les médecins ne sont pas compétents.

Cette situation met les citoyens dans une angoisse qui ne les rassure pas. Dans ce conflit doctoral, ce sont les citoyens  qui payent de leur vie. Un malade peut mourir au seuil d’un hôpital  du seul fait qu’il a commencé son traitement dans un autre hôpital. Le savoir et l’expérience des docteurs  d’un centre hospitalier  sont mis en doute par leurs collègues d’autres centres hospitaliers. « D’où venez-vous ? », demande un docteur du CHU à un couple qui amène une personne de troisième âge, visiblement  exténuée.  « De Makélékélé, docteur », répond l’homme. « Ah oui, après avoir perdu du temps là-bas, vous venez au CHU.  Couchez-la sur ce banc », ordonne le médecin qui s’en va, sans prendre le temps d’examiner le malade. Les parents désemparés et perplexes, ne savent pas à quel Saint se vouer. Quelques instants plus tard, le médecin passe en tenue de ville en leur lançant : « J’ai fini ma journée, attendez mon collègue qui arrive ». Le temps d’attente varie et parfois la mort, toujours plus prompte, arrive bien avant le médecin attendu et arrache le malade à la vie.

Au CHU comme dans d’autres hôpitaux de Brazzaville, l’exigence du paiement du droit d’entrée  est parfois fatale. Dans la « folle » course vers un service de soins, les parents oublient souvent de passer par la caisse. Avant de toucher le malade gémissant de douleur ou inanimé, le médecin exige le ticket de la caisse. Le temps d’aller remplir cette formalité, les choses peuvent empirer. Les médecins devraient d’abord examiner le malade, lui donner les premiers soins, et le droit pourrait être inclus dans la facture globale de l’hospitalisation. C’est-à-dire que le droit serait payé d’une façon ou d’une autre. Malheureusement, le médecin a plus plaisir de voir mourir le malade pour un ticket que de sauver d’abord sa vie.

Il manque mortellement de médicaments dans les différents hôpitaux de Brazzaville. Le moindre comprimé qui peut soulager le malade est introuvable. Les ordonnances vont du simple paracétamol jusqu’au bristol. Plus étonnant, les infirmiers  et infirmières vendent des médicaments à leurs patients. Où  se les procurent-ils ? Deux possibilités se présentent. Ils ordonnent des médicaments en plus grand nombre pour garder le surplus, ou ils se les prennent dans  la pharmacie de l’hôpital. Ces médicaments qui devraient être donnés  gratuitement aux malades, leur sont vendus. Que de dons de médicaments faits par les représentations diplomatiques ou des organisations internationales.  Il n’y a jamais eu de médicaments gratuits dans les hôpitaux au lendemain même de la cérémonie de leur remise.

Il y a des maux qui pourraient être guéris sans trop de dépenses. Dans les hôpitaux, tous les maux ont été mystifiés. Tous les maux sont extrêmement graves et nécessitent des soins très coûteux.  Les pharmacies des hôpitaux devraient avoir des médicaments d’urgence pour les premiers oins, avant de passer à ceux que l’on ne peut pas y trouver. S’agissant de la compétence et de l’expérience des médecins, c’est un problème grave qui doit être vu sérieusement car la vie de la population en dépend. Il faut, pour le  peuple, de vrais médecins, bien outillés. On voit souvent des médecins qui tergiversent plusieurs fois avant de prendre la décision, qui n’est pas toujours la meilleure.

 

Eugène Gampaka, Ai Brazzaville

 

Congo-Brazzaville : L’école, de l’endettement critique à la marchandisation

 Dans l'incroyable fatras d'articles récupérés par Patrick-Eric Mampouya un peu partout sur la toile pour les livrer à un maximum de gens qui ne lui ont rien demandé et qui ne savent pas comment arrêter ce flux de spam qui encombre leurs boites aux lettres, quelques papiers sortent du lot comme celui qui suit.

Exhumé du site sokolo.org qui l'a publié le 23 décembre 2002, il n'a rien perdu de sa cruelle actualité.

Congo-Brazzaville : L’école, de l’endettement critique à la marchandisation

Secteur social, l’Ecole participe à la dynamique de la société. Elle permet de comprendre la société. On peut, à travers elle, lire les mutations de la société, non seulement passées, mais aussi en cours, donc projeter des avenirs possibles. Et aujourd’hui, nous sommes dans une période de mutation particulière. Mutation négative. Ainsi, il est question de parler de la mutation de l’Ecole dans une société en transition imposée et consentie vers un néo-libéralisme idéalisé, où tout ne serait plus que marchandise. Mutation de l’Ecole dans une société classée sous-développée, à développement humain moyen (PNUD), éligible à l’initiative PPTE. Société de 2,6 millions d’habitants, 13,7 millions de tonnes de pétrole en 2000, 5,5 milliards $ d’encours de la dette, trois guerres civiles de 1993 à 2000, 70% de la population urbaine (urbanisation nationale 62%) vivant en deçà du seuil de la pauvreté.

Pour comprendre la mutation de l’Ecole dans cette société congolaise, l’on ne peut faire l’économie du survol du passé récent, de la période pré - crise de l’endettement à la période critique.

De la colonisation au début des années 80

En matière scolaire, le Congo indépendant a bénéficié d’une situation relativement privilégiée, héritée de la colonisation. Brazzaville, sa capitale, était la capitale de l’Afrique équatoriale française, ainsi lieu de formations des « cadres » colonisés, les « évolués » dont avait besoin le système colonial, après la Conférence de Brazzaville (1944). D’où une infrastructure scolaire relativement importante. Un réseau public et un réseau privé chrétien ayant en 1960, année de l’indépendance, 112.000 élèves, du primaire au secondaire, pour une population nationale de 780.000 habitants, dont près de 25% de filles.
Héritage enrichi par la Loi scolaire de 1961 ayant pour principes : le droit à la scolarité pour tout enfant vivant au Congo ; une scolarité obligatoire de dix ans (de la première année du primaire à la quatrième année du secondaire, correspondant à la fin du collège, du système français en vigueur au Congo-Brazzaville) ; la gratuité des fournitures scolaires.
Cette loi de 1961 est abrogée et remplacée par la Loi scolaire de 1965 qui « nationalise », « laïcise » l’Ecole, en supprimant le réseau appartenant à l’Eglise chrétienne, transformé en propriété de l’Etat congolais. La scolarisation devient ainsi plus massive : dix ans après l’indépendance, la population scolaire, du primaire au secondaire a plus que doublé, passant des 112.000 de 1960 à 259.000 en 1970.
Le Congo est ainsi placé parmi les pays les plus scolarisés de la planète, avec un taux officiel de près de 95%. Près de 900 établissements, du préscolaire au secondaire ont été ouverts en une vingtaine d’années d’indépendance. Plus l’université de Brazzaville, cycle inexistant jusqu’en 1964.
Accompagnent cette scolarisation massive la subvention des fournitures scolaires par l’existence de l’Office national des Librairies populaires. La gratuité des fournitures scolaires n’étant plus considérée, l’Etat la remplace par des prix à la portée des revenus les plus bas. Un lycée sur trois possède un internat. Des élèves du secondaire reçoivent une aide scolaire ou bourse d’externat. Et, tous les étudiants régulièrement inscrits à l’Université, aussi bien à Brazzaville qu’hors du Congo sont boursiers.
Il y a aussi l’alphabétisation des adultes n’ayant pas été scolarisés pendant la période coloniale, pour laquelle le Congo reçoit le prix d’honneur de l’Unesco en 1970.
Malgré tout, il s’agit de la politique scolaire d’un Etat post-colonial, dépendant ou sous-développé, n’échappant pas au flagrant déficit en salles de classes, relativement résolu par la pratique du double flux , du primaire au secondaire (une demi-journée de cours pour la première moitié des élèves, l’autre demi-journée pour les autres, ndlr), au déficit en personnel enseignant, atténué par la coopération franco-congolaise et la coopération soviéto-congolaise en la matière, au déficit en matériel didactique, dans les zones rurales surtout, à l’échec massif aux examens (BEPC, BAC)… Un système scolaire assez éloigné de la perfection. Mais que la période suivante va faire regretter.

Ecole de la dette

Au début des années 70, le Congo devient une économie pétrolière. Situation favorisant un endettement critique, en ces temps où la Banque Mondiale incitait à l’endettement pour la croissance et le développement. Ainsi, de 1979 à 1980, la dette du Congo passe de 150 milliards Francs CFA à 270 milliards FCFA, avant la dévaluation du FCFA (1994), soit environ 425 millions de $ US et 770 millions $ US. Au lendemain du second choc pétrolier, elle s’élève à 1 milliard $ US. Insoutenable pour l’Etat congolais qui initie en 1985 son premier Plan d’Ajustement Structurel, renforcé l’année suivante sur recommandation d’une mission du FMI.
Parmi les premières cibles de l’Ajustement Structurel : l’Ecole, évidemment. Les acquis des deux premières décennies d’indépendance sont considérés inappropriés à la nouvelle vision du développement économico-social. Il ne faut pas continuer cette politique scolaire, pesante pour le Trésor public. Ainsi, le taux de scolarisation est réduit par le renvoi massif des élèves ayant dépassé l’âge scolaire, au niveau du secondaire. Les internats sont progressivement fermés, après une dégradation qualitative et quantitative de la ration alimentaire des internes. La bourse d’externat est octroyée de façon plus restrictive, puis suspendue. Quant à la bourse universitaire, elle est soumise à des conditions chaque fois plus discriminatoires - excluantes - et très irrégulièrement payée. La situation étant pire pour les boursiers congolais à l’Etranger. Avec la liquidation des entreprises non rentables, économiquement parlant, l’Office national des Librairies Populaires disparaît. Ce qui affecte l’accès aux fournitures scolaires des couches les plus défavorisées de la société. Le recrutement des fonctionnaires étant suspendu jusqu’au prochain coup de sifflet des institutions internationales, nombre d’enseignants sont employés par l’Etat sous le statut précaire et informel d’ « Appelés-Volontaires » et rémunérés de façon très irrégulière et aléatoire. La part du budget consacrée à l’Education est en baisse à la fin des années 90. ET quasiment affectée aux seuls salaires. Ainsi, le fonctionnement des établissements scolaires (achat des tables-bancs, des craies, des cahiers de texte, de papier, …) est devenue une charge des parents d’élèves, à condition de s’acquitter des droits d’inscription. Les élèves des milieux défavorisés, ne pouvant payer la note, sont souvent déscolarisés. La paupérisation est croissante depuis l’Ajustement Structurel [1] : 70% de la population urbaine - le Congo étant urbanisé à 62% - vit sous le seuil de pauvreté.
Ainsi entre 1995 et 1999, 45% des enfants n’ont pas atteint la 8ème année de scolarité, la scolarité obligatoire étant pourtant de 10 ans. Certains d’entre eux sont devenus marchands ambulants des sachets, d’eau glacée, de beignets…. dans les marchés. Voire mendiants, « enfants de la rue ». 
Vu la sensibilité - plutôt médiatique - de la Banque Mondiale à l’égard de la pauvreté, autorisation a été donnée à l’Etat congolais d’intégrer enfin à la fonction les « Appelés - volontaires », aussi pour faire face aux départs à la retraite. Mais le déficit en personnel enseignant demeurant criant, autorisation a été donnée de recruter des « bénévoles » de l’enseignement. Ces bénévoles étant le plus souvent pris en charge en zone rurale par les parents d’élèves, car les directions régionales de l’enseignement n’ont pas souvent de quoi supporter cette charge. Ces « bénévoles » sont en quasi - totalité des exclus du cycle secondaire, aussi bien du secondaire 2ème degré (lycée français) que du 1er degré (collège français). Un crime pédagogique quand on connaît le rapport que ces jeunes « bénévoles » entretiennent avec l’instruction. 
D’autant plus qu’il est possible d’avoir des enseignants d’une autre qualité. Mais qui pourraient exiger un statut moins précaire. Or, d’après un expert de la Banque Mondiale : « il faut que dans les villages, les enfants aient un maître qui puisse leur apprendre à lire, écrire et compter. Mais il n’est pas nécessaire que ce maître ou cette maîtresse ait passé deux années à l’école normale après son baccalauréat et qu’il présente des exigences salariales considérablement supérieures à celles des parents des enfants à qui il ou elle doit fournir un enseignement » (Louis GOREUX, « Un premier bilan de la dévaluation du franc CFA, à la fin décembre 1995 », in Marchés Tropicaux…..du 26 janvier 1996).
Il y a une évidente régression, en qualité, comparativement aux années 60. Et l’Ecole est de plus en plus excluante, la discrimination par l’argent jouant pleinement.

Marchandisation et commercialisation de l’Instruction

Le Congo, sous Ajustement Structurel, caractérisé entre autres par le chômage massif et la baisse criante du pouvoir d’achat, n’a pas échappé à la libéralisation. En 1990, une nouvelle loi scolaire restaure le dualisme : l’école privée est de retour. Au départ, il s’agit d’écoles pour enfants des familles aisées, conscientes de la politique de dégradation de l’école publique. Depuis lors, les établissements privés prolifèrent, le plus souvent très en deçà des normes exigées par la loi. Les rares établissements respectant relativement les normes se distinguent par des coûts prohibitifs, censés correspondre à la qualité de l’enseignement dispensé. Certains appartenant au réseau français du Centre National d’Enseignement à Distance, à celui des Ecoles associées à l’UNESCO.
Mais cette Ecole privée n’est pas épargnée par la corruption de plus en plus banalisée dans la société. La concurrence entre établissements, pour avoir plus de clientèle, pousse certaines directions à l’organisation des fraudes pendant les examens de fin de cycle (BEPC, BAC) organisés nationalement (public et privé confondus) par l’Etat. Ce qui ne peut que faire douter de la supériorité qualitative de l’enseignement privé sur le public. Malgré les conditions de travail plus favorables (ratio élèves / classe, matériel didactique…) dans quelques établissements privés.
La dégradation de l’Ecole favorise, par ailleurs, l’entrée pernicieuse du privé dans le public.
La rareté des allocations aux établissements scolaires publics a favorisé l’appel aux « partenaires », comme ersatz de « l’Etat providence » défunt. Ainsi, en plus des Associations des Parents d’élèves, sont sollicitées les ONG, les Confessions religieuses, les institutions internationales et les entreprises privées. Dont ELF et AGIP, très redevables au peuple congolais. Et Chevron Overseas, récemment arrivée dans le champ pétrolier congolais, qui a doté la Faculté des Sciences - déplacée depuis la destruction de son site pendant la guerre politico-pétrolière de 1993-1994 - d’un laboratoire et réhabilité quelques bâtiments du lycée Technique de Brazzaville ... Générosité motivée par la volonté de devenir un « partenaire » important dans l’exploitation pétrolière et de concrétiser une adéquation entre la Formation et l’Emploi. Volonté que le Programme Intérimaire Post-Conflit 2000-2002, agréé par le FMI et la BM, comme condition d’accès à l’Initiative PPTE, s’est engagé à réaliser. Vu le déséquilibre entre l’Enseignement général (80%) et l’Enseignement Technique et Professionnel (20%). Ainsi, on commence par contribuer à l’amélioration des infrastructures et on finira par imposer, subtilement, des programmes scolaires. En conformité avec l’idéologie néo - libérale.

Contre l’Ecole néo-libérale

Il y a un évident besoin d’Ecole dans la société congolaise. Les seigneurs actuels de l’humanité sont aussi, semble-t-il, conscients de la nécessité de l’universalisation de la scolarisation. Mais la conception de la BM et consorts met l’accent sur l’« Education de Base » (Jomtien, Dakar). Et, comme il existe des inégalités entre pays, le risque est très grand d’assister, pour toute universalisation de la scolarisation, à un nivellement par le bas. A un projet bien défini de régression en matière de scolarisation universelle. Qui nous conduirait bien loin de l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits Humains (1948) : « Toute personne a droit à l’éducation…. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits humains et des libertés fondamentales….. ».
L’article 13 du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966, 1976) réitère ce droit en précisant le devoir étatique de généraliser l’enseignement secondaire et de rendre l’enseignement supérieur « accessible à tous en pleine égalité…. Et notamment par l’instauration progressive de la gratuité… » Ainsi, l’on pourrait dire que la Scolarisation Minimale Universelle doit se situer à la fin du Secondaire. Une scolarisation gratuite et démocratique. L’organisation de l’Ecole doit être débattue citoyennement, au lieu d’être laissée à la merci des technocrates, néo-libéraux actuellement. Mais pour y parvenir, il faut arrêter le train fou de la mondialisation néo-libérale. Pour changer de voie. Pour une mondialisation émancipatrice.

[1] caractérisé entre autres par le chômage massif et la baisse criante du pouvoir d’achat.

 

Coup de gueule : Dominique Strauss Kahn, ripou parmi les ripoux

 Le libertinage est en France, depuis toujours pour les hommes politiques une sorte de tradition ou de passage obligé. Jusqu’à l’austère François Mitterrand qui entretenait une deuxième famille. C’est dire que pour les français les frasques sexuelles de Dominique Strauss Kahn sont plus un sujet de rigolade que de motif d’opprobre, seules les bigotes pouvant s’en offusquer.

La France est hypocrite, elle autorise la prostitution, mais fait de ses clients des délinquants, belle logique. DSK est donc accusé  de «complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée», lire DSK est un partouzeur, ce qui en soit n’est en rien répréhensible tant que cela se pratique entre adultes consentants et que les femmes n’y sont pas rémunérées. La belle affaire. Jusqu’en 1946, année ou la prostituée repentie Marthe Richard obtient leur fermeture, les maisons closes, les bordels, sont légion et les hommes politiques ne sont pas les derniers à les fréquenter. Félix Faure, président de la république française est mort, le 16 février 1899, pendant que la prostituée Marguerite Steinheil lui pratiquait une fellation, ça n'empèche en rien qu'aujourd'hui encore de belles avenues portent son nom.

A noter que le débat sur la réouverture des maisons de tolérance est récurrent dans l’hexagone.

Les accusations visant les mœurs de DSK ne sont donc que l’arbre qui cache la forêt. L’accusation de  «recel d'abus de biens sociaux» est plus sérieuse, car elle ouvre la porte à la vraie accusation que personne n’ose formuler.

Si DSK est un très sale type, ce n’est pas parce qu’il ne sait pas maitriser sa libido, c’est parce qu’alors qu’il était un des hommes les plus puissants de la planète il a accepté des cadeaux fort dispendieux d’industriels et entrepreneurs. La vérité est qu’il est corrompu et que la France qui s’apprêtait consensuellement à lui offrir  un tapis rouge pour l’Elysée l’a échappé belle. Il aurait fort bien pu succéder à un autre corrompu notoire friand de femmes  « modernes » et de croisières sur les yachts de ses amis milliardaires.

Mais pourquoi donc la presse hésite-t-elle à appeler un chat un chat et un pourri un pourri ? Sans doute pour ne pas trop attirer l’attention de la société civile sur tous les autres corrompus qui la gouvernent.

Coupe d'Afrique des Nations 2012 : plus de 200 volontaires Croix-Rouge formés aux secours d'urgence

 26-01-2012 Communiqué de presse 12/11

Malabo / Libreville / Yaoundé (Croix-Rouge de Guinée équatoriale / Croix-Rouge gabonaise / CICR / Fédération internationale) – À l'occasion de la Coupe d'Afrique des Nations 2012, qui se tient en Guinée équatoriale et au Gabon, des équipes de secouristes de la Croix-Rouge de Guinée équatoriale et de la Croix-Rouge gabonaise sont en première ligne, prêtes à intervenir en cas de besoin.

« Avec 16 sélections nationales, 368 joueurs, 32 matchs et des spectateurs en grand nombre, les défis que nous devons relever sont immenses, déclare Norma Anguezomo Ndong, volontaire de la Croix-Rouge de Guinée équatoriale. Nous avons été spécialement formés pour des événements comme la Coupe d'Afrique des Nations et nous sommes prêts à intervenir. »
Ces formations, soutenues par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ont pour objectif de mieux préparer les volontaires à la prise en charge des blessés et des victimes de malaises. La formation qui a débuté en octobre 2011 a également inclus l'organisation du transport des patients vers les hôpitaux.
En Guinée équatoriale, 80 volontaires seront déployés à Malabo et à Bata, et au Gabon, 140 autres couvriront les stades de Libreville et de Franceville, ainsi que les lieux accueillant les groupes de supporters. « Le dispositif de secours comprend la mise à disposition de trois ambulances à Malabo et de deux autres à Bata. Nous profiterons également de cette occasion pour mieux faire connaître notre action humanitaire auprès du grand public », explique Jesus Mba Nchama, président de la Croix-Rouge de Guinée équatoriale.
Les Sociétés nationales de la Croix-Rouge de Guinée équatoriale et de la Croix-Rouge gabonaise mènent des actions pour venir en aide aux personnes en difficulté. S'appuyant sur des centaines de volontaires formés en Guinée équatoriale et au Gabon, elles s'emploient au quotidien à fournir des services de santé de base et à promouvoir les principes humanitaires.

Informations complémentaires :
Maria Puy Serra, CICR Yaoundé, tél. : (+237) 99 41 65 79
Denis Duffaut, FICR Yaoundé, tél. : (+237) 77 11 77 97
Guy Patrick Obiang Ondong, CRG Libreville, tél. : (+241) 07 89 89 89
Manuel Ndong Bibang, CRGE Malabo, tél. : (+240) 333 09 23 98


Depuis octobre 2011, le CICR et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge soutiennent et animent des formations visant à mieux préparer les volontaires à la prise en charge d'éventuelles victimes de lésions, de malaises et de blessures. Des volontaires des deux Sociétés nationales sont désormais à pied d'œuvre à Malabo et à Bata (Guinée équatoriale), ainsi qu'à Libreville et à Franceville (Gabon), prêts à faire les gestes qui sauvent.

Libreville, Gabon. Des secouristes de la Croix-Rouge gabonaise installent les tentes de secours qui serviront à accueillir les personnes nécessitant des soins (malaises, lésions, blessures), près des installations sportives et des points stratégiques de la ville pendant les matchs, concerts et événements publics prévus à l'occasion de la CAN 2012. 

© ICRC / ga-e-00001

Libreville, Gabon. Un moniteur de premiers secours donne des instructions aux volontaires de la Croix-Rouge gabonaise, lors d'une séance de formation que le CICR et la Fédération internationale ont soutenue conjointement. 

© ICRC

Libreville, Gabon. Un délégué du CICR discute avec les volontaires de la Croix-Rouge gabonaise de l'action du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et des règles et principes de base du droit humanitaire. 

© ICRC

Affiche officielle de la Coupe d'Afrique des Nations dans une rue de Libreville, Gabon. La CAN 2012, accueille 16 sélections nationales, 368 joueurs, 32 matchs, et 80 000 visiteurs, qui viennent s'ajouter aux supporteurs locaux, à Malabo, Bata, Franceville et Libreville.

© ICRC

Libreville, Gabon. Les volontaires sont préparés pour intervenir dans les stades et sur les lieux des nombreux concerts et autres grands rassemblements organisés dans le cadre de la CAN. 

© ICRC

Libreville, Gabon. Un secouriste volontaire de la Croix-Rouge gabonaise profite d'une pause durant la formation pour se mettre au diapason de la CAN 2012. 

© ICRC

Malabo, Guinée équatoriale. La Croix-Rouge de Guinée équatoriale met 80 volontaires à disposition du Comité d'organisation de la Coupe d'Afrique des nations (COCAN) pour assurer la couverture sanitaire de l'événement sportif dans les villes de Malabo et de Bata.

© ICRC

Malabo, Guinée équatoriale. Des secouristes de la Croix-Rouge de Guinée équatoriale se préparent à appliquer le protocole de réanimation lors d'une simulation des premiers secours à donner en cas d'insuffisance cardio-respiratoire. 

© ICRC / gq-e-00001

Malabo, Guinée équatoriale. Simulation d'immobilisation et de transport d'une victime de lésion cervicale.

© ICRC / gq-e-00002

Kribi, Cameroun. Des enfants jouent au football sur la plage.

© ICRC

La CAN 2012 a été officiellement ouverte samedi 21 janvier 2012.

 

DOSSIER MIGRANTS

 

Du 6 au 11 février prochain, Dakar accueille le Forum social mondial. Dans la capitale sénégalaise, les discussions porteront notamment sur les migrations. À la veille de ce rendez-vous important, les journalistes de Syfia international vous présentent, en Afrique et en Europe, des itinéraires poignants de migrants.

En Afrique, rencontre avec des expulsés, des migrants de retour au pays pour y investir, des jeunes déterminés à rester chez eux, des épouses ou des parents sans nouvelles de leurs maris ou de leurs enfants et des immigrés qui vivent tant bien que mal dans un autre pays africain...

En Europe : misère, mensonges aux familles, promiscuité et incertitude du lendemain pour les demandeurs d'asile… Certains immigrés, surtout quand ils se retrouvent sans-papiers, peinent à trouver un petit boulot ou un toit. D'autres sont exploités par leurs frères ou par des réseaux de prostitution. Ceux qui sont pris au piège en Europe conseillent aux jeunes encore en Afrique d'étudier pour venir ensuite légalement et à ceux en galère en Occident de rentrer pour travailler sur leur continent.

Des conseils d'autant plus sages qu'avec la crise économique, les pays riches ont durci leurs critères d'accueil...

Syfia international

 Migrants : Les Africains s'exilent, les Européens se barricadent

 

(Syfia France) Conflits, pauvreté et changements environnementaux poussent de plus en plus d'Africains à quitter leurs patries. Ils essaient de gagner d'autres pays du continent ou l'Occident, mais peinent à atteindre ou à rester légalement dans les pays riches qui ont durci leurs critères d'accueil, notamment en raison de la crise économique.

Le monde compte de plus en plus de migrants. Dans son dernier rapport*, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) note que, ces dix dernières années, leur nombre est passé de 150 à 240 millions et pourrait atteindre… 405 millions en 2050. Dans une étude publiée fin 2010**, l'Institut national d'études démographiques (INED) observe de son côté que les migrants se répartissent essentiellement en trois groupes d’importance numérique à peu près égale : les migrants nés au Sud et vivant au Nord (33 %), les migrants Sud-Sud (32 %) et les migrants Nord-Nord (28 %).

Principal pays d'accueil, les États-Unis avec 43 millions de personnes nées à l’étranger, loin devant la Russie et l'Allemagne (12 et 11 millions environ). Principaux pays d'origine : le Mexique (10 millions d'émigrés), l'Inde (9 millions) et le Bangladesh (6,6 millions). En Afrique, les principaux pays d'origine sont l'Algérie, le Burkina, le Mali, le Maroc et le Nigeria et les principaux pays de destination l'Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria, qui comptaient en 2009 chacun près d'un million de non-nationaux sur leur territoire.

Au total, selon l'OIM, le continent noir compte aujourd'hui plus de 20 millions de migrants, soit 1,5 million de plus qu'en 2005. L'Organisation explique ainsi cette relative progression : "Les conflits, les écarts de revenu et les changements environnementaux nuisent grandement à la sécurité des personnes, poussant les Africains à quitter leur pays d'origine." Près de 40 % de l'ensemble des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays à travers le monde se trouvent en Afrique de l'Est et en Afrique centrale… Et environ la moitié de tous les migrants d'origine africaine se rend ou réside dans un autre pays subsaharien.

L'imprenable forteresse Europe

Les pays riches sont effet de plus en plus inaccessibles. Dans une étude parue en 2010***, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) observe que l'immigration légale à caractère permanent de ressortissants étrangers a chuté de 6 % en 2008, première baisse après cinq années d'augmentation : "Le repli des flux migratoires s'est poursuivi en 2009 dans la plupart des pays de l'OCDE, suite à la crise économique."

Plusieurs de ces pays imposent des critères plus restrictifs aux politiques de regroupement familial et examinent désormais à la loupe les canaux de migrations de travail. Certains d'entre eux ont réduit les "plafonds numériques", mis en place des aides au retour et ne renouvellent plus les permis temporaires des étrangers sans travail. "Les immigrés nés en Afrique semblent appartenir au groupe le plus vulnérable sur le marché de l'emploi pour la présente récession. En ce qui les concerne, le taux de chômage se situe à 12 % aux États-Unis et atteint 45 % en Espagne", note l'OCDE.

Dans la quasi-impossibilité de venir ou de rester légalement, certains migrants cherchent à venir clandestinement. Selon des estimations du PNUD de 2009, un tiers environ de tous ceux en provenance des pays en développement s'établiraient à l'étranger sans y être autorisés. Le nombre de clandestins arrêtés aux frontières de l'Union européenne aurait cependant baissé de 16 % en 2009. Des résultats dus notamment au durcissement de la législation contre les sans-papiers en Europe. Des accords ont par ailleurs été passés entre l'UE et des pays de transit comme la Libye ou la Turquie pour démanteler les filières en amont. Frontex, l'agence européenne de contrôle des frontières, en particulier maritimes, a enfin aujourd'hui plus de moyens.

Dernière mauvaise nouvelle en date pour les Africains, nombreux à chercher à atteindre clandestinement l'Europe par la Grèce via la Turquie , Athènes a annoncé, début 2011, son intention de clôturer un tronçon de 12,5 km de sa frontière avec la Turquie pour bloquer l'immigration irrégulière. Un mur de plus érigé devant l'imprenable forteresse Europe...

Emmanuel de Solère Stintzy

*État de la migration dans le monde 2010 – L'avenir des migrations : renforcer les capacités face aux changements, OIM, 2010

**INED, Population & Sociétés n° 472, Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales, Gilles Pison, 2010

***Perspectives des migrations internationales, OCDE SOPEMI (Système d'observation permanente des migrations internationales), 2010

 

 


VU D'AFRIQUE


Migrants-Niger : Le retour au pays a sauvé Aboubacar

(Syfia Niger) Comme beaucoup d'autres jeunes Africains, Aboubacar Assoumana a longtemps été aveuglé par l'eldorado européen. Sa quête a même failli lui coûter la vie au Maroc. De retour au Niger, il a réussi à se construire un avenir.

Ne parlez plus de l'eldorado européen à Aboubacar Assoumana. "Restez chez vous ! Partout on peut gagner sa vie ; il suffit d'avoir de l'initiative", conseille-t-il régulièrement à ses camarades qui rêvent d'aller clandestinement sur le Vieux continent. Aujourd’hui, Aboubacar a quatre employés dans son restaurant de Niamey.

Ce jeune à l’allure athlétique n'a pas toujours tenu le même discours. En 2003, il quitte la capitale nigérienne. Âgé alors de 29 ans, il n'a qu'un objectif en tête : faire fortune en Europe. Détenteur d’un baccalauréat et d’un passeport sans visa, il transite par Agadez au nord du pays, puis passe par l’Algérie où sa carte d’étudiant lui facilite la traversée. Cette dernière dure six mois, entrecoupée de petits travaux domestiques pour gagner de quoi continuer l'aventure. "Les passeurs demandent moins d’argent aux étudiants. À chaque contrôle policier, je présentais ma carte, en expliquant que je voulais m'inscrire dans une université algérienne. Les obstacles ont commencé au Maroc. J'y ai perdu ma carte et les contrôles policiers sont sévères", raconte-t-il.

À Tinghir, une bourgade du Sud-est marocain, à environ 600 km de Rabat, la capitale, Assoumana passe ses nuits dans la rue, au froid. Il se nourrit de morceaux de pain quémandés à droite et à gauche. Il rencontre alors un Marocain de 45 ans, surnommé Abass qui devient son patron. Ce marchand de produits de contrebande se montre très accueillant dans un premier temps… "Il m'a offert un toit, de quoi manger et quelques dirhams pour mes petites dépenses. Pour mon salaire, il avait promis de payer au bout de six mois l'argent de ma traversée du détroit de Gibraltar. Il devait aussi me donner les contacts de ses amis en Europe", raconte-t-il, le cœur serré.

 Morts sur la route de l'Europe

Assoumana transporte et livre de petits paquets pour Abass. Au début, il en ignore le contenu. Puis, il découvre qu'ils contiennent du chanvre indien. "Je ne me suis pas découragé ; le plus important pour moi était d'aller en Europe, quel qu'en soit le prix…", se souvient-il. Un jour, à l’aube, il est tiré de son sommeil par une pluie de coups. Ces agresseurs appartiennent à une bande rivale de dealers. "J'ai réussi à ouvrir les yeux. Les coups se sont arrêtés. J'ai entendu l'un d'eux dire, 'laissez-le, la prochaine fois nous le tuerons.'"

Il passe une journée à demi mort, baignant dans son sang. Jamais, son patron ne viendra à son secours. Une Sénégalaise dans la cinquantaine, mariée à un Marocain qui habite la maison d’en face, le soigne. "Quand j'ai eu repris mes forces, elle m'a donné de l'argent et m'a conseillé de rentrer au Niger, car elle connaissait beaucoup de jeunes comme moi morts sur la route de l'Europe." Assoumana suit le conseil avisé de cette femme qui lui a sauvé la vie. "J'ai appris par la suite qu'elle avait tenté autrefois à plusieurs reprises d'entrer en Europe. Elle s'est ensuite installée et mariée à Tinghir."

Assoumana rentre sans trop de difficultés chez lui, bénéficiant de la solidarité de compatriotes vivant en Algérie. Il ouvre ensuite son restaurant à Niamey, grâce au prêt d'une de ses tantes. "En guise de souvenir aux souffrances vécues, je l'ai appelé Le Parisien", dit-il à qui veut l’entendre. Son rêve de l'eldorado européen est pourtant bel et bien derrière lui : "Je gagne ma vie honnêtement ici. Je n'ai plus envie d'aller là-bas."

Souleymane Saddi Maâzou

 

 


 Migrants-Mali : LA PAROLE À Ismaïla Samassekou "Ayons foi en nous-mêmes et en notre pays !"

(Syfia Mali) À 20 ans, Ismaïla Samassekou ne rêvait que d'Occident. Refoulé aux portes de l'Europe, il a fondé en 2005 avec d'autres anciens migrants clandestins une association. Cette dernière, qui compte plus de 400 membres dans plusieurs régions du Mali, accueille les expulsés et mène des campagnes pour dissuader d'autres jeunes de partir.

Syfia international : L'expulsion est une expérience douloureuse. Comment vous en êtes-vous remis ?

Ismaïla Samassekou : En fait, j'étais plutôt content de revenir, car j'avais peur. J'ai été refoulé à la suite des évènements de Melilla et Ceuta en 2005. Les gens se sont révoltés et voulaient rentrer en Espagne en escaladant les barbelés. Des gardes-frontières ont tiré sur la foule. Des gens sont morts (11 clandestins, Ndlr), certains ont pu entrer en Europe, mais beaucoup comme moi ont été arrêtés.

Quand je suis revenu au Mali, je n'ai eu aucun problème. Mes parents, mes amis, tout le monde m'a bien accueilli. Par contre, ce qui me dérange jusqu'à présent est que ceux qui ont pu aller en Espagne ont dit qu'il fallait être béni pour fouler le sol européen. Ça m'a fait mal d'entendre cela. Un jour j'irai, mais pas pour travailler. Juste pour leur prouver que ce n'est pas par malédiction que je n'y étais pas entré.

S.I. : Selon vous, les jeunes sont-ils poussés à l'émigration ?

I.S. : Les responsabilités sont partagées. Les jeunes prennent la décision de partir, mais les parents sont souvent responsables, de même que toute la société. Ainsi, dans certaines parties du Mali, lorsque vous n'émigrez pas, si par exemple vous n'avez aucun parent en France, en Espagne, aux États-Unis ou en Italie, vous ne pourrez pas trouver une épouse. Certains ont perdu leurs fiancées parce qu'ils étaient partis et revenus sans avoir réussi… Il faut que les gens abandonnent ce genre d'idéologie. Ayons foi en nous-mêmes et en notre pays !

S.I. : Qu'avez-vous entrepris depuis votre retour au Mali ?

I.S. : Avant de tenter d'émigrer en Espagne, j'étais en première année de Droit à l'Université de Bamako. J'ai donc repris mes études. Mon mémoire porte sur les questions de migrations. Je me consacre également aux activités de l'Association retour, travail, dignité (ARTD). Notre siège héberge pendant trois jours des expulsés d'Europe en attendant qu'ils regagnent leurs familles. La plupart sont en effet de jeunes ruraux qui n'ont pas de parents à Bamako. Ils reviennent très démunis. Nous leur donnons à manger et informons leurs proches. Nous les aidons également à retourner chez eux.

Nous organisons par ailleurs des campagnes d'information sur les dangers de la migration irrégulière. Tous nos membres sont des clandestins refoulés. Nous savons donc que l'Europe n'est plus l'Eldorado et qu'il faut expliquer aux gens les souffrances qu'on peut rencontrer sur la route de l'émigration clandestine. Nous avons sillonné plusieurs régions du Mali pour présenter une pièce de théâtre inspirée de nos expériences. Le 18 décembre dernier, à l'occasion de la Journée internationale des migrants, nous avons été à Kita (environ 160 km au sud de Bamako, Ndlr) avec une ONG espagnole pour sensibiliser les jeunes. Enfin, nous alertons le gouvernement malien pour qu'il intercède auprès des autorités libyennes, afin que nos compatriotes migrants, détenus dans ce pays, soient libérés.

S.I. : Que conseillez-vous aux jeunes qui veulent partir ?

I.S. : Je vois dans mon quartier beaucoup de jeunes qui ont le permis de séjour en Espagne, mais qui sont au Mali depuis plusieurs mois. Ils n'arrivent pas à repartir. Ils disent que c'est parce qu'il n'y a pas de travail là-bas... Les gens ne doivent donc pas risquer leur vie en traversant le Sahara pour chercher ce qui n'existe pas. Le problème est que nous n'avons pas l'ambition de changer les choses dans notre pays. Nous pensons que nous ne pouvons pas réussir sans quitter le Mali. Pourtant, il y a beaucoup d'opportunités offertes par le gouvernement et des organismes comme le CIGEM (Centre d'information et de gestion des migrations à Bamako, structure de l'Union européenne, Ndlr) qui informe et accompagne les gens, notamment à des métiers artisanaux ou agricoles. Nous pouvons aussi bénéficier de l'appui de l'ANPE (Agence nationale pour l'emploi) sans y connaître quelqu'un. Je dis donc aux jeunes qu'ils peuvent réussir ici au Mali.

Propos recueillis par Soumaila T. Diarra


Migrants-Burundi : L'Europe, "malédiction fatale" selon certains parents

(Syfia Burundi) Bien des parents qui ont encouragé leurs enfants à quitter le Burundi pour l'Europe, espérant une meilleure vie pour toute la famille, sont très déçus. Ils ne reçoivent ni nouvelles, ni aide financière. Car les exilés, souvent sans-papiers, vivent dans la misère.

"Mon fils est parti en 1998, quand la guerre battait son plein. Avant, il nous a écrit une lettre nous disant qu'il allait vivre en Europe. Depuis, plus de traces, aucune communication. Nous l'avons effacé de nos mémoires", raconte une vieille maman burundaise. La mort dans l'âme, elle ajoute : "S'il vivait encore, il aurait écrit au moins une lettre. Au lieu de partir, les jeunes devraient plutôt travailler sérieusement chez eux pour obtenir les moyens de visiter avec des papiers en règle les pays européens."

"Mon seul fils vivote en Europe. Pour moi, c'est comme une malédiction fatale ! Je risque de mourir sans le revoir, sans bénéficier de son soutien moral et financier", se lamente un autre parent. Depuis huit ans que son enfant est sur le sol européen, ce dernier n'a plus donné le moindre signe de vie. Très déçu, ce papa se souvient : "Quand il m'a dit au revoir, je lui ai donné ma bénédiction. Je lui ai recommandé de penser à ses parents, en nous payant par exemple un billet pour venir visiter l’Europe. Je l'ai encouragé à partir. Depuis, j'attends toujours des euros ou des dollars…"

Espoir, puis honte de la famille

Le plus souvent, aujourd'hui, ces émigrés se retrouvent sans-papiers. Ils sont aidés, pendant un temps seulement, par leurs compatriotes qui ont fui, parfois à l’insu de leurs proches, le Burundi pendant la guerre de 1993 et ont obtenu depuis le statut de réfugiés. Chose quasiment impossible pour ceux partis après 2002. Ceux qui se retrouvent en galère en Europe ne donnent aucune nouvelle ou mentent. "Quand j'étais en Suède, avec mes amis, personne ne pouvait parler de la situation réelle que nous vivions. Nous avions peur qu'on découvre nos misères alors que toutes nos familles comptaient sur nous. Il ne fallait pas les décourager", raconte un refoulé. Cet ingénieur fraîchement diplômé avait tout pour réussir au Burundi où il avait trouvé un emploi dans un ministère. Il raconte : "J'ai passé deux ans comme sans-papiers en Europe. Je mendiais pour avoir de quoi manger. Si j'étais resté dans mon pays, j'aurais réalisé pas mal de choses. Je regrette d'avoir perdu mon temps à la recherche d’une vie idéale".

Espoir d'une famille, il en est depuis son retour au Burundi en 2008 devenu la honte. "Nous n'avons pas les moyens de l'aider à fonder un foyer. Même le prendre en charge devient dur, avec le coût de la vie qui augmente. Nous n'osons pas le lui dire pour ne pas le décourager, explique le papa, avant de conclure, mais nous sommes déçus..."

"Il ne faut pas idéaliser l'Europe"

Pour les jeunes qui vivent encore en Europe, l'absence de parents à leurs côtés a parfois des conséquences désastreuses… "Ils manquent d'encadrement. Certains deviennent des délinquants. Des filles se prostituent pour avoir des moyens matériels", témoigne un Burundais, professeur d’université en Europe. Conscients de ces dangers, des parents réagissent. Léonard Sagateye avait envoyé sa fille de 20 ans aux États-Unis pour se faire soigner. À son ami qui devait la prendre en charge, il avait ainsi bien recommandé de lui faciliter son retour au pays natal. "Je craignais que ma fille ne tombe dans le même piège que les autres qui vivent là-bas sans travail. Quand elle est revenue, mes voisins se sont moqués de moi. Certains comprennent ce que c'est que de vivre à l'étranger, d’autres restent réticents", explique Léonard.

Aux parents toujours persuadés que vivre en Europe est forcément synonyme de richesse, le père d’un enfant, qui n'a jamais donné de nouvelles depuis son départ là-bas, conseille : "Si tu n'y vas pas pour une mission bien précise, il ne faut pas idéaliser l'Europe. Partout où l'on est, on peut travailler, surmonter ses difficultés et pourquoi pas prospérer !"

Audace Nimbona


Migrants-Niger : Les femmes, otages de leurs maris émigrés

(Syfia Niger) Des épouses d'émigrés partis en Europe vivent au Niger dans une misère affective quotidienne et un bien-être matériel parfois très relatif. La vie est encore plus dure pour celles qui ont des enfants et attendent depuis des années le retour de leurs maris. Témoignages.

"J’ai vécu ma grossesse loin de mon époux. Il vit en Belgique…", témoigne Mme R., une Nigérienne. Âgée aujourd'hui de 26 ans, elle a quitté les bancs du lycée il y a huit ans pour se marier avec un homme dont elle a fait connaissance le jour de leurs fiançailles. En tout et pour tout, ce dernier est resté à ses côtés deux mois, le temps de savoir qu’elle était enceinte. Il est ensuite retourné en Belgique où il séjournait avant leur union depuis cinq ans. Depuis, elle a de ses nouvelles à travers ses appels téléphoniques quotidiens et ses transferts mensuels d’argent.

Aichatou, 28 ans, a, elle, vécu trois ans avec son mari. Après leur seul enfant, ce dernier est parti pour la France , afin, pensait-il, de faire fortune. "Chaque mois, il diminue le montant des sommes qu'il m'envoie. Les semaines passent et je ne reconnais plus mon prince charmant", regrette-t-elle, désolée de n'avoir pas plus souvent de ses nouvelles. Elle comble ses fins de mois grâce à son commerce de vente de pagnes.

Longue et cruelle attente

À Niamey et dans d'autres régions du Niger, des jeunes et des moins jeunes qui ont semble-t-il réussi en Europe ou en Amérique du Nord envoient de l'argent à leurs parents restés au pays. Les plus fortunés y construisent de belles maisons, achètent des voitures, ouvrent des commerces, etc. "Pour qu'ils ne coupent pas les liens avec leurs origines, leurs parents leur trouvent une femme au pays", témoigne un sexagénaire. Sa fille cadette s’est mariée à distance à un jeune de son village parti en Espagne. Quatre ans plus tard, la jeune fille attend toujours son époux dont elle ne possède que des photos. Elle ne l'a même jamais vu ! "Cette attente me fatigue. J'en ai assez de voir ma fille chez moi, alors qu'elle devrait être chez son mari !", tempête le papa, plein d'amertume et prêt à demander le divorce pour sa fille.

Pour certaines, l'attente est encore plus longue et cruelle… "En dix ans, je n'ai vu mon mari qu'une seule fois. Il est revenu deux ans après la célébration de notre union, car le mariage a eu lieu en son absence. Nous avons eu un enfant et il est retourné en France…", raconte Mariama. Agée à présent de 28 ans, elle se rappelle : "J'étais en classe de 1re, quand une amie de ma mère m'a proposé de me marier avec son fils qui vivait en Europe. Très vite, j'ai accepté. Je pensais que me marier avec quelqu'un qui vit là-bas était synonyme de vie meilleure." Aujourd’hui, Mariama a abandonné l’école et est exploitée par sa belle famille... "J'y suis devenue une femme à tout faire. Mon seul repos, c'est quand je tombe malade", dénonce-t-elle.

Plusieurs de ces épouses délaissées regrettent leur choix et ont le sentiment d'avoir été trahies. "Au début, mon mari me téléphonait chaque jour pour demander de mes nouvelles. Mais, cela n'a duré qu'un temps... Il est ensuite devenu très rare au téléphone", regrette Habsatou, 28 ans. Les souvenirs sont les seules choses auxquelles elle peut encore se raccrocher. Une belle cérémonie de mariage. Des vidéos, des photos, une grande réception pour les invités… "C'est tout ce que je garde de mon mari depuis sept ans qu'il est reparti…", déplore-t-elle.

"Le mariage, ce n'est pas seulement le Western union"

Beaucoup ont compris que le très relatif bien-être matériel ne faisait pas tout. "Le mariage, ce n'est pas seulement la belle villa, le Western union, la voiture ou la marmite toujours bien garnie. J'ai besoin de le sentir à mes côtés", se révolte une épouse de 32 ans, dont le mari vit à Marseille, en France, depuis six ans. Elle marque un temps d'arrêt, ferme les yeux, puis ajoute : "Il m'arrive de lui téléphoner en pleine nuit pour entendre sa voix. C'est à cet instant seulement que je retrouve le sommeil." Une autre femme confie : "Souvent, je prie la nuit pour que mon mari soit refoulé et que je retrouve la stabilité dans mon foyer." "Mon fils, né après le départ de son père, a aujourd'hui six ans, poursuit-elle, visiblement meurtrie, Il n'a jamais posé le regard sur son père qui continue son séjour en Europe…"

Le quotidien de ces femmes abandonnées ne semble pas alerter les plus jeunes. Au Niger, les émigrés ont toujours la cote auprès des jeunes filles qui veulent les épouser. "Elles ne voient pas l'enfer dans lequel nous sommes plongées, mais seulement notre situation matérielle, déplore Habsatou avant de conclure. Chacune veut avoir son petit 'Européen'."

Souleymane Saddi Maâzou


Migrants-RD Congo : Se former à l’étranger pour mieux travailler au pays

(Syfia RD Congo) De plus à plus de jeunes de Butembo, au nord de la RD Congo , partent se former, souvent en marketing, en Asie, Chine et Indonésie surtout. Mais, ils rentrent ensuite investir au pays et y monter de rentables affaires. 

En grimpant au quatrième niveau du bâtiment Palos en plein centre ville de Butembo ( 320 km de Goma, au nord de la RD Congo ), on est surpris par l'animation. Plus de dix jeunes filles et garçons s’activent. Certains dans la cuisine du restaurant ou dans le salon de coiffure tandis que d’autres reçoivent, orientent et servent les clients. Le patron n’est pas loin. Il est partout et surveille jusqu’aux moindres détails.

Pour le rencontrer au calme, il faut aller dans la salle de formation. Barbe et cheveux en bataille,  vêtements bien coupés, John Silusawa est le jeune entrepreneur qui a monté ces affaires. Depuis plus d’un an, il enseigne aussi le chinois aux habitants de la ville. Après 15 mois en Chine comme immigré résident, il est rentré au pays pour investir. "J’ai compris qu’il est important de revenir vivre chez soi", explique avec calme ce jeune homme.

Apprendre à faire des affaires

D'autres jeunes comme lui reviennent bâtir leur vie au pays après un séjour à l'étranger. Ils vont en Chine ou dans d’autres pays d’Asie, le plus souvent en Indonésie, où ils apprennent des métiers surtout liés au commerce, mais aussi la cuisine ou la coiffure. Ils en profitent pour apprendre l'anglais. "Moi, j’ai passé deux ans à Djakarta à apprendre l’informatique ; je suis revenu et j’ai créé mon secrétariat public et je m’en félicite", témoigne joyeusement Jean Baptiste Kakule. Il ajoute qu’il est "important de toujours songer à revenir un jour chez soi et prouver ainsi qu’on n’avait pas fui les siens". "Lorsque nous partons, c’est d’abord afin d’apprendre, mais avec l’idée que nous devons revenir. Du coup nous capitalisons le temps passé à l’étranger," explique Mwendapole Katsuva qui a investi dans le commerce des voitures d’occasion après deux ans passés à Guangzhou en Chine. D’autres en profitent pour tisser des liens commerciaux. "Quand on va en Chine, c’est dans le but d'apprendre ce qui fait la fierté de ce peuple travailleur et de revenir pratiquer ici chez nous, témoigne Jean Baptiste Kakule. Les amitiés qu’on entretient une fois de retour fait que les autres ont du respect pour vous à l’étranger comme au pays."

Partir pour revenir

Selon un dicton du peuple Nande (qui forme 90 % de la population de Butembo), "on n’atteint pas les cheveux blancs loin de chez soi". "Ce qui fait que l’on songe toujours à rentrer, même lorsqu’on a une vie aisée ailleurs", confirme Polycarpe Ndivito, président de la Fédération des entreprises du Congo. Certains restent absents de longues années. "Ceux qui restent longtemps deviennent des facilitateurs dans les transactions entre les opérateurs de chez nous et ceux du pays hôte, des sortes de commissionnaires. Mais ils finissent toujours par revenir au pays travailler pour eux-mêmes et investir après avoir gagné un peu d’argent", affirme John Silusawa.

Partir pour rester, on n’y songe jamais. Un jour il faut revenir, travailler pour la communauté et vivre avec les siens. Selon Polycarpe Ndivito, il en a toujours été ainsi : "Parmi les opérateurs économiques qui ont été les premiers à voyager vers l’étranger dans les années 80, personne n’a décidé de s’installer définitivement ailleurs. Ils sont tous revenus travailler ici et faire fortune."

Kennedy Wema


 Migrants-Nigeria : Précarité et solidarité pour les immigrés africains

(Syfia Nigeria) Au Nigeria, diplômés ou non, bon nombre de migrants africains vivent de petits boulots et de la solidarité de leurs compatriotes. Leur situation est d'autant plus précaire que les autorités sont, ces derniers temps, beaucoup plus regardantes…

"Au secours ! Pitié !" Jetés dans des fourgons par les forces de l'ordre, des immigrés africains qui ont tout perdu crient leur détresse. En novembre et début décembre derniers, les autorités nigérianes auraient, d’après des témoins, reconduit aux frontières des centaines – certains disent des milliers – d’étrangers qui séjournaient dans différentes villes du pays. Ces expulsés, pour la plupart tchadiens, nigériens et camerounais, auraient été, selon le gouvernement, en situation irrégulière et proches de la secte islamiste Boko Haram. Un agent des forces de l’ordre qui a pris part à l’opération affirme cependant, avoir agi sans vérifier si les étrangers étaient en règle ou pas...

Suspendue au bout de deux mois environ à la suite des critiques de la communauté internationale, cette dernière opération de police est toutefois révélatrice des difficultés quotidiennes que rencontre la majorité des immigrés africains du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 150 millions d'habitants, mais sans politique migratoire explicite et cohérente. "Chaque jour, je fais le tour des commissariats de Lagos pour libérer des compatriotes parfois arrêtés arbitrairement par la police qui leur reproche d'être en situation irrégulière", affirme Urbain Mpugamano, président de l’association des Congolais de RDC.

Grands diplômes, petits boulots

Les étrangers, toutes nationalités confondues, en situation régulière ou non, seraient une quinzaine de millions dans le pays, estiment les services d’immigration. Selon la Commission nigériane de la population et la cellule en charge de l’urbanisme à Lagos, leur nombre aurait plus que doublé ces dernières décennies, atteignant 11 millions en 2005. Parmi eux, trois sur quatre proviendraient de pays voisins également membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Plus nombreux, les immigrés sont de moins en moins présents dans les grandes entreprises, même quand ils disposent des diplômes requis. Un quota d’étrangers y a en effet été mis en place en 2000 par le gouvernement pour donner plus de chance d'être embauchés aux nationaux. Il est de 30 à 40 % selon les sociétés et conditionné à l’obtention d’un permis de résidence. Tout sauf une simple formalité…  "Je devais travailler pour la société nigériane des produits pétroliers, mais je n'ai jamais obtenu le permis de résidence. On m'a toujours dit qu'on examinait mon dossier. Pourtant, j'ai fait la demande depuis un an. Voilà comment j'ai perdu ce boulot lucratif", regrette un diplômé tunisien de 28 ans.

Pour éviter le goulot d’étranglement qu’est le permis de résidence qui ne garantit nullement un emploi, des immigrants, diplômés ou non, s’adonnent à de petits métiers tels que la cordonnerie ou le ramassage des ordures, pratiqué par les Nigériens et les Tchadiens. Quant aux Béninois et aux Togolais, ils sont en majorité cuisiniers. Les plus fortunés s’installent à leur compte. C'est le cas de Moctar Cissé, un Nigérien de 45 ans, patron d'une entreprise de décoration intérieure. "Je suis au Nigeria depuis 19 ans. Le plus souvent, je traite avec les personnalités de ce pays. Je demande à mes compatriotes de s'armer intellectuellement avant de partir de chez eux. Avoir des contacts dans le pays de destination est très important."

L'union fait la force

Ceux qui sont en galère au Nigeria apprécient eux de retrouver des compatriotes. "Nous ne pouvons pas rester indifférents à leurs souffrances. Nous avons donc créé une association pour nous rencontrer régulièrement et nous entraider", explique le secrétaire de l’association des Congolais, Reagain Kalumba. Cette association, forte de 3 000 membres sur les quelque 6 000 Congolais vivant au Nigeria, aurait aidé entre 2000 et 2008 une cinquantaine de concitoyens à s’installer à leur compte, surtout comme commerçants. De son côté, la communauté camerounaise au Nigeria, estimée à quelque deux millions de personnes en 2005, a créé deux associations.

Les étrangers ressentent d'autant plus le besoin de s'entraider qu'ils ont parfois le sentiment que l'étau se resserre autour d'eux. Depuis juin 2010 et en principe jusqu'à fin 2011, le gouvernement recense tous ceux qui vivent sur son territoire. Une nécessité aux yeux de cet agent du ministère de l'Intérieur qui a requis l’anonymat, selon lequel ceux qui vivent dans la clandestinité depuis des années sans être inquiétés seraient plus nombreux que ceux en règle.

L’Ivoirien Yacouba, bijoutier, fait partie de ces sans-papiers jusque-là peu "tracassés" par les autorités. "Je suis dans cette situation à Lagos depuis quinze ans et je n'ai jamais eu de problèmes. Je fais mon travail et j'évite d'avoir des histoires avec mes clients. Ici, il faut bien se comporter. C'est le conseil que je peux donner à mes compatriotes qui veulent venir au Nigeria."

Daouda Aliyou 


VU D'EUROPE


 Migrants-Europe : Des immigrés prisonniers de leurs mensonges

(Syfia Europe) Porteurs des espoirs de leurs familles, beaucoup de jeunes immigrés africains préfèrent taire les problèmes qu’ils affrontent en Europe. Un mensonge en entraînant un autre, ils ne parlent pas à leurs proches de leurs regrets d’être partis ni de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Les rares qui osent dire la vérité sont soulagés.

Nostalgique, C. H. regarde défiler les photos de sa famille sur son ordinateur portable. Il sait bien que cela réveille en lui de mauvais souvenirs, mais il ne peut s’en empêcher. Il se rappelle sa dernière journée en RD Congo : il avait visité tous ses proches pour leur dire adieu. Tous étaient fiers de lui et pleins d’espoir, convaincus qu’il allait vivre dans un pays plus sûr, gagner beaucoup d’argent et aider la famille à sortir de la pauvreté.

En réalité, C. H. allait vers une vie d’isolement et d’incertitude, en France, loin des siens. "Depuis mon départ,  il y a sept ans, je n’ai jamais été heureux. Je ne savais pas que je venais ici pour faire partie de ces sans-papiers dont en parlait souvent à la radio", confie ce jeune d’une trentaine d’années, visiblement triste. "Mes amis en Europe avaient promis de m’aider  à étudier et à trouver un bon boulot. Mais, quand je suis arrivé, ils m’ont dit que je devais remettre mon passeport et demander l’asile si je voulais rester, car mon visa allait bientôt expirer."

"Après, tu auras tout ce que tu désires et surtout de l’argent", me promettaient-ils encore. Un faux espoir de plus. Sa demande d’asile est rejetée et C. H. est devenu lui aussi un sans-papiers. Actuellement, il ne peut ni travailler, ni continuer ses études sur le sol français. Son rêve de devenir ingénieur s’est éteint. Il passe ses journées à ne rien faire, la peur au ventre. À tout moment il risque en effet d’être expulsé en RD Congo.

"Mentir à la famille ne profite jamais"

En France, en Hollande, en Belgique et en Angleterre, C. H. connaît des dizaines de clandestins. Comme bon nombre d’entre eux, il cache la vérité à sa famille. "Mon papa risque de se suicider s’il apprend que je vis de l’aide sociale. Lui-même est pauvre et donc incapable de m’assister financièrement. Pourquoi mes parents devraient-ils s’inquiéter pour moi ? Je préfère leur dire que j’étudie bien et que je cherche du travail. Je leur raconte que c’est difficile d’en trouver avec la crise économique, mais que j’espère pouvoir envoyer un peu d’euros dans les prochaines années", explique C. H., qui regrette amèrement d’avoir déjà perdu sept ans de sa vie en Europe. 

Avec ses amis proches qui veulent venir à leur tour, il est un peu plus bavard : "Je ne peux pas leur dire toute la vérité, mais je leur conseille d’y penser à deux fois, car la vie ici n’est pas aussi bonne qu’on le croit quand on est en Afrique.

Nombreux sont les jeunes migrants qui se retrouvent en quelque sorte prisonniers de leurs promesses et de leurs mensonges. A. M. est de ceux-là : "Cela fait trois ans que j’assure à ma copine qu’elle va me rejoindre… Mais, comment la faire venir ici, alors  que je ne peux même pas lui envoyer quelques sous ? Je ne sais pas comment me tirer de cette situation. Certains préfèrent couper la communication, mais pour moi ce n’est pas la bonne solution." En Belgique depuis trois ans, sans espoir de trouver ni boulot ni d’être intégré à l’université, ce jeune homme de 28 ans envisage de révéler la vérité à sa copine et de lui demander de l’aider à informer sa famille. Mais rien ne dit que cette dernière comprendra et compatira à ses malheurs…

"Chaque fois qu’on se téléphone, elle me demande comment vont les études. Je réponds que ça roule bien. Je lui ai tellement menti… Je lui ai même dit qu’elle devrait chercher un passeport dans les plus brefs délais, ce qu’elle a fait rapidement… J’ai peur qu’elle ne me pardonne pas.", confie-t-il.

Les immigrés d’Europe qui ont le courage de dire rapidement la vérité à leurs familles sont soulagés moralement et quelquefois même aussi financièrement. "Je savais dès le départ que mentir à la famille ne profite jamais. J’ai donc osé demander à  mon frère de m’envoyer de l’argent. Autrement, je n’aurais pas pu m’en sortir. Cela m’a aidé jusqu'à ce que je trouve du travail", se félicite une Rwandaise, en Belgique depuis trois ans. Elle conclut, comme un conseil aux autres : "Il n’y a aucune raison de mentir à tes parents, à tes frères et sœurs. Si tu souffres, ils sont prêts à souffrir avec toi ! "

Jean Fichery Dukulizimana


 Migrants-Belgique : Fuir une misère et en trouver une autre

 (Syfia Belgique) Mamadou* n'a pas trouvé la réussite espérée en quittant son Sénégal natal. Sans-papiers en Belgique depuis 12 ans, il traîne au quotidien sa galère, son mal du pays et sa déception d'une Europe bien moins riche et accueillante qu'il ne l'imaginait.

"Ma mère est morte il y a un an. Je n'ai pas eu l'occasion de la revoir. C'est mon plus grand regret…", confesse Mamadou*, la quarantaine, en séjour clandestin en Belgique depuis une douzaine d'années. "Quand j'y repense aujourd'hui, je me dis que j'aurais dû retourner dans mon pays tout de suite", ajoute-t-il.

Comme beaucoup de jeunes Sénégalais, il a quitté son pays pour tenter l'aventure en Europe, plein d'espoir d'une vie meilleure. L'opportunité, pensait-il, de réaliser quelque chose, d'exister. Douze ans après, sa vie sur le Vieux continent n'est qu'une suite de déceptions. Arrivé en Belgique avec un visa touristique de trois semaines, il a compris, "après une semaine, que la galère ne faisait que commencer. Des amis ont eu la générosité de m'accueillir, mais ils vivaient eux-mêmes dans la précarité. Je voyais bien qu'ils n'avaient pas les moyens de m'héberger longtemps…", explique-t-il.

Sans papiers et sans ressources, la solitude a ensuite commencé à le gagner. "L'Europe, c'est chacun pour soi. Les différences culturelles sont énormes et le contexte social n'a rien à voir avec celui de l'Afrique. Il ne se passe pas un jour sans qu'on me rappelle que je suis un étranger qui n'a rien à faire ici", dit-il d'une voix étouffée, en insistant sur le sentiment d'infériorité qui en résulte.

Des Européens pauvres

Au fil des années, il a toutefois appris à se débrouiller, grâce à de petits boulots au noir – peinture, bricolage, jardinage, manutention – proposés par des amis. Ces coups de pouce lui permettent d'échapper au froid, quand il squattait l'hiver des caves humides pour dormir. "Je ne dormais pas dans la rue, mais j'étais un sans domicile fixe. En plein hiver, dormir dans une cave ou un atelier, sans chauffage, c'est l'horreur. J'ai vraiment côtoyé la misère", confesse-t-il.

Rien à voir avec l'idée qu'il se faisait de l'Europe, terre d'abondance et de jouissance matérielle pour tous. En réalité, des Européens fortunés, Mamadou n'en a pas tellement côtoyé. Il a par contre connu des personnes vivant dans la misère et le dénuement le plus total. "Voir des clochards belges dormir dans la rue ou fouiller les poubelles des restaurants pour trouver de quoi manger a été pour moi une leçon de vie. Comment est-ce possible ?", se demande-t-il encore aujourd'hui.

Parfois, il lui arrive de repenser à cette image de réussite et de facilité de l'Europe qu'il se faisait, une image véhiculée en partie par les Sénégalais émigrés en Italie ou en Espagne. L'été, quand ils viennent en vacances au pays, les VI pour Venant d'Italie affichent généralement des signes extérieurs de richesse. Des apparences qui font croire qu'en Occident, la réussite vous tend les bras. Selon notre interlocuteur, ces immigrés mentent sur leurs conditions de vie. "Un petit séjour en Italie m'a fait toucher la réalité du doigt. Certains sont sur la route vingt heures par jour à vendre à la sauvette des produits contrefaits, au risque de se faire arrêter par la police. Le soir, ils dorment à dix dans une petite chambre, à même le sol, avec une couverture en guise de matelas", raconte encore Mamadou.

Avouer la "cruelle réalité"

Aujourd'hui, même s'il n'est plus dans la même galère, il est toujours sans papiers, sans travail légal, sans accès aux soins de santé et sans certitudes sur son avenir. Le bilan est amer, mais il n’envisage pas de revenir au Sénégal, surtout les mains vides. "Retourner est impensable après tant d'années perdues. Le sentiment d'échec serait insupportable. Et puis, comment refaire sa vie là-bas, après avoir suscité tant d'espoirs pour la famille ? Aux yeux des autres, je ne serais qu'un bon à rien", assure Mamadou, prisonnier de son propre destin.

Parmi ses amis restés au pays, beaucoup se sont mariés, ont des enfants et mènent une vie tranquille et confortable, avec un travail, certes modeste, mais stable. Certains de ses amis ont bénéficié de son expérience et de ses conseils et ont renoncé à tenter l'aventure européenne. "Il y a cinq ans, un ami voulait tout plaquer pour venir en Europe. Il travaillait au port de Dakar comme journalier et ne s'en sortait plus. J'ai réussi à le dissuader, en lui avouant combien la réalité était cruelle ici, confie-t-il, avant d'ajouter. Aujourd'hui, tout va bien pour lui au Sénégal et il me remercie de lui avoir ouvert les yeux."

Seydou Sarr

*Prénom d'emprunt 


Migrants-France : "Ce sont nos frères qui nous font le plus mal"

 (Syfia France) Congolaise, Henriette* est venue en France pour se marier. Depuis que son fiancé français d’origine camerounaise l’a chassée de chez lui, elle a été hébergée par une dizaine de personnes. Africains ou Européens, les amis n’aident jamais très longtemps. Itinéraire d’une femme sans papiers ni indépendance.

 Souriante, la voix posée et assurée, Henriette* s’excuse pour son retard. Elle vient juste de terminer un de ses trois boulots. "Merci de m’avoir attendue. J’aimerais bien parler de mon histoire." Une heure et demie plus tard, après avoir dignement raconté cinq ans de galère et de déceptions, la voix de la Congolaise se brise d’un seul coup. "La solidarité que nous avons en Afrique n’existe pas en Europe. Même les gens qu’on a connus là-bas ne sont plus les mêmes ici. En Afrique, il y a toujours quelqu’un chez qui débarquer. En Europe, il faut toujours prévenir et encore, ce n’est pas sûr qu’on vous ouvre. La meilleure chose est de ne pas venir du tout ou d’avoir un travail et un logement sûrs." Des papiers en règle aussi… Aujourd’hui, Henriette, 52 ans, n’a rien de tout cela.

Originaire de RD Congo, elle débarque en France en 2005. Ce n’est pas son premier séjour en Europe. Elle y est déjà venue plusieurs fois en vacances. Cette fois-ci, elle prend l’avion pour se marier avec Ernest*, un Français d’origine camerounaise qu’elle connaît depuis deux ans. "J’étais vulnérable. Je ne savais pas trop où j’en étais avec les hommes après la mort de mon père et de ma mère à quelques mois d’intervalle", se souvient-elle.

En France, son fiancé a changé

Elle arrive avec un visa de quinze jours. "Pas un problème", d'après son fiancé qui lui assure que ce sera largement suffisant pour officialiser leur union. "Dès mon arrivée, j’ai réalisé que je n’avais plus en face de moi la même personne. Il n’était plus gentil ni protecteur ; son appartement était une porcherie. Il a attendu que mon visa expire pour me dire qu’il n’était pas prêt pour le mariage…" Sans papiers, Henriette devient aussi sans illusions. Elle découvre qu’Ernest n’a en fait jamais demandé le divorce d’avec de sa première femme française. Il n’a par ailleurs dit à personne de sa famille qu’il allait se remarier…

Pour la police, Henriette n’est qu’une sans-papiers qui cherche un mariage blanc avec un Français. Elle doit donc quitter son appartement, deux mois seulement après y avoir emménagé. Elle est d’abord hébergée chez une amie camerounaise sur Paris, puis, pendant un mois, chez une autre qui habite le sud de la France  : "Là-bas, c’était plus compliqué pour trouver du travail au noir. Ma copine vivait chez sa belle-mère française. C’était difficile aussi pour elle et je ne voulais pas déranger. Je suis revenue à Paris."

Une autre Camerounaise lui offre l’hospitalité pendant un mois, mais elle vit avec son enfant dans un appartement d’une seule pièce. Henriette se retrouve successivement chez deux amies, à chaque fois pendant un an : "L’une d’elles avait trois grands enfants avec elle. Je dormais sur un matelas par terre ; on se serrait. Mais une de ses filles était un peu jalouse. Ma présence créait trop de problèmes ; il fallait que je parte…"

Être une charge, un problème

Henriette trouve ensuite refuge un mois chez un Français qui manque de la tuer en la jetant dans les escaliers, puis une semaine chez une Française. Elle fini par appeler le Samu social, qui la loge dans des hôtels pendant un an : "Je ne voulais pas perdre tous mes amis. En Europe, les charges sont plus lourdes qu’en Afrique. Il faut payer le loyer, les factures, parfois les crédits… Je n’avais pas assez pour aider ceux qui m’hébergeaient. Je devenais un problème, car ils avaient leurs propres soucis d’argent."

Après le Samu social, un ami français lui offre l’hospitalité. Elle est chez lui depuis trois mois. "Il est un peu dépressif, pas bien dans sa peau. Ce sont ces hommes-là qui vous tendent la main… Il refuse que je paye le loyer, alors je participe aux courses le plus possible pour qu’il ne dise pas que je suis à sa charge." Henriette dit ne pas avoir trop envie de vivre avec cet homme, mais elle n’a pas le choix. Elle gagne à peine 300 € par mois en cumulant ses trois jobs, des ménages à droite et à gauche. Pas assez pour louer seule ne serait-ce qu’une chambre à Paris, pouvoir manger et payer les transports en commun !

Aujourd’hui, elle rêve d’avoir des papiers en règle, un meilleur travail et surtout un logement à elle pour être enfin indépendante. Elle ne s’apitoie en tout cas pas sur son sort : "J’ai eu de la chance. J’ai toujours trouvé quelqu’un pour me tendre la main. Il faut être très fort psychologiquement pour ne pas couler. Certaines se prostituent ; d’autres se marient avec n’importe qui ou se font maltraiter." Brusquement, Henriette parle plus fort, tape avec son doigt sur la table : "Les gens qui nous font le plus mal ici, ceux qui nous font plonger, ce sont nos frères. Entre Africains, on se fait des coups bas pas possibles !"

Emmanuel de Solère Stintzy

·         A la demande de l’intéressée, les prénoms ont été modifiés.

 


"Les familles ne peuvent plus assumer"

(Syfia France) Logé par une demi-sœur à son arrivée en France, Moustapha a ensuite été deux semaines dans la rue. Il ne voulait pas déranger davantage sa famille. "Il fallait que je parte ; ma sœur n’avait plus d’intimité avec son mari." Il a ensuite dormi plus de deux mois dans la voiture d’un ami. Chaque matin, il se levait à 4 heures pour laisser ce dernier partir travailler…. Il a fini par trouver une colocation qui absorbe les deux tiers de son maigre salaire. Mamadou, un autre Sénégalais sans-papiers a lui travaillé avec le titre de séjour d’un ami d’enfance. Jusqu’au jour où le père de ce dernier a fait remarquer à son fils qu’il gagnait moins que le copain qu’il aidait… Mamadou a démissionné le lendemain de son travail : "Je ne voulais pas amener les problèmes entre un fils et son père…" Il se souvient aussi d'un compatriote qui s'est fait dépouiller par son propre demi-frère des 4 000 € qu'il avait péniblement gagnés en travaillant avec les papiers de celui-ci. "Ils se sont battus. Aujourd’hui, ils ne se parlent plus…"

En Europe, la solidarité traditionnelle africaine, familiale et amicale, est mise à mal. "Ces dernières années, les familles ont beaucoup moins de patience et de possibilités. Le chômage et les difficultés sont partout. Elles ne peuvent plus assumer les mêmes choses aussi longtemps. Et, il y a de moins en moins de régularisations", explique une militante de longue date à l’association Droits devant !! Des régularisations qui, quand elles interviennent, prennent parfois 10 ou 20 ans. Une éternité pour des familles d’accueil elles-mêmes peu fortunées...

E. S. S.

 Migrants-France : Petites combines à deux sous

 (Syfia France) À Paris, des immigrés africains s’improvisent rabatteurs pour salons de coiffure ou vendeurs de prunes à la sauvette. Des petits boulots qui leur donnent juste de quoi se nourrir. Eux qui espéraient aider leurs familles en venant ici, déchantent…

Paris, un matin d’hiver. Le ciel est gris. Le temps sombre, presque désespérant. Une pluie froide et inhospitalière s’abat sur les passants. À la sortie du métro Château d’eau, rencontre avec un premier prince d’infortune. Son "palais" n’est qu’un des nombreux salons de coiffure africains des environs. De 7 à 21 heures, Abdou*, dans la trentaine, démarche tout sourire les clients potentiels. Il trouve ce boulot "un peu humiliant", mais sans-papiers depuis deux ans, il ne peut espérer un meilleur travail. "Ça me fait mal de déranger des gens déjà stressés. Même les petits savent où aller se coiffer ! Le salon devrait plutôt faire de la publicité… Je gagne 600 € par mois. Je verse 400 € pour mon loyer et près de 200 € pour mon transport... Il me reste à peine de quoi faire un repas par jour… Au village, je mangeais matin, midi et soir !", se souvient-il. Seul garçon de sa fratrie, il a donc bien du mal à remplir son "but précis" : aider sa famille restée en Afrique.

Cinq ans déjà qu’il a quitté son Sénégal natal pour venir en France. Dans ce pays "d’accueil", il a connu la misère, dormant même dans la rue. À la différence de certains Africains, il s'est refusé à tomber dans la délinquance : "Comment veux-tu éduquer tes enfants après ? Il faut punir sévèrement ces gens qui ne cherchent pas de travail, qui veulent juste qu’on leur amène l’argent comme ça ? C’est trop facile !"

À ceux qui sont encore sur son continent d’origine, Abdou dit : "Ne pensez pas que vous marcherez en France sur les billets de banque. Ici, personne ne vous donnera un centime. Quand des amis me téléphonent du bled, je leur dis que la vie est meilleure chez nous ; au moins, il y a la solidarité…" Au Sénégal, Abdou a travaillé comme chauffeur, dans la comptabilité ou l’hôtellerie. "Si je retourne là-bas, je lancerai une association pour aider les jeunes qui mendient dans la rue. J’ouvrirai une école. Je les occuperai pour qu’ils ne fassent pas de bêtises." En attentant, il fait une promesse : "Tôt ou tard, vous lirez un de mes livres, Incha’Allah. Je raconterai ma vie ici. Le positif et le négatif."

"Si je pouvais recommencer, je ne viendrais pas ici"

Tout près de là, autre station de métro, autre Château (rouge celui-là) et autre prince d’infortune. Dans la quarantaine, Vincent*, lui, est un roi sans palais. Debout devant les étalages d’un magasin de fruits et légumes exotiques, il tient deux énormes sacs. Le vendeur de prunes (safou) à la sauvette répond timidement au bonjour d’un client, tout en regardant à gauche et à droite comme s’il craignait quelque chose ou quelqu’un. Lui non plus n’a pas choisi ce boulot : "Il n’y a pas de travail ici. On est né débrouillard, alors on se débrouille…" Une débrouillardise qui lui permet tout juste de trouver de quoi manger, mais pas encore d’aider sa famille restée au Cameroun.

"Qui n’a pas espéré le meilleur en venant en France ? Quand je ne suis pas dans ce marché pour vendre, je cherche autre chose. Je ne vais tout de même pas voler !", explique Vincent. Lui aussi se dit choqué par le comportement de certains migrants qui "salissent l’image de tout un continent". "Ces délinquants sont peu nombreux ; les autres cherchent juste de quoi se nourrir et aider la famille qu’ils ont laissée au pays", estime-t-il.

Un énième regard à droite, Vincent tente d’empoigner ses sacs. Trop tard. Deux policiers au tutoiement condescendant et agressif l’interpellent : "Cours pas. Je cours plus vite que toi. Je vais te rattraper et ça va m’énerver. Que je ne te revoie pas ici, sinon je te verbalise et je prends tes sacs", sermonne le premier qui a l’âge d’être son petit frère. Vincent baisse la tête, se confond en "merci Monsieur ", et fait mine de s’en aller. Cinq minutes plus tard, il est de retour dans la même rue... Plus méfiant que jamais – "On ne sait pas qui est qui, il y a aussi des policiers en civil" –, il adresse cependant ce message à ceux qui sont encore en Afrique : " La France n’est pas comme vous le pensez. Si je pouvais recommencer, je ne viendrais pas ici. Je le dis à tous les miens !"

Des projets à long terme, Vincent, lui, ne semble pas en avoir. Tout juste espère-t-il vendre un peu de "ses" prunes qui ne sont même pas à lui…

Emmanuel de Solère Stintzy

·         Les prénoms ont été modifiés 

 Un commissaire parisien : "Les sans-papiers sont fragilisés"

 (Syfia France) Commissaire divisionnaire et commissaire central du 18e arrondissement, Matthieu Clouzeau veille à la sécurité du deuxième arrondissement le plus peuplé de Paris. Ce dernier compte plus de 197 000 habitants. Parmi eux, des très riches et des très pauvres. Beaucoup de gens d'origines variées, plutôt Maghreb à Barbès, plutôt Afrique subsaharienne du côté de la Goutte d'or et de Château rouge. Ce dernier quartier compte des commerces africains (restaurants, épiceries, coiffeurs, etc.) qui attirent beaucoup de monde et un marché de produits exotiques avec ici et là des vendeurs à la sauvette.

En l'absence de statistiques ethniques – interdites en France –, le commissaire qualifie de "faits contraventionnels" les infractions commises par les Subsahariens : racolage dans les parties communes des immeubles, consommation d'alcool sur la voie publique, vente à la sauvette, etc. Ces derniers temps, ces ventes sauvages augmentent un peu partout dans Paris : "De plus en plus de gens n'ont pas les moyens de vivre. Comme ils ne sont pas toujours en règle, ils ne peuvent faire que ces petits boulots illégaux ou à la limite de la légalité", remarque Matthieu Clouzeau. Quant au racolage sexuel, interdit depuis 2003 alors que la prostitution sans provocation est autorisée, il est discret et donc difficile à poursuivre pénalement.

La présence de ces petits délinquants est cependant de moins en moins tolérée par "les nouveaux arrivants ou ceux qui payent de plus en plus cher leur loyer" dans l'arrondissement, qui s'embourgeoise ces dernières années. Certains policiers sont eux aussi à bout de nerfs en particulier avec les vendeurs à la sauvette : "On joue à cache-cache toute la journée avec eux. Ils n'ont pas d'adresse et ne paient donc jamais les contraventions. Nous saisissons parfois leur matériel, mais certains se rebellent et incitent à l'émeute", explique le commissaire.

En direction des Africains d'Afrique, Matthieu Clouzeau conclut : "L'économie florissante française est un mirage. Beaucoup d'entre eux vont se retrouver sur les trottoirs parisiens à se prostituer ou à faire de petits boulots. Sans papiers, ils sont sans droits, fragilisés et en situation d'exploitation permanente." Il les invite donc à ne plus miser sur des régularisations longues et "exceptionnelles".

E.S.S.

 Migrants-Allemagne : Dans le quotidien des demandeurs d'asile

 (Syfia Allemagne) Dans les centres d'accueil européens, les demandeurs d'asile vivent dans la précarité, la promiscuité et l'incertitude du lendemain. Chacun s'organise à sa manière en attendant d'être autorisé à rester ou pas, le plus souvent… Reportage en Allemagne.

Les nuits se suivent et se ressemblent dans les centres pour demandeurs d’asile en Europe. Ici en Allemagne, dans les chambres, les pensionnaires dorment sur des lits en fer à étage. L’administration les rassemble généralement par groupes de six ou huit en fonction de leurs nationalités, couleur de peau, régions d'origine ou religions. Certaines chambres regroupent exclusivement des Gambiens, des Nigérians, des Somaliens, des Afghans, des Irakiens… Elles se transforment dès lors assez souvent en "villages", où presque tous les occupants parlent le même dialecte ou la même langue.

Le partage est ici une règle d’or. Il n'est pas rare que les occupants d’un même couloir se prêtent un accessoire de cuisine. Quant aux mégots de cigarette et aux briquets, ils passent d’une main à l’autre. Mais tout n'est pas gratuit, loin de là… Fauchés, les demandeurs vendent tout ce qu'ils possèdent pour s'acheter des cigarettes ou avoir de quoi cuisiner. Certains vont de chambre en chambre proposer des vêtements à 1 €, des portables de grandes marques à 20 € ou des montres à des prix parfois symboliques.

Les candidats à l'asile reçoivent 40 € par mois de l’administration pour renouveler leurs accessoires de toilette et téléphoner à leurs familles. Ils en font généralement un tout autre usage… Les 72 heures qui suivent les jours de "paie", la bière achetée en ville coule à flot dans les chambres et des bagarres éclatent quelquefois, nécessitant l’intervention de la police. "Ici, c'est un No man's land. Chacun pense qu'il peut faire ce qu'il veut !", estime un Somalien. Un Gambien ajoute : "Avant mon départ, on m'avait dit que j'aurais ici une chambre pour moi tout seul et environ 400 € le mois. J'avais prévu d'envoyer la moitié de cet argent au pays. Mes 40 € ne me permettent même pas de fumer à volonté…"

"Me voilà coincé, sans papiers"

La promiscuité est parfois pesante. Les bruits incessants dans les couloirs perturbent le sommeil et la tranquillité. Malgré l'interdiction, des demandeurs y jouent au ballon, font de la musique, dansent et rient jusque tard dans la nuit. "C'est notre seul moyen de rester connecté au pays et d'éviter le stress. Que pourrions-nous bien faire d'autre ici en attendant que notre situation soit examinée par les autorités ?", justifie un jeune Algérien.

En mal de nouvelles du pays, les demandeurs fréquentent régulièrement les cybercafés de la ville. Il n’est pas rare d'entendre certains, qui, seuls dans leurs lits, se lamentent sur la réalité de la vie en Europe. "Si j'avais su, je n'aurais jamais quitté mon pays !, crie un Nigérian. J'ai dû emprunter de l'argent pour le voyage croyant trouver ici du travail à tous les coins de rue. Et me voilà coincé, sans papiers." Certains demandeurs ont marché dans le désert, traversé la Méditerranée dans des pirogues artisanales et transité par de nombreux pays avant d'entrer en Europe.

Le récit qu'ils doivent faire aux autorités pour justifier leur présence et obtenir le statut de réfugié et un titre de séjour en embarrasse plus d’un. "Nous devons, à chaque fois, apporter des preuves et nous n'en avons pas", s’inquiète un Somalien. Un point sur lequel s’appuient souvent les autorités pour rejeter la plupart des demandes. "Des gens arrivent, se présentent comme originaire de tel ou tel pays, mais n'ont aucune pièce pour justifier cette nationalité. Ils vous racontent des histoires abracadabrantes et rocambolesques sur les motifs de leur départ sans être en mesure d'en apporter la moindre preuve", explique, sous anonymat, un fonctionnaire d'un centre d’accueil allemand pour demandeurs d’asile.

Après quelques semaines en centre d'accueil, les demandeurs sont généralement affectés dans un camp où ils guettent la décision finale. En attendant le droit de séjourner ou non, certains courent après les Européennes espérant un hypothétique mariage ou devenir parent d'un enfant, ce qui, croient-ils, leur donnera plus de chances de rester. Une ultime tentative, le plus souvent vaine…

Oumarou Doukali

 

 La spirale de l'endettement

 (Syfia Allemagne) Comme il y a deux semaines, Souley* reçoit 20,45 € de son centre allemand pour demandeurs d'asile. Il se retourne immédiatement pour remettre le billet promis à son créancier, un de ses parents lui aussi demandeur d’asile, qui l'accompagne à la caisse pour éviter toute mauvaise surprise.... Au final, Souley ne garde que… 45 centimes. Abdou, lui, devra attendre la prochaine paie pour rembourser les 30 € qu'il doit à ses différents créanciers.

Dans ce centre, de nombreux demandeurs croulent sous le poids de la dette qu’ils contractent auprès de leurs voisins de chambre, amis ou compatriotes. "Trois quarts des 20 € que je viens de rembourser ont été 'investis' dans la cigarette, de même qu'une bonne partie de ce que je possédais avant de m'endetter"regrette Souley. Chaque mois, une trentaine d'euros partent ainsi en fumée. "Cette fois, je ne lui donnerai plus rien, car cela l'enfonce. Je vais lui conseiller d'arrêter de fumer", promet un parent créancier.

Pour parvenir à leurs fins, certains demandeurs volent en bandes dans les discothèques. Pendant qu'un premier distrait la victime, un second fait le guet et un troisième prend le portefeuille. "Chaque week-end nous gagnons plusieurs centaines d'euros. Cela nous permet de manger, de fumer des cigarettes ou de la drogue et d'aller au bordel…", confie, sous anonymat, un habitué. La plupart des demandeurs préfèrent vendre leurs objets de valeur. Ils passent de chambre en chambre proposer vêtements, sacs de voyage, chaussures, montres, téléphones, etc.

Les prêts contractés sont sans intérêts et basés sur la confiance. Mais, certains ne remboursent jamais. Du coup, les personnes abusées évitent de se livrer à nouveau à ce jeu risqué. Les transactions étant opérées à l'insu des autorités du centre, les créanciers abusés ne peuvent en effet s’en prendre qu'à eux-mêmes quand ils se font berner...

O. D.

 * Prénom d’emprunt 

 Migrants-Occident : Danielle*, battante désarmée et découragée

(Syfia France) Centrafricaine, Danielle* a vécu aux États-Unis et vit aujourd'hui en France. Malgré ses diplômes et ses multiples expériences, elle a gagné et gagne encore très difficilement sa vie. Découragée, elle conseille aux Africains de revenir travailler sur leur continent plutôt que de galérer en Occident.

À 31 ans, Danielle* est une grande voyageuse. Originaire de Centrafrique, elle a fait toute sa scolarité au Cameroun, puis ses études supérieures au Bénin. Elle est ensuite retournée en Centrafrique avant de passer cinq ans aux États-Unis. Le 24 décembre 2009, la veille de Noël, elle pose ses valises en France. Tout sauf un cadeau… En un an, elle a en effet passé une quinzaine d'entretiens et commencé des reconversions. En vain... "Les écoles et les diplômes africains ne sont pas reconnus ici… Même pour faire le nettoyage, on te demande de te former à nouveau ! Avec mes diplômes et mes expériences, comment peut-on penser que je ne sais pas nettoyer ?", s'interroge la jeune femme.

Mariée à un Français qu'elle a connu aux États-unis, elle doit faire face aux mêmes difficultés que les autres Africains présents dans le pays de son époux. "Au cours d'un entretien pour un poste de caissière, un directeur de supermarché m'a dit : 'Vous avez un bon parcours, vous parlez anglais, vous vous tenez bien… Si vous ne trouvez pas de boulot, c'est parce que vous êtes noire !'" Une semaine plus tard, l'adjointe du directeur prétexte le retour de congé d'une caissière et affirme que le magasin n'embauche plus… "C'est révoltant, je pensais avoir trouvé quelqu'un qui me comprenait. Il a finalement pris le parti de son adjointe qui voulait peut-être pistonner quelqu'un d'autre", fulmine encore aujourd'hui Danielle.

Nostalgique des "US" comme elle dit, elle envisage d'y retourner d'ici un an. Là-bas, elle ne manquait en effet pas de travail, mais a dû faire face à des problèmes d'un autre ordre. "Les études y sont trop chères ! Dans mon université privée, je payais 1 200 $ par mois !" Malgré le coup de pouce financier de ses parents, Danielle a alors des journées bien remplies pour vivre et payer ses études… "J'allais à l'école de neuf à seize heures et tout de suite après, je partais bosser. Parfois jusqu'à une heure du matin. Juste à temps pour prendre le dernier bus dans lequel je faisais mes devoirs…"

"Un autre boulot qui ne marche pas…"

Elle ne se plaint pas. Aux USA, elle a connu d'autres Africains encore plus en galère qu'elle. "Certains viennent avec des visas étudiants. Ils ne savent pas comment on vit là-bas et pensent accéder facilement à la scolarité et à la réussite. Sur place, ils ne peuvent pas payer leurs études et les autorités leur demandent de rentrer chez eux. Je me souviens d'un Burkinabé qui est ainsi devenu clandestin. Il travaillait avec les papiers d'un autre au Mac Do. Les autorités l'ont attrapé et menotté à son travail, puis l'ont renvoyé chez lui…"

Des "galères" de part et d'autre de l'Atlantique qui font aujourd'hui dire à Danielle "mieux vaut faire des études en Occident et rentrer travailler en Afrique. En France, peu d'Africains ont accès à un travail qu'ils méritent !", assure-t-elle, évoquant le cas d'un autre Centrafricain, Bac + 5, lui aussi au chômage. Elle se réjouit ainsi du choix de deux de ses sœurs qui ont chacune un emploi au Sénégal. Son mari n'ayant jamais mis le pied en Afrique, elle pense qu'il ne pourrait pas y vivre. Si elle était encore célibataire, elle dit qu'elle repartirait travailler en Centrafrique et y créerait une association de lutte contre le sida. Elle en profiterait pour faire une "bonne sensibilisation" sur les difficultés des migrants en Occident : "Les gens ont besoin d'une autre image de la vie à l'étranger."

Son portable sonne. Danielle s'éloigne discrètement. Trente secondes plus tard, elle revient, un sourire forcé au visage : "Un autre boulot qui ne marche pas… Je ne demande même plus pourquoi ! Au début, je craquais, je pleurais." Plus maintenant, soupire la battante, désarmée et découragée.

Emmanuel de Solère Stintzy 

* A la demande de l'intéressée, son prénom a été changé 


RAPPEL : ARTICLES ACTUALISÉS


 

Premier envoi novembre 2008

Migrants-Afrique : LA PAROLE À… Amély James Koh Bela Des familles, berceaux de la prostitution africaine

 (Syfia France) Spécialiste du trafic et de la traite des êtres humains, Amély James Koh Bela milite depuis plus de dix ans contre la prostitution africaine en Europe. Présidente de l'association Mayina et chargée des relations publiques du Cercle international pour la promotion de la création, elle effectue régulièrement des campagnes d'information en Afrique sur les horreurs de ce trafic.

Syfia International : Quel état des lieux faites-vous aujourd'hui de la prostitution africaine en Europe ?

Amély-James Koh Bela : Chaque jour, des femmes et des enfants sont piégés par des annonces dans les magazines, des demandes en mariage sur Internet ou des familles qui, poussées par des estomacs vides, les mettent à la rue. Dans la filière africaine, il se passe les choses les plus immorales, indécentes et inhumaines qu’on puisse imaginer (pornographie sauvage, rapports sans préservatifs, zoophilie). Les Africaines à la tête de ces réseaux sont entourées d’hommes de main qui vont chercher les filles dans les pays d’origine, les déplacent, les surveillent et, au besoin, les brutalisent (brûlures, défigurations, meurtres) dans l’anonymat et l’indifférence la plus totale.

En dix ans, le nombre total de prostituées en Europe aurait été multiplié par six. Une estimation à revoir à la hausse, avec le boom de la traite sexuelle des Africaines en Europe, notamment en raison de la Coupe du monde de 2006 en Allemagne. Beaucoup de ces prostituées ne sont pas reparties. Au début des années 2000, l 'Organisation internationale pour les migrations estimait en Europe à environ 500 000 le nombre d’étrangères prostituées.

En France, la part des Africaines dans la prostitution est passée de 7 % en 2000 à 40 % en 2005. Les prostituées viennent principalement du Cameroun et du Nigeria. Suivent le Ghana, la Sierra Leone , le Liberia et le Bénin. Plus récemment : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, les deux Congo. Dans ces pays, les réseaux de grand banditisme se livrent à divers trafics : drogue, faux papiers, escroquerie sur Internet, etc. Les filles s'y trouvent souvent enrôlées. La forte répression de la prostitution dans les grandes villes européennes les a poussées dans la clandestinité et a favorisé le développement de la prostitution des enfants (filles et garçons) dans des proportions affolantes.

SI : Que fait l'association Mayina que vous avez créée en 2005 ?

A-J K. B. : Nous informons les jeunes des dangers d'Internet et les pièges que leur tendent les proxénètes ; nous leur disons la vérité sur les fortunes subites qui semblent tomber du ciel. Nous expliquons aux filles qu’épouser un Blanc n’est pas une fin en soi et que, dans les pays du Nord, il y a aussi des voyous, des violents, des pauvres, des pervers. Nous demandons aussi aux familles de ne pas démissionner de leur rôle de gardiennes des valeurs humaines.

Ces dernières années, nous avons travaillé avec 48 pays africains et des centaines d'associations locales (Côte d'Ivoire, Cameroun, Bénin, Sénégal, les deux Congo). Nous organisons des causeries éducatives et des forums avec des parents, des autorités locales, des chefs traditionnels et religieux. En 2010, nous avons engagé avec le CIPCRE (Cercle international pour la promotion de la création) deux campagnes contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle au Cameroun et au Bénin. Avec le soutien de la France , nous venons de clôturer une campagne de trois mois dans les zones les plus touchées au Cameroun.

SI : Vous dites parfois que "mettre à la rue ses propres enfants, juste pour avoir de quoi mener la grande vie et être admiré des voisins est une chose ignoble et dégueulasse". Quelle est, selon vous, la responsabilité des familles africaines dans ce trafic ?

A-J K. B. : Depuis toujours, à l’intérieur de certaines familles africaines tous les ingrédients (incestes, viols intra-familiaux ou intra-scolaires, exploitation domestique) du développement fulgurant de trafics humains couvaient et continuent de couver. Les mamas proxénètes, membres de la famille des victimes, sont les piliers de ces réseaux. Elles-mêmes sexuellement abusées dès leur plus jeune âge, c'est presque "naturellement", docilement, qu'elles subissent, plus grandes, d'autres violences et abus sexuels sans se révolter. Devenues femmes, elles n'ont aucun mal à y entraîner leur progéniture qui répétera le même schéma.

Il est primordial d'en finir avec cette loi du silence qui règne dans les familles et d’informer les parents de leur responsabilité quand ils donnent leurs enfants à des Occidentaux ou à des compatriotes qui se présentent comme des âmes charitables… Il faut également favoriser la scolarisation des enfants, car c’est en traînant dans les rues que ces derniers sont en danger.

SI : Vous avez recueilli plus de 1 000 témoignages (victimes, familles, clients, proxénètes) ? Qu'est-ce qui vous a le plus frappée au cours de vos enquêtes ?

A-J K. B. : Sans aucun doute l'exploitation sexuelle des mineurs à domicile, dans l'intimité des appartements en Europe par des parents plus au moins proches. Chaque soir, ces gamins qui, pour les plus jeunes, ont cinq ans, ont entre deux et trois clients. J'ai été marquée par cette violence inouïe que subissent toutes les victimes et la misère psychologique des familles.

Mon étonnement vient de la démission des gouvernements africains qui ne font pas de la lutte contre ces trafics humains une priorité. Ils signent des conventions tous les jours, mais ces dernières finissent dans les tiroirs, car elles sont inadaptées. En toute impunité des notables continuent de s’offrir des mineurs pour « avoir du sang neuf ». Avec des complicités diverses, notamment dans des consulats.

En 2010, une plate-forme sous-régionale (Afrique centrale plus Bénin) d’associations contre le trafic et la traite des enfants et la Coalition protégeons nos enfants, qui compte 19 Ong camerounaises, ont été créées pour mieux s’organiser et fédérer les compétences.

Propos recueillis par Emmanuel de Solère Stintzy

 Le voyage en enfer d'Anita 

"Je suis en France depuis huit mois seulement, mais j'ai passé deux ans en Hollande. La meilleure amie de ma mère, qui vit là-bas, est venue me chercher à Abidjan. Ella a expliqué à mes parents que j'étais une fille belle et volontaire et qu'en me poussant un peu, elle pourrait faciliter ma réussite en Europe. Elle m'aiderait à trouver des jobs, du ménage, par exemple, soi-disant bien payé ! Avec un peu de chance, je pourrais aussi épouser un Blanc, comme sa fille, aujourd'hui mariée à un Hollandais. J'ai eu droit aux photos du bonheur et à celles de leur belle maison. Quel honneur d'être choisie ! J'allais ouvrir le chemin aux autres filles de la famille. J'étais fière de la confiance des miens. Le départ a été organisé par ma famille : tout le monde a assisté à la grande fête d'adieu. Mes cousines m'enviaient [...] Après une prière, ma tante a fait venir un marabout pour qu'il me protège contre le mauvais sort que des jaloux pourraient me jeter [...].Il m'a fait absorber un breuvage qui devait être un somnifère léger pour mieux abuser de moi [...] Il m'a expliqué qu'il m'avait protégée grâce à son liquide séminal et à sa sueur [...].

Rien de tout ce que cette "amie" avait promis à ma famille ne s'est réalisé [...]. Ils m'ont moralement et physiquement violée [...]. Je n'ai fait aucun ménage. Je ne suis jamais allée à l'école [...]. Cette précieuse "amie" écrivait de fausses lettres à ma famille qui pensait que tout allait bien [...]. Je me suis retrouvée prisonnière d'une cage en verre. Exposée à moitié nue, j'ai vu défiler les voyeurs d'Amsterdam. Quelle humiliation ! [...] J'ai fini par réussir à m'enfuir et je suis allée raconter mon histoire à la police [...] J'ai été expulsée et [...] celle qui m'a fait venir et m'a mise sur le trottoir n'a jamais été arrêtée, ni même inquiétée."

La pauvre gamine a trouvé une autre "mama" qui l'a conduite en France [...]. Elle se prostitue avec trois autres filles, "propriété" de la nouvelle mère maquerelle. Elles [...] lui reversent 70 % de leurs gains ! Avec le reste, elles aident leurs familles.

Voilà la belle vie qui attend celles qui sont venues chercher une existence meilleure. Un coin de paradis, dans ces conditions, se résume souvent à un coin de bitume. 

Extrait de Mon combat contre la prostitution, par Amély-James Koh Bela, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2007 

 


 

Premier envoi mai 2010

Migrants-Sénégal : Jouer en Afrique plutôt qu'échouer en Europe

 (Syfia Sénégal) Face aux fausses promesses que leur font de pseudo recruteurs et informés de la misère dans laquelle ont sombré des grands frères partis jouer en Europe, des jeunes footballeurs choisissent de rester en Afrique. Exemple au Sénégal.

Magadou Baraye, 24 ans, libéro talentueux et discipliné, a fait un choix courageux. Celui de faire ses preuves comme footballeur dans son pays, le Sénégal, plutôt que partir en Europe dans n'importe quelles conditions. Depuis six ans environ, il évolue à Dakar en D1, à l’Union sportive de Gorée. Grâce au foot, il gagne près de deux fois plus que le Smic (47 700 Fcfa, 70 € environ). C'est certes nettement moins qu’un professionnel africain évoluant en Europe, mais il ne regrette pas son choix. "J'arrive à aider ma famille, se félicite-t-il. Si je parsce sera sur des bases claires avec de vrais agents reconnus par la Fifa (Fédération internationale de football association)."

Au Sénégal et ailleurs en Afrique, les initiatives se multiplient localement pour permettre aux jeunes de se construire un avenir chez eux et de ne pas tomber entre les griffes de faux recruteurs, trompés par leurs belles promesses. Ainsi, depuis 2009, à Dakar, une trentaine de jeunes joueurs sénégalais, âgés de 14 à 18 ans, ont été sélectionnés par Smash (Société de management et d'accompagnement sportif et humain). Dans le cadre de ce projet, des techniciens doivent les suivre avant de les orienter vers des centres de formation de clubs français ou anglais. Dernière nouveauté en date : la construction envisagée d'un centre sportif pour mieux encadrer les jeunes joueurs avant de les orienter.  

Petit à petit, la parole se libère et, dans certaines écoles de foot de Dakar, des jeunes qui voulaient aller en Europe, se mettent à dévoiler les noms de faux agents qui les ont bernés. Un premier pas vers une prise de conscience des dangers et la fin de l'impunité. Un ancien joueur sénégalais expatrié en France, qui disait travailler pour un pro dans ce pays et avait promis à une quinzaine de jeunes des visas et des invitations de clubs européens pour des tests, a ainsi été mis en prison en avril dernier, à Dakar. Selon un dirigeant d'une école de foot, le faux recruteur a été condamné à rembourser intégralement les sommes escroquées, après avoir obtenu la liberté provisoire.

Jeunes proies faciles

Beaucoup reste cependant à faire pour endiguer le flux de ces jeunes, prêts à tout ou presque pour devenir les Drogba ou les Eto'o de demain. "Il y en a en pagaille qui réduisent leur âge avec la complicité de leurs parents et de faux agents recruteurs", affirme Alpha Sylla, spécialiste en droit du sport, à la tête d’une école de foot à Dakar. Au Sénégal, lors d’audiences foraines dans les campagnes, il suffit pour un jeune ou ses parents d’avoir trois témoins. La corruption fait le reste. Avec ce faux acte de naissance, les soi-disant recruteurs font établir une pièce d’identité, un passeport, avant d’aller à la recherche d’un improbable visa ; les conditions d'obtention de ce précieux sésame s'étant considérablement durcies ces derniers temps en Europe...

Peu importe aux faux managers qui réclament, pour chaque joueur, 2 à 3 millions de Fcfa (3 000 à plus de 4 500 €) "sans assurance de réussite aux tests footballistiques et médicaux qui garantissent au candidat un premier contrat professionnel dans un club européen", déplore Alpha Sylla. Des tests de plus en plus sélectifs, car les clubs professionnels européens connaissent les tricheries sur l'âge et sur les papiers et disposent d'un nombre de places de plus en plus réduit pour les joueurs extra-européens. À tel point que certains d'entre eux préfèrent envoyer leurs recruteurs en Afrique et développer leurs réseaux sur place plutôt que de donner à des jeunes de faux espoirs ou de les faire venir pour rien.

Moins le jeune est armé intellectuellement et footballistiquement et plus il représente une proie facile… "Les 'agents' recrutent dans les écoles ou centres de foot et les associations sportives de quartiers. Bref, des circuits informels. Nous ne considérons pas ces jeunes comme des footballeurs", explique Mbaye Diouf Dia, vice-président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), faisant référence aux conditions fixées par la Fifa. Notamment, que les clubs africains et européens soient affiliés à une fédération nationale.

Devant cette quasi-impossibilité de venir jouer en Europe sans prendre de risques inutiles - comme ce footballeur ivoirien qui mangeait dans les poubelles à Paris, après son échec aux tests dans un club français – le choix de Magadou Baraye semble raisonnable.

Madieng Seck 


Premier envoi novembre 2009

Migrants-France "J'ai perdu vingt ans de ma vie"

 (Syfia France) Anzoumane Sissoko estime avoir perdu plus de vingt ans de sa vie à chercher de l'argent pour quitter le Mali, puis des papiers pour vivre en France. Après des séjours en centre de rétention et en prison, il est devenu porte-parole de la coordination parisienne des sans-papiers. Aujourd'hui, il exhorte ses jeunes compatriotes à étudier pour venir légalement.

 Anzoumane Sissoko n'est pas homme à s'engager à moitié. Son itinéraire avant de devenir le porte-parole de la coordination 75 (parisienne) des sans-papiers en 2004 et un de ceux du "ministère" de la régularisation de tous les sans-papiers en 2009 en témoigne. Né il y a 46 ans à Monéa, dans la région de Kayes au Mali, il débarque en France en 1993. "Nous avons décidé en famille de mon départ. J'ai été choisi, car j'étais le seul à avoir étudié. J'ai quitté le lycée avant mon bac. J'ai ensuite passé sept ans à chercher l'argent. Arrivé ici, j'en ai mis quatorze à obtenir mes papiers. Au total, j'ai perdu plus de vingt ans de ma vie parce que j'avais choisi le mauvais chemin…"

En France, avant sa régularisation en 2007, il sera arrêté, placé en centre de rétention, interdit de territoire et même emprisonné pour "usage de faux". De quoi fortifier un homme et former un militant : "Je ne crains plus rien. Ces difficultés m'ont poussé à me battre pour mes droits." Anzoumane avait jusque-là plutôt fait "profil bas" dans son pays d'accueil de peur de s'attirer des problèmes et de faire honte à sa famille. "Quand ma mère a su que j'étais en prison, elle a failli avoir une crise de nerfs. Elle pensait que j'étais devenu un voyou…", se souvient-il.

Désormais, Sissoko ne se cache plus et demande à ses camarades d'en faire autant. "Je ne veux pas que mes frères souffrent comme moi. Nous devons sortir, montrer à l'opinion et aux autorités que nous ne sommes pas des délinquants, que nous voulons nous intégrer. C'est ensemble que nous obtenons des régularisations." "Anzoumane n'a jamais fait la bagarre avec personne, précise Koundenecoun Diallo, membre de la même coordination qui le connaît depuis douze ans, mais il se bat pour tout le monde, quelle que soit sa nationalité."

Actif en France et au Mali

À ses frères clandestins, il demande aussi d'être francs avec leurs familles, de leur dire quand ils dorment dehors, ne trouvent pas de travail ou sortent de centre de rétention : "Si j'ai arrêté mes études et si je suis venu ici, c'est parce que ceux qui étaient partis avant moi ne m'avaient pas raconté tout ce qui se passait ici." Tous les deux ou trois ans, dans sa région de Kayes, berceau malien de l'émigration vers la France , il raconte aux jeunes son parcours et les incite à ne partir qu'au bon moment avec des papiers en règle : "Je leur conseille de continuer leurs études, puis de venir légalement. Ils pourront ensuite choisir de rester en France ou de retourner au pays exercer des emplois qualifiés et bien gagner leur vie."

Agent d'entretien, Anzoumane Sissoko a validé son bac en 2010 et s'est depuis inscrit en licence de maths : "En France, quand tu n'as pas le bac, c'est comme si tu n'avais rien fait. Et puis, je veux aider mes enfants à faire leurs devoirs." Plus que jamais convaincu de l'importance de la scolarité et de "l'efficacité" des financements collectifs en Afrique par rapport aux aides individuelles qui selon lui "encouragent l'assistanat et la paresse", il a monté une association en 1998 et participé à la construction d'une école dans sa région équipée de vélos pour certains élèves qui habitent à une dizaine de kilomètres de là : "J'ai expliqué à mes frères que je ne pouvais pas les faire venir, mais que cette école était pour leurs enfants."

Repartir au Mali ? Sissoko y pense de temps en temps. "Si demain j'ai un projet qui me permet d'y vivre, je repartirai. La famille, les amis et le pays me manquent", conclut-il. Lui qui, encore aujourd'hui, regrette de n'avoir pas assez préparé son départ, soigne son retour…

Emmanuel de Solère Stintzy



SYFIA
International
20, rue du Carré-du-Roi
34000 Montpellier - France

 

 

 

DU DEPERISSEMENT DU SYSTEME JUDICIAIRE AU CONGO-BRAZZAVILLE par Jean Marius ILOKI KAMBISSI

 Ni les hurlements ni les aboiements des esprits retors, ceux là qui militent pour le journalisme des griots, n’empêcheront le vrai journalisme de s’exprimer dans notre pays résolument engagé dans sa mutation irréversible vers une société démocratique. La liberté de la presse est l’un des droits fondamentaux dans toute nation civilisée. Partout où se produit un évènement intéressant la vie de la société, il est du devoir du journaliste de s’informer avec toute sa lucidité, afin d’informer à son tour avec une rigoureuse impartialité ses lecteurs. Que les adversaires de ce droit fondamental s’insurgent, qu’ils aboient, le Journalisme véritablement indépendant qui fait sienne la devise de la ville de Paris : « Fluctuat nec mergitur » il est battu par les flots mais ne sombre pas » poursuivra son chemin. L’article que vient de publier l’Hebdomadaire brazzavillois TALASSA dans sa dernière livraison, sur le détournement spectaculaire et scandaleux par Maître Jean PETRO, des fonds d’un justiciable, participe de ce combat. Je tiens ici, du plus profond de mon cœur, à adresser mes sincères et patriotiques félicitions à la Direction de TALASSA, pour son courage et son infatigable détermination. BRAVO !

Ce scandale place le Conseil de l’Ordre des Avocats au ban des accusés, car les justiciables que nous sommes, avons désormais une raison de nous méfier des Avocats. Ce club d’Avocats soupçonné de copinage n’inspire plus aucune confiance.

Je suis juriste de formation en charge du contentieux dans une société de la place, citoyen de ce pays qui ne saurait être pris en otage par qui que ce soit, et à ce titre, je tiens de la Constitution, le droit absolu et inaltérable de critiquer tout comportement relevant de l’antivaleur, quelque soit le niveau où se situe l’auteur sur l’échelle de la hiérarchie sociale.

Cette affaire qui délite la Profession d’Avocats jadis noble, nous offre l’occasion d’évoquer la question de la tolérance dont semble bénéficier au Congo, les membres de cette corporation, qui trop souvent, dans l’exercice de leur fonction, semblent espérer pouvoir s’affranchir de la loi. La sentence paraît étonnante, pour des personnes pourtant prétendument chargées de plaider pour la loi.

Comment alors expliquer la mansuétude du Pouvoir judiciaire comme celle dont fait montre la Chancellerie à l’égard de la pagaille notoire qu’instaure dans la République, une Profession pourtant réglementée ? Devrions-nous regretter que du fait de la Conférence Nationale Souveraine, la Profession d’Avocats ait été extraite de sa dépendance du Parquet Général ? Mais en France, le pays qui nous sert de modèle et de qui nous tenons notre règle de Droit, l’Avocat est-il autorisé à ignorer la loi et les autorités constituées ? Certainement pas ! Alors, que se passe-t-il au Congo ?

Tenez ! se croyant immunisé du fait de sa charge de Bâtonnier, entendant protester contre la présence à l’audience de la Cour d’Appel du vendredi 07 mai 2010, des deux Avocats Maîtres Jean Louis LABARRE et Lionel KALINA MENGA à l’époque sanctionnés, mais autorisés par réquisitions du Parquet Général du fait que la sanction a fait l’objet d’appel, Maître Joël PAKA avait cru simplement s’introduire dans la salle et interrompre bruyamment l’audience, alors que Monsieur le Premier Président de la Cour était entrain de vider les délibérés. Monsieur David ANZILANDO, Premier Président de la Cour d’Appel de Pointe-Noire, dont le calme et la maîtrise sont connus de tous, a poursuivi l’audience sans se laisser perturber. Comme dans une réunion politique, Maître Joël PAKA se croyant alors tout permis, a poursuivi le trouble de l’ordre jusqu’à ordonner aux Avocats de quitter l’audience, ordre suivi par quelques  Avocats visiblement craignant à leur tour d’être sanctionnés.

Il faut dire que tel acte, loin d’être une simple injure au Pouvoir Judiciaire, constitue une offense manifeste à la République et au Peuple au nom de qui le Juge prononce. Il y a outrage car, alors que l'injure ou la diffamation apparaissent comme des infractions de droit commun, l'outrage s'analyse plutôt en une atteinte à l'honneur d'un supérieur hiérarchique (familial ou social) ; il est ordinairement perpétré en sa présence, ce qui rend manifeste le mépris affiché envers sa fonction. Par ailleurs, si l'injure relève ordinairement du droit pénal civil, l'outrage appartient plutôt au droit pénal public. Constitue un outrage tout ce qui tend à déprimer et à mépriser la fonction. Tel a été le cas ce vendredi 07 mai 2010 dans la salle des audiences de la Cour d’Appel de Pointe-Noire.

C’est le lieu de rappeler que les citoyens étant égaux devant la loi, personne ni aucune catégorie ne devraient se prévaloir d’aucune impunité que la loi n’a pas consacrée, ce qui fait que toute infraction à la loi, quel quelque soit son auteur, expose celui-ci à une sanction. Une infraction est un comportement ou un acte interdit par la loi pénale et donc passible de sanctions prévues par la loi. Plus particulièrement en droit pénal, il s'agit d'un acte illicite causant un préjudice à l'ordre social.

La République du Congo, nonobstant les balbutiements inhérents à sa jeunesse est un Etat de Droit. Rien ni aucun acte tendant à ignorer cet état ne devraient donc être tolérés. Il ne suffit par pour les Avocats de vociférer à l’audience pour invoquer la loi quand cela les arrange, s’ils peuvent par la suite l’enjamber surtout de manière aussi ostensible. Dans un Etat de Droit, l’honneur est un droit garanti par la loi. La législation concernant l'honneur est inspirée par deux principes régulateurs, à savoir que les outrages à l'honneur faits dans le but même d'outrager soient bien réprimés, selon la gravité des cas, mais qu'il ne soit pas mis d'obstacle à faire connaître la vérité dans un intérêt politique, scientifique, littéraire, public, ou en faveur de ceux qui ont intérêt à l'apprendre, pour se préserver d'un dommage matériel ou moral.

Cette précision étant relevée, il sied de rappeler qu’au nombre des devoirs du citoyen envers les autorités publiques légalement instituées, figure un devoir de respect et d'obéissance aux ordres visant au Bien commun. Les Magistrats, en rendant la Justice, ont droit au même respect que la loi, dont ils sont les organes ; l'outrage fait à un Magistrat pendant la tenue d'une audience est puni de l'emprisonnement. Aux termes de l’article 222 de notre Code pénal :

« Lorsqu’un ou plusieurs magistrats de l’ordre administratif ou judiciaire, lorsqu’un ou plusieurs jurés, auront reçu, dans l’exercice de leurs fonctions ou à l’occasion de cet exercice, quelques outrages, par paroles, par écrit ou dessein non rendus publics, tendant, dans ces divers cas, à inculper leur honneur ou leur délicatesse, celui qui aura adressé cet outrage, sera puni d’un emprisonnement de quinze jours à deux ans.

Si l’outrage par paroles a eu lieu à l’audience d’une cour ou d’un tribunal, l’emprisonnement sera de deux ans à cinq ans ».

D’après le Traité de droit pénal spécial: « Est un outrage, blessant l’honneur et la délicatesse de la victime, tout ce qui tend à abaisser le fonctionnaire visé, à diminuer l’autorité morale dont il jouie et, en définitive, à nuire au respect qui doit entourer la fonction qu’il exerce ».

L’Avocat est un justiciable comme un autre, qui ne peut invoquer les dispositions légales qui le protègent, que sous la condition que son acte ne soit pas constitutif d’outrage, et encore que cet acte soit commis à l’audience à laquelle il participe pour défendre les intérêts de son client, mais jamais exclusivement y être venu dans le seul but de faire une démonstration de force par rapport à l’ordre établi. Il y a eu ce vendredi 07 mai 2010 dans la salle des audiences de la Cour d’Appel de Pointe-Noire : OUTRAGE A MAGISTRAT, et cette faute doit être punie conformément à la loi «dura lex, sed lex ».

Mais les Avocats ne sont pas l’unique maillon honteux de notre système judiciaire. En effet, en mai de l’an dernier, onze Magistrats ont été révoqués pour : manquements graves aux devoirs de l'Etat, à l'honneur, à la délicatesse et à la dignité de leur charge. La révocation avaient été prononcée à Brazzaville, par le Conseil Supérieur de la Magistrature, au cours d'une session qui s'est tenue en présence du Président Denis SASSOU NGUESSO en sa qualité de Magistrat suprême. Au nombre des Magistrats révoqués figuraient notamment Auguste KOUZOUNGOU (Procureur de la République à Kinkala), Simon NSEKE MANDANGUI (Juge du siège au Tribunal de Grande Instance de Ouesso), Robert KILONDA (Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Madingou), Jean-Claude SILOU (Conseiller à la Cour d'Appel de Brazzaville), Antoine Ernest OLLESONGO (Président du Tribunal d'Instance de Mfilou-Ngamaba) et Simplice YAMBAT JOSEPHAT (Juge d'Instruction près le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville). Fini de rigoler, on botte le cul aux hauts fonctionnaires de la Magistrature avions nous osé espérer.

« La présente session a lieu 37 ans après la dernière qui s'est tenue en 1972 », a rappelé à l’occasion le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Monsieur  Aimé Emmanuel YOKA., ajoutant en substance : « Cette longue période d'hibernation a incontestablement conduit à une sédimentation, au sein du corps judiciaire, des habitudes et des pratiques assez éloignées, pour ne pas dire à l'opposé de l'idéal de justice. Cette troublante parenthèse est explicable dans une société où la politique domine tout avec sa colonie de calculs et sa charrette d'intrigues, où les a priori, les doutes, les incertitudes, la peur de déplaire ou l'envie de plaire, bref, où un ensemble illogique prend le dessus sur l'intérêt général et bride ainsi l'efficacité des pouvoirs publics ».

Conformément à la Constitution, le Conseil Supérieur de la Magistrature statue comme Conseil de discipline  et comme organe de gestion de la carrière des Magistrats, qui doivent faire preuve d’exemplarité éthique.

Mais voilà ! au Congo, la toile d’araignée est faite pour les mouches, que l’on ait un dossier hyperchargé de fautes graves ; si l’on jouit d’un parapluie politique, notamment sur la base ethnique, on ne se sent plus justiciable du Conseil Supérieur de la Magistrature. C’est le cas de Monsieur Jean Christophe PANGOU qui, après avoir déserté la profession, révoqué de celle-ci, l’homme y est quiètement revenu à la suite d’une intervention musclée de la première Dame, gardienne des cadres du Kouilou. C’est cela la République ! Ceux qui ont été révoqués dernièrement, n’avaient pourtant pas les dossiers aussi chargés que le sien.

Ainsi, conscient de son immunité ethnique, se sachant dans son terroir et intouchable, Monsieur Jean Christophe PANGOU s’autorise toute violation de la loi, agissant au quotidien en marge de la loi qu’il est pourtant chargé de garantir. Je me permets de citer ici, l’exemple le plus flagrant, celui d’un Magistrat, Conseiller à la Cour d’Appel de Pointe-Noire, dont la fille a été récemment violée par un ressortissant du Kouilou. Assigné en Justice, le délinquant a fait l’objet de mandat de dépôt à la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire. Mais, voilà ! par abus de pouvoir manifeste, Monsieur Jean Christophe PANGOU, Procureur des Vilis, a simplement enjambé ce mandat délivré par un Juge, et a sorti le délinquant de la prison, et celui-ci depuis, nargue au téléphone, le pauvre Conseiller à la Cour d’Appel, jusqu’à aller le couvrir d’insultes à son domicile. Il faut préciser que ce Conseiller à la Cour d’Appel victime de cette flagrante humiliation, est ressortissant de la BOUENZA, la précision vaut son peson d’or. Voilà la République !

Nous en appelons ardemment à Monsieur le Garde des Sceaux, car les discours ne suffisent plus, le Premier Président de la Cour Suprême Premier Magistrat de la République, et à Monsieur le Président de la République Magistrat Suprême, de commettre une Commission qui sera chargée d’enquêter sur tant le comportement inacceptable des Avocats, et le marginalisme de certains Magistrats, des comportements qui créent un dysfonctionnement de la Justice préjudiciable à la société et délite l’ensemble du système judiciaire l’un des piliers de la République. Les sanctions sévères s’imposent contre ces Magistrats véreux, et la Profession d’Avocat nécessite une profonde refonte.

Jean-Marius ILOKI KAMBISSI

 Jean Marius ILOKI KAMBISSI, est né en février 1968 à Ouesso dans la Sangha. Il est titulaire d'une maîtrise en droit public obtenue à la Faculté de Droit de Toulouse, et d'un DEA en Droit des Affaires. Marié père de quatre enfants, il est, depuis 7 ans, chargé du contentieux dans une entreprise de la place de Pointe-Noire. Il vit au quartier Mbota.

De la force des médias pour lutter contre l'injustice

 

Bon marché la radio est le moyen d'information le plus facilement accessible à l'ensemble de la la population, exepté les non entendants. C'est aussi le moyen le plus rapide pour être informé, même les illettrés y ont accès.

On sait qu'au Rwanda elle a joué un rôle majeur dans le génocide avec la sinistre "Radio Mille Collines" qui a diffusé les appels au meurtre. Le temps a passé, désormais les ondes y jouent un tout autre rôle beaucoup plus positif.  

Les abus que combattent avec succès les débats communautaires dans ce patit pays de la région des grands lacs, existent aussi dans notre Congo. Ne pourraient-ils pas y être combattus de la même manière  ?

Rwanda : Les débats communautaires délient des langues

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Lorsque les villageois du Rwanda peuvent s'exprimer librement, ils n'hésitent pas à critiquer la mauvaise gouvernance des autorités locales. C'est le cas lors des débats radiophoniques organisés ces derniers mois dans certains districts qui ont permis de trouver des solutions à des problèmes exposés.

Ils sont tous là, rassemblés devant les bureaux des secteurs ou des coopératives, les habitants du district de Ngorero à l'ouest, ceux de Gisagara, au sud, ou d'ailleurs encore au Rwanda. Ils attendent avec impatience le lancement par un journaliste du débat avec les autorités locales, du district, des secteurs et des cellules diffusé en direct sur les ondes de la radio communautaire locale, Huguka. Femmes et hommes, vieux et jeunes, tous sont pressés de venir parler de ce qui ne va pas et de proposer des solutions pour résoudre leurs problèmes. Personne ne manquerait ce rendez-vous qui leur donne pour une fois l'occasion de s'exprimer.

Depuis six mois, une dizaine de débats ont ainsi eu lieu dans divers districts du pays. Ils ont tous rencontré un vif succès.

"J'ose le dire"

En octobre, dans le district de Ngororero, élus et villageois ont débattu de ce qui handicape leur développement. Dans le secteur Ndaro, une dame, debout et tête haute, accuse le secrétaire exécutif de la cellule Bijyojyo de s’enivrer le soir et de frapper tout passant. "Je sais que ceux qui sont ici vont me prendre pour une folle, mais j’ose le dire", soutient-elle. Selon elle, ces forfaits de leur dirigeant ne sont jamais dits, les habitants craignant cette autorité. Ici encore, la majorité des paysans accusent des inconnus de percevoir des taxes non justifiées en se faisant passer pour des chargés de l’hygiène: "Ils viennent dans les marchés et récupèrent un tas de bananes, des patates douces, des cannes à sucre et s’en vont sans donner de quittance ", font-ils remarquer. Après analyse par le district des plaintes des villageois, le secrétaire exécutif de la cellule Bijyojyo a été démis de ses fonctions. 

Dans ces débats qui durent 1 h à 1 h 1/2, les premières minutes, les habitants n'osent pas parler. Mais, au fur et à mesure, les langues se délient. "Ceux qui sont assis dans ces hangars sont les délégués de la coopérative, ils ne peuvent pas dire le contraire. Passez-nous le micro pour parler de nos vrais problèmes", s’insurgeait par exemple en août dernier un riziculteur de Gisagara. Il s'est plaint que le prix du riz soit fixé sans les consulter et que les récoltes soient payées en retard. Donat Hakorimana, tout triste en témoigne : "J'ai fait peser mon riz il y a deux mois, mais je ne suis pas encore payé. Dites-nous pourquoi ?"

Ces problèmes sont parfois inconnus des autorités : "Comment expliquer que l’argent se trouve sur le compte de la coopérative sans que les agriculteurs bénéficiaires ne soient pas payés ? Et si l’un d’eux tombait malade comment se soignerait-il ? L’argent est le fruit de leur travail, vous devez le leur payer au plus vite", estime Esron Hategekimana, vice-maire du district Gisagara, menaçant de punir les responsables de la coopérative s’ils n’agissent pas vite.

Quelques jours après le débat, les agriculteurs étaient payés. "D’autres coopératives nous ont appelés sollicitant les mêmes débats chez eux", avance Eugène Ndekezi, coordinateur de Huguka.

Tirer la sonnette d'alarme

Dans le district de Gakenke (Nord), les agriculteurs ont accusé leurs élus de ne pas mettre à leur disposition les intrants agricoles. "Un jour, après le débat, une camionnette remplie d’engrais était au bureau de la cellule", se sont ensuite félicités les paysans. En effet, un ultimatum a été donné à l’entrepreneur chargé de le distribuer pour installer des sites de distribution dans ce coin retiré à défaut de quoi le marché lui serait retiré. Pour les agents du district, ces débats donnent une vraie image de l’administration dans les secteurs et des réalités souvent ignorées du gouvernement, attentif à ce qui se dit dans ces débats.

Ces échanges permettent aussi de traquer les mauvais comportements des uns et des autres. A Nyabinoni (Sud), la population dénonce les "magouilles" dans la catégorisation des personnes pour la mutuelle de santé, à laquelle chacun cotise à un tarif différent selon qu'il est classé comme "très pauvre", "pauvre", etc. "Je vends un peu de bois pour faire survivre ma famille. Mais, on m’a mis dans la catégorie de ceux qui doivent payer 3 000 Frw (5 $) sous prétexte que je suis 'riche'. Comment puis-je payer la même somme que quelqu’un qui a trois vaches ?", dénonce une habitante. Les autorités de ce secteur ont depuis lors décidé de revoir ces listes.

Une grande importance est donnée à ses débats en direct, car ce qui est dit à la radio est considéré par les Rwandais, non seulement comme des interpellations, mais aussi comme une manière de tirer des sonnettes d’alarme.

Une enquête du Forum de la société civile du Rwanda montre que la participation de la population dans les décisions qui sont prises est un facteur de réussite. Or, certaines mesures, entre autres la consolidation des terres, la catégorisation dans les mutuelles de santé ou la lutte contre les nyakatsi (maisons en paille), viennent d'en haut sans consultation. "Là où la population a été sensibilisée dans la lutte contre les maisons en chaume et se l'est appropriée, la lutte s’est bien passée", fait remarquer Jean Marie Vianney Makuza, qui a présenté les résultats de l’enquête, en plaidant pour une participation citoyenne dans les prises de décisions.

Fulgence Niyonagize

 

Des instructeurs militaires français bientôt de retour au Congo ?

Une école militaire qui forme des maçons et des électriciens, voilà qui ne peut que surprendre, c'est pourtant le but déclaré de la création par la France de l'école militaire de génie civil aux portes de Brazzaville.

Faut-il y croire ?

L’école militaire de génie civil ouvrira ses portes en septembre prochain

L’école nationale à vocation régionale (ENVR) spécialisée dans les travaux publics et le bâtiment sera fonctionnelle en septembre 2010. L'accord relatif à l'implantation de cette structure de formation vient d’être signé entre le ministre congolais à la présidence, chargé de la défense nationale, Charles Zacharie Bowao et l’ambassadeur de France au Congo, Jean-François Valette. Le Congo et la France ont également signé un accord permettant de renforcer les capacités du service de santé des armées.

L’ENVR sera installée sur la route nationale N° 2 à la sortie de Brazzaville. Elle accueillera des stagiaires militaires en provenance de 17 pays africains qui vont se former aux métiers du bâtiment tels l’électricité, la plomberie, la maçonnerie, la menuiserie. Les apprenants vont se familiariser avec la réhabilitation ou la création de pistes en terre ou en latérite. 

La France consacrera 378 millions de francs CFA en 2010 à ce projet qui est l’un des plus importants menés par la coopération militaire française dans le monde. A l’issue de leur formation, les militaires pourront mener des travaux au profit des armées et des populations. 

Ils pourront également s’engager dans des opérations de maintien de la paix sur le continent africain. A terme, cette école sera un outil de reconversion au profit des militaires partant en retraite et qui envisageront de poursuivre une carrière dans le secteur civil. 

L’accord de renforcement des capacités du service de santé des armées, d’un montant de 24 millions de francs CFA, prévoit la rénovation de l’infirmerie de la garnison de Pointe-Noire. Il est également prévu l’achat de matériels de santé et des formations au profit du personnel du service des urgences de l’hôpital militaire de Brazzaville. 

L’engagement de la France auprès du service de santé des armées a débuté en 2002. Ce partenariat a permis la réhabilitation partielle des hôpitaux militaires de Brazzaville et de Pointe-Noire, et la remise à niveau ou la formation de cadres de santé.

congo-siteportail.info Mardi 9 Février 2010 - 09:42
Rosalie Rogevna Guielle
 

 
La coopération militaire française est forcément mal perçue par les congolais. Comment oublier la période coloniale et l'ingratitude de la France vis à vis des enfants d'Afrique qui se sont exposés pour elle sur tous les fronts : libération de la France, Vietnam, Algérie et bien d'autres qui ne les concernaient pas d'avantage et dont ils n'avaient rien à tirer comme l'histoire l'a prouvé. 
 
Pourtant, si les hôpitaux militaires congolais (ouverts à la population) se portent mieux que les autres, l'action des médecins militaires français (ou congolais ayant suivi leurs études de médecine dans les écoles de santé militaires Françaises), comme celle de l'aide financière qu'y apporte le ministère de la défense français n'y sont pas pour rien.
 
Il existe dans toute armée (pas au Congo, on doit l'avoir oublié) un corps qui s'appelle le génie. Le rôle du génie est de s'occuper d'infrastructures. En temps de guerre ce corps construit des ponts, des routes, des aéroports etc. en situation post conflictuelle ses membres sont chargés de remettre en état les infrastructures détruites ou endommagées. C'est finalement en temps de paix retrouvée qu'ils ont le moins de boulot, le travail de construction étant alors confié au privé.

 
Wikipédia nous dit :
Le génie militaire désigne l'ensemble des techniques d’attaque et de défense des places, des postes, et de construction des infrastructures nécessaires aux armées au combat. Il désigne par extension le corps des troupes de cet arme. Un homme du génie, appelé aussi ingénieur de combat (combat engineer) dans les armées anglo-saxonnes, pionnier ou sapeur, est un militaire spécialiste des techniques de génie militaire et de leur mise en œuvre dans des conditions de combat. Le génie militaire peut donc accomplir une grande variété de tâches dont des fortifications, constructions ou réparations de routes, de ponts, de voies de chemins de fer ou toute infrastructure de transport, pose ou destruction de champs de mines, etc. De manière plus générale, il doit permettre ou faciliter le mouvement ou le soutien aux forces amies et gêner le mouvement des forces ennemies.

la définition du génie civil donnée par le même site montre les différences mais aussi les similitudes :

Le Génie civil représente l'ensemble des techniques concernant les constructions civiles. Les ingénieurs civils ou ingénieurs en génie civil s’occupent de la conception, de la réalisation, de l’exploitation et de la réhabilitation d’ouvrages de construction et d’infrastructures urbaines dont ils assurent la gestion afin de répondre aux besoins de la société, tout en assurant la sécurité du public et la protection de l’environnement. Très variées, leurs réalisations se répartissent principalement dans cinq grands domaines d’intervention: structures, géotechnique, hydraulique, transport, et environnement.



Revenons au Congo qui dispose une armée pléthorique et sous professionnalisée. Qui ne s'est jamais dit que tous ces bidasses inutiles seraient mieux employés à construire des routes ? Alors que le pays souffre toujours des conséquences des guerres et de l'inconséquence de ceux qui devraient reconstruire, n'est-il pas raisonnable d'employer l'énorme réservoir de main d'oeuvre, actuellement rémunéré à ne rien faire, qu'est l'armée à l'amélioration de la cause commune ? Sous éduqués, sans autre spécialité que la chose des armes, les militaires sont sans avenir. Leur retour à la vie civile est pour eux une angoisse. De quoi vivront-ils une fois sortis de leur uniforme ? Leur enseigner un métier est une manière de les réincorporer à la vie civile. Mais pour enseigner il faut des instructeurs dont le Congo ne dispose pas/plus. 

Pourquoi ne pas les instruire au génie militaire pour qu'ils puissent ensuite passer au génie civil ?



Où le bât peut blesser, c'est par l'arrivée massive d'instructeurs militaires, issus de l'ancienne puissance occupante, s'ils viennent avec des rôles annexes inavouables. On pense bien sûr au risque que les formations délivrées soient beaucoup moins pacifiques qu'annoncé. En professionnalisant son armée, la France a perdu ce qui de tous temps à fait la force des armées : la chair à canons, elle ne dispose plus guère que de spécialistes trop chers à former pour qu'on les sacrifie au champ d'honneur. En conséquence rares sont aujourd'hui les militaires des pays dits évolués qui sont exposés au feu. Preuve en sont les communiqués faisant état de la mort de quelques soldats en Afghanistan ou en Irak lorsque tout le monde se fout des populations civiles qui ont fait les frais des conflits en cours. La technologie, censée remplacer les bidasses montre ses limites et demeure plutôt impuissante devant les techniques de guerrilla ou de terrorisme.

Cette école masque-t-elle un centre de formation de combattants endoctrinés à la défense des intérêts français ? On peut en douter, les multiples exemples fournis par les Etats Unis débordés par les gens qu'ils ont formé doit quand même faire réfléchir Paris, il ne faut pas instruire une armée susceptible de se retourner contre ses instructeurs. Mais se préoccupe-t-on de l'avenir en la matière et les intérêts immédiats justifient-ils la prudence pour les tireurs de ficelle ?
 
La France a certainement serré les fesses lors des élections gabonaises, en perdant Bongo son allié de toujours elle y manque désormais de l'appui inconditionnel que le défunt président lui offrait. Elle cherche certainement une autre base en Afrique centrale. L'implantation de cette école en présente peut-être le bourgeon. Denis Sassou Nguesso, fort tenté supplanter Bongo, est sans doute pour Paris le meilleur garant de la continuité de sa politique africaine.
 

Des problèmes de la mise en application de la loi de protection des populations autochtones

Sorel Eta, grand spécialiste des populations autochtones, en particulier des aka de la likouala a livré au N° de ce jour des Dépêches de Brazzaville ses réflexions en ce qui concerne la mise en application de la loi sur la protection des populations autochtones qui stipule :

Article 29 : Sauf dans les cas prévus par la loi, est interdite l’astreinte des populations autochtones au travail forcé, sous quelque forme que ce soit, y compris la servitude pour dette.

Les populations autochtones ne peuvent être soumises à aucune forme d’esclavage.

L’astreinte au travail forcé, sous quelque forme que ce soit, la servitude pour dette et toute forme d’esclavage des populations autochtones seront punies d’une peine allant de deux ans à trente ans d’emprisonnement ferme et d’une amende allant de deux cent mille à cinq millions de francs CFA, sous réserve des réparations des préjudices causés

La loi sur la protection des droits des populations autochtones, communément appelées pygmées, a été promulguée par le président de la République en février dernier afin de faire face aux problèmes socioculturels et économiques dont sont victimes ces populations vulnérables.

L’article 29, condamnant l’astreinte des populations autochtones au travail forcé sous quelque forme que ce soit, y compris la servitude pour dette, donne une lueur d’espoir aux populations autochtones qui jusqu’à ce jour sont traitées comme des propriétés ou esclaves par une classe de Bantous se disant propriétaire de ces minorités

Peuples autochtones et Bantous

Que reproche-t-on aux Bantous, voisins séculaires des Autochtones ?

En se référant aux rapports qui lient les Bantous aux populations autochtones aka, l’on remarque que ces dernières sont très exploitées dans l’exécution de multiples tâches du genre abattage des arbres, défrichage et entretien régulier des champs agricoles, collecte et transport des produits divers moyennant des rémunérations modiques et, parfois, travaux bénévoles. Ciblés dorénavant par la loi dont les Autochtones et la société civile réclament l’application, les Bantous, reconnaissant certes leur attitude vis-à-vis de ces minorités autochtones, surtout pour des besoins économiques, affirment l’existence des cas où ces dernières, très nécessiteuses, viennent leur proposer des services en percevant en avance une rémunération en espèce ou en nature. Ainsi, l’on peut se demander si toute tâche exécutée par un Autochtone pour le compte d’un Bantou sera assimilée au travail forcé que condamne la loi, sachant que dans certains cas, ces populations voisines utilisent aussi, par consentement, des services comme autres moyens d’échanges que la monnaie.

Saura-t-on, dans le cadre de la loi, distinguer, et sur quelle base fiable, le travail forcé ou non exécuté par un Autochtone avant de culpabiliser qui que ce soit ?

L’article 29 stipule que toute personne qui violera cette disposition sera passible d’une amende allant

de deux cent mille à cinq millions francs CFA et d’une peine allant de deux ans à trente ans d’emprisonnement ferme. Ce qui veut dire que l’application imminente de cette loi sans une intense vulgarisation enverra non seulement un grand nombre de propriétaires bantous dans les geôles mais risquerait de créer, selon certains observateurs, des tensions dans les aires géographiques où cohabitent ces populations. Car une pratique, lorsqu’elle est culturelle, se bannit de fil en aiguille et non d’un coup de baguette magique. Cela nous amène aussi à nous demander si les Autochtones pourront changer en un clin d’œil leur attitude qui consiste à dérober les produits agricoles, souvent réprimandée par les cultivateurs bantous, et que certains d’entre eux reconnaissent.

Qu’adviendrait-il si un Autochtone se faisait surprendre en flagrant délit par les Bantous mis en garde par la loi ?

Étant donné que les mobiles qui perpétuent les rapports de propriétaire et de propriété sont d’ordre économique, il serait souhaitable, avant d’appliquer cette disposition qui risquerait de détruire davantage dans certaines aires géographiques les relations entre ces populations voisines, d’améliorer les conditions économiques des propriétaires bantous afin de résorber en toute quiétude cette pratique décriée. Appliquer l’article 29, sans apporter la moindre solution à la situation économique précaire des propriétaires bantous qui produisent ce que nous consommons tous, ne serait-il pas mettre la charrue avant les bœufs ?

Réfléchissons.

Sorel Éta

 


NDLR : Les intentions de Sorel sont sans doute louables mais nous redoutons que tout laxisme des autorités dans la mise en application des textes ne mène, une fois de plus, à un oubli de l'objet même de la loi et à la pérennisation de pratiques esclavagistes incompatibles avec la démocratie.

Il nous paraît évident que seule une vaste campagne de sensibilisation de l'abandon de ces pratiques d'un autre âge auprès des populations bantoues peut-être à même de les erradiquer. Nous sommes conscients que cette solution a un coût important. C'est à l'Etat de le prendre en charge et de faire avancer le pays dans la voie du modernisme.

Dialogue envisagé avec les entrepreneurs véreux - Est-ce la solution ?

La police et la justice s’acharnent actuellement sur la prostitution (les filles, pas les proxénètes) et les consommateurs de chanvre. Loin de nous de prétendre qu’il ne faut pas moraliser le pays, mais les putes et les camés sont-ils le plus grand danger social auquel est confronté le pays ? Quid des entrepreneurs bidon (et de leurs complices dans les ministères et les administrations) que l’on veut raisonner plutôt qu’encabaner ? Le rapport 2010 de la CNLCCF (Commission Nationale de Lutte contre la Corruption, la Concussion et la Fraude) met en évidence, uniquement en ce qui concerne les municipalisations accélérées, 265 réalisations inachevées donc inutiles et reconnaît près de 83 milliards déboursés pour le seul enrichissement des adjudicataires. Qu’attend-t-on pour mettre en taule les pourris et les profiteurs ? C’est plus facile de remplir les prisons avec les voleurs de poules.

Lutte contre la corruption, la concussion et la fraude

Doter la municipalisation accélérée d’un cadre juridique pour arrêter l’hémorragie financière

La C.n.l.c.c.f (Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude) a publié son rapport annuel 2010. D’un volume de 99 pages de format A5, ce rapport est le deuxième depuis que cette institution a été mise en place, et il couvre une année qui constitue l’an un du plan d’action de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, arrêté par le gouvernement, pour l’amélioration de la gouvernance en République du Congo. Selon Alphonse Nzoungou, le président de la commission nationale anti-corruption, au cours de la première année de ce plan d’action, l’accent a été mis sur la sensibilisation et la réalisation des missions d’enquête et d’investigations sur les recettes de l’Etat et les marchés publics. Ceci a permis d’identifier des dysfonctionnements et des faiblesses dans les mécanismes d’attribution des marchés d’Etat. C’est pourquoi, parmi ses recommandations, la commission demande au gouvernement de doter la municipalisation accélérée d’un cadre juridique, afin d’arrêter l’hémorragie financière.

Conformément à son décret de création ; la C.n.l.c.c.f (Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude) publie un rapport annuel  destiné au gouvernement. Ce rapport est une mine d’informations sur les maux dont souffre la gestion financière de l’Etat.

Dans ses missions d’enquête et d’investigation, la commission anti-corruption s’est focalisée sur le contrôle des recettes de l’Etat et sur les investissements publics à travers les marchés publics attribués dans le cadre de la municipalisation accélérée, dans  les départements de Pointe-Noire et du Kouilou (2004), du Niari (2006), de la Cuvette (2007) et de la Likouala (2005). Dans ces départements, elle a relevé un total de 265 marchés publics à problème représentant un montant de 82.853.948.834 F.Cfa, dont 74,83% ont été décaissés alors que  le niveau de réalisation de ces projets n’est que de 43,67%. Les cas des chantiers totalement abandonnés, mais dont 40 à 50% du montant ont été décaissés, alors que la réalisation n’atteint pas 10% prouvent que la municipalisation accélérée doit être mieux maîtrisée. Parmi les cas emblématiques, on peut citer, par exemple, le chantier de construction et d’équipement de l’hôtel des finances de la Likouala, à Impfondo, en 2005. Sur un coût total de 1.696.771.430 F.Cfa, l’entrepreneur a touché 670 millions de francs Cfa et n’a réalisé les travaux qu’à hauteur de 17%, avant de disparaître, sans être inquiété.

Après les auditions et les entretiens avec les acteurs publics et privés concourant à la réalisation de la municipalisation accélérée, la commission anti-corruption a épinglé les faiblesses et les dysfonctionnements à l’origine des éléphants blancs. Ces faiblesses se situent au niveau des entreprises adjudicataires des marchés publics, des maîtres d’œuvre au niveau de l’Etat et des administrations publiques. Au niveau de l’administration, on relève, par exemple, «l’absence des contrats signés pour l’attribution des marchés ; le caractère urgent de l’exécution des projets de la municipalisation accélérée; l’attribution d’office des ressources à chaque projet sans aucune évaluation financière en rapport avec les études techniques, etc

La commission anti-corruption a constitué les dossiers relatifs aux chantiers à problèmes, où les entrepreneurs ont encaissé des sommes d’argent sans réaliser les travaux au niveau attendu. Pour l’instant, elle privilégie une démarche pédagogique consistant à dialoguer avec ces entrepreneurs, en leur demandant de poursuivre les travaux ou de restituer l’argent touché au trésor public. La phase coercitive et judiciaire suivra, pour frapper les récalcitrants.

Pour éviter les faiblesses structurelles et les dysfonctionnements qui occasionnent l’hémorragie  financière, la commission anti-corruption «suggère que le gouvernement organise, dans un délai raisonnable, une table-ronde sur la municipalisation accélérée, qui regrouperait tous les acteurs publics et privés impliqués dans la mise en œuvre de cette politique. L’objectif étant de faire le bilan de la municipalisation accélérée, afin de la doter d’un cadre juridique et de lui donner, éventuellement une nouvelle orientation».

La commission anti-corruption a fait, aussi, un travail d’enquête et d’investigation sur les recettes de l’Etat (au niveau des impôts, du trésor public et des douanes). Elle a décelé des mauvaises pratiques qui provoquent l’hémorragie financière, par exemple, «le conflit d’intérêts dans la production des imprimés spéciaux du trésor (un bon nombre d’imprimés sont produits par une imprimerie appartenant à un cadre de la direction générale du trésor) ; la mauvaise ventilation des imprimés spéciaux du trésor, etc.»

Au niveau des  recettes de l’Etat, la commission a aussi fait des recommandations, entre autres : «la prise des textes réglementaires sur la sécurisation des imprimés spéciaux du trésor, des impôts et de la douane, afin de lutter contre la fraude et l’évasion des recettes de l’Etat».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le rapport 2010 de la commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude est riche d’enseignements sur la gestion financière nationale. C’est un outil qui permet de corriger les faiblesses et de sécuriser les fonds publics, pour garantir la réalisation des actions liées au développement national. Mais, la commission constate, au gouvernement de faire le reste, c’est-à-dire prendre les mesures qui s’imposent pour améliorer la gestion publique.

Joël NSONI

LA SEMAINE AFRICAINE N° 3115 du Vendredi 5 Août   2011

Diaspora

De la désorganisation des services administratifs [consulaires] congolais.

Relevé dans les forums de congopage.com, ce récit édifiant d'une demandeuse de passeport à l'ambassade du Congo à Paris.

Suite à la perte de mon passeport il y a quelque mois, j'ai dû me rendre la semaine dernière à l'ambassade du Congo à Paris pour y faire la demande de délivrance d'un nouveau passeport.

Depuis que notre pays est passé au biométriques, les demandes de passeports sont désormais enregistrées par des fonctionnaires venus de Brazzaville. Il faut donc s'enquérir des dates de leur venue auprès des services consulaires pour ne pas rater le coche. 

L'ambassade ne répond pas:

J'avais joint le consulat de paris à la mi juillet, il m'avait été dit qu'il fallait rappeler après le 18 Aout car aucun planning n'était disponible à ce jour. Le 19 Aout, je rappelle donc, personne ne répond, j'insiste, rien. J'appelle ainsi tous les jours du 19 Aout au 1er septembre, une fois par heure,entre 9H et 17H. Sans jamais réussir à les joindre. Comme j'habite en province, je ne peux pas me rendre sur place.

En désespoir de cause, je décide de me tourner vers Brazzaville. Un des mes contacts là bas réussit à joindre quelqu'un qui connait quelqu'un qui au fait des déplacements de ces messieurs de l'immigration. Cette personne m'apprend qu'ils sont arrivés à Paris le Mardi 02 /09 et que les opérations de dépôt de dossier démarreront le Mardi 08/09 soit une semaine plus tard.

Attendre, encore et toujours:

Le jour dit, je me lève très tôt prend mon train et me rends 37 Rue Paul Valery. J'y arrive à 10H. Il y a un mode fou, près de deux cents personnes; je ne m'y attendais pas. Les opérations de dépôt de dossiers n'ont manifestement pas encore démarré ( notons qu'elles sont censées débuter à 10H). Aucun fonctionnaire en vue auprès de qui me renseigner, je demande autour de moi et, j'apprends qu'il y a une liste qui circule dans la foule sur laquelle il faut s'inscrire. Je m'y inscris donc.

J'enfile mon lecteur MP3 et j'attends. 11H30 un monsieur se pointe, et commence à distribuer les formulaires de demande de passeport sur la base des listes que nous avons établies. Entre temps le nombre de requérants à augmenté : un peu plus de 300 personnes!

Les choses se déroulent de la manière suivante: à l'appel de votre nom, un formulaire vous est remis auquel est adjoint un numéro. Il faut ensuite aller faire la queue muni de ce formulaire dument rempli et des pièces requises auprès d'un deuxième guichet et, attendre d'être à nouveau appelé pour le dépôt effectif du dossier et le prélèvement des empreintes digitales.

Or, quelle n'est pas notre surprise de constater que les personnes qui s'étaient inscrites en premier sur la fameuse liste sont appelées après une quarante de candidats qui eux ne s'étaient enregistrés nul part. Il s'agissait là de ce qu'ils appellent pudiquement là bas des "cas sociaux" c'est à dire, de personnes dont l'oncle est l' ami d'un monsieur qui connait la makango de quelqu'un qui connait quelqu'un qui «gère» ces formulaires.

Qu'à cela ne tienne, les gens en prennent leur parti, après tout c'est le pays qui veut cela disent t-ils. La distribution des formulaires avancent cahin-caha entrecoupée de quelques cas sociaux.

Personne ne sait rien:

"Je ne sais pas" tel est le refrain qui m'a été servi par les agents de l'ambassade pendant tout l'après midi. En effet, aux alentours de 14H, sans aucune explication , le préposé à la distribution des formulaire fait pose. J'entends murmurer ici et là que c'est parce qu'il faut attendre que le pool de ceux qui ont déjà leur formulaire soit réduit mais, toujours aucune information officielle.

Pendant que nous rasons les murs, chassant la moindre ombre pour nous abriter du soleil, ces messieurs entrent, sortent, tiennent des conciliabules, ouvrent et ferment des portes bref, on ne nous dit rien. Quand ils ne savent pas, au mieux ce n'est pas eux, il faut s'adresser à quelqu'un d'autre, un être mystérieux qui n'est jamais nommément désigné, au pire, on a droit à une indifférence glaciale d'avoir eu l'outrecuidance d'interpeller leur auguste personne; l'air dédaigneux et regard hautain compris dans le forfait.

Il est un peu plus de 17H quand le gestionnaire des fameux formulaires vient nous annoncer sans aucune gène ni état d'âme qu'il y avait rupture de stock ( de formulaire) et qu'il fallait revenir le surlendemain ( jeudi). Plus de la moitié des requérants n'avaient pas encore été servi; près de deux cents personnes. 

Jeudi 10/09, l'histoire se répète:

La journée démarre mal pour moi. Je rate mon train et réussi in extremis à choper le suivant. J'arrive à l'ambassade à 10H30; un peu plus tard que la 1er fois.

L'intrigue tragi comique qu'ils nous jouent depuis mardi semble être est la même, seul le décor diffère. Cette fois en effet, nous sommes tout bonnement entassés à l'extérieur de l'ambassade; il nous est interdit de pénétrer l'enceinte de notre propre représentation nationale.

J'apprends dans la foule qu'il en était déjà ainsi la veille (pour ceux qui étaient là pour retirer leur passeport). Les riverains de la rue Paul Valery inquiets - un attroupement de nègres dans une rue aussi étroite à de quoi effrayer plus d'un français - avaient fait appel à la police qui était venue sur place s'enquérir de la situation.

Je cherche à me renseigner de ce qu'il est advenu de la liste du mardi censée être prioritaire, point de réponse. Normal puisque pas d'interlocuteur, personne pour répondre à nos questions. Je m'inscris néanmoins sur la liste du jour. 11H, la distribution des formulaires démarre.

Ceux qui obtiennent le précieux sésame peuvent pénétrer dans les locaux de l'ambassade, le reste attend dehors. Notons également l'omniprésence des cas sociaux qui entrent et sortent par des entrées dérobés. J'ai ainsi attendu jusqu'à 16h, heure à laquelle ce fichu formulaire m'a finalement été remis. J'ai encore dû attendre jusqu'à 20H pour enfin déposer l'ensemble de mon dossier et me faire relever mes empreintes. 

J'en suis sortie trois quart d'heure plus tard, éreintée et désabusée. Il n'y avait plus de trains au départ de Paris pour ma ville, j'ai du passer la nuit sur place.

Chèr(e)s ami(e)s vous aurez compris que pour déposer un dossier de demande de passeport, un document que tout État garanti de droit à ses citoyens, il m'a fallu mobiliser presque 3 journées ce qui représente un véritable manque à gagner pour qui exerce une activité nécessitant sa présence quotidienne. J'ai du mettre toutes mes activités en stand by pendant presque 72 heures!!

Volonté délibérée de mener les congolais en bateau ou réelle incapacité à s'organiser correctement?

Je préfère pencher pour la première hypothèse, vraiment. Je refuse de croire, de concevoir qu'un État comme le notre à presque 50 ans d'existence soit incapable d'organiser la gestion de la réception des dossiers de demande de passeports!!

Cela fait presqu'un an que les passeports biométriques sont été mis en circulation. Ces messieurs sont-ils incapables d'estimer le nombre de requérants qu'il y a en moyenne, à chaque fois et de prévoir un nombre de formulaire en conséquence. Comment peut on renvoyer des congolais qui ce sont déplacés, qui ont pris toute leur journée, qui quelques fois viennent de l'autre bout de la France parce qu'il y a plus de formulaire! C'est incroyable!

Pourquoi ne pas mettre ces formulaires en ligne? Les gens viendront ainsi avec leurs formulaires déjà remplis. Non seulement ce sera une étape de gagnée dans le processus mais en plus, l'Etat fera des économies sur les frais d'impression. L'agent préposé à la distribution de formulaire pourra être affecté à d'autres taches. Il pourra par exemple renforcer l'équipe qui réceptionne les dossiers ou gérer un standard ou un guichet de renseignement. Les gens ne seront plus baladés de gauche à droite. 

Si les services consulaires sont incapables de s'offrir une vitrine virtuelle parce qu'ils n'auraient pas le budget nécessaire pour payer l'hébergement et la maintenance d'un site, parce qu'il y a incapacité patente d'envisager la mise en ligne de ce formulaire ou pour n'importe quelles autres raisons fallacieuses; qu'ils les mettent à disposition de tout le monde. Chacun viendra se servir et ira chercher un numéro de passage à un guichet qui aura été mise en place à cet effet!

Copions ce qui se fait chez les autres, n'en ayons pas honte. De nombreux pays africains utilisent le web pour gérer ces choses là. le Mali, la cote d'ivoire, le Benin, le Gabon, le Burkina Faso, la Guinée, le Rwanda etc offrent la possibilité à leurs ressortissants de télécharger ces formulaires.

Je ne sais pas comme cela se passe pour ce qui est de la gestion des demandes en aval mais je peux déjà dire sans trop m'avancer que les guinéens, maliens et autres ivoiriens n'attendent pas indéfiniment pour se voir remettre un morceau de papier imprimé sans aucune valeur administrative.

Qu'est ce que ces pays dont certains sont des dictatures ont de plus que nous? La capacité de reflexion, le sens logique ont ils désormais déserté la rive droite du fleuve congo ? 

La dernière fois que j'ai été trimballée de le sorte dans une administration c'était au commissariat central de Brazzaville. Le chefaillon, un monsieur ventripotent ne venait qu'une demi heure par jour pour signer les attestations d'identité. La mienne ne faisait évidement jamais parti du lot; normal j'avais refusé de "payer". 

Des années plus tard, c'est toujours la même rengaine, les couplets changent mais le refrain reste le même. Les choses vont de mal en pis, cela ne semble émouvoir personne. Rien de significatif n'est fait pour optimiser les performances des services administratifs congolais. La moindre petite tache doit être exécuter des heures durant.

Comme autrefois au commissariat central, Il faut connaître quelqu'un, il faut être coopté, il faut graisser la patte d'un agent, courir après ces messieurs en leur donnant du "yaya" ou du "tonton".

J'ai appris à l'ambassade qu'un système parallèle avait été mis en place par lequel moyennant quelques dizaines d'euros on pouvait obtenir le précieux formulaire sans attendre comme les autres.

La délivrance d'un passeport n'est pourtant pas une faveur que nous fait le Congo par le bais de ses fonctionnaires. Il s'agit là d'un droit dont tout citoyen devrait pouvoir se réclamer d'autant que ce document est payant.

Je mets mon pouce droit à couper qu'aucune leçon ne sera tirée de ce grand désordre parisien, ces fonctionnaires sont paraît il en tournée dans le reste de l'Europe jusqu'au 10 octobre. Partout où ils passeront, les mêmes travers seront répétés comme cela se fait dans toutes nos administrations là bas au pays.

Et comme nous n'avons aucune culture du résultat, personne ne prendra l'initiative de rénover le système. 

K.N.

 

La diaspora se défie-t-elle d’elle-même ?

Un curieux message, signé Sébastien Kebra et repris par notre confrère « Le Moustique », est tombé dans nos mails. Cet appel à la défiance nous effraie et nous scandalise. On serait responsable de sa parenté, qui elle-même impliquerait l’allégeance à un clan ou a un autre. On va même, dans les commentaires parus dans congo-internet.com, jusqu’à prétendre qu’un journaliste qui interviewe un ministre prend parti pour celui-ci. Singulière façon de cataloguer les gens. Qui au Congo n’est apparenté a personne de la majorité ? Il sera bien difficile de trouver un seul individu dans ce cas. Tout donc le monde est donc suspect, inclus notre très regretté Bruno Ossebi-Jacquet. Lisez et faites vous une idée.

 Ya Sanza

---------------------------------------------------------------------------------------------------------- début de citation

La Diaspora congolaise de Paris est-elle remplie de taupes ?

Après les espoirs déçus, tout le monde semble aujourd’hui s’en prendre au seul Front des Partis de l’opposition (FPOC). Même s’il est vrai que ce FPOC est rempli des personnages ambigus et on peut citer pêle-mêle Ange Edouard POUNGUI pour ces liens familiaux bien connus avec SASSOU ou Guy-Romain KINFOUSSIA dont la campagne travaille avec Antoinette SASSOU ou encore Bonaventure MBAYA dont on connaît son penchant pour l’argent facile, la question que l’on peut se poser aujourd’hui est celle de savoir si la Diaspora congolaise, notamment celle de Paris ne compte pas elle aussi des taupes en son sein. Il est en effet très difficile de ne pas se poser cette question cruciale.

Sans pour autant pointer personne du doigt, nous pouvons tout de même noter que :

  • Bienvenu MABILEMONO est un Ancien Enfant de Troupe et il a été formé à l’école du PCT proche de LEKOUNDZOU et d’OBA-APOUNOU. Et d’ailleurs il a toujours joué la transparence et n’a jamais fait mystère de sa proximité avec le milieu du PCT et de la famille NGUESSO.
  • Gérard MILANDOU qui se prend pour l’opposant le plus intraitable et le plus radical au régime de SASSOU, est lui aussi un ancien du PCT. Très présent à Montaigne et à Magenta aux cotés de son mentor Serge Michel ODZOCKI, l’actuel ministre de la jeunesse et du sport dont il est resté très proche, il a participé à la stratégie de reconquête du pouvoir par SASSOU.
  • Benjamin TOUGAMANI est le frère d’OMBESSA. Or tout le monde sait que ce dernier travaille avec SASSOU. De plus, en tant qu’ancien M22, il est resté très proche de Camille BONGOU et chacun sait que Camille BONGO est avec SASSOU.
  • Raphaël GOMA est l’ancien secrétaire général-adjoint de l’UJSC à la FAC des sciences de Brazzaville et il est aujourd’hui marié à la fille de Charles David GANAO et tout le monde sait que GANAO est proche de SASSOU. Et quand on sait les soupçons qui pèsent sur Ange Edouard POUNGUI du fait de son mariage avec une nièce de SASSOU, il est très difficile de passer sous silence ce lien familial avec GANAO.
  • Marcel GUITOUKOULOU est un ancien membre de l’UJSC et ancien collègue d’Edith Lucie SASSOU à l’INSSA. Il a commencé à fréquenté SASSOU depuis cette époque où il était étudiant à l’INSSA et n’a jamais rompu ce lien.
  • Théo SENGA qui a grandi à Moungali est un ancien proche de la famille du feu-Président NGOUABI. Ancien maître des arts martiaux, il a notamment enseigné le Karaté à Florent NTSIBA dont il est resté très proche.
  • Toussaint MAVOUNGOU est bien connu de tout le monde comme étant un proche de Madame Antoine SASSOU. Il a eu à gérer les affaires de cette dernière en France et continue de bénéficier de ses largesses.
  • Jean Didier MILEBE dont le dernier article paru sur Zenga-mambu montre bien qu’il est prêt à rejoindre SASSOU si ce dernier fait appel à lui, est un pur produit de la politique du PCT. Il a été formé par Victor TAMBA-TAMBA dont il est resté très proche. Et là aussi chacun connaît le jeu de TAMBA-TAMBA.
  • Tony Gilbert MOUDILOU est espion né. Il joue sur tous terrains de SASSOU à BONGO en passant par KABILA.

Cette liste n’est pas exhaustive et nous pouvons d’ores et déjà dire que désormais nous allons pister tout le monde et mettre en lumière la face cachée de celles et ceux qui font la pluie et le beau temps sur la place de Paris. Tous ceux et celles qui ont toujours joué les «eaux troubles » et qui ont réussi jusque-là à cacher leurs liens actuels ou passés, directs ou indirects, avec les milieux du pouvoir seront démasqués.

Sébastien KEBRA

L’Observateur avisé (sic)

---------------------------------------------------------------------------------------------------------- fin de citation

Retour du Congo

 De retour, après un voyage familial d'1 mois au Congo, du 8 juillet au 9 aout 2009. J'ai donc passé la journée du 12 juillet au pays des ancêtres, journée de la honte !

Pour la première fois, il me manque des mots pour décrire ce séjour.

En bref, au-delà de la chaleur humaine dont l'Afrique a le secret, le Congo est devenu la caractéristique la plus absolue d'une société en décadence.



Pays le plus sale de la planète, de Pointe-Noire à Brazzaville, c'est le même spectacle de la saleté où cohabitent détritus et aliments de base dans les marchés, et détritus et habitations dans les quartiers ; aucune canalisation n'existe ou ne fonctionne, le Congolais rumine, ravale ses propres détritus et ses immondices avec le lot de bactéries et autres virus qui l'assaillent sans la moindre possibilité des soins dignes de ce nom. Les habitants de Moungali du secteur se situant en contre-bas de l'Hôpital Général ont vu leurs habitations inondées par des eaux venant de la morgue municipale de Brazzaville. On dit que ce spectacle est de longue date, ce qui n'a jamais dérangé le sommeil des autorités de ce pays pétrolier. Dans le quartier Louandjili à Pointe-Noire, les habitants du quartier subissent le même calvaire avec la stagnation des eaux de la morgue de l'hôpital de Louandjili dont la puanteur est suffocante et sans doute toxique. Là aussi, on me signale que c'est de longue date sans que le sommeil d'une autorité de la ville pétrolière ne soit dérangé.



La Civilisation de la mort 

Le bâtisseur dit infatigable, j'aurais mieux dit le destructeur infatigable s'attèle à bâtir une civilisation de la mort en lieu et place de la civilisation de la vie, car comment comprendre que le lieu dont la mission est d'éviter la mort sinon de la repousser, qu'est le CHU avec ce qui lui reste d'un dispensaire de campagne abandonné, est devenu le mouroir des congolais alors que la morgue ressemble a un hôtel ? Certes, il faut traiter les morts avec le plus grand soin, ne serait-il pas judicieux de commencer par défendre la vie c'est à dire sauver les malades ?



Durant ce séjour, j'ai été assisté à 4 places mortuaires des connaissances plus ou moins directes. L'industrie de la mort est très rentable dans le Congo de Sassou. Itatolo, le cimetière municipal est rempli, plus d'espace. Les cimetières privés sont devenus le marché des nouveaux opérateurs économiques congolais, vocable à la mode pour désigner les nouveaux riches qui se bousculent au portillon pour se partager au couteau le gâteau des chantiers attribués par le département des grands travaux. Sur-facturation et autres magouilles avec les ministres et le clan présidentiel, sont la marque de fabrique de ces sangsues des Congolais.



"mais papa ça fait danser cette voiture"

Quant au réseau routier de Brazzaville ou de Pointe-Noire, les principales artères de ces villes sont soit remplies de nid-de-poule, soit carrément désasphaltées. La rue M'bochi qui relie Ouenzé-Poto-poto-Mounglai, est symbolique de cet état de choses, car elle n'a même plus d'asphalte. Plus aucun taxi à Brazzaville ne termine une grande artère de part en part sans emprunter une bretelle de fortune dans une rue de quartier. Pour faire rire les chauffeurs de taxie quand ma fille me dit : "mais papa ça fait danser cette voiture" ; je dis au chauffeur, le bâtisseur du pays étant infatigable, il convient de lui lister tous les nids-de-poule et autres disparitions d'asphaltes afin qu'il s'en occupe avec l'entrain qu'on lui connait. En général, le sourire du chauffeur "mopila", s'accompagne toujours : "c'est le plan de Dieu". Dieu, dans toutes les bouches des congolais, vrai opium du peuple comme disait le vieux Marx. 



La dépolitisation des congolais ou l'abrutissement collectif 

La religion et son corollaire : sorcellerie, sont la véritable maladie des pauvres. A Pointe-noire comme à Brazzaville, s'érigent des véritables temples d'église de réveil grâce à la quête "mabonza" des fidèles pourtant très nécessiteux. Paradoxe pour paradoxe, les congolais sont incapables de s'organiser avec la même patience et la même dévotion pour mettre en place des coopératives économiques tant en agriculture ou en pêche afin de combattre la malnutrition et la famine qui les assaillent. Ils attendent le retour de Dieu qui pourtant leur a donné toutes fonctions des Êtres humains (cerveau, pieds, mains...) comme aux chinois, aux américains, afin de développer leur pays. Les bénéficiaires de cette psychologie collective de la misère de peuples arriérés sont d'abord les pasteurs, et les autorités politiques ensuite.



L'absence de la conscience politique chez les congolais est telle que le responsable de leurs déboires sociaux est le sorcier, véritable bouc-émissaire. Ainsi un masochisme bien congolais voudrait que les personnes âgées dans les familles, souvent très pauvres elles-mêmes, s'adonnent à la sorcellerie. Ce qui ferait d'elles, des personnes très riches dans la vie parallèle que personne n'a jamais vu d'ailleurs. Les pasteurs, devenus des vrais psychologues de ce monde de zombies, exploitent et abusent cet abrutissement collectif pour leur seul bonheur, et évidemment des dirigeants politiques.



Le summum de cette dépolitisation m'a été donné de constater lorsqu'un cousin est venu me rendre visite, habillé en tee-shirt du slogan "bâtisseur infatigable". Il me dit qu'il cherche de l'eau pour apporter à son père hospitalisé. Donc, les malades n'ont pas d'eau et c'est à chaque parent d'apporter de l'eau. Je lui demande s'il n y avait pas une relation intellectuelle entre l'absence d'eau à l'hôpital et le slogan "bâtisseur infatigable" joliment arboré sur sa poitrine. Il me dit, toi, tu réfléchis trop. Ainsi va le Congo de Sassou.



Si l'hôpital manque d'eau, l'électricité aussi, est une denrée rare dans le pays du bâtisseur infatigable. Dans certains quartiers, on peut compter 5 jours d'absence d'eau et d'électricité. Un fonctionnaire du ministère du plan, si vous avez bien lu, le ministère qui planifie le Congo, m'explique que souvent, il leur manque électricité par conséquent le personnel s'arrête de travailler en attendant tranquillement l'heure du départ. Et cette situation dure depuis des années. C'est dire la sous-production économique, administrative et industrielle (pour ce qui fait office d'industrie), que subit le Congo de Sassou.



Pas de fatalité

Aucune fatalité. Cette description crue doit inciter tout congolais épris d'amour pour son pays à s'engager à mettre fin à ce suicide collectif le plus vite possible. La civilisation de la mort à laquelle nous sommes invités malgré nous à bâtir, peut s'arrêter si chaque congolais dramatise son existence tout en jouant collectif. Nous avons la clef de notre épanouissement en ayant une conscience victorieuse et non défaitiste. 



Œuvrons tous ensemble pour la Civilisation de la Vie !



Panafricainement,

Hannibal

Du vilain et du pas beau au Congo In la Lettre du Continent

 

COMMISIMPEX en arbitrage à la CCI.

Une forte délégation congolaise s'est rendue à Paris en jet privé, du 19 au 21 décembre, afin d'assister à un nouvel arbitrage devant la Chambre de commerce internationale (CCI) dans le cadre de l'affaire opposant le Congo-B à l'homme d'affaires  Mohsen Hojeij.

Ce dernier, patron du groupe de BTP Commisimpex, tente depuis plusieurs années de recouvrer une créance de près de 750 millions $. Emmenée par Alphonse Moubanga, le directeur de cabinet du ministre congolais de la justice, la délégation venue tout droit de Brazzaville comprenait également Gabriel Longombé, ex-secrétaire général de la présidence et cosignataire, avec Jean-Dominique Okemba, d'un premier protocole d'accord en 2003. Parmi les autres membres citons Roger Ngossaki et Félix Boueno, anciens directeurs de la Caisse autonome d'amortissement (CAA) sous la présidence de  Pascal Lissouba, l'ex-ministre des finances Clément Mouamba, l'ancien directeur de cabinet de Lissouba, Martial De Paul Ikounga, l'actuel secrétaire général du gouvernement, Benjamin Boumakani, et le premier président de la Cour suprême du Congo, Placide Lenga. Brazzaville est défendu par le cabinet Cleary Gottlieb.

SONO PLUS attaque Brazzaville en justice.

Patron de la société  Sono Plus, spécialisée dans les prestations événementielles (sonorisation, effets lumineux, audiovisuel...), François-Xavier Malinowski s'apprête à déposer plainte en France contre Edgard Nguesso. En tant que directeur général du domaine présidentiel du Congo-B (DDP), ce dernier a passé en 2004 pour plus de 350 millions FCFA (533 000€) de commandes d'équipements et de prestations dans le cadre de la fête de l'indépendance organisée le 15 août 2004. Depuis cette date, la société basée à Amiens, dans le nord de la France, attend le règlement de sa facture... François-Xavier Malinowski, qui rejoint la longue liste des créanciers privés du Congo-B, devrait s'entourer de ténors du barreau d'Amiens, mais également d'avocats congolais pour réclamer de lourds dommages et intérêts.

AFRIQUE/ETATS"UNIS

La DEA sur la piste des belles américaines

Une enquête de la Drug Enforcement Administration (DEA) sur le financement d'organisations comme le Hezbollah via les fi lières des véhicules d'occasion en Afrique a suscité  une plainte du procureur General de New York.

Une plainte civile déposée le 15 décembre aux Etats-Unis par le procureur General de New York pourrait révéler la face sombre du marché de la voiture d'occasion en Afrique. Selon le département américain de la justice, qui s'appuie sur les investigations de la Drug Enforcement Administration  (DEA), 490 millions $ auraient été' consacrés à l'acquisition de véhicules aux Etats-Unis destines à être exportes sur le continent africain entre 2007 et début 2011. Ces voitures, qui auraient été achetées grâce à l'argent des trafics de drogue (Colombie, Afghanistan...), ont principalement pénétré par le Togo et le Benin.

Selon la DEA, l'argent résultant de la vente des voitures, réexpédié au Liban, constituerait l'un des principaux soutiens à des groupes tels que le Hezbollah - organisation classée comme terroriste depuis 1997 par les Etats-Unis. Toujours selon la DEA, qui a publié la plainte du procureur sur son site, ces réseaux engloberaient des institutions bancaires et des maisons de change libanaises comme la Lebanese Canadian Bank  (LCB),  Cybamar Swiss GMBH, Hassan Ayash Exchange Co. et Ellissa Exchange Co.  Une trentaine d'hommes d'affaires libanais, autres acteurs présumés des ces circuits, ont par ailleurs été "tracés" comme les acheteurs des véhicules. Plusieurs d'entre eux, patrons de sociétés d'import-export en Afrique et au  Liban disposant de filiales aux Etats-Unis, entretiendraient des rapports avec des narcotrafiquants comme Ayman Joumaa et Maroun Saade. Certains sont nommément cités par le DEA à l'instar d'Oussama Salhab, très visible au Togo et qualifié "d'agent actif du Hezbollah". Ali Tajideen, patron de Tajco SARL, société présente en Gambie, au Congo-K et en Sierra Leone, est également dans le viseur de la justice américaine, tout comme Ali Mohamed Kharroubi , patron d' Ellissa Holding, qui vit entre le Liban et le Bénin. Empire de la filière d'occasion en Afrique, le Bénin est d'ailleurs particulièrement épinglé'. "Plusieurs centaines de millions de dollars sont chaque année transportés de ce pays vers le Liban via des passeurs et des agents de change", note la DEA.

 

NDLR : Elissa holding est ce marchand de voitures d’occasion auquel la mairie de Pointe-Noire a cédé l’usage des terrains de sports du Lycée Poaty Bernard pour installer son entrepot sous douanes.

 

Emile Ouosso a lancé le programme d’urgence d’aménagement des routes dans le Pool

 

Le ministre de l’équipement et des travaux publics, Emile Ouosso, a donné, lundi 19 septembre 2011, à Kinkala, chef-lieu du Pool, le coup d’envoi des travaux d’aménagement et de réhabilitation des routes dans le département du Pool. Certains tronçons routiers seront bitumés, dans le cadre de la municipalisation accélérée. La cérémonie s’est déroulée dans la salle de conférence du conseil départemental, en présence de Jean Michel Shanga, préfet du Pool, et Fidèle Kanza, président du conseil départemental. On a noté, également, la présence de l’administrateur-maire de Kinkala, Anne Marie Bernardine Malonga, et de Joseph Kitsadi, sous-préfet du district de Kinkala. 

Le programme d’urgence d’aménagement des routes exposé aux conseillers départementaux, aux directeurs et chefs de service départementaux prévoit de bitumer 513 kms, 59 kms de routes bitumées à réhabiliter et 814 kms de routes en terre. Deux ponts seront, également, construits, à Kitembé, sur la rivière Louladi, sur la route Vindza-Kimba, en allant vers Zanaga, et sur la rivière Ndouo, vers Vindza.

Dans le cadre du programme d’urgence, le Ministère de l’équipement et des travaux publics a tenu à s’attaquer, d’abord, aux endroits où il y a rupture du trafic. Plusieurs routes sont inscrites dans ce programme. Il s’agit de:

- la route Ngangalingolo-Linzolo-Mbandza-Ndounga-Kimpandzou-Voka: 115 kms;

- la route Brazzaville-Mayama-Kindamba: 148 kms;

- la route Mayitoukou-Ngoma-Tsétsé: 35 kms;

- la route Inoni-Mbé-Ngabé: 80 kms;

- la route Odziba-Mbé: 54 kms;

- la route Kinkala-Mindouli-Kindamba: 148 kms;

- la route Kindamba-Vindza-Kimba-Ingoumina: 185 kms;

- la route Vindza-Mpé-Djambala: 120 kms;

- la route Boulankio-Nkoué: 60 kms;

- et, enfin, Louingui-Loumo-Ntombo-Manianga: 70 kms.

Ces  routes retenues seront aménagées, réhabilitées et latéritées, avant le 15 août 2012, par le ministère de l’équipement et des travaux publics. Ils permettront un trafic régulier. C’est un pari pour le ministère des travaux publics. Selon le directeur général des travaux publics, Blaise Onanga, ces axes routiers connaîtront une intervention de gros moyens, pour les rendre opérationnels à la circulation automobile.

Deux axes routiers seront bitumés:

- Brazzaville-Mayama (80 kms);

- Kinkala-Mindouli (55 km).

Quatre équipes, constituées de techniciens supérieurs des travaux publics, se déploient, depuis mardi 20 septembre 2011, à travers le département du Pool, pour récolter les données techniques des routes programmées, au regard de la répartition définie par le ministère, en quatre points cardinaux.

Pour le gouvernement, il y a une priorité de nourrir les Congolais et le Pool étant un important grenier de Brazzaville, le ministre Emile Ouosso a indiqué que la volonté du gouvernement est d’ouvrir les pistes agricoles, dans tout le département, comme par le passé. Le programme d’aménagement des routes, après le 15 août 2012 va se poursuvre.

Après Kinkala, le ministre Emile Ouosso et son homologue Rigobert Maboundou, ministre de l’agriculture et de l’élevage, se sont rendus à Mbanza-Ndounga, pour se rendre compte de l’évolution des travaux d’aménagement et de réouverture de la route Ngangalingolo-Linzolo-Mbanzandouga-Kimpanzou-Voka. Ils ont été accueillis, à Mbanza-Ndounga, par le sous-préfet Théodore Kiamossi. Les travaux  de réhabilitation de cette route sont en cours d’exécution, par l’entreprise C.b.h (Construction bâtiment Hassan). Les ravins de Mabenga,  Massissia et Linzolo sont enrayés. Actuellement, l’entreprise C.b.h se déploie aux travaux de réouverture de la partie Linzolo/Mbandza-Ndounga. La réalisation des routes est une action indispensable pour l’agriculture, a reconnu le ministre Rigobert Maboundou. Par tradition, le Pool est un département qui travaille beaucoup et qui est, essentiellement, agricole.

Il sied de rappeler que le Pool a une superficie de 34.000 km2 et compte une population estimée à 337.781 habitants.

Philippe BANZ

(La Semaine Africaine)

 

NDLR : Considéré comme sinistré depuis les épisodes guerriers qui ici se sont prolongés ici plus qu'ailleurs, le département du Pool devrait faire peau neuve d'ici le 15 août 2012 si les promesses sont tenues.

En remplacement des sachets plastiques, pourquoi pas le filet à provisions ?

 Une fois n'est pas coûtume, l'éditorial des "Dépêches de Brazzaville" de ce jour lève un lièvre qui mérite de l'être : Aucune mesure n'a été prise pour remplacer les sachets plastique désormais hors la loi.

Dès le début de la campagne entreprise sur internet pour interdire les sachets plastiques, nous nous étions élevés contre les conséquences d'une mesure d'interdiction brutale, telle que celle à laquelle commerçants et consommateurs sont confrontés aujourd'hui. Nous pensions et pensons toujours que des mesures progressives, comme de lourdes taxations, auraient permis de mettre en place des solutions alternatives. Las... on a, comme trop souvent, préféré la brutalité. 

On constate aujourd'hui que la plupart des sachets en papier mis à disposition sont de piètre qualité et le recours sur les marchés à des papiers récupérés, sacs de ciment ou vieux journaux, ne présente pas la moindre garantie d'hygienne.

Quel produit de substitution pourrait-on trouver aux emballages plastique ? Nous conviendrons qu'il est possible de faire ses courses avec un cabas ou un panier de vanerie, mais l'objet est encombrant surtout quand il est vide.

 

Autrefois, presque tout le monde avait, monsieur dans sa poche, madame dans son sac à mains, un filet à provisions qui ne tenait aucune place quand il n'était pas utilisé. C'est au retour de cet objet simple, pratique et peu onéreux qu'il faudrait songer.

Pourquoi ne pas envisager le recyclage des plastiques dans la confection de ce type de produit ? Ils pourraient être réalisé en macramé ou au crochet et fournir quelques emplois à une population qui en manque terriblement. 

Peut-être est-il plus facile d'attendre que nos amis extrème orientaux, ne s'avisent de ce hiatus et qu'ils se mettent a les importer en grandes quantités, il serait pourtant dommage de passer à côté d'une telle oportunité.

 


 

L'éditorial des "Dépêches de Brazzaville" :

 

Sachets
 

Il est bien vrai, indiscutable même, que la suppression des sachets en plastique qui, jusqu'à présent, servaient à de multiples usages avant d'être jetés sur le sol au risque de créer une inquiétante dégradation de l'environnement, est une décision logique, saine, dont les effets devraient être bénéfiques à long terme. Mais, en attendant, elle a créé un vide regrettable dans les villes où elle se trouve appliquée car elle n'a pas été accompagnée par la mise en place de produits de remplacement telle que le papier, le carton, le tissu.

Résultat : sur les marchés, vendeurs et consommateurs cherchent désespérément comment emballer les produits qu'ils vendent ou qu'ils achètent, se disputent les rares sacs existants et, pour finir, se rabattent clandestinement sur les maudits sachets en plastique qui se vendent plus que jamais sous le manteau. D'où un désordre qui n'est peut-être pas perceptible dans les bureaux des administrations concernées par cette affaire mais que les citoyens, tous les citoyens sans exception, constatent quotidiennement.

Il est bien vrai que la prolifération du plastique dégradait fortement l'environnement urbain et ne pouvait manquer tôt ou tard de provoquer des troubles de la santé contre lesquels il aurait été difficile de lutter. Jetés négligemment dans les rues, les caniveaux, les ruisseaux, les terrains vagues alors qu'ils ne peuvent se détruire naturellement, les sachets constituaient une menace latente que ne pouvaient sous-estimer les pouvoirs publics. Mais étant donné l'importance du commerce urbain, il aurait été sage, d'abord, d'organiser leur disparition progressive, ensuite de prévoir des produits de remplacement, en papier notamment. Ce qui, hélas ! n'a pas été fait et qui devra impérativement l'être dans les semaines et les mois à venir si, du moins, l'on veut réellement gagner cette bataille en faveur de l'hygiène publique.

Il ne nous appartient évidemment pas de dire comment les administrations concernées devraient s'y prendre pour mettre en place les produits de substitution sans lesquels leur décision citoyenne demeurera lettre morte, mais le simple bon sens devait les amener à réfléchir sérieusement au problème afin de lui trouver des réponses pratiques.

S'il n'en va pas ainsi, il y a fort à parier que la situation s'aggravera dans les villes et que les sachets en plastique referont vite surface faute de produits de remplacement.

 

Engagement non tenu, procès en vue : la famille de Brazza attaque le Congo

La dépouille de Pierre Savorgnan de Brazza avait été transférée en 2006 d'Alger, où elle reposait jusqu'alors, pour être solennellement réinhumée à Brazzaville, la capitale du Congo qu'il fonda en 1880. Il repose depuis au coeur de la ville, dans un caveau surmonté d'un imposant mémorial.

La Lettre du Continent rappelle que certains de ses descendants (italiens) avaient accepté que ses restes soient ramenés à Brazzaville à condition que le Congo s'engage, entre autres, à édifier une statue d'un roi local près de celle de l'explorateur, à construire un dispensaire ou bitumer une piste menant à la localité de Mbé.

Mais aucun de ces engagements n'a été tenu.

Des descendants de Savorgnan de Brazza poursuivent le Congo en justice

 05.02.10 | 16h49 

Des  descendants de Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) ont assigné en justice à Paris l'Etat congolais, à qui ils reprochent de ne pas avoir respecté des engagements pris lors de l'inhumation en 2006 à Brazzaville de l'explorateur français d'origine italienne, a-t-on appris vendredi.

 

 

 

 

Révélée par La Lettre du Continent, cette procédure, engagée au civil devant le tribunal de grande instance de Paris, a été confirmée à l'AFP par un avocat.

Le tribunal a proposé une médiation. Une audience de procédure est prévue le 29 mars, a précisé Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat de la République du Congo dans cette affaire.

La dépouille de Pierre Savorgnan de Brazza avait été transférée en 2006 d'Alger, où elle reposait jusqu'alors, pour être solennellement réinhumée à Brazzaville, la capitale du Congo qu'il fonda en 1880. Il repose depuis au coeur de la ville, dans un caveau surmonté d'un imposant mémorial.

La Lettre du Continent rappelle que certains de ses descendants (italiens) avaient accepté que ses restes soient ramenés à Brazzaville à condition que le Congo s'engage, entre autres, à édifier une statue d'un roi local près de celle de l'explorateur, à construire un dispensaire ou bitumer une piste menant à la localité de Mbé.

La cour du royaume des Tékés, à l'origine du traité ayant permis la colonisation française du Congo, avait également pris part aux négociations. Les Tékés auraient voulu que l'explorateur repose à Mbé, leur capitale, à 150 km de Brazzaville. Mais ils n'avaient pas obtenu satisfaction et il avait été convenu que le royaume reçoive des compensations (route, hôpital, école...).

Le Congo se voit maintenant reprocher de ne pas avoir tenu ses promesses.


Quel paradoxe, ce sont les descendants du colonisateur qui aujourd'hui font la leçon au gouvernement pour le contraindre à respecter sa parole d'améliorer le sort de ses propres ressortissants.

Enseignement : L'émulation, moteur de l'éducation

(Syfia/CRP) Pour plusieurs associations qui, sur le terrain, donnent des fournitures et des bourses aux meilleurs élèves, l'État gagnerait à encourager davantage ses écoliers et étudiants les plus méritants. Comme il le faisait hier, il fournirait ainsi au pays de futurs cadres compétitifs.
 
Pascal Lissouba, premier docteur d’État (en génétique), fait partie de ces intellectuels qui ont fait la fierté du Congo à l'étranger. Comme d'autres, il a été soutenu par les pouvoirs publics. De l’indépendance aux années 90, l’État récompensait en effet les meilleurs élèves par la remise de prix et de bourses d’études, ainsi que le placement en internat.
"Une merveilleuse vie nous attendait à la fac et au campus", se rappelle Kally Djatou. Aujourd’hui professeur de lettres dans un collège, il se souvient des vélomoteurs que se procuraient la plupart des étudiants grâce à leur bourse mensuelle de 30 000 Fcfa (45 €) allouée par l’État. En 1985, Bertin Joël Likibi, instituteur dans une école privée, avait, lui, bénéficié de différentes fournitures après avoir obtenu la meilleure moyenne au collège.
Pierre Mbou, économiste, résume ainsi cette période : "C’était l’époque de l’école agréable. Même le fils d’un pauvre pouvait aller aussi loin que possible dans son parcours scolaire. La preuve en est qu’une bonne partie des intellectuels congolais d’aujourd’hui est constituée de fils de paysans."
 
"Mes illusions se sont effondrées"
La donne a changé. Depuis les années 90, il n’existe plus d'internats. Quant à la bourse versée par l'État, son montant n'a pas changé (30 000 Fcfa), mais les conditions d'obtention se sont durcies. À l’époque, les étudiants de moins de 25 ans en bénéficiaient dès la première année de fac, à présent ils doivent passer en deuxième année et avoir moins de 23 ans. En outre, elle est désormais payée par trimestre et non plus chaque mois. Pas évident de faire face à l'explosion du nombre d'étudiants. À l’université Marien Ngouabi, unique université publique du pays, ils sont désormais environ cinq fois plus qu'en 1971... "Il n’y a pas d’argent", regrette un agent de l’administration scolaire.
Du coup, les pouvoirs publics n’organisent plus d'émulations, "gages pourtant de l’excellence", estime un agent de la Direction départementale de l’Enseignement de Pointe-Noire. Au grand dam de beaucoup d’écoliers. "Quand j’étais enfant, je rêvais d’être aussi performant que mon oncle, aujourd’hui journaliste, quand je l’accompagnais aux proclamations des résultats des examens et quand il me remettait une partie de sa ration alimentaire. Je me disais alors que c’était merveilleux d’étudier. Aujourd'hui, mes illusions se sont effondrées", souligne Grâce Ndinga-Matondo, élève au lycée technique qui souhaite devenir ingénieur en génie civil, mais se montre pessimiste à cause des "onéreuses conditions d’études" et envisage, à défaut, une carrière en politique.
 
Des associations réagissent
Certaines associations congolaises se mobilisent pour redonner espoir aux jeunes les plus prometteurs. En décembre 2009, la Fondation Mesmin Kabath (Fomeka)a ainsi signé des contrats annuels d’excellence avec les 50 meilleurs élèves des collèges et lycées publics de Pointe-Noire et du département du Kouilou. Outre les fournitures scolaires qu’il a reçues le jour de la cérémonie, chaque élève percevra, durant neuf mois, une bourse de 30 000 Fcfa. Il perdra cet avantage si sa moyenne est inférieure à 12. Les fruits de cette initiative, entamée en 2008, sont pour le moment décevants. Des 50 boursiers de 2008, deux seulement ont réussi à sauvegarder leur bourse. "On espérait recevoir au moins la moitié des bénéficiaires de l’année dernière…", déplore-t-on au sein de la Fomeka.
De son côté, l’Association Gaétan Nkodia pour le développement (AGKD), remet, depuis 2007, des kits aux meilleurs élèves des collèges et d'écoles primaires. Mais, comme à la Fomeka, il n’y a pas de réel suivi de ces enfants tout le long de l'année. Un suivi d'autant plus fondamental dans des familles où les parents ne peuvent pas s'en charger eux-mêmes. Autre problème, en amont celui-là, ces deux associations se basent sur des listes d'élèves fournies par les établissements dans lesquels le système d'évaluation est sujet à caution à cause de la corruption, de la complaisance et du favoritisme.
Le rayon d'action des associations est donc réduit. À l'image de l’AGKD, qui limite son soutien au niveau de Tié Tié I (Pointe-Noire), circonscription électorale du député Gaétan Nkodia, son président. Alain Ivouvou, professeur d’anglais dans un collège privé, milite pour une approche plus globale : "Les parlementaires ont une part de responsabilité dans la déchéance du système éducatif congolais. En acceptant par exemple (en 2009, Ndlr) seulement 6 % du budget national soient accordés à l’éducation, ils cautionnent le déclin de l’enseignement". Réplique de Victor Foudi, député : "Nous reconnaissons qu’il y a quelques flottements, mais tout est en train de se régler graduellement".
Les élèves les plus méritants verront-ils bientôt leurs efforts et leur patience récompensés ?

John Ndinga-Ngoma 

FIPAC 2 - Bilan du forum international sur les peuples autochtones de l'Afrique centrale

 

 

La 2ème édition du Forum international sur les peuples autochtones d'Afrique Centrale (FIPAC), s'est déroulée du 15 au 18 Mars 2011 à Impfondo. Conjointement organise par la CEEAC, la COMIFAC, les partenaires au développement et le Congo, pays hôte, le 2eme FIPAC était placé sous le thème principal : Droit des peuples autochtones et dynamique de la conservation de la biodiversité dans le Bassin du Congo...



 

 

Peuples autochtones d’Afrique centrale : en marche vers la reconnaissance

Reportage sur le FIPAC 2, en République du Congo

LUNDI 21 MARS 2011 / PAR FRANCK SALIN / afrik.com

Pygmées baaka, mbenzélé, babongo, batwa...Venus de toute l’Afrique centrale, des représentants des peuples autochtones se réunissaient à Impfondo, dans le département de la Likouala, au nord de la République du Congo, du 16 au 19 mars. Avec des délégués de leurs gouvernements, des élus, des responsables d’ONG, d’institutions internationales et d’entreprises, ils participaient au FIPAC 2 (Forum international sur les peuples autochtones d’Afrique centrale) qui, trois ans après la première édition organisée dans la même localité, avait pour thème : « Droits des peuples autochtones et dynamiques de la conservation de la biodiversité dans le bassin du Congo ».

« Nous sommes exploités ! Pour travailler une parcelle 6 à 12 ha, nous sommes payés avec quelques habits, quelques "bâtons de cigarette". D’autres nous donnent un peu d’argent : 2000 à 3000 francs [1] », dénonce Benjamin Ngola. Pour ce jeune pygmée originaire de Centrafrique, il n’était pas question d’être abusé par les propriétaires terriens comme l’étaient ses parents. Scolarisé jusqu’à la classe de sixième, il a profité de ce bagage pour partir s’installer au Congo où il exerce depuis trois ans la profession d’enseignant à Enyele, dans le département de la Likouala. Cependant, il estime qu’il n’est toujours pas considéré à l’égal des autres hommes, et rêve d’un ailleurs où la vie serait meilleure et les préjugés moins tenaces.

Du fait de leur petite taille et de leur mode de vie, les pygmées ne jouissent pas des mêmes droits que les autres ethnies, principalement bantoues, peuplant l’Afrique centrale. Une discrimination millénaire largement dénoncée lors de la seconde édition du FIPAC (Forum international sur les peuples autochtones d’Afrique centrale), qui s’est tenue à Impfondo. Plus de 500 personnes ont fait le déplacement. Et huit délégations des Etats de la sous-région [2] ont participé à l’événement organisé par le pays hôte, sous la coordination de la COMIFAC (Commission des forêts d’Afrique centrale) et de la CEAC (Commission économique des Etats d’Afrique centrale).

Au cœur de la forêt équatoriale, dans un village de briques et de bois encore inachevé, conçu pour la circonstance par le premier architecte autochtone certifié du Congo, Parfait Dihoukamba, les discussions sont allées bon train. A l’issue de leurs travaux, les participants répartis dans sept panels, ont accouché d’une longue liste de recommandations, dont l’essentiel tient dans : l’accès des autochtones aux services sociaux et administratifs de base (santé, éducation, logement, enregistrement à l’état civil, justice), leur insertion dans les instances institutionnelles et politiques, la garantie de leur accès aux ressources forestières, le partage des richesses forestières et minières prélevées sur les territoires qu’ils occupent, la promotion et le respect des lois les protégeant sur les plans national et international.

Des avancées encourageantes

« Il y a eu une prise de conscience tardive de nos gouvernements vis-à-vis d’une population qui était considérée comme des sous-hommes », juge Parfait Dihoukamba, qui est aussi coordinateur du RENAPAC (Réseau national des populations autochtones du Congo). Mais, optimiste, il estime que « le FIPAC est le début d’un processus qui ne peut être arrêté ». Un avis que partage Kapupu Diwa Mutimanwa, coordonnateur du REPALEAC (Réseau des peuples autochtones d’Afrique centrale). Le Burundi réserve depuis 2005 un quota au sein des deux chambres du Parlement aux Batwa, la République centrafricaine a ratifié le 24 décembre 2009 la convention 169 de l’OIT (Organisation internationale du travail) relative aux peuples indigènes et tribaux, la loi du 25 février 2011 garantit la promotion et la protection des populations autochtones de la République du Congo… Une succession de décisions qui, selon M. Diwa Mutimanwa, prouve que la cause des pygmées progresse en Afrique centrale. Il pense cependant que l’émancipation et la reconnaissance des peuples autochtones dépend étroitement de leur niveau de scolarisation. « Si je fais tout ce que je fais maintenant, c’est parce que j’ai étudié. On manque de cadres ! », diagnostique le coordinateur du REPALEAC, pour qui le débat sur l’acculturation induite par la fréquentation des établissements scolaires est secondaire.

Les représentants des peuples autochtones comme le ministre congolais de l’Economie forestière, de l’Environnement et du développement durable, Henri Djombo, sous la houlette duquel a été organisé l’événement, ont martelé que l’institutionnalisation du FIPAC était nécessaire, car elle permettrait de mener avec une plus grande efficacité le combat pour la reconnaissance et le respect des droits des peuples autochtone à l’échelle de l’Afrique centrale. Une institutionnalisation inscrite parmi les recommandations des panelistes qui ont planché pendant la durée du forum, mais qui devra attendre que les Etats concernés la ratifient. « On ne doit plus se regarder en chien de faïence, mais se porter assistance mutuelle », déclarait Henri Djombo lors de la clôture du FIPAC 2. Les inégalités existant entre bantous et pygmées disparaîtront-elles un jour ? Pour l’amérindienne Pauline Soukhai, ministre des affaires autochtones du Guyana, invitée à Impfondo, l’exemple de son pays est encourageant. Aujourd’hui, les Amérindiens, représentant 10% de la population, participent à la vie de la nation aux niveaux les plus élevés, puisqu’ils dirigent trois ministères sur dix-sept. « C’est un gros challenge pour tous les pays d’Afrique centrale, mais c’est possible », a-t-elle déclaré, insistant sur « la nécessité d’un partenariat entre autochtones et gouvernements ». Pour évaluer les progrès de leur action, les participants du FIPAC se sont donnés rendez-vous dans deux ans, au Congo ou dans un autre pays de la sous-région qui accepterait d’accueillir la troisième édition du forum, s’il parvenait à se pérenniser.

Qui sont les pygmées ?

Disséminés dans toute l’Afrique centrale, les pygmées seraient plus de 300 000. Au Congo, par exemple, ils représenteraient 10% de la population, soit environ 40 000 personnes. Des évaluations à prendre avec des pincettes, car aucune statistique fiable n’existe sur leur nombre. Ils sont divisés en plusieurs groupes. Dans la région des grands lacs, au Rwanda, au Burundi, en Ouganda, en République Démocratique du Congo vivent majoritairement les Batwa et Bambuti. A l’ouest, au Congo, Gabon, Centrafrique et Guinée équatoriale, on trouve les Bagyeli, Bakola, Bakoya, Baaka, Aka, Babenjelle, Babongo et plusieurs autres tribus. Nomades, ils vivraient encore majoritairement dans la forêt, de la chasse, de la pêche, d’un peu d’agriculture et de travaux effectués au bénéfice des peuples sédentaires qu’ils côtoient – et souvent les exploitent, profitant de leur méconnaissance de la valeur numéraire du travail. Mais ils sont eux-mêmes de plus en plus nombreux à se sédentariser. Ils sont officiellement appelés « autochtones », depuis qu’une déclaration des Nations unies, en 2007, a recommandé ce terme à la place de « pygmée », jugé péjoratif. Ce dernier est issu du mot grec « pygmaios » signifiant haut d’une coudée. Il demeure le plus fréquemment employé pour les désigner. D’autres populations d’Afrique centrale, telles que les Peuls bororo, sont classées parmi les « autochtones ». Un terme qui a du mal à faire l’unanimité dans la sous-région où nombre de Bantous jugent, qu’à la différence des Européens arrivés en Amérique à la fin du XVe siècle seulement, leur longue présence en Afrique centrale justifierait qu’ils soient aussi qualifiés d’« autochtones ».


[1] 1€ = 652 Francs CFA

[2] Burundi, Cameroun, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale, RDC (République Démocatique du Congo), Rwanda, Tchad


Fier d’être pygmée

Interview de Kapupu Diwa Mutimanwa, coordonnateur du REPALEAC

MERCREDI 23 MARS 2011 / PAR FRANCK SALIN / AFRIK.com

Les pygmées ne sont pas des curiosités ethnologiques et encore moins des pièces de musée. Discriminés pour leur petite taille et leur mode de vie, leur salut passe par l’éducation, estime le congolais Kapupu Diwa Mutimanwa, coordonnateur du REPALEAC (Réseau des peuples autochtones d’Afrique centrale). Participant au FIPAC 2 (Forum international sur les peuples autochtones d’Afrique centrale), qui se déroulait du 16 au 19 mars, à Impfondo, en République du Congo, il nous a accordé un entretien.

C’est à la force des poings que Kapupu Diwa Mutimanwa se faisait respecter, lorsqu’enfant ses camarades de classe le dénigraient. Aujourd’hui, le verbe haut et la tête bien faite, c’est avec les mots que le coordonnateur du REPALEAC défend la cause de ses frères pygmées. Ce statut de leader, il l’a en partie reçu en héritage. « Ma famille était à la cour royale de Bamila, dans le Kivu (Est de la RDC). C’est nous qui donnons le pouvoir aux Mwani car, symboliquement, nous sommes les dépositaires des terres », explique-t-il. Formé à l’école des missionnaires puis aux universités de Bukavu, en RDC, et de Genève, en Suisse, il est aujourd’hui licencié en sciences commerciales et financières et expert en développement. Un niveau d’étude peu fréquent chez les pygmées qui ont encore un accès limité au système scolaire. Son ascension, il la doit aussi à un coup de pouce du destin. « A la fin des années 80, à cause de mes déclarations, j’étais tout le temps au cachot, se rappelle-t-il. Lors d’un passage du président Mobutu dans le Kivu, on lui a dit qu’un pygmée faisait un discours. Il a demandé : dans quelle langue ? Quand on lui a répondu que c’était en français, il n’en a pas cru ses oreilles ! C’est comme ça que j’ai été nommé assistant du représentant zaïrois du CEPGL (Comité économique des pays des grands lacs) ». Pour, M. Diwa Mutimanwa, l’émancipation des pygmées, n’en déplaise aux adorateurs d’images d’Epinal, passe par l’éducation et la maîtrise des outils du monde moderne. Premier pygmée du Congo-Kinshasa à avoir fondé une association, une ligue nationale puis un réseau international de défense des peuples autochtones, il a sillonné les cinq continents pour plaider une cause qu’il entend bien léguer à ses enfants.

Afrik.com : Pourquoi avez-vous décidé de défendre la cause des pygmées ? 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 De 1988 à 1990, je travaillais comme assistant du représentant zaïrois du CEPGL. Je voyais que j’avançais, mais que la vie de mes frères était toujours difficile. Je me suis dit : à quoi bon progresser seul, alors que mes frères sont dans le dénuement, victimes de discrimination, de marginalisation ? Je devais relever le défi. Pour cela, en 1991, j’ai créé une association avec mes parents, à Bukavu, dans l’est de la RDC. Je l’ai appelée le PIDP (Programme d’intégration et de développement du peuple pygmée au Kivu). J’ai commencé par l’identification des pygmées dans le Kivu. Personne ne savait où ni combien ils étaient. Chacun les considérait comme des esclaves, des sous-hommes. Tous les travaux pénibles et nauséabonds étaient pour les pygmées… Le PIDP fut la première structure des peuples autochtone en RDC. J’ai emmené pour la première fois, en 1994, des autochtones dans la ville de Bukavu. C’était la première fois qu’ils voyaient une route goudronnée, l’électricité. Les gens voulaient les toucher, car c’était aussi la première fois qu’ils voyaient des pygmées.

Afrik.com : Et comment vous est venue l’idée de créer le REPALEAC ? 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 Après le PIDP, j’ai créé la LINAPYCO, la Ligue nationale des associations autochtones pygmées du Congo. Elle réunissait 32 associations. C’était en 2000, pendant la guerre civile qui a entraîné une grande dispersion des pygmées. J’ai décidé d’installer le siège à Kinshasa, pour être près des décideurs. Là, j’ai continué à plaidoyer, à faire du lobbying. J’ai créé le REPALEAC en 2006, mais l’idée date de 2003, alors que j’étais à une conférence à Kigali, au Rwanda. J’étais toujours invité par la CEFDHAC (Conférence sur les écosystèmes de forêts denses et humides d’Afrique Centrale) et la COMIFAC (Commission des forêts d’Afrique centrale). Mais au niveau sous-régional, les peuples autochtones n’avaient pas de correspondant. C’est pourquoi, avec l’aide de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), les statuts du REPALEAC ont été créés. L’un de nos objectifs principaux est l’accès et le partage des bénéfices issus de la forêt. Comment garder nos droits sur cette ressource que nous avons gérée pendant des millénaires ? Comment faire pour ne pas rester aussi pauvres ?

Afrik.com : L’idée que les pygmées sont des êtres inférieurs demeure bien ancrée en Afrique centrale. Et votre niveau scolaire fait que certains doutent même de vos origines. Pourquoi les préjugés sont-ils si tenaces ? 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 Avant, quand on disait « pygmée », c’était une injure. Et quand j’étais enfant, on m’appelait Cassius Clay parce que je me battais tous les jours lorsqu’on m’insultait. Un autochtone, c’est quelqu’un qui n’a pas de souliers, qui ne réfléchit pas, qui est sale. Quand vous parlez bien, que vous êtes capable de faire un discours devant une salle, vous ne l’êtes plus. Des préjugés que nombre d’entre nous se sont appropriés. Nier nous-mêmes nos propres capacités est devenu une habitude. Tout cela a une histoire. Je suis contre les ouvrages des Européens qui ont créé des mythes sur nous à l’époque où nous ne savions ni lire ni écrire. Suite à cela, en Europe, il y a eu deux écoles dont l’une dit qu’il faut que nous restions dans la forêt. Est-ce là ce qu’il y a de mieux pour nous ? Je ne le crois pas.

Afrik.com : Vous êtes diplômé de l’université. Un niveau d’études peu courant pour un pygmée, de votre génération en particulier. Comment avez-vous fait pour vous hisser jusque là ? 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 J’ai été poussé par les prêtres. J’étais un cobaye. Autrefois, l’on disait qu’un pygmée n’avait que 40% du quotient intellectuel des autres hommes. Et les missionnaires ont dit que non. Et j’étais celui qui devait prouver que nous étions égaux aux autres. J’ai dû travailler dur. Lorsqu’on est enfant, rester assis toute la journée derrière une table à étudier au lieu de jouer, ce n’est pas facile. Quand on partait en vacances, je ne voulais pas rentrer. Quand je ne me suis pas présenté à la rentrée, on a envoyé les policiers attraper mon père pour lui demander où j’étais. Finalement, en classe de 4ème, on a appelé mon père pour en faire la sentinelle de l’école où j’étudiais. Ca a été difficile, mais aujourd’hui je suis licencié en sciences commerciales et financières du Bukavu. J’ai aussi suivi une formation à l’institut universitaire d’étude de développement de l’université de Genève. Maintenant je suis un expert, spécialiste du développement. C’est de ça que je vis.

Afrik.com : Dans votre discours, l’éducation tient une place de première importance… 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 C’est ma finalité. Si je fais tout ce que je fais maintenant, c’est parce que j’ai étudié. On manque de cadres ! A la première conférence de la CEFDHAC (Conférence sur les écosystèmes de forêts denses et humides d’Afrique Centrale), en 1996, les Blancs ont demandé s’il n’y avait pas des autochtones capables de parler en leur propre nom. C’est là qu’on a fait appel à moi. L’éducation, c’est la pierre angulaire de notre développement. Une fois que vous êtes instruit, on fait appel à vous parce que vous avez des références. En Europe, certains disent que les autochtones doivent créer leurs propres écoles. C’est ce qu’ils appellent la discrimination positive. Moi, je dis non. C’est une discrimination dans la discrimination, une marginalisation dans la marginalisation. Dans ces conditions, comment les autochtones feront-ils pour connaître leurs voisins ? C’est une idéologie du Nord. C’est du colonialisme, un moyen de toujours nous cracher sur la tête.

Afrik.com : Avez-vous des enfants ? Si c’est le cas, veillez-vous à ce qu’ils aient une éducation poussée ? 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 J’ai beaucoup d’enfants. Ma fille vient de terminer sa licence en droit. Elle l’a eue avec distinctions ! Elle étudie pour servir son peuple. A quoi je peux lui servir ? Elle n’a jamais cessé de se poser cette question. C’est pourquoi je voudrais qu’elle ne s’arrête pas là, et qu’elle poursuive ses études en Amérique du Sud ou au Canada, par exemple, où le combat des Inuits est très fort. L’un de mes fils a eu sa licence. Il est environnementaliste. J’insiste beaucoup sur l’importance d’étudier. Tout ça, c’est pour essayer de former des cadres et préparer la relève.

Afrik.com : Les pays d’Afrique centrale ont des positions différentes sur les peuples autochtones. Par exemple, le Rwanda, le Burundi et la Guinée équatoriale n’ont pas ratifié, en 2007, la déclaration de l’ONU sur le sujet. Comment analysez-vous ces divergences ? 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 Le Rwanda n’était même pas dans la salle. Car après le génocide, le gouvernement ne veut pas parler d’ethnies, de peuples autochtones, pour lui il n’y a plus que des Rwandais. Le Burundi, qui pourtant a déjà traité le problème en réservant des places aux autochtones dans les deux chambres du Parlement, a refusé de ratifier la déclaration et s’est solidarisée avec le Rwanda en s’abstenant. La Guinée équatoriale, ce sont des bandits. Ils disent : à quoi bon s’engager sur ce sujet, alors que nous n’en avons pas chez nous ? Mais on va parler de plus en plus d’autochtones, ce n’est plus un sujet tabou. Les USA, le Canada, l’Australie, la Nouvelle Zélande, qui refusaient de reconnaître cette catégorie, ont adhéré finalement à la déclaration. Obama a reçu les autochtones au Congrès et les a valorisés.

Afrik.com : Comment voyez-vous l’avenir des peuples autochtones d’Afrique centrale ? 
Kapupu Diwa Mutimanwa :
 L’avenir est ouvert sur l’horizon. Maintenant les autochtones commencent à comprendre les enjeux du combat. Avant, ils disaient : ça, c’est le combat de Kapupu, pas le nôtre. C’est de moins en moins le cas. De plus en plus de gens trouvent qu’il est temps de se réveiller et de mettre en place des réseaux, internationaux et d’institutionnaliser le FIPAC. Si le FIPAC était institutionnalisé, ce serait une grande victoire pour moi. La question des autochtones ne serait plus mineure en Afrique centrale. Si tous les autochtones et les pays concernés s’inscrivaient dans cette ligne, la condition des autochtones pourrait réellement s’améliorer.

Feux de signalisation routière : exemple à suivre

 

A Lumubashi, les feux de signalisation routière sont désormais alimentés à l'énergie solaire. Le Congo qui considère en toutes choses être plus avancé que son voisin de la rive gauche devrait en prendre de la graine. Une telle proposition a été faite au maire de Pointe-Noire, Roland Bouiti Viaudo, voici déjà plusieurs années. Si à l'époque il avait dit être intéressé, rien n'a été fait dans ce sens et l'appel d'offres lancé par la mairie pour le renouvellement de la signalisation des six malheureux carrefours équipés de la ville océane ne dit mot d'une telle alternative. 


Lubumbashi : L'énergie solaire fait fonctionner les feux de route

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Pour réguler l’intense circulation sur les routes nouvellement réfectionnées de Lubumbashi, l’autorité provinciale du Katanga a installé des feux de signalisation qui fonctionnent à l’énergie solaire, s'affranchissant des trop fréquents délestages.

La voirie de Lubumbashi presqu’entièrement remise en état accueille chaque jour un intense trafic. Dès l’aube, un va et vient incessant de camions-remorques mais aussi de taxis et bus défilent sur les principales artères. Ils disputent la voie aux piétons et motos, chacun voulant passer avant l’autre.

Au croisement des avenues Lumumba et Kimbangu, la circulation est totalement bloquée comme à l’accoutumée ce matin de décembre. Des engins motorisés imbriqués dans tous les sens ne peuvent ni avancer ni reculer. De jeunes écoliers hésitent à traverser au milieu de cet embouteillage. Tout cela parce que les feux de signalisation ne fonctionnent pas à cause du délestage. Klaxons, sifflements, cris, rien n'y fait. Les quelques éléments de la Police spéciale de roulage sur le lieu, sont visiblement débordés. Tantôt ils donnent des coups de poing à certains véhicules, tantôt ils sifflent pour appeler les chauffeurs à l’ordre.

L’énergie solaire contre le délestage

Au croisement des avenues Moero et Lomami par contre, l’ordre règne. Les véhicules attendent sagement que le feu passe au vert pour traverser le carrefour. Car ici comme dans d’autres coins de la ville, les feux de route fonctionnent à l’énergie solaire. C'est une initiative du gouvernement provincial du Katanga, placée sous le contrôle de la Commission nationale de prévention routière afin de pallier à l’insuffisance du courant électrique et accompagner la modernisation de la voirie urbaine. "C'est une technologie simple et peu coûteuse qui peut sauver beaucoup de vies", souligne Michel Ndaya, conducteur d’engins lourds d’une entreprise minière de la place. Un panneau solaire photo voltaïque produit de l'énergie dans la journée et la stocke dans la batterie pour la nuit. Il fournit ainsi l'électricité qui fait fonctionner les lampes et le minuteur qui fixe le temps d'allumage de chaque lampe (vert, orange, rouge). Le décor est ainsi planté pour une réglementation de la circulation 24 heures sur 24.

L’énergie solaire peut nous aider à faire beaucoup, note Willy Sangwa, électronicien. "Même quand il a plu toute la journée, les rayons solaires traversent les nuages et atteignent les panneaux", explique-t-il, encourageant le gouvernement du Katanga à étendre cette expérience à l’ensemble de la province.

Maurice Mulamba Nyunyu

 

Fin officielle de l'usage des sachets plastiques au Congo à partir de demain 20 janvier 2012

 

C'est demain que l'utilisation des sachets plastiques va devenir illégale en République du Congo. Cette mesure, pour indispensable qu'elle soit, risque bien, comme tant d'autres, de ne voir aucune mise en application tant ce conditionnement est devenu populaire.

Toute la question est de savoir comment la population démunie, qui fait partie des plus gros comsommateurs de ces produits bon marché, va pouvoir les remplacer ? En ce qui concerne les courses de la ménagère, peu de soucis à se faire, les bons vieux paniers de vannerie vont refaire leur apparition et par là relancer une activité artisanale quelque peu tombée en désuétude. Par contre, pour ce qui est du conditionnement des petites quantités, huile, sucre, bissap et tangawis et autres, qui font partie des produits les plus consommateurs de sachets, qu'est-ce qui va bien pouvoir les remplacer 

Une réflexion doit être menée d'urgence, à défaut d'avoir été faite avant la mise en application de la mesure d'interdiction.

 

 

Vente des sacs en plastique: C'est fini dès le 20 janvier 2012

Comment les revaloriser après l'entrée en vigueur officielle de la mesure? Lire l'analyse d'Elvis Ngatse (journaldebrazza.com)

 

Après une campagne de sensibilisation via le net et au Congo, menée par l’Association Développer Autrement le Congo en sigle DAC de Jean-Claude Beri, sur les conséquences sur l’environnement de l’utilisation des sacs plastiques, le Gouvernement congolais avait pris en conseil des ministres, le 1er juin 2011, la décision d’interdire la production, l’importation et la commercialisation des sacs en plastique en République du Congo. Cette mesure sera effective le 20 janvier prochain. Une campagne vient d’être lancée par le ministère du commerce, pour sensibiliser la population sur l’entrée en vigueur à la date fixée, de cette mesure gouvernementale. Le Directeur de Cabinet de la Ministre Munari, Monsieur KAMBA, invité du journal magazine de la télévision nationale congolaise ce 15 janvier, promet à cette date butoir, des sanctions exemplaires, à toute personne qui serait prise en flagrant délit de commercialisation des sacs en plastique, sur toute l’étendue du territoire national.

 
© laventurecongolaise.blog4ever.com/ 
La mesure gouvernementale interdisant la production, l'importation, la commercialisation et l'utilisation des sachets et sacs en plastique au Congo, sera effective le 20 janvier prochain

Avec l’entrée en vigueur de cette décision gouvernementale, se pose la question de la revalorisation des déchets plastiques au Congo. En effet, le Congo a accumulé au long des années, des tonnes importantes de sacs en plastique qui font désormais partie de notre environnement. Que va-t-on en faire à présent?
Partout dans nos villes et campagnes, la présence de ses déchets, a fini par rentrer dans le décor. Aujourd’hui, il faut trouver une solution pour débarrasser nos cités, des restes d’emballages qui ont dégradé considérablement leur visage.
A Brazzaville, une initiative timide a depuis vu le jour, pour mettre fin à cette situation. Elle est l’œuvre de l’Association Partenaires 381. Cette Association œuvre dans la collecte des déchets plastiques, qu’elle transforme en pavés.
La production journalière de cette Association n’est pas connue. Cependant, elle reste faible et ne peut suffire pour revaloriser les 80.000 tonnes de déchets plastiques que le Congo produit chaque année.
D’où l’urgence, de réfléchir sur une stratégie nationale de revalorisation des déchets plastiques. Ceci pour débarrasser de notre pays, définitivement, les décharges à ciel ouvert remplies de ces poisons.
A Mopti au Mali, une solution similaire à celle de Partenaires 381 existe depuis plus de 5 ans et aide à transformer les déchets plastiques en pavés urbains. Depuis, les rues boueuses de cette ville encerclée par les eaux dite la Venise du Mali, ne voient plus ses habitants patauger dans les eaux comme naguère.
Les autorités gouvernementales, devaient s’inspirer des exemples de ce type, en s’appuyant sur l’embryon de ce qui se fait déjà à Brazzaville, pour mettre en œuvre une vraie politique de recyclage de ses déchets.
Cela passe, par la mise sur pied d’un organe chargé du recyclage de ceux-ci, et devra avoir entre autres missions :
1.D’organiser les jeunes pour collecter les déchets dans nos villes et campagnes.
2.De mettre en œuvre une unité industrielle de transformation de déchets plastiques en pavés urbains, en tuiles pour recouvrir les maisons, en pots de fleurs, etc.
De cette façon, la décision gouvernementale aura un sens, en ce qu’elle ne contribuera pas seulement à interdire la commercialisation des emballages en plastique.
La revalorisation des tonnes de déchets que le pays a produit pendant plus de 30 ans (4 milliards de sacs en plastique par an-Source : DAC), aidera le Gouvernement à créer des emplois. Dans un pays où plus de 34% des jeunes connaissent un chômage tenace.

Elvis Ngatse

France vs ses soldats africains : l’injustice peut-elle être réparée ?

 Avec l’arrogance qu’on lui connaît, Nicolas Sarkozy déclare avoir la prétention de réparer l’injustice faite aux soldats africains ayant combattu pour elle. A travers un projet de loi, qui reste donc à adopter et faire appliquer, rien n’est donc joué, les combattants étrangers de l’armée française jouiront peut-être un jour des mêmes droits que leurs frères d’armes français.

On ne peut que se réjouir pour les rares survivants qui ont tous aujourd’hui dépassé les soixante dix ans, mais comment va-t-on se faire pardonner les années de souffrance passées à espérer le versement d’une pension indigente payée aléatoirement ? Qu’en sera-t-il des arriérés de tous ceux qui sont aujourd’hui décédés ? Qu’en sera-t-il des veuves qui devraient normalement toucher les pensions de réversion ? 

La France ingrate joue d’une pirouette qui sera saluée par le monde entier pour revaloriser dans ses anciennes colonies l’image de son drapeau maculé du sang de ceux qu’elle a exploités et utilisés aux premières lignes de front comme chair à canons.

Quand une injustice est commise, rien ne peut la réparer, il reste toujours dans les mémoires blessées la trace de l’humiliation subie.

 

PROJET DE LOI

Français ou étrangers, les anciens combattants toucheront les mêmes pensions

 

AFP

Français ou étrangers, les anciens combattants toucheront les mêmes pensions

Photo d'illustration © SIPA

 

Nicolas Sarkozy a annoncé mardi l'alignement des pensions de tous les anciens combattants résidant à l'étranger, quelle que soit leur nationalité, lors d'un déjeuner réunissant les dirigeants de treize anciennes colonies françaises en Afrique.

"C'est pour témoigner de notre reconnaissance indéfectible envers les anciens combattants originaires de vos pays que nous souhaitons les voir bénéficier désormais des mêmes prestations de retraite que leurs frères d'armes français", a déclaré Nicolas Sarkozy. "C'est une décision que nous avons prise ce matin, en conseil des ministres. Égalité parfaite", a-t-il ajouté. "Il est des dettes qui ne s'éteignent jamais, jamais. C'est le cas de celle que la France a contractée envers vos pays, où commença à briller voici soixante-dix ans la flamme de la France libre et dont les fils ont versé leur sang pour libérer la France. Il était temps de reconnaître avec toute la solennité qui convient", a poursuivi le président français. Selon l'Élysée, un projet de loi devrait être déposé à cette fin devant le Parlement "dès la rentrée prochaine".

Répondant en tant que doyen des chefs d'État africains invités au propos de Nicolas Sarkozy, le président camerounais Paul Biya s'est réjoui de cette mesure. "Votre décision sera unanimement saluée non seulement par les États ici, mais aussi par l'ensemble de nos opinions publiques", a lancé Paul Biya.

Décision historique

Dans une décision rendue le 28 mai, le Conseil constitutionnel avait estimé non contraire au principe d'égalité que les pensions soient différentes, selon que l'ancien combattant réside en France ou à l'étranger. Mais, répondant pour la première fois à une "question prioritaire de constitutionnalité" (QPC), les "Sages" avaient alors censuré des dispositions législatives qui réservaient un sort différent aux bénéficiaires français et étrangers qui résident à l'étranger. L'arrêt du Conseil constitutionnel exigeant cet alignement, réclamé depuis des décennies, avait été salué comme une "décision historique". Selon le secrétariat d'État aux Anciens Combattants, cet alignement devrait bénéficier à quelque 30.000 personnes.

En novembre 2006, l'Assemblée nationale avait entériné à l'unanimité la revalorisation des pensions des anciens combattants des ex-colonies, un dossier en souffrance depuis 45 ans et débloqué par Jacques Chirac lors de la sortie du film "Indigènes", qui avait remis au premier plan le sort des anciens combattants d'Afrique, de Madagascar et d'Indochine. Cette "décristallisation" ne portait toutefois que sur "la retraite du combattant", distincte de la pension de retraite et versée au titre de la détention d'une "carte de combattant".

 

 

Haro sur les faux prophètes (en admettant qu'il y en ait de vrais)

Ouvrons la chasse aux charlatans de la religion. On en connait qui ruinent leurs fidèles, d’autres qui copulent avec les femmes mariées… dernier avatar de cette engeance : un prétendu homme de Dieu démontre qu’il est autre qu’un pervers pédophile en violant une de ses ouailles âgée de seulement 14 ans.

Alors que nous étions sur le point de passer l’information sur le site, nous avons appris que le Directeur de la Police Nationale à Pointe-Noire s’est fait escroquer par un autre de ces « Faux prophètes ».

Super publicité pour le nouvel opus d’Achille Mouebo qui porte ce titre.

Un homme de Dieu écroué à Ouenzé pour violences sexuelles sur une mineure

Edgar Djokelé, alias Edigo, âgé de 34 ans et agresseur présumé de Yvelda Ngambi, 14 ans, a été placé depuis le 8 août en garde à vue au commissariat de police du cinquième arrondissement.

L’homme n’a eu que quelques jours de répit, avant que sa victime présumée ne relate la scène de son agression sexuelle à ses parents. Les faits se seraient produits le 3 août rue Mouléké, à Ouenzé.

Selon les informations recueillies auprès des habitants du quartier, ce jour-là aux environs de 14 heures, la jeune fille revenait d’une visite chez sa grande sœur habitant la même rue. Elle a été interpellée puis agressée par le pasteur, visiblement aux aguets. « Oh, ma fille, viens, j’ai besoin de toi ! », lança-t-il, avant de prendre l’adolescente par la main pour la conduire dans son salon. Profitant de l’absence de son épouse et de tout habitant de la parcelle, il tenta en vain de convaincre la fille de satisfaire ses désirs. Puis, pour arriver à ses fins, il a fini par employer la force en bâillonnant sa proie.

La victime, craignant sa mère très autoritaire, s’est tue jusqu’à lundi dernier, jour où son père, un militaire en mission, est rentré à la maison. Intrigué par le récit fait par sa fille, ce dernier est allé voir l’agresseur en compagnie d’un proche. Le présumé homme de Dieu a essayé dans un premier temps de nier les faits, avant de les avouer par la suite. Néanmoins, pour lever tout doute, les deux parties se sont rendues à l’hôpital de base de Talangaï où, après examen, une sage-femme a confirmé qu’une agression sexuelle sur la mineure avait bel et bien eu lieu.

Devant les enquêteurs de la police nationale, la jeune fille avança d’autres faits accablants, notamment en décrivant le salon dans lequel son agresseur, chez qui elle venait de temps en temps participer à des séances de prières, l’avait violentée. Après avoir trouvé dans le salon de l’agresseur « une marinière de couleur bleu ciel, frappée du numéro 17, à l’aide de laquelle son bourreau l’aurait bâillonnée », comme indiqué par la victime, la police n’eut plus de doutes sur la véracité des faits. Les observateurs pensent que cet homme de Dieu pourrait être coutumier du fait car dans le quartier, il est fait état de cas similaires perpétrés par l’individu.

Mais, au sein de son groupe de prière, les adeptes crient au complot et intercèdent de jour comme de nuit pour que l’Éternel délivre leur guide. « Une hystérie », selon les observateurs.

Thierry Noungo
Les dépêches de Brazzaville

Humanitaire

Comment à Pointe-Noire un enfant peut mourir dans la rue dans l'indiférence générale

Congo Brazzaville, Ville de Pointe-Noire, Mardi 21 juillet 2009, 14H00, face à l’hôpital de Loandjili. Une femme regarde un enfant gisant dans les immondices. Avec un bâton elle le pique sans obtenir la moindre réaction. L‘enfant est mort. A cinq mètres de là, une menuiserie est en pleine activité, patron comme employés, indifférents au drame qui vient d’avoir lieu. Nous nous rendons immédiatement au commissariat pour déclarer les faits et pour que la police remplisse son devoir.

D’évidence, seule la qualité de mon accompagnateur impose à la maréchaussée de laisser un temps sa sieste. Deux éléments sont dépêchés sur les lieux, dans notre véhicule. L’ami qui m’accompagne, maire d’une commune du pays, appelle sa consœur en charge de l’arrondissement. S’ensuit une conversation kafkaïenne :

  • Il faut prévenir la police…
  • C’est fait.
  • Alors c’est bon…
  • Mais, tu ne viens pas sur les lieux, je suis juste devant ton bureau ?
  • Ce n’est pas la peine puisque tu y vas…
  • Mais ce n’est pas ma circonscription
  • Ca ira…

L'horreur et la honte

Nous arrivons sur place avec nos deux argousins plutôt embarrassés. Rien n’a été fait, mais l’enfant fait un faible mouvement, il est donc en vie. Nous demandons aux urgences de l’hôpital de faire quelque chose. Ils nous répliquent qu’ils ne peuvent pas agir en dehors de l’enceinte de l’établissement, que nous devons déplacer le malade jusqu’à eux. Que nous argumentions en leur faisant valoir que nous ne sommes pas médecins, que nous ignorons totalement de quoi souffre l’enfant et que le déplacer sans avis médical et compétences peut lui être fatal ne les émeut pas. Le règlement, c’est le règlement.

Anthony MOUYOUNGUI, journaliste de la chaîne de radio privée DVS+ est très vite sur les lieux avec une caméra. (Son sujet monté doit passer sur zenga-mambu.com).

J’appelle Laure BOTTOLLIER, la directrice du Samu Social Pointe-Noire dont la vocation est l’assistance aux enfants de la rue. Elle n’est pas à son bureau, mais elle déclenche aussitôt un plan d’urgence par téléphone, mobilise une équipe mobile de trois personnes qui parviennent à faire le trajet depuis la gendarmerie en moins de 20 minutes.  Chapeau bas !

Auscultation, nettoyage sommaire, hardes enlevées et jetées, l’enfant, enroulé dans un pagne est chargé dans le véhicule presque médicalisé et évacué vers l’hôpital Adolphe Cissé où le Samu Social Pointe-Noire possède un accord de partenariat.

Nous sommes outrés de l’incivisme que nous avons constaté sur ce fait divers.

  • Messieurs les menuisiers qui n’avez pas pu laisse un instant scie ou rabot pour prévenir les autorités du drame en cours, votre indifférence nous a fait perdre ce qui nous restait d’illusions sur la nature humaine.
  • Messieurs, mesdames les badauds (dont un artiste connu) qui nous avez dit l’avoir remarqué plus tôt dans la journée, mais ils n’avez rien fait. Ce n’est pas de votre compétence. C’est vrai ! La raison est-elle suffisante pour laisser perdre une vie parce qu’on préfère regarder ailleurs ?
  • Madame le maire, pensez-vous votre attitude digne de la fonction que vous occupez ? Qu’un enfant de la rue meure sur les immondices, est-ce pour vous une situation si normale et banale qu’elle ne mérite pas votre attention ?
  • Messieurs de la police, si vous avez été charmants et parfaitement civils, vous avez aussi été totalement incompétents. L’important dans votre rapport était-ce le numéro d’immatriculation de notre véhicule (vous l’avez soigneusement relevé), ou le délit de non assistance à personne en danger que vous auriez dû constater ?
  • Urgentistes de ce bijou, tel que nous a été présenté l’hôpital le plus moderne de la ville océane, avez-vous oublié le serment d’Hippocrate qui vous fait obligation d’apporter vos soins a toute personne en danger ?

Les nouvelles de l’enfant sont encourageantes, était dénutri et surtout déshydraté. Il ne fait aucun doute que sans intervention il n’aurait pas survécu.  

Monsieur Roland BOUITY VIAUDO, est le président du Samu Social. Cette structure dément les fâcheux qui prétendent qu’aucun service placé sous la responsabilité du maire n’est opérationnel. Cette structure fonctionne et elle nous l’a prouvé ce mardi.

«Accent grave» soutient des projets africains

Yannick Hambanou préside une association dont l’objectif est de soutenir les Africains en leur donnant «une canne à pêche plutôt qu’un poisson». Depuis son poste chez DSC à Creil, il œuvre pour faire reculer la pauvreté dans son continent d’origine.
 
 
Quand Yannick Hambanou lit qu’un jeune de son pays a tenté de gagner la France en se cachant dans le train d’atterrissage d’un avion, son cœur se serre. Submergé par la révolte, il sait qu’il est impératif de passer à l’action, et décide de mettre en place des «outils de développement». En août dernier, il crée «Accent grave», une organisation non gouvernementale qui entend aider hommes et femmes à se prendre en main.
 
L’homme qui s’occupe des commissions sur vente et des honoraires chez DSC à Creil maîtrise bien son sujet. Et il ne manque pas de motivations : «Quand je retourne au Congo Brazzaville, je vois des jeunes diplômés sans boulot. C’est le chaos. Et moi, j’ai 45 ans, je suis propriétaire, j’ai une femme et trois enfants, beaucoup de chance aussi.» Passé le constat, il sait qu’avec les personnes qui l’ont suivi dans cette aventure, il peut faire beaucoup.
 
Et il remercie déjà ceux qui, chez DSC, l’ont soutenu dans l’élaboration des statuts, le logo, et le site Internet de son ONG.
 
Soutenir tous les porteurs de projets
 
Yannick Hambanou veut aider des porteurs de projets d’entreprise créateurs d’emplois. «Jeune ou vieux, car il n’y a pas que les jeunes qui ont de bonnes idées», revendique- t- il. «Dans ces pays, on pense qu’entreprendre est réservé à une élite. Il faut casser cette idée.» Pour faire sortir de leur isolement ces gens qui apporteront un nouveau souffle à l’Afrique, il a monté un centre de recherche et de documentation pour la création d’entreprise. «Dans cette maison, chacun peut venir obtenir des
conseils; échanger des idées et se documenter sur la création ou la reprise d’entreprise. C’est aussi un endroit où l’on peut surfer sur Internet. » Très peu utilisé en Afrique, le web est un outil dont la démocratisation est prioritaire: pour apprendre, comparer, confronter les savoir-faire, estime M. Hambanou. «Une fois éveillée l’envie de se lancer, il faut pouvoir apprécier le projet, aider à son montage et le suivre.» explique-t-il.
 
Evaluer et soutenir
 
L’un des outils que propose l’ONG est un cahier  des charges pré- établi, pour celui qui envisage de créer son entreprise. Le candidat doit ensuite passer par la phase d’analyse de ses compétences. «Il y a un tel écart entre ce qu’ils ont appris à l’école et ce qui se passe sur le terrain!», se plaint M. Hambanou dont l’expression favorite, «entreprendre pour apprendre» résume bien la philosophie.
 
Le second temps de l’aide est donc un moment d’évaluation: traquer les points faibles du futur chef d’entreprise et développer avec lui ses aptitudes managériales. Pendant six mois au moins, celui qui a reçu une aide bénéficiera ensuite d’une forme de tutorat. «Cette idée, je l’emprunte à ma propre entreprise, sourit le président de l’ONG. Chez DSC, nous pratiquons le reporting : des arrêts de compte mensuels que nous communiquons à Point. P.» Sachant que tout projet de micro entreprise peut prétendre à un prêt à taux zéro allant de 1000 à 7500euros, «Accent grave» a décidé de verrouiller au maximum en investissant 60% de la somme dans l’achat du matériel et en ne gardant que 40% pour les actifs circulants. «Cela évitera les dérapages», concède prudemment M. Hambanou.
 
Tout est en ordre, reste à lancer la machine. Le président et la trésorière se rendent cet été au Congo Brazzaville pour installer le centre. L’initiative est soutenue par deux parrains: le député de l’Oise Edouard Courtial et l’écrivain Viviane Forestier.
 
Après son pays natal, Yannick Hambanou souhaite étendre son association à la République
démocratique du Congo, puis au Gabon et à l’Angola.
 
? S. H.
 
SOIF D’IDÉES, DE SAVOIR ET… DE FINANCES
 
Pour cet été, «Accent grave» a besoin de fonds financiers et de matériel informatique. Peu importe PC ou Mac,
pourvu que les ordinateurs fonctionnent et donnent accès à Internet. L’ONG a déjà reçu d’Office Dépôt tout ce qui lui était nécessaire en fournitures de bureau. La société Agedis a mis à sa disposition des transporteurs jusqu’à Creil où tout est stocké en attendant le voyage. Les six membres de l’association, très motivés et
d’horizons très divers, sont malgré tout preneurs de tout contact ou toute idée qui leur permettrait d’aller plus loin ou plus vite dans leur projet.
 
Le second volet de leur réflexion concerne l’agriculture. Comment se fait-il que, dans un pays où la terre est fertile, les gens meurent de faim? s’interrogent-ils. Sur ce sujet, leur démarche a vivement intéressé les autorités françaises : en février, invité par les ministères des Affaires étrangères et de la Coopération, «Accent grave» a participé à une table ronde à l’Agence française de développement. L’association organise, à son tour, une table ronde dans l’Oise et souhaite y associer tous ceux qui peuvent contribuer à faire avancer sa réflexion. Une école d’agriculture serait aussi la bienvenue.
 
Contact : accent. grave@hotmail. fr

 

Il y a un an Bruno Jacquet-Ossebi mourrait. On ne sait toujours pas comment.

 Il y a tout juste un an, le journaliste franco-congolais Bruno Jacquet Ossebi disparaissait dans des circonstances à ce jour non élucidées. L'absence de Bruno est insupportable, mais bien moins que le silence de plomb qui couvre les circonstances de ses blessures et celles de son décès quelques jours plus tard alors que de l'avis de tous ceux qui l'ont vu, il allait beaucoup mieux.

Nous ne t'oublierons jamais.



Paris, le 2 février 2010

En ce 2 février 2010, les associations signataires entendent commémorer la disparition de Bruno Jacquet Ossebi, journaliste franco-congolais qui avait fait de la lutte contre la corruption au Congo-Brazzaville un combat personnel.

Que s'est-il passé dans la nuit du 1er au 2 février 2009 ? Rapide retour en arrière Le 21 janvier 2009 au petit matin, à Brazzaville, un incendie se déclenche dans la maison qu'occupe Bruno Jacquet Ossebi, avec sa compagne et les deux petites filles (11 et 9 ans) de cette dernière. Toutes trois périssent brûlées vives tandis que Bruno est transporté à l'hôpital militaire de Brazzaville. Alors même que son état semblait s'être stabilisé et que le ministère français des Affaires étrangères préparait son rapatriement vers la France, Bruno décède subitement dans la nuit du 1er au 2 février.

Bruno Jacquet Ossebi dénonçait de longue date la corruption au sein du régime de Denis Sassou Nguesso, en listant notamment ses « biens mal acquis »1. Il avait affiché une détermination sans faille à voir aboutir la plainte pour recel de détournement de fonds publics déposée en France le 2 décembre 2008 contre les familles dirigeantes de trois pays africains, dont celle de Denis Sassou Nguesso. Dès le lendemain du dépôt de cette plainte, Bruno avait sollicité Sherpa afin de savoir de quelle manière il lui serait possible de rejoindre la procédure.

Outre son soutien à l'action menée en France contre les Biens Mal Acquis, Bruno avait peu avant son décès mis en ligne un article sur le journal d'opposition congolais Mwinda.org. Selon cet article intitulé « Pétrole contre poignée de dollars », le Congo et le groupe français BNP Paribas s'apprêtaient à mettre au point un préfinancement pétrolier2 pour un montant de 100 millions de dollars. Cette pratique est au coeur du pillage des ressources pétrolières congolaises depuis 25 ans3, et les autorités congolaises se sont engagées à ne plus recourir à ce type de financement de manière à bénéficier de l'aide du Fonds monétaire international (FMI). Bruno avait d'ailleurs pris soin d'alerter la Banque Mondiale par un courrier électronique en date du 19 janvier 2009 (soit 2 jours avant l'incendie déclenché à son domicile).

Selon l'enquête menée par Reporters sans frontières4, le domicile de Bruno a été rasé moins de quatorze heures après l'incendie alors même qu'aucune expertise n'avait été pratiquée sur les lieux du sinistre. Le corps de Bruno Ossebi n'a fait l'objet d'aucune autopsie. Tous les éléments qui auraient permis de comprendre ce qui s'est passé dans les nuits du 20 janvier et du 1er février ont donc été effacés. D'après le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ)5, les autorités congolaises refusent de fournir la moindre information sur les résultats de l'enquête ouverte le 25 février 2009. Les associations signataires restent extrêmement préoccupées par les circonstances de son décès, par l'inertie dont font preuve les autorités judiciaires congolaises, et par le silence des autorités françaises s'agissant d'un ressortissant français. Elles dénoncent le contexte de répression qui sévit au Congo-Brazzaville à l'encontre des acteurs de la société civile.

Elles appellent Nicolas Sarkozy à s'engager personnellement pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire, et ce, avant la venue programmée de son homologue congolais lors des festivités du cinquantenaire des indépendances africaines, le 14 juillet prochain. 

Sherpa, Survie et le CCFD-Terre Solidaire s'inquiètent des modalités selon lesquelles le FMI et la Banque mondiale ont décidé, le 28 janvier 2010, de procéder à l'annulation de la dette congolaise, à hauteur de 1,9 milliard de dollars. Cette décision, véritable chèque en blanc à un régime toujours aussi opaque et autoritaire, sonne comme une insulte à la mémoire de Bruno Ossebi un an après sa mort.

In Syfia International

          CRP

 

 

CRP – Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari – g.elbienkari@gmail.com

Syfia international – Emmanuel de Solère Stintzy – desolere@syfia.info

 

 

Pointe-Noire : Les séropositifs, des employés à respecter

 

(Syfia/CRP) Sous l'impulsion d'ONG et des pouvoirs publics, certaines entreprises de Pointe-Noire prennent en charge leurs employés séropositifs et veillent au respect de leurs droits. Mais, le combat contre la discrimination est difficile dans un environnement gangrené par le manque d'informations et les préjugés.

 

 "Au travail, je suis un collègue, pas un malade." À Pointe-Noire, les quelque trois cents agents de Zain Congo, un opérateur de téléphonie mobile, ne semblent jurer que par ce slogan. "Je n'ai pas envie de savoir que mon collègue est séropositif, car je sais que je peux cohabiter avec lui sans crainte. Le sida ne se transmet pas par simple contact", explique Olga Marthe Loemba, agent du service de management.

Ces cinq dernières années, grâce au partenariat entre des ONG, l'Unité départementale de lutte contre le sida (UDLS) et Unicongo (Union patronale et interprofessionnelle), près de 50 entreprises ont mis en place des points focaux animés par des employés. Ces relais informent et veillent à l'application stricte du Code du travail. Le Port autonome de Pointe-Noire évacue parfois à ses frais en Occident certains de ses employés séropositifs. Les compagnies pétrolières Total et ENI assistent financièrement et psychologiquement leurs agents sidéens. Patrice Batz Huyer, responsable du programme VIH/sida à Zain Congo, résume : "Un séropositif, pourvu qu'il jouisse de toutes ses facultés, a les mêmes droits et devoirs qu'une personne dite normale."

Une manière de voir que ne partagent pas bon nombre d'employeurs. À leurs yeux, sida équivaut forcément à incapacité ou faible rendement physique et intellectuel. "Employer un séropositif, c'est causer la chute de l'entreprise. Mieux vaut ne pas le faire et, au cas où ce dernier est déjà dans la société, s'en débarrasser par tous les moyens", lance le responsable d'un restaurant, qui craint que ses clients, informés de la présence d'un de ces malades dans son personnel, partent déjeuner ailleurs. "Ils auraient peur d'être contaminés, poursuit-il. On n'aurait alors plus d'argent pour faire fonctionner notre établissement."

 

L'employé sidéen a les mêmes droits

Même si la Confédération syndicale des travailleurs du Congo et la Confédération syndicale congolaise disent ne pas avoir reçu de plaintes de séropositifs victimes de licenciements abusifs, certains préjugés chez les patrons causent renvois, mutations et autres traitements injustes. Une enquête menée cette année auprès de cinq sociétés par les ONG Azur développement et le Club des jeunes pour l'éducation sexuelle et à la santé (CJESS) révèle ainsi que cinq personnes ont été licenciées en raison de leur séropositivité. "Nous avons lu une note de service faisant état de la radiation d'un employé à cause d'une infection rétrovirale qui entraînait une diminution de rendement. Pourtant, cette personne jouissait de toutes ses facultés physiques et intellectuelles", explique David Hermann Malanda, président du CJESS. Le docteur Jean-Pierre Nkouendolo, coordonnateur de l'UDLS affirme cependant que "grâce à l'action concertée de l'UDLS et de deux ONG qui ont négocié avec la société, le patron est revenu sur sa décision."

"Le pire des dangers, c'est le manque d'information", résume Sylvie Niombo, présidente d'Azur développement. Pour faire tomber les préjugés et les tabous qui entourent le sida, des ONG circulent notamment dans les hôpitaux. "La séropositivité est encore perçue par beaucoup comme une honte et une injure", déplore Dominique, candidate au dépistage volontaire.

La loi est pourtant claire. Selon Georges Nguila, chef d’antenne de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), "en cas de discrimination en milieu professionnel, il y a deux recours : la négociation et la voie juridique". Et comme le souligne Abraham Mbouala, agent de la direction départementale du Travail et de la sécurité sociale, "le Code du travail ne prévoit aucune disposition particulière pour les séropositifs et il est valable pour tout le monde". Ce Code condamne, dans l'entreprise, la discrimination sous toutes ses formes et prévoit des sanctions. "Le sidéen est une personne normale, on n'a donc pas besoin d'une législation particulière", insiste Marthe Tchitoula Makosso, agent du service ressources humaines au Port de Pointe-Noire.

John Ndinga-Ngoma

Septembre 2010

 


Congo Brazzaville : Solutions pratiques au chômage chronique des jeunes diplômés

 

(Syfia/CRP) Face à la montée du chômage des jeunes diplômés et aux défaillances des structures d'aide à l'insertion professionnelle, la société civile prend des initiatives originales et relativement efficaces. Salon de l'emploi et formations pratiques contribuent à rapprocher les jeunes des besoins du monde professionnel.

 

Diplômée dans le secteur des assurances, Andocheline Otsoa est désemparée : "Je cherche du travail depuis dix ans…" Elle n'est pas la seule à vivre cette situation. Les jeunes Congolais ont en effet de plus en plus de mal à trouver un emploi à la fin de leurs études. Selon l'Office national de l'emploi et de la main-d'œuvre (ONEMO), le nombre de jeunes diplômés au chômage (15 000) a augmenté de 25 % l'année dernière. Anne Marie Bikindou, directrice de la prospection et du placement à l'ONEMO explique cela par l'absence, depuis de nombreuses années, "d'une politique d'emploi des jeunes diplômés".

Accompagnés par des structures officielles d'aide à l'insertion professionnelle pas assez performantes, les chercheurs d'emploi ont peu d'opportunités de rencontrer des recruteurs et de se faire repérer. Ces derniers temps, la société civile mène des actions concrètes pour y remédier. L'Association initiative d'aide au développement (AIDD) organise ainsi chaque année, depuis deux ans, un salon de l'emploi. Le but, explique Léocadie Ondzé, membre de cette association, est de "donner la chance aux jeunes diplômés qui cherchent un emploi d'aller vers les sociétés qui les intéressent et qui ont des offres". Les candidats sont également formés à la présentation de leur CV, la rédaction de lettres de motivation et la préparation aux entretiens d'embauche, etc.

 

Université inadaptée

Florent Madzou, directeur des ressources humaines des Mutuelles congolaises d'épargne et de crédit (Mucodec) était présent aux deux éditions de ce salon. "Nous y avons recruté trois personnes dont les profils correspondaient à nos besoins", explique-t-il. Laure, titulaire d'une Maîtrise en sciences économiques, aujourd'hui caissière dans ces mutuelles, est l'une de ces recrues. Lors du salon 2008, elle avait rencontré Florent Madzou avec qui elle s'était entretenue. "À sa demande, se souvient-elle, j'ai déposé mon dossier, passé un entretien et réussi le test final".

Comme elle, Paco Cleme, après ses études universitaires, a décroché un poste de comptable à Nathalys, une entreprise locale contactée au salon de 2009. À cette occasion, il avait discuté avec le directeur général de l'entreprise, faisant valoir l'expérience acquise lors de ses stages. Plus d'une quinzaine d'entreprises et environ 2 000 jeunes ont pris part au dernier salon qui s'est tenu en mai dernier à Brazzaville. Analysant les résultats de cette initiative depuis les débuts, Guylaine Mbany, présidente de l'AIDD, estime que "grâce au salon, nous avons pu placer 200 jeunes diplômés".

D'autres ONG obtiennent elles aussi des résultats encourageants. Dans un pays où les formations universitaires sont souvent trop théoriques ou inadaptées aux besoins du marché du travail, l'Association ville campagnes emplois (AVICE) a trouvé une parade dans le secteur agricole. Elle propose des formations pratiques aux lauréats de l'Institut du développement rural (IDR) et à d'autres volontaires. En trois ans, selon Victor Dimina, le président de cette association, "21 jeunes ont été formés, qui aujourd'hui se sont mis à leur propre compte". Parmi les bénéficiaires, Laure Batamio élève de la volaille : "Avec une ferme de près de 500 pondeuses, je gagne mieux ma vie que certains fonctionnaires !". Côme Bitsoumanou, président de Cercle d'action développement et d'animation rurale, est convaincu que l'agriculture et l'agro-alimentaire sont des secteurs porteurs à développer pour réduire le chômage des jeunes.

 

Développer les stages en entreprises

Le secteur pétrolier, qui a connu une forte croissance en 2009, manque lui aussi de personnel qualifié. Dans le journal interne de l'entreprise, Serge Bouiti-Viaudo, coordonnateur développement durable à Total E & P Congo, estime que l'Université devrait "revoir le contenu des programmes tout en formant des enseignants, afin d'orienter des étudiants vers des thématiques pétrolières qui correspondent à nos besoins".

Conscient de l’ampleur du problème, le ministère chargé de l'Emploi entend faire avancer les choses, notamment à travers l'ONEMO. Désormais, ce dernier affiche dans ses locaux toutes les informations sur les emplois. L'Office prévoit également de donner aux chômeurs des formations plus pratiques dans différentes filières, puis de leur trouver des stages, sortes de pré-emploi dans les entreprises.

Pour trouver des solutions adaptées, il faudra d'abord sans doute améliorer le diagnostic. Reste en effet à mettre en place l'indicateur de suivi prévu dans le Rapport d'avancement de la mise en oeuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté, à savoir : le pourcentage de diplômés de l'enseignement supérieur ayant trouvé un emploi correspondant à leur formation dans les deux années suivant leur sortie.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Septembre 2010

 


 

Brazzaville : Les bienfaits et les risques de l'épargne collective

 

(Syfia/CRP) Le manque de sérieux de certaines banques amène de plus en plus de Brazzavillois à cotiser à des systèmes d'épargne collective. Simples, ces derniers permettent d'économiser au quotidien et de recevoir ensuite une somme importante pour investir. Gérés de façon artisanale, ils offrent cependant peu de garanties à leurs adhérents.

 

"Tous les jours, je versais 1 000 Fcfa (1,5 €) pour le carnet de pointage. L'initiatrice de ce système m'a aidée à aller au bout du cycle de six mois. J'étais commerçante de foufou, je suis maintenant propriétaire d'un restaurant !", se félicite Viviane Balenda, veuve avec quatre enfants à charge, en essuyant délicatement son comptoir, le sourire aux lèvres. Le principe du carnet de pointage (ou de "la ristourne") est plus ou moins toujours le même : chaque adhérent verse une petite somme tous les jours ou toutes les semaines. Après plusieurs mois d'épargne collective, chacun, à tour de rôle, reçoit une grosse somme d'argent.

En famille ou sur le lieu de travail, dans les marchés ou les grandes administrations de la place, le carnet de pointage est une pratique de plus en plus courante à Brazzaville depuis une dizaine d’années. Elle offre une alternative aux banques et organismes de crédit dans lesquels bon nombre de Congolais n'ont plus confiance depuis la fermeture de plusieurs d'entre eux. Un employé de la DRTV (Digital Radio Télévision) raconte avoir perdu l'argent qu'il avait placé à Humberto Brada, une société qui, au début des années 2000, promettait 30 % d'intérêt après 45 jours de dépôt, là où les banques classiques offrent des taux d'intérêt annuels de 5 à 12 %. Cette société a rapidement fermé ses portes, ruinant plus de 25 000 clients… "Mon père a aussi perdu de l'argent par le passé (dans d'autres banques, Ndlr). Avec les banques congolaises, il faut s'attendre à tout !", conclut cet employé de la DRTV.

 

Double intérêt

Pour ceux qui cotisent aux ristournes, l'intérêt est double : s'imposer au quotidien des économies et disposer ensuite d'une somme importante d'argent à investir dans un projet. "Grâce à ce système, j'ai acheté une parcelle. Avec mon salaire, je n'aurais pas pu le faire", se félicite Jocelyne, une secrétaire. Marcel, un commerçant, est tout aussi enthousiaste : "J'avais parié avec ma femme qu'avant la fin de l’année, j'ouvrirais ma boucherie. C'est désormais chose faite, car le mois passé, j'ai reçu un million de Fcfa (plus de 1 500 €) grâce à une ristourne que j'avais commencée en janvier."

"Le carnet de pointage permet d'acquérir une somme donnée à une date fixe. Il suffit de respecter ses engagements", explique Irène Silakouna, monteuse à la DRTV, qui a découvert ce système dans sa famille, puis l'a expérimenté avec des amis marchands quand elle était vendeuse de beignets, et enfin mis en place à son arrivée à la DRTV. Elle est persuadée de permettre ainsi aux plus pauvres d'épargner "sans payer de frais d'ouverture ou d'entretien de compte, ni être confronté aux longues procédures administratives nécessaires pour obtenir un crédit."

"Ma joie à la fin de chaque cycle, qui dure en général dix mois, est de voir un adhérent s'acheter une machine à coudre, un ordinateur ou un sac de foufou… Bref, quelque chose qui va lui servir dans son domaine d'activité", se réjouit Mélanie Tsamounoukou, fonctionnaire et vendeuse de friperie, qui a mis en place une ristourne de cinquante adhérents, il y a cinq ans environ sur son lieu de travail.

 

Pratiques peu sécurisantes

"Je gagne 1 % sur chaque versement, confie Irène. Mélanie reconnaît cependant que gérer une telle organisation n'est pas toujours facile : "Une fois, j'ai eu un décès et j'ai emprunté de l'argent dans la caisse en me disant que j'allais le remettre le jour de la paye. Mais, il m'est arrivé un autre malheur. Heureusement, j'avais prévenu mes adhérents…" Un exemple révélateur des faibles garanties qu'offre ce système.

Ceux qui cotisent font presque aveuglément confiance à leurs caissiers. "Le contrôle se fait à partir d'une fiche, tous les jours, semaines ou mois et l'argent est conservé au domicile du trésorier…", précise Brice, un ancien adhérent. Un agent des Mutuelles congolaises d'épargne et de crédit (Mucodec) désapprouve lui aussi ces pratiques qu'il juge peu sécurisantes. Même son de cloche du côté du Forum des jeunes entreprises, institution bancaire qui aide des jeunes à entreprendre une activité : "Dernièrement, un incendie s'est déclenché dans une boutique dont le gérant tenait un carnet de pointage. Tout a brûlé. Plusieurs personnes ont perdu leur argent et ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes…"

 

Annette Kouamba Matondo

Septembre 2010

 

 


 

Congo Brazzaville - RD Congo : Mieux vaut dédouaner à Pointe-Noire qu'à Boma ou Matadi

 

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Trop d'impôt tue l'impôt. A exiger deux fois plus de taxes et à tracasser les importateurs, les douaniers de RD Congo des ports de Boma et Matadi sont en train de perdre leurs clients qui préfèrent débarquer à Pointe-Noire au Congo Brazzaville voisin, où le dédouanement leur coûte moitié moins cher. 

 

La cité côtière de Muanda, à 240 km de Matadi, en RD Congo, connaît un regain d’activités depuis que des véhicules remorques viennent y décharger leurs grosses cargaisons. Remplis de marchandises importées d’Europe, ils viennent du port de Pointe-Noire à 135 km plus au nord sur la côte au Congo Brazzaville. C’est là que de plus en plus d’importateurs de RDC préfèrent, ces jours-ci, dédouaner leurs marchandises, fuyant presque les ports de Matadi et de Boma, dans leur pays. "Plus jamais je ne dédouanerai mes marchandises dans ces deux ports où les services étatiques sont très tracassiers", jure Jean-Claude Vangu, homme d’affaires de Matadi, qui a choisi Pointe-Noire où, dit-il, "l’administration douanière fonctionne dans les normes avec quatre services : l’immigration, la douane, l’hygiène et l’Office de contrôle et de vérification."

Dans les deux ports de la province du Bas-Congo comme dans d’autres postes frontières de RDC, c’est souvent une flopée d’agents d’une dizaine de services voire plus, qui ont l’œil rivé sur les importateurs. Les frais de dénouement leur coûtent alors les yeux de la tête, en tous cas beaucoup plus chers qu’ailleurs : "A Boma et Matadi, dédouaner une voiture Mitsubishi Lancer revient à 2 400 $ contre 1 200 $ à Pointe-Noire", compare Emile Mayuku, un déclarant en douane, qui brandit une feuille de douane. Opérateur économique de Muanda, Christ Womo s’étonne, lui aussi, de ces énormes écarts des coûts : un conteneur de 20 pieds de marchandises est dédouané 8 000 $ voire plus dans les ports du Bas-Congo, pour 4 500 à 5 000 $ à “Ponton la mer” (Pointe-Noire).

 

"Trop c’est trop"

Une fois arrivés avec les véhicules à Muanda, les importateurs préfèrent décharger leurs marchandises là. Ils évitent d’aller jusqu’à Boma ou Matadi, distants de 240 et 360 km de Pointe-Noire pour, disent-ils, éviter des frais supplémentaires. Sur leur trajet entre le Congo-Brazza et la RD Congo en passant par l’enclave angolaise de Cabinda, ils ne présentent que leurs documents douaniers au passage de la première frontière, et paient des frais de transit de 200 $ pour une voiture japonaise et 800 $ pour un conteneur de 20 pieds à la douane angolaise. Ce qui, malgré les risques de traverser le territoire cabindais infesté de rebelles du Flec (Front de libération de l’enclave de Cabinda), est de loin plus avantageux que s’ils faisaient le dédouanement dans les ports de leur pays. "Trop c’est trop", tempêtent, fous de rage, les importateurs qui continuent encore à faire leurs opérations à Boma et Matadi.

Ces derniers essayent de mettre la pression sur le gouvernement de Kinshasa, pour obtenir la réduction des taxes portuaires. En mars 2010, celui-ci a signé un “Pacte de doublement des recettes” avec les différentes régies financières du pays (douane, impôts…), afin d’améliorer son budget. La douane a ainsi presque doublé ses taxes dans ces ports. Mais les résultats attendus ne seraient pas au rendez-vous, à cause de la fuite de certains importateurs. "Au regard du pacte de doublement nous comptions engranger 118 milliards de Fc par rapport au premier trimestre 2010, mais nous n’avons atteint que 62 milliards", constate Eric Hata, directeur provincial intérimaire des douanes.

 

Activités et recettes en baisse

Les conséquences de ce désintéressement se font également sentir à l’Office national des transports qui gère les ports et à l’Office congolais de contrôle des marchandises à l’import-export. Selon un transporteur, leurs frets auraient périclité de plusieurs centaines de tonnes depuis que Pointe-Noire a récupéré les importateurs de RDC mécontents.

La situation de ces ports congolais est aggravée par le faible tirant d’eau du fleuve Congo, qui a cessé d’être dragué, dont se plaignent les armateurs qui viennent y mouiller. "Pour protéger leurs cargaisons, les navires ne transportent plus de gros tonnages", explique Richard Munoko, directeur des relations publiques à la Régie des voies maritimes à Boma. Agences en douane, dockers et petits commerçants qui vivent autour des activités des ports de la province du Bas-Congo en RDC sont aussi inquiets. "Je pensais faire de bonnes affaires en vendant les bilokos (marchandises importées de seconde main, Ndlr), mon espoir est perdu", regrette Alfred Dinzolele, un habitant de Boma.

 

Dieudonné Mwaka Dimbi

Syfia Grands Lacs – Septembre 2010

 

 

 

 

In afrik.com : La SAPE à l'honneur au musée Dapper

 Une tribune de l’écrivain congolais Aimé Eyengué

La SAPE ou la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes se mue. Des quolibets douillets frisant le délire aux guéguerres gentilles aux tons carnavalesques, naguère appelées défis à Brazzaville (lieu de proclamation de ce mouvement des Dandys d’aujourd’hui), les Architectes de la SAPE font leur entrée dans la Cour des Grands, j’allais dire des Artistes. Cela, au point de décontenancer tous leurs détracteurs qui, depuis des lustres, ont essayé mécaniquement de vider sur eux leur colère du sous-développement congolais en vain. La roue tourne.

 

 

Actuellement, sur la place de Paris, la SAPE est en exposition au Musée Dapper (Paris 16ème). Les Sapeurs y voient une forme de début de reconnaissance de la part d’une ville qui, jusqu’alors, les avait toujours réduits à la portion congrue alors que, par mille et une déclarations d’amour, ils lui ont toujours fait la part belle, et même à l’excès ! avec des slogans comme « Mourir sans voir Paris, c’est un péché » ou « Voir Paris et mourir »…

Eh boum ! il n’y a pas de hasard dans la vie, diraient certains : c’est donc contiguë à l’Ambassade du Congo en France que cette manifestation culturelle et artistique a planté le drapeau des Sapeurs, à l’instar de Brazza, l’explorateur français d’antan, qui alla planter le drapeau français au Congo, donnant ainsi son nom à la capitale du Congo. Aujourd’hui, c’est en quelque sorte le jumelage culturel Paris-Brazzaville qui signe là ses lettres de créances presque 120 ans après la découverte du Congo par le Français De Brazza. Maintenant, les Sapeurs pensent que Paris va commencer à le leur rendre bien, parce que la SAPE a le vent en poupe.

©Héctor Mediavilla Sabaté, Colors Magazine

Il faut reconnaître que la SAPE est partie de très loin : de la rue, site des défilés de mode et d’errance, appelés Djatance (patinage artistique ou numérique, le 21ème siècle oblige), la SAPE entre dans les musées par le haut, de Paris à Londres, en passant par Bamako, au point d’inspirer un grand nom du luxe vestimentaire mondial, à savoir Paul Smith, qui n’a pas hésiter de mettre à l’honneur les Sapeurs congolais lors de son dernier défilé de mode londonien, en consacrant les couleurs flashies, en l’occurrence le rose de la création artistique congolaise venue droit de chez Connivences. En d’autres termes, la joie de vivre et l’élégance des Sapeurs, de connivence avec les grands couturiers et chausseurs occidentaux, s’exportent bien. Le colonisé décolonisé devenant ainsi l’inspirateur, pour ne pas dire le "colonisateur"… comme certains Sapeurs le soutiennent. Seulement, on peut se demander contre qui voudraient-ils prendre leur revanche, si ce n’est contre eux-mêmes, c’est-à-dire nous-mêmes les autres ou les autres nous-mêmes ?

©Héctor Mediavilla Sabaté, Colors Magazine

Un besoin de reconnaissance

En fait, par-delà toutes les considérations abracadabrantesques ou élogieuses, un constat s’impose. L’heure serait tout bonnement arrivée de passer à une dimension supérieure, diraient certains férus de l’élégance, versés dans l’art de faire chanter les couleurs, dans la bonne ambiance arc-en-ciel des jeux de lumières qui symbolisent les pays tropicaux.

Parce qu’ils sont adeptes de la non-violence et de la civilisation multiculturelle, les défenseurs de la SAPE, devenus depuis Sapelogues (néologisme), voudraient simplement qu’on les laisse vivre, en essayant de les comprendre comme eux essaient de comprendre les autres. Petit à petit, là où ils souffraient d’un vide, c’est-à-dire d’un manque de message fort, qui colmate les brèches à leur profit, les sapeurs veulent quasiment tous aujourd’hui tirer partie de leur passion, au fur et à mesure que leur message qui était jusque là cacophonique prend du sens, relayé par l’expression des stylistes, artistes, documentaristes et écrivains…

Le besoin d’épanouissement et de reconnaissance se fait très fort chez les sapeurs. Après Sapologie, ACADEMIE de la SAPE, les ALLURES, illustrées par des documentaires ou albums de musique, ils s’apprêtent à proposer l’INTEGRATION dans la SAPE, avec en prime l’Hymne International de la SAPE, comme cela peut être vu à partir d’un site dédié à laSAPE...

©Héctor Mediavilla Sabaté, Colors Magazine

Restant tout de même un des plus grands paradoxes de notre temps, la SAPE ne changerait peut-être pas d’avis ses détracteurs, mais s’imposera désormais dans le débat, obligeant les uns et les autres à penser et à repenser la SAPE, en partant de l’Afrique cette fois-ci. Elle vient d’entrer dans la mondialisation. Peut-être, pour tenter de proposer une autre modernité, qui consiste à accepter l’autre et ce qu’il propose pour essayer de vivre en harmonie avec soi-même, ou simplement de vivre ensemble dans la non-violence…

Qui sait s’il n’y aura pas un Sapeur Prix Nobel de la Paix, les années à venir ? surtout qu’il y en a déjà parmi eux qui ambitionnent voir leur statue à la fois dans le Musée Grévin et le Mémorial de Brazzaville…

Un rêve, même fou, est toujours permis.

Affaire à suivre.

- Consulter le Blog d’Aimé Eyengué

 

Informations provenant de SYFIA

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Cour pénale internationale : Reprise du procès de Jean-Pierre Bemba à La Haye

 (Syfia Grands Lacs) Le procès de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RD Congo, a repris comme prévu le mardi 11 janvier 2011, devant la Cour pénale internationale de La Haye, aux Pays-Bas. Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, viols, meurtres et pillages perpétrés en Centrafrique, entre 2002 et 2003. Compte rendu d'audience.

9 heures 30 ce mardi 11 janvier 2011 : le silence est total dans la salle d'audience publique de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, aux Pays-Bas. Le lieu est solennel. Suspendu en décembre dernier en raison des vacances judiciaires, le procès de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RD Congo, reprend ce matin-là. La Chambre de première instance de la cour est composée de trois juges, toutes des femmes. D'un côté des magistrats, le camp de l'accusation, le Procureur en tête, ainsi que les avocats de la partie civile. De l'autre, les défenseurs de Jean-Pierre Bemba. Un peu en retrait derrière ses avocats, en costume et cravate, les bras croisés ou la main sur le menton, Bemba affiche un air plutôt serein. De temps à autre, il se penche en avant pour chuchoter à l'oreille de son défenseur. Son épouse, ses proches et des membres du Mouvement de libération du Congo (MLC) sont présents pour assister à l'audience.

La défense attaque

La couleur du jour, le noir, comme les toges des différents acteurs du procès. Noir aussi, comme le récit du témoin 87, une Centrafricaine, installée derrière des rideaux et qui s'exprime dans sa langue maternelle, avec traduction simultanée en français et en anglais, les deux langues officielles de la cour. Elle accuse les troupes de Bemba de l'avoir violée en novembre 2002, à Bangui. "Ces méchants ont débarqué dans notre maison le soir, ils étaient quatre. Tour à tour, ils m’ont violée et souillée", explique-t-elle, traumatisée, ajoutant que ses agresseurs ont également tué son frère.

En appui à ses accusations, la victime a versé au dossier un certificat médical établi en 2009, un document qui ne constitue pas un élément de preuve à charge, les médecins n'ayant pas pu établir s'il y a eu viol ou non, sept ans après les faits supposés. En réponse à la question d'un avocat de la défense qui s'étonne qu'elle n'ait pas consulté un médecin plus tôt, le témoin se justifie en invoquant sa situation financière. "En période de guerre, il est difficile de trouver de l'argent pour aller chez le médecin. Dans mon pays, sans argent, pas de soins", argumente-t-elle. Sceptique, l'avocat de Bemba revient à la charge. "Est-ce que vous connaissez les organisations comme Médecins sans frontières et la Croix-Rouge ? Ces organisations demandent-elles de l’argent pour assister les victimes de violence sexuelles en Centrafrique?", insiste-t-il. 

Tout au long de l'audience, les avocats de la défense se sont appliqués à mettre en doute la capacité du témoin à faire la chronologie des événements. Me Nick Kaufman a par ailleurs relevé ce qu'il considère comme des contradictions entre les déclarations orales faites devant la cour et la déposition antérieure du témoin. Les avocats se demandent comment dans une telle situation, elle pouvait faire la distinction entre les uniformes et les armements des troupes de Bemba et ceux de l'armée régulière ou des autres groupes armés.

En réaction à l'intervention de Me Kaufman, l'accusation fustige l'acharnement de la défense dont les questions sur des dates et autres détails sont de nature à semer la confusion dans l'esprit du témoin et de la cour.

Premier jour éprouvant d'un procès qui se poursuit tout au long du mois de janvier, avec l'audition d'autres témoins et victimes. Un procès que Jean-Pierre Bemba Gombo attend depuis deux ans. Arrêté le 24 mai 2008 par les autorités belges, il a été transféré au quartier pénitentiaire de la CPI où il est détenu depuis juillet 2008.

Passy Mubalama


Burundi : Juger et punir vite pour dissuader les criminels

 (Syfia Grands Lacs/Burundi) Depuis six mois, la justice burundaise siège sans repos et punit lourdement et très rapidement les coupables de crimes et délits graves. Les Burundais apprécient cette permanence pénale qui commence à porter ses fruits dans les cas de flagrant délit et les affaires qui ne nécessitent pas de longues enquêtes.

Le tribunal de grande instance de Mwaro, au Burundi, a condamné le 24 janvier Didace Manirakiza à une peine de prison à perpétuité. Il avait tué son père trois jours avant pour pouvoir gérer, à sa guise, le patrimoine familial. Pour les crimes qui ne nécessitent pas de grandes enquêtes, les juridictions burundaises s’activent, depuis un peu plus de six mois, à rendre leurs verdicts souvent lourds, très rapidement, siégeant même les dimanches. Le gouvernement entend ainsi couper court à l’impunité des criminels et des délinquants qui veulent faire retomber le pays dans la violence de la guerre civile de 1993.

Ces derniers mois, en effet, la situation sécuritaire était devenue de plus en plus intenable. Au nord du Burundi par exemple, dans la seule province de Kirundo, selon le représentant de l’Association pour la défense des prisonniers et des droits humains (APRODH), Anicet Gambaki, on a relevé 67 assassinats et 135 viols pour la seule année de 2010.

Les habitants, de plus en plus révoltés par cette violence et furieux de voir les criminels impunis, avaient commencé à rendre justice eux-mêmes. En décembre, un bandit a été brûlé vif en commune urbaine de Buyenzi, dans la capitale. Le même mois à l’est dans la province de Ruyigi, des habitants se sont rassemblés devant le commissariat de police pour exiger que des bandits assassins qu’ils avaient eux-mêmes arrêtés ne soient pas libérés une fois de plus…

Punir vite

Ces pressions ont accéléré le rythme de la permanence pénale. En moins d’une semaine, un militaire et un élève impliqués dans l’assassinat d’un chef de ménage et le viol des quatre filles de celui-ci, le 8 décembre dernier dans la province de Kirundo au nord du pays, ont écopé d’une peine de prison à perpétuité. Dans un laps de temps tout aussi court, un policier de la même circonscription qui a attenté à la vie d’une mère de famille a été frappé de la même peine…

Les crimes de sang ne sont pas les seuls concernés. Ces juridictions n’y vont pas non plus de main morte pour châtier les viols, vols, trafic de drogue… dont les auteurs ont été surpris en flagrant délit ou ont été rapidement identifiés. C’est ainsi que dans la province de Bubanza, à l’ouest du pays, un commerçant surpris début janvier par les policiers en train de violer une élève de 5e année primaire a été condamné, en moins d’une semaine, à 25 ans de prison. Au centre est, dans la province de Karuzi, deux vendeurs de drogue arrêtés le 11 janvier ont écopé de 20 ans de prison et d’une amende de 500 000 Fbu (près de 500 $) trois jours seulement après avoir été arrêtés. Pour le porte-parole de la Cour suprême, Gérard Rugemintwaza, "ce rythme accéléré vise à dissuader les criminels."

Dissuasion saluée

De fait, les Burundais sont satisfaits de ces jugements rapides qui freinent les élans malfaisants des criminels. Dans la capitale, les habitants viennent de passer quelques semaines sans avoir à compter les morts. À l’intérieur du pays, bandits et violeurs recherchés se terrent. "L’impunité est cassée"estime Jean Paul Nduwayezu, fonctionnaire au sud du pays, rencontré au centre ville. Un autre fonctionnaire du sud-est du pays, en province de Rutana, exprime lui aussi sa satisfaction : "Les criminels réfléchissent désormais à deux fois avant de commettre leurs forfaits. Le rythme est bon et il faut le soutenir pour que la paix s’installe durablement."

Cinq maçons des collines surplombant Bujumbura disent suivre à la radio les nombreux jugements qui se font dans les provinces. Après un court moment de réflexion, l’un d’entre eux, Habarugira S., la sueur au front, s'exclame d'un ton désespéré : "Dans Bujumbura, c’est toujours la guerre ; les plus forts nous écrasent, nous tuent même en toute impunité. Je ne sais pas quand ce bon temps viendra chez nous." Dans la capitale, en effet, la permanence pénale, qui nécessite beaucoup de moyens, ne parvient pas à venir à bout des nombreuses confrontations d’ordre politique qui rendent toujours la situation sécuritaire précaire.

Les habitants apprécient ce système qu’ils voudraient voir régler toutes les injustices dont ils sont l'objet et notamment la réattribution jugée injuste des parcelles acquises à coups de millions par des autorités de l’administration et des forces de l’ordre. Pour un habitant du sud de Bujumbura, "il est clair que cette rapidité décourage pas mal de crimes, mais il faut faire un autre pas, très difficile celui-ci, et frapper les hautes autorités qui trempent dans des actes mafieux qui repoussent les bailleurs de fonds."

Selon le porte-parole de la Cour suprême, cependant, la permanence pénale n’est pas possible dans les dossiers qui nécessitent de longues enquêtes comme ceux qui concernent les abus de confiance, les escroqueries et les malversations économiques où il y a rarement flagrant délit.

 Jacques Bukuru


Butembo : Les “parlements debout”, des groupes de pression craints des autorités

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) Les “parlements debout” où les jeunes discutent de la vie des citoyens et de politique se multiplient à Butembo, au nord de Goma. Appréciés par les populations qui y apprennent leurs droits, ils sont soupçonnés par les autorités d’être les repaires de bandits ou de politiciens.

 Dans le quartier Congo ya sika, à Butembo, un hangar couvert d’une simple bâche verte trône sur le côté gauche de la route qui mène vers Beni. C’est le siège du “parlement debout” de la cellule Furu, et l’un des plus réputés de cette ville commerçante du Nord-Kivu, au nord de Goma. De nombreux jeunes viennent y passer des journées entières, discutant des questions liées aux droits des citoyens ou de politique. "C’est notre repaire, un vrai cadre d’échanges surtout en ce moment où nous nous approchons des échéances électorales", explique Me Mbenze Yotama, membre du collège des présidents de ce parlement de rue.

Déjà en vogue dans la capitale Kinshasa, où, depuis les années 90, les gens s’agglutinent autour des kiosques à journaux pour commenter l’actualité, ces lieux de discussions sont nés il y a six mois à Butembo. En moins d’un an, la ville en compte déjà cinq et chaque quartier veut avoir le sien. "C’est comme une émulation populaire. Personne ne nous pousse à le faire mais nous croyons en ce que nous faisons, sans la moindre ambition politique", raconte Kakule Sengemoja, du parlement Kavuavua, dans la commune de Vulamba.

Forums sociaux

Dans ces parlements, les jeunes discutent notamment des problèmes de sécurité qui se posent dans leur ville, des droits élémentaires des citoyens et tranchent parfois des différends qui les opposent. Ils exercent ainsi un vrai pouvoir populaire dans les quartiers. "Nous attirons l’attention des jeunes sur leurs droits : par exemple, leur apprendre qu’un policier avec une convocation ne peut pas directement amener quelqu’un en lui mettant des menottes. C’est constitutionnel mais c’est ignoré par la plupart des citoyens", explique Philippe Makomera, du parlement Furu.

Dans les quartiers où ils sont installés, les membres de ces organisations informelles sont adulés par la population, qui les considère comme leur porte-parole. "Ils nous aident car dans notre quartier, la police ne peut désormais plus venir, sans document, arrêter un citoyen. Ils prennent légalement sa défense", témoigne Kambale Kitambala, chef de cellule de Furu. De ces parlements partent aussi des contestations, parfois politiques. La dernière en date : la récolte courant janvier des signatures rejetant la récente révision constitutionnelle par le parlement à Kinshasa, qui a décidé que le scrutin présidentiel serait désormais à un seul tour. Cette action a été réprimée par la police et l’armée… 

Les autorités, en effet, ne voient pas d’un bon oeil le développement rapide de ces forums de rue. En se comportant ainsi, ils se substituent, selon elles, à l’Etat. "Comment voulez-vous que des gens s’opposent à l’autorité soit disant pour encadrer les citoyens ?", interroge Cyprien Mulondi, bourgmestre de Vulamanba. Selon eux, il s’agit de groupes constitués de bandits qui incitent les jeunes à la désobéissance. Certaines autorités sont plus suspicieuses. "Il doit y avoir des politiciens derrière eux, c’est des arbres qui cachent la forêt", pense Bwambale Nyime, bourgmestre de Kimemi. Le maire de Butembo, Théodore Sikuli’Uvasaka, les traite de "rebelles."  

Simples groupes de pression

Ces accusations sont formellement rejetées par ces rassemblements de jeunes. Ils disent ne mener que des actions bénévoles, là où l’Etat "a échoué." "Si nous étions des bandits, pourquoi ne nous arrête-t-on pas ?", questionne Philippe Mokomera. Et d’ailleurs, "tous ceux qui nous contestent nous courtisent après, car ils connaissent notre force", poursuit ce jeune, brandissant un drapeau rouge et blanc que des Belges du Comité international du mouvement ouvrier (International Worker Comite) leur ont remis lors d’une visite.

Pour Jean De Dieu Soha, politologue et professeur d’université, "c’est normal que les gens s’organisent, ce sont les conséquences de la démission de l’Etat.". Il fait remarquer qu’à Kinshasa, "les parlements debout n’ont jamais posé problème", même si, parfois, ils sont interdits d’attroupement et dispersés en période de tension politique. Aux politiciens qui les prennent pour des concurrents potentiels, Me Mbenze affirme clairement : "On ne fait pas de politique, loin de là. Nous sommes un simple groupe de pression."

Kennedy Wema


Goma-Gisenyi : Chantage aux banques rwandaises pour aider les transfrontaliers

 (Syfia Grands Lacs/RD Congo) Pour protester contre une nouvelle réglementation du séjour des étrangers au Rwanda, très contraignante pour la communauté congolaise de Gisenyi, les Congolais de Goma ont décidé de vider leurs comptes ouverts dans les banques rwandaises. Avec succès.

 Depuis une semaine les 4 000 Congolais de Gisenyi dont les enfants étudient à Goma où ils travaillent eux-mêmes, ont retrouvé le sourire. Ils peuvent de nouveau circuler sans entraves entre les deux pays. En effet, depuis début janvier ils étaient soumis à de nouvelles mesures contraignantes pour traverser la frontière qui rendait leur vie très difficile. Outre le passeport, la demande de visa et l’attestation de résidence, tout étranger devait d'abord payer une taxe corporelle annuelle de 50 000 Frw (environ 100 $). Il leur fallait aussi montrer leur curriculum vitae, leur contrat de travail et celui de la location de leur maison à chaque passage de la frontière entre ces deux villes jumelles. Enfin, celui qui possédait un véhicule immatriculé en RD Congo devait payer 15 000 Frw (30 $) pour un seul passage avec le droit de circuler pendant 15 jours seulement. Selon la police rwandaise, plus de 90 % des véhicules qui circulent à Gisenyi sont déclarés en RD Congo.

Pour protester contre cette nouvelle réglementation du séjour des étrangers au Rwanda, les Congolais de Goma sont venus à la rescousse de leurs compatriotes. Ils ont donc pris la décision de vider leurs comptes ouverts dans les banques rwandaises. Un coup dur pour celles-ci auxquelles les Congolais font plus confiance qu’à celles de Goma et où ils sont nombreux à déposer leur argent. Si les Congolais avaient mis leurs menaces à exécution, plusieurs d’entre elles se seraient retrouvées à genoux, notamment la Banque rwandaise du commerce (BCR) de Gisenyi.

Pour Roger, un Congolais qui s’est installé à Gisenyi après avoir été agressé chez lui à Goma ,"la mesure qui frappait tous les Congolais de Gisenyi sans tenir compte de nos origines nous a unis davantage. Nous nous félicitons de la décision de nos compatriotes de Goma". Pour sa part, le gouvernement rwandais aurait mis aux arrêts deux responsables de la douane "pour avoir inventé une mesure afin de maximiser les recettes"…

La peur au ventre

L’insécurité qui sévit dans la capitale du Nord-Kivu est la principale raison qui pousse les Congolais à déménager pour Gisenyi. Ce sont surtout des fonctionnaires de l’administration publique, les membres de la Mission de l’Onu en RD Congo, des agents des équipes des agences des Nations unies, des Ong internationales et des commerçants qui occupent la plupart des logements au "RCD", le no man’s land transformé à un quartier chic depuis 1998 lors de la deuxième Guerre du Congo, à 10 m des bicoques du quartier populeux congolais de Birere à Goma. Quand la rébellion du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) battait son plein, des Congolais qui se sentaient stigmatisés ont aussi trouvé refuge à Gisenyi. "J’ai été assimilé au chef rebelle Laurent Nkunda puisque nous sommes de la même ethnie", déclare l'un d'eux.

D’autres apprécient l’ordre et la propreté qui règnent à Gisenyi et surtout les loyers modérés et les relations réglementées entre bailleurs et locataires. "Un loyer de 200 $ équivaut à celui de 300 $ à Goma", explique un commissionnaire. Ils préfèrent cependant scolariser leurs enfants en RDC où les programmes leur conviennent mieux et où les élèves étudient en français et non en anglais.

 Taylor Toeka Kakala


Nord du Burundi : Vélo abandonné, services désorganisés

 Syfia Grands Lacs/Burundi) Au nord du Burundi, bon nombre de fonctionnaires, fatigués et effrayés par les conditions de circulation, ne vont plus en vélo à leur travail. Peu fortunés, ils espèrent chaque matin qu'un particulier les conduira gratuitement en voiture. Ils arrivent en retard ou sont absents et cela perturbe le fonctionnement des services.

Chaque matin, à Kayanza et Ngozi, on observe des attroupements de gens de plus en plus importants. Il s'agit de fonctionnaires qui habitent ces villes situées au nord du Burundi et travaillent à 10 ou 20 km de là. Parmi eux, personne ne lève la main au passage d'un véhicule de transport en commun pour se faire embarquer. Ils font plutôt signe aux voitures de particuliers qui pourraient les conduire gratuitement à leur travail. Lorsqu'un conducteur s’arrête, tous se précipitent pour être parmi les heureux élus. Il y a environ trois ans, la plupart de ces fonctionnaires se déplaçaient encore à vélo, mais ils jugent aujourd'hui ce moyen de transport trop fatigant et dangereux.

"Le vélo n'est qu'un moyen de s'épuiser physiquement"se plaint Moussa de Kayanza, qui travaille à environ 20 km de cette ville. Dans une région de collines, les cyclistes ne ménagent pas leurs efforts… "J'avais perdu environ 6 kg quand je faisais 40 km chaque jour", ajoute Moussa qui a depuis abandonné sa bicyclette. D'autres évoquent des raisons de sécurité, en particulier les routes étroites où les voitures, de plus en plus nombreuses, se dépassent ou se croisent sans tenir compte de leur présence. À Ngozi, deux ou trois vélos sont ainsi accidentés chaque mois. Dernière raison, moins vitale : certains agents de l'État ne veulent pas être confondus avec les "pédaleurs" qui gagnent de l'argent en transportant des personnes ou des marchandises.

Élèves et malades pénalisés

Une fois le vélo écarté, les solutions de transport sont réduites pour ces fonctionnaires, majoritairement enseignants, qui gagnent en général moins de 100 $ par mois.... "Après avoir payé le loyer, je dois me battre pour les vivres et le reste. Alors, comment collecter assez d'argent pour acheter une moto ?", s'interroge Aloys. Cet agent affirme aussi qu'il ne peut pas payer chaque jour le bus, ce qui lui reviendrait à environ 45 $ par mois, presque la moitié de son salaire….

Beaucoup n'ont donc pas d'autre choix que de s'en remettre à la bonne volonté des conducteurs de voitures particulières. Ils attendent parfois très longtemps ce "lift" providentiel… Ils arrivent donc souvent en retard au travail ou sont carrément absents, indique le président d’un tribunal de résidence proche de Kayanza. Les chefs de service préféreraient que les employés habitent à la campagne, tout près de leurs lieux de travail, mais bon nombre d'entre eux ont leur conjoint en ville… Les agents, eux, souhaiteraient plutôt être mutés là où ils vivent, mais c'est très difficile et cela coûte les yeux de la tête quand il faut corrompre au passage un supérieur à hauteur de 200 $.

Certains chefs de service se disent "conscients" de ces réalités. "J'ai du mal à punir quelqu'un dont je connais la situation", raconte, en privé, le directeur d'une école de Ngozi dont le fonctionnement est perturbé par ces retards. Au dispensaire de Kabuye, dans la province Kayanza, les patients doivent parfois attendre les infirmiers pendant au moins 45 minutes...

Éric Nshemezimana


Nord du Burundi : Séduites par les hommes, chassées par les femmes

 (Syfia Grands Lacs/Burundi) Au nord du Burundi, des épouses trompées par leurs maris se regroupent pour chasser des concubines. Jeunes et pauvres, ces dernières se retrouvent alors le plus souvent sans rien ni personne. Leurs amants leur promettaient pourtant la richesse…

 Aujourd'hui encore, des épouses surveillent que leurs hommes n'ont pas de concubines. Obligés de se faire plus discrets, ces derniers installent leurs nouvelles conquêtes loin de leur premier foyer. Gare aux jeunes femmes qui traîneraient encore à proximité du foyer conjugal. Elles seraient aussitôt chassées avec leurs enfants et leurs amants par des femmes solidaires, bien décidées à ne plus se laisser faire.

"Nous refusons toute violence faite aux femmes, y compris le concubinage !". Tel était le slogan des femmes de la commune Ntega, province Kirundo, au nord du Burundi lors d'une manifestation. C'était il y a presque un an, en février 2010. Elles s'étaient alors regroupées pour chasser des concubines. "Personne ne pouvait nous arrêter. Nous étions déterminées, un gourdin à la main non pour les frapper, mais pour les terroriser", raconte l'une d'elles. Quatre femmes ont été chassées ce jour-là. "Leurs amants cherchaient à les cacher. Mais, discrètement, les épouses nous indiquaient les endroits où se trouvaient leurs rivales. Ce qui est arrivé à celles-ci ensuite ? Peu nous importe : ce sont elles les fautives !", s'emporte une de ces justicières improvisées.

Une fois chassées, les concubines, qui ont pour la plupart entre 16 et 18 ans et ont abandonné l'école à cause de la pauvreté de leurs familles, sont parfois délaissées par leurs "époux". Très rares sont celles qui peuvent ensuite retourner chez leurs parents. Quant à leurs oncles et tantes, ils refusent parfois de les accueillir. Le risque est donc grand de voir ces adolescentes trompées par des commerçants qui leur ont promis la richesse, tomber dans la délinquance. "En position de faiblesse, car démunies, elles acceptent (de devenir des concubines, Ndlr), même si elles en connaissent les risques", explique une source administrative de la commune Ntega.

 MST, assassinats, faillites…

La loi burundaise interdit pourtant le concubinage, mais il suffit de payer une amende de 150 000 Fbu (environ 120 $) pour rester avec sa concubine, assure la même source administrative. Une tolérance qui crée de nombreuses tensions dans les ménages. "Quand mon mari a décidé de prendre sa deuxième femme, je ne savais pas où aller", se rappelle une femme. Elle poursuit : "Quand nous essayons de revenir chez nos parents, ils nous obligent à regagner le foyer conjugal. Autrement, c'est la honte dans la famille !" Ce retour forcé expose le foyer aux MST, car les deux conjoints sont généralement infidèles. "Je cherche ailleurs l'affection qu'il n'a plus pour moi... Je sais que nous ouvrons ainsi la porte au sida", ajoute-t-elle.

Cette situation fait aussi des ravages chez les enfants, en particulier quand ils doivent partager l’héritage paternel. En effet, même si la Justice accorde le droit de succession aux enfants des concubines, très souvent, ceux de la première femme ne l'acceptent pas. Imprégnés de la colère de leur mère, ces enfants rejettent leurs demi-frères et sœurs. Des deux côtés, la haine se développe. "La plupart des procès que nous traitons sont liés à des assassinats et à des empoisonnements entre demi-frères", révèle un magistrat du tribunal de résidence à Ntega.

Incapables de gérer les problèmes qu'ils ont pourtant créés et de nourrir plusieurs familles, certains hommes quittent leurs deux voire leurs trois familles en pleine tourmente. "Ils fuient et s'exilent en Tanzanie. Certains partent clandestinement ; d'autres disent y aller pour des raisons commerciales", raconte une vielle maman dont le mari, ruiné, est parti en cachette. "Voilà le piège que se tendent nos maris, qui regrettent après avoir tout perdu !", termine-t-elle.

La vigilance des femmes a, en général, un effet dissuasif sur les hommes. La plupart ne veulent pas devenir la risée de la communauté. "Quand tu causes un tort social, tu es mis en quarantaine, punition morale que craint tout Burundais qui se respecte", assurent certains. Il n'empêche qu'en chassant des concubines, ces femmes s'en prennent aussi le plus souvent d'abord à des victimes...

Audace Nimbona


Congo Brazzaville : Un numéro de téléphone pour dire non au harcèlement

 (Syfia/CRP) Depuis décembre dernier, des élèves d'un lycée de Brazzaville dénoncent, grâce à un numéro de téléphone mis en place par une association, le harcèlement sexuel de leurs professeurs et s'informent sur les lois. Petit à petit, les langues se délient.

 "C'est devenu mon numéro de référence. Je passe beaucoup de temps à discuter avec la réceptionniste. Je pose des questions sur le harcèlement et les violences faites aux femmes", confie M., 18 ans. Élève de Terminale au lycée Savorgnan de Brazza, à Brazzaville, elle donne aussi ce numéro à ses amis. Une façon pour elle "de faire bloc face aux potentiels agresseurs". Une autre lycéenne du même établissement, âgée de 17 ans, explique de son côté : "J'appelle quand j'ai des doutes sur un article de loi. Je demande qui contacter quand on est victime de harcèlement. La réceptionniste sait toujours comment me répondre."

Depuis décembre dernier, Dynamique Plurielle a communiqué à un échantillon de 256 élèves de ce lycée un numéro de téléphone pour dire non au harcèlement. Les élèves appellent ou envoient des textos. Un franc succès. "La permanence reçoit en moyenne 40 appels par jour. Nous en recevons parfois jusqu'à deux heures du matin !", se réjouit Mirna, membre de l'association. Même si aucun cas de harcèlement n'a été signalé à ce jour, cette animatrice est bien décidée à créer d'ici quelque temps une maison d'écoute au sein de l'établissement pour "recevoir instantanément les victimes."

Au lycée Savorgnan de Brazza, des concours sont également organisés à destination du même échantillon d'élèves. Ces derniers doivent retrouver un chapitre, un titre ou un article de loi. "Un professeur qui met enceinte une élève de moins de 21 ans et que les parents ne reconnaissent pas comme son futur époux, risque six mois à trois ans de prison et/ou une forte amende", rappelle Mirna.

 Un numéro aussi à l'université ?

L'animatrice reconnaît cependant les limites du numéro de téléphone mis en place et de l'application de la loi en général. "L'association étant impliquée dans l'établissement, les potentiels agresseurs entretiennent des rapports normaux de professeur à élève. Ils ont peur de se faire prendre dans les mailles de notre filet." Les professeurs ont eux aussi été sensibilisés, mais, comme le souligne Mirna, le réel problème réside chez les victimes : "La peur reste le plus grand frein. Beaucoup de lycéennes préfèrent garder le silence. Elles craignent des représailles ou d'être montrées du doigt."

Arlette Raymonde Bakou, attachée de coopération au ministère chargé de la Promotion et de l'intégration de la femme au développement, juge cette attitude "dangereusecar les coupables restent impunis". Elle ne se voile pourtant pas la face : "Les lois existent, mais leur application est un réel problème, car le harcèlement sexuel est encore un sujet tabou." Elle applaudit les efforts de Dynamique Plurielle pour "vulgariser la loi" : "Une manière de pousser les jeunes filles à briser le silence."

Forte des premiers résultats obtenus, l'association communiquera un numéro de téléphone similaire dans un autre lycée, à partir de mars prochain. Des étudiantes souhaitent que l'expérience s'étende bientôt à l'université. "Ma meilleure amie a repris trois fois sa première année, puis a décidé de tout laisser tomber pour ne plus subir le harcèlement et les foudres de notre professeur",révèle une étudiante de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville.

Annette Kouamba Matondo


Vitshumbi : Un fumage du poisson plus économique et plus écologique

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Depuis six mois, à Vitshumbi, à l’est de la RD Congo, de nouvelles installations facilitent le fumage du poisson en consommant moins de bois. Les transformatrices de produits de la pêche se réjouissent de travailler dans de meilleures conditions et les clientes, au final, de payer moins.

 Mercredi 12 janvier, la nuit tombe sur Vitshumbi, une petite agglomération au bord du lac Édouard, en plein Parc national des Virunga, à l’est de la RD Congo. Il règne une atmosphère inhabituelle. Toutes les pirogues ont mis le cap sur le grand lac, mais les rues sont très animées. Dans un défilé incessant, des femmes, cuvettes sur la tête ou paniers au dos, prennent la direction des nouvelles installations de fumage du poisson, construites à l’entrée du village.

Sur les lieux, attroupement et grosse bousculade, chacune voulant occuper une bonne place dans la file d’attente pour le contrôle et l’étiquetage des poissons. "Nous devons vérifier que les poissons ne sont pas pourris. Puis, nous les étiquetons afin que les propriétaires puissent les récupérer facilement le lendemain matin, après le fumage", explique Basile Muhindo, statisticien pour le Programme d’actions de développement rural (PADERU), une organisation locale.

Plus de poissons en moins de temps

Comme dans tous les villages vivant essentiellement de la pêche, le fumage du poisson est une pratique courante à Vitshumbi. Construit il y a six mois à peine, ce nouveau centre offre une capacité de fumage supérieure à celle des fours traditionnels artisanaux.

La station de fumage dispose de quatre fours en briques cuites. Le four lui-même se compose d'un fumoir rectangulaire et de quatre claies, sorte de grillages métalliques sur lesquels sont posés les poissons. À l’intérieur du bâtiment, deux jeunes gens sont occupés à mettre en place les claies. "Sur chaque claie, on peut faire fumer 150 tilapias", précise Aloys Mumbere, technicien du PADERU. Avec ses quatre fours, le centre est capable de fumer jusqu’à 2 400 tilapias en une seule nuit. Mais, comme l’explique encore Aloys Mumbere, deux fours seulement tournent pendant les mois de décembre et janvier, en raison de la pénurie de poissons.

Deux femmes sont en permanence affectées au fumage. Elles veillent à ce que les poissons ne soient pas gorgés d’eau pour limiter les risques de putréfaction. Tout au long du processus, elles attisent le feu et adaptent la quantité de bois de chauffe, afin de maintenir le four à la bonne température : 100° C au début, moins de 50°C au moment du séchage, une température plus douce donne en effet une meilleure coloration aux poissons fumés.

Moins de risques pour la santé

Le démarrage de ce centre soulage les femmes qui s’occupent de tout ce qui touche à la transformation et à la conservation des produits de la pêche. Les avantages sont nombreux pour elles : de la réduction de leur temps de travail à la diminution des risques pour leur santé. "Avec l'ancien système artisanal, nous étions obligées de passer toute la nuit à travailler, dans la chaleur et la fumée, car les fours traditionnels ne sont pas munis de système d’évacuation. Ce n'était pas bon pour notre santé", explique une des deux femmes qui travaillent au fumage.

Le nouveau système, à la fois plus rentable et plus écologique, a augmenté la capacité de fumage journalière. Les femmes qui apportent ici leurs poissons à fumer déboursent moins de 0,5 $ par tilapia ou pour un grand poisson. Cet argent, réinjecté dans les caisses de PADERU, est en partie destiné aux travaux d’entretien et de maintenance des installations.

Une femme qui a abandonné définitivement le fumage traditionnel s'en félicite, car, au bilan, cela lui revient moins cher qu'avant et lui épargne de la fatigue. Selon les premières évaluations, le nouveau système permet de réduire de 60 % la consommation de bois de chauffe, qui est passée de sept stères par jour avec les fours traditionnels à moins d’un stère actuellement. L'écosystème lui aussi s'y retrouve.

Évariste Mahamba


CAN Football U-17 : Les Congolais de Goma jaloux et fiers

(Syfia Grands-Lacs/RD Congo) Durant la Coupe d'Afrique des Nations de football des moins de 17 ans qui s'est déroulée au Rwanda en janvier, des supporters congolais sont allés suivre les matchs à Gisenyi au Rwanda. Jaloux du stade municipal de cette ville, ils étaient fiers qu'il ait été rénové… par un ingénieur congolais.

Dès l'ouverture de la CAN des moins de 17 ans, le 8 janvier, c'était l'effervescence à la frontière entre le Rwanda et la RD Congo. Dès 12 heures, les jours de compétition, les amateurs congolais du ballon rond ont pris d'assaut les guichets de la Direction générale des migrations à Goma, chacun exhibant sa carte d'identité ou tout autre document en guise de sésame. Ceux qui ont été autorisés à passer ont été d'emblée émerveillés par le nouveau stade Umuganda de Gisenyi, où se déroulaient les matchs d'ouverture de la compétition.

Fierté et regrets

Pour les Congolais qui connaissaient l'ancien stade, c'est l'étonnement devant ce complexe sportif. "Depuis quand le stade a-t-il été réfectionné?", s'interroge un supporter congolais. "Les travaux ont été réalisés il y a trois mois, avec l'expertise d'un ingénieur de Lubumbashi", confirme l'un des officiels de la Fédération rwandaise de football.

Malgré sa faible capacité d'accueil, le stade répond parfaitement aux normes des instances internationales du football. "Il faut reconnaître que les Rwandais ont fait des efforts pour réaliser des équipements modernes. Une pelouse synthétique, une tribune centrale spacieuse, des gradins propres, une aire de jeu bien protégée... Chapeau les voisins rwandais !", s'exclame Michel Bengeya, un supporter congolais, qui se demande pourquoi une telle réussite n'est pas possible dans son pays. "Pourquoi les Congolais ne travaillent-ils pas aussi bien chez eux?", s'interroge-t-il.

Les commentaires fusent et un autre amateur de football regrette pour sa part l'absence de stade digne de ce nom dans une ville comme Goma. "Nous avons l’espace et les moyens, mais il manque la volonté et la détermination de la part de nos autorités", souligne-t-il, promettant d'interpeller le maire de Goma, venu suivre le match du jour depuis la tribune d'honneur.

Loin de cette frustration teintée de jalousie, d'autres Congolais préfèrent voir dans la réussite de leurs compatriotes à l'étranger, un motif de satisfaction. "À tort ou à raison, on nous impute de nombreux défauts. Il nous arrive aussi de briller ailleurs. Ici même, il y a des Congolais compétents : photographes, interprètes, choisis par les organisateurs de cette compétition", souligneRobert Chamwami Shalubutu, journaliste de la Radio Télévision nationale congolaise (RTNC) à Goma. Il n'oublie pas de rappeler avec fierté que Kabulo, directeur des Sports à la RTNC, figure parmi les responsables médias désignés par la Confédération africaine de football (CAF), pour ce tournoi au Rwanda.

Selon Radio Okapi, l’ingénieur auteur de l’ouvrage serait disposé à réaliser le même type de travail au Congo, si les autorités font appel à lui.

Alain Wandimoyi  

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DOSSIER VIOLENCES FAMILIALES 

Antoinette* est enfin libre

 

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, les femmes battues ont généralement peur de dénoncer leurs maris. Par respect pour l’institution du mariage et en raison de l’éducation reçue de ses parents, Antoinette* n’a rien dit pendant 30 ans. Aujourd’hui, elle a réussi à mettre fin à son calvaire en quittant  le foyer. 

 

A 56 ans, Antoinette* semble ne pas subir l’usure du temps. Un visage sans rides, des beaux cheveux synthétiques, des perles au cou et une alliance à l’annulaire. Quand on l’aperçoit pour la première fois, on pense avoir en face de soi une femme coquette qui mène une existence heureuse avec son mari. Et pourtant...

 

« Aujourd’hui, j’ai une plaie (à l’âme, Ndlr) qu’on ne pourra jamais panser », dit-elle. Cette mère a le sentiment d’avoir conclu un pacte avec le diable en se mariant à un ingénieur membre de la même Eglise du Réveil qu’elle. Les six premiers mois, ce dernier s’est comporté en mari attentionné. Puis, il a progressivement sombré dans l’alcool et l’a battue, comme il battait ses précédentes épouses... «Je porte encore beaucoup de stigmates, même au niveau de mes parties intimes de ses traitements humiliants et de ses viols. Un jour, mon mari m’a blessée à la tête avec une bouteille de bière. A quatre reprises, il a menacé de me tuer avec un couteau», se souvient Antoinette. Laquelle regrette d’avoir perdu le « vrai amour » que lui donnait son premier époux, décédé il y a quelques années. 

 

Pendant 30 ans, Antoinette a caché son calvaire à ses collègues enseignantes. «Espérant qu’il changerait, je tenais toujours à la parole du maire qui nous avait dit que nous étions unis pour le pire et le meilleur. Malheureusement, il est resté le même.» L’éducation reçue de ses parents et, dans le couple, la tenace domination de l’homme dans la tradition bantoue, la retenait également auprès de son époux.

 

Trop, c’est trop !

 

Fin 2010, son mari prend une fois de plus le couteau et menace de la tuer, la jugeant responsable de la mort de deux de leurs enfants malades. Trop c’est trop. Antoinette, persuadée de « vivre ses derniers instants », quitte le lendemain le foyer conjugal avec l’aide d’un membre de sa famille. Elle est obligée de laisser là-bas son enfant, bachelier cette année, qui représenterait une charge trop lourde pour ceux qui l’accueillent. Aujourd’hui, elle jure qu’elle ne retournera plus auprès de son bourreau, si ce n’est pour sauver très bientôt son enfant de ses griffes. Petit à petit, elle retrouve le moral et se construit un autre avenir.

 

Elle souffre cependant toujours de problèmes de tension et conseille aux futures mariées de dire non tout de suite à ces maltraitances. «J’ai pris la décision de partir très tardivement… Je ne voudrais pas que les plus jeunes cautionnent les abus des hommes. C’est une question de vie. Toute femme, malgré le confort, n’est jamais heureuse sans la paix du cœur et la tranquillité de l’esprit. C’est aussi dans sa nature de toujours se savoir aimée».

 

Antoinette est loin d’être l’unique victime. Les sources officielles reconnaissent l’existence de femmes maltraitées par leurs maris. Ils estiment que ces questions sont délicates en raison du poids des traditions bantoues « essentiellement phallocrates », rappelle Barthélémy Ngot, sociologue. L’exemple d’Antoinette montre toutefois qu’une femme peut toujours finir par sortir de la domination, parfois même de la tyrannie, de son mari.  

 

*Prénom d’emprunt

 


John Ndinga-Ngoma

 

Mars 2011

 


Article réalisé avec l'aide financière de la Commission européenne et du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne ou du CFSI.


Hier martyrisé, le petit Isaac a retrouvé sa dignité

 

(Syfia/CRP) Privé de nourriture et enchaîné pendant près d’un an à côté des toilettes par son père et sa marâtre, Isaac, 5 ans, vient de vivre un calvaire. Son cas a fait la une des médias et choqué l’opinion. Aujourd’hui, grâce à des ONG, il mène une vie paisible avec sa mère.

 

« Allo, ça va bien !» Un faux téléphone en plastique collé à l’oreille, Isaac, 5 ans, répète inlassablement cette phrase. Elle résume à merveille son bon état actuel psychologique et physique. S’il est en forme aujourd’hui, c’est sans doute parce qu’il se trouve désormais entre les mains de celle qui l’a mis au monde.

En janvier dernier, avant de retrouver sa mère, Isaac vivait chez son père, photographe et « sapeur » (celui qui s’adonne à l’art de s’habiller) marié à une autre femme. Son père et sa belle-mère l’attachaient avec une chaîne de transmission de moto à un poteau en bois à côté des latrines. Il passait ainsi toute la journée, sans manger. Des voisins lui lançaient quelques beignets, mais refusaient de « s’ingérer dans des affaires privées » et de prévenir la police. Le soir, ses tortionnaires le détachaient. Jusqu’ici introuvables, selon une source policière jointe au téléphone le 29 mars, ils n’ont jamais expliqué leurs actes.

 

« Aller en prison pour avoir maltraité son propre enfant ! »

Selon des voisins, Isaac aurait vécu ce supplice durant douze mois environ. Ce, jusqu’au moment où, en début d’année, le chef de quartier le découvre. Il pesait alors moins de 10 kilos, était complètement déshydraté et ses jambes étaient horriblement enflées. Avec ses plaies un peu partout sur le corps, il faisait alors peine à voir. Son image, diffusée mi-janvier par de nombreuses chaînes de télévision, a choqué l’opinion publique. Au point de mobiliser différentes ONG comme « Génération d’Elie » qui a placé Isaac dans un hôpital en soins intensifs. «Il nous a fallu intervenir très rapidement, en le nourrissant et en le soignant », souligne Bienvenu Obili, responsable de Génération d’Elie. D’autres ONG sont également venues à son chevet en faisant des dons (médicaments, argent, habits, etc.).

Au Congo, d’autres enfants subiraient les mêmes sévices. «Si le cas Isaac a suscité la mobilisation de plusieurs acteurs, c’est parce qu’il a été médiatisé. Or, il peut y avoir des enfants qui endurent des souffrances pires que celles d’Isaac... Il est donc nécessaire que la société civile alerte, sensibilise et participe à l’éradication de ce phénomène », expliquait Joe Washington Ebina, président de la Fondation du même nom, fin janvier dernier.

Pour certains habitants de Pointe-Noire, « l’affaire Isaac » marque le début d’une prise de conscience sur ces violences. «Finalement, on peut aller en prison pour avoir maltraité son propre enfant ! », s’étonnait en janvier Claudette, mère de deux enfants le jour où une chaîne de télévision commentait la loi du 14 juin 2010 portant protection de l’enfant au Congo.

 

John  Ndinga-Ngoma

Mars 2011

 

 

Article réalisé avec l'aide financière de la Commission européenne et du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne ou du CFSI.


La loi protège les veuves contre les pseudos traditions

 

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, certaines veuves, aidées dans certains cas par des associations, osent poursuivre en justice leur belle-famille et obtiennent réparation. Des exemples à suivre pour toutes celles qui, par manque d’informations sur leurs droits ou par peur des représailles, souffrent en silence.

 

« Mon père, craignant la sorcellerie, a essayé de me convaincre d’abandonner les poursuites contre ma belle-famille. Mais, connaissant le droit, je ne me suis pas résignée. Aujourd’hui, je touche la pension de mon défunt mari ! », se félicite Reglande.

Comme elle, beaucoup de veuves subissent des pressions, parfois même des sévices au « nom de la tradition » au moment du décès de leur époux. La peur de la sorcellerie, la nécessité de protéger leurs enfants, fait que bon nombre d’entre elles se laissent faire en silence. « Il n’y a pas que des veuves dont le niveau d’éducation est faible qui sont victimes. Certaines, instruites, plient également », déplore Herman Batamio Matondo, juriste et secrétaire permanent de l’association Mibeko.

Au Congo, le Code de la famille réglemente la répartition des biens du défunt (50 % à ses enfants, 30 % à sa veuve et 20 % à ses père, mère et tous les collatéraux), mais ces dispositions sont régulièrement bafouées. Consultées, certaines familles, qui font pression sur les veuves, n’ont pas voulu s’exprimer. Pour Auguste Miabeto, universitaire, spécialiste des traditions orales, leur attitude s’apparente à tout sauf à la tradition : « Ces brimades arrivent souvent quand la veuve, du vivant de son mari, n’était pas en bons termes avec ses belles-sœurs. Le deuil est pour elles le moment de se venger.»

 

Faire valoir ses droits

Ces dernières années, plusieurs associations expliquent aux veuves que la loi interdit les sévices ou mauvais traitements exercés sur elles à l’occasion des cérémonies de deuil. La règlementation prévoie la répression de ces actes conformément au Code pénal. Le Code de la famille indique également que le refus de se soumettre à ces rites ne peut pas constituer une injure au défunt. Herman Batamio Matondo prend le cas d’Agathe récemment accompagnée par son association : « Un jugement a été rendu. Aujourd’hui, elle touche sa pension. Malgré les foudres de la famille que cela lui a values, elle est rentrée dans ses droits. La loi existe dans le pays ! »

 En 2010, l’association Mibeko a ainsi aidé 56 veuves à obtenir, par exemple, leur pension, capital de décès ou rente. Le Comptoir juridique junior (CJJ), a également œuvré dans le même sens par le passé.  « L’Etat est regardant sur ces problèmes de droits. Il suffit que la personne violentée dénonce ce genre de comportements et l’Etat applique la loi », assure Lilian Barros, coordonnateur de cette structure.

Inspirés du droit coutumier, certains articles du Code de la famille (1984), ne semblent cependant plus adaptés. Joseph Likibi, coordonnateur du Réseau des intervenants sur le phénomène des enfants en rupture (REIPER), explique : « La loi ne tient compte que des femmes mariées à l’état civil alors que leur pourcentage est très faible… Toutes les veuves ne pourront jamais aller devant les tribunaux, car la loi ne les protège pas. »

 

Antivaleurs et traditions 

Pour M. Likibi, pour qu'un grand nombre de veuves puissent bénéficier de leurs droits, « elles doivent avoir soit un acte de mariage, soit un certificat de concubinage délivré par la mairie.» Le dépôt du testament chez le notaire, pour éviter que ce document ne soit déchiré par la première personne qui tombe dessus, est une autre protection pour ces femmes, estiment les associations.

Reconnaissant le manque d’informations sur les droits des veuves, Daniel Mondinzoko, directeur départemental des Affaires sociales, qui collabore avec les juristes, explique : « La loi reste la loi, mais nous faisons en sorte que la tradition ne soit pas totalement marginalisée». Pour M. Miabeto, il faut bien différencier antivaleurs et traditions : « La tradition est la transmission des valeurs des sociétés du passé. De nos jours, il y a beaucoup de confusions entre la tradition et des pratiques tout à fait inhumaines exercées sur des veuves. »

 

Marien Nzikou-Massala

Mars 2011

 

 

Article réalisé avec l'aide financière de la Commission européenne et du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne ou du CFSI.


Des veuves résistent aux humiliations rituelles

 

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, au cours de certains rites, des veuves subissent toutes sortes de maltraitances et d’humiliations de la part de leurs belles-familles. Résignées, certaines continuent à subir. D’autres résistent. Des Eglises et des associations les aident à en échapper ou à sortir de leurs traumatismes. 

 

Rester des jours entiers en face d’un mur, la tête baissée, le visage et le corps recouverts de boue et de poussière. Marcher pieds-nus. Dormir sur une natte de fortune. Ne pas adresser la parole aux hommes ni les regarder. N’avoir de contact qu’avec des veuves qui décident de vos heures de bain et de repas, quand vous n’en êtes pas privée. Pleurer sous la dictée des belles-sœurs qui quelquefois vous insultent, vous reprochent d’avoir vécu heureuse avec votre époux, vous donnent des coups à cause de votre coiffure trop belle ou de votre tenue trop propre à leur goût. Être quelquefois obligée de devenir l’épouse d’un beau frère. La liste est longue des humiliations et des souffrances infligées aux veuves au nom de la tradition.

Toutefois, certaines tiennent tête à la belle-famille et réussissent à éviter les maltraitances. « Après l’enterrement de mon mari, des beaux-frères sont venus me voir pour me demander de devenir l’épouse de mon bel oncle. J’ai refusé catégoriquement et je les ai chassés de ma maison. Ils sont partis et ne sont plus jamais revenus ! », explique une veuve qui a requis l’anonymat. Le combat contre les abus de certains membres de la belle-famille est cependant dur et inégal. Et, si certaines résistent, d’autres finissent par céder. Reglande dit avoir refusé de pleurer debout dans la rue, mais avoue avoir subi des sévices de la part des cousines du défunt. « Elles m’ont recouverte de poussière et m’ont mis de la boue au visage ». Après l’enterrement, poursuit-elle, « à 4 h du matin, elles nous ont amenées, mes sœurs et moi, à la rivière pour nous laver. Comme j’avais des cheveux défrisés, elles m’ont insultée et m’ont obligée à payer 25 000 Fcfa (près de 40 €) pour me les couper. L’eau dans laquelle nous étions lavées était très sale. Il y avait des immondices et même un poulet mort en décomposition... »

 

Le prétexte de la tradition

Pour Auguste Miabeto, universitaire, spécialiste des traditions orales, le veuvage est en principe pour celui ou celle qui l’observe une expression d’amour pour le défunt. Il reconnaît toutefois que quelques uns « abusent et profitent de la coutume pour exercer une certaine brimade sur la belle sœur ». Il tient à préciser que « cette tradition n’est pas celle laissée par nos ancêtres ». Interrogée sur cette question, Chancellevie, une femme qui ignore les règles traditionnelles du veuvage, estime que certaines méritent ces mauvais traitements. Souvent, juge-t-elle, « si de son vivant l’homme délaisse sa famille pour ne s’occuper que de sa femme. Si celle-ci est mauvaise de caractère, si elle reçoit mal les parents du mari, elle leur complique la vie. C’est normal qu’à leur tour ils le lui fassent payer ! ».  

Généralement, les veuves maltraitées ne vont pas se plaindre au tribunal. Herman Batamio Matondo, juriste et secrétaire permanent de l’association Mibeko souligne : « Les veuves, même celles qui sont instruites, ne vont pas au tribunal parce qu’elles ont peur de la sorcellerie. Il faut se protéger et protéger les enfants contre les mauvais sorts, mais aussi sauver son honneur, parce que la belle-famille est capable de faire courir des bruits d’infidélité sur vous. » 

 

Eglises et associations refuges

Pour aider ces veuves, l’action des Eglises et des associations est mise à contribution. « Comme je suis catholique, explique l’une de ces femmes, des sœurs de l’Eglise sont venues à la veillée. Voyant l’état dans lequel on m’avait mise, elles ont demandé à ma belle-sœur également catholique de dire à ses cousines de ne plus me maltraiter sinon elle serait excommuniée. Grâce à l’Eglise, les sévices n’ont duré qu’une journée ». La veuve Mbou est présidente de l’association des veuves de Notre-Dame de l’Assomption. « Notre travail consiste à conseiller les veuves, pour qu’elles apprennent à réintégrer la société et à bien encadrer leurs enfants. Nous les envoyons parfois chez le prêtre qui prie pour elles, ensuite, si elles le souhaitent, nous organisons pour elles un retrait de deuil. L’année passée nous avons organisé des bains de purification pour quatre veuves», précise-t-elle.

Certains adoucissent les rituels. D’autres s’en passent tout simplement et ne s’en portent pas plus mal pour autant. François Xavier, veuf, membre de l’association Œuvre Notre Dame des veufs et orphelins du Congo, raconte son expérience non sans une certaine ironie : « Moij’ai refusé de faire ces rites et je ne suis pas mort ! ».   

 

Dieudonné Moukouamou Mouendo

Mars 2011      

  

 

 Article réalisé avec l'aide financière de la Commission européenne et du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne ou du CFSI. 


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ACTUALITÉ

Journée des droits de l'Homme du 10 décembre 2010

Congo Brazzaville : La discrimination à l'égard des Pygmées bientôt punie


(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, les Pygmées n'ont plus peur de défendre eux-mêmes leurs droits. D'autant qu'une loi sanctionnant les discriminations à leur égard devrait bientôt être enfin adoptée.

Une révolution en peu de mots : "Les peuples autochtones (…) déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel." Pour les Pygmées aka du Congo Brazzaville, défendus jusque-là essentiellement par des Ong internationales et nationales, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007 a été un détonateur. "Ce texte nous a encouragés à créer nos associations pour mieux défendre nos droits", explique Franck, étudiant aka à la Faculté de Droit de Brazza et secrétaire général de l'Association Case des minorités ethniques des peuples autochtones (ACMEPA). Sorel Eta, coordonnateur de l'association Regard aux Pygmées, estime lui aussi qu'aujourd'hui, les Aka ont pris conscience de leurs droits.

Les Pygmées constituent 10 % environ de la population congolaise. Ils sont présents dans toutes les régions du pays. Guy Ngoma, président de l'ACMEPA, souligne les changements visibles en peu de temps : "Je suis en face de vous, un journaliste. Je m'exprime en français. Avant, je ne pouvais pas vous approcher." Au quotidien, les différentes associations encouragent les leurs à envoyer leurs enfants à l'école et à ne plus vivre en forêt pour montrer aux Bantous qu'eux aussi réfléchissent et ont les mêmes droits. Les ONG de Pygmées appliquent à elles-mêmes cette ouverture. En 2011, certaines d'entre elles projettent d'implanter des antennes dans tous les départements du pays et sont, au même titre que des associations bantoues, affiliées à la Convention nationale des associations et ONG de développement et d'environnement du Congo (CONADEC). Elles ont par ailleurs fait des propositions, avec des associations de droits de l'Homme, pour l'élaboration d'un projet de loi.

Une loi très attendue

"En 2004, l 'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH) a publié un rapport tirant la sonnette d'alarme sur la marginalisation, la discrimination, les abus et le non-accès aux différents services sociaux de base. Résultat : le ministère de la Justice et des droits humains a initié un projet de loi pour la protection des Pygmées en 2005", rappelle Rock Nzobo, responsable des programmes à l'OCDH. Les consultations se sont multipliées depuis au niveau des peuples autochtones. Un comité de rédaction a ensuite été mis en place et le projet de loi a été amendé deux fois. Fin 2009, il a enfin été adopté par le Conseil des ministres et transmis au Parlement. Simon William M'viboudoulou, magistrat, directeur des affaires juridiques internationales au ministère de la Justice et des Droits humains, insiste sur le côté progressiste de ce texte qui prévoit des amendes (50 000 à 250 000 Fcfa, 75 à 380 €) en cas de discrimination avérée (exploitation, maltraitance, refus de soins, injures, etc.).

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, James Anaya, au terme de sa visite au Congo, le 29 octobre 2010, a félicité le gouvernement congolais pour cette loi qui sera selon lui parmi les premières du genre en Afrique. Mais, le combat contre les discriminations sera dur à mener. James Anaya s'en est rendu compte sur le terrain : "J'ai constaté de mes propres yeux que les peuples autochtones au Congo vivent dans des conditions de marginalisation extrême. Beaucoup vivent dans les campements à la périphérie des villages et ne disposent pas de logement adéquat ou d'accès aux services sociaux de base. Ils sont victimes de comportements discriminatoires profondément enracinés.

"Des personnes comme nous"

"Les Bantous nous font travailler à longueur de journée pour 500 ou 1 000 Fcfa (0,75 ou 1,5 €)", témoigne D., originaire d'Impfondo (nord du pays), rencontré au Centre culturel français de Brazzaville en novembre dernier. Prospère, de la même localité, confirme : "Lorsque nous ne finissons pas leur travail, ils nous menacent sans que personne n'intervienne. Ils disent que nous sommes leurs esclaves !"

Pour l'OCDH, resté en contact avec des Aka qu'il a notamment formés à collecter des informations, gérer une structure ou faire un plaidoyer au sein de leur propre communauté, le projet de loi énoncera des principes. Au législateur ensuite d'en informer les citoyens et de veiller à l'application de la loi. Selon Rock, "ce processus va contribuer à renforcer leur protection". Simon William estime que ce projet de loi sera prêt en 2011 et constituera alors une avancée majeure "pour que nous reconnaissions tous que les Pygmées sont des personnes comme nous qui jouissent des mêmes droits." 

Jean Thibaut Ngoyi

Décembre 2010

 


Articles réalisés avec l'aide financière de la Commission européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

 


 

Brazzaville : Les habitants d'une ex-usine revendiquent un logement décent

 

(Syfia/CRP) À Brazzaville, plus de 3 000 personnes vivent dans la promiscuité et la saleté dans les bâtiments de l'ancienne usine textile de Kinsoundi. Regroupés dans un collectif, ils revendiquent depuis plus de dix ans le droit à un logement décent. Pour l'heure, ils n'ont reçu que des aides très limitées.

"On est bien que chez soi !", lance Ma Pierre, président du collectif qui regroupe l'ensemble des habitants de l'ex-usine textile de Kinsoundi, à Brazzaville. "Un agent du PNUD est passé fin 2002 pour nous recenser. Depuis, aucune nouvelle… Ces dernières années, nous recevons des médias auxquels nous confions nos doléances pour qu'ils soient nos porte-parole, mais nous continuons à croupir dans ce taudis…", regrette-t-il.

Après les guerres de 1994, 1997 et 1998, plusieurs familles se sont réfugiées dans les bâtiments de l'ancienne usine textile de Kinsoundi, fermée au début des années 80. À l'intérieur, au milieu de machines rouillées, plus de 3 000 personnes (retraités, chômeurs, diplômés sans emploi) soit près de 400 familles se partagent des sortes de compartiments. Ils font des séparations à l'aide de cartons, de pagnes, de tôles ou de sacs de farine. Les lieux empestent l'urine et la fumée. Privés d'eau depuis 2005, les habitants s'approvisionnent dans le quartier auprès des particuliers, à raison de 50 Fcfa (0,07 €) le bidon de 25 litres.

Pas les moyens de louer ailleurs

"Je suis arrivée à Brazzaville il y a trois ans pour me soigner. Après mon hospitalisation, je n'avais pas d'endroit où aller. J'ai obtenu ce petit bout d'espace. Je vis ici comme un oiseau du ciel… Quand je sors, si quelqu'un pense à moi, je me nourris et j'économise le reste. Je demande parfois aussi aux voisins à l'intérieur de l'usine de m'aider", raconte Mado, paralysée d'une jambe et assise dans un fauteuil roulant.

Plusieurs familles partagent ces misérables conditions d'existence. Leurs logements se résument le plus souvent à une seule pièce qui sert de salle de séjour le matin et de chambre à coucher pour toute la famille le soir. Une pensionnaire, qui a souhaité garder l'anonymat, est encore moins chanceuse… Elle a en effet été chassée récemment avec ses enfants. Son emplacement est depuis occupé par des gendarmes. Leur mission officielle, d'après un agent présent devant le local en question : "Veiller sur la sécurité des habitants du quartier Kinsoundi." Depuis son expulsion, cette maman squatte chez des voisins, toujours dans l'usine. "Nous sommes une famille nombreuse. Pour louer (à l'extérieur de ces murs, Ndlr), il nous faudrait au moins 75 000 Fcfa (115 € environ). Nous ne les avons pas", confie-t-elle.

Pas de logements pour les démunis

La mission Caritas, qui a apporté son aide en 1996-1997, connaît bien la détresse de ces familles. Mais, explique M. Malonga, coordonnateur de Caritas Congo, "nous n'intervenons que dans les situations d'urgence : guerre, catastrophe, famine…" Au ministère chargé de l'Action humanitaire, des agents soutiennent : "Pour nous, cette affaire est close depuis 2004. Nous avons demandé à tous ceux qui logeaient là-bas de nous prouver qu'ils possédaient des maisons avant la guerre. Ceux qui ont pu le faire ont été réinsérés et nous leur avons remis un kit pour débuter une nouvelle vie. Ceux qui sont encore à l'usine sont des cas isolés que nous ne maîtrisons pas !"

Plus conciliant, un agent de la Direction départementale des Affaires sociales et de la famille de Makélékélé, déclare : "S'ils ne sont pas pris en compte, c'est parce qu'ils ne se sont pas fait enregistrer. Ils devraient se rapprocher de nous, pour qu'ensemble, nous envisagions une aide au cas par cas." Une solution de toute façon limitée par rapport au droit au logement prévu dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 (article 25). Ce à quoi répond un agent du ministère des Affaires sociales : "Notre département ne dispose pas de logements sociaux ou de budget spécifique pour abriter ces familles démunies. Nous jonglons avec le peu d'argent que nous avons". Cette même source reconnaît que le problème de logement à Brazzaville est réel et constate la ruée des plus pauvres vers des sites ou terrains inappropriés. Elle déplore "l'absence de véritable politique de logement. Ceux dits 'sociaux', construits par les Chinois ces dernières années, ne sont pas à la portée du Congolais moyen."

Annette Kouamba Matondo

Décembre 2010

 

De plus en plus de Brazzavillois à loger

 

(Syfia/CRP) Il est difficile aujourd'hui pour certains Brazzavillois de trouver un toit. Et la demande de logements n'a pas fini d'augmenter… En 2025, la capitale de la République du Congo devra loger 1,878 million d'habitants (contre "seulement" 1,323 million aujourd'hui). Dans son rapport, publié le 23 novembre dernier, intitulé L'état des villes africaines 2010 : gouvernance, inégalité et marchés fonciers urbains, l'ONU Habitat estime qu'en 2010, le Congo compte plus de 62 % de citadins. En 1950, ils étaient moins de 25 %. En 2030, ils devraient être plus de 70 %.

Le rapport rappelle que "la population de Brazzaville a connu une poussée vertigineuse entre 1997 et 2000, lorsque le pays a été dévasté par la guerre civile et que les populations ont dû fuir l'arrière-pays et les petites villes pour s'y réfugier""Brazzaville, poursuit-il, maintient sa croissance rapide (…) en raison, également, de l'exode rural consécutif à l'anéantissement des économies rurales, de la montée en puissance du chômage et du manque de produits de base dans l'arrière-pays, ainsi que de l'émigration des populations en provenance de Kinshasa (…)". Pour tous ces Brazzavillois d'adoption, la réussite serait rarement au rendez-vous… "La richesse pétrolière tend à alimenter l'inflation des prix, tandis que la répartition inégale des richesses renforce les inégalités existantes en matière de consommation et de revenu et creuse l'écart qui prévaut dans la satisfaction des besoins fondamentaux."

À l'échelle du continent, la population des villes devrait plus que tripler ces quarante prochaines années. En 2009, l 'Afrique a dépassé le milliard d'habitants (dont 395 millions, soit quelque 40 % de citadins). Cette population urbaine atteindra 1,23 milliard en 2050, date à laquelle… 60 % des Africains vivront en ville ! Joan Clos, directeur général d'ONU Habitat, demande aux politiques publiques "d'énormes investissements" pour "une fourniture équitable de services, un habitat d'un coût abordable et une meilleure répartition des richesses". Un défi immense, étant donné "la pénurie notable et toujours accrue de logements, de services et de moyens de subsistance".

 

Emmanuel de Solère Stintzy

Décembre 2010

 

http://www.unhabitat.org/content.asp?cid=9141&catid=7&typeid=46&subMenuId=0

 

 



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 Pointe-Noire : Des enfants pauvres privés de leur droit à l'éducation

(Syfia/CRP) À Pointe-Noire, des Ong accueillent et scolarisent des enfants qui n'ont pas les moyens de fréquenter l'école, pourtant gratuite. Leur tâche est difficile, car elles manquent de moyens. De plus, certains parents, qui ne voient plus la scolarité comme un passage obligé pour trouver un emploi, semblent avoir baissé les bras.

"J'avais 10 ans. J'étais au cours élémentaire quand papa et maman sont morts. Très pauvre, ma grand-mère était incapable de me nourrir, de m'acheter les fournitures et de me payer le transport jusqu'à l'école", raconte Blandine, pensionnaire à l’orphelinat Amour de Dieu de Pointe-Noire.

Depuis la fin des guerres, en 2002 et la gratuité du primaire au lycée en 2008, de plus en plus d'enfants vont à l’école. Mais, à l'instar d'autres villes, Pointe-Noire abrite quelques îlots d'analphabétisme, essentiellement dans les familles pauvres. Bon nombre d'enfants de la rue sont ainsi coupés de leur famille et de l'école.

La pauvreté n'explique pas tout. Depuis une vingtaine d’années, l'école n'est plus symbole de réussite sociale. "Faire de longues études ne sert à rien ! Nous ne faisons qu'enregistrer depuis 1986 (début de la récession économique, Ndlr) de nouveaux chômeurs dans notre pays", juge Paul, 20 ans, un jeune désoeuvré. "Aujourd'hui, seuls certains parents qui gardent en tête le mythe de la fonction publique qui recrutait à la fin des études, investissent encore dans la scolarité de leur progéniture", observe, désabusée, Rachel, enseignante et mère de deux enfants. Pourtant, souligne-t-elle, "l'éducation est un droit fondamental".

"Cet orphelinat m'a sauvé"

"Le droit à l'éducation est bel et bien garanti par notre Constitution, mais l'insuffisance et le sous-équipement des structures et bien d'autres dysfonctionnements ne permettent pas de fournir aux enfants un enseignement de qualité", admet Eugène Ngouolali, directeur départemental de l'Enseignement technique et professionnel.

Devant les difficultés rencontrées par les structures publiques, certains jeunes prennent leur destin en main, grâce à un petit coup de pouce. C'est le cas de Vivien Ngoma Poaty, 18 ans. Assis sur un tabouret avec une Bible, il surveille une dizaine d'enfants de l'orphelinat Amour de Dieu. Ici, tous l'appellent yaya (terme affectueux pour qualifier un aîné). En plus de son travail de surveillant général, Vivien apprend à conduire dans une auto-école. Il dit mener actuellement une vie heureuse : "Cet orphelinat m'a sauvé. Et je ne peux pas l'oublier", assure-t-il. Il y a sept ans, il avait dû arrêter l'école. "Papa et maman étaient tellement pauvres qu'ils ne pouvaient supporter mes études. Je ne savais ni lire ni écrire et j'errais dans les rues de Pointe-Noire avant d'être recueilli ici", se souvient-il.

Créée en 2002, cette structure héberge 28 enfants de deux à 21 ans. À la pauvreté s'ajoutent d'autres difficultés qui entravent la scolarité. "Il y a les divorces. Et puis, des parents qui accusent certains enfants d'être des sorciers. Je me souviens d'un garçon qui avait fui le toit familial pour échapper à sa marâtre qui l'obligeait à travailler sans relâche", déclare Françoise Bouyou, promotrice de l’orphelinat. "Malgré nos difficultés financières, je ne lâcherai pas prise. Il faut sauver ces enfants de 'l'éducation' de la rue, qui fait germer en eux des antivaleurs comme le banditisme ou le vol", ajoute-t-elle.

Quand l'enfant du pauvre avait les mêmes chances…

D’autres membres de la société civile de Pointe-Noire font leur possible pour leur venir en aide. "L'éducation, gratuite dans les écoles publiques, devrait stimuler les enfants. Mais, dans une grande ville comme Pointe-Noire, ils ont besoin aussi d'argent pour se déplacer. Il faut par ailleurs pouvoir leur payer le petit déjeuner et couvrir toutes les autres dépenses (fournitures, alimentation, etc., Ndlr)", explique Juste Lenvo, coordonnateur de l'Association espace enfants. Il ajoute : "Si l'État réhabilitait les internats dans les écoles, cela permettrait de faire progresser notre éducation. Comme dans les années 70, quand l'enfant du pauvre avait les mêmes chances de réussir que celui du riche". Avec la crise économique, des aides comme l'octroi de fournitures et le placement en internat des meilleurs élèves ont quasiment disparu depuis le début des années 90.

Georges Nguila, chef d’antenne de l’Observatoire congolais des droits de l'Homme, estime de son côté qu’il faut "désengorger les écoles aux effectifs pléthoriques et atténuer la précarité de l'enseignant". Sans quoi, conclut-il, "le droit de l'enfant à l'éducation sera mal respecté."

John Ndinga-Ngoma

Décembre 2010


Brazzaville : Mieux maîtriser sa fécondité pour être plus indépendantes

(Syfia/CRP) À Brazzaville, les filles mères sont généralement rejetées par leurs compagnons et leurs familles. Pour les aider à conquérir leur indépendance, associations et autorités leur donnent des cours d'éducation sexuelle et leur apprennent des petits métiers.

"Lorsque je suis tombée enceinte, l'auteur de ma grossesse m'a rejetée et mon père m'a chassée. Je suis donc allée vivre avec ma tante", se souvient Carmen, 20 ans. Aujourd'hui, elle aide cette dernière dans son commerce, à Brazzaville. "Elle a mal agi, mais ce n'est pas une raison pour la mettre dehors. Je l'ai accueillie parce que, à son âge, elle risquait de faire n'importe quoi dans la rue", explique sa tante qui l'avait inscrite dans un centre de formation en couture. Mais sa nièce n'a pas été au bout de son apprentissage : "Depuis que je suis avec ma tante, je ne manque de rien", justifie-t-elle.

Patricia a, elle, été formée et a reçu l'aide de la Fondation Charles Ebina. "L'association me loue la maison et m'a donné les moyens pour mon commerce. Ça me permet de m'occuper de mes cinq enfants", confie-t-elle. Elle a été abandonnée par son mari et rejetée par sa famille. "Dès qu'il a été recruté dans l'armée, il n'a plus pris soin de nous", regrette-t-elle.

Soucieuses de l'indépendance de ces mamans délaissées, cette Fondation et des ONG comme l'AED (Action des éducatrices pour le développement) leur dispensent des cours d'éducation sexuelle. On explique notamment comment éviter les grossesses non désirées. "Nous organisons des formations sur le VIH/sida et la contraception. Nous donnons également des cours d'alphabétisation pour remonter leur niveau, car, si une fille ne sait pas lire, c'est encore une autre difficulté…", affirme Bernadette Miassouassana, présidente d'AED.

"Mon père apprécie maintenant ce que je fais"

Pour être complète, l'indépendance doit aussi être économique. Cette association a donc formé en 2009 près de 300 filles mères au métier d'auxiliaire de vie (bonne ou femme de ménage). "Nous avons placé près de 60 % d'entre elles", se félicite Bernadette. Celles qui n'ont pas été engagées se recyclent. En contribuant aux besoins de la maison, les filles mères commencent à être regardées autrement dans certains foyers. "Celles que nous avons formées sont considérées par leurs proches", assure-t-elle. Elles se comportent aussi différemment. "Leur mentalité change quand elles ont plus de moyens. Quand elles travaillent, elles ne contractent plus de grossesses non désirées", généralise Christ Ndoba, secrétaire au ministère de la Promotion de la femme.

Depuis le début de 2010, ce ministère organise lui aussi des cours d'éducation sexuelle suivis de formations à différents métiers. Une centaine de filles mères et de prostituées ont été formées depuis le début de l'année. "Beaucoup de celles que nous avons initiées à de petites activités sont devenues autonomes", se félicite Christ. "Nous leur apprenons plusieurs métiers pour diversifier leurs sources de revenus et faire en sorte qu'elles ne soient plus dépendantes des hommes", précise Alphonse Samba, directeur de l'encadrement, de l'animation et de la vulgarisation dans ce même ministère. "À présent, on ne les retrouve plus avec de nouvelles grossesses. L'éducation sexuelle a été bien assimilée", constate-t-il. L'AED observe la même évolution.

"Depuis qu'on m'a donné des informations sur la sexualité, mon regard sur les hommes a changé. Je préfère aider ma tante que de les suivre", conclut Carmen. Fière de sa nouvelle indépendance, elle ajoute : "Mon père apprécie maintenant ce que je fais." 

El-Staël Enkari

Décembre 2010


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Congo Brazzaville Les handicapés décident pour les handicapés

 

(Syfia/CRP) Les handicapés sont désormais mieux représentés dans certaines instances décisionnaires de l'administration congolaise. Cette année, certains d'entre eux, regroupés dans un comité de suivi du plan national, participent au recrutement de leurs pairs dans la Fonction publique. Une première avancée, résultat du plaidoyer de la société civile et de sa concertation avec les autorités.

 

Du jamais vu au Congo Brazzaville ! Les personnes handicapées sont désormais étroitement associées aux décisions qui les concernent. Cette petite révolution fait suite à la publication, en avril dernier, d'un décret présidentiel mettant sur pied un comité national chargé de coordonner, suivre et évaluer le plan national pour les handicapés. Cet organe technique a pour mission d'aider le gouvernement dans ses politiques sociales en faveur de ces personnes. Il est présidé par le ministre chargé des Affaires sociales, avec comme vice-présidents des handicapés proposés par leurs pairs. Une belle victoire pour l’Union nationale des handicapés du Congo (UNHACO), l’Union nationale des aveugles et malvoyants du Congo (UNAMAC) et les nombreuses autres associations qui voient ainsi enfin aboutir leurs plaidoyers.

Le projet de texte approuvant le plan d’action national et celui créant un comité de coordination avaient en effet été adoptés par un conseil ministériel dès mai 2009. L'UNHACO et l'UNAMAC ont appelé sans relâche le gouvernement à mettre en oeuvre le Plan d’action de la Décennie africaine des personnes handicapées, adopté par les chefs d’État africains en 2002 à Durban, en Afrique du Sud. Le chef de l'État a finalement paraphé et publié ces textes.

 

Gouvernement et associations parlent le même langage

Concrètement, le plan national permettra aux handicapés de s'occuper des questions qui les concernent, à différents niveaux de l'Administration. Des mesures sont déjà appliquées, notamment lors des recrutements dans la Fonctionpublique de cette année. Ce sont désormais les handicapés qui montent les dossiers des candidats qui sont dans la même situation qu'eux, les acheminent au bon service et suivent leurs traitements. Hugues Boukele, président de l'UNAMAC, laisse éclater sa joie : "Enfin, le gouvernement et les associations peuvent parler le même langage !"

Avant, "tout se passait au niveau de la Fonction publique sans que nous soyons impliqués directement. Maintenant, nous recevons les dossiers des amis et nous servons de relais avec le ministère", précise Florent Matakala, membre d'une équipe de suivi des dossiers de recrutement de 2010. Ce groupe de six personnes compte des sourds, des aveugles et des infirmes moteurs. L'UNHACO les a mandatés pour acheminer les dossiers des membres, les suivre et veiller au respect du quota prévu par le plan national. Selon celui-ci, à la fin du recrutement, au moins un nouvel embauché sur dix doit être un handicapé.

Analysant l'évolution actuelle, Jean de Dieu Goma, président de l’UNHACO et deuxième vice-président du Comité national de coordination, de suivi et d'évaluation, estime que "les résultats de la première Décennie africaine des personnes handicapées (2000-2009) restent mitigés dans la plupart des pays africains". Mais, pour cet ancien ministre chargé des personnes handicapées en 1995 sous la présidence de Pascal Lissouba, "la deuxième décennie (2010-2019) augure au Congo, à n’en point douter, des lendemains meilleurs".

Selon Georges Biakabakana, directeur de la réadaptation au ministère des Affaires sociales, la mise en place de ce plan n’est pas seulement le résultat des plaidoyers des associations, mais aussi la traduction concrète d'une vision politique basée sur "les principes de la participation et de la responsabilité des personnes handicapées"Avant d'élaborer ce plan, explique-t-il, le gouvernement a d'abord dressé un état des lieux. Les conclusions ont révélé un manque d’organisation et de suivi de ces personnes. L'État a donc d'abord institué un fonds de soutien, avant de créer le Comité national de suivi.

 

Au tour des entreprises privées ?

Georges Biakabakana souhaite à présent que le ministère chargé de la Fonction publique rédige un projet de loi imposant aux entreprises publiques, mais aussi privées d'embaucher au moins 10 % de personnes handicapées. Mais, prévient-il, une loi imposant un quota d'embauche ne peut être efficace que si les associations de handicapés sont crédibles, bien gérées et ne recherchent rien d'autre que le bien-être collectif.

Honoré, père d’un handicapé, espère que grâce aux nouvelles dispositions et aux mesures à l'étude, "la personne handicapée sera traitée à égalité avec le candidat valide lors de son intégration dans la Fonction publique et dans les entreprises privées"Si tel était le cas, conclut-il, "cela soulagerait les parents qui aideraient davantage leurs enfants à réussir leurs études".

 

 

Marien Nzikou-Massala

Octobre 2010

 

 

 

 

Brazzaville : Tenace discrimination des séropositifs dans les hôpitaux

 

(Syfia/CRP) Malgré des progrès significatifs enregistrés dans plusieurs hôpitaux de Brazzaville, les séropositifs continuent à être discriminés par certains personnels de santé. Autorités et associations organisent des formations et des concertations pour faire changer durablement les mentalités, en attendant l'adoption d'une loi pour mieux protéger ces malades.

 

Il est 16 heures. Depuis 8 heures du matin, une femme séropositive attend de consulter un médecin du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville pour une plaie à la jambe. Une marque de discrimination évidente, selon elle : "Dès que des médecins extérieurs au Centre de traitement ambulatoire (CTA) qui me suit habituellement, voient le cachet du CTA, ils me disent qu'il n'y a plus de place ici pour moi et que ma cause est perdue. Si je n'étais pas soutenue spirituellement, je me suiciderais…" Un autre séropositif dit avoir vécu un rejet  similaire dans ce même hôpital : "J'avais rendez-vous avec un docteur, mais, à ma grande surprise, un de ses collaborateurs m'a dit sans plus d'explications qu'il ne me recevrait pas. Cela  m'a choqué."

Selon Carine, sage femme au CHU, la peur d'être infecté, l'image négative du sida et des séropositifs qu'on a donnée par le passé ainsi que le manque de déontologie professionnelle et de formation d'une partie du personnel, sont autant de raisons qui expliquent de telles attitudes. Pour Sylvie Niombo, présidente de l'ONG Azur Développement (AD), la stigmatisation et les discriminations sapent les efforts de prévention du VIH et doivent être considérées comme des violations des droits humains : "Nous devons les combattre, afin que les séropositifs vivent sans honte, ni sentiment de culpabilité et bénéficient du soutien de leurs proches et de leurs soignants."

 

Plus instruits et plus respectueux

Petit à petit, la détermination de certaines associations commence à porter ses fruits. Simon, assistant au projet VIH/sida à AD, explique : "Nous organisons des ateliers dans des hôpitaux avec le personnel soignant, des séropositifs et des associations. Nous formulons des recommandations pour les uns et les autres : considérer le sida comme toute maladie chronique, bien suivre les prescriptions du médecin, ne pas sombrer dans l'auto stigmatisation, connaître ses droits et devoirs, etc."

Après avoir, dans une étude de 2004, tiré la sonnette d'alarme sur certains comportements graves du personnel soignant (injures, négligence ou refus de soins, annonce brutale de leur séropositivité aux malades et par des personnes non qualifiées, remise des résultats à une tierce personne, etc.), le ministère de la Justice et des droits humains, constate, lui aussi, quelques progrès. Cyrille Louya, directeur de la coopération chargé de l'unité de lutte contre le sida dans ce même ministère, rappelle : "Après notre étude, nous avons mené beaucoup d'activités qui ont apporté au public une connaissance exacte de la pandémie. Il y a également eu une grande évolution au niveau des personnels de santé grâce à nos formations, réunions et ateliers."

La mentalité de certains professionnels de santé commence en effet à changer. Ainsi, lors d'une communication de Blandine Sita, présidente de l'association Femmes plus du Congo, en août dernier, un médecin s'est excusé pour avoir discriminé des séropositifs. Plusieurs médecins suivent désormais avec plus de respect ces patients. Certains font passer le message aux autres personnels de santé. Le Dr Regis, pédiatre et responsable de l'unité de prise en charge des séropositifs à l'hôpital de Makélékélé, rappelle à son équipe de prendre soin des sidéens comme des autres malades.

 

Une loi très attendue

Depuis 2007 et la gratuité des antirétroviraux (ARV) dans les hôpitaux, les séropositifs sont globalement mieux suivis et pris en charge. Les progrès enregistrés sont cependant fragiles. En particulier quand les hôpitaux et les pharmacies manquent d'ARV, en raison de délais d'acheminement trop importants, comme l'explique, sous anonymat, un des responsables de la Congolaise des médicaments génériques (Comeg). Selon cette même source, la Comeg, qui achète et reçoit les ARV de l'étranger puis assure leur distribution dans les pharmacies et hôpitaux du pays, est en rupture de stock depuis environ cinq mois. Pour le Dr Regis, cette situation contribue à discriminer à nouveau les séropositifs, car plus malades et plus facilement repérables, ils sont aussi plus montrés du doigt.  

Les associations cherchent une solution durable et réclament le vote d'une loi qui protège les séropositifs, comme il en existe dans d'autres pays africains. Un projet datant de 2004 se trouve toujours au Secrétariat général du gouvernement. "Il doit partir au Parlement, s'impatiente Mme Sita. Cette loi doit être adoptée et promulguée au Congo." En août dernier, la présidente de Femmes plus du Congo a plaidé devant les femmes parlementaires pour qu'elles apportent leur soutien à l'adoption de ce texte.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Octobre 2010

 

 

Brazzaville : L'art, une thérapie pour des orphelins

 

(Syfia/CRP) Mal aimés, traités de voleurs ou de brigands, des orphelins de Brazzaville ont retrouvé l'estime d'eux-mêmes et la joie de vivre grâce au théâtre, à la musique ou au dessin. Une fois la représentation et l'exposition finies, certains continuent à se réunir et à s'exprimer grâce aux arts. Une première réussite pour l'ONG organisatrice.

 

Bruit de boîtes de conserve, battements de mains, voix d'enfants chantant à tue-tête… Dès qu'il franchit le portail de l'orphelinat Cœur immaculé à Brazzaville, le visiteur est accueilli par un concert singulier. Sous la véranda, d'autres gamins dansent ou font de courtes représentations théâtrales sous les acclamations et les rires. Hugues, 15 ans, fait office de formateur. Il espère qu'un des artistes qui les ont encadrés, lui et ses copains, sera bientôt au rendez-vous ce mercredi. "Les enfants ont naturellement gardé en tête ce rendez-vous. C'est un moyen pour eux de se distraire", explique un des responsables des lieux. "Ils continuent à s'exercer seuls avec l'appui ponctuel des artistes", raconte Sherif, musicien formateur, qui souhaite pouvoir se rendre disponible le plus souvent possible pour ses anciens élèves.

Pour aider les orphelins à exprimer leurs émotions, une ONG italienne installée au Congo depuis 1993, Comunità Promozione e sviluppo (CPS, Communauté promotion et développement) a initié 20 enfants aux arts de la scène (théâtre, danse, musique, chant) et 14 autres à la sculpture et à la peinture, entre mars et septembre dernier. Ces enfants et adolescents, âgés de cinq à 18 ans, recueillis par les orphelinats Cœur immaculé, La Semence et Yamba Ngai, étaient encadrés par des artistes formateurs sollicités pour la circonstance.

Chacun à leur façon, les orphelins ont pris goût à ces activités artistiques. À Yamba Ngai, même si la responsable a arrêté ces rencontres à cause de la reprise des cours, "les enfants se réunissent brièvement, le temps d'évoquer quelques souvenirs et de gribouiller quelques dessins", rapporte Gastineau Massamba, qui voudrait pouvoir les aider en apportant du matériel de peinture (gouache, pinceaux et toiles). Les orphelins artistes de La Semence continuent eux à se réunir. Quant à ceux de Cœur immaculé, ils ont tellement pris goût au chant et à la narration qu'ils espèrent monter un nouveau spectacle pour Noël.

 

"On se chamaille moins, on s'entraide"

Le pari de CPS est donc en bonne voie d'être gagné. Luca Genovese, volontaire international, résume ainsi l'ambition initiale de son ONG à travers Apprentissart 2010 : "Jeter des graines avec l'espoir qu'en certains enfants naisse une passion qui puisse les aider à exprimer leurs sentiments à travers des créations artistiques." Une belle opportunité, selon le professeur Mbougou Victor du département de psychologie pour qui "l'activité artistique est très importante dans la vie de l'enfant, car elle lui offre la possibilité de s'exprimer, l'aide à organiser sa pensée, rehausse son estime, l'encourage à améliorer ses relations avec les autres".

Il y a quelques semaines, au moment des répétitions, les premiers bienfaits de l'opération étaient déjà visibles. "Je chante, je danse, mais ce que j'aime par-dessus tout c'est dessiner des avions. Plus tard, j'aimerais être pilote", lançait Dieuvi, en exécutant des mouvements de danse. "Je suis content, parce que nous apprenons beaucoup de choses avec mes frères. On se chamaille moins .On s'entraide en expliquant aux autres quand ils ne comprennent pas le texte à répéter", se félicitait alors Damien, 10 ans.

 

"Ils ont extériorisé leurs émotions"

Le spectacle Mbongui bantu (La joie de se retrouver, en lari) qu'ils ont présenté en septembre au Centre culturel français (CCF) de Brazzaville, devant une salle comble, a consacré leurs efforts. Christian Muzika, un artiste comédien qui les a formés, a été bluffé par leur sang-froid : "Sur scène, ils se sont libérés. Ils ont extériorisé leurs émotions. C'était impressionnant !" Le public, essentiellement composé d'enfants accompagnés de leurs parents, a savouré cette représentation ponctuée de conseils ("Tous les enfants ont besoin, d'amour, d'éducation et de considération. Les orphelins ne sont pas différents des autres") et de réflexions ("On nous qualifie de voleurs et de brigands, mais, nous ne sommes pas inciviques").

Presque au même moment, le CCF organisait l'exposition de 14 tableaux et de cinq sculptures réalisées par les orphelins de Yamba Ngai. En voyant certaines toiles de Pulcherie et de Marc, des enfants se sont esclaffés. Le premier tableau représentait un homme avec une grosse tête et de petites jambes, entouré de poissons et d'engins semblables à des avions. Le second était un coeur énorme à l’intérieur duquel se juxtaposaient des couleurs flamboyantes. "Ces tableaux, certes puérils, expriment simplement la vison des enfants. C'est la preuve qu'ils ont quelque chose à dire, malgré les drames qu'ils ont connus", se félicite Gastineau Massamba, l'encadreur, visiblement satisfait de l'expression artistique de ses élèves.

 

 

Annette Kouamba Matondo

Octobre 2010

 

 

 

Brazzaville et Pointe-Noire : L'aulacode d'élevage, un précieux rongeur

 

(Syfia/CRP) Formés par Agricongo à Brazzaville et Pointe-Noire, des éleveurs d'aulacodes gagnent leur vie, satisfont les consommateurs et aident à conserver une espèce menacée. La moitié des stagiaires abandonne toutefois ce métier, faute d'un soutien suffisant.

 

Balai en mains, torse nu et serviette autour du cou, Samuel Bidzouta ne chôme pas. Dès sept heures du matin, il nettoie la cinquantaine d'enclos où vivent ses 21 aulacodes, rongeurs sauvages appelés ici sibissi. Nous sommes à Mounkondo, dans le 4arrondissement de Brazzaville. "Un documentaire à TV5 sur un éleveur béninois m'a poussé à pratiquer moi aussi cette activité", explique ce retraité de la Société nationale de distribution d'eau, formé en 2004 à Kombé, à 17 km au sud de Brazzaville.

C'est là, sur la route nationale n°1, que se trouve le site d'Agricongo. Après Samuel et quatre autres apprenants de la même année regroupés depuis dans un collectif, Agricongo a continué ses formations. Trois stagiaires se forment actuellement à cet élevage. "J'ai l'ai découvert dans la région de la Cuvette. Je le pratique parce que l'aulacode est une espèce rare, mais comestible", résume Alphonse, un stagiaire.

Ce rongeur est en effet apprécié de certains consommateurs et restaurateurs. "J'aime déguster cette viande douce et appétissante", confie Alain, client d'un restaurant. Il est cependant parfois difficile de trouver le sibissi sur le marché. "Depuis quatre ans, je suis ravitaillée par un collectif d'éleveurs. J'achète la bête 20 000 à 25 000 Fcfa (30 à 38 €)", révèle une restauratrice de Maya-Maya. En vendant au détail ou en gros, les éleveurs gagnent en général plutôt bien leur vie. "J'ai vendu 48 aulacodes en 2008 et réalisé une recette de 842 000 Fcfa (plus de 1 280 €)", précise Samuel. Jean Paul Bakabana, retraité, ingénieur chef des Eaux et forêts, poursuit : "Je gagne en moyenne 700 000 Fcfa (1 070 € environ) par an." Soit, selon les éleveurs, 58 000 à 70 000 Fcfa chaque mois. Plus que le Smig congolais (50 000 Fcfa, 75 €).

 

Éleveurs et aulacodes trop rares

Élever des aulacodes n'est toutefois pas de tout repos. Parmi les difficultés qu'il rencontre au quotidien, Jean Paul note la flambée des prix des aliments et la difficulté de trouver la fausse canne (ou herbe à éléphants), aliment de base des aulacodes, devenue rare près des ruisseaux de Brazzaville depuis que les maraîchers y cultivent des légumes. Ces difficultés sont à l'origine de l'échec de certains stagiaires. Sur les 167 éleveurs que Berthe Loumouamou dit avoir formés à Kombé depuis 2003, seule la moitié continue à pratiquer cette activité au Congo, notamment à Brazzaville et à Pointe-Noire et à Kinshasa en RDC. Les autres ont abandonné, faute de structures aux normes et par manque de moyens. Agricongo n'a en effet pas les fonds nécessaires pour financer l'installation de tous les stagiaires formés.

Le nombre de bêtes élevées a lui triplé, mais reste encore très modeste : 86 au démarrage, 233 aujourd'hui. Jean Ngoko, vétérinaire inspecteur, chef de service des élevages non conventionnels au ministère chargé de l'Élevage, précise que cette activité s'inscrit dans le projet de Développement d'alternatives au braconnage en Afrique Centrale (DABAC). Le Cameroun, le Congo et le Gabon sont les pays concernés par ce programme piloté au Congo par Agricongo qui a deux centres à Kombé et à Tchibambouka (Pointe-Noire).

Toussaint Koulengana, ingénieur agronome, chef de centre Agricongo à Kombé, estime que l'élevage d'aulacodes est une alternative pour sauvegarder ces animaux menacés, absents de la liste des espèces intégralement ou partiellement protégées au Congo. "Si nous avions beaucoup d'éleveurs, cela permettrait de conserver cette espèce", indique-t-il. Jean Ngoko estime qu'Agricongo devrait aider à installer un plus grand nombre de personnes. Il souhaite également que l'État incite les populations riveraines à pratiquer elles aussi cet élevage plutôt que de braconner.

Comme les éleveurs, les aulacodes ont besoin de sang neuf. "Depuis 2003, Agricongo ne compte que des sujets d'origine béninoise. Il devrait faire des captures dans les forêts congolaises, afin de réduire la consanguinité et limiter ses effets (sensibilité accrue aux maladies, mort subite, etc., Ndlr) dans les élevages", explique Hortense Goma, vétérinaire et chercheur au Centre de recherches vétérinaires et zootechniques de Brazzaville.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Octobre 2010

 

 

 Articles réalisés avec l'aide financière de la Commission européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.


 

 

L'Etat de droit en disfonction ou la guerre des pouvoirs

Justice (Pointe-Noire) : Une citoyenne se plaint du non respect d’une décision du tribunal prise en sa faveur

Commerçante de carrière, domiciliée au quartier Côte-sauvage, dans le premier arrondissement Lumumba, à Pointe-Noire, Mme Cynthia Barrière, née Mabiala, de nationalité congolaise, mariée et mère de deux enfants, loue une parcelle de terrain au centre-ville, sur laquelle elle a construit un salon de coiffure appelé «Astuce-boutique» et un restaurant, «Le Mfumwanz». Elle a tenu un point de presse, mardi 28 juin 2011, devant les restes de sa maison détruite, pour exprimer son ras-le-bol devant ce qu’elle considère comme un acharnement du procureur général près la cour d’appel de Pointe-Noire.

(Photo : les lieux après le passage de la horde sauvage des huissiers et juste avant la démolition définitive)

 A son point de presse, Mme Cynthia Barrière a résumé ainsi la situation à laquelle elle est confrontée: «Je suis commerçante de carrière, domiciliée au quartier Côte sauvage, dans l’arrondissement n°1 Lumumba. Louant une parcelle de terrain avec un contrat de bail cadastrée n°240 bis et 240 ter, section G, au centre-ville de Pointe-Noire, me permettant d’exercer sur ce lieu des activités commerciales, j’ai construit deux boutiques dénommées Astuce-boutique, un salon de coiffure mixte et un restaurant, «Le Mfumwanz». Chose écœurante, je suis confrontée à de nombreuses menaces de démolition et surtout d’expulsion, de la part de Oba Christian et son huissier.

Tenez! La première réquisition d’expulsion exécutée par l’huissier Joachim Mitolo date du 2 mai 2010. Mais, j’avais gagné le procès. Le premier jugement de réintégration date du 9 septembre 2010. Après ma réintégration, ils sont revenus avec la même réquisition, pour m’expulser de nouveau, alors qu’il y avait déjà l’ordonnance de réintégration, référencée comme suit: Rôle civile n°959, année 2010, répertoire n°624 du 1er octobre 2010 F 355.

Suite à cela, Monsieur Georges Akiera, procureur général près la cour suprême, à Brazzaville, avait ordonné au procureur général près la cour d’appel de Pointe-Noire, le 21 janvier 2011, ma réintégration. Malgré cela, je suis toujours l’objet d’expulsion de la part du procureur, puisque le 17 juin 2011, Maître Anicet est venu me brandir la même réquisition d’expulsion».

Répondant aux questions des journalistes, Mme Barrière déclaré: «Je demande à la justice congolaise où sont exactement mes droits, en tant que citoyenne? Si mon jugement demande à ce qu’on puisse m’expulser, qu’on m’expulse. Mais, on ne peut pas démolir ce qui existe. Si Madame Florine Yimbou née Badianseke ou les autres ont d’autres jugements qui peuvent écraser celui que j’ai au départ, à ce moment-là, j’accepte. Mais, tant qu’il n’y aura rien, je demande aux autorités de voir ce problème, parce que cela devient grave. Je perds trop d’argent pour reconstruire les locaux. Jusqu’à ce jour, je suis toujours victime d’expulsion de la part du procureur général près la cour d’appel de Pointe-Noire. J’aimerais savoir ce qu’ils me reprochent, puisque cette réintégration ne compte pas pour la cour d’appel de Pointe-Noire. Cela fait deux ans qu’on le signifie et ça fait deux ans qu’on est tout le temps expulsé. Apparemment, la réaction de la cour suprême ne les importe pas, au niveau de la cour d’appel, parce que, jusque-là, ça continue. Ils ne respectent pas les décisions de la cour suprême».

Mme Barrière a enfin justifié son point de presse par sa volonté d’exprimer son ras-le-bol, «parce qu’il y a pas mal de gens qui subissent ce genre de pression et le peuple congolais doit savoir qui, réellement, mettre à certains postes de responsabilité. Est-ce que les gens sont en mesure de respecter la loi? Moi, je ne fais pas partie du tribunal, j’ai porté plainte, le tribunal m’a donné raison et le procureur est censé respecter les décisions de la justice, et me mettre en sécurité. Mais, c’est le même procureur qui met les décisions du tribunal en doute. Alors, que faire?», s’est-elle interrogée.

Signalons qu’après son point de presse, la maison de Mme Barrière a été totalement rasée, pour laisser la place à un terrain vague.

Equateur Denis NGUIMBI
et Noëllie BOUANGA
in La Semaine Africaine N°3107

 

L'Université Senghor d'Alexandrie (Egypte) offre des opportunités d'études

 

L'observatoire anti-corruption est-il dirigé par des corrompus ?

 

L'observatoire anti-corruption est-il dirigé par des corrompus ?

C'est bien la question qu'on est en droit de se poser en lisant le droit de réponse de l'entrepreneur chargé des travaux du siège de cette institution et qui a été présenté comme un opérateur véreux par la télévison nationale, qui ne s'est pas privée de montrer des images dantesques d'un chantier ni fait ni à faire.

Faites vous votre idée...

 

 

BABYLONE-CLUB Sarl.U

Travaux de bâtiments - Application technologique - Commerce général

Tél. : 05 551 56 34 / 06 635 64 60 Fax : 22 81 21 07

Brazzaville le 4 novembre 201

Objet : Mise au point

La société Babylone Club Sarl.U entend faire une mise au point suite au reportage diffusé dans le journal télévisé de 20 heures sur la chaîne nationale publique en date du mardi 1er novembre 2011.

En effet, au cours de ce reportage télévisé, un éminent membre de l’Observatoire anti-corruption (OAC), M. Djibril Bopaka, pour ne pas le citer, présentant aux journalistes les travaux de réfection inachevés du siège de cet organisme, a prétendu que l’exécution partielle desdits travaux était le fait de l’entrepreneur qui aurait détourné les fonds publics versés pour l’exécution de ce marché. Une telle affirmation est particulièrement grave surtout si on n’est pas en mesure de rapporter la preuve du supposé détournement de fonds.

Ainsi la société Babylone Club Sarl.U informe le public qu’elle a été effectivement attributaire du marché n°0219/MFBPP/DGCMP du 4 novembre 2010, portant sur la réhabilitation du siège de l’Observatoire anti-corruption (OAC) et la construction d’une salle de réunion, pour un montant de cent quarante millions (140 000 000 ) francs CFA, soit cent dix-sept millions sept cent quarante-six mille (117 746 000) francs CFA.

Mais le public doit être informé que ce marché a été grevé de charges exceptionnelles. En effet, au démarrage des travaux, il a été exigé à l’entrepreneur de verser la somme de quatorze millions (14 000 000) FCFA au titre de ce qui a été improprement qualifié « dîme » pour le compte de l’OAC en sa qualité de maître d’œuvre.

Peu après, il a encore été fait exigence à l’entrepreneur de collaborer avec M.Koubatika Gladis, consultant technique de l’OAC, à qui il a été versé la somme de dix millions (10 000 000) de francs CFA pour des travaux d’études d’un plan détaillé et d’un plan du béton armé, études qui n’ont jamais été présentées jusqu’à ce jour.

Aussi pour pallier cette insuffisance, la société Babylone Club a dû recourir aux services rémunérés d’un ingénieur conseil.

Malgré cela, les travaux ont été réalisés à hauteur de 75% mais l’entreprise Babylone Club s’étant retrouvée dans l’impossibilité de poursuivre leur exécution en raison du déséquilibre financier causé par les versements précités, avait par courrier daté du 29 septembre 2011 demandé au président de l’OAC de lui rembourser la somme de vingt-quatre millions (24 000 000) francs CFA indument perçue, ce afin de lui permettre d’achever les travaux commandés par l’État.

Jusqu’alors, il n’a été donné aucune suite favorable à cette demande de remboursement. La société Babylone Club a donc été désagréablement surprise d’être citée au cours d’un reportage télévisé en qualité d’entreprise véreuse coupable de détournement de fonds publics, accusations totalement fausses et erronées.

Il est évident que les travaux de réfection du siège de l’OAC ne se poursuivront et ne s’achèveront que si cet organisme consent à rembourser à la société Babylone Club la somme de vingt-quatre millions (24 000 000) francs CFA perçue indûment.

La présente mise au point a pour objet de rétablir la vérité et d’édifier le public.

L’administrateur gérant

Alexis Bienvenu Oyombi

 

 De l'eau à mon moulin

LA MODERNISATION DE L’ENTREPRISE CONGO EST-ELLE POSSIBLE AVEC LE REGIME DE SASSOU ?

« Depuis le discours d’investiture de SASSOU NGUESSO, le 14 aout 2009, le mot « modernisation »  a été placé au rang de slogan. On se croirait à l’époque du monopartisme. Des ministres aux dirigeants du camp présidentiel, en passant par les députés et sénateurs, il est sur toutes les lèvres… » [1]

On ne peut pas dire que tous ceux qui emploient le mot « moderniser », ignorent sa sémantique. Si  F. Ibara se pose deux questions, à savoir : Sur quelles entreprises congolaises peut-on miser pour assurer cette fonction ? Existe-t-il, à l’heure actuelle, d’entrepreneurs congolais crédibles et ambitieux capables  de relever le défi de la modernisation du Congo ? A ces deux questions, l’orateur répond par la négative. Nous approuvons la forme et le fond de cet article cité ci-dessus et il serait hors propos de disculper les limites de l’esprit créatif ou managérial  des Congolais. 
Somme toute, n’aurait-il pas été préalablement, intellectuellement  souhaitable de se demander comment Sassou Nguesso et son gouvernement entendent-ils moderniser l’Etat?  La deuxième question fondamentale est de savoir quelles sont les attentes des Congolais vis-à vis des administrations étatiques qui doivent se moderniser?
La nécessité de moderniser L'Etat Congolais
Ainsi, dans le cadre de la réforme de l’Etat qui a pour but d’améliorer le service rendu aux usagers tout en maîtrisant les coûts, il s’agit de permettre aux Congolais de mesurer et constater l’amélioration du service qui leur est rendu par les administrations. En un mot, identifier quelques outils incontestables ainsi qu’une méthode pour les bâtir pour que le Gouvernement de Sassou Nguesso  puisse rendre compte aux Congolais de l’avancée des réformes sur une base objective vérifiable par chacun. A la fois mesurer et illustrer la réforme de l’Etat.
Que propose ce gouvernement à cette population qui croupit dans la misère ?
-        Les établissements scolaires sont dans un état de délabrement total ?  
-        La région du Pool est la plus sinistrée du pays, combien d’années faudra-t-il attendre pour la reconstruire et la moderniser ?
-        Le Gouvernement attend t-il qu’il y ait des drames pour initier une politique de construction de digue sur la façade maritime? Pire, aucun ministre ne s’intéresse aux érosions qui rongent la baie de Loango.   
-        Peut-on admettre que l’hôpital de Lékana, soit démuni de personnel qualifié  et de matériels (un laborantin fait office de responsable et un infirmier pour le seconder) ?  
-        Pourquoi,  les villes de Brazzaville et Pointe-Noire, malgré les milliards de leur budget annuel, sont elles incapables d’opter pour des politiques d’assainissement et de transport en commun viables et  n’ont aucune maîtrise du foncier ?
-        Qu’est-ce qui justifie l’absence de plans locaux d’urbanisme ?
-        Pourquoi le gouvernement traîne-t-il les pieds pour permettre aux Congolais de voyager à bord des bateaux et des trains décents ? 
-        Combien de mois de démarches administratives qu’un fonctionnaire retraité doit-il passer pour commencer à percevoir sa pension ? Aïe, Bonjour les tracasseries !!!
 
Les Congolais ont une mauvaise image des services publics et ont le sentiment que les services de l’Etat ont régressé au cours des dernières années. Ce sentiment de dégradation s’accroît et se complexifie quotidiennement. L’absence et l’insuffisance des infrastructures sanitaires (Cas du CH-TUE), Privation des médicaments de première nécessité dans tous hôpitaux du pays.
Le manque d’eau potable (sans compter les fuites d’eau qui ne sont pas immédiatement réparées), le manque d’électricité (délestage au quotidien), l’insalubrité impitoyable des rues et marchés (les aliments cohabitent avec  les immondices) sont des illustrations parfaites de dégradation des services publics. Nous avons déjà longuement interpellé les autorités congolaises.[2]
Si les congolais reconnaissent le saupoudrage réalisés au niveau de quelques ministères et, dans une moindre mesure, pour faciliter l’accès aux informations utiles, ils ont au contraire un jugement extrêmement négatif sur les évolutions en matière d’identification de leur interlocuteur, la transparence dans la prise en charge de leur dossier, des délais de traitements et de temps d’attente à l’accueil. Est-il normal d’admettre qu’à Pointe-Noire,  les usagers doivent attendre plus de deux ans pour voir le Maire de la ville signer des permis d’occuper ?
Le gouvernement n’est pas encore suffisamment crédible dans sa volonté d’améliorer la qualité du service public. Pour les Congolais conscients, améliorer la qualité du service est synonyme de faire des économies. Pourtant, à ce jour, ces derniers estiment que l’objectif de modernisation du secteur public est principalement perçu comme purement financier. L’opulence et l’arrogance affichées des Ministres actuels sont-elles compatibles avec la misère du peuple congolais ? Le pays ne vit-il pas sous l’aire déguisé du monopartisme où sévissent une justice et un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ? Pourquoi les partis d’opposition n’ont-ils pas accès aux médias d’Etat ?  Est-il raisonnable que pour le cinquantenaire de l'indépendance, le gouvernement congolais ait acheté 67 Mercedes (Classe E et S) ? Prix moyen de la limousine : 56 000 euros (36,7 millions CFA). Pourquoi les Congolais doivent-ils continuer à admettre que les vols internationaux en partance ou à destination du pays soient les plus chers au monde? Peut-on devenir un pays touristique dans ces conditions ? Excepté dans les parcs naturels, nos plages sur la façade atlantique peuvent-elles attirer des touristes étrangers ? « La ruine du wharf abandonné  par l’ancienne Compagnie des Potasses du Congo offre un spectacle environnemental affligeant tout en étant un véritable obstacle à la navigation côtière et aux loisirs » [3].  Depuis la disparition de la CPC (Compagnie des Potasses du Congo), Pourquoi  le gouvernement ne songe-t-il à sa démolition ? [4]
Avant de vouloir imposer aux Congolais toute nouvelle initiative de modernisation, le gouvernement doit s’imposer à lui-même une culture du résultat. Pour consolider l’indispensable réforme de l’Etat, la culture du résultat doit donc être réaffirmée devant les fonctionnaires, agents des services publics et les Congolais en renforçant la légitimité de ses outils, les indicateurs et leurs usages. Plus qu’un instrument d’observation ou de communication, l’indicateur doit devenir un véritable levier de modernisation de l’Etat. Il n’est nullement question d’amasser une quantité pléthorique d’informations finalement peu ou pas exploitées alors que d’autres informations cruciales font défaut sans que cela suscite le moindre débat. Ainsi, à titre d’exemple, quel est le nombre de Congolais demandeurs d’emploi au 1er semestre de l’année 2010 ? Quel est le nombre de Congolais de moins de 18 ans non scolarisés ? Ou encore, quel est le nombre d’étudiants congolais boursiers et non boursiers en Europe ?[5]
Le gouvernement doit savoir concilier d'un coté les indicateurs et de l'autre l'action publique puisque l'un ne va pas sans l'autre. L'indicateur n'a de réelle valeur que s'il est le révélateur de la nécessité d'agir des fonctionnaires, des responsables politiques et de l'opinion publique. Il doit être créateur de consensus pour agir. Sans cette exigence, l'indicateur ne peut pas être un levier de modernisation. Un indicateur qui porte sur une défaillance d'un service public, est porteur de mauvaises nouvelles dans un premier temps et n'enregistre des améliorations que dans un second temps, délai peu compatible avec celui des médias voire des élections. C'est pourquoi la pression de la communication transforme l'indicateur en emblème médiatique de la réforme alors que ce sont les mesures qu'il pousse à adopter qui devraient l'être.  
Des indicateurs de délais, simples outils d’amélioration des procédures administratives, deviennent en outre des enjeux politiques lorsqu’ils révèlent des ruptures de droit jugées inacceptables. C’est toute la différence entre réduire le délai d’obtention d’un passeport de quelques jours et faire en sorte qu’un retraité n’ait pas de rupture dans le versement de sa pension en raison d’un retard administratif souvent injustifié et inexpliqué.
La modernisation de l’Etat ne suscitera l’adhésion des agents, des usagers, de l’opinion publique et des responsables politiques que si elle se concentre autour de quelques indicateurs emblématiques, transversaux et interministériels.
 
Les indicateurs ou outils d’évaluation des services publics
Dans les faits, il semble difficile de réduire significativement le nombre d’indicateurs. En revanche, il est indispensable de distinguer très clairement ceux sur lesquels l’administration doit s’engager. Et s’engager, c’est d’abord se donner les moyens de s’adapter.
 
-        Dans toutes les administrations, il faut revoir l’accueil des usagers, le délai de réponse à un courrier ou encore l’amplitude des horaires d'ouverture des services publics.
-        Rationnaliser les procédures internes et les dépenses, améliorer la gestion afin de pouvoir réaliser des économies et faire des gains de productivité. L’Etat doit avoir une politique cohérente et volontariste qui permette de mutualiser les moyens et réaliser des économies d’échelle, tout en externalisant certaines fonctions quand elles ne sont pas au cœur de ses missions.  
-        Les délais de traitement des démarches administratives dans cinq domaines identifiés, par exemple : renouvellement des papiers identité, les reclassements administratifs, les pensions de retraite, prise en charge dans les services des urgences, intervention des forces de police ou encore démarches fiscales.  
-        Les réponses apportées aux réclamations des usagers. Seront évalués la part des services permettant de déposer une réclamation, le suivi du taux de réponse apportée en moins d'une semaine et l'évaluation du niveau de satisfaction des Congolais sur la qualité des réponses apportées.
-        Ainsi, il y a lieu d’approuver la mise en place du guichet unique pour la création d’entreprise et le dédouanement des marchandises. De même, il serait nécessaire d’unifier les services fiscaux, de ceux de l’emploi. Mettre en place les démarches administratives simplifiées  qui permettront, par exemple, aux Congolais d’effectuer en une seule fois la déclaration de perte et la demande de remplacement de leurs papiers administratifs.
-        Le gouvernement doit édicter une charte nationale qui permettra de renforcer l'accueil dans les services publics.  
-        La réduction des temps d’attente et des délais d’instruction dans des domaines aux enjeux forts pour le grand public : diminution de moitié des délais de paiement des fournisseurs des administrations publiques, des délais d’attente aux urgences des hôpitaux….  
-        Augmentation du SMIG et revalorisation des salaires de tous fonctionnaires congolais. Instituer le mécanisme de l'intéressement collectif de la fonction publique pourra récompenser les efforts des fonctionnaires pour l'amélioration du service rendu à l'usager.
-        Accroître les compétences du Médiateur de la République. Les progrès et les efforts accomplis par les administrations seront examinés par le Parlement.
-        Les dépenses publiques doivent être maîtrisées et mieux ciblées pour une croissance durable. 
-        Le gouvernement doit promouvoir un code d’éthique des partis politiques. Pourquoi,  l’action politique est-elle devenue un métier  que le Congolais doit exercer jusqu’à ce qu’il soit admis à un centre de gérontologie et que toute pratique gériatrique soit vaine ? Peut-on parler de modernisation, lorsqu’on est responsable d’une structure de jeunesse d’un  parti politique (peu importe lequel) et qu’on s’obstine à vouloir la diriger jusqu’à un pas d’admission à un centre de gérontologie ? Certes, le vieillissement n’est pas un handicap mais à quel moment nos aînés doivent-ils passer la main ou quitter le navire et bénéficier d’une retraite paisible ?
  
Le gouvernement de Sassou Nguesso doit promouvoir la transparence pour placer les Congolais  au cœur de l’action publique. L’Administration doit cesser de travailler en vase clos et ne pas se constituer juge et partie.  Le gouvernement doit publier les résultats des indicateurs pertinents pour les Congolais afin de s’appuyer sur l’opinion pour moderniser la qualité des services rendus et pour rendre compte des progrès accomplis.
Le gouvernement doit mettre en place un programme de simplification des démarches qui corresponde avant tout aux priorités des Congolais.
Compte tenu des difficultés à mettre en œuvre une concertation directe et permanente entre l’administration et les usagers, seule la transparence des indicateurs permet de s’appuyer sur l’opinion pour faire progresser l’administration.
Des efforts significatifs de management sont indispensables pour développer la culture du résultat. Sans développement du management, la pression de l’opinion et du politique risque d’être perçue par les agents comme une mise en accusation et d’être par conséquent source de blocage et d’incompréhension.
Le gouvernement congolais n’est pas intéressé par la publication régulière d’indicateurs chiffrés qui permettent de suivre l’évolution de la qualité du service public. On le voit, l’attente est donc forte et l’Etat doit encore convaincre de sa volonté d’améliorer la qualité en particulier dans le suivi personnalisé de l’usager.                                                                                                                                  
Les Congolais sont dans l’attente de plus d’information de la part du gouvernement de Sassou Nguesso et de son administration. Ils doivent être convaincus de la volonté d’améliorer la qualité du service, il importe de faire un effort afin de faire adhérer l’opinion publique à la modernisation de l’Etat. Sans cet effort, toute communication positive risque en effet d’être reçue avec scepticisme comme de la simple propagande.
Bernard KOKOLO et Jean Claude BERI
http://berijc.over-blog.com/
DAC : developperautrementlecongo@gmail.com                         


[1] Fulbert Ibara, LA SEMAINE AFRICAINE, N° 3000 du mardi 8 juin 2010.
[4] NDLR : Sans doute attend-il que la mer s’en charge.
 
[5] NDLR : A combien s’élève la population congolaise ? Tout simplement. 

 

LA SOCIETE CONGOLAISE EN MANQUE DE VISION COLLECTIVE.

 

 Absence de volonté, excès de zèle, laisser-aller, l’administration congolaise est devenue un gigantesque défouloir de tout. Les usagers sont traités avec la plus inqualifiable des attitudes désinvoltes qui soit, sans que cela n’interpelle les autorités. Les relations entre les Congolais et leur Administration sont devenues tellement sombres que seules les personnes les plus initiées aux méthodes de l’ethnicisme, du régionalisme, du clanisme, du clientélisme, du forcing, etc… peuvent espérer obtenir gain de cause dans leurs démarches. S’inscrivant dans une dynamique de recherche de réponse à l’intérêt de la collectivité nationale et à celui des agents publics eux-mêmes, exige de notre part un engagement ferme et déterminé, pour mener une critique susceptible d’aider à améliorer les performances de l’Administration publique Congolaise.

 
« Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’état »
 
La société congolaise perçue en 2010 est une société à l’abandon, en perpétuelle usure morale et décrépitude. Comme le témoigne ces propos : «  Avant je venais au travail avec la joie et le plaisir de retrouver mes collègues, aujourd’hui on se dit à peine bonjour et chacun s’enferme dans un mutisme pesant. Dès que j’arrive au travail, je n’ai qu’une envie c’est de ressortir et aller m’installer au Nganda d’à côté, au moins là-bas, je discute et je me sens bien...  Je suis chef de service depuis 16 ans, il y a six mois Mr O. Daniel, rentré récemment du Maroc est nommé directeur, mais pourtant c’est moi qui continue à exécuter toutes les tâches qui lui sont destinées. Pourquoi voulez-vous que je travaille plus que ceux qui gagnent trois fois plus que moi en ne faisant pratiquement rien, je me contente du strict minimum… »
 
Le constat est alarmant et très inquiétant. C’est une société congolaise fragmentée en mal d’ambition collective qui se dessine chaque jour en creusant progressivement une atmosphère soupçonneuse et désarmante. Cette situation, connue de tous, provoque aujourd’hui un sentiment de repli sur soi, une volonté manifeste de se protéger de l’autre avec en toile de fond un sentiment sous-jacent d’injustice.  Désormais, ceux qui respectent la loi sont parfois moins bien traités que ceux qui la bafouent quotidiennement. L’émergence d’un sentiment de « Racisme social » voit le jour mettant en concurrence les Congolais non pas pour faire éclater l’excellence au travail, mais bien pour encourager la frustration et la médiocrité.
 
Les responsabilités de l’Etat
 
La responsabilité des autorités politiques est cruciale car le changement dépend de leur connaissance, de leur expérience et de leur conscience de la gestion de l’Etat, l’administration étant en charge de missions de préparation et de mise en œuvre des politiques publiques. En dépit des résistances, quand la volonté politique est présente et déterminée, elle s’impose. Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’état. On ne le dira jamais assez, il est indécent pour les hommes politiques congolais d’étaler un patrimoine douteusement acquis tout en réclamant des efforts aux citoyens privés du minimum. L’expansion de la corruption devenue le sport favori des hommes politiques met gravement en danger toute volonté de bonne gouvernance et toute ambition nationale de démocratisation de l’administration congolaise. En favorisant le clientélisme des uns au détriment de l’excellence par la méritocratie des autres, l’Etat crée du communautarisme qui alimente aujourd’hui le pseudo débat déplacé sur la tribalité. Si l’Etat lâche ses minorités dans la fosse aux lions, celles-ci ne peuvent que resserrer les rangs. Barack Obama en usant du meilleur de chaque communauté américaine a montré ce qui est important dans chaque individu ce n’est ni son origine ethnique, tribale mais plus la manifestation intrinsèque de son intelligence. La gestion équitable de l’homme placé dans un environnement structurel adéquat est la clé de la réussite et du retour vers une vision collective d’une société congolaise ou tout nous lie plutôt qu’il nous divise. 
Définir et mettre en place une charte de qualité et d’excellence :
-      Moraliser la vie de l’homme politique congolais par la recherche de l’exemplarité par les actes. Il serait judicieux qu’une charte d’éthique soit initiée pour promouvoir la qualité.
-        Le renforcement de la formation des agents publics doit être une priorité et devrait se faire sur des critères de sélection par le mérite et non d’allégeance partisane ou non plus par l’appât des primes injustifiées. La rigueur dans cette logique sélective favorisera la possibilité d’une formation à la compétence technique, à l’éthique professionnelle et morale.
-      La redynamisation de l’administration publique congolaise passe aussi par une revalorisation salariale de ses agents. Il est inconcevable que voici plus de deux ans que les salaires des magistrats ont été réévalués et tous ceux des agents municipaux et beaucoup d’autres sont restés gelés sous la prétendue excuse d’absence assez de masse budgétaire pour répondre à cette demande. Pourtant l’on s’engage à nommer des nouveaux généraux et à dépenser 700 millions de dollars pour l’achat des armes. C’est à ne rien y comprendre.
-      Combattre l’ethnicisation, la régionalisation et le clanisme des postes et des promotions (avancement de grade). Ces maux sont une véritable prime à la médiocrité et à la déliquescence de l’administration. Les politiques actuels doivent se dédouaner de ces torpeurs.
-      Recréer un pacte de confiance entre les congolais et l’Etat. Pour ce faire, il faut une exigence de justice sociale qui soit placée tout en haut des priorités. On ne peut pas obtenir la confiance si les efforts  ne sont pas justement repartis.
-      Une vraie justice sociale passe aussi par le respect des droits des femmes. Dans notre pays où la quasi-totalité des grandes entreprises (SNCP, CORAF, AIR-CONGO..) sont dirigées par des hommes, les salariés masculins, pour un travail égal ou comparable, gagnent en moyenne 55 % de plus que les femmes. Les femmes, qui constituent 80 % des « travailleurs pauvres » (touchant les plus bas salaires), assurent 80 % des tâches ménagères et des soins aux personnes dépendantes et l'éducation des enfants. C’est pour ce travail gratuit que le progrès social est le plus lent : Cette injustice sociale ne mérite t-elle pas d'être dénoncée? Faire de l’égalité des femmes et des hommes une priorité politique : voilà qui serait une vraie rupture ! Et une avancée significative vers une vision collective unitaire.
 
Disons-le clairement, certaines attitudes affichées par les acteurs politiques ont provoqué un élan de replis sur soi très négatif sur la conception de la gestion de l’administration publique. La société congolaise, comme toute organisation en mouvement, au service d’un environnement donné n’a de chance de se développer que si elle est pensée, réfléchie. Ainsi donc, la part de la réflexion efficacement conçue en amont, concrétisée par une action vigoureuse, demeure déterminante pour une réforme administrative en profondeur. De même, il serait nécessaire dans le cadre général de la modernisation de l’Etat de définir et mettre en place une charte de qualité et d’excellence, pour mettre véritablement l’action publique au service des citoyens et donner une clarification de la notion d’Etat. En effet, c’est par la promotion d’une administration publique capable de libérer les énergies, de construire la démocratie, l’Etat de droit et de conduire le développement, que le Congo pourra espérer intégrer la marche du millénaire, au rythme de la compétitivité imposée par la mondialisation, présente et incontournable. Il est urgent de revenir aux fondamentaux, la défense de la République, de la nation, de l’Etat. On ne peut pas se couper des aspirations du peuple congolais, comme c’est le cas aujourd’hui.  
Pour les politiques congolais, il s’agit là d’une exigence, d’une urgence, d’un défi à relever, en tout cas, d’une ardente obligation pour donner à l’Etat la stabilité et la légitimité indispensables à la consolidation du présent et à la préservation de l’avenir. C’est à ce prix que L'Etat  de plus en plus marginalisé, aura deschances de gagner et avec plus de dignité, la bataille de la reconquête de la vraie justice sociale.
 
 Jean-Claude BERI
http://berijc.over-blog.com/
DAC : developperaurementlecongo@gmail.com

 

La DGGT recrute 4 ingénieurs en travaux publics

 Le boulot est rare au Congo, voici une oportunité si vous avez les compétences requises.

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE REPUBLIQUE DU CONGO

Unité- Travail- Progrès

CABINET DU CHEF DE L’ETAT

DELEGATION GENERALE

DES GRANDS TRAVAUX

SECRETARIAT GENERAL

B.P : 1127 Tél /Fax : 81-47-13/81-40-21

E- mail : dggtcongo@yahoo.fr

Brazzaville

N° _________/PR-CAB-DGGT-SG.

AVIS D’APPEL A CANDIDATURE

 

La Délégation Générale des Grands Travaux lance un appel à candidature pour le recrutement de quatre (04) ingénieurs en travaux publics

Responsabilité/Mission :

- Mener des études techniques de travaux publics,

- Faire des calculs de travaux publics,

- La rédaction des notes associées,

- Suivre et contrôler les travaux

Qualification :

- Etre titulaire d’un baccalauréat + 5 en travaux publics ou tout autre diplôme équivalent ou supérieur,

- Expérience professionnelle souhaitée,

- Avoir la maîtrise de l’outil informatique appliqué aux travaux publics,

- Etre de nationalité congolaise.

Composition du dossier :

- Un casier judiciaire datant de moins de 3 mois

- Un curriculum vitae avec photo format d’identité

- une copie conforme de diplôme

- Une demande d’emploi manuscrite.

Date, heure et lieu de dépôt de candidatures :

Les dossiers de candidatures devront être déposés à l’adresse suivante :

Délégation Générale des Grands Travaux (Secrétariat Général, 3e étage) boulevard Denis SASSOU NGUESSO, Centre Ville en face de l’ex cinéma Vog, sous pli fermé portant clairement la mention : « Avis de recrutement d’un expert en passation des marchés » au plus tard le Lundi 20 Février 2012 à 15h00.

Les candidats présélectionnés seront invités à passer un entretien.

La Secrétaire Générale

Catherine EMBONDZA LIPITI

La directrice générale de l'UNESCO a rencontré les réfugiés Pakistanais

 Lors de sa brève mission au Pakistan le 31 août 2010, Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, s’est rendue en tout premier lieu dans la province de Khyber-Pakhtunkhwa, l’une des régions les plus sévèrement touchées par les inondations. Elle était accompagnée de M. Sardar Aseff Ahmad Ali, Ministre de l’éducation du Pakistan, et de Mme Shehnaz Wazir Ali, Conseillère spéciale auprès du Premier Ministre et représentante du Pakistan au Conseil exécutif de l’UNESCO.

 

La Directrice générale a rencontré des victimes des inondations dans le camp de réfugiés de Kandar, près de Nowshera, et a été informée de la situation par les responsables de district nationaux. « Nous allons nous employer à mettre rapidement en place les bases de la reprise – à court, moyen et long terme », a déclaré Irina Bokova à l’issue de cette visite.

Au cours de sa mission, la Directrice générale a rencontré le Premier Ministre du Pakistan, M. Syed Yousuf Raza Gilani, en présence des ministres de l’éducation et de la culture, ainsi que d’autres responsables nationaux, pour évoquer l’aide de l’UNESCO. Il a été convenu que l’Organisation prolonge son aide au Pakistan dans la phase post-catastrophe en entreprenant des projets à petite et moyenne échelle dans les domaines de l’éducation, de la gestion des ressources en eau et de la préservation des sites du patrimoine mondial. Le Premier Ministre s’est félicité de l’initiative prise par la Directrice générale d’envoyer, la semaine précédente, une équipe pluridisciplinaire de six experts scientifiques parmi les plus expérimentés de l’UNESCO et des centres d’excellence associés, qui se sont longuement entretenus à Islamabad avec les personnalités scientifiques les plus éminentes et les responsables d’institutions nationales. À la suite de cette mission, un plan scientifique intégré pris en charge par les autorités nationales a été élaboré en vue de renforcer à court et à long terme les capacités du pays à faire face aux inondations et aux géorisques connexes.

L’aide dans le domaine de l’éducation a été au centre des discussions et le Premier Ministre a appelé l’UNESCO à jouer un rôle accru dans la création de centres d’éducation non formelle dans les régions du Pakistan touchées par les inondations.

La Directrice générale a donné au Premier Ministre l’assurance que les experts du patrimoine mondial de l’UNESCO se tenaient prêts à aider les autorités pakistanaises. Irina Bokova a souligné combien il était important de protéger le patrimoine et a rappelé que si le site antique de Moenjodaro semblait aujourd’hui à l’abri, c’était la conséquence directe d’une vaste campagne internationale – l’une des plus longue dans l’histoire d l’UNESCO – qui s’était achevée en 1997. La Directrice générale a indiqué que l’UNESCO était particulièrement préoccupée par la situation des monuments historiques des sites de Taxila et Makli, à Thatta.

Irina Bokova a également eu d’importants entretiens avec les représentants de l’équipe de pays des Nations Unies au Pakistan et a pris part à une conférence de presse commune avec le Directeur général de l’UNICEF, M. Anthony Lake, et la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, Mme Josette Sheeran, ainsi qu’avec l’Envoyé spécial des Nations Unies pour l’aide au Pakistan, M. Jean-Maurice Ripert. « Je suis ici aux côtés de mes collègues des Nations Unies », a déclaré Irina Bokova, « pour exprimer au Pakistan l’amitié et la solidarité de l’UNESCO. Nous sommes là pour aider à reconstruire le système éducatif, pour protéger la richesse du patrimoine culturel du pays et pour partager nos compétences scientifiques avec le peuple pakistanais afin de lui permettre de gérer et d’éviter de tels risques à l’avenir ».

Après un compte rendu complet de la réponse de l’UNESCO pour aider le Pakistan à se relever de cette crise, la Directrice générale a conclu : « Nous collaborons avec tous nos partenaires du systèmes des Nations Unies pour aider le Pakistan à évaluer ses besoins. C’est tout un tissu humain, social et culturel qui est touché et qui nécessite notre attention. Notre première responsabilité est de redonner espoir en l’avenir à ces millions d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont subi ces inondations – c’est la seule garantie d’un relèvement dans la paix auquel nous sommes tous déterminés à contribuer ».

Ulrich KIANG

0642381294

 

La lettre de Biso na Biso N°4

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La mairie de Pointe-Noire n'aime pas les arbres

Dans les années soixante, les magnifiques flamboyants de l’avenue de Gaulle, ont disparu un à un, brulés au pied en même temps que les poubelles. Un à un, également, ont disparu les badamiers de l’avenue allant du port à la gare. Ils étaient coupables d’abriter les oiseaux éboueurs se nourrissant sur les poubelles de Pointe-Noire. Un "grand" de la mairie avait dit alors : « les sales oiseaux ». Il lui fut répondu : « les sales poubelles » !

Egalement ont disparu les flamboyants de la place de la poste, un joyau de couleur et de verdure. A leur place on trouve désormais des panneaux publicitaires, ça paye mieux !

En 2001, à la veille de la journée de l'arbre, les services municipaux de Pointe-Noire abattaient les palmiers qui se trouvaient sur le rond point Kassai. Puis ce fut le tour du baobab de Mvoumvou. A l'arrivée de Roland Bouiti-Viaudo ce furent les baobabs et les manguiers séculaires du rond point Lumumba qui se retrouvèrent par terre, là encore, le prétexte invoqué pour leur abattage fut qu'ils hébergeaient les hérons pique boeufs.

Aujourd'hui, le magnifique ficus qui trônait sur le rond point du 31 juillet a subi le même sort devant un panneau qui proclame : FAITES LE CHOIX DU LEADER !

Gageons pourtant que, lors de la prochaine journée de l'arbre, tous nos édiles, comme un seul homme, iront faire le planting de quelques brindilles devant les caméras de tous les médias de la place.

A la suite, quelques photos du "Massacre à la tronçonneuse" :

 

Devant la maison Picherot, les dégâts

 Mesdames Picherot et Jamart tentant d'épargner ce qui peut encore l'être

L'abatteur nous menace avec sa tronçonneuse

Conception de l'élagage selon les services de la mairie

Même ce baobab (espèce entièrement protégée) privé n'a pas échappé à la furie des vandales municipaux

La paille et la poutre ou fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais

"Les Dépêches de Brazzaville" s’émeuvent à juste titre des mauvais traitements subis par les congolais de RDC en Angola en oubliant qu’à Mfoa ils ne sont guère mieux considérés. Expulsés manu militari du terrain vague insalubre qui se trouve à côté du siège du HCR de Brazzaville, les demandeurs d’asile et les réfugiés de la RDC ont vécu sans le minimum vital sur deux sites improvisés, d’abord dans une parcelle qu’ils ont squattée non loin du complexe scolaire les Tarterets à Moungali, puis dans le petit bois qui jouxte le stade Alphonse MASSAMBA-DEBAT à Brazzaville. Bastonnés et tabassé par la police, nos frères de la RDC vivaient (vivent encore) à la belle étoile comme des animaux au vu et au su de tout le monde y compris des ONG qui sont interdites de leur apporter assistance.  Dépassés par l’indifférence des uns et le cynisme des autres Joe Washington EBINA et sa fondation sont allés porter secours a ces déshérités. Cette action a valu à JW Ebina une convocation devant les plus hautes instances de la police sous le prétexte qu’elle défie l’Etat.

IMMIGRATION - Des humanitaires inquiets de l'expulsion des congolais de l'Angola

« Les Dépêches de Brazaville » mardi 9 novembre 2010 à 13:00:00

Un rapport milite à cet effet, après investigations, confirme le caractère violent desdits refoulements effectués au mépris du droit humanitaire.

Des congolais ont récemment fait l'objet d'expulsions massives, en Angola, accompagnées de violences de la part des soldats de ce pays d'accueil. D'où, la demande de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans les situations de conflits, Margot Wallström, à l'intention des autorités de deux pays afin de diligenter une enquête pour clarifier cette affaire. En dépit de l'imprécision sur le lieu et l'identité des auteurs des viols, elle pense qu'il est « d'une importance capitale que les allégations de viols soient immédiatement vérifiées et que les coupables soient traduits devant la justice par les autorités des pays concernés ».Entretemps, dans la cité frontalière de Tembo, située à plus de 800 kilomètres au sud de la ville de Kikwit en territoire de Kasongo-Lunda (province de Bandundu), les expulsés continuent de vivre dans des conditions précaires qui requièrent l'intervention des humanitaires.

C'est dans ce cadre qu'il faut inscrire la présence sur le lieu d'une mission humanitaire composée de représentants du Fonds de Nations unies pour la population (UNFPA), de l'Unicef, du HCR et de la Monusco chargée d'évaluer l'ampleur de la situation et des besoins à engager en termes de prise en charge responsable des expulsés. Le rapport milité par ces humanitaires, après investigations, confirme le caractère violent desdites expulsions effectuées au mépris des prescrits du droit humanitaire. Le rapport soutient que des hommes ont été torturés par les soldats angolais tandis que les femmes ont été victimes des viols à la chaîne. Selon les statistiques présentées par le médecin chef de zone de santé de Tembo, cité dans ledit rapport, 99 femmes sur les 119 enregistrées et 4 filles sur 20 ont été violées, tandis que 14 femmes se sont retrouvées enceintes.


Devant l'ampleur de la situation, la mission humanitaire des Nations unies a formulé quelques recommandations parmi lesquelles la reprise du dialogue entre les deux pays concernés en vue de trouver un modus vivendi quant au rapatriement des congolais dans des conditions humainement respectables. Elle a, en outre, recommandé que le gouvernement congolais organise le retour de ces expulsés dans leurs milieux respectifs et appuie les zones de santé réquisitionnées pour la prise en charge médicale des sinistrés.

Des points de vue relativisés par le porte-parole Lambert Mende Omalanga qui, tout en n'accordant pas foi aux allégations des humanitaires, déclare qu'elles n'ont pas été portées à la connaissance de l'exécutif national. « Nous voulons des éléments. Nous devons protéger nos citoyens, mais nous voulons construire notre action sur des bases qui sont réelles et avérées. Nous ne voulons pas construire des dossiers sur des rumeurs, sur des communiqués. Il ne faut pas donner à cela une consonance d'un règlement de compte entre les deux pays », a-t-il déclaré à la presse. Les propos de l'officiel congolais ont été mal perçus dans certains milieux de l'opposition parlementaire qui plaident en faveur de la constitution d'une commission d'enquête censée descendre sur terrain et d'en faire un rapport. Ainsi pourrait-on, pense le député Clément Nkanku, « formuler les recommandations utiles au gouvernement pour atténuer la souffrance de nos populations qui paient un lourd tribut de cette situation ».


Alain Diasso

 

Brazzaville: les réfugiés de la RDC continuent à vivoter, le HCR les appelle à la patience

Radio Okapi 7 novembre, 2010,

Le HCR Congo Brazzaville est à la recherche d’une solution durable pour les cinq cents réfugiés de la RDC qui continuent à vivoter et après avoir été victimes d’humiliation et de bastonnade et de déguerpissement depuis la mi-septembre 2010. Ces derniers sont ainsi appelés à prendre patience. C’est un appel du Paul Ndayiturume, représentant du HCR Congo Brazzaville.

Tout en déplorant les incidents subis par ces réfugiés de la RD Congo, ce dernier a indiqué sur une télévision locale que plusieurs contraintes sont liées au traitement du dossier de ces réfugiés.

La réinstallation des réfugiés n’est pas seulement l’affaire du HCR, a expliqué Paul Ndayiturume. Elle est également tributaire du pays d’accueil.

Il y a tout de même une possibilité d’une solution durable dans un court temps, a-t-il fait savoir.

Une déclaration saluée par les concernés qui voient, enfin, leurs droits reconnus.

Et à la demande du HCR, une nouvelle liste de réfugiés a été dressée, extirpée, selon la source, de tout élément suspect.

En attendant, les cinq cents personnes logent dans des maisons inachevées ou dans des églises, manquant de l’eau potable et de la nourriture. 

La police congolaise est-elle hors la loi ?

 Alors que Amédée Deleau Loemba est détenu pour le délit d’intention de vouloir dénoncer les malversation [à hauteur de plusieurs milliards] de certains élus de Pointe-Noire, un article signé Lucie Prisca Condhet qui paraîtra dans l’édition de demain des "Dépêches de Brazzaville" met en évidence le paradoxe qui mine la crédibilité de la police congolaise face à sa mission d’utilité publique : Son autorité de tutelle n’est pas en mesure de combattre et réprimer les dérives de ses membres.

Les usagers de la Nationale N°1 se réjouissent de la suppression des péages illicites

Le directeur général de la police a mis fin aux huit barrières mises en place illégalement par certains agents de la force publique sur le tronçon de route Pointe-Noire/Dolisie.

En séjour de travail du 10 au 12 novembre à Pointe-Noire, Jean-François Ndenguet a lui-même effectué le trajet pour constater l’existence des barrières qui y étaient érigées et a décidé de leur suppression. Il s’agit entre autres, des barrières de Mongo- Kamba, Hinda, Mvouti, Les Sarras, Les Banda, Malélé.

« Nous déboursions de 12 000 à 15 000 FCFA à l’aller comme au retour. Cela représente un montant de dépenses important par semaine et par mois », a expliqué un conducteur d’autobus, qui a ajouté que de nombreux chauffeurs ont renoncé à emprunter ce tronçon.

La décision du directeur général de la police est un immense soulagement pour les usagers de la Nationale 1, notamment pour les entreprises de transport en commun et de transport de marchandises. Les voyageurs n’auront plus à subir tous les arrêts qu’imposaient ces barrières et les lamentations des chauffeurs et receveurs.

Selon certains usagers, deux barrages existeraient encore. En outre, ils craignent que leur joie soit de courte durée et redoutent les représailles dont certains agents les ont menacés. « Une des barrières de Hinda et celle de Mvouti ont été remises et des agents de police nous arrêtent par surprise. Ils se cachent et dès qu’on arrive à leur niveau, ils surgissent avec leur sifflet », a expliqué l’un d’eux. « Un des agents nous a dit la semaine passée : après le départ de notre chef, vous en aurez pour votre compte », a confié un autre.

Lucie Prisca Condhet

NDLR : Nous aimerions comprendre comment et pourquoi le DG de la Police Nationale préfère s’en prendre à des citoyens ne cherchant qu’à faire valoir leurs droits à travers des dispositions constitutionnellement reconnues, plutôt que de sanctionner et réprimer ses éléments malhonnêtes au demeurant parfaitement identifiés

Nous aimerions savoir ce qu’il adviendrait des chauffeurs qui n’obtempèreraient pas à ces coups de sifflet illicites.

La réforme foncière au Congo : Les non dits

A l’occasion d’une rencontre des plus informelles, j’ai eu le privilège d’évoquer, avec le président de la République, l’épineux problème de la propriété foncière au Congo. Le chef de l’Etat en est d’autant plus préoccupé que les projets qu’il ambitionne de mettre en œuvre, se heurtent à l’incompréhension des détenteurs des droits fonciers coutumiers, autant dire d’à peu près toutes les familles congolaises. Le mal aurait même gagné les départements les plus éloignés des deux principales villes. D’où proviennent les désaccords? Dans sa brochure intitulé «Le cadre juridique de la propriété foncière »1, le Collectif des originaires du Kouilou (C.o.k) retrace, en trois grandes étapes, l’historique de la propriété foncière au Congo:

  1. Avant l’indépendance, la terre appartient à l’Etat français. Un régime particulier est mis en place pour les indigènes, dont les biens sont régis par les coutumes et les usages locaux. Les indigènes n’ont droit qu’au permis d’occuper;
  2. De 1960 à 1991, l’Etat congolais devient seul propriétaire du sol. La propriété privée est abolie;
  3. Depuis 1991, l’acte fondamental du 4 juin 1991 garantit la propriété et le droit de succession dans son article 11. C’est la réhabilitation du droit foncier en général, des droits coutumiers en particulier. Mais, cette décision de la Conférence nationale n’est pas immédiatement suivie de textes d’application, ce qui laisse les propriétaires fonciers prendre l’initiative. L’absence d’un cadre juridique réglementant le droit foncier, le coutumier en particulier, donne lieu à des comportements anarchiques. Les prétentions sans bornes des propriétaires fonciers se heurtent à la souveraineté de l’Etat.

Depuis décembre 2000 cependant, l’adoption d’une dizaine de lois et la promulgation d’une douzaine de décrets témoignent, s’il en était besoin, de la préoccupation du gouvernement et de sa volonté de remettre de l’ordre dans cette situation. Mais, combien de Congolais sont au fait de cet impressionnant arsenal juridique ? Qui relaie cette information et la communique aux citoyens congolais, pour qu’ils connaissent leurs droits, mais aussi leurs obligations et qu’on aboutisse à un consensus national?

Ces mesures, en effet, n’intéressent pas seulement les détenteurs de droits fonciers coutumiers, mais aussi les propriétaires de terrains bâtis ou non et tous ceux qui souhaitent accéder à la propriété immobilière, c’est-à-dire tous les Congolais, voire même les expatriés qui investissent dans le développement du Congo. Il s’agit, donc, d’un problème national.

Auprès du chef de l’Etat, j’ai, bien entendu, plaidé pour une approche qui favorise la communication, l’éducation et la négociation. Mais, comment promouvoir cette démarche dans notre société fermée à tout débat? Peut-on s’y concerter sereinement, sans arrière-pensée ni a priori?

Dans son article «Le dialogue de sourds entre les pouvoirs publics et les propriétaires terriens », paru dans «La Semaine Africaine» du mardi 3 mai 2011, page 3, le père Christian [de la Bretesche, ndlr] ouvre des pistes de réflexion qu’il conviendrait d’approfondir et auxquelles le C.o.k adhère totalement. Il cible quatre catégories d’acteurs:

Je ne parlerai que de ce qui relève de l’Etat et de la famille.

L’administration

En sa qualité de chef de l’Etat, le président de la République a, naturellement, insisté sur le rôle dévolu, dans cette entreprise, à l’administration, instrument par excellence de la politique de l’Etat. Mais, mis à part le ministre de tutelle, qui, dans notre administration cloisonnée, se soucie d’éduquer et de dialoguer? Bien plus, comme chacun sait, c’est avec la complicité de certains agents du cadastre que les terriens «lotissent» à tout

va. Quel sort est réservé à ces agents? La conservation foncière, elle, s’efforce, tant bien que mal, de préserver le patrimoine sous sa protection. Il n’empêche qu’il lui arrive d’accorder des titres fonciers à l’intérieur d’autres titres fonciers. Quel recours ont alors les détenteurs des premiers titres? La justice? N’a-t-elle pas, dans certains cas fameux, entériné cette infraction, créant ainsi un précédent fâcheux et embarrassant? Par ignorance des textes? Sans compter que même lorsque les terrains à immatriculer se trouvent à Pointe-Noire, c’est à Brazzaville que se fait l’immatriculation. C’est donc là-bas qu’il faut envoyer l’original de son titre foncier.

Quand on sait avec quelle facilité déconcertante les dossiers s’égarent dans notre fonction publique, l’on est en droit de nourrir certaines frayeurs. Comment, dans ces conditions, faire confiance à une administration que tout le monde sait, par ailleurs corrompue et impunie? Est-elle vraiment au service de tous les Congolais ou seulement des plus nantis, ceux qui peuvent payer?

C’est la question que se posent les Congolais depuis que, dans notre pays, se développe une classe de privilégiés improductive qui s’enrichit de jour en jour, tandis que les plus pauvres s’appauvrissent tous les jours un peu plus. Pour nombre d’entre eux, la terre reste le seul bien qu’ils possèdent encore. Doivent-ils y renoncer sans une contrepartie qui leur garantit un minimum de sécurité?

Nous touchons, là, au crucial problème de la répartition de la richesse nationale et à la nécessité d’un partage plus équitable des fruits de la croissance. C’est là un aspect de la question qui ne saurait être éludé, si l’on recherche véritablement un accord consensuel.

Une administration de proximité?

Une administration de proximité serait incontestablement un atout. Le temps n’est-il pas venu de jeter les bases d’une décentralisation portée par une démocratie participative, effectivement associée à la construction et à la gestion des villes et des villages dont elle serait l’émanation?

Aujourd’hui, bien qu’en principe, la mairie soit responsable des permis de construire, ce sont d’autres instances qui délivrent ces autorisations et personne ne consulte la mairie, ni ne lui demande quoi que ce soit. Elle n’intervient donc pas dans la création des communes dont elle doit, pourtant, répondre. C’est ainsi que, faute d’un contrôle unanimement reconnu et intériorisé par tous, le plan directeur de la ville de Pointe-Noire a été complètement saboté depuis l’indépendance, donnant naissance à une ville aride et inhumaine.

Or, n’est-ce pas pour les populations que s’édifient les villes et les villages? Ne serait-ce pas normal de les impliquer dans la création et l’entretien de ce qui constitue leur milieu de vie?

Cette collaboration nécessite, il va sans dire, une autre conception de la collectivité locale et des rapports de confiance entre pouvoirs publics et administrés, ainsi qu’entre électeurs et élus. Encore faudrait-il que ces derniers soient effectivement choisis par les populations elles-mêmes et qu’ils soient tenus de rendre compte à leurs mandants! La concertation en serait facilitée et le climat d’échanges qui s’instaurerait permettrait l’éclosion d’une nouvelle citoyenneté plus attentive au bien commun et plus solidaire.

Les familles

Car, même notre traditionnelle solidarité commence à être mise à mal dans nos sociétés, singulièrement dans les familles. Du fait de la paupérisation et de la crise de l’emploi, qui frappe surtout les jeunes, la méfiance qui entoure, aujourd’hui, les institutions, s’étend jusqu’à la famille.

Le lien séculaire qui unissait les aînés aux cadets s’effrite. Les jeunes s’insurgent contre les vieux qu’ils tiennent pour responsables de la précarité de leur existence. Contrairement à leurs aînés dont la vie était, en quelque sorte balisée, eux se débattent dans un quotidien sans avenir. Naguère, l’Etat garantissait des soins gratuits, une école gratuite et même un emploi. Plus rien de tout cela ne leur est offert aujourd’hui. Les cadets en conçoivent de l’animosité envers leurs aînés qu’ils accusent volontiers de sorcellerie. Ce sont eux qui, bien souvent, exigent de vendre l’héritage immobilier que leur ont légué les ancêtres, afin d’en avoir leur part qu’ils s’empressent de brader pour leur seule survie, toute perspective d’avenir leur étant interdite. Comment, dans ce contexte, envisager une gestion moderne des terres, même si à terme, elle s’avère plus rentable pour les propriétaires fonciers? Peut-on demander à une jeunesse, dont l’avenir est bouché, d’attendre? Attendre quoi?

Ce sont là autant de questions que soulève la réforme foncière que le gouvernement souhaite mettre en place. Ainsi que le suggère le père Christian, elle nécessite qu’une cellule de communication et de recherche pluridisciplinaire soit créée. Cette approche ralentira, peut-être, la mise en œuvre prévue. Mais, l’avenir du Congo ne vaut-il pas qu’on lui consacre un peu de temps?

Le C.o.k, pour sa part, s’investit déjà dans la vulgarisation des textes promulgués et serait disposé à assurer la médiation entre les différents acteurs. On aboutirait ainsi à un consensus national qui sauvegarde le plus beau fleuron de notre héritage commun: la solidarité.

Mambou Aimée GNALI
Présidente du Collectif des Originaires du Kouilou (C.O.K.)
In "La Semaine Africaine" N° 3110 du 19 juillet 2011

Note:

1- Brochure réalisée en Décembre 2010, avec le soutien du Programme Concerté Pluri-acteurs (PCPA Congo) dont le chef de file est le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes et l’Agence Française de Développement (AFD)

 

 

La tragédie de Mpila n’en serait-elle qu’à ses débuts ?

 Nous manifestons les plus vives inquiétudes sur le sort des sinistrés sans abri de la tragédie de Mpila. Rares sont les informations qui percent sur leurs conditions de survie, les journalistes congolais préférant assister les politiciens dans leurs fanfaronades lors de leurs remises de dons qui ne sont que des opérations de propagande à destination des médias. Seuls quelques journalistes étrangers s'en préoccupent comme le fait Falila Gbadamassi in AFRIK.COM.

Nous relevons dans « Les Dépêches de Brazzaville » de ce jour que le parlement se décide plus de 10 jours après la catastrophe à financer la construction de latrines dans les camps, et la ministre Emilienne Raoul reconnaît que les dons sont détournés.

 Tragédie de Mpila : le Parlement finance la construction de latrines et de hangars sur les sites d'accueil des sinistrés

Ayant rassemblé la somme de 200 millions FCFA, les sénateurs et députés ont présenté à la ministre de la Solidarité et de l'action humanitaires, le 14 mars, les actions à court et long terme qu'ils comptent mener en faveur des sinistrés de la catastrophe du 4 mars

La réunion était présidée par le président de la commission d'assistance aux sinistrés, le député Bernard Tchibambelela. Il a informé la ministre, Émilienne Raoul, que le Parlement prévoyait d'engager des actions humanitaires portant sur l'assainissement et la construction de hangars et d'affecter 100 millions FCFA au Fonds de soutien à l'habitat ouvert à cet effet à la Banque congolaise de l'habitat.

« Nous allons construire les latrines sur les sites pour aider les sinistrés à demeurer dans de bonnes conditions d'hygiène. Les hangars qui seront construits sur le site du marché couvert de Nkombo vont permettre d'accroître sa capacité d'accueil, afin de le désengorger », a indiqué Bernard Tchibambelela.

Énumérant les autres actions à court terme, le président de la commission a également mentionné l'apport alimentaire et la fourniture d'ustensiles de cuisine afin de permettre aux sinistrés de ne plus manger froid. Bernard Tchibambelela a assuré au gouvernement que le Parlement veillerait à ce que toutes ces actions s'accomplissent sans failles et dans les délais.

Émilienne Raoul a salué ce geste qui intègre bien, a-t-elle souligné, la chaîne de solidarité déclenchée par le gouvernement au soir de l'événement, au cours du conseil des ministres extraordinaire.

Interrogée par les journalistes sur le détournement des aides destinées aux sinistrés, la ministre a confirmé que des personnes malintentionnées se livraient à ce déplorable exercice. Elles seront sanctionnées si les responsabilités sont clairement établies, a-t-elle déclaré. 

Roger Ngombé

"Les Dépêches de Brazzaville"

Photo : Bernard Tchibambelela et Émilienne Raoul.


Congo : double peine pour les sinistrés de Mpila

Les conditions d’hygiène ne sont pas optimales dans les sites d’accueil

Les sinistrés de Mpila, ceux qui ont perdu leurs maisons dans l’explosion d’un dépôt d’armes à Brazzaville la semaine dernière, sont accueillis dans plusieurs sites de la capitale congolaise. Le manque d’abris et les problèmes d’eau et d’insalubrité font craindre l’apparition d’épidémies.

Le 4 mars dernier, l’explosion d’un dépôt de munitions au régiment blindé de Mpila, un quartier populaire de la capitale congolaise, a officiellement fait 223 morts dont 145 ont été inhumés dimanche dernier, 2 315 blessés et 13 854 sans-abri. Ces derniers se trouvent aujourd’hui dans des conditions d’hygiène déplorables, aggravées par les pluies qui ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi. Beaucoup de victimes ne sont pas abritées dans les sites où elles ont trouvé refuge. « La plupart des sinistrés que nous avons ici dorment à la belle étoile. Avec les pluies, il faut craindre l’apparition des épidémies », s’inquiète dans Les dépêches de BrazzavilleMartin Bouiti, responsable du site de la cathédrale du Sacré-Cœur de Brazzaville, qui accueille 6 513 sans-abris.

Le problème se pose également sur le site de Kimbanguiste, rapporte la publication. « Sur un total de 1 082 personnes qui constituent les 29 blocs du site de Kimbanguiste, à peine 700 sont sous abri tandis que les autres dorment dehors ». Les chapelles servent souvent d’abris en cas de pluie sur les différents sites disséminés dans Brazzaville.

Des sans-abri à la belle étoile

Quelques jours plus tôt, le ministre congolais de la Santé, Georges Moyen soulignait le manque d’eau potable dans ces lieux d’accueil. « Il faut en apporter et sensibiliser les occupants des sites », a-t-il déclaré, selon l’AFP. Le responsable congolais craint l’apparition de maladies liées à l’utilisation d’eaux souillées, comme le choléra.

D’autant que les latrines disponibles sont insuffisantes « dans la zone de distribution des vivres ainsi que dans la zone du centre de santé entretenu par Médecins d’Afrique », constate Les Dépêches de Brazaville. Par ailleurs, les personnes sinistrées s’approvisionnent en eau, pour leurs besoins domestiques, en dehors des sites d’accueil.

La ministre congolaise des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Émilienne Raoul, a lancé un appel à l’aide depuis le drame auquel plusieurs pays, notamment africains comme l’Algérie, le Maroc, le Bénin ou encore le Togo ont répondu en acheminant des dons vers le Congo.

FALILA GBADAMASSI
AFRIK.COM

 

 

 

Le CCF de Brazzaville recrute pour pas cher

Le personnel quasiment pléthorique, 25 personnes, du CCF de Brazzaville ne parvient d'évidence pas à faire face aux tâches qui sont les siennes. On croit rêver en lisant l'annonce qu'il fait paraître pour recruter un(e) stagiaire pour six mois sans la moindre rémunération. Certes l'heureux(se) élu(e) saura tout faire à sa sortie, mais durant ce temps il (elle) aura fait le boulot des autres pour le prix d'un remerciement et sans doute pas mal d'engueulades.

 

Le Centre Culturel français de Brazzaville recherche un(e) stagiaire

Durée du stage : 6 mois (novembre 2010 à avril 2011)

Stage non rémunéré au service Communication du Centre Culturel Français de Brazzaville
En appui à la chargée de communication, le(a) stagiaire sera chargé(e) de :

- aide à la coordination des activités mensuelles, en collaboration avec le directeur et l’animateur principal
- coordination de la réalisation du programme mensuel des activités
- conception des plannings mensuels d’activités (programme technique)
- conception rédactionnelle des supports de communication écrits (affiches, banderoles, prospectus, catalogues d’exposition)
- promotion et soutien administratif des artistes locaux
- mise à jour des panneaux d’information et de l’affichage au CCF
- création et diffusion de mailings pour les abonnés et destinataires du programme mensuels d’activités
- contrôle des entrées en salle (spectacles)
- réalisation de dossiers de presse, animation des conférences de presse

Merci de déposer CV et lettre de motivation à l'accueil du CCF ou par mail à l'adresse com@ccfbrazza.org

 

Le personnel permanent du CCF :

 

Le RPDH s'inquiète du durcissement de l'attitude des autorités envers la presse

 

NOTE DE POSITION

N°02/2011/RPDH/BE

 

Congo-Brazzaville: Restrictions des libertés syndicales et  de l’information

Entraves au droit syndical et à la liberté de la presse : Urgence de protéger les journalistes dans leur action !

 

Introduction :

La RPDH est vivement préoccupée par les récents actes d’harcèlement à l’encontre des médias, actes pouvant être interprétés comme des entraves manifestes à l’exercice des libertés fondamentales dans le pays.

La RPDH déplore ces exactions qui contredisent les déclarations du Président de la République, sur le respect des droits humains, des libertés syndicales et de la presse, et l’absence de prisonniers d’opinion. Ces actes visent en particulier les professionnels et utilisateurs des médias, et sont perpétrés en toute impunité par de hauts représentants de l’Etat ; en violation flagrante de la Constitution du 20 Janvier 2002 et de la loi n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l’information et de la communication. L’organisation attire l’attention de l’opinion publique et des décideurs, sur la nécessité pour les autorités congolaises de se conformer à leurs engagements, en matière de promotion de la dignité humaine.

 

De l’assignation en justice de Laudes Martial Mbon :

Le 12 juillet 2011, Laudes Martial Mbon, Directeur de publication de l’hebdomadaire Tam-tam d’Afrique, a été assigné en justice par l’ex Procureur du Tribunal de grande instance de Mfilou à Brazzaville, Monsieur Antoine Ernest Olessongo. La première audience de ce procès prévue pour le 21 juillet 2011 n’a pu se tenir en l’absence du plaignant.

Pour les faits, l’édition n°386 du 15 juin 2011 du Journal Tam-tam d’Afrique avait rapporté la prise de position de deux organisations non gouvernementales sur le traitement d’un dossier opposant la veuve Atiga à l’ex procureur. En réaction à l’article publié, Mr Olessongo portera plainte pour diffamation et injures publiques, sans au préalable avoir usé de son droit de réponse. Dans cette procédure, Laudes Martial Mbon, encourt le payement d’une amende de 200 millions pour dommages requis par le plaignant. Le caractère abusif de l’amende, si elle était suivie d’effet par le jury en charge du dossier, milite pour l’anéantissement du journal, au regard de la précarité notoire des médias congolais, aucun organe de presse ne pourrait être en mesure de parvenir au règlement d’un tel montant. De telles pratiques sont de nature à restreindre la marge de manœuvre et l’indépendance de la presse au Congo. Au moment où la deuxième audience de ce procès s’ouvre, la RPDH recommande aux autorités congolaises de se ressaisir en veillant au respect de la liberté d’information et de la communication, telle que prévue par les articles 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Constitution du 20 Janvier 2002, de garantir l’intégrité physique et psychologique de Monsieur Laudes Martial Mbon, de procéder à l’annulation pure et simple de cette assignation.

Au cas où la procédure ne serait pas annulée, la RPDH en appelle à un procès juste et équitable garantissant à la défense tous ses droits.       

 

Des Intimidations perpétrées à l’encontre d’Eric Patrick Mampouya:

Patrick Eric Mampouya, opposant congolais basé en France, est l’animateur d’un blog très critique vis-à-vis de l’action de l’Exécutif congolais. Il avait annoncé sa venue au Congo au mois d’août 2011. Le dimanche 7 août 2011, il est arrivé à Brazzaville et a aussitôt été interpellé  à l’Aéroport International de Maya Maya par les services de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire. Il sera retenu, interrogé des heures durant dans les locaux de la police, ses bagages auraient été inspectés, ainsi que son matériel de communication. Les autorités policières lui auraient proféré des menaces et se seraient inquiétées sur les motivations de son séjour et sur la prudence à observer dans ses actions à venir en terre congolaise. Ces actes d’intimidation, que la RPDH attribue à une tentative de conditionnement psychologique aux fins de réduire au silence l’activisme du bloggeur, s’avèrent honteux et relèguent le Congo à l’état de prison à ciel ouvert, au sein de laquelle les contrepouvoirs ne peuvent évoluer librement : il ne s’agit ni plus ni moins que d’une tentative de confiscation de la liberté d’expression et d’opinion. Les récurrentes interdictions de meetings ou de manifestations publiques dont sont régulièrement l’objet les partis de l’opposition viennent corroborer ce constat. Officiellement, M. Mampouya aurait simplement été interpellé pour des raisons de contrôle régulier. Ces motifs fallacieux révèlent à n’en point douter la fébrilité des services et leur ambition de contenir par des moyens antidémocratiques la liberté d’expression et de la citoyenneté.

 

Des Persécutions contre Deleau Amédée :

Le 15 juin 2011, La RPDH a été contactée par Monsieur Issako Loemba Joël, au sujet de l’arrestation et la détention prolongée de son frère aîné, Monsieur Deleau Loemba Amédée, âgé de 31 ans. Ce dernier a en effet été arrêté en mars à Pointe-Noire, alors qu’il projetait d’organiser une manifestation pacifique pour protester contre l’insalubrité de la ville, le délabrement du tissu routier et les nombreuses inondations issues de la dernière saison des pluies. Pour ce faire, il fréquentait assidûment internet à travers des cybers cafés de la place, les jours ayant précédé son interpellation par les éléments de la force publique. Détenu en premier lieu dans les geôles de la Direction Départementale de la Surveillance du Territoire (DDST) à Pointe-Noire, il avait été transféré mi-avril à la Direction générale de la Surveillance du Territoire à Brazzaville, avant d’être incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville sur instruction du Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la même ville. Depuis lors, il y est détenu et poursuivi pour des faits d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. Le droit de réunion et de manifestation pacifique est pourtant bien consacré par la Constitution congolaise. A ce titre, cette interpellation suivie d’une détention prolongée ne se justifie pas car ne s’appuyant nullement sur des fondements réels, compte tenu du fait que ce dernier n’avait en sa possession aucun document subversif, susceptible d’attenter à la sûreté intérieure de l’Etat comme le lui reprochent les autorités congolaises : on retient ici qu’il est maintenu en prison simplement pour avoir tenté d’user de son devoir d’indignation pour exiger de meilleures conditions d’existence.

La RPDH qui suit avec attention cette situation, dénonce cette campagne de harcèlement, tout en exhortant le Gouvernement à garantir l’intégrité physique et psychologique des deux individus susmentionnés autant que leurs libertés fondamentales, et procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de Mr  Deleau Amédée.

 

Affaire Télé Pointe-Noire :

Depuis le vendredi 5 août 2011, une forte tension règne au sein de Télé Pointe-Noire, chaîne nationale locale. Ce climat délétère puise ses causes dans le temps étant donné l’antagonisme né des sanctions régulières et arbitraires du nouveau directeur départemental de l’institution audiovisuelle à l’encontre du personnel. Désirant parer ce qui paraît comme un abus d’autorité, les agents ont pris l’option de constituer un syndicat en juin 2011, antenne affiliée à la FETRASSEIC. Initiative apparemment mal digérée par le directeur qui, à l’occasion d’une réunion convoquée par lui avec le bureau syndical en date du mardi 3 août 2011, a proféré des menaces à l’endroit du secrétaire général du syndicat, au cours d’une violente altercation, à l’issue de laquelle il en a suspendu les membres, et adressé dans l’après-midi du jour même une correspondance au Ministre de tutelle aux fins de remettre le secrétaire général à la disposition du département de la Communication, évoquant plusieurs faits à l’encontre de celui-ci, y compris antérieurs à sa prise de fonction. Comme si cela ne suffisait pas, et en dépit de l’appel au respect de la procédure émis par les responsables de la FETRASSEIC, l’affaire a pris une autre tournure lorsque le vendredi 5 août, le chef de service des programmes, n’arrivant pas à démarrer l’antenne, crie au sabotage et alerte le directeur qui aussitôt, incrimine les membres du syndicat, en particulier le secrétaire général. Saisie, la police se rend sur les lieux et auditionne les agents incriminés avant de les conduire au Commissariat central où ils déposeront de nouveau sur procès-verbal. Interdiction leur est ainsi faite d’accéder aux locaux de la chaîne jusqu’à nouvel ordre. En effet, ces derniers ne constituent rien d’autre que les membres du bureau syndical : Hervé Sakala-Mankoussou (Secrétaire Général), Henri Michel N’Gakégni, Sidney Mahoungou, Donald Mampembi, et Martine Mankou. Le lundi 8 août 2011, ils étaient de nouveau convoqués au Commissariat central de police pour une confrontation avec le directeur et le chef de service des programmes, auteurs des accusations de sabotage. Les policiers n’ayant finalement pu trouver aucun indice à même d’étayer la version du sabotage, le directeur a demandé ce même jour aux agents de reprendre le service, à l’exception d’Hervé Sakala-Mankoussou, Secrétaire Général du Syndicat, ce que ses collègues par solidarité se sont refusé à faire, pendant que le directeur mettait sur pied un deuxième syndicat constitué de membres sélectionnés par ses soins. Ces agents, qui n’ont toujours pas repris le travail, envisagent d’engager des poursuites contre le directeur départemental pour fausse accusation. La RPDH dénonce cette mauvaise gestion du personnel, caractérisée par des atteintes régulières au droit syndical ainsi qu’au droit au travail. Elle rappelle que les libertés syndicales demeurent les fondements de l’Etat de droit et que l’obligation de s’y conformer s’impose de fait à tout dirigeant, fusse-t-il de la fonction publique ou du secteur privé. En l’occurrence, l’organisation a pu constater qu’après une année de prise de fonction, ce sont plus d’une dizaine de suspensions, pour la plupart verbales et injustifiées, qui ont été attribuées par le directeur départemental Rémy Charles Mathieu Opassa aux agents de Télé Pointe-Noire. On peut citer entre autres : Marc « Bill »Ngassaki-Ibata (preneur de vue affecté à Radio Pointe-Noire), Brice Abanzounou (récente reprise du travail après une année de suspension), Brigitte Ossébi (suspendue à deux reprises à des durées indéterminées), Judicaël Okombi (suspendu verbalement deux mois durant), Norchelin Makouaka (frappé d’une suspension verbale et d’une interdiction d’exercer depuis plus de trois mois), Chanel Ibata (suspendu deux fois pour des durées indéterminées et une troisième fois verbalement pendant un mois), Donald Mampembi (objet de suspension verbale), Henri Michel N’Gakéni (suspendu pour une durée indéterminée), Hervé Sakala-Mankoussou (remis à la disposition du Ministère de tutelle).

La RPDH exhorte le Gouvernement, à travers le Ministère de la Communication et des Relations avec le Parlement, à remettre de l’ordre dans son département, qui n’honore nullement la profession du journalisme au Congo, en veillant notamment à la stricte application des textes régissant les médias et en garantissant les libertés syndicales.

 

Intimidation du journaliste Christian Perrin :

Christian Perrin, journaliste de la chaîne privé Télé Pour Tous (TPT) a reçu des messages d’intimidations courant juillet 2011 de la part d’autorités policières, dont le Commissaire central du département de Pointe-Noire, pour avoir diffusé un reportage intitulé « Scènes d’exhibition après un rituel d’enterrement », illustrant des jeunes demoiselles euphoriques exhiber leur nudité, sous l’œil bienveillant et complaisant des forces de l’ordre (policiers et militaires) présentes lors de l’enterrement. Le journaliste se serait entendu dire : « fais attention, encore toi, tu n’as pas le droit de salir la police, tu veux repartir en prison… ». Entendu que ce dernier avait séjourné en prison en 2007, alors directeur d’informations de TPT, pour avoir invité deux opposants du pouvoir sur son antenne. Rencontré par la RPDH, le journaliste s’est offusqué de ce que ces menaces ont eu l’impact souhaité par leurs auteurs auprès de sa hiérarchie, qui a exigé de lui de ne plus diffuser le reportage dont il est question, interpellant pourtant la conscience des congolais sur l’état des mœurs actuel dans le pays. Ensuite, le journaliste a reçu des menaces verbales de la part du Procureur Christian Oba, pour avoir diffusé l’interview d’une restauratrice, Mme Franck, qui dénonçait le manque d’impartialité du Procureur dans le traitement d’une affaire la concernant et la dissimulation par celui-ci d’un jugement de la Cour Suprême rendu en sa faveur. La RPDH s’indigne face à tous ces actes et rappelle que la liberté d’information et de communication est garantie autant que la censure est prohibée par la Constitution congolaise et la législation en vigueur. Elle condamne donc ces menaces et intimidations qui n’ont de place dans une démocratie et invite le Gouvernement au suivi et à l’application des dispositions prévues sur la liberté de la presse au Congo y compris par les plus hautes autorités du pays car nul ne peut se prévaloir d’être au-dessus de la loi.   

 

Conclusions et recommandations :

La liberté de la presse demeure un défi au Congo, en dépit de quelques avancées positives constatées ces dernières années au nombre desquelles la dépénalisation des délits de presse. Cependant, les journalistes congolais, tant de la presse écrite qu’audiovisuelle, sont soumis à de lourdes amendes en cas d’infraction, prévues par la loi de novembre 2001 sur la liberté d’information et de communication, amendes qui représentent un véritable goulot d’étranglement au regard de la précarité économique qui les caractérise, et ne favorisent nullement un exercice libre de leur profession. Quoique prohibée par la Constitution et par la loi, la censure s’exerce de manière subtile au sein même des organes de presse, où la hiérarchie brille par une autocensure abusive et adopte le plus souvent une ligne éditoriale favorable aux décideurs. Cette pratique nourrit les velléités de musellement de la presse par certaines autorités, qui s’estiment en droit de faire des injonctions aux journalistes sur la conduite à tenir. Les menaces et intimidations en la matière sont légion, les situations dépeintes à travers la présente note de position ne constituant qu’un échantillon. L’assignation en justice de Laudes Martial Mbon répond à cette volonté de destruction par les pouvoirs publics des médias qui échappent à leur contrôle. De même, les sanctions abusives infligées par la direction de Télé Pointe-Noire aux agents vont dans le sens de la restriction des libertés syndicales. Les intimidations dont a été victime le journaliste Christian Perrin de la part d’autorités policières et de magistrat constituent un maintien volontaire de la censure au Congo autant qu’une violation flagrante de la loi sur la liberté de la presse. Les récentes persécutions survenues à l’encontre d’Eric Patrick Mampouya, et la détention sans motif valable de Deleau Amédée, ne consistent ni plus ni moins qu’en une tentative de confiscation des libertés d’expression et d’opinion, de réunion, de pensée, de manifestation et d’association, pourtant consacrées par la Constitution du 20 Janvier 2002 et la législation en vigueur. Cet état de fait demeure alarmant au regard de l’imminence de l’échéance majeure que constituent les élections législatives, dont la réussite ne pourrait que s’avérer déterminante à la consolidation de la démocratie dans le pays. La RPDH estime que les autorités congolaises devraient rectifier le tir, en s’inspirant des évènements survenus dans d’autres pays, à l’instar des révolutions arabes, qui n’ont été en fin de compte que le fruit de frustrations entretenues de l’intérieur.

 

Au regard de ce qui suit, la RPDH recommande au Gouvernement de la République de : 

 

 

Fait à Pointe-Noire, le 18 Août 2011   

Le Bureau Exécutif

 

Contacts Presse : 

Christian Mounzeo, Président 242 05 595 52 46,

Franck Loufoua Bessi, Assistant aux programmes, 242 05 550 45 20

E-mail : rp.dh@laposte.net

Site Web: www.rpdh-cg.org

 

Le chef à toujours raison (air connu)

 On reconnaît un chef à son embompoint, à sa grosse voiture et au fait que quelque soit le conflit qui vous oppose à lui, vous aurez tort. Ce dimanche , je pars de chez moi pour aller faire quelques courses alimentaires.

 Je rate le passage sur le pont de Songolo de quelques secondes, quelqu'un s'est engagé avant moi en sens inverse. Comme le pont est à voie unique je suis bien obligé de prendre mon mal en patience. Des vagues de véhicules arrivent les unes après les autres du côté opposé. Enfin le pont est libre bien que de l'autre côté un gros 4x4 Nissan accélère pour ne pas être bloqué alors qu'il est encore à une trentaine de mètres du pont. Il est à noter que les panneaux de signalisation donnent priorité aux véhicules entrant sur Pointe-Noire, c'est mon cas. Je m'engage suivi par un énorme camion benne. Le 4x4 en fait autant mais en sens inverse et nous nous retrouvons face à face alors que j'ai largement franchi la moitié de l'ouvrage. L'usage veut qu'en pareil cas celui qui peut dégager le plus facilement le fasse, mais mon adversaire considère d'évidence comme indigne de lui de céder le pas à une petite Starlett.

Derrière le parebrise fumé du 4x4 je devine un gros bonhomme gesticulant. Je suis bloqué par le camion benne arrêté un mètre derrière moi. Je coupe le contact sentant que la situation va mettre un certain temps, voire un temps certain pour se débloquer. Des témoins vont voir le conducteur du Nissan pour lui demander de reculer, d'évidence il refuse en s'agitant de plus belle et me montrant du doigt.

Arrive un policier en uniforme, il se rend à son tour à la portioère du 4x4, claque les talons et salue militairement. 

Le poussah est de plus en plus agité et m'indexe de façon de plus en plus agressive. Les passants réagissent discrètement en passant à côté de moi : "On est pas colonel par hazard" dit l'un d'entre eux, un autre répond "Non, on est pas colonel par hazard". 

Des deux côtés du pont les véhicules s'entassent le plus anarchiquement du monde. Le colonel ne veut toujours rien savoir et tout est bloqué depuis déjà un bon quart d'heure. "Il n'y a pas de solution" dit quelqu'un. Le camion benne n'a pas la place de reculer, mais le chef ne démord toujours pas.

Désolé, le flic se décide à faire garer les véhicules de mon côté pour que le camion benne puisse reculer et moi aussi par la même occasion. 

Quand il passe à côté de moi, le colonel descend sa vitre, je suis mort de rire, je lui dis "Bravo colonel, vous avez gagné". Le gros type furieux me dit "Et ça vous fait rire" que puis-je répondre d'autre que "Ah oui alors, ça me fait rire".

25 minutes de perdues pour un bête problème de prévalence idiote. Un passant me dit : "Il est chez lui", je réplique que c'est vrai et donc que ça lui donne le droit de ne pas respecter le code de la route et les convenances.

Le grand marché moderne de Dolisie enfin inauguré

 

Terminé depuis belle lurette, le grand marché de Dolisie n'attendait qu'une visite présidentielle pour être enfin offert aux dolisiens. La première dame en lieu et place de son époux est venue dans la ville préfecture du Niari pour libérer les populations d'une situation intenable qui n'avait que trop durée. On se souviendra que la ville a souffert du même problème d'inauguration pour son hôpital général qui n'avait pu ouvrir, bien qu'entièrement terminé faute d'inauguration officielle.

La capitale de l'or vert en aura une fois de plus profité pour rendre un vibrant hommage au couple présidentiel.

 

DOLISIE Le marché moderne inauguré

L’infrastructure a été officiellement ouverte au public par l’épouse du chef de l’État, Antoinette Sassou N’Guesso, le 25 février, qui s’est personnellement impliquée dans sa réalisation.

Jeudi et vendredi derniers, le chef-lieu du département du Niari a vécu la fête de grands jours. D’abord en accueillant Antoinette Sassou N’Guesso, le 24 février. L’épouse du chef de l’État était venue dans la capitale de l’or vert pour inaugurer une infrastructure moderne qui rehausse l’éclat de la ville et s’intègre très adéquatement aux autres, concrétisant sur le terrain l’un des objectifs du programme du président de la République, le « Chemin d’avenir ».

Avec l’ouverture d’un aéroport moderne – le tout premier de cette capacité et de ce niveau technologique depuis l’indépendance ! –, la réfection des routes, la nouvelle gare routière et ce nouveau marché, Dolisie entre définitivement dans la modernité.

Accueil chaleureux à celle en qui la population a, bien entendu, vu l’envoyée du grand maître d’œuvre de toutes ces réalisations, à savoir Denis Sassou N’Guesso, son époux. Mais accueil chaleureux et particulier aussi pour celle dont le maire de la ville, Adam Dibouilou, a reconnu l’implication personnelle. « Ce marché vient transformer le visage de Dolisie. Et nous voulons témoigner notre gratitude à Madame la présidente qui n’a cessé de multiplier les efforts personnels pour sa réalisation », a affirmé le maire. Pour lui, l’implantation de cette infrastructure intervient à point nommé.

Reste à « bien le gérer pour une bonne synergie avec la gare routière et les flux de la route nationale n°1 », Pointe-Noire – Dolisie – Brazzaville.

La même reconnaissance sourdait des propos tenus par le préfet, Jean-Pierre Heyko Lekoba. Avant lui et au nom de la Délégation générale des grands travaux, le coordonnateur technique de cette institution qui met en œuvre le programme du « Chemin d’avenir », avait pris la parole. Oscar Etoka a qualifié cette infrastructure de moderne, plaisante et fonctionnelle. En effet, le marché de Dolisie compte en rez-dechaussée 875 étals tous services confondus, huit chambres froides et un poste de police. À l’étage, auquel les personnes handicapées peuvent accéder par une rampe conçue spécialement, se trouvent une infirmerie avec une salle de consultations et une autre de soins ainsi qu’une pharmacie.

C’est à l’étage aussi que se situe le bureau du gestionnaire du marché. Dolisie apparaît aujourd’hui comme l’une des villes les plus coquettes de la République. Si le nouveau marché, pimpant neuf, ne peut régler tous les problèmes, il témoigne d’un dynamisme porté par l’amélioration des liaisons routières et aériennes. Mais, à n’en pas douter, la ville peut aujourd’hui s’enorgueillir d’un équipement de qualité grâce à la détermination du couple présidentiel à mener à son terme un projet concret, qui se place au plus près des intérêts des populations.

Lucien Mpama
Les Dépêches de Brazzaville

Le ministre Pierre Mabiala ne badine pas avec la défense du domaine public

La Semaine Africaine Samedi, 23 Juillet 2011 09:47

Pour avoir favorisé la coupe frauduleuse des eucalyptus dans le massif de Hinda (département du Kouilou), deux directeurs départementaux relevant de la tutelle du Ministère des affaires foncières viennent d’être relevés de leurs fonctions, à Pointe-Noire. En effet, en séjour de travail dans la capitale économique, cette semaine, le ministre Pierre Mabiala a limogé Jean-Pierre Mombo Nzaou de son poste de directeur départemental du domaine public de Pointe-Noire et Alphonse Mouanga, directeur inter-départemental des affaires foncières, du cadastre et de la topographie Pointe-Noire/Kouilou. Les deux hauts-fonctionnaires, nommés par le ministre Mabiala,  lorsqu’il avait pris le portefeuille des affaires foncières, ne sont pas encore remplacé.

Le lecteur optimiste dira :

"Enfin un ministre qui en a assez dans le pantalon pour prendre les décisions qui s'imposent"

Le lecteur pessimiste dira :

"Voilà ce que c'est de ne pas avoir réservé la part du Chef"

Le remplaçant éventuel pensera :

"S'il n'y a plus moyen de se faire trois sous dans ce ministère, je ne veux pas du poste."

Le pape destitue l'évêque de Pointe-Noire (Congo) pour sa mauvaise gestion

 

CITE DU VATICAN, 31 mar In la-croix.com

Le pape Benoît XVI a destitué l'évêque de Pointe-Noire au Congo, Mgr Jean-Claude Makaya Loemba, pour de "graves problèmes de gestion" économique de son diocèse, a annoncé jeudi le Vatican.

"Le pape a retiré à Mgr Jean-Claude Makaya Loemba (Congo-Brazzaville) la charge pastorale du diocèse de Pointe-Noire", a indiqué le Saint-Siège dans un communiqué.

Cette mesure rare a été motivée par "de graves problèmes de gestion au sein du diocèse, entre autres de gestion économique" et par "de fortes tensions dans le diocèse", selon le Vatican qui a exclu en revanche des questions d'ordre moral.

Selon des sources vaticanes citées par l'agence d'information religieuse I-Media, la gestion du diocèse de Pointe-Noire était désastreuse et le prélat n'avait pas confiance dans son clergé.

Mgr Makaya Loemba, 56 ans, ordonné prêtre en 1983, avait été nommé en décembre 1995 par le pape Jean Paul II (1978-2005) à la tête de son diocèse d'origine.

La Congrégation pour l'évangélisation des peuples, chargée des "missions" à l'étranger, avait envoyé un émissaire pour faire entendre raison au prélat.

Mais, selon I-Media, la procédure inhabituelle avec laquelle l'évêque de Pointe-Noire a quitté ses fonctions donne à penser que Mgr Makaya n'a pas accepté de démissionner.

Cette procédure rare fut notamment utilisée en janvier 1995 lorsque Jean Paul II retira sa charge à l'évêque d'Evreux, en France, Mgr Jacques Gaillot.

D'ordinaire, lorsque Rome invite un évêque à démissionner, le pape annonce ensuite officiellement qu'il a accepté son choix au regard de l'article 401 paragraphe 2 du droit canon ("raison de santé" ou "toute autre cause grave").

Une clause appliquée à plusieurs évêques qui ont quitté leurs fonctions dans des affaires de pédophilie, en Belgique et en Irlande notamment.

Ces derniers mois, plusieurs évêques d'Afrique centrale et de l'Ouest - République centrafricaine, Bénin ou Burkina Faso - ont démissionné. Aucune raison n'a été officiellement évoquée mais un bon nombre de prélats souvent jeunes ont dû partir pour des problèmes de gestion, de morale sexuelle ou de syncrétisme religieux 


Mgr Jean-Claude Makaya, relevé de ses fonctions

ÉCRIT PAR MAVOKO MASOUNGA   pour echosdebrazza.com

 "Le Saint Père a Relevé de ses fonctions Mgr.Jean-Claude Makaya Loemba, jusqu'ici Evêque de Pointe-Noire (Congo)", peut-on lire dans les actes pontificaux publiés aujourd'hui par le Vatican. Une fois de plus le diocèse de Pointe Noire est orphelin. Son dernier évêque autochtone Mgr Jean-Claude Makaya-Loemba a été viré de ses fonctions en tant qu'évêque de Pointe Noire. Outre la fin de ses fonctions, le Vatican a mis un terme à son état clérical en le renvoyant à sa famille, sans pension, avec interdiction de célébrer une messe en public et ne pouvant plus bénéficier de tous les avantages dûs à son rang. Mgr Makaya ne pourra prétendre au titre d'évêque émérite.

 Une éviction attendue et espérée par une partie des prêtres

L'éviction de Mgr Makaya n'est pas une surprise pour tous les gens qui fréquentent le clergé Ponténégrin. Dés les premières années de son épiscopat, Mgr Makaya était confronté à une fronde d'une partie des prêtres de son diocèse notamment ceux de sa promotion et les plus jeunes ordonnés dans les années 1990 et début 2000. Cette méfiance du clergé envers son évêque a atteint des appogées lors des décés de certains prêtres dont les abbés Fouti et Malouta.

En attendant la nomination d'un nouvel évêque, c'est le père Miguel curé de Saint Jean-Bosco qui est nommé par Rome administrateur de Pointe-Noire.

Le clergé de Pointe Noire est par essence frondeur. Chaque prêtre qui avait des reproches à faire à l'odinaire du diocèse a privilégié la voie de l'annonciature ou de Rome au lieu de parler en toute fraternité comme le veut la tradition chrétienne. Coutumiers de lettres incendiaires contre leur évêque, une partie importante des prêtres du diocèse de pointe Noire attendait et espérait que Mgr Makaya soit démis de ses fonctions comme l'ont été ses confrères Hervé Itoua du diocèse de Ouesso et Mgr Nsayi alors en poste dans le diocèse de Nkayi.

La sanction que subit Jean-Claude Makaya est lourde de conséquences pour l'avenir de ce diocèse. Arrivé en 1995, Mgr Makaya aura passé le tiers de son épiscopat dans un affrontement violent avec ses prêtres réfractaires. Certains s'étaient affranchis de son autorité, d'autres ne pouvaient plus le gober et lui prédisaient une éviction imminente.

A qui profite le départ de Mgr Makaya?

Sans nul doute les premiers à tirer profit de l'éviction de l'état clérical de Mgr Makaya sont les prêtres réfractaires qui lui ont mené la guere depuis son sacre en 1995, à la tête desquelles l'abbé Georges Loemba Ndendé ancien recteur du petit séminaire de Loango et actuel responsable du centre de Liambou à quelques kilomètres de Pointe Noire. Présenté comme le leader de l'opposition à l'évêque l'abbé avait autour de lui de nombreux prêtres dits opposants qui n'avait de cesse d'écrire à Romme pour dénoncer leur évêque.

Aussi, d'après nos informations, l'abbé Alphonse Taty Mboumba actuel sécretaire de la Conférence Episcopale du Congo aurait joué un rôle non négligeable pour avoir la peau de son évêque. En conflit ouvert avec Mgr Makaya, l'abbé Taty aurait encouragé en sous main la fronde des prêtres et les missives incendiares adressées à Rome.

En discutant avec des prêtres qui sont restés proches de Mgr Makaya, ils laissent entendre que Mgr Louis Portella Mbuyu n'autait pas tout fait pour essayer de sauver le siège de son frère cadet, même si ce dernier est devenu évêque avant lui. Mgr Portella actuellement évêque de Kinkala, aurait toujours lorgné sur le siège de Pointe Noire, si non avoir la main sur l'ordinaire.

 

Le projet de viaduc au niveau du RP Davum à Pointe-Noire

 Le projet de viaduc de franchissement du CFCO et de l'Avenue Marien Ngouabi va entrer en réalisation quand les voiries d'évitement par Mpita et la Côte Sauvage seront achevées. Les travaux vont bon train mais on sent bien que les embouteillages ne feront que se déplacer durant la phase de construction du viaduc et de l'élargissement de la route de l'aéroport.

Le projet élu nous paraît maladroit, parce qu'il conserve la circulation venant de l'aéroport et de Cabinda sur des voiries urbaines étriquées et sans solution, alors qu'un raccordement sur l'avenue Stéphane Tchitchelle beaucoup plus large déboucherait sur le RP Kasaï et favoriserait une circulation plus fluide.

A la suite quelques images explicatives du projet élu (tel que nous l'avons compris) et notre projet alternatif qui n'a pas été examiné par les instances décidantes.

Tous les document, à l'exception de l'image du pont en perspective ©SOCOFRAN, sont de Lionel Sanz, les fonds de plan proviennent de Google earth

1 - Problématique

2- Le projet élu

 

 

Le projet choisi avec les deux bretelles divergentes nous semble dangereux en raison de ses "tourne à gauche". 

La proposition ci-dessous nous paraît meilleure.

Le projet tel qu'il a été choisi à l'exeption du plan de circulation qui est de Lionel Sanz et qui présente ce qu'il pense être le plus rationnel dans ce cas de figure.

A noter que trois ouvrages sont nécessaires.

A noter que le carrefour giratoire le plus a gauche [Marien Ngouabi/route de la gendarmerie], a été réalisé (malheureusement excentré par rapport aux axes des voies).

Plan synoptique des circulations telles qu'elles pourraient se faire autour du viaduc. Les deux giratoires sur l'avenue Marien Ngouabi font partie de notre proposition.

NB : aucun "tourne à gauche" dans ce projet, donc les véhicules ne coupent jamais la trajectoire de ceux venant d'une autre voie.

 

3- Notre projet alternatif

 

En déviant le flux circulatoire au dessus des installations du CFCO il faut comme dans le cas précédent faire 3 ponts,

la fluidité de la circulation serait grandement améliorée.

 4- Principe des murs terre armée

 

Il s'agit d'une méthode de soutènement assez récente (1963) développée par Henri Vidal, qui consiste à utiliser le sol, et non un mur en béton pour assurer la stabilité d'un versant. Le concept est de renforcer le sol par l'ajout d'armatures qui solliciteront un frottement entre elles et les cailloux du remblai. Un massif en terre armée est constitué de trois composants :

L'ensemble forme un massif stable assurant la retenue de la poussée du sol en place. Cette technique permet de réaliser plusieurs types d'ouvrage comme des soutènements de talus ou des voûtes.

Les massifs de Terre Armée sont utilisés dans le cas de remblais routiers, de culées de ponts et d'ouvrages de soutènement. L'avantage de ce matériau est une grande déformabilité, qui permet aux ouvrages de s'adapter sans trop de risques à des mouvements importants du sol de fondation.

© Terre Armée

Dessin Lionel Sanz : Principe de construction des rampes d'accès aux ouvrages.

 

Le père Lefort est-il un violeur d'enfants ?

Notre ami Mouyabito nous a fait parvenir le texte qui suit et que nous vous proposons à la lecture tout en gardant quelques réserves importantes quand à son contenu.

D'évidence, l'affaire est encore en instruction et non encore jugée. Le père Lefort ne peut donc pas être déclaré coupable a priori tel que présenté dans l'article. On se souviendra de diverses affaires similaires dans lesquelles des accusations ont été portées contre de prétendus pédophiles qui à la suite se sont révélés comme des montages ou des erreurs d'instructions (Outreaux entre autres ou les accusations portées dans congopage.com contre le père Christian de la Bretesche).

Loin de prétendre que Lefort est innocent, nous voulons seulement souligner que Mouyabito aurait du rédiger au conditionnel. Nous mettons sur sa légitime indignation le fait qu'il ait oublié ce détail.

Nous savons tous que des faits semblables sont courants dans l'histoire de l'église catholique romaine. Que ces hommes d'église, supposés détenteurs d'une part d'autorité divine nous semble un facteur aggravant et facilitant des exactions que nul ne peut défendre. Encore faut-il éviter de condamner des innocents. Dans cette nouvelle affaire, laissons la justice, si elle existe, déterminer où est la vérité.

LE VIOLEUR D'ENFANTS NOIRS ABANDONNES

Face au désordre qui règne en Afrique, bien des pays Africains sont devenus des destinations privilégiées pour de grands amateurs du tourisme sexuel bon marché.

Sous le couvert d'une notoriété tissée de toutes pièces, d'organismes humanitaires pour la protection de l'enfance ou de défense des droits de l'Homme, ils ont trouvé la parade pour se mettre au dessus de tout soupçon.

Les premières victimes de leurs exactions vont sans doute être les plus exposés, des enfants innocents et les nécessiteux, les laisser pour compte de nos sociétés.

Mais malgré la grande désinvolture des pouvoirs publics allant parfois jusqu'au soutien accordé à certains de ces bourreaux Noirs par nos dirigeants (le président sénégalais Abdou Diouf n'a pas hésité à prendre sa plume pour défendre la réputation de l'un d'entre eux). Nos hommes politiques plus prompts à contrôler les flux financiers parallèles afin de saigner nos pays à vif.

Nonobstant tout ceci, les mailles du filets arrivent parfois à se resserrer de temps en temps sur quelques malades mentaux évidents à qui on accorde tout crédit et à qui on donne le droit de séjourner en terre africaine.

Malgré le laxisme de la justice française dans l'affaire François Lefort (6 ans d'instruction), un ecclésiastique ayant séjourné au Sénégal, en Mauritanie, au Congo et au Liberia pendant quelques années et surtout qui y a trouvé un terrain fertile pour se livrer à des viols, des agressions sur mineurs, des actes de pédophilie sur des enfants sans protection et laissés à l'abandon.

Présenté comme un homme au-dessus de tout soupçon, François Lefort a effectué ses études de médecine en Algérie, il n´a jamais été inscrit au Conseil national de l´Ordre des médecins français. Mais, surtout, il est l´initiateur supposé de nombreux projets visant à sauver les enfants des rues en Afrique de l´Ouest. Qui plus est, il se présente comme un grand pourfendeur de la pédo-criminalité, ayant apporté un témoignage supposé décisif sur le réseau Spartacus. Un club d´un genre bien particulier qui édite une revue («Spartacus») en apparence destinée à la communauté homosexuelle, mais qui indique aussi les filières d´accès aux réseaux pédophiles, partout dans le monde.

Mais face à lui cette fois, il y a trois petits nègres d'origine sénégalaise, anciens pensionnaires des foyers de Rufisque, près de Dakar. Trois jeunes qui, manifestement, ont convaincu la Brigade des mineurs de Paris : François Lefort les a agressé sexuellement, parfois violé. Aujourd´hui, le dossier attend le paraphe du juge Julien Eyraud, seul habilité à signer l´ordonnance de renvoi devant la Cour d'Assises des Hauts-de-Seine. Dans ses réquisitions, le ministère public a déjà donné son avis : les Assises.

L'affaire démarre en 1995 lors d'un voyage d'une douzaine d'enfants français en Afrique. Ces derniers recueillent des confidences de jeunes Sénégalais au sujet du père Lefort. Une éducatrice, choquée par ces témoignages qu'elle perçoit spontanés et sincères, enregistre ces récits et, rentrée à Paris, entre en contact avec une association de défense des droits de l'enfant qui porte plainte. L'enquête commence. Certains mineurs viennent à Paris et sont entendus par la brigade des mineurs, puis trois commissions rogatoires internationales complètent les investigations, en 1996 et 1998. Lors de son arrestation à son domicile de Neuilly, les policiers trouvent chez François Lefort des revues et cassette à caractère pornographique.

Défendu par Maître Henry Leclerc, le parquet de NANTERRE a requis le 29 octobre dernier la mise en accusation devant la cour d'assises de Nanterre contre François Lefort des Ylouses, le prêtre et médecin des rues. Il risque selon la loi française jusqu'à 20 ans de prison pour ses foucades.

Malgré le soutien de nombreuses ONG, Médecins du monde, Raoul Faullereau, Caritas et autres, le soutien des L’association Défense de François Lefort dont le président est Christian Bompard, la complicité du système médiatique y compris ses relations haut placées dans la grande fraternité maçonnique, courageusement Maître Jean-Baptiste Mojet l'avocat de l'accusation et Mehdi Bâ gardent bon espoir depuis 1995 de mener à bien ce dossier dont les tentacules pourraient en faire une nouvelle affaire Dutrou. Mehdi Bâ l'écrivain patriote africain déjà auteur de plusieurs livres dont "Rwanda Un Génocide Français" édité par l'Esprit frappeur a décidé cette fois de travailler sur la parution d'un livre consacré à cette sordide affaire. Livre qui va être capital dans ce procès à ne pas en douter compte tenu des circonstances.

Le livre intitulé "l'illusionniste" un héros de l'humanitaire de Mehdi Ba édité aux Arènes sera sans aucun doute le document à charge de l'accusation. La préface de Laurent Baccaria ancien ami du pédophile présumé Lefort, qui avait aussi précédemment publié un ouvrage du prêtre explique le tourment de l'éditeur et son choix pour le bon sens au détriment de l'argument d'autorité et d'une amitié de façade. Le choix fait par Baccaria d'éditer Mehdi Ba en dit long sur le sérieux et la qualité du travail abattu par ce dernier.

Mehdi Ba qui tout au long de son oeuvre recueille les témoignages des enfants, démonte la vie mirifique et supposée héroïque de Lefort, le Majax des rues de l'Afrique, un pur produit d'une société de funambules et de menteurs invétérés.

Les témoignages des enfants victimes de ces pratiques méphistophéliques restent une chose mais une autre est le marquage au fer rouge subit par leurs consciences soumises à l'abjection la plus insoutenable.

Malgré les preuves tangibles assenées comme des coups de boutoirs par un livre au ton juste, ce qui est lamentable et profondément pitoyable c'est le refus catégorique du présumé coupable de reconnaître les faits pour ne serait-ce soulager une conscience tourmentée par des exactions pour le moins hautement regrettables.

La machine judiciaire traîne les pieds pour se prononcer sur une affaire de mœurs concernant quelques nègres honorablement violés par un schizophrène de premier ordre. Une affaire qui risque de lever un pan du voile des illusions de certaines organisations à but supposé humanitaire en Afrique et décrédibiliser les ONG qui disent aider les Africains.

Faisant front pour mieux comprimer la vérité, l´association française Raoul Follereau en guise de répression aux révélations des enfants des rues très vite après le début de l´affaire judiciaire, a décidé de couper les subventions qui financent les foyers de Rufisque. Une mesure de rétorsion brandie comme une menace par François Lefort … Visiblement le système médiatique ne souhaitent pas véritablement faire le ménage une bonne foi pour toutes dans la porcherie de peur d’éclabousser indirectement ceux qui tirent les ficelles des réseaux pédophiles, jouissent du tourisme sexuel et en profitent.

Ainsi donc, beaucoup tentent de fermer les yeux sur cette affaire qui dérange. Et la complicité n'épargne pas les médias. Une investigation sommaire révèle que le héros supposé de l´humanitaire Lefort bénéficie d´une immense considération dans toutes les rédactions françaises. Il a des «amis» journalistes partout. Il connaît tout des bons et mauvais réflexes médiatiques. Il a la formule percutante dit-on dans le jargon journalistique.

Une affaire malgré tout dont la pression exercée par la vérité sur le droit de savoir a conduit au grand jour à la réalisation d'un reportage diffusé dans le magazine télévisé Sept à Huit en date du 14/09/03 de 18h50 19h55 sur TF1.

Une affaire qui devra à nouveau lever le voile sur le rôle présumé en Afrique des supposés religieux et autres ainsi que sur les institutions religieuses à caractère philanthrope mais surtout contribuer à poser pour les moines rappetout doublés d'un sérieux penchant pédophile, le problème du célibat des prêtres.

Une chose est certaine en laissant la possibilité à François Lefort de continuer à œuvrer au Libéria et au Congo malgré la liberté sous contrôle judiciaire qui pèse sur lui. en attendant que la justice française se décide enfin à le laver de tout soupçon après 6 ans, l'Afrique elle continue à se coltiner de nombreux François Lefort, des violeurs d'enfants, des agresseurs au-dessus de tous soupçons, des bourreaux de la misère de humaine de nos pays.

Il faudra non seulement les débusquer mais leur apprendre que l'Afrique subit actuellement une profonde mutation. Le tourisme sexuel va donc être pour tous les patriotes de tout pays un cheval de bataille pour extirper l'Afrique de toutes ces vermines qui déshonore l'Homme et choquent nos valeurs ancestrales les plus nobles.

Au lieu de traquer les patriotes qui oeuvrent pour le bien de nos pays, au lieu de violenter les pourfendeurs du système qui trucide l'Afrique nous devrions nous pencher sérieusement sur ces exactions qui sont d'un autre temps et qui brise l'homme dans son Etre profond.

Dans une affaire où visiblement il y a deux poids et deux mesures, celle dans laquelle le cardinal Lustigier déclare que Lefort ex-lauréat du prix des droits de l'homme de « la Croix », l'éléphant s'est attaqué à plus faible. Des enfants qui depuis sept ans, n´ont jamais eu droit à la parole, alors même que le présumé innocent contre qui le parquet de Nanterre a retenu des poursuites concernant six victimes, âgées de 12 à 18 ans au moment des faits. Trois viols, une tentative de viol et deux tentatives de corruption de mineurs. Selon l'enquête, ces faits se seraient déroulés au Sénégal, mais également en France lors de tournées pour des conférences et des collectes de fonds. Malgré le chef d'accusation, le présumé coupable et ses soutiens ont un accès facile aux antennes où ils ne cessent de crier à un complot orchestré de toute part par les réseaux pédophiles.

Aujourd'hui c'est au tour de Lefort de défrayer le chronique contre les enfants mais demain ce sera sans doute toute cette racaille tapie dans l'ombre encore pour un moment qui se gave des richesses de l'Afrique, qui depuis toujours a déshumanisé la femme africaine, préférant de loin la soumettre aux coups de boutoirs de leurs animaux de compagnies.

Un jour viendra où tout cela se saura et où nous devrons prendre les mesures qui s'imposent car nous avons un devoir de protection sur les plus faibles.

La justice sénégalaise aurait dû avant toute chose prononcer une condamnation contre Lesieur Lefort et surtout prendre des mesures d'interdiction d'action tant de son ONG sur le sol Sénégalais mais aussi d'accès au territoire Sénégalais.

Voilà six ans qu'on tente de noyer le poisson en France, Six ans que l'Afrique vit sa soumission et sa désinvolture affichée face à un crime de plus commis par les agresseurs.

"L'amateur vrai, jugera toujours une oeuvre avec ses yeux, à la lumière de sa culture, jamais avec ses oreilles dans le brouillard des boniments, ni dans la nuit des ses fantasmes cupides et vénaux" (proverbe chinois)



Mouyabi

 

Le seigneur de la drogue des favelas et le consul congolais

 

 

 

 

 

 

 

Grande nouvelle aujourd'hui à Rio - le caïd de Rocinha, la plus grande favela de Rio, a été arrêté la nuit dernière. Connu sous le peudonyme de Nem, sa tête était mise à prix. L'histoire de sa capture est digne du scénario d’un film.

On peut supposer que Nem est nettement moins souriant aujourd'hui.

 

Dans le cadre du processus de pacification des favelas en cours, Le Département de la sécurité de Rio a récemment fait savoir qu'il préparait  dans un proche avenir une intervention dans Rocinha. A cette annonce, de nombreux citoyens ordinaires ont commencé à quitter le quartier il ya quelques jours. Rocinha est considérée comme une véritable place forte des"traficantes", et bien que la pacification d'autres favelas aient été jugées comme de larges succès, beaucoup de gens doutaient qu’il puisse en être de même en ces lieux. 

Rocinha, la plus grande favela de Rio, elle possède  des routes des autobus, des banques et des pharmacies. Les estimations démographiques lui octroient entre 60.000 et 400.000 habitants ! 
 

L’assaut qui sera donné par les BOPE, les forces spéciales de Rio,  dont le blason et la devise ( le couteau dans le crâne) sont propres à faire frémir les délinquants, a été préparé avec la mise en place de contrôles de police aux différents accès de la favela. Hier après-midi, plusieurs policiers ont été arrêtés alors qu'ils tentaient d'escorter un groupe de 5 trafiquants hors de la favela. En raison de leurs mauvaises conditions de rémunération et d’une culture de la corruption bien enracinée, la police  (Policia Militar, les GP) est considérée comme étant peu fiable. De fait, elle est exclue du BOPE qui est dirigé par de jeunes officiers "propres". 

Tard hier soir, une voiture du consulat du Congo1 a été contrôlée alors qu'elle tentait de quitter la favela. Quand la police a demandé à fouiller le véhicule, le conducteur a déclaré qu'il était le consul en personne et a revendiqué l'immunité diplomatique. La voiture transportait un passager, un avocat, qui dit qu'il n’accepterait de répondre que devant la police fédérale et a accepté d’être escorté jusqu’à un poste de la police fédérales. 

En chemin, la voiture s'est arrêtée et l'avocat a proposé aux policiers un pot de vin de 20.000 réales. Devant le refus refusé, ils ont porté l'offre à 30 000, puis à 1,000,000 de réales ! Au crédit des policiers, les pots de vin n'ont pas été acceptées et quand la voiture a finalement été fouillés, on y a trouvé Nem caché dans le coffre . Il s'est avéré que le conducteur n'était pas le consul, mais seulement un employé au consulat. 

Il ya d’autres gros problèmes à Rio et le plus sinistre est peut-être la montée des milices, nous en parlerons un autre jour. Peut-être ma connaissance peu de cette ville me fait ridiculement, naïvement optimiste.

On se demande si, dans 20 ans, les enfants vont demander à leurs parents si les favelas ont vraiment été autrefois gouvernées par les adolescents drogués armés de mitraillettes.
 
le 10 novembre 2011
Par Ted Le Mesurier 
In eatrio.blogspot.com
 

1- Rien dans cet article ni dans le web, à part les affirmations de congopage.com ne permettent de dire de quel Congo il s'agit.

 

Les Enfants du Phare: clôture de l'atelier vacances.

Ils s’appellent Gemina, Pavel, Reine, Gernicia, Olive, Daniela, Augden, Nelson et Davy ; ils ont entre 5 et 21 ans ; ils ont participé, pendant trois mois, à la première édition de l’atelier vacances organisé par le Centre Communautaire Les Enfants du Phare.

Ce samedi 2 octobre, à l’occasion de la clôture de cet atelier de dessin et de peinture, ils ont présenté aux parents le résultat de celui-ci: des tableaux réalisés allant du poisson à la mère de famille portant son bébé en passant par des fleurs et autres chiens et chats. Ce qui prouve la sensibilité artistique de ces jeunes, la nature et le quotidien les ayant fortement inspirés.

La démonstration effectuée par deux participants, Gemina Nsosolo et Augden Sembé, illustre également cela : la première à dessiné un bouquet de tulipes et le deuxième un cheval. Démonstration faite sous l’œil vigilant de deux encadreurs. Les enfants ont ainsi montré aux parents que les trois mois d’apprentissage n’ont pas été vains.

L’objectif de cet atelier d’occuper les enfants pendant les vacances, leur offrir des loisirs sains en cette période propice à tous les vices.Objectif atteint selon Antoine Mabiala, coordonnateur du centre. Un centre qu’il dirige depuis sa création en 2008 et qui propose aux enfants trois  pôles d’occupation : bibliothèques, jeux et cyber café ; et se trouve dans un quartier du troisième arrondissement de Pointe-Noire. Ce qui en fait un centre à part.

Nous avons eu l’’occasion mon cadreur et moi de visiter cet établissement en février dernier lors du tournage du numéro 031 de Scénic’  le magazine culturel que je présente sur DVS+, une station de télévision locale. J’ai été impressionné par la quantité des livres et des jeux  destinés aux plus jeunes et l’intérêt que ceux-ci manifestaient pour cette structure qui leur permettrait désormais d’approfondir leurs connaissances sans être obligé de couvrir une longue distance.

 

Les Français de l'étranger et le piège à cons qu'on leur prépare

David Douillet le 7 juillet 2011, au Quai d'Orsay (Charles Platiau/Reuters).

 

La situation des français de l'étranger est en train d'évoluer, ils disposent désormais d'un semblant de ministre en la personne de l'inénarrable monsieur pièces jaunes David Douillet et dès les prochaînes législatives ils éliront 11 députés au sein d'un découpage électoral des plus étranges qui va sans aucun doute favoriser la droite la plus droitière d'une France en voie de fascisation.

 

 

CIRCONSCRIPTION COMPOSITION
1 Canada : 1re circonscription : circonscriptions consulaires d'Ottawa,
Toronto, Vancouver.
Canada : 2e circonscription : circonscriptions consulaires de
Moncton et Halifax, Montréal, Québec.
Etats-Unis : 1re circonscription : circonscriptions consulaires
d'Atlanta, Boston, Miami, New York, Washington.
Etats-Unis : 2e circonscription : circonscription consulaire de
Chicago.
Etats-Unis : 3e circonscription : circonscriptions consulaires de
Houston, La Nouvelle-Orléans ;
Etats-Unis : 4e circonscription : circonscriptions consulaires de Los
Angeles, San Francisco.
2 Belize, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua,
Panama, Salvador ; Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Venezuela ;
Brésil, Guyana, Suriname ; Argentine, Chili, Paraguay, Uruguay ;
Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Cuba, République
dominicaine, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, Saint-
Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-
Grenadines, Trinité-et-Tobago.
3 Irlande ;
Royaume-Uni ;
Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Lettonie ;
Lituanie, Norvège, Suède.
4 Belgique ;
Pays-Bas ;
Luxembourg.
5 Andorre ;
Espagne ;
Monaco ;
Portugal.
6 Liechtenstein, Suisse.
7 Allemagne : 1re circonscription : circonscriptions consulaires de
Berlin, Bonn, Düsseldorf, Francfort, Hambourg.
Allemagne : 2e circonscription : circonscriptions consulaires de
Munich, Sarrebruck, Stuttgart.
Albanie, Autriche, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Hongrie,
ancienne République yougoslave de Macédoine, Pologne, Roumanie,
Serbie-et-Monténégro, Slovénie, République tchèque, Slovaquie.
8 Italie, Malte, Saint-Marin, Saint-Siège ;
Chypre, Grèce, Turquie ;
Israël.
9 Algérie ;
Maroc ;
Libye, Tunisie ;
Burkina, Mali, Niger ;
Mauritanie ;
Cap-Vert, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Sénégal, Sierra Leone ;
Côte d'Ivoire, Liberia.
10 Afrique du Sud, Bostwana, Lesotho, Malawi, Mozambique,
Namibie, Swaziland, Zambie, Zimbabwe ;
Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles ;
Egypte, Soudan ;
Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Somalie ;
Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Tanzanie ;
Bénin, Ghana, Nigéria, Togo ;
Cameroun, République centrafricaine, Tchad ;
Gabon, Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe ;
Angola, Congo, République démocratique du Congo ;
Irak, Jordanie, Liban, Syrie ;
Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar,
Yémen.
11 Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Kazakhstan,
Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan,
Turkménistan, Ukraine ;
Circonscription consulaire de Pondichéry ;
Afghanistan, Bangladesh, Inde (sauf circonscription consulaire de
Pondichéry), Iran, Maldives, Népal, Pakistan, Sri Lanka ;
Chine, Corée du Sud, Japon, Mongolie ;
Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Palaos,
Philippines, Singapour, Thaïlande, Timor oriental, Vietnam ;
Australie, Fidji, Kiribati, Marshall, Micronésie, Nauru, Nouvelle-
Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon, Samoa, Tonga,

Tuvalu, Vanuatu.

 Création donc de 11 circonscriptions au découpage des plus passionnants.

Comment donc s'y est-on pris ? Certainement pas en fonction de l'étendue des territoires de chacune, alors en fonction du nombre de français représentés ? Pas d'avantage, il est douteux qu'il y ait autant de français résidents en Suisse et dans le microscopique Liechtenchtein que dans notre petite 10ème circonscription qui regroupe plus de la moitié de l'Afrique et le moyen orient.

Alors comment ?

Comment se fait-il que des territoires aussi éloignés que la péninsule ibérique et Monaco fassent partie du même lot ? Faut-il croire que pour équilibrer les gens de gauche implantés en Espagne et au Portugal, il fallait leur associer les résidents des paradis fiscaux que sont Andorre et la principauté des Grimaldi ?

Ben merde on nous prend pour des cons et on a raison puisque personne ne proteste et ça va faire 11 députés de droite pour soutenir la politique de droite de la France de droite.

Allons entrainons nous à marcher au pas de l'oie.


 

Douillet, secrétaire d'Etat des Français qui lui sont étrangers

Député, l'ex-judoka boudait l'étranger. Ministre, saura-t-il convaincre qu'il n'a pas été nommé que pour séduire les expatriés 

Dimanche 3 juillet, quatre jours après sa nomination, David Douillet atterrit à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), pour une visite de deux jours. Au programme : l'inauguration de la nouvelle ambassade, des rencontres avec les expatriés et un entretien avec le ministre des Affaires étrangères de RDC.

La visite du secrétaire d'Etat a été organisée dans l'urgence. « Normalement, on aurait été prévenus quinze jours à l'avance », sourit un pilier de la communauté française. « On a été alertés par courriel et SMS, la veille en fin de journée, qu'il venait inaugurer l'ambassade », raconte un autre expatrié.

Drôle d'inauguration. La « nouvelle » ambassade a en fait ouvert l'an dernier. Depuis, on promettait aux Français la venue d'Alain Juppé. Ils devront se contenter d'un secrétaire d'Etat novice. Et celui-ci inaugurera une ambassade sans ambassadeur : l'ancien a pris sa retraite, le nouveau n'est pas encore arrivé.

Les Français de l'étranger, cette richesse électorale

« Les Français établis hors de France sont une richesse pour notre pays », a expliqué David Douillet dans son discours, avant de planter un baobab dans le jardin de l'ambassade. Une richesse électorale, aussi. Même s'il se défend d'être le VRP international de l'UMP, le nouveau secrétaire d'Etat devra d'abord superviser les premières élections de députés français à l'étranger, dans des circonscriptions dont l'électorat penche à droite.

A Kinshasa, le nouveau secrétaire d'Etat a d'abord testé sa capacité de séduction. Un test plutôt réussi. Dès son arrivée, David Douillet s'est ainsi entretenu avec deux élues de l'Assemblée des Français de l'étranger, Marlène Bach (membre de l'ADFE, classée à gauche) et Madeleine Katende (membre de l'UFE, classée à droite, qui n'a pas répondu à nos sollicitations).

Une élue : « Quand je l'ai vu sur le terrain, j'ai compris… »

« On vient nous courtiser à un an de l'élection », s'agace Marlène Bach. Pour cette élue de gauche, la création d'un secrétariat d'Etat aux Français de l'étranger n'est qu'une manœuvre électorale. Elle reconnaît pourtant du talent à David Douillet :

« Ça fait dix ans que je suis dans le circuit, et c'est le premier qui demande à rencontrer les élus. Il est souriant, agréable, courtois. Il aime serrer les mains. Quand je l'ai vu sur le terrain, j'ai compris pourquoi il avait été nommé… »

Deux jours plus tard, David Douillet était à Durban, en Afrique du Sud. Cette fois-ci, aucune inauguration au programme. L'ancien judoka était venu défendre la candidature d'Annecy pour les JO d'hiver de 2018. Comme s'il ne pouvait pas échapper à son univers d'origine.

C'était pourtant une des surprises du remaniement : attendu aux Sports, David Douillet a finalement atterri dans un secrétariat d'Etat créé ex nihilo, rattaché au ministère des Affaires étrangères. Au sein du gouvernement, il occupe la dernière place au rang protocolaire – mais une des premières au rang médiatique.

Un champion de l'absentéisme

David Douillet doit donc convaincre qu'il mérite sa place au Quai d'Orsay. Pour cela, il ne pourra hélas pas faire valoir sa carrière de député. Selon les registres de l'Assemblée nationale, en effet, l'international ne faisait pas vraiment partie de ses préoccupations. La vie des expatriés non plus.

Membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Education d'octobre 2009 à décembre 2010, le député (UMP) des Yvelines aurait pu y travailler non seulement sur les dossiers sportifs, mais aussi sur son futur domaine de compétence. Il s'y est surtout illustré par son absentéisme. Selon les registres, il n'a participé qu'à un tiers des séances de la commission : il en a séché 18 sur 71, et s'est fait excuser pour 23 autres.

Le futur secrétaire d'Etat aux Français de l'étranger a notamment boudé les séances concernant… l'étranger et les Français qui y vivent :

    • le 28 octobre 2009, une semaine après son entrée à l'Assemblée nationale, David Douillet sèche l'examen du budget de l'« action extérieure de la France » pour l'année suivante, une séance au cours de laquelle les députés ont notamment débattu des frais de scolarité dans les lycées français et de l'avenir des centres culturels à l'étranger ;

    • le 20 janvier 2010, il sèche également l'audition sur « les enjeux et les évolutions de l'action culturelle extérieure » ;

    • il s'est fait excuser avant l'audition du 10 février 2010 sur l'avenir de l'audiovisuel extérieur (RFI, France 24) ;

    • le 4 mai 2010, il ne se déplace pas non plus pour auditionner le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Bernard Kouchner ;

    • le lendemain, la commission examine un projet de loi sur « l'action extérieure de l'Etat », David Douillet s'étant là aussi fait excuser.

    • le 3 novembre 2010, David Douillet assiste enfin à une séance consacrée au budget alloué à « l'action extérieure de la France » pour 2011, et il fait même une intervention… pour « sensibiliser [les membres de la commission] à l'intérêt du sport qui constitue un véritable atout pour la diplomatie culturelle et d'influence ». Le député a ensuite présenté un amendement augmentant les crédits accordés au sport, rejeté par le gouvernement.

Un expatrié : « C'est du tourisme électoral »

Devenu secrétaire d'Etat, David Douillet ne se contentera pas d'inaugurer les ambassades, assure-t-on à son cabinet. Il aura ainsi la responsabilité « avec le ministre d'Etat », Alain Juppé, du Centre de crise du Quai d'Orsay, chargé de venir en aide aux Français coincés dans des zones de conflit ou victimes de catastrophes naturelles.

David Douillet sera entouré de deux diplomates, Serge Mucetti et François Decoster, respectivement directeur et directeur adjoint de son cabinet. Et il a choisi comme chef de cabinet celui qui lui appris la politique de terrain, Gérald Darmanin. Cet élu local UMP du Nord-Pas-de-Calais a dirigé la campagne victorieuse de l'ex-judoka dans les Yvelines, en 2009.

Il faudra faire vite. David Douillet n'a que dix mois, jusqu'à la présidentielle de mai 2012, pour convaincre que sa nomination ne repose pas uniquement sur sa célébrité et la stratégie électorale de Nicolas Sarkozy. Un proche du nouveau secrétaire d'Etat s'insurge :

« Ceux qui ont critiqué sa nomination [aux côtés d'Alain Juppé] pensent qu'un sportif est un con et qu'il faut le laisser dans un domaine de con. David Douillet a été élu député, il n'a pas été nommé par le fait du prince. Il faut juger les gens par leurs actes. »

Mercredi, c'est d'ailleurs David Douillet qui représentera la France au Conseil de sécurité des Nations Unies, où sera examinée l'admission du Sud-Soudan à l'ONU. Le lendemain, il doit s'envoler avec François Fillon pour une visite de quatre jours en Afrique, qui le mènera en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Gabon.

« C'est du tourisme électoral », estime un expatrié français en RDC, invité au discours du secrétaire d'Etat à l'ambassade la semaine dernière. Pour ce bon connaisseur de la communauté française locale, David Douillet pourrait néanmoins réussir à le faire oublier :

« Quand il sera rodé, ce qui n'était pas le cas dimanche dernier, et qu'il sera meilleur orateur, il arrivera à remuer les foules. Sa présence physique en impose, il est charmeur, mais là, il s'échauffe. »

Le titre de cet article s'inspire du surnom de Philippe Douste-Blazy, lorsqu'il était au Quai d'Orsay, en 2005-2007.

? Mis à jour le 11/07/2011 à 19h50 : David Douillet représentera la France à une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU mercredi, l'article a été complété.

? Mis à jour le 11/07/2011 à 21 heures : l'article a été complété avec des précisions fournies par le cabinet de David Douillet, qui n'avait pas répondu à nos sollicitations lorsque la première version a été mise en ligne. Une citation d'un proche de David Douillet a également été ajoutée à l'article.

 

 

Les Handicapés ne sont pas des "yeza"

À Pointe-Noire, les handicapés sont victimes de toutes sortes de préjugés. À force de courage et avec l'aide d'un centre spécialisé, certains arrivent cependant à montrer qu'ils sont, comme n'importe quelle personne dite "normale", précieux et utiles à la société.

 

Pointe-Noire : Les Handicapés, des Personnes Comme les Autres

 

 Trisomie, difficultés d’élocution, déficience auditive, problèmes de motricité… À Pointe-Noire, nombreux sont les enfants à souffrir de divers handicaps mentaux et physiques. La société les met tous dans le même sac et les traite de yeza ("idiot", en munukutuba et en lingala). "Un yeza ne sert à rien dans une famille", assure une mère sans décliner son identité, "honteuse d’avoir un enfant pareil."

Ces enfants sont stigmatisés jusque dans leurs propres foyers à cause de croyances mystiques encore très répandues. "Satan les envoie pour nous faire souffrir. Cela ne sert à rien de se tracasser pour eux. Il faut attendre le dernier jour quand il les rappellera", assène, sans la moindre compassion, une femme pourtant infirmière. "De nombreux parents pensent que l’arrivée d’un déficient est une sorte de punition divine et héréditaire", explique un agent de la direction départementale des Affaires sociales avant de poursuivre, "aucune institution du pays ne songe à briser ce mythe, ne serait-ce que par la sensibilisation. Démissionnaires, les pouvoirs publics considèrent les Affaires sociales comme un gouffre à sous."

Roland BOUITI VIAUDO, maire de Pointe-Noire, rétorque : "Nous concevrons bientôt un plan d’action en faveur de ces citoyens délaissés"

En attendant, ces Congolais, totalement ou presque livrés à eux-mêmes, se battent pour garder espoir et dignité. À l'image de Chantal BALOU, 12 ans, remise de ses difficultés d’élocution. Aujourd'hui, elle s'exprime dans un langage articulé. Et Chantal ose faire des projets d'avenir comme les autres adolescentes de son âge : "Les maîtresses et les maîtres m’apprennent à lire et à écrire. Grâce à eux, je pourrai réaliser mon rêve de devenir sage-femme."  Depuis deux ans, elle suit des séances d’orthophonie au Centre spécialisé de rééducation orthophonique et oto-acoustique (CSROO) de Pointe-Noire.

"Donner de la dignité"

Dans ce centre, créé en 1995 et soutenu par des bailleurs étrangers, on s'applique par différentes disciplines (orthophonie, graphisme, kinésithérapie, etc.) à déceler et exploiter les atouts de cinquante enfants. "Ils étaient abandonnés et désespérés, comme moi. Quand j'étais petit, j’ai perdu six ans sans apprendre avant de suivre une formation spécialisée en déficience auditive", explique Paul LABOU, directeur du CSROO et professeur de chimie-biologie, marqué par sa propre expérience. "Leur insertion socioprofessionnelle est très difficile. Mais, nous ne baissons pas les bras. C’est un challenge !", conclut-il.

D’autres Ponténégrins partagent son enthousiasme. "Je suis venue au centre par curiosité, pour donner de la dignité à ceux qui en sont privés. J'y ai été formée à l’orthophonie", souligne Christelle Estelle BOUANGUI, une bénévole.

Parmi les rares centres spécialisés du pays, le CSROO est un allié précieux pour les parents. "J’ai inscrit mon enfant ici grâce à ma voisine. J’avais déjà perdu espoir... Aujourd’hui, on ne murmure plus derrière moi ; mon fils est devenu 'normal', donc utile", se félicite Marie.

Pas évident, cependant, de faire accepter le handicap aux familles et au reste de la société et de construire un avenir digne pour toutes les personnes handicapées. "Il est difficile d’apporter une solution durable à toutes les anomalies, constate Paul LABOU, avant de conclure. Nous passons parfois cinq à six ans rien qu’à apprendre à un enfant à tenir une cuillère…"

(Article réalisé avec l'aide financière de la Commission européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne).

Par John NDINGA-NGOMA (Syfia/CRP)

Les dérives de la Franc-maçonnerie au Congo-Brazzaville

 Il  y a des vérités qui méritent qu’on y revienne  même si l’on a souvent tendance à penser que c’est devenu obsolète. Doit-on se laisser influencer par une philosophie qui n’a plus rien avoir avec les essences  profondes qui ont motivés  son existence ? La quasi domination de la franc-maçonnerie au Congo aide t-elle le Congo à se développer ? Est-il bénéfique pour le peuple d’être assujettie par une nébuleuse conspiratrice, corruptrice qui applique ses propres règles en se servant d’une philosophie de pensée de renommée internationale pour asseoir une autorité de plus en plus contestée ? Toutes ces questions font aujourd’hui l’objet d’un regard plus précis des milliers de francs maçons  à travers le monde qui refusent de voir sombrer dans le dégout et le mépris un profond enseignement ésotérique progressif à l'aide de symboles et de rituels. Celui-ci  encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l'humanité. En tentant de répondre à la question de savoir pourquoi ces déviances actuelles de la franc maçonnerie en Afrique, le Magazine FRANC-MACONNERIE n° 14 du Janvier – Février  2012 met les pieds dans le plat en épinglant les graves manquements des leaders africains qui se sont presque tous détournés des bases même du fondement de la franc maçonnerie.

Au delà du libre choix qui incombe à toute personne de faire partie d’une organisation spirituelle, philosophique ou encore ésotérique selon ses aspirations profondes, il en  devient inquiétant lorsqu’on commence à l’imposer de façon subtile à certains  pour mieux les assujettir. La liberté de pensée, de religion et d’organisation devrait être un droit inaliénable. Or,  il se trouve qu’en Afrique  ou ce droit est presque inscrit dans la quasi-totalité des constitutions de ces pays n’est observé qu’avec parcimonie. La gronde qui monte aujourd’hui au sein des frères francs maçons de France traduit une réelle inquiétude sur l’absence du  respect de la tradition, le devoir de l’humilité, le détournement permanent des règles d’initiation de certains présidents africains.

Certains n’hésitent plus à sortir de l’ombre pour dénoncer ce qu’il y a quelques années paraissait comme un tabou. Lorsqu’on peut lire dans le chapeau du magazine franc maçonnique citée plus haut,  la franc maçonnerie en Afrique  serait « un vestige du colonialisme, repaire de corrompus, pépinières de dictateurs, la franc maçonnerie africaine, presque entièrement aux mains des pouvoirs, bafoue au quotidien les idéaux maçonnique de justice, de liberté et de tolérance qui devraient être ceux des francs-maçons libres dans les loges libres. Constat amer pour un continent ou malgré les efforts désespérés d’une poignée de frères idéalistes, des fils de lumières dévoyés organisés en caste, se servent de leur appartenance pour maintenir leurs privilèges et étouffer le peuples sous un épais manteau de ténèbres »

On a presque froid au dos en lisant ces mots venant de ceux-là même qui viennent introniser ces mêmes dictateurs en leur donnant encore plus de pouvoir.

Dans ce cas exprès du Congo Brazzaville ces phrases reflètent une réalité qui saborde  tout effort du congolais qui œuvre pour le développement du pays. Elle a pris une connotation sectaire en érigeant en coulisse des passerelles de progression dans la vie sociale. Pour se faire,  il est impérieux, comme un ordre venant du ciel, d’obéir, de faire allégeance, de vouer corps et âme au Grand maître de la Grande loge du Congo, Mr  Denis SASSOU-NGUESSO ou encore à son second qui n’est autre que son neveu Jean-Dominique OKEMBA. Comme nous l’explique avec  les mots si simple à comprendre même par le plus profane des congolais notre confère Antoine Glaser,  la lettre du Continent «  Au Gabon ou au Congo on ne peut pas espérer avoir un poste si l’on n’est pas initié, de préférence par le ministre lui-même ou un de ses proches. Résultat la plupart des responsables ne sont pas choisis sur leurs compétences mais en fonction de leur allégeance maçonnique ».

Malgré ces preuves accablantes de dévoiement, de détournement d’un idéal maçonnique digne et basé sur le respect de l’équerre qui est  le symbole de la rectitude et du droit. Du niveau qui lui est le symbole de l’égalité, de la justice et du respect mutuel, nous  constatons dans notre pays, une dérive indescriptible  qui fait froid au dos et ne présage rien de bon pour l’avenir du Congo. Ce n’est plus un secret pour personne. La  pratique du pouvoir et la gestion des ressources financières et économique de notre pays font l’objet d’un examen minutieux dont les examinateurs accordant les admissions  ne sont autres que Mr Sassou -Nguesso et ses amis. C’est cette réalité que le clan SASSOU impose au pays qui est totalement intolérable. Faut-il avoir des lunettes 3D pour voir que notre est entrain se sombrer dans un pseudo monarchie dont la puissance accroît  tous les jours. Entre l’imposition d’une franc-maçonnerie à la sauce sassouiste, le creusement perpétuel des inégalités dues au pillage des ressources, la pauvreté et la souffrance du peuple ne serait jamais vaincu par ces méthodes.

 Ce tableau sombre, certes, ne signifie pas la fin du Congo ou encore qu’il faille absolument céder au spectre des représailles que font peser les dignitaires actuelles pour ne rien faire. Le Congo d’aujourd’hui doit se mettre  en rupture avec celui que veulent nous imposer les sassouistes. Il est exclut qu’on bafoue notre culture par une autre dont même son interprétation non seulement est tronquée, mais ressemble  a une secte des sorciers. Ce changement doit commencer par une remise en cause de notre vécu et de nos peurs.  Cessons de ne regarder que notre nombril, c’est une attitude qui favorise le repli sur soi  en se disant qu’on on ne peut rien devant Goliath. Sommes –nous fier de voir que dans notre pays  on peut tout obtenir sans le moindre effort,  il suffit d’être franc-maçon et adorer le grand maître ?

Nous sommes sûrs que ce n’est pas le sentiment de beaucoup de congolais car nous sommes conscients que notre culture n’est pas un handicap mais une fierté que nous devrions défendre. Ces barrières érigées par la franc maçonnerie divisent les congolais, sèment la suspicion, créent des préjugés qui alimentent les frustrations. On peut être Chrétien, musulman, animiste, ngounza, matsouaniste, salutiste… c’est tout ça le Congo. On ne devra pas faire une distinction pour être embauché en fonction de ces orientations. La seule distinction qui compte c’est la méritocratie. On peut être franc-maçon, certes c’est un choix, mais on occupera le poste qu'on  mérite et non par cooptation ni une quelconque allégeance sordide au Roi du grand loge.

Tout congolais doit se sentir comme un citoyen libre chez lui et espérer y vivre en paix et gagner sa vie à la sueur de son front. Que cessent ces différences qui annihilent tout effort de construire ensemble.

Jean Claude BERI
www.dac-presse.com

Les états africains cinquantenaires priés de réaffirmer leur engagement à la liberté de presse

Le 8 juillet 2010 

Les chefs d'État des pays d'Afrique francophone

Vos Excellences:

Á l’occasion de votre réunion à Paris pour les festivités du 14 juillet, qui cette année rendent honneur aux 50 ans d'indépendance de vos pays, nous, soussignés défenseurs de la liberté de la presse en Afrique, vous demandons de vous inspirer de ce tournant historique pour déclarer votre engagement en faveur d’une presse libre, dynamique et autonome comme pierre angulaire du développement de l'Afrique francophone dans les cinq prochaines décennies.

 

Après les indépendances, les régimes monopartites en Afrique francophone ont souvent cherché à restreindre la presse au rôle de messager du gouvernement. Malgré les contraintes, des journalistes se sont distingués par leur dévouement à l’information au service du public et on pos à les jalons pour une presse plus libre. Avec l'avènement de la démocratisation dans les années 1990, la libéralisation des médias a permis l'expression d'un plus grand nombre de voix représentant la diversité naturelle des opinions de vos citoyens. Dans les pays où la presse libre a pu s’épanouir dans son rôle de contre-pouvoir, on note plus de stabilité politique et de transparence dans les affaires publiques.

Cependant, de nombreux gouvernements réagissent encore à l’examen de leur gestion par la presse avec l’emprisonnement et l’intimidation des journalistes, la pénalisation de tout traitement indépendant des sujets sensibles à travers des lois répressives, ainsi que la censure politique. Certains gouvernements ont cherché à tort à justifier la répression en invoquant l'exemple de Radio Milles Collines. Pourtant, cette station rwandaise tristement célèbre pour son rôle dans le génocide de 1994, n’était pas un média indépendant mais plutôt un organe de presse contrôlé par le gouvernement rwandais de l’époque. D’autres gouvernements ont également cité le manque de professionnalisme des médias d’information pour justifier leurs mesures restrictives. S’il est vrai que les médias privés font face au défi d'inculquer le professionnalisme à leur personnel avec de maigres ressources à leur disposition, la plupart des organes de presse ont démontré un degré de responsabilité qui dépasse celle de beaucoup d'autres institutions.

Nous, soussignés, sollicitent ainsi votre leadership pour:

 

 

 

En tant que dirigeants de pays qui sont signataires de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, nous vous demandons donc de vous inspirer de ce tournant historique comme une opportunité pour renouveler votre adhésion aux droits fondamentaux consacrés par ces conventions internationales et vos constitutions nationales et de renforcer vos efforts pour concrétiser vos obligations en vertu de ces traités.

Vous devez vous rendre à Paris pour une réunion extraordinaire des dirigeants des pays francophone d’Afrique. Cette réunion est une opportunité pour tenir des discussions multilatérales sur le bilan postcolonial et les défis auxquels vos pays sont confrontés. Votre engagement renouvelé en faveur d'une presse libre et indépendante doit être une priorité dans vos discussions. C’est un objectif essentiel et réalisable ainsi qu’un préalable pour faire face aux nombreux autres problèmes auxquels le continent est confronté. Une presse indépendante, qui se manifeste parfois par sa relation contradictoire avec les gouvernements, est un partenaire essentiel qui veille sur l’atteinte de votre objectif de bâtir une Afrique démocratique, prospère et libre.

Veuillez agréer, Excellences, l’expression de nos sentiments distingués.

Le Comité pour la protection des journalistes 
Faith Pansy Tlakula, Rapporteur spécial de l'Union africaine sur la liberté d'expression

Fédération Internationale des Journalistes (Bureau Régional pour l'Afrique)
L’Union internationale de la Presse Francophone

Forum des Editeurs Africains

Association de la Presse Panafricaine (APPA)

Union des journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO)

Madingo Kayes (Kouilou) Incidents entre villageois braconniers et écogardes, 3 morts deux blessés

La législation congolaise charge le corps paramilitaire des écogardes de la protection de la faune contre les braconniers. Ce corps, composé de gens assermentés, est armé. Mal équipés et peu nombreux, ces agents de la force publique vérifient l’éventuelle présence de gibier dans les véhicules qui passent par leurs postes de contrôle et en cas de découverte de produits interdits, ils sont autorisés à pratiquer des arrestations puis de déférer les contrevenants à la justice.

C’est dans le cadre de ces activités que les gardes du poste de Nioumbi ont procédé à l’arrestation de deux braconniers. Cette action a entrainé la colère des habitants du village d’origine des deux interpellés et qui ont procédé à l’attaque en règle du poste de contrôle qu’ils ont entièrement détruit.

Se sentant en danger, les gardes, en situation de légitime défense, ont ouvert le feu, tuant trois des assaillants et en blessant deux autres.

Tenant compte des circonstances et pour déplorable que soit la mort des villageois, on n’est pas moins en face d’un fait divers qui aurait dû servir d’exemple à l’égard des contrevenants. Las, les autorités locales, député, ancien sous préfet de Madingo Kayes tout comme la chaîne de télévision TPT1, première arrivée sur les lieux, prennent fait et cause pour les villageois contre les représentants de l’ordre et donc contre les lois de protection de la nature sous prétexte de respect de la vie humaine.

Qu’en aurait-il été si les victimes s’étaient comptées parmi les écogardes ? Les aurait-on toujours considérés comme les agresseurs ?

Aux pouvoirs publics et aux ministères concernés de prendre les mesures de défense de la loi et de leurs agents chargés de la faire respecter.

C’est ça l’Etat de droit.

Mars 2011 : Agenda des actions africaines en région parisienne

 

 

 

Rien de tel que l'Agenda des actions africaines en région parisienne de Jean-Paul Vanhoove, pour faire mentir ceux qui disent que les français se foutent de l'Afrique et des africains en confondant politiciens et société civile.

Anniversaire, commémoration, journées mondiales …

le 6 mars Fête nationale du Ghana

le 8 mars : Journée internationale de la femme

le 12 mars Fête Nationale de l'Ile Maurice

du 15 mars au 21 mars : semaine nationale d'éducation contre le racisme

le 20 mars Proclamation de l'indépendance de la Tunisie (1956)

le 21 mars : Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

le 27 mars Fête Nationale du Togo (1960)

Actions situées à Paris (75)

jusqu'au 10 juillet 2011 tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 19h. : Angola, figures du pouvoir : cent quarante oeuvres : masques de différentes factures, statuettes de chef à l'effigie du héros-chasseur Chibinda Ilunga, figures cultuelles et insignes de dignité, mpressionnants objets magico-religieux et bas-reliefs polychromes. L'espace consacré à l'art contemporain est investi par l'un des plus grands artistes angolais, António Ole. - Rens. Nathalie Renez - Aurélie Hérault , Service Presse – Musée Dapper comexpo@dapper.com.fr - Lieu Musé Dapper, 35 bis, rue Paul Valéry, Paris 16è - Rens 01 45 02 16 02 / 01 45 00 07 48 - Réservation conseillée au 01 45 00 91 75 comexpo@dapper.com.fr communication@dapper.com.fr www.dapper.com.fr

jusqu'au 6 avril 2011 du lundi au samedi 14h à 19h : Exposition Senoufo : Issus du "melting pot" ivoirien, les Sénoufo ( littéralement ceux qui parlent le séné ) se déploient jusqu'au Mali. Leur diversité ethnique en explique le foisonnement artistique dont les masques comme le statuaire combinent à la fois les fonctions de divertissement ou de contrôle social ( confréries secrètes, guérisseurs, sorciers..). Si le statuaire insiste sur la pureté de la forme et la mixité de divers matériaux ( bois, tissu, fibre végétale, pigments purs), le masque vise à s'approprier les forces multiples de l'anthropomorphisme comme donnée fondamentale, soit le symbole de l'incarnation du monde des esprits. C'est dans la perception de cette force que s'exerce le talent des artistes. Armand Auxiètre, Directeur de la Galerie " L'oeil et la Main " a choisi de présenter pour cette exposition un masque casque Sénoufo qui reprend les critères essentiels de la création plastique Sénoufo, entre intellectualisme de la ligne et sensualité du modelé, organisant ainsi des compositions d’un intense dynamisme. - Lieu : Art Gallery l’œil et la main, 41 rue de Verneuil, Paris 7è - Rens. 01.42.61.54.10 contact@agalom.com www.african-paris.com

jusqu'au 19 mars du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 16h : Rendez-vous litteraire en echos au spectacle le cœur des enfants léopards - D'après le roman de Wilfried N'Sondé (Actes Sud, collection Lettres africaines, 2007) Adaptation Dieudonné Niangouna et Criss Niangouna, Mise en scène Dieudonné Niangouna - Né à Brazzaville en 1968, Wilfried N'Sondé a passé son enfance et son adolescence dans le sud de Paris où il a situé l'intrigue de son premier roman, publié en 2007, Le coeur des enfants léopards, pour lequel il a obtenu le prix des Cinq continents et le prix Senghor de la création littéraire. Wilfried N'Sondé sera exceptionnellement à Paris du 1er au 7 mars. - le mercredi 2 mars, dans le cadre de nos rendez-vous En Echo qui offrent, en marge du spectacle, un temps de dialogue. A l'issue de la représentation, Bernard Magnier (conseiller littéraire du TARMAC, journaliste et directeur de la collection Lettres Africaines chez Actes Sud) recevra Wilfried N'Sondé pour notre premier En Echo de la saison. - le samedi 5 mars, à partir de 17h30, une autre rencontre / dédicace avec Wilfried N'Sondé aura lieu cette fois à la Librairie du Parc / Actes Sud, voisine du TARMAC ! - Tarif 8 € - Lieu : Le TARMAC - Parc de la Villette , Paris 19è, M° Porte de Pantin - Bus 75 ou PC - Réservation au 01 40 03 93 95 www.letarmac.fr

jusqu'au 5 mars de 14h à 18h30 de mercredi au Samedi : Exposition photographique "Sahara, état d'äme" de jean-Marc Duro - Lieu Galerie "Photo12", 14 rue des jardins St Paul, Paris 4è, M° St Paul ou Pont Marie - Rens 01 56 80 14 40 galerie@galerie-photo12.com www.galerie-photo12.com

mercredi 2 mars de 17h à 19h : Conférence « Face au bourreau » Conférencier invité: M. François Bizot (ancien directeur d’études à l’EPHE, membre de l’Ecole française d’Extrême-Orient, auteur de Le Portail). Séance animée par Jean-Christophe Attias, directeur-adjoint du Centre Alberto-Benveniste.. Après une prise de parole des conférenciers invités, un temps sera laissé pour des échanges avec la salle.Ces séances seront animées par Esther Benbassa, directrice du Centre Alberto-Benveniste. - Organisé dans le cadre de l’édition 2010 du Pari(s) du Vivre-Ensemble, avec le concours du Groupe d’études transversales sur les mémoires du Centre Alberto-Benveniste (EPHE)- Lieu : 41 rue Gay-Lussac, Paris 5è, 5e étage, Salle 98. - Rens. contact@parisduvivreensemble.org http://www.parisduvivreensemble.org/

jusqu'au 6 mars à partir de 18h45 : Festival au Féminin. Musique, danse orientale, conférence sur les femmes immigrées et le sport Sarah Ouramoune, championne du monde de boxe anglaise - Présentation Saraaba : Saraaba est un espace culturel qui propose des concerts, des expositions, des contes, des ateliers de danse et de chant, des conférences débats...et plusieurs autres activités. Saraaba accueille ACAGO (Association Culturelle et Artistique de la Goutte d'Or). Restauration : cuisines d’Afrique et de l’Océan Indien - Lieu Bar le Saraaba, 19, rue de la Goutte d’Or Paris 18è, M° Barbès ou La Chapelle, parking protégé en face du lieu - Rens 01 42 62 65 83 www.afrisson.com www.saraaba.fr

jusqu'au 3 avril Du jeudi au samedi à 20h Le dimanche à 15h : Représentation de "elf la pompe Afrique" - Un imbroglio politico-judiciaire raconté par ses protagonistes. Les vraies paroles d’un procès qui nous regarde. Histoire de comprendre. Un spectacle ecrit et mis en scène par Nicolas Lambert. "Elf, la pompe Afrique» a le mérite de condenser le procès Elf et de le rendre « lisible ». Le résultat est d’une clarté qui était inaccessible même à ceux qui suivaient le procès à travers la presse, semaine par semaine." Thomas Hann - Cassandre - Participation : 10 € (voire 5€ voire 15€ selon vos bourses et vos vies). Restauration goûtue et bon marché. - Lieu au Grand Parquet - 20 bis rue du département, Paris 18è - Réservation : 01 40 05 01 50

vendredi 4 mars de 13h30 à 19h et samedi 5 mars de 9h à 17h : conférence débat : « Droit international humanitaire et justice internationale » : ambiguïtés et problèmes actuels Quelles règles humanitaires et quelle justice pour les conflits actuels ? Le but de la conférence est d’apporter une information précise sur le droit et la justice actuels, avec leurs problèmes et leurs ambiguïtés, et de poursuivre et approfondir la réflexion sur ce qu’ils pourraient ou devraient être. Après les exposés, de larges débats auront lieu avec tous les participants dans chaque session. Merci de bien vouloir vous inscrire sur le site adifinfo.com si vous pensez venir (la conférence est cependant ouverte au public et l’inscription n’est pas obligatoire). Boissons et viennoiseries offertes à l’accueil et pendant les pauses (vers 11h et 16h). Déjeuner possible sur place le vendredi au restaurant universitaire et le samedi à la cafeteria de la Maison internationale (5€) - Organisé par l’ADIF, Association pour le droit international humanitaire, - Lieu : Cité universitaire, Maison internationale, face a la station Cite Universitaire - salon Honnorat le 4 mars et salon David Weill le 5 mars - Rens. http://www.zigzag-francophonie.eu/PARIS-l-ADIF-debat-Droit vendredi 4 mars de 13h30 à 19h : Session 1 - Droit international humanitaire avec Daniel Lagot: Le droit international humanitaire aujourd’hui : principes généraux et ambiguïtés dans leurs diverses formulations et interprétations , Rony Braumann, ancien président de Médecins sans frontières et directeur de recherches à la Fondation MSF. Questions sur le droit international humanitaire, Ghislaine Doucet, conseiller juridique de la délégation du CICR en France. Etat actuel du droit international humanitaire : le point de vue du CICR , Rafaelle Maison, professeur de droit Les personnes et les biens civils dans les conflits armés -- à 18h15 : Projection du film « Le dernier fantôme de la guerre", film documentaire de Pham Quoc Thai et Janet Gardner sur les conséquences de l’agent orange/dioxine au Vietnam samedi 5 mars de 9h à 13h Session 2 - Justice pénale internationale avec Géraud de La Pradelle : La justice internationale aujourd’hui ; le rôle des justices nationales, Andreas Schuller, responsable du programme justice universelle au Centre européen pour les droits constitutionnels et humains, Mireille Fanon-Mendès-France Où en est la justice pour la Palestine ? Roland Weyl Quelle justice internationale ? -- De 14h à 17h Session 3 Communications sur différents conflits avec Jan Fermon, avocat au barreau de Bruxelles, membre de Progress Lawyers Network (Belgique) et du bureau de l’AIJD. Le droit international et le conflit aux Philippines, Nguyen-Dac Nhu-Mai, historienne des relations internationales, représentante permanente de VAVA - France et UE. Etat actuel du combat des victimes de l’agent orange/dioxine, Omar Mansour, membre de la Direction du Front Polisario, ex -ministre des Affaires Etrangères de la République Sahraouie, représentant du Front Polisario en France. Sahara occidental sous occupation : situation actuelle : Le cas de la Lybie et d’autres événements dans l’actualité immédiate devrait être présenté et discuté avec un exposé et ou une table ronde (en préparation)

vendredi 4 mars de 19h a 22h30 premières rencontres 2011 du Hub Viadeo Afrique Ooqoo - Objectif: maximiser le réseau en passant du virtuel au réel afin d'identifier de possibles synergies entre les participants. Exposés de Freddy Dominique Zanga et la Chambre Internationale pour le Conseil et la Promotion (CICP), organisme de promotion des échanges économiques et commerciaux internationaux. -- Ibra Yali et le Club Sahelian Air, association aidant à la promotion d'une compagnie aérienne internationale africaine « Sahelian Airlines », ainsi que celle de l'esprit d'entreprise au sein des Africains de l'Etranger. -- Mahamadou Soumaré et E-sat, un des leaders en communication par satellites en France aussi bien dans le secteur Terrestre que Maritime. E-sat distribue toutes les technologies existantes en matière de communication par satellites, portable ou fixe, terrestre, maritime ou aéronautique. - PAF 35€ - Lieu : Restaurant Chez Loyo, restaurant afro caribéen, 18 rue Bachelet, Paris 18è , M° Château Rouge/ Lamarck-Caulaincour - Rens 01 42 23 78 18 http://www.leloyo.com - Rens Ooqoo : Zakaria Diakité 06 20 05 30 39 zakdiakite@yahoo.fr ou Francis Boussougouth 06 34 52 88 15 fvbouss@googlemail.com

vendredi 4 mars à 21h : Concert Kourkour & Djar-Djar (mbalax fusion) Percussionniste émérite, il a travaillé pour Youssou Ndour, El Hadji NDiaye, Doudou NDiaye Rose, le Ballet National du Sénégal et Mahawa Kouyaté, Ousseynou Diouf dit " Kourkour " joue de nombreuses percussions, djembé, sabar, sahourouba, tama et crée de nouveaux rythmes. Kourkour maîtrise particulièrement bien l'univers des rythmes mandingues. Il intègre son premier groupe, " Assiko de Dakar " à l'âge de 11 ans. Il a contribué et contribue toujours à des créations musicales dans différentes esthétiques : traditionnelle, mbalax, world, jazz, hip-hop. En 2007, il décide de créer son propre groupe, Djar-Djar, avec comme moteur principal les percussions, la kora, les sonorités wolof et mandingues...tégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h00 / 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabapari

vendredi 4 mars à partir de 23h30 L’artiste Samy DIKO présente son nouvel album et dédicace ses DVD, suivi d’un show exclusif - Organisée par l’équipe de Cameroun dance avec l’association culturelle Afrique France, En partenariats : avec AFRICA N°1 et Journalducameroun.com - Entrée libre consommation 20€ bouteille 150 € - Lieu Titan-club, av de Clichy, M° Place Clichy - Rens 06 28 70 58 69, 01 43 87 17 78, 06 10 30 18 94 (Dir artistique)

samedi 5 mars de 12h à 14h : manifestation à l'occasion de la journée internationale de la femme : A l'heure ou le monde arabe bouge, les femmes du monde bougent pour changer le monde maintenant, ici et là-bas. Avec les femmes, un nouveau monde est à construire pour l'égalité des droits entre les hommes et les femmes, pour la liberté et la sécurité, pour l'émancipation des femmes et pour la paix partout dans le monde, mobilisons-nous pour un monde responsable, juste et solidaire - A quand la libération de l'Afrique noire ? Une autre Afrique est possible demain - Lieu : devant l’institut du Monde Arabe, Paris 5è, 3, des Fossés Saint Bernard, Paris 5ème, M° Sully Morlant, Ligne 7 ou Maubert Mutualité ligne 10 - Rens . AFEMCI et Ni Putes Ni Soumises mathildeo143@yahoo.fr http://www.npns.fr/

samedi 5 mars de 14h30 à 17h30 : Réunions d'information pour la diaspora malienne Faisant suite à l'appel à propositions " développement local ", lancé par la Cellule Technique du Codéveloppement, - la Cellule Technique du Codéveloppement lance, dans le cadre du Projet d’Appui au Codéveloppement Mali, sur financement du Fonds Européen de Développement [FED], un nouvel appel à propositions développement local, qui vise à renforcer la participation de la diaspora malienne au développement local au Mali, à travers 2 composantes : Composante 1 : projets structurants et productifs, dotée de 240 000 000 Fcfa [365 877 euros]. -- Composante 2 : projets d’amélioration du cadre de vie des populations, dotée de 122 000 000 Fcfa [185 988 euros] . Vous trouverez ci-joint les les lignes directrices de l’appel à projets ainsi que les formulaires de demandes. Vous serez informés très prochainement du programme des réunions d'information organisées par la Cellule Relais du Codéveloppement Mali en Francedans le cadre dans cet appel à propositions . codev@codevmali.org www.codevleopepmentmali.org - Lieu : Maison des Associations de Solidarité, 10-18 rue des Terres au Curé, Paris 13è - date limite de soumission pour les notes succinctes est fixée au 25 mars 2011 - Contact : Lamine Traoré de la Cellule Relais France / Codéveloppement Mali (FORIM) 01 46 07 61 80 infocodevmali@forim.net www.forim.net

samedi 5 mars à partir de 19h: Soirée orientale : Danse orientale avec Naïma Ouarda – festival au féminin : Naïma Ouarda fait partie d'une famille d'artistes Tunisiens, Elle est danseuse, chorégraphe, comédienne et musicienne à la percussion et bongos...Dans ses chorégraphies et spectacles, Naîma Ouarda travaille sur un corps théâtralisé, un corps en spectacle actuel, construit selon l'air du temps : Entre guerre et paix, elle mêle le théâtre et la danse sur une musique de jazz oriental composée par Faty Salama -- Spécial couscous (formule à 12,50 : 1 plat + 1 verre) -- Les contes des 1001 Nuits contés par Azzedine Yazza et dansés par Naima Ouarda : Azzedine Yazza aime emmener son auditoire, le captiver d'une voix charmeuse, pleine d'humour et de poésie, l'univers des contes des Mille et une Nuits, contes indo-persans, chef-d'œuvre de la littérature arabe, une œuvre dynamique aux origines mouvementées et témoin culturel de siècles passés. Elle véhicule une mythologie et des croyances propres à l'Orient, émergeant surtout de l'espace culturel indo-persan.tégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h00 / 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

dimanche 6 mars à 14h Manifestaion festive Carnaval de Paris - Lieu de RV : Place Gambetta, devant la Mairie du 20ème arrondissement, M° Métro Gambetta > A la place de l'Hotel de ville - Rens. PAFHA -Plateforme d'Associations Franco-Haitiennes 06 59 48 70 40 contact@pafha.fr http://www.pafha.fr

les dimanches 6 mars - le 3 avril - le 15 mai - le 19 juin - le 10 juillet - le 28 août - le 11 septembre de 15h à 18h - Stage de dance avec james Sylla : découvrez la new afro dance, avec le danseur chorégraphe Franco-Guinéen, Jams Sylla, entouré de ses percussionnistes - tarif : 35€ - Lieu centre Momboye 25 rue Boyer, Paris 20è - Contact : Bénédicte au 01 43 37 07 44 / 06 15 75 52 69 popper.benedicte@neuf.fr

dimanche 6 mars de 15h à 17h : Conférence débat - festival au féminin : L’apport des femmes de l’immigration dans le sport avec Aya Cissoko, championne du monde de boxe (sous réserve), Jacques Mendy, entraîneur sportif . tégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h00 / 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

dimanche 6 mars à 18h : Concert Algira (musique berbère/rap/châabi/hawzi/blues saharien/soul/R&B) : Auteur, compositrice, interprète, Algira est la voix féminine du groupe phare du Hip Hop algérien MBS (Micro Brise le Silence). En arabe dialectal, en français, en berbère ou en anglais, elle chante l'injustice, la guerre, l'Algérie, l'Afrique,... Ses influences sont diverses, chaabi et hawzi algérois, blues saharien, Soul, R&B,...Elle collabore avec divers artistes (Brahim IZRI, Dihya, Atri'n'Assouf, Speed Caravan, Pascal Teillet, le Bal Nomade,...), Sa rencontre avec le bluesman Sidi Ag Issa du groupe Tiwitine propose un magnifique dialogue entre musiques touarègue et berbère. Elle se produira à cette occasion accompagnée du guitariste Sidi Ag Issa. Tous deux vivent à la Goutte d’Or - dans le cadre du festival au féminintégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h00 / 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

du mardi 8 au 23 mars : exposition sociétés traditionnelles du Gabon, Textes et photos de Gwenaëlle Dubreuil présententé par Sira kura & trait d’éthique « Le Gabon frappe par ses contrastes. Pays engagé dans une course vers la modernité, il est aussi un pays de forêts impénétrables qui alimentent un mysticisme plus présent que visible. Au sein du Musée National des Arts et Traditions du Gabon, j’ai consacré plusieurs années à la protection d’un patrimoine matériel coupé de ses racines immatérielles. Donner vie à ces objets alignés sur des étagères impliquait un travail de documentation qui m’a amené à frapper aux portes d’une réalité parallèle, celle des sociétés initiatiques traditionnelles. En brousse comme en ville, ces sociétés, parfois secrètes et souvent fermées aux non initiés sont chargées de maintenir l’ordre communautaire. Véhiculant la parole des ancêtres, elles assurent l’éducation des jeunes gens, instaurent les règles de vie sociales et apportent une véritable assistance médicale et mystique. Responsable du culte des ancêtres, elles veillent à ce que les esprits leur soient favorables. Dans leurs temples aux parois d’écorces, les initiés entretiennent ainsi le souffle d’une croyance ancestrale basée sur une solidarité perpétuelle entre les générations et une communication ininterrompue entre les morts et les vivants. Leurs connaissances empiriques de la nature, de la pharmacopée et du monde invisible en font des vestiges vivants du patrimoine gabonais. » - Lieu: Trait d’éthique, 44 rue Daguerre , Paris 14è, M° Denfert Rochereau - Rens. Sira Kura 01 42 79 96 16 , 01.43.65.31.07 liza.duflo@sira-kura.com

du mardi 8 au 13 mars de 11h à 19h exposition SOUFFLE D’AFRIQUE , vernissage mardi 8 mars à 18h, brunchs samedi 12 et dimanche 13 mars à 12h - Une sélection de sculptures de MarieB et Niko, de peintures et dessins de Camara Gueye , Islam Zian Alabdeen et autres artistes, une sélection de bronzes de Madi Bilgo, Issouf Iboldo, Urbain Zongo, Tassere Guire, des sculptures en bois Ahanti, Dan, Baoulé, en serpentine, des bijoux en perles et pâte de verre, des bogolans du Mali et beaucoup d'autres objets uniques. - Lieu : Viaduc des Arts, 57, avenue Daumesnil, Paris 12ème, M° Gare de Lyon et Ledru-Rollin - Rens. 06 60 24 06 26 audeminart@hotmail.com, www.lagalerieafricaine.com ,www.africanmodernart.com

mardi 8 mars de 11h à 13h : Dynamiques du développement contemporain des sociétés musulmanes en Afrique : Le développement de l'éducation islamique à Zanzibar au 20ème siècle et le rôle des intellectuels organiques musulmans dans les réformes du système d'éducation, (en anglais) Dans le cadre du séminaire de Marie Miran-Guyon, Figures et débats intellectuels de l’islam en contexte africain EHESS, salle du CEAf, 2e étage, 96 bd Raspail, Paris 6è, - Rens. Institut d’Études de l’Islam et des Sociétés du Monde Musulman 01.53.63.56.05, iismm@ehess.fr, http://iismm/ehess.fr

mardi 8 mars de 17h45 à 19h45 : sixième rencontre-débat sur : « Les entreprises de la relance agricole » dans le cadre du cycle II « La libération de la capacité d’entreprendre en Afrique » - Intervenants : Stéphane Philizot, Patrick Sevaistre, Philippe Gautier et Yvonnick Huet, Animation : Roland Portella - L'Afrique qui comptait 1 milliard d'habitants en 2005 devrait voir sa population doubler d'ici 2050. Ce continent possèderait plus de 70 % des terres arables du monde selon certaines sources. L'Afrique serait donc le futur terreau nourricier du monde !!! Mais paradoxalement la production agricole à usage alimentaire est ainsi qu’insuffisante et la productivité agricole, comme l’attestent des importations massives de produits agricoles et alimentaires. Les prix de denrées deviennent trop chers pour la classe moyenne africaine. Par conséquent le développement agricole, la sécurité alimentaire, l'exploitation judicieuse des matières agricoles, doivent faire l'objet de nouvelles politiques de relance. Au-delà des aspects conjoncturels, des questions structurelles et d'organisation se posent avec acuité - Lieu : Ecole Nationale d’Administration (ENA), Amphithéâtre Parodi, 2, avenue de l'Observatoire - Paris 6ème, RER B : Luxembourg, Bus : 38 et 82 - Rens. Inscription obligatoire 01 43 48 14 67 cade@afrique-demain.org http://www.afrique-demain.org

mercredi 9 mars à 18h30 : Manifestation pour dire Non à la « loi Besson » et à la xénophobie ! Les organisations qui, réunies dans le Collectif « Non à la xénophobie et à la politique du pilori, ont mobilisé le 4 septembre 2010 dans toute la France plus de 150000 citoyens, appellent à des rassemblements dans toute la France mercredi 9 mars contre la « loi Besson », qui traduit en actes l’orientation xénophobe du « discours de Grenoble ». - Lieu place Edouard-Herriot, à côté de l’Assemblée nationale, M° Assemblée nationale

mercredi 9 mars à 20h : Projection de La ville de Swann Dubus 2007 – 70mn – France - La ville et elles. Elles : six femmes malgaches, de différentes générations, luttant chacune à sa façon pour s’en sortir. Une ouvrière ou une étudiante, une mère ou une fille, une infirmière ou une entraîneuse. La ville : Tananarive. Une banlieue pléthorique, un habitat sommaire de plus en plus éloigné du centre de la ville, un lycée qui se dégrade faute de pouvoir être entretenu, des usines géantes pour exalter la mondialisation et le retour de l’esclavage, le quartier nocturne des boîtes et de la prostitution. La longue marche de femmes à la conquête de l’indépendance, la leur et celle de leur pays, une voie idéale dessinée au lendemain de la Deuxième guerre mondiale et que Madagascar n’a jamais achevée. Elle + elle : une nation en marche. « Je crois en l’avenir de Madagascar, pas en mon patron. » À travers leurs destins croisés, un tableau émouvant de Tananarive et de la société malgache, de la colonisation à aujourd’hui. - Lieu : Centre Culturel La Clef, 21 rue de la Clef Paris 5ème, M°: Censier Daubanton - Rens. AFASPA - Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique, 01 49 93 07 60 afaspa@wanadoo.fr , michele.decaster@wanadoo.fr http://www.afaspa.com

jeudi 10 mars de 14h30 à 17h30 : conférence-débat "Economie morale et mutations de l’Islam en Afrique subsaharienne" L'Islam pratiqué en Afrique connaît des mutations profondes, d'une ampleur à la mesure des transformations économiques et politiques des sociétés africaines contemporaines. Quels sont les ressorts de ces changements ? Les réseaux économiques inscrits dans l'espace mondialisé permettent-ils les évolutions de l'islam ? Comment s’insérer dans l’économie de marché mondialisé tout en restant fidèle aux principes de l’Islam ? Avec : Jean-Bernard Veron, rédacteur en chef de la revue Afrique contemporaine, Jean-Louis Triaud, professeur émérite d’Histoire de l’Afrique à l’université d’Aix-en-Provence, Leonardo A. Villalón, directeur du Center for African Studies et professeur associé de sciences politiques à l’université de Floride (États-Unis) et Abdel Wedoud Ould Cheikh professeur de sociologie et d’anthropologie à l’université de Metz. Lieu : Agence Française de Développement (AFD) - Salle Jacques Alliot, 7, rue Roland Barthes, Paris 12è, M° Gare de Lyon - Rens 01 55 28 83 00 http://www.afd.fr

jeudi 10 mars à partir de 19h soirée Afrowork : De 19h à 21h : Buffet dînatoire exotique proposé par le restaurant traiteur "Délice Créole" et Punchs offerts. -- A partir de 21h : showcase exceptionnel du groupe Métissage (www.metisse-age.com) - Pour clôturer la soirée, DJ Krispee sera aux platines pour vous faire danser sur des sons Afro, R&B et Zouk jusqu'à 1h du matin. Entrée 18 €, 16€ sur réservation, couple 30 € uniquement en espèces. Toute entrée après 21h donne droit à une seule consommation. L'établissement exige une tenue correcte et se réserve le droit d'entrée (Baskets non autorisés) - Lieu : le Keur Samba, 79 rue de la Boétie, Paris 8è, M° Saint Philippe du Roule ( Ligne 9) - Réservation avant le 7 mars 06.22.88.70.67 ou 06.26.03.76.38 afrowork@gmail.com http://www.donoprod.com

jeudi 10 mars de 19h à 21h : projection du film : Afrique(s), une autre histoire du 20e siècle - Acte 2 (1945-1964) "L'OURAGAN AFRICAIN" - Auteurs : Elikia M’Bokolo, Philippe Sainteny et Alain Ferrari - Réalisation : Alain Ferrari (avec la collaboration de Jean-Baptiste Péretié). (90 mn – Production : France Télévision / Temps Noir / Présentation Jean-Claude Penrad, Débat animé par Catarina Madeira-Santos en présence des auteurs - Lieu : Amphithéâtre, 105 boulevard Raspail, 75 006 Paris 6è - Rens 01 53 63 56 50 stceaf@ehess.fr

jusqu'au 10 juin 2011 de 10h30 à 12h30 , les 2e et 4e vendredis du mois : Supports et circulations des savoirs et des Arts en Afrique et dans la Diaspora organisé par Jean-Paul Colleyn, directeur d'études, Christine Douxami, maître de conférences à l'Université de Franche-Comté, Aïssatou Mbodje-Pouye, postdoctorante - Lieu : IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail, Paris 6è - Rens : 01 53 63 56 50 stceaf@ehess.fr

vendredi 11 Mars de 18 à 21h: Atelier Fetaf « Sankoré » Haïti - Lieu : Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Château d’Eau, paris 10è, M° République - Rens. Sidi Tidiane Gueye : 06 37 21 11 25 fetaf91@yahoo.fr

vendredi 11 mars à 20h ou à 22h : Dîner solidaire, dans une ambiance conviviale, pour soutenir les projets de SEPIA en faveur de l'éducation au Togo. Nous avons besoin de fonds pour développer l'espace culturel de Yade-Bohou, qui permet aux élèves de cette région très pauvre du pays d'étudier dans de meilleures conditions. Menu = entrée + plat + dessert = 10€ (boissons en supplément). à la Rôtisserie, rue Sainte-Marthe, Paris 10e, M° Colonel Fabien ou belleville - N'oubliez pas de réserver en répondant à ce mail et en nous précisant le nombre de personnes et l'horaire du service souhaité (20h ou 22h). Rens. Reto 01 40 03 08 30 larotisserie@yahoo.fr , Ass Sepia associationsepia@gmail.com www.associationsepia.org

samedi 12 mars de 19 à 21h Au comptoir Général, 80 quai de Jemmapes Paris 10ème  concert accoustique du chanteur congolais Saintrick, entrée libre.

du dimanche 13 mars au 2 avril 2011 formation Hemisphères sur le thème : L'agriculture vivrière peut-elle nourrir la planète ? Nos aliments issus de la production industrielle viennent du monde entier. Poulet du Brésil, tomates d’Espagne, etc. Les distances que parcourent nos aliments est impressionnante. L’intensification, les OGM, les monocultures d’exportation sont toujours aussi répandues. Cette logique peut-elle perdurer dans le nouvel essor de l’Ecologie ? Le monde a toujours faim. Malgré une capacité mondiale virtuelle à nourri toute la planète, il perdure toujours 1 million de sous-alimentés. Les dégâts du productivisme fait que cette population est à 70% des paysans ! Les consommateurs sont toujours plus nombreux à s’interroger et à chercher des alternatives. Elles existent, circuits courts, agro-écologie, etc. Les paysans du Nord comme du Sud se regroupent pour combattre et offrir un nouveau modèle agricole. Il faut réinventer les relations entre consommateurs et producteurs et les espaces entre campagne et ville. Cette session de formation abordera les interdépendances entre le Nord et le Sud quant aux modèles de production, de transformation et de consommation. Nous ferons émerger ensemble les alternatives concrètes en place et les initiatives en cours. A la fois formation et action, Hemispheres permet aux jeunes participants de : Mieux comprendre et clarifier quelques mécanismes générateurs de pauvreté, d'exclusion, de discrimination et de non respect des droits humains au Nord comme au Sud, Découvrir les mobilisations et l'énergie positive de ceux qui font bouger les choses, Maîtriser des savoir-faire techniques et artistiques pour organiser des actions de sensibilisation à la solidarité internationale, Construire en groupe multiculturel un ou plusieurs outils pédagogiques visant une mobilisation du plus grand nombre de citoyens, Expérimenter en situation réelle, après la formation et dans leur environnement particulier, leur désir d'engagement en mettant en œuvre concrètement un évènement de sensibilisation aux solidarités internationales. Lieu : Centre International de Séjour de Paris Maurice Ravel, CISP Kellermann, 6, avenue Maurice Ravel, Paris 12è, M°Bel-Air - Porte de Vincennes - Porte Dorée, Bus 29 : Jules Lemaître/Maurice Ravel, Bus P.C.2 et N°56 : Porte de St. Mandé. Rens : Claire Honoré au 01 55 42 62 74 ou à c.honore@fdh.org www.hemispheres-eu.org

lundi 14 mars de 13h à 15h Dynamiques du développement contemporain des sociétés musulmanes en Afrique : The Khoja-Ismaili Diaspora in East Africa: Torch Bearers of Education, Dans le cadre du séminaire d’Élisabeth Allès, Andrée Feillard, Aminah Mohammad-Arif, Amélie Blom et Éric Germain Multipolarité et nouvelles centralités en Islam EHESS, salle des étudiants, 1er étage, 96 bd Raspail, Paris 6è, - Rens. 01.53.63.56.05, iismm@ehess.fr, http://iismm/ehess.fr

mardi 15 mars de 16h à 18h : History of Indian Diaspora in East Africa, Zanzibar avec Roman Loimeier, Professeur, Institut für Ethnologie, Universität Göttingen EHESS, salle de l’IISMM, 96 bd Raspail, Paris 6è, - Rens. Institut d’Études de l’Islam et des Sociétés du Monde Musulman 01.53.63.56.05, iismm@ehess.fr, http://iismm/ehess.fr

mardis 15 mars, 19,16 avril, 03,24 mai et 07,14 juin à 20h30 : du rire avec... "This is...Phil Darwin" - Pour ce qui ne l’aurait pas encore remarqué, Phil Darwin est africain. Oui oui, Africain. Du Sud, de l’Est, de l’Ouest, et même du Nord…jusqu’en France. Un humoriste franco-algéro-marocco-tuniso-congolais à l’humour franc et au rire spontané. Ce genre d’esclaffe qui s’exprime quand on entend une vanne qui accroche. Tarif 17€ - Lieu : Théâtre Traversière, 15 rue Traversière, Paris 12è , M°: Gare de Lyon - Rens. 01 43 63 28 67 dundjoe@gmail.com - Reservation http://www.billetreduc.com/5396/evt.htm

mercredi 16 mars de 18h à 20h : Première « Controverse de l'iReMMO» : Doit-on intégrer la hausse des prix alimentaires et l’anxiété croissante des populations quant à l’accès à l’alimentation parmi les facteurs explicatifs aux troubles politiques que vivent plusieurs pays en Méditerranée et au Moyen-Orient ? Pourquoi les distorsions territoriales entre les villes globalisées et les zones rurales enclavées génèrent-elles des frustrations sociales porteuses d’instabilité ? Quelles réponses formuler pour atténuer les insécurités alimentaires dans la région ? Pourquoi l’Europe et les pays méditerranéens ne parviennent-ils pas à développer davantage la coopération agricole et rurale ? Développement et libertés sont-ils possibles sans sécurité alimentaire? Avec : Michel Petit agronome, économiste, ancien directeur du département « agriculture et développement rural » à la Banque Mondiale, -- Bertrand Hervieu, Inspecteur général de l’agriculture et sociologue, ancien directeur de l’institut nationale pour la recherche agronomique (INRA) - La controverse sera animée par Sébastien Abis, analyste politique associé à l’iReMMO. PAF 5€ - Lieu : indiquée à l'inscription - Inscription est obligatoire : 01 43 29 05 65 iremmo.sg@gmail.com

samedi 19 mars de 12h30 à 17h30 4ème Colloque annuel de sensibilisation de la Fédération du CMR Europe et lancement des Etats Généraux et Régionaux de la Jeunesse et de la Femmes de la Diversité ‘’Les Chefs d’Entreprises issus de la Diversité, quel parcours’’ et ‘’La politique Française et Européenne, quelle place pour les Citoyens Issus de la Diversité’’ Lieu : Sénat, Palais du Luxembourg - Salle Clémençeau, 15 Ter, Rue de Vaugirard, Paris 6è, M° Métro : Odéon. - RER : Luxembourg - Rens. 01 73 70 32 55 secretairecmr@mariannesdelarepublique.org - infocme@mariannesdelarepublique.org - www.mariannesdelarepublique.org - Inscription est obligatoire, par mail ou par téléphone, avant le 14 mars - Renvoyez votre participation au déjeuner de 30 € avant le 14/03/2011, à Fédération CMR 181, avenue Daumesnil , 75012 Paris Maison des Association du 12e – BAL 106 - Munissez-vous de votre carte nationale d’identité ou de votre passeport pour accéder au Sénat

dimanche 20 mars de 14h à 19h : Conférence débat sur le thème: Tous ensemble pour la Guinée avec la participation des associations Guinéennes et le réseau des associations Afro-Antillaises partenaires de l'AICSF, Débat animé par Robert Fopa. Organisé par le collectif des doyens de la Guinnée et l'AICSF - Lieu : maison des associations du 20e 1-3 rue Frédirick lemaitre, Paris 20è, M° Jourdain ligne 11 bus 26 arret Jourdain. - Rens. Inscription 01 46 36 59 68 ou 06 09 25 01 64

lundis 21 et 28 mars, et jusqu'au 23 mai 2011, à 20h30 Mamane Malmène les mots ! Spectacle d'humour de Mamane - Mamane, un drôle de prénom pour un drôle de numéro. Venu tout droit du Niger, cet humoriste pas banal distille des messages pas bêtes du tout, sous la forme de contes faussement naïfs. Fausse candeur, fausse ignorance, ce Mamane est un véritable faussaire, car sous ses airs d’ignare patenté, il balance des vérités sur la complexité de L'humoriste Mamane dans son spectacle "Mamane Malmène les mots !"cette France pas toujours très « terre d’accueil ». Racisme, problèmes des sans-papiers, mais aussi faillites des états Africains, Mamane aborde les sujets qui fâchent avec une maîtrise parfaite du geste et de la parole. Léger, jamais moralisateur ni plaintif, ce « one-mamane-show » en est d’autant plus percutant. Un bon moment, même si toutes les vérités ne font pas toujours plaisir à entendre ! - Entrée: 15€ ; tarif réduit 10 € - Lavoir Moderne Parisien , 35 rue Léon, Paris 18è - Rens et réserv 01 42 52 09 14 www.rueleon.net

mardi 22 mars de 9h à 18h : Colloque sur la sécularisation de la société et du « désenchantement du monde » au profit de la thèse d’un renouveau religieux. Nous nous interrogerons sur l’impact que les réveils religieux ont sur la société. On pense notamment aux valeurs spirituelles qui orientent l’action économique comme l’a montré Weber qui liait l’esprit du capitalisme à l’éthique protestante. Les réveils religieux sont-ils une réponse aux conditions intellectuelles, morales et vitales créées par les crises économiques, financières et politiques ? Avec Claude Djunny chanteur de gospel, Fanfil Monesty : Dr en droit, Directeur de l’Institut Supérieur Libre des Hautes Etudes juridiques, Manuel Toussaint : président du consistoire mondial Haïtien. Molongo Bintu : Présidente de l’association des femmes chrétiennes africaines. Dominique Kounkou : Sociologue des religions, avocat au barreau de Paris, Félix Mukendi : Professeur à la faculté protestante de Bruxelles, Patrick Le Berre : Ecrivain, ingénieur physicien, initiateur du projet de civilisation « Objectif Bien-être », Willy Fautre : Président de Human rights without frontiers, J. Ferreiro Galguera : Professeur à l’université de la Coruna, Gerard Ducrey : Avocat au barreau de Paris, Fabrice Desplan : Sociologue. Membre du groupe de sociologie de la religion et de la laicité sociologue des religions, Regis Deriquebourg : sociologue des religions, maitre de, Conférence à l’université Charles de Gaulle ( Lilles III ), Jean Claude Noyer : Journaliste à la revue « Prier » et Professeur Laburthe Tolra : Ethnologue, professeur émérite Paris V, ex doyen de l’université Paris V - PAF 10€ - Lieu : espace ASIEM , 6 rue Albert de lapparent à Paris 7è - Rens. Dominique Kounkou 06 38 79 28 86, bl@cap-congo.org www.cap-congo.org inscription colloqueblr2011@yahoo.fr

mardi 22 mars de 13h à 15h : The Politics of Islamic Education in 20th Century Zanzibar, Dans le cadre du séminaire de Jean-Claude Penrad, Emmanuel Grégoire et Benoît Hazard, Formation à la Recherche en Afrique (SéFRA) EHESS, salle 1, 105 bd Raspail, Paris 6è, - Rens. 01.53.63.56.05, iismm@ehess.fr, http://iismm/ehess.fr

samedi 26 mars de 9h30 à 18h : Assemblée Générale du Collectif Haïti de France le matin , repas à midi 10€ et Conférence débat à partir de 14h30 : «Quelles sont les perspectives d’avenir un an après le séisme ? » : la reconstruction officielle ne progresse pas vite et pourtant des projets ont été réalisés, les ONG qui, pour certaines, ont fait un travail efficace dans la phase d’urgence, doivent entendre les critiques et redéfinir leurs modes d’actions, de travail avec les autorités haïtiennes, la situation politique et les élections nous incitent à travailler davantage avec nos partenaires en liaison avec les autorités locales. La place des organismes internationaux fera aussi l’objet d’analyses et de débats. (merci de réserver dès maintenant). -- 17h45 - Le slameur Empati nous fait découvrir son titre «Haïti ma tendre amie » - Lieu Jardin du Grâal, 29 Rue Trois Bornes, Paris 11è, M° Parmentier - Rens. Réservation : Emeline Sauvignet, coordinatrice Collectif Haïti de France 01 43 48 31 78, 06 26 29 16 36 contact@collectif-haiti.fr - www.collectif-haiti.fr

samedi 26 mars de 14h à 19h Conférence débat sur le thème: la culture économique pour le développement, l'Apport de la femme. avec la participation des associations Afro-Antillaises - Intervenants: Naomi Sadeng Conseillère d'arrondisement aurpès de la Maire du 20e, chargée de l'accès à la citoyennete et au vivre ensemble, Jean-Claude Cadenet : déléguation générale à l'outre-mer à la Mairie de Paris, témoignages des professionnels: de la finance, des entreprises. Suivi des prestations artistiques et du coktails exotique offert par Doudou Kréol, lauréat de la 12e édition de la marmite d'or de la gastronomie Afro-Antillaise 2010 - Lieu : maison des associations du 20e 1-3 rue Frédirick lemaitre, Paris 20è, M° Jourdain ligne 11 bus 26 arret Jourdain. - Rens. Inscription 01 46 36 59 68 ou 06 09 25 01 64.

du dimanche 27 mars et tous les dimanches de 16h à minuit : Bal Afro. Avec Suzanne NDjock et Saraaba : danse, brunch africain, cocktails. http://www.saraaba.frtégé en face du lieu - Réservation 01.42.62.65.83 du mardi au samedi après 19h00 / 06 50 41 88 59/ 01 42 62 65 83 ou afrisson@wanadoo.fr www.afrisson.com www.saraaba.fr / www.myspace.com/saraabaparis

du mardi 29 mars au 13 avril : exposition sociétés traditionnelles du Gabon, Textes et photos de Gwenaëlle Dubreuil présententé par Sira kura & trait d’éthique - Lieu : Trait d’éthique, 7 rue Mademoiselle 75 015 Paris (M° Commerce) - Rens. Sira Kura 01 48 28 18 47 , 01.43.65.31.07 liza.duflo@sira-kura.com

Actions situées dans les Yvelines (78) - voir cjoinlambert@lacaz.net

jusqu'au 2 avril : théâtre VENAVI ou Pourquoi ma soeur ne va pas bien de Rodrigue Norman (Togo) . Théâtre dès 6 ans, ...- Akouélé et Akouété sont des faux jumeaux : fille et garçon, ils sont nés d’une même mère, le même jour. Peu de temps après leur naissance, Akouété, le garçon, décède mais, là-bas, au village, on raconte qu’il est allé dans la forêt chercher du bois et donc, Akouélé, sa soeur, l’attend, et voilà pourquoi elle ne va pas bien. D’autres disent qu’elle est folle… Sous la forme d’une âme qui erre, Akouété, le frère, revient livrer à qui peut entendre la voix des fantômes, le remède qui délivrera sa soeur. Mais y a-t-il quelqu’un pour entendre vraiment cette voix-là ? Rens: Théâtre de Sartrouville, place Jacques-Brel à Sartrouville (78) - Rens : 01 30 86 77 77 ou 79, 06 73 51 67 97 fadhila.mas@theatre-sartrouville.com www.theatre-sartrouville.com

vendredi 11 mars à 20h30: Concert rap/slam/hip-hop d'Abd Al Malik - Strasbourgeois d’origine congolaise, Abd Al Malik renouvelle l’esthétique du rap. Citant avec une même facilité, philosophes, écrivains, références historiques et faits-divers, dit noir et pas black, ose le "je t'aime" direct, change les couches de son fils, parle de vies brisées comme d'espoir et de paix, s'entoure de musiciens d'horizons divers et se fend même d'un livre pour défendre sa vision de l'islam... Musicalement et culturellement, ce troubadour, croyant et citoyen, bouleverse allègrement tous les clichés. Il est aussi le nouveau passeur respecté de ces messages de tolérance qui montent des milieux musulmans rejetant l'intégrisme. Tarif : 20€ en prévente (fortement conseillée), 22€ sur place ou Fnac - Lieu : Espace Michel Berger, 2 rue Georges Pompidou, 95110 Sannois – Résa : 0139800139

samedi 12 mars de 21h à 23h : Ballaké Sissoko et Vincent Segal en concert -Après avoir mêlé ses cordes à celles de Taj Mahal, le joueur de Kora, Ballaké Sissoko, fils de Djelimady Sissoko, grand maître de la kora originaire de Gambie, croise la route du violoncelliste Vincent Segal, sideman d’une myriade de personnalités aussi différentes que Cesaria Evora, -M-, Sting ou Marianne Faithfull… Sur le ton de la confidence, ils réinventent la séculaire tradition de la musique mandingue, instaurant un dialogue naturel entre leur deux vénérables instruments “classiques” que tout semblait séparer. Ceux-là s’écoutent, cela s’entend : voilà une musique de rêve, qui tout en nous tenant constamment en éveil, nous incline aux plus beaux songes nocturnes.Tarif : TR: 15€, PT:23€ - Lieu : Théâtre Simone Signoret , 12 place Auguste Romagne, 78700 Conflans-Sainte-Honorine – Résa: 0134909090 ou internet

vendredi 25 mars 20h30 : Concert raï de Khaled - Pour son nouveau concert, Khaled pioche dans ses souvenirs d’enfance. Entouré des musiciens qui l’accompagnent depuis toujours, soutenu par leurs oud, claviers, percussions utilisés dans le raï traditionnel, Khaled, pour mieux en retrouver les racines, ouvre le livre de son adolescence peuplée des artistes légendaires qui rythmaient alors la vie des quartiers de l’ouest algérien. Voix qui vrille l’espace et trace des arabesques imaginaires, le roi du raï, véritable chanteur de l’émotion, met dans chaque mot le poids de tous les aléas de l’existence.Tarif: Etud et adhérents 19€, PT: 24,50€ - Salle Jean Vilar, 9 boulevard Héloise - 95100 Argenteuil – Résa : 034341740 ou internet

samedi 26 mars à 17h : discussion autour d’Haïti aujourd’hui. avec Christophe Wargny, collaborateur au Monde diplomatique - Lieu : salle St Exupéry, Hôtel de ville de Versailles - Les 3 gares de Versailles, rive droite (St Lazrd), rive gauche (RER C) ou Chantier (Montparnass) sont à moins de 10 mn à pied mais il y a aussi des bus - Rens. Evelyne LEVEQUE. Correspondante des Amis du Monde diplomatique. 06 07 54 77 35 eveleveque@wanadoo.fr info-amis@monde-diplomatique.fr http://www.amis.monde-diplomatique.fr/rubrique52.html

samedi 26 mars de 18h à 2h du matin : Soirée africaine au profit du centre culturel de Kamgo à Bandjoun au Cameroun. 18h30 : Conférence Université des Montagnes à Bangangté. 19h : Apéritif musical. 19h30 : Dîner convivial. 20h30 : 50è anniversaire de l’indépendance des pays africains par Lucien PAMBOU. 21H30 : Concert Live avec Bisou Bass, Marcel et Déido suivi d’une soirée dansante animée par DJ Nestor. - PAF Spectacles + repas : -18 ans/15€, prévente/20€, sur place/25€. - Lieu : Club House, Nouvelle France, 7 rue Pottier 78150 LE CHESNAY - Réservations : 01.39.43.05.59 / 06.09.85.13.49 mambit2001@yahoo.fr www.mafongohumanity.org

mardi 29 mars : Spectacle danse Woza - Sur scène, fiers de leur terre africaine, douze danseurs et musiciens mêlent pantsula, la danse urbaine des townships sud-africains, les gumboots, danse née dans les mines d’or, et la danse contemporaine africaine. Un hymne endiablé accompagné de musique live à base d’instruments sud-africains typiques, de chant et de claquettes. Tarif : de 9 à 15€ - Lieu : Le Prisme, Quartier Des 7 Mares, 78990 Elancourt - www.leprisme.agglo-sqy.fr - Tel résa: 0130514606

Actions situées en Essonne (91)

jusqu'au 19 mars : Exposition 'Duo Centrafricain : D.S Wambeti - Fadiwa Quand attachements et transgressions s'interrogent et se répondent comme un écho des mouvements qui animent les pensées Centrafricaines aujourd’hui. - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

vendredi 4 mars de 9h30 à 12h : l'association Echanges Massy-Afrique (EMA), partenaire actif du développement au Burkina Faso et Djembefolas , présente Afric'A'Massy - Lieu : Marché de Narbonne- Rens : 01 69 75 42 60 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

du samedi 5 mars au 26 mars : Exposition : le peintre et sculpteur Pascal Kenfack expose et entreprend de réaliser un "totem commémoratif" original, dans un tronc de bois de 2 mètres, qui sera ensuite offert aux Massicois - Lieu : médiathèque Jean Cocteau, Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

du samedi 5 mars au 3 avril : Exposition des gagnants du concours photo "scènes de vie en Afrique" Par l’Office de tourisme et l'Association Massy Graviers Dans toute la ville et à l’Office de tourisme, 4 bis rue de la Division Leclerc à Massy (91) - Rens 01 69 20 08 27 www.officetourisme-massy.asso.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 5 mars de 14h à 17h : lancement d'Afric'A’Massy - A l'occasion du 30 ème anniversaire de l'association Echanges Massy-Afrique (EMA), partenaire actif du développement au Burkina Faso, l'association Echanges Massy-Afrique (EMA), partenaire actif du développement au Burkina Faso, souhaite ainsi mettre en lumière les cultures africaines présentes à Massy, observer les résonnances de la vie culturelle et artistique de l’Afrique sur nos propres actions tout en discutant de ce continent et de son devenir, de l’Afrique face à ses défis. Regarder, comprendre, partager. Ambitieux programme qui s’adresse à tous les publics. 30 associations massicoises ont souhaité faire partie de l’aventure et être partenaires de cet évènement d’envergure : Afric’A’Massy. Des écoles et collèges, les espaces de proximité et les équipements culturels ont également invité l’Afrique, toute l’Afrique, dans leurs actions : programmations de spectacles, concerts, conférences, expositions, débats pendant tout le mois de mars… : goûter africain, danses, percussions, spectacle de rue, jeux africains, présentation du Terragiraphone... vente de poupées, tresses, exposition photo, ateliers sportifs, ateliers d'écriture -- et à 17H : Inauguration officielle autour du vernissage de l'exposition de Pascal Kenfack - à 18h Concert Djar Djar, musique mandingue et chants wolof - Evènement organisé avec EMA et les associations : AMIF, Franco Berbère, KOIMA, les Amis d’Annick, Massy Multi-Sports, Ludo Pinocchio, La Cour Pavée, AFAM, ASAPAC, Médecins d’Afrique, Reflets du cercle d'aide aux enfants de la rue au Togo et avec Désiré N’Goma, Le Cabaret Malien et Djembefolas. - Lieu : médiathèque Jean Cocteau, Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

lundi 7 mars 2011 de 9h30 à 17h : Formation « Elaboration et mise en œuvre d’actions d’Education Au Développement » - EAD : Objectif de la formation : Apporter des clés de compréhension des enjeux actuels de l’Education au Développement et à la Solidarité Internationale ; Questionner sa propre représentation des rapports Nord-Sud / approche des questions de développement; Elaborer un projet d’Education Au Développement et à la solidarité internationale; Expérimenter quelques outils pédagogiques utilisés en Education au développement, de réflexions et d’éléments de méthode sur le travail avec les médias locaux - Formatrice : Madame Ana-Maria OLIVEIRA - Lieu : CRESI - Centre Hoche, 25, rue Hoche, escalier n°1, à Juvisy sur Orge (91) - formation et de qualification des acteurs coop internationale du territoire de l'Essonne - Service de la coopération décentralisée et des relations internationales du département de l'Essonne, Corinne Galerne 01 69 21 96 22 : cgalerne@cg91.fr

du mardi 8 au 26 mars : Exposition "moi, j'attendais la pluie", illustrations originales de Veronique Vernette et Exposition "Jouets du Burkina faso", de l'association "Afrique verte" - Lieu : Médiathèque H. Oudoux, espace jeunesse , Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

du mardi 8 au 26 mars : Exposition "Trois illustrateurs d'Afrique" à partir de 6 ans - Lieu Médiathèque J. Cocteau - Mezzanine , Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

mercredi 9 mars de 10h à 12h et de 14h à 18h30 : Journée du Jeu africain - Lieu Ludo Pinocchio à Massy (91) - Rens : 01 69 75 42 60 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

mercredi 9 mars à 16h : Rencontre à la découverte d'un village du burkina Faso - Enfants de 7 à 12 ans avec l'association EMA - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

jeudi 10 mars à 20h : Table ronde "'l'excision et les mariages arrangés" présentée par le GAMS (Groupe Abolition Mutilations Sexuelles) et VOIX DE FEMMES ADULTES Par Paroles de Femmes - lieu Salle des mariages mairie de Massy à Massy (91) - Rens : 01 69 75 42 60 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

vendredi 11 mars à 12h : Cantines scolaires, self municipal, foyers seniors et repas à domicile. Repas africain par la restauration municipale et le service enfance - Rens : 01 69 75 42 60 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 12 mars de 9h30 à 18h30 : Rencontres débat Afrique - Antilles, illustrations de liens historiques Par le CIFORDOM - Lieu : Collège Blaise Pascal à Massy (91) - Rens : 01 69 75 42 60 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 12 mars à 11h : Conférence "Jazz et musique populaire urbaine en Afrique du Sud par Lorraine Roubertie Souliman : à partir de 12 ans - Lieu Auditorium de l'Opéra de Massy 1 place de France à Massy (91) - Rens : 01 60 13 13 13 : www.opera-massy.com - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 12 mars : Animations cuisines : de 11h à 12h : Cours de cuisine Berbère - de 10h30 à 12h : cours de danse Bètbère et cours de langue Bèrbére Par l’association Franco-Berbère et L’espace Lino Ventura - Lieu Espace Lino Ventura - inscriptions au : 01 60 12 73 66 - Rens : 01 69 75 42 60 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 12 mars à 16h : Rencontre litteraire avec les auteurs Leonora MIANO ET Wilfrid N'SONDE, animée par le directeur de la collection"lettres africaines" chez Actes-Sud, Bernard MAGNIER - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 12 mars à 18h30 : Spectacle musical : Suite au stage sur les écritures SLAM / CONTE mis en place par Nina Kabuanda et Lafortune Binomekall au Centre Thomas Mazarik du 24/02 au 26/02 (inscriptions au 01 60 11 61 62), venez assister au concert de restitution avec Nina Kabuanda et ses musiciens, la compagnie Le Sawa, les élèves des stages jeune et Créativ'Envol Lieux : Stage : Centre Thomas Mazarik. - Concert : Espace Lino Ventura - Rens : 01 69 75 42 60 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

dimanche 13 mars de 12h à 18h : Clin d'oeil sur la femme haïtienne avec la participation à 15h de l'écrivain : Catherine Eve ROUPERT, Histoire d'Haïti, éditions PERRIN. Exposition et vente au profit des actions d’APESE Haïti, Rencontre avec la styliste et peintre Paul & Noémie, créatrice de vêtements et accessoires pour les femmes rondes. Prix concours des cités 2010 - Organisé par APESE Haïti "Association pour la Promotion, de l'Education, de la Santé, de l'Environnement et de la Culture en Haïti" & le Comité Rissois - Repas haïtien 5€ à 12h - Lieu : Salle Emile Gagneux, 30 rue Johnstone et Reckitt (N7) à Ris-Orangis - Rens. 06 64 37 46 35, 01.60.78.34.84 apesehaiti@hotmail.fr www.apesehaiti.asso-web.com - Garder le contact avec Haïti : http://www.lenouvelliste.com/

dimanche 13 mars à 16h : Spectacle musical : "Africa my love" par le South African Musical Group Johannesbourg. - Lieu : Opéra de massy 1 place de France à Massy (91) - Rens : 01 60 13 13 13 : www.opera-massy.com - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

lundi 14 mars de 9h30 à 17h : Formation « Les projets de coopération décentralisées : vers des coopération de territoires à territoires » Les participants, à l’issue de la session, doivent appréhender de manière précise ce qu’est la coopération décentralisée et être en mesure de comprendre comment s’insérer ou non dans une dynamique de partenariat entre collectivités territoriales. - Contenu de la formation : Les définitions de la coopération décentralisée , Les enjeux pour les territoires (en France et à l’étranger) , Les modalités de mise en place des partenariats , Les types de projets et modalités de leurs financements - Formatrice : Madame Corinne LAJARGE - Lieu : CRESI - Centre Hoche, 25, rue Hoche, escalier n°1, à Juvisy sur Orge (91) - formation et de qualification des acteurs coop internationale du territoire de l'Essonne - Service de la coopération décentralisée et des relations internationales du département de l'Essonne, Corinne Galerne 01 69 21 96 22 : cgalerne@cg91.fr

mercredi 16 mars à 16h : Salut l'Artiste! Découverte ludique de l'exposition "Jouets du Burkina Faso - dès 5 ans - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

mercredi 16 mars à 20h : Discussion dîner-partage autour d’un diner frugal et d’un thème, cette année ; "les droits fondamentaux et la Gouvernance" : comment chacun agit-il ? ici ? là-bas ? Par le CCFD Massy Verrières contact Véronique Gauthier 01 60 12 19 06 - Lieu Centre St André, 9 rue d'Antony, Verrières (91) - Rens : EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

jeudi 17 mars à 20h : Conférence "un autre regard sur l'Afrique subsahrienne" par Michel LEVALLOIS, fondateur de La Cade - Coordination pour l'Afrique de demain- en lutte contre l'afropessimisme. Par l’UL CFDT Auditorium de l'Opéra de Massy - Lieu : Opéra de massy 1 place de France à Massy (91) - Rens : 01 60 13 13 13 : www.opera-massy.com - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

vendredi 18 mars à 19h30 : Conférence projection "Solidarité au peuple Saharaoui" Par le centre La Cimade, Salem, l'OCVIDH et ASEI91 Centre La Cimade - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

vendredi 18 mars à 20h : lecteur public : Afrique(s) : de Saint Malo à Bamako, 5000 km à pied, par Marc ROGER, - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 19 mars : Animations cuisines : de 11h à 12h : Cours de cuisine Berbère - de 10h30 à 12h : cours de danse Bèrbère et cours de langue Bèrbére Par l’association Franco-Berbère et L’espace Lino Ventura - Lieu Espace Lino Ventura - inscriptions au : 01 60 12 73 66 - Rens 01 69 20 08 27 www.officetourisme-massy.asso.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 19 mars à 12h : Café croissants : MOUSSA KONATE, écrivain malien auteur de "l'Afrique noire est-elle maudite?" et à 16 H 30 BIVIOU raconté par la conteuse Sylvie MOMBO à partir de 4 ans - Lieu : médiathèque Jean Cocteau, Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 19 mars à 16h30 : Spectacle Conte Kongo par le conteur Gabriel KINZA à partir de 6 ans - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

lundi 21 mars de 9h30 à 17h : Formation « Le genre dans les projets de coopération internationale et/ou décentralisée » Contenu de la formation : Le niveau des actions et activités, Exemple : la prise en compte du genre dans les actions dès le diagnostic et la définition, jusqu’à l’évaluation en passant par la mise en œuvre. Il s’agit là d’une question de méthode, mais surtout de posture. -- Le niveau de la structure elle-même, Exemple : les représentations des relations homme femme se reflètent aussi dans l’organisation de l’OSI : nombre de femmes dans un CA, position de pouvoir, relations de genre au sein d’une équipe, etc. Comment modifier l’organisation de la structure au-delà de l’équilibre F/H ? - Formateur : Monsieur Nicolas HEEREN - Lieu : CRESI - Centre Hoche, 25, rue Hoche, escalier n°1, à Juvisy sur Orge (91) - formation et de qualification des acteurs coop internationale du territoire de l'Essonne - Service de la coopération décentralisée et des relations internationales du département de l'Essonne, Corinne Galerne 01 69 21 96 22 : cgalerne@cg91.fr

du mardi 22 mars au 16 avril : Exposition ASER KASH, peintre camerounais - Par l’ASAPAC - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

mardi 22 mars à 20h30 : Théâtre soiré histoire la parenté à la plaisanterie , en présence de l'Attachée culturelle du Burkina Faso Par Eclats d’Ecrire, TAM et KOIMA - Salles Lavoisier à la MFE - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

mercredi 23 mars à 15h : Histoire d'Afrique à partie de 4 ans - Lieu : médiathèque Jean Cocteau, Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

mercredi 23 mars à 16h : Heure du conte : Histoire et musiques d'Afrique - de 5 à 10 ans - Lieu : Médiathèque Hélène Oudoux, Allée Albert Thomas à Massy (91) - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

mercredi 23 mars à 20h30 : Concert ARBATZ de A à Z Par l’Association Massy Graviers - Espace Lino Ventura - 01 60 12 73 66 - 16 € - demi-tarif pour étudiants et chômeurs Billetterie : Office du Tourisme et sur place

jeudi 24 mars à 12h : Cantines scolaires, self municipal, foyers seniors et repas à domicile, REPAS AFRICAIN Par la restauration municipale et le service enfance - Rens : 01 60 11 04 21 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

jeudi 24 mars à 20h30 : Conférence « les africains en lutte dans le monde rural », par Maurice OUDET, prêtre, observateur, militant du monde rural, journaliste, vivant au Burkina Faso depuis 1972. Par l’Agenda 21 et EMA Centre La Cimade - Rens 01 69 20 08 27 www.officetourisme-massy.asso.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

vendredi 25 mars à 21h : Concert LOKUA KANZA - Lieu : Centre culturel Paul Baillart, 6 allée de Québec à Massy (91) - Rens : 01 69 75 12 80 contact@paul-bailliart.com www.paulbailliart.com - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 26 mars de 10h30 à 12h : Cours de danse et cours de langue Bèrbère par l’association Franco-Berbère et L’espace Lino Ventura - Espace Lino Ventura - inscriptions au 01 60 12 73 66 - Rens : 01 60 13 13 13 : www.opera-massy.com - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 26 mars à 15h : Histoire d'Afrique à partir de 4 ans et à 16h30 : Conférence "Quels atouts pour l'Afrique de demain? - Lieu : médiathèque Jean Cocteau, Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

samedi 26 mars à 20h : Diner Africain, spectacle de danses berbères avec NAIMA, Le cabaret malien en concert et présentations des productions réalisées par petits et grands et de l'oeuvre/performance du sculpteur Pascal KENFACK (sous réserve). 16€ (plat, boisson, dessert et concert), 11 € pour les -12 ans, sur réservation à l'Office de Tourisme et sur place selon les places disponibles. TOUT PUBLIC Par les associations EMA, Franco Berbère, KOIMA, Les Amis d’Annick et l’AMIF - Lieu : Espace Liberté à Massy (91) - Rens 01 69 20 08 27 www.officetourisme-massy.asso.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

dimanche 27 mars de 14h à 18h : Gouter d'Anniversaire : souffle ses 30 bougies : projection du film de Michel BIZET, réalisé au Burkina Faso ; chorégraphie des élèves d'Interlude et grand concert des Chorales Massicoises Par EMA, les chorales Les Villains, Zape’ld’air, Massythi et Saint-Paul et l’association Interlude - Lieu : Espace Liberté à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

du mardi 29 mars au 8 avril : Exposition du jeune peintre camerounais KEN'S avec l’ASAPAC - Lieu : médiathèque Jean Cocteau, Place de France à Massy (91) - Rens. 01 69 20 24 26 www.ville-massy.fr - ou EMA (Echanges Massy-Afrique) 06 85 28 88 90 ferraut.marieclaude@free.fr

Actions situées dans les Hauts de Seine (92)

du jeudi 3 mars à 20h au 7 avril 2011, l'équipe de l'Arlequin vous invite à partager une riche programmation autour de l'Afrique et des expressions artistiques africaines. Danse, théâtre, humour, musique, cinéma seront à l'honneur de ce mois de BlonBa ! - Notre premier rendez-vous est une chorégraphie époustouflante d’Ibrahima Sissoko, qui charmera à la fois les fans de hip hop, les amateurs de danse contemporaine et tous ceux qui ont la curiosité des nouvelles formes d’art. Un spectacle court, mais dense, après lequel il sera possible d’échanger avec les artistes. Tarifs : 2€, 5€ ou 10 € l’entrée au choix du spectateur , 1 € pour les moins de 12 ans - Lieu : Théâtre de l’Arlequin, 37, rue Jean Raynal, 91390 Morsang-sur-Orge - Renseignements et réservations : 01 69 25 49 15 ou sur le site www.theatre-arlequin.fr

vendredi 4 mars à 19h30 : Soirée sénégalaise et dansante : La ville de Malakoff a signé depuis 2007 une convention de coopération avec la communauté rurale de Ngogom au Sénégal divers projets ont été réalisés (mise en place d'une mutuelle de micro-crédit, aménagement d'une bibliothèque, construction d'un lieu sportif et culturel, construction d'un cyber....) Pour amener à bien les différents projets nous sommes amenés à organiser différentes initiatives afin de récolter des fonds. Entrée 6€ gratuit pour les moins de 10 ans - Lieu : salle des f^etes jean-Jaurès, 13 av Jules Ferry, à Malakoff (92) - Rens 01 47 46 76 30 kchalal@ville-malakoff.fr

samedi 5 mars de 9h30 à 11h30 les petits dej' de Villes Univers : Français, Etrangers, ne restons pas étrangers les uns aux autres. avec La Maison des Femmes, 17, avenue Henri Robert , Asnières (92) - bus 165, 304 - Rens. la.maison.des.femmes@free.fr http://lamaisondesfemmes.as.free.fr/ http://villes-univers.org/ - Permanences: lundi de 14h à 17h 01.47.93.90.20 , lundi, mercredi et vendredi de 10h à 12h 01.41.11.68.15

samedi 5 mars de 14h à 18h : Rencontre pour une terre solidaire, à l'occasion des 50 ans du CCFD - Rendez-vous festif et musical autour de l'accès aux droits fondamentaux et de la solidarité internationale : stands , jeux , mur d'expressions , films , messe animée par les jeunes à 17h. - Lieu Espace St Benoît , 35 rue Séverine , Issy les Moulineaux (92), M° ligne 12 : Corentin -Celton , ligne T2: Porte de Versailles - Rens jeanne.pascal@gmail.com ! http://ccfd-terresolidaire.org/dd92/

du jeudi 10 mars au 5 avril 2011 : Exposition des portraits des témoins de la répression coloniale de 1947 à Madagascar, associés à des textes du grand écrivain malgache Raharimanana. Dans le cadre de cette exposition (« 47, Portraits d’insurgés ») qui permettra de mettre en lumière un événement encore trop mal connu, trois rencontres à destination du grand public (entrée libre et gratuite)seront organisées avec le concours d’universitaires et de chercheurs français et étrangers, spécialistes des thèmes abordés. L'écrivain Raharimanana sera également présent : - Le 15 mars 2011 : « Enseigner l’histoire du fait colonial en 2011. Quels défis, quels enjeux, quelles perspectives ? » - le 29 mars 2011 : « Madagascar 1947 : histoire occultée, histoire revendiquée ? » - le 30 mars 2011 : « Madagascar 1947 : entre histoire, mémoire et littérature » Des films et des documentaires complèteront ce programme, accompagnant chaque rencontre : - Noirs et Blancs en couleur (La victoire en chantant), 1er film de JJ. Annaud (avec J. Carmet et J. Dufilho), oscar du meilleur film étranger en 1977 - Tabataba (1988), film malgache de Raymond Rajaonarivelo évoquant l'insurrection de 1947. - Gouttes d’encre sur l’île rouge, de Vincent Wable et Randianina Ravoajanahary (2003). Une lecture musicale sera également présentée le 30 mars : Par la nuit (lecture de Raharimanana, sur une musique de Tao Ravao). Le 29 mars, divers artisans malgaches seront présents sur place, et proposeront divers produits locaux (artisanat et nourriture). - Lieu Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 200 Av. de la République, 92001 Nanterre Cedex. RER Nanterre Université - Rens. 01 41 37 52 11 marion.druart@mairie-nanterre.fr ou f.regourd@wanadoo.fr fregourd@u-paris10.fr www.madagascar1947.fr

jeudi 10 mars de 19h à 21h30 : réunion des sympathisants du MoLiTo et amis du Togo : Les peuples africains sont en ébullition pour la liberté. Les régimes d’oppression tombent l’un après l’autre malgré les puissants intérêts particuliers et étrangers sur lesquels ils reposent. C’est le moment où jamais d’enclencher le mouvement de libération partout, sous peine de donner le temps aux oppresseurs et à leurs mentors internationaux d’en tirer les leçons pour se réorganiser à nos dépens. A la suite du Maghreb, des frémissements sont perceptibles dans d’autres pays africains comme le Cameroun et le Gabon, ainsi que dans la diaspora de ces pays. Qu’en est-il du Togo où sévit un des plus grands formats des systèmes décriés ? Ordre du jour : Point sur l’organisation du MoLiTo (30 mn), -Point sur les luttes en cours en Afrique (30 mn), -La situation actuelle au Togo (30 mn), -Propositions pour le Togo en relation (ou non) avec les actions des autres pays africains et leurs diasporas (60 mn); -Moyens d’action – humains, matériels, logistiques et financiers (60 mn) - Lieu : Courbevoie, 6 rue Adam Ledoux - Venant de « St-Lazare » : Prendre les trains en voie n°1, 2, 3 ou 4 desservant Courbevoie, en tête de train. A la sortie de Courbevoie, prendre la descente et non les escaliers, Au bas de la descente, c'est la rue Adams Ledoux -- Venant de « La défense » : Prendre les trains en direction de « St-Lazare », queue de train : A la sortie de Courbevoie, prendre les escaliers, En bas des escaliers, tournez 2 fois à gauche et prendre la 1ère rue à droite, c'est la rue Adams Ledoux - Rens 06 03 59 82 46 kofialouda@gmail.com

Actions situées en Seine St Denis (93)

vendredi 4 mars de 18h30 à 20h : débat sur le thème : « La vie en foyer » : Quels sont les droits, quel sont les revendications ? Y a t-il dans chaque foyer des comités de résidents et des délégués ? Comment fonctionnent les Conseils de concertation ? Existent-ils dans chaque foyer ? Ces Conseils de concertations ne sont-ils pas obligatoires, depuis la loi sur la rénovation du 13 décembre 2000 ? Le règlement intérieur permet-il de bénéficier du droit de locataire ? avec Jean BELLANGER, Geneviève PETAUTON, présidente du COPAF , Mamadou CAMARA, résident d'un foyer ADOMA, Ramdane BEDAR, résident d'un foyer AFTAM, Mohamed SOUDANI, résident d'un foyer ADEF, Didier PAILLARD, M. le Maire, ou son représentant de la municipalité : « Le résident locataire, un citoyen à part entière » - Points de vue des syndicats et des associations : avec Christelle LOYER, secrétaire générale de l'Ul CGT, Franck HOUNDÉGLA, scénographe, et Fiona MEADOWS, architecte, membres de l'équipe conceptrice de l'exposition 'Ré-Inventer le foyer : Lieu : Salle du conseil municipal de la mairie de St Denis - Rens 06 87 61 29 77 copaf@copaf.ouvaton.org

mercredi 9 mars de 18h30 à 20h30 : Réunions d'information - échanges pour la diaspora malienne Faisant suite à l'appel à propositions " développement local ", lancé par la Cellule Technique du Codéveloppement, le 18 février 2011, dans le cadre du Projet d’Appui au Codéveloppement Mali, la diaspora malienne est invitée largement à participer aux réunions d'information organisées par la Cellule Relais France. Lieu : Via le Monde, Salle Denis Diderot (RDC droit), 2 bis, rue Pablo Picasso à Bobigny (93) - date limite de soumission pour les notes succinctes est fixée au 25 mars 2011 - Contact : Lamine Traoré de la Cellule Relais France / Codéveloppement Mali (FORIM) 01 46 07 61 80 infocodevmali@forim.net www.forim.net

vendredi 11 mars à 15h30. séance d'information sur les initiatives « Careers in Africa »pour le recrutement de talents et jeunes diplômés africains et nous organisons des Sommets de Recrutement à travers le monde. Les Sommets de Recrutement Careers in Africa sont désormais considérés comme des événements mondiaux majeurs concernant le recrutement pour l’Afrique. Ils rassemblent de jeunes diplômés ainsi que des professionnels désireux de poursuivre leur carrière en Afrique. Vous trouverez sur www.careersinafrica.com/paris le contenu du Sommet ainsi que le processus d’inscription avant le 4 mars pour la scéance d'info et le 20 mars postuler au sommet Sommet Francophone Careers in Africa,qui se tiendra à Paris du 15 au 17 Avril 2011.. C’est une occasion unique de rencontrer des Directeurs de Ressources Humaines ainsi que des représentants clefs d’entreprises leaders en un week-end. - avec le concours de l'Association "Réfléchir Ensemble" (bok xalat) de la Coordination des Associations des Sénégalais de l'Extérieur (CASE) et le Rassemblement de la Diaspora Africaine (RDA) - Lieu Université Paris 8 - au 2, rue de la Liberté, 93200 St Denis - Rens et inscription rajaa.elkorchi@globalcc.net

vendredi 11 mars à 18h30 : Ciné-Débat Suivi d’une collation : Histoire sans Fin, Un film de M. Fiéloux et J. Lombard de 80’, 2009 avec la participation des réalisateurs : Michèle Fiéloux (CNRS) et Jacques Lombard (CNRS) - Le film est né d'un dialogue poursuivi de 1999 à 2009 avec Ini, Présidente d'une Association pour la promotion des femmes dans la région lobi du sud-ouest du Burkina Faso. C'est tout à la fois le portrait d'une femme déterminée et une approche de sa démarche fondée sur une prise de parole inédite par les femmes de l'Association qui réfléchissent sur leur société tout en agissant sur elle, à travers de nombreuses actions (activités économiques, formations diverses, témoignages, représentations théâtrales...). - PAF souhaitée 3€ - Lieu : Ciné 104 104, avenue Jean Lolive 93500 Pantin - Rens. AHUEFA I.F.- 01 48 45 93 23 - 06 12 11 53 88 - ahuefai.france@gmail.com www.ahuefaifrance.wifeo.com

vendredi 11 mars de 18h30 à 20h30 : Débat : Crise sociale, régime aux abois et contestation grandissante : l’onde de choc des révolutions arabes peut-elle toucher le Sénégal ? Rencontre avec Samba Sy, philosophe enseignant, secrétaire du Comité central, membre du Bureau politique, chargé de la communication et porte parole du Parti de l’indépendance et du travail du Sénégal (PIT), syndicaliste. Avec la participation d'un responsable du Comité de Suivi des Assises Nationales du Sénégal / Section France - Lieu : Fondation Gabriel Péri, 11 rue Etienne Marcel à Pantin (93), M° Hoche - Rens clemoing@gabrielperi.fr Inscription recommandée inscription@gabrielperi.fr

dimanche 13 mars de 11h à 19h : Concert, Débat et Spectacle : : 50 ans après les indépendances , les peuples d'Afrique subsaharienne et du nord se soulèvent contre l'oppression organisé par le journal Repères, l'APEC, le mouvement Equité, la FNAFA, Ensemble pour St Ouen et la Plateforme Panafricaine -- 11h30 Concert pour la paix avec Rev. Coulby Praïce, 2 tables rondes : à 14h "Quelles analyses et perspctives face à l'actualité et au évènements ?" Avec lazarre Ki Zerbo, Elikia Mbokolo, Khadija Moshen Finan et Twfik Aclimandos ET à 15h30 Quelles alternatives pour une politique internationale juste ?avec Eva Joly, Thomas Melonio et Kofi Yamgname -- 16h30 Spectacle du groupe Racines et concert avec Rev. Coulby Praïce - Stand repas et bars payants sur place Lieu : Espace fraternité, 10 rue de la gare à Aubervilliers, Bus 65 arrêt Gardinous - Rens 06 23 45 48 79 - 06 18 38 11 14 ppanafricaine@gmail.com

du mercredi 23 au 29 mars : Projection de Notre étrangère : mercredi 23 à 14h15, jeudi 24 à 20h45, vendredi 25 à 16h45, samedi 26 à 14h15 et dimanche 27 à 17h45 - Notre étrangère, c’est le chemin intérieur de deux femmes Amy, une jeune femme métisse en mal de repères et Mariam, une femme burkinabè immigrée en France. Chemins d'errance d'un continent l'autre, chemins de ruptures. Mais aussi chemins "en relation" et en compagnonnage pour dire tout ce que la complexité des origines, des filiations, des dérives peut porter en elle d'espérance. Nous sommes de plus en plus nombreux en France issus de métissages multiples et divers, n'appartenant pas à des groupes clairement identifiés et/ou stigmatisés (par exemple sous le terme générique de gens des banlieues, de communauté d'où qu'elle vienne). Des gens des classes moyennes “sans histoires” qui se construisent et vivent en portant en eux la multitude du monde. Nous sommes également de plus en plus nombreux à devoir composer avec des parcours familiaux complexes, des familles recomposées... Une des qualités de Notre étrangère c’est de vibrer sans fracas de ces identités déliées, diffuses... Un de ses bonheurs, ce sont ses comédiennes. Elles n’interprètent pas des personnages qui nous raconteraient une histoire ; elles nous font ressentir, éprouver, elles incarnent des personnes, Amy, Mariam, Esther, Assita, Kadiatou et Marie dont nous nous sentons proches, par delà ce qui pourrait au premier abord nous en séparer... Vous pourrez retrouver Sarah Bouyain le 5 mars invitée par Marijosé Alie sur le plateau de Studio M sur France Ô. - Lieu Les Ecrans de ST Denis, 14, passage de l’Aqueduc à St Denis (93) ; M° Basilique de Saint Denis (Ligne 13) ; - Rens 01 49 33 66 88 , 01 43 59 74 92 yamneyam@hotmail.com www.lecranstdenis.org www.sarahbouyain.fr et http://www.athenaise.com/

samedi 26 mars à partir de 18h30 projection de film Il était une fois le 26 Mars à BAMAKO et concert à 20h30 avec l'artiste de reggae Bafing Kul dédié aux 20 ans de la révolution au Mali. - Il était une fois le 26 Mars à BAMAKO - Il y a 20 ans, en 1991, le peuple malien mettait fin à la dictature, après un long combat ensanglanté, pour ouvrir la voie au multipartisme. C'est pour se souvenir de cet épisode de l'Histoire du MALI que l'Association Mélodies du Monde vous convie à une soirée spécial en compagnie du chanteur malien BAFING KUL et de son groupe l'APPOLO BAND - Le message de Bafing Kul s'adresse notamment aux enfants et aux femmes qui souffrent encore parfois de certaines traditions comme l'excision. Son univers musical c'est aussi une énergie positive et généreuse qui sert une musique festive permettant de rassembler tout le monde dans un grand élan de joie. De plus vous pourrez vous restaurer lors d'une dégustation de produits gastronomiques et traditionnel malien : - PAF : 8 / 10€ - Lieu : Salle de concert 12 place de la résistance 93210 St Denis , M° Saint-Denis Porte de Paris, Bus : 153, 253, 239 Arrêt Lanne - Rens Réserv 06 21 28 37 88 melodiesdumonde@gmail.com

jeudi 31 mars à 19h : Spectacle "Afrique en scène" qui est aussi un tremplin pour les jeunes talents originaires du continent africain…Il veut les valoriser et leur offrir une visibilité… Les artistes de la nouvelle scène africaine auront l’opportunité de s’exprimer, de se rencontrer, de partager ! Afrique en Scène veut aussi montrer au public toute la diversité et toute la richesse de la musique africaine : du hip-hop, au rap en passant par la soul, le folk, la musique traditionnelle et bien plus encore … La nouvelle scène africaine a décidé de s’unir pour délivrer un message d’avenir: Regarder ensemble vers demain, partager pour réussir. En présence du Parrain de l'événement, Tiken jah Fakoly, de guests et des jeunes talents - Lieu: Elysée Montmartre, 72 Bld Rochechouart , Paris 18è - Rens Réserv : www.billetreduc.com - www.elyseemontmartre.com - www.francebillet.com - www.fnac.com www.afrique-en-scene.com - ou Marâ Marville au 01 70 80 97 16 ou 06 69 76 88 58 media@ethnikmarketing.com agencemara@gmail.com

Actions situées dans le Val de Marne (94)

dimanches 27 mars et 15 mai de 13h30 à 15h30 (débutant) - de 15h30 à 18h (intermédiaires) : Ateliers de danses du Mali - Manu Sissoko, accompagnée de Dra Sissoko et de Cédric Yenk, vous propose de travailler autour des danses maliennes de ballet : écoute de la musique, techniques de danses africaines (sternum, bassin, énergie et rebondi...), mise en scène… - PAF : voir conditions auprès du Centre Olivier Messiaen - Lieu : Centre Olivier Messiaen, 4 rue Proudhon à Champigny sur Marne - Rens. 01 45 16 91 07 s.herbin@mairie-champigny94.fr

samedi 5 mars 2011 à 15h : Spectacle théâtral « Femmes d’ici et d’ailleurs » de Kokoya International, compagnie théâtrale basé sur des paroles de femmes immigrées. lors du 50ème anniversaire du CCFD « sur la route des migrants » organisé par la J O C « Jeunesse Ouvrière Catholique » - « Des femmes de cultures différentes nous ont raconté leur histoire d’exil, témoignant de l’immigration féminine en France depuis l’après-guerre jusqu’à nos jours. Des moments forts, remplis d’espoir et de joie qui nous mettent face à la violence persistante de l’être humain qui ne cesse de produire des tragédies. Quand on écoute ces paroles, on se rend compte à quel point un lieu de paix et de refuge est chose rare et précieuse et combien ces femmes sont prêtes à se battre allant parfois jusqu’au sacrifice pour l’atteindre. Ce n’est jamais facile de quitter son pays, et ici, celles qui le font, quelles que soient leurs raisons, souhaitent avant tout s’intégrer dans ce pays d’accueil, même si le désir de retourner là où leur histoire a commencé, subsiste.» - Lieu : Maison des Syndicats, 11 rue des Archives à Creteil - Réservation conseillée au 06 82 38 17 35 - Rens 06 79 84 37 00 ciekokoya@yahoo.fr http://compagniekokoya.fr

dimanches 13 mars de 15h à 18h : Bal Khassonké (à vérifier) pour découvrir les danses khassonkées de la région de Kayes (Mali) : Dansa, Jalidon, Noumoufoolo, Jubaliya.... Vous pourrez les danser dans le contexte du solo, du duo... en rapport direct avec les musiciens. 30 à 35 € (selon adhésion) , Préinscription obligatoire - Lieu : Salle Marcel Paul, 17 rue Raymond Lefèvre à Gentilly (94) - Rens. Et Pré-inscription : 06 11 41 58 13 pazonote@yahoo.fr www.pazonote.com

Actions situées dans le Val d'Oise (95) - voir cjoinlambert@lacaz.net

mardi 1er à 21h : Négritudes d’Amadou Gaye - Les auteurs de la balade sont tous noirs, d’Afrique, des Antilles, de la Guyane, d’Haïti, d’Amérique du Nord, de Cuba... Ils ont fait naître la poésie "négro-africaine d’expression française" dans les années 50-60 (des textes d'Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Langston Hugues, Birago Diop, Roussan Camille, Jean Métellus, Guy Tirolien, David Diop, Bernard Dadié, Gilbert Gratient, Nicolas Guillen, Paul Niger) . La balade poétique est rythmée par les couleurs, la sensualité de l’Afrique, la colère contre les ravages commis par l’homme blanc et le souffle des ancêtres... de nos ancêtres..- Tout public; Tarif : 5, 8, 10 et 11€ Lieu : L’imprévu, 23 rue du Général Leclerc, 95310 St-Ouen l'Aumone, Info et résa: 0134212570 ou http://www.ville-saintouenlaumone.fr/media/media46248.pdf

vendredi 4 à 21h : spectacle Jean Loulendo, Poly-instrumentiste et conteur - Originaire du Congo-Brazzaville, en digne héritier des traditions de son pays, il transmet au public ce qu'il a appris en tant que musicien poly-instrumentiste et conteur, lors de concerts et d'ateliers (notamment à la cité de la Musique de Paris). Egalement à l'initiative du ballet africain Kodia, il apparaît comme un spécialiste des rythmes et des traditions en Afrique Noire. Tarif hors abonnement: PT : 17,50€ ,TR : 14,50€, TJ(-de 25 ans) : 9,50€, Tarif groupe : 13,50€ - Lieu : Théatre Paul Eluard , 162 rue Maurice Berteaux, 95870 Bezons. Rens et résa: 0134102020, www.tpebezons.fr

samedi 12 de 19h30 à 24h : Soirée africaine en partenariat avec Naos Solidarité – Exposition, contes, diner et chants congolais, danse invoirienne par la Compagnie Tawouo – Tarif (repas/soirée (hors boissons) : PT 15€, TR (-14 ans) 8€ - Lieu: MJC, 2 rue Hoche, 95120 Ermont, Tel 0134157331– Inscriptions indispensable auprès MJC ou Naos Solidarité: 0686226634, naos.solidarite@yahoo.fr

dimanche 27 à 16h30 : Spectacle enfants: L'Afrique de Zigomar - Voyage en Afrique. A l’orée d’un pylône électrique, souris, oiseaux et grenouilles ont élu domicile, s’appropriant bobines de chantier et pieds métalliques. Pipioli, le souriceau, avertit sa mère qu’il aimerait, comme les oiseaux migrateurs : partir pour l’Afrique ! Seul le merle Zigomar accepte de partir avec lui. Mais, à la suite d'une erreur de pilotage, Pipioli découvre une Afrique déconcertante : une mer gelée, le lion a un vague look d’ours polaire. Bâti sur une série de quiproquos, le voyage de Zigomar et Pipioli tourne au carnet de route humoristique. Tarif : 8 et 4 € - Lieu : Maison du Théâtre et de la Danse, 75-81 av. de la Marne, 93800 Epinay-sur-Seine, Tel: 0148264500

Petites annonces

Appel à propositions « développement local » 2011 du Projet d’Appui au Codéveloppement Mali - la Cellule Technique du Codéveloppement lance, dans le cadre du Projet d’Appui au Codéveloppement Mali, sur financement du Fonds Européen de Développement [FED], un nouvel appel à propositions développement local, qui vise à renforcer la participation de la diaspora malienne au développement local au Mali, à travers 2 composantes : Composante 1 : projets structurants et productifs, dotée de 240 000 000 Fcfa (365 877 €) - Composante 2 : projets d’amélioration du cadre de vie des populations, dotée de 122 000 000 Fcfa (185 988 €) - Dates limites de soumission : Note succincte avant le 25 mars 2011. Proposition complète avant le 16 mai 2011. - Rens : Lamine Traoré de la Cellule Relais du Codéveloppement en France du FORIM 01 46 07 61 80 infocodevmali@forim.net www.forim.net ou codev@codevmali.org www.codevleopepmentmali.org

Maya-Maya, la vitrine du désordre, de la corruption et des passe-droits.

Il y a quelques années, je fus pris dans un guet-apens à l’aéroport de Maya-Maya.

Le jour de mon retour, j’avais prévu arriver à l’aéroport une demi-heure avant la fin des enregistrements. Stupeur à mon arrivée aux guichets d’enregistrement, il y avait une foule compacte et des hurlements. Le chef d’escale d’air France, un beau jeune homme bien grassouillet comme ON les aime là-bas, paré de son gilet aux couleurs d’Air France où l’on pouvait lire sur son macaron l’inscription « B. Mandoki - chef d’escale Air France Congo-BZV ».
Le mec avait fier allure avec ses lunettes à monture blanc transparent qui lui donnaient un air magnanime. J’avais bien sûr remarqué la belle chute du bas, sans ourlet, de son pantalon de laine pure vierge de couleur bleu de Berlin harmonieusement marié avec un mocassin noir ébène parfaitement ciré.
Le chef d’escale nous annonça, après multiples appels pour intimer le silence, que les enregistrements étaient « suspendus ». Dubitatifs et stupéfaits, les passagers se demandaient s’il fallait monter dans les cabines de l’avion avec nos gros bagages. Monsieur le chef d’escale finit par nous avouer qu’il y avait en fait un excédent de passagers. Le beau Monsieur venait d’avouer son incompétence. « Personne ne monte dans un avion comme dans un bateau à destination de Mossaka », avait lancé un passager visiblement très énervé. Un autre poursuivit, « il faut d’abord avoir réservé sa place et payé son titre de voyage, etc. Comment expliquez-vous alors la pléthore des passagers le jour de l’embarquement ? »
Ce qui m’avait le plus gêné ce jour-là était le fait que les nombreux recalés de l’embarquement étaient majoritairement des originaires de la RDC. C’était ignoble. J’avais honte d’être-là à discuter avec un député de Poto-Poto qui brigua  quelques années plus tard à la magistrature suprême de le l’Etat congolais. Ce monsieur venait de faire bourrer dans l’avion une de ses filles qui voyageait en compagnie de sa petite sœur. Bien sûr, j’apprendrai après quelques heures de vol qu’elles ne s’étaient même pas donné la peine de faire leurs réservations. L’honorable papa et grand frère s’était paraît-il arrangé avec le chef d’escale, un de ses petits de quartier.
Plusieurs autres explications parcoururent le groupe des passagers écœurés et éconduits par Monsieur le chef d’escale. Certains disaient qu’il y aurait parmi les passagers des éléments de la sécurité en prévision de la visite du chef dans un mois… Ces individus auraient eu les cartes d’embarquement sans avoir pris les dispositions de réservation et d’embarquement. Des colonels et d’autres barons de la place étaient venus accompagnés leurs maîtresses, enfants et autres. Tous ces bons seigneurs ignorent les règles de bienséance. Résultat des courses, de nombreux passagers se sont retrouvés sur le carreau… Le Big G., en force et tout en finesse, réussit à embarquer sur une banquette de misère à côté de 2 gamins (8 et 11 ans) dont la maman vivait en métropole hexagonale.
Le chef de cabine nous encouragea à porter réclamations auprès de la direction d’Air France à Paris. Celui-ci nous procura des imprimés et des argumentations à l’appui. Nous étions une poignée dans le cas. Des consignes spéciales furent données aux hôtesses et aux Stewards pour prendre soin de nous.  Les guignols pistonnés repérables facilement à leurs looks rustiques et leurs regards menaçant ne comprenaient pas pourquoi certains passagers avaient droit au champagne alors que l’alcool est visiblement interdit sur la ligne Paris/Brazza ?!
Eh oui, la ligne Paris/Brazza d’Air France est certainement la ligne la plus chère et paradoxalement c’est également la ligne la moins choyée en termes de services embarqués. Air France y positionne ses agents les plus austères et même les plus agressifs. Par exemple, la vente de l’alcool est strictement interdite car les passagers congolais sont capables de vous en acheter des quantités astronomiques… le pire est surtout qu’ils sont de très gros consommateurs en vol. Pour cette raison : fini la bonne petite cuit dans les airs !
Cela étant, l’exception avait été faite au groupe de résistants ayant réussi à embarquer « presque » par force.
En somme, je remercie le commandant de bord, le chef de cabine et leur équipage pour leur professionnalisme. Aujourd’hui de telles méprises ne sont plus possibles sur les vols d’Air France. Les réservations et l’achat des titres de voyage ne passent plus par les corruptibles agents congolais.
Le Patriote GNOKA
 

Merci Monsieur le Maire (augmenté)

 

Il est évident que des inondations peuvent toujours survenir lors de précipitations exceptionnelles. Lorsqu'elles se répètent tous les ans aux mêmes endroits on est bien contraint de se dire que les pouvoirs publics ne font pas leur boulot.

Voici quelques photos datées de Pointe-Noire où l'on verra que rien ne change dans la Venise du Kouilou.

Merci Mr Roland Bouiti Viaudo, maire de la ville submersible.

           Pointe-Noire sous les eaux. Comme d'hab

 

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Images transmises par B. Kokolo


Sans nommer ni le maire ni la municipalité de Pointe-Noire (qui a été dotée d'une subvention exceptionnelle de la bagatelle de 125 milliards de feancs CFA pour l'aoider à résoudre ses problèmes de voirie) un article paru dans les "Dépèches de Brazzaville" abonde dans notre sens :

Pointe-Noire : Des embouteillages monstres avec le retour des pluies

Plaintes et lamentations des Ponténégrins car, à chaque averse, les embouteillages et les demi-terrains se multiplient dans la ville, entraînant de graves perturbations dans la vie des habitants 

Lors des deux dernières pluies qui se sont abattues sur la ville, chacun a pu constater que les embouteillages sont dus, d'une part, au manque de voies de dégagement alors que certaines artères sont en cours de réhabilitation et, d'autre part, à l'état des rues et ruelles de la ville, impraticables en raison des inondations ou des nids-de-poule. 

Un malheur ne venant jamais seul, les bus privés, qui assurent le transport en commun, en profitent pour gagner plus d'argent sur le dos des usagers en multipliant à leur gré, au vu et au su de tous, la pratique des demi-terrains : un trajet, qui généralement s'effectue pour 150 FCFA, coûte 450 FCFA par temps de pluie, les voyageurs étant obligés de monter et descendre du même bus trois fois de suite. 

Pour la plupart des Ponténégrins, le moyen le plus efficace de fluidifier la circulation serait d'ouvrir de nouvelles voies et de réhabiliter celles qui sont en mauvais état. Car la population de la ville océane s'accroît de jour en jour, et avec elle, le nombre de véhicules et autres engins roulants. 

Ces embouteillages ne causent pas seulement des retards sur les lieux de travail, mais aussi, et surtout, perturbent les interventions des sapeurs-pompiers, des ambulances, de la police et de la gendarmerie. Quant aux demi-terrains, ils sont devenus une pratique profitable dans les transports en commun, surtout pendant la période scolaire où la masse des usagers augmente.  

Certes, certaines artères de la ville sont en train d'être élargies avec le déguerpissement des occupants anarchiques, mais cela ne résoudra pas le problème des rues inondées à la moindre pluie. Force est de constater que le manque de canalisations d'évacuation et le mauvais entretien des quelques caniveaux existants perdurent. 

Faustin Akono

 

Nelly Mouloumou donne le goût de l'hôpital aux Pygmées

 

(Syfia/CRP) Nelly Mouloumou est la première infirmière et vaccinatrice pygmée du Centre de santé intégré de Mayéyé, dans le département de la Lékoumou, à 350 km à l'ouest de Brazzaville. Présidente d'une association, elle est un exemple pour les membres de sa communauté comme pour les Bantous.

Marien avec les pygmées du village Indo à Sibiti

 

"La première fois que j'ai porté une blouse blanche et travaillé au service de la population sans qu'on tienne compte de l'ethnie de l'un ou de l'autre, je n'en revenais pas", se souvient avec joie Nelly Mouloumou, encore surprise de son accueil par les malades et le personnel soignant. Depuis 2004, Nelly est la première autochtone infirmière et vaccinatrice au Centre de santé intégré (CSI) de Mayéyé, localité congolaise située à environ 350 km à l’ouest de Brazzaville dans le département de la Lékoumou.

Encouragée par ses collègues, cette énergique femme de 39 ans, célibataire et mère de trois enfants, tient bon face aux railleries de quelques malades : "Je ne peux pas me faire traiter par un 'Mubongo' (Pygmée, en kituba, Ndlr)". "Certains vous regardent avec dédain, mais je les affronte de face. Même dans ma communauté, certaines personnes ne me voient pas d'un bon œil, car je suis contre les paresseux qui aiment tendre la main et ternissent l'image d'autochtone." Nelly n’a jamais fréquenté une école de santé, mais, formée aux soins infirmiers par le chef du CSI, un Bantou, elle a vite appris les rudiments du métier et est devenue son assistante. "Au début, j'avais des difficultés à comprendre certains termes médicaux, mais les amis et le chef m'ont beaucoup aidée", explique-t-elle, modeste.

Courageuse et déterminée dans son travail, elle fait l’honneur de sa communauté et attire des membres de celle-ci vers le CSI. "Les Pygmées fréquentent de plus en plus notre centre de santé, surtout ceux qui sont dans les villages faisant parti du district de Mayéyé. Ceux des campements reculés en forêt ne viennent se faire consulter que pour des interventions chirurgicales ou s'il y a des complications lors d'un accouchement", observe Antoine Mboungou, chef du CSI.

 

"Se faire une place par le travail"

Avant, les Pygmées se soignaient souvent avec des plantes médicinales. Avoir un des leurs employé à l’hôpital leur redonne espoir et dignité. "Quand j'étais là-bas, maman Nelly ne cessait de venir me demander comment j'allais et était très attentionné avec mon bébé", se souvient Marie Batetana, qui a accouché en mars dernier d’un petit garçon. Pour Antoine Mboungou, Bantous et Pygmées ont les mêmes droits : "Médecins et infirmiers qui ont prêté serment ne devraient pas regarder les clivages ethniques avant de recevoir ou de traiter la population." Depuis l’arrivée de Nelly au CSI, le comportement de certains personnels de santé a changé. Tous les malades sont désormais traités sans préjugés. 

Pour ne pas en rester là, avec des amis de son quartier Indoungou à Mayéyé, Nelly a crée en 2010 l’association Essayons Voir. Cette ONG compte aujourd'hui 50 adhérents. "Nous nous sommes regroupés pour être plus solidaires et faire face à n'importe quelle situation qui pourrait survenir dans la communauté", fait savoir la dynamique fondatrice et présidente. A ce jour, l'association a placé en apprentissage six jeunes filles pygmées dans des ateliers de couture tenus par des Bantous et cultive le manioc sur un champ de plus de deux hectares.

Autant d'actions qui contribuent à faire voler en éclats le complexe d'infériorité qui paralysait jusque là certains. "Un grand pas a été franchi. Il y a de plus en plus de jeunes Pygmées à l'école primaire et au collège. Certains veulent être comme Nelly…", se réjouit l'intéressée, ravie que son exemple et celui de certains cadres puissent servir de tremplin. Elle conclut : "C'est par le travail que l'autochtone peut se faire une place dans la société et être traité d'égal à égal avec le Bantou. Il faut inciter les jeunes à étudier !"

Marien Nzikou-Massala

Juin 2011

 

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Neuf jours chez les pygmées du Congo (dossier de Frédéric Lewino dans "Le Point")

 Esclaves des Bantous, chassés de la forêt, les derniers chasseurs-cueilleurs de la planète sont au bord de l'extinction.

Neuf jours chez les Pygmées du Congo (1/9)
La condition des pygmées, désormais pudiquement appelés "peuples autochtones" par  les bantous qui leur dénient depuis toujours toute "humanité". Peuple colonisateur arrivé dans la grande forêt entre les XXème et Xème siècles avant JC, les bantous ont suplanté les pygmées jusqu'au plus profond de leurs forêts ancestrales et les ont réduits en esclavage.
Frédéric Lewino a eu la chance d'être introduit chez les pygmées de la Likouala par un incontestable spécialiste, l'ethnologue congolais Sorel Eta, sans lequel il aurait été quasiment impossible de réaliser ce reportage. Il relate, dans ce remarquable dossier paru dans lepoint.fr, son exceptionnelle expérience. On verra que la deforestation forcenée de la forêt de l'Afrique centrale s'apparente à un ethnocide en dépit des législations et des déclarations d'intention qui se heurtent à des conflits d'intérêt et au poids assommant de la tradition au nom de laquelle on justifie la mise à l'écart de ces populations nées de la forêt et qui la connaissent mieux que quiconque.

 Ya Sanza

Jour 1. Vendredi 13 mai. Arrivée à Impfondo, un préfet accueillant

Depuis Brazzaville, c'est à bord d'un Falcon 50 que nous fonçons à la rencontre de l'un des derniers peuples de chasseurs-cueilleurs de la planète. Une heure de trajet dans l'un des plus beaux joyaux de la technologie occidentale, pour un bond en arrière de 10 000 ans. Sacré voyage.

Sorel Eta, âgé de 37 ans, sera mon guide. De tous les Bantous du Congo, c'est sans doute lui le plus fin connaisseur des Pygmées, qu'il fréquente depuis quinze ans.

Il resterait moins de 200 000 Pygmées dans toute la forêt équatoriale d'Afrique, disséminés dans huit pays : les deux Congos, République centrafricaine, Gabon, Cameroun, Rwanda, Burundi et Ouganda. Ce sont les derniers témoins de l'humanité d'avant l'invention de l'agriculture. Faut-il rappeler que, nous les agriculteurs, nous ne sommes que des bleus-bites sur Terre ! Nous avons débarqué il y a seulement 10 000 ans, alors que les chasseurs-cueilleurs arpentaient déjà le monde depuis 190 000 ans ! Derniers rescapés de l'enfance de l'humanité, rien que pour cela les Pygmées devraient faire l'objet d'un immense respect. Rien de plus, rien de moins.

On entend déjà les tenants de la science, du progrès, du génie humain (!) : ces Pygmées, ont-ils bâti des pyramides ? inventé l'écriture ? la bombe atomique ? et l'iPhone ? ou encore le Château d'Yquem ? Même pas ! Mais réfléchissons un peu : derrière cette stagnation apparente des Pygmées, il existe une chose infiniment précieuse que nous, les "civilisés", recherchons désespérément pour éviter l'implosion écologique de la planète : un mode de vie durable ! Voilà des dizaines de millénaires que les Pygmées ont inventé le développement durable !

 

La forêt leur fournit tout ce dont ils ont besoin pour une vie facile, heureuse et éternelle : nourriture, habits, abris, médicaments, miel, alcool, plantes à fumer, contraceptif, Viagra naturel, instruments de musique...

Dans un désir louable de démocratie, le Congo-Brazzaville est le premier pays de la région à reconnaître les droits des Pygmées. La loi du 27 février 2011 fait d'eux des citoyens à part entière, dotés du droit de vote. Certains de ses articles en disent long sur le sort actuel de ce peuple. Ainsi, le 7 stipule que "sont interdits à l'égard des populations autochtones les actes de torture ou autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, l'atteinte au droit à la vie et à l'intégrité physique et morale". L'article 9 précise que "sont interdites, sous toutes leurs formes, la traite et l'exploitation sexuelle des enfants et femmes autochtones". Enfin, le 30 : "Les populations autochtones ne peuvent être soumises à aucune forme d'esclavage." Mais cette loi suffira-t-elle pour détricoter plusieurs siècles d'habitudes ? Petit doute. Autre interrogation plus grave : est-ce que l'assimilation est la meilleure option pour les Pygmées ? Gros doute !

À bord de l'avion qui nous emmène, Sorel, une flûte de champagne à la main, explique comment il en est venu à s'intéresser au sort des Pygmées. Ou plutôt des autochtones. Car, désormais, la loi assimile le mot "pygmée" à une injure. 

Alors, Sorel, ton histoire d'amour avec les Pygmées (au diable, la loi), comment a-t-elle commencé ? "En 1996, j'étais forestier dans le département de la Likouala. Quand j'ai vu que les villageois les traitaient en esclaves, cela m'a fait mal. J'avais alors 22 ans, je me suis dit il faut que j'aide ce peuple. J'ai commencé à partir me balader avec eux en forêt, à danser avec eux. Puis j'ai collecté des vêtements pour eux. Enfin, j'ai démissionné de mon boulot pour les aider." En 2001, le jeune Bantou fonde l'association Regard aux Pygmées avec pour objectif d'identifier, d'inventorier et de sauvegarder le patrimoine culturel immatériel des Pygmées akas (musiques, danses, contes, rituels...)

"À Brazzaville, j'ai sollicité les organisations internationales, j'ai organisé des expositions. L'Unesco m'a aidé à enregistrer un CD de leur musique en 2003. J'interpellais les autorités sur le sort des Akas à la radio et à la télévision." Se rendant compte de la sincérité de Sorel, les Pygmées commencent à lui confier les secrets de la forêt. Aujourd'hui, le jeune Congolais poursuit son combat en gérant à Brazzaville une galerie ethnologique qui appartient au propriétaire de la Gazette de Brazzaville.

 

 

Dans les soutes de l'avion, il a fait charger de nombreux cadeaux pour ses amis. "C'est la tradition. Pour qu'ils nous accueillent bien, il faut leur faire des cadeaux", explique-t-il. Finalement, rien n'a changé depuis les grandes explorations du XIXe siècle. 

Tel un hanneton argenté, l'avion poursuit son vol au-dessus de la forêt équatoriale. Cette immense moquette verte est déchirée par les méandres du Congo. La saison des pluies étant en retard, le fleuve est parsemé d'îles et de bancs de sable. Quelques immeubles apparaissent.

C'est Impfondo, la préfecture du département de la Likouala. Le Falcon plonge sur la piste. Il est temps de quitter notre bulle occidentale. À la descente de l'avion, la chaleur moite nous fait immédiatement retrouver le sens de la réalité. Le préfet local, Gilbert Djombo, a envoyé une voiture : un journaliste français enquêtant sur les autochtones, ça doit être bien traité et... tenu à l'oeil. Il nous accueille dans sa résidence privée. D'abord méfiant, puis aimable. Bien entendu, il se présente comme le plus grand défenseur des autochtones de la forêt équatoriale pour qui il a organisé un mois auparavant un grand forum international à Impfondo.

Prenant connaissance de notre désir de visiter des villages pygmées, il propose de nous emmener dans son canot ultra-rapide : "Demain, je remonte justement l'Oubangui pour introniser les premiers maires d'Enyellé et de Boyélé. Accompagnez-moi et vous verrez des autochtones encore vêtus de feuilles." Après avoir accepté, nous le quittons pour une visite de la ville, un grand bourg étalé au bord de l'Oubangui. Petit tour au marché pour acheter des provisions, dont quelques morceaux de crocodile.

Jour 2. Samedi 14 mai. La remontée de l'Oubangui jusqu'à Bétou.

Jour 3. Dimanche 15 mai. À la recherche du miel perdu.

Jour 4. Lundi 16 mai. Nuit de folie dans le village de Demba et de ses deux épouses.

Jour 5. Mardi 17 mai. Une partie de chasse ratée.

Jour 6. Mercredi 18 mai. Arrivée à Kombola, chez les Pygmées danseurs.

Jour 7. Jeudi 19 mai. Expédition en forêt pour trouver du bois bandé.

Jour 8. Vendredi 20 mai. Répétition du groupe NDima avec Sorel.

Jour 9. Samedi 21 mai. Un adieu à Kombola sur un air d'arc musical.


"Il faut respecter l'identité des pygmées"

Daprès : Chemk'Africa | | 18/11/2010

Dans les programmes et les discours sur les pygmées, il existe bel et bien d'énormes divergences entre ceux qui les considèrent comme une "espèce à conserver dans son passé"  (et les maintenir dans l'isolement) et ceux qui voudraient qu'ils soient des citoyens vivant comme les autres (au risque de voir leurs spécificités disparaître).

L'ethnologue Sorel Eta livre un avis à la fois conciliateur et pertinent:

"Concernant cette préoccupation, mon avis est qu'il faut respecter l'identité ou la culture de ce peuple. Nous n'avons pas à leur imposer une manière de vivre. Les pygmées sont capable d'apporter un plus à l'humanité avec leur savoir inestimable des arcanes de la forêt.

S'ils décident d'eux-mêmes d'abandonner leur mode de vie traditionnel pour le modernisme, que cela soit leur propre volonté. Contraindre les pygmées à adopter le mode de vie moderne est une façon de contribuer à la destruction de leur culture.

Ces hommes et femmes de la forêt sont encore dépositaires du savoir ancestral. Apprenons plutôt à les accepter tels qu'ils sont. Nous devons les respecter et être tolérants à leur égard. Nous devons leur faire comprendre qu'il n'y a pas une culture qui est supérieure à une autre".

Sorel Eta a, notamment, réalisé avec des pygmées Aka du village Kombola, l’album "Mo Aka na ndima. L’homme et la forêt" (Regards aux Pygmées), un disque qui a "la beauté et la complexité des chants polyphoniques et de l’art instrumental pygmée". 


A lire aussi : Moi, Kaya A Mbaya, femme pygmée


Définition du terme "peuple autochtone" :  

Les peuples autochtones, ou peuples indigènes, sont « les descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l'époque où des groupes de population de cultures ou d'origines ethniques différentes y sont arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l'occupation, la colonisation ou d'autres moyens ». Les peuples autochtones représentent environ 370 millions de personnes dans le monde, dont 70% en Asie. D'autres termes ont parfois été utilisés pour les désigner, comme aborigène, « peuple premier », « peuple racine », « première nation » ou « peuple natif », succédants à l'appellation péjorative de « peuple primitif », mais tous officiellement délaissés au profit de peuple autochtone.

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Nécrologie

Décès du Docteur Théophile KIABIYA

 Emmanuel NSANGOU, Yolande KIABIYA et Frédéric NITOU ont la douleur de vous annoncer le décès du Docteur Théophile KIABIYA survenu le mardi 29/09/2009 à l’hôpital SAINT ANNE à Paris.

Une veillée est organisée en sa mémoire le samedi 10 octobre à Anières sur Seine. Ceux qui souhaitent lui rendre un dernier hommage sont conviés à partager avec la famille et les amis ce moment de communion et de recueillement à l’adresse ci-dessous.

Salle « LA VICTORIEUSE »4 rue Louis Armand 92600 Asnières-sur-Seine
CONTACT : Frédéric NITOU

06 72 48 82 58 / 06 03 01 74 97 / 01 70 16 16 40 

ACCES à la salle

Metro ligne 13 Station : Asnières Gennevilliers Gabriel – Péri
-> Prendre Bus 177 Descendre à l’arrêt Tour d’Asnières Laurent Cély
-> Prendre tout de suite à droite rue Henri Bergson
-> Au bout de la rue, entrer dans le bâtiment ayant le panneau « PIZZERIA CASA VENISIA » Rue louis Armand
La salle « VICTORIEUSE » : 2ième porte après le restaurant.

RER ligne C Station : Les Grésillons 

-> Marcher en direction de la « tour d’Asnières » jusqu’au garage « BMW MINI » environ 200m ou prendre Bus 177 en direction d’Asnières Gennevilliers puis Descendre à l’arrêt Tour d’Asnières Laurent Cély

Autoroute A86 : Direction Nanterre ? Sortie la défense (7)

-> Suivre: Gennevilliers centre -Parc d’affaire de la tour d’Asnières
-> à 50m Prendre à droite « Parc d’activité » « stade D. Rocheteau »
-> Après Immeuble « OBJECTIF » : Bâtiment ayant le panneau « PIZZERIA CASA VENISIA » Rue louis Armand

Autoroute A15 -> A86 Direction saint Denis

-> Prendre N315 : Sortie D7
-> suivre Parc d’affaire de la tour d’Asnières
-> Avant Immeuble Tour d’Asnières : prendre à droite « Parc d’activité »
-> À 100m : Bâtiment ayant le panneau « PIZZERIA CASA VENISIA » Rue louis Armand

Périphérique : 
-> Sortie : Porte de Clichy
-> Allez jusqu’au pont de Clichy
-> Après le pont, tourner à droite
-> suivre Parc d’affaire de la tour d’Asnières
-> Avant Immeuble Tour d’Asnières : prendre à droite « Parc d’activité » ou stade D. « Rocheteau »
-> À 100m : Bâtiment ayant le panneau « PIZZERIA CASA VENISIA »

 

Décès en France du Pr Elenga Ngaporo, ancien ministre

Le Professeur Elenga Ngaporo, ancien ministre de la République du Congo, est décédé dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 Aout 2009, à Toulouse en France. 

Elenga Ngaporo était né vers 1940 à Ello (département des Plateaux) au centre de la République du Congo. Il était économiste et sociologue de formation. A la fin de ses études à Paris où il a été un des dirigeants actifs de la fédération des étudiants de l’Afrique Noire en France (FEANF) dans les années 1960, il était rentré dans son pays au début des années 1970 pour se consacrer à l’enseignement des sciences économiques à l’Université de Brazzaville (fac de sciences économiques et fac de droit) à la création de laquelle il participa activement comme chef de département des sciences économiques et secrétaire général du syndicat des enseignants.

 
Dans les années 1980, il a occupé d’importantes fonctions administratives et politiques au niveau national (ministre de l’Énergie, ministre du Commerce, directeur de cabinet du Président Denis Sassou Nguesso, préfet des Plateaux sous le Président Pascal Lissouba…) et au niveau régional de l’Afrique Centrale où il dirigea notamment à partir de 1989 (en tant que secrétaire général) le Comité régional des Pêches du Golfe de Guinée (COREP) à Libreville au Gabon, poste dont il démissionnera en 1992.
 
 
Membre fondateur et membre du comité exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences économiques et sociales en Afrique (CODESRIA), en 1973 en compagnie entre autres de son ami, l’économiste égyptien Samir Amin, le Professeur Elenga Ngaporo a publié en 2004 un livre d’économie politique, intitulé : « Le Japon, l’Asie et l’Afrique – Pour une Afrique performante » aux éditions Silex/Nouvelles du Sud. Il avait d’autres publications en préparation sur son itinéraire politique et administratif et sur la situation politique de la République du Congo.
 
Ayant rallié Pascal Lissouba en 1992 (un de ses amis de longue date), il n’aura de cesse de s’opposer à Denis Sassou Nguesso, même après son coup d’État de 1997, il écrira un pamphlet très virulent suite à l’imposture qu’a constitué la construction du Mausolée de Brazza, où il rappellera certaines résistances connues par le Congo lors de la pénétration coloniale.
 
Sur le plan de sa vie privée, l’homme était remarié et père de 5 enfants (3 filles et 2 garçons), tous majeurs aujourd’hui.
 

  

Hommage à Abel Goumba par Diogène Senny

Notre frère et ami Diogène Senny n'a jamais fait mystère de son admiration pour Abel Goumba, qu'il avait rencontré pour la dernière fois moins de deux semaines avant sa mort. Un an plus tard, il nous a fait parvenir cet hommage.
 
Sur la photo, Diogène Senny, Abel Goumba dans les rues de Paris
 
Il y a un an, mourrait Abel GOUMBA
Henda Diogène SENNY
 
Président Abel GOUMBA, 
 
Le 30 avril 2009, soit 10 jours avant la survenance du tragique événement - événement qui nous a plongé dans une immense tristesse - nous avions fait le deuxième déplacement exprès de Paris, votre éditeur le Pasteur Shebuel MOWHOU et moi-même, afin de vous accompagner à la présentation du 2ème tome de vos « Mémoires et Réflexions Politiques, du Résistant anti-colonialiste, démocrate et militant Panafricaniste, Abel GOUMBA », après celui de janvier 2006 relative à la présentation du 1er tome.
Cette journée du 30 avril 2009, fut pourtant chargée, et disons, réussie. Vous aviez magistralement défendu vos Mémoires tant devant les officiels invités à l’occasion à l’hôtel SOMBA, que devant les étudiants l’après-midi, à l’Université de Bangui. 
Rien, mais en tout cas, rien ne présageait ce qui allait arriver le matin du lundi 11 mai 2009. C’est dire combien cette nouvelle nous a littéralement bouleversés.
 
GOUMBA, symbole de la fidélité : 
L’homme qui a été votre Maître à l’école Primaire Supérieure de BAMBARI vers les années 42-43, qui deviendra par la suite votre Mentor Politique en faisant naître en vous le sentiment nationaliste par ses enseignements et par la correspondance politique abondante que vous entreteniez alors que vous étiez à l’école de médecine « William Ponty » à DAKAR ; il fera de vous en 1957 le personnage politique le plus important en vous désignant Vice-Président du premier gouvernement Oubanguien sous la loi Cadre, en se réservant lui-même pour la Présidence du grand Conseil de l’AEF à Brazzaville ; enfin, après sa tragique disparition le 29 mars 1959, cet homme deviendra votre « Modèle Politique ». J’ai nommé Barthélemy BOGANDA : sa vie, son action politique, ses idéaux sont devenus votre VADEMECUM politique, ainsi que vous l’aviez promis dans l’oraison funèbre consacrée au Président BOGANDA, le 3 avril 1959 à l’occasion de ses obsèques. 
Président GOUMBA, l’histoire a retenu que le dernier acte politique majeur de votre Maître, devenu votre « Mentor Politique » et enfin de votre « Modèle Politique », fût de planter le drapeau Centrafricain, j’aurais mieux dit le drapeau PANAFRICAIN, telle est la vocation de ce pays, socle de l’Unité Africaine. 
En ce qui vous concerne Président GOUMBA, l’histoire retiendra que le 30 avril 2009, votre dernier acte politique majeur, a consisté à présenter vos Mémoires dans un ultime effort malgré un état de santé particulièrement fragile, et nous pouvons le dire aujourd’hui, a posteriori, pour avoir été témoins à vos côtés en vous servant quelquefois d’appuis. Mémoires dans lesquelles à chaque mot, à chaque ligne, à chaque paragraphe, à chaque page, vous avez fait la démonstration de votre indéfectible attachement aux idées de BOGANDA au prix des privations, déportation, emprisonnement, exil et j’en passe. Voilà la meilleure preuve de votre fidélité politique.
 
GOUMBA, symbole d’intégrité :
Ceux qui ne connaissent pas l’histoire ont souvent vite fait de railler votre slogan : « Maboko Avourou », entendu mains propres, comme une démagogie politicienne, ne savent pas que dès votre entrée en politique sous La loi-cadre, vous aviez inauguré votre action par un acte frondeur dans le sens de l’intégrité. 
En effet, on se souviendra que dès l’entrée en fonction du gouvernement de la Loi-cadre, le 14 mai 1957, vous vous êtes élevé contre l’acquisition des voitures de luxe, fort coûteuses destinées aux ministres, à cause des maigres ressources financières du gouvernement local. 
Ce qui paraissait normal pour vos collègues africains du gouvernement, souvent aux regards hagards dus aux avantages matériels liés à leurs fonctions de ministres alors qu’ils étaient des « évolués » d’il y a quelques mois, vous, Abel GOUMBA, vous vous démarquiez, suscitant ainsi un malaise en mettant le doigt sur le décalage entre les discours moralisateurs des dirigeants politiques et l’exercice du pouvoir. 
Président Abel GOUMBA, nous autres, nombreux sympathisants panafricains, vous aviez l’habitude de nous surprendre à chacune de vos visites en Afrique ou en France, en préférant séjourner dans les hôtels modestes, non pas parce que vous ne pouviez vous payer les palaces luxueux, mais pour être en conformité avec vos convictions de justice sociale et de modestie.

GOUMBA, symbole de la démocratie :
Je ne reviendrai pas sur votre douloureux parcours, émaillé de brimades en tout genre pour la conquête démocratique entre 1960 et 1993, soit 33 ans. L’une des premières victimes du Néocolonialisme en Afrique noire devenu « Françafrique », vous n’avez jamais cessé de croire en l’Homme. La démocratie comme l’indépendance, a toujours été une quête. Et c’est ce que vous n’avez cessé de faire votre vie durant. 
Je vais illustrer votre attachement à la démocratie par cette anecdote :
En 1997, jeune militant panafricain, rentrant à peine dans la majorité, de passage à BANGUI en venant du CONGO, je m’étais rapproché du FPP parti panafricain, aux fins d’apprentissage mais aussi pour apporter ma modeste contribution au combat politique. Ma première réunion plénière coïncida avec le traitement d’une lettre ouverte dite « affaire des 11 co-signataires » portant quelques griefs contre le Président, donc vous Abel GOUMBA.
Ma surprise fut grande, en vous découvrant, sur le banc des accusés comme simple militant de base, cédant la présidence de la réunion à un militant neutre pour ne pas être juge et partie, vous expliquant selon le temps de parole accordé limitativement aux uns et aux autres, sans imposer votre avis.
Je découvrais là, une véritable école de démocratie. Car j’ai été frappé d’apoplexie, en vous voyant, GOUMBA, doyen d’âge de la classe politique à 70 ans passés, premier chef du gouvernement de ce pays, l’homme qui a combattu sans courber l’échine tous les partis uniques depuis les indépendances et qui venait de perdre de justesse les élections présidentielles 3 ans plus tôt dans les conditions douteuses face à l’ancien premier ministre de BOKASSA et idéologue de l’empire de la honte Ange Félix PATASSE, évidemment difficile de croire en effet pour tout esprit lucide ; agrégé de médecine, porte parole du G11 (groupe des 11 partis politiques d’opposition d’alors), sans prétexter de son expérience tant politique que professionnelle, ni d’ailleurs du droit d’aînesse (transformé en dictature d’aînesse par ceux qui abusent de nos traditions), se soumettre à la critique des militants de base, à l’exercice de la démocratie au ras du sol. 
Il n’y a pas meilleure preuve de votre attachement à l’esprit démocratique !
 
GOUMBA, symbole de la dignité :
Président GOUMBA, en 1964, après votre exil forcé, vous m’avez confié que vous ne supportiez pas que l’on vous traite de médecin colonial comme si votre formation était au rabais. Vous avez décidé alors de faire un doctorat de médecine comme s’il fallait aussi décoloniser vos diplômes. 
L’initiative, quoi que louable, mais ne fût pas aisée à entreprendre car comment redevenir étudiant en faculté, après avoir été, successivement Vice-président du gouvernement sous la Loi-cadre, Ministre des finances, Président de la République par intérim ? 
Mais, vous, Abel GOUMBA, homme digne, vous êtes reparti à l’école comme un étudiant, non plus seulement pour obtenir votre doctorat « décolonisé », mais en poussant plus loin jusqu’à l’Agrégation et multiples spécialités, et ce durant 9 ans d’études supplémentaires. 
Cet épisode, comme tant d’autres qu’il serait long d’évoquer ici, montre à suffisance votre attachement à la dignité !
 
GOUMBA, le Panafricaniste :
Président GOUMBA, on ne le dira jamais assez, votre contribution et votre constance à la Cause Africaine, ne se sont jamais démenties. Vous avez toujours témoigné de votre attachement aux idéaux de l’Unité Africaine. 
L’histoire retiendra que c’est vous qui avez arrimé le MESAN (Mouvement d’Evolution Sociale d’Afrique Noire) de BOGANDA vers les grands mouvements panafricanistes en participant par exemple au Congrès du PRA (Parti du Rassemblement Africain) à COTONOU en juillet 1958 au côté des grands noms comme George PADMORE, Afro-américain, l’un des pères du Panafricanisme et conseillé politique du Président NKRUMAH, sortant ainsi le MESAN de son cloisonnement de l’Afrique Centrale. 
Vous rejoignez donc tout naturellement vos pairs, de Barthélemy BOGANDA à NKRUMAH, de NYERERE à LUMUMBA. Et tous ceux qui ont fait HONNEUR à la Patrie Africaine : Um NYOBE, Félix MOUMIE, Ossende AFANA, Steve BIKO, Thomas SANKARA… 
En définitive, l’Afrique et les générations montantes retiendront de vous, Président GOUMBA : Fidélité en politique, Intégrité morale, Dignité et Amour de la Patrie Africaine. 
En publiant vos Mémoires de votre vivant, acte rare dans le paysage politique africain et qui convient d’être souligné, vous avez voulu, répondre de vos actes devant le Peuple car l’action publique n’a jamais été pour vous ni récompense ni sinécure, mais d’abord et avant tout  un DEVOIR. 
Président GOUMBA, je ne cesserai de vous témoigner ma profonde gratitude en me mandatant de m’occuper de l’édition et de la publication de l’ensemble de vos Mémoires. Contrairement à vos souhaits, nous n’avons réussi à publier de votre vivant que les deux premiers volumes. Le troisième et dernier volume, sera publié, hélas, à titre posthume.
Je puis vous affirmer, par fidélité et par la communion d’idées-forces qui nous lient, que c’est avec la ferveur panafricaine que je travaille d’arrache pied afin que le 3ème tome soit publié. Je vous le dois sûrement par gratitude, mais aussi et surtout par Amour de la Patrie Africaine.
Feu Abel GOUMBA,
Intellectuel organique,
Et ligoté au Peuple !
La Patrie Africaine vous restera reconnaissante aujourd’hui, demain et pour toujours !
 
Toulouse, le 4 mai 2009
Henda Diogène SENNY
Militant panafricain,
Chargé de l’édition et de la publication
des Mémoires du feu Président Abel GOUMBA

  

Les arts plastiques congolais en deuil : Pierre Claver Ngampio n'est plus

Le mail dont la teneur suit est venu gacher cette belle journée d'été. Une autre bibliothèque vient d'achever de se consumer.

Chers Mesdames et Messieurs,

C’est avec un grand regret et une grande consternation que je vous annonce de l’Ecole de Peinture de Poto-Poto, la mort inopinée de son président,  Pierre Claver NGAMPIO, décès survenu  au Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville, ce vendredi 28 Août 2009 à 11h00 , suite à une courte maladie.
 
Pour l’Ecole de Peinture de Poto-Poto,
 
Ephrem Brevin NADA BIAMPANDOU
Artiste Peintre et Consultant en Marketing culturel
 
Ecole de Peinture de Poto-Poto
105, rue Mayama Moungali
Brazzaville. Congo
Tél : +242 625 71 08
         +242 525 32 08
brevin_ephrem@yahoo.fr
 
 
École de Poto Poto
 

École de peinture fondée à Brazzaville en 1950 par le peintre Pierre Lods. Elle est à l'origine d'un courant d'expression artistique fondé sur la libre exploitation de thèmes puisés dans les traditions africaines (scènes de marchés, masques, animaux…). Elle est à l'origine foyer d'art congolais singulier à la fois par son mode de fonctionnement associatif et par un style de peinture (couleurs franches utilisées en à-plats monochromes, formes aux contours cernés, absence de perspective géométrique, etc.) illustré par des artistes qui acquièrent rapidement une notoriété internationale, tels Nicolas Ondongo (1933-1990), François Thango (1936-1981), Philippe Ouassa (né en 1936), Joseph Dimi (né en 1921), Zingoma, Elenga, Iloki, Oba, Owassa, Bela, Ngavouka, etc. L'école de Poto-Poto, qui a le statut d'une coopérative privée, est aujourd'hui dirigée par Pierre Claver Ngampio, qui a succédé en 1976 à Nicolas Ondongo

(Larousse)

 

congo-internet.com annonce le décès de Monsieur Nguila MOUNGOUNGA NKOMBO

 La faucheuse poursuit son inlassable travail de renouvellement des cadres politiques. Selon congo-internet.com, c'est au tour de l'ancien ministre des finances de Pascal Lissouba de passer l'arme à gauche.

Décès de Monsieur Nguila MOUNGOUNGA NKOMBO

14/04/2010 - Lu 63 fois

Le Secrétaire Général de la Coordination Nationale de l'UPADS pour son unité d'action et sa refondation, profondément ému et avec une douleur ...

COMMUNIQUE

Le Secrétaire Général de la Coordination Nationale de l'UPADS pour son unité d'action et sa refondation, profondément ému et avec une douleur incommensurable, annonce à l'ensemble des militants, aux amis, et au peuple congolais, la disparition du Président de la Coordination Monsieur Nguila MOUNGOUNGA NKOMBO, ancien Ministre de l'Economie et des Finances de la République du Congo, ce mercredi 14 avril 2010 à 11 heures 30 à Paris des suites de maladie.

Dans cette terrible et éprouvante épreuve nous garderons en souvenir de son engagement politique, l'ardent et constant désir de construire pour le Congo une ambition nouvelle et créatrice faite de fraternité de générosité et de partage.

Nos pensées les plus fraternelles vont toutes à son épouse, ses enfants et famille.

Paris le 14 avril 2010

Secrétaire Général

Gilbert NSONGUISSA MOULANGOU

mise en ligne congo-internet.com

OFFRIR UNE VRAIE ACCESSIBILITE AUX HANDICAPES

« Quand il s’agit de faire preuve de solidarité envers les plus faibles le gouvernement congolais est aux abonnés absents ».   JCB

 
On a beau épingler les graves manquements de la politique de la ville menée par l’actuel gouvernement et l’équipe municipale a l’endroit des handicapés, on reste de nouveau stupéfait de constater que ces autorités restent sourds devant les difficultés d’accessibilité des handicapés aux lieux dits publics. Nous avons été alertés par les compatriotes handicapés de l’aggravation de leurs conditions et surtout de l’abandon quasi-total de la prise en compte de leurs doléances dans le processus d’amélioration de leur accessibilité aux lieux publics. Au nom de la solidarité et surtout du respect pour tout congolais quelque soit son handicap (physique, sensoriel et mental) d’exclure certains congolais de toutes politiques visant à favoriser tant peu soit-elle les conditions de vie quotidienne de tous. La solidarité tant vantée par le nouveau gouvernement ne serait-elle qu’un vain mot ou juste un nouveau slogan manipulateur ?
 
Il est inadmissible qu’au moment ou le gouvernement congolais s’apprête à débourser des sommes inconsidérées pour fêter les 50 ans d’indépendance au goût douteux que les congolais souffrant d’handicap soient traités avec autant d’indifférence.
 
Un cas précis qui nous a été rapporté nous interpelle au point de juger utile d’alerter l’opinion congolaise :
En date du 13 Avril 2010, Mlle A. Carine, handicapée physique se rend au CHU pour un contrôle de routine se retrouve confrontée à un dilemme honteux et déshonorant pour le congolais que je suis. N’ayant pas pu être accompagné par un parent pour l’aider à gravir les marches, cette dernière est restée debout plus d’une heure sur ses béquille attendant qu’une âme sensible daigne bien l’aider. En l’absence de fauteuils roulants, sinon en nombre très limité, le calvaire de cette compatriote a duré encore plus d’une heure dans une position dont je vous laisse le soin d’imaginer le supplice. Elle a déboursée son argent du taxi (1200 f Cfa) pour trouver de l’aide qui l’a accompagnée au deuxième étage.
Cette histoire inacceptable nous amène à faire le point de toutes les faiblesses de nos installations qui ne tiennent pas compte de l’aménagement qui doit être fait pour faciliter l’accès aux handicapés. Est-il normal que 90% de nos bâtiments publics manquent d’ascenseurs ? Est-il normal que la ville de Brazzaville présente des dangers permanent au regard des handicapés en laissant béant des canalisations inachevées et non signalées ? Peut-on parler de solidarité entre les congolais, lorsque certains sont abandonnés à eux même à l’entrée du mémorial de Brazza faute de disposition adéquate d’accessibilité ? Est-il acceptable que certains congolais arrêtentleur année universitaire pour des raisons d’accessibilités dans les salles de TD et TP ?
 
Faut-il le rappeler que ce qui peut paraître évident pour une personne non affectée par un handicap devient vite une source de difficulté pour une personne handicapée qui se rend dans les mêmes endroits que les personnes valides, lieux publics (mairies, banques, postes, palais des congrès, Ministères, stade etc.). Continuer à l’ignorer peut être assimilé à une faute grave, un crime pour non assistance à personne démunie. Cela ne peut être accepté tant le pays regorge assez de ressources pour aménager ces espaces publics et donner aux handicapés le même sentiment que les valides d’appartenir à un Etat qui exclut toute forme de discrimination.
Il est plus qu’urgent qu’une initiative heureuse qui réponde a un besoin réel soit entreprise pour aménager ces bâtiments publics.
 
Pour ce faire :
 
 
Avec une rigueur sans faille, une volonté ferme et une ambition solidaire, certains travaux prioritaires peuvent être effectués dans un délai de deux mois en utilisant les ressources et les compétences nationales. Si l’on est en mesure de dépenser 700 millions pour des achats d’armes, plus de 17 milliards pour l’organisation des 50 ans d’indépendance, environ plus 250 millions pour les statues dite de culture…. serait-il injustifié de réclamer que l’on dépense encore quelques miettes pour améliorer les conditions des congolais handicapés qui se sentent de plus en plus marginalisés dans leur propre pays ?

Jean Claude BERI
http://berijc.over-blog.com/
DAC : developperautrementlecongo@gmail.com

PNR : La refection de l'Avenue Jacques Opangault et du pont de Songolo, le serpent de mer

Depuis plusieurs années, nous tentons d’alerter, si besoin était, les autorités sur le problème crucial de circulation et de sécurité publique que pose l’avenue Jacques Opangault de Pointe-Noire, plus communément appelée route de Songolo.

Voici ce que votre serviteur en écrivait in congopage.com en février 2007 :

L’avenue Jacques Opangault relie le centre ville à la RN5 au sortir du quartier Faubourg, via le quartier de Songolo. C’est une échappatoire importante pour celui qui veut éviter les embouteillages constants au niveau de l’avenue Raymond Paillet.

Elle commence au rond point du 31 juillet où convergent 3 avenues venant de la ville, une seule en repart vers le nord de la métropole (effet entonnoir).

La réfection de cette artère essentielle fut financée, par l’Union Européenne, sous la présidence de Lissouba alors que Jean-Pierre Thistère Tchicaya occupait le fauteuil de maire central de la ville. Les travaux furent confiés à SOCOFRAN qui les mena à bien jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le tapis de macadam à réaliser. Là, on s’aperçut que les fonds réservés à cet usage avaient disparu. Il se dit dans la cité océane que le maire de l’époque est responsable de la disparition de cet argent. Le fait est que depuis lors la route est restée sans travaux. Au fil des ans et sous un trafic croissant, elle s’est dégradée au point de rendre toute circulation très difficile. En saison des pluies les bourbiers s’y succèdent et en saison sèche le sable mou y règne en maître absolu.

L’avenue Jacques Opangault ne possède pas de réseau d’assainissement bien que sur son tronçon qui va du carrefour rond point du 31 juillet à son franchissement de la rivière Songolo elle soit tracée sur une parallèle, à une centaine de mètres, de la rivière Tchinouka. Lors de la présentation du budget municipal 2006, Roland Bouity-Viaudo, maire de la ville, s’était engagé à réaliser l’assainissement de la partie goudronnée de cette artère. A la fin de l’exercice, nous devons constater que la promesse n’a pas été tenue.[1]

Sur son parcours se trouvent, entre autres, les résidences du préfet de Pointe-Noire, représentant l’Etat dans la ville-département, ainsi que celle du président de l’Assemblée Nationale qui n’est autre que Jean-Pierre Thistère Tchicaya, ci-dessus cité. On ajoutera que de nombreux notables ont élu domicile dans le résidentiel quartier de Songolo. Malgré ce peuplement flatteur rien ne se réalise.

Le caractère de route nationale de l’artère autorise la mairie de se dégager du problème : "La mairie doit s’occuper des voiries municipales, l’avenue Jacques Opangault est une route nationale, à ce titre c’est à l’Etat de la réhabiliter.". La réfection de cette avenue réclame la construction d’un pont, l’actuel à voie unique est en très mauvais état. Le coût de construction d’un nouvel ouvrage, aux normes, se situerait dans une fourchette de 1,8 à 2,4 milliards de francs CFA que la mairie serait bien à mal de financer avec son budget d’investissement annuel de 2 milliards.[2]

Les ponténégrins espèrent que ce tronçon de route nationale est incluse dans la liste de travaux promis par le Président Sassou lors de la présentation de ses vœux à la Nation puisque partie intégrante de la liaison Pointe-Noire - Brazzaville désormais programmée.

Dans le même média, au cours d’une interview antérieure (19/11/2005) qu’il accordait à Daniel Lobé Diboto, Valentin Tchibota Goma, directeur de la cellule antipollution du ministère des hydrocarbures et alors administrateur maire de l’arrondissement 2 de Pointe-Noire, déclarait :

DLD : Il est un autre pont sur la Songolo, avenue Jacques Opangault. Cet ouvrage est dans un état déplorable. Sous son tablier passent les pipes CORAF. Vous qui êtes, en tant que maire, en charge de l’une des berges de ce pont et aussi responsable des problèmes d’environnement liés au pétrole ne vous inquiétez-vous pas des terribles conséquences écologiques qui ne manqueraient pas de survenir si ce pont venait à s’effondrer ?

TGV : Vous avez parfaitement raison, le pont de Songolo m’inquiète tout particulièrement. Je travaille sur ce sujet aux deux titres que vous évoquez, en tant que maire, car une partie du pont est sous ma responsabilité et en tant que directeur central de la cellule antipollution. En ce moment nous menons une action qui consiste à faire un repérage de ce pipe, car en plus du problème du pont nous avons aussi celui des habitations qui ont été construites aux abords du pipe voire sur le pipe lui même.

Nous sommes donc en train de faire ce travail avec la CORAF, la mairie centrale, et les sociétés pétrolières. Nous devons d’abord faire une sensibilisation des populations sur les risques encourus et d’autre part comment prendre une action coercitive pour que le prospect qui doit exister entre le pipe et les constructions soit respecté. D’autre part sur les mesures conservatoires à prendre pour protéger le pipe en cas d’effondrement du pont. C’est donc un dossier à suivre.

DLD : Monsieur le maire, il semble évident qu’aucune solution durable ne peut exister sans la construction d’un nouveau pont...

TGV : Oui, oui, il faut nécessairement la construction d’un nouveau pont, c’est une solution que nous avons en cours d’étude avec les gens des travaux publics et autres. Mais il nous faut de toute manière une solution provisoire car, comme je vous sais bien informé, vous savez que là, en plus du pipe Djeno-CORAF passent aussi les pipes qui ravitaillent le port, mais aussi la ville, en produits finis depuis la CORAF. Nous devons donc nous inquiéter de la situation d’attente de réalisation du nouveau pont dont les études, comme celles de la réfection de l’avenue Jacques Opangault ont dors et déjà été diligentées par la mairie centrale. Soyez certain que Roland Bouity Viaudo est lui aussi tourmenté par le problème et qu’il s’en préoccupe. Il est probable que nous trouverons la solution avec l’aide du ministère des hydrocarbures et celle des sociétés pétrolières.

Las des difficultés ci-dessus énumérées, deux candidats aux élections législatives de 2008 interpelaient, toujours sans le moindre effet, les autorités :

LETTRE  OUVERTE  AUX  AUTORITES  DE  LA  VILLE  DE  POINTE-NOIRE.

A
Monsieur Alexandre Honoré PAKA, Préfet du Département de Pointe-Noire ;
Monsieur Roland BOUITI-VIAUDO, Député-maire de la ville de Pointe-Noire ;
Monsieur Valentin TCHIBOTA-GOMA, Administrateur-maire de l’arrondissement 2 « Mvou-Mvou » ;
Madame Marie-Catherine DEKAMBI-MAVOUNGOU, Administrateur-maire de l’arrondissement 4 « Loandjili ».

Madame, Messieurs,

Les usagers de l’Avenue Jacques OPANGAULT sise dans les arrondissements 2 et 4 de la ville de Pointe-Noire tiennent à porter à votre attention la situation plus que préoccupante du pont par lequel ladite avenue franchit la rivière « Songolo ». Cet ouvrage à voie unique a été longtemps interdit aux véhicules de plus de 17 Tonnes. Le panneau indiquant cette interdiction a disparu depuis des années. Les balises permettant de limiter la largeur des convois pouvant franchir l’ouvrage ont été vandalisées. La conséquence la plus évidente est la destruction totale des rambardes ouest du pont et les profondes blessures du tablier où, par endroits, les armatures ont été elles aussi détruites.

 

L’état de vétusté de l’ouvrage inquiète les usagers qui en craignent l’effondrement.

A l’attention toute particulière de Monsieur l’Administrateur-maire de l’Arrondissement 2, gestionnaire de la moitié sud du pont et Directeur Général de la Cellule antipollution du Ministère des Hydrocarbures.

 

Plusieurs oléoducs font partie intégrante de cet ouvrage. En cas d’effondrement, ils ne manqueront pas d’être rompus. Il faudra alors régler le problème d’une pollution majeure. Peut-être même d’un incendie d’hydrocarbures en zone urbaine. Nous vous rappelons qu’une intervention d’urgence a du être réalisée en Février 2008 pour colmater une fuite de gaz toxiques provenant de ces oléoducs.

Ce signe prémonitoire ne semble pas vous avoir alertés.

Monsieur Le Préfet du Département de Pointe-Noire ;
Monsieur le député-maire de la Ville de Pointe-Noire ;
Monsieur l’Administrateur-maire de l’Arrondissement 2 de Pointe-Noire ;
Madame l’Administrateur-maire de l’Arrondissement 4 de Pointe-Noire ;

Une mesure de fermeture de l’ouvrage s’impose avant que ne survienne une catastrophe. Les usagers sont conscients de l’impopularité que provoquera une telle mesure ; ils sont aussi conscients que si vous ne la prenez pas et que survient l’irréparable, ils vous en tiendront pour responsables devant toute juridiction se déclarant compétente.

Quel que soit le cas de figure, ils vous considèrent comme coupables de la négligence qui, depuis toujours, a été la vôtre dans la gestion de cet ouvrage.

Nous, usagers de cette avenue, vous exhortons de sortir de votre mutisme en vous impliquant au premier chef dans ce qui apparaît comme un danger imminent.

Fait à Pointe-Noire, le 27 Avril 2008

Armand Henri-Gelase BOUCKETHY, Habitant Songolo
Wilfrid Olivier-Gentil SATHOUD Candidats Indépendants aux Elections municipales 2008
 
Ampliation :
Les destinataires ;  
L’ensemble de la presse nationale tant écrite, audiovisuelle que cyberpresse ;  
Les medias étrangers présents sur le territoire national ;  
Tous les moyens en notre possession pour assurer la plus large diffusion possible à ce document

En février 2010, Armand-Gélase Bouckety tentera une nouvelle action de même type accompagnée d’une pétition. Il sera convoqué par la mairie qui saura le dissuader de pousser l’idée à son terme en lui promettant l’imminence des travaux.

Un nouvel espoir en 2009

Lors de la présentation du budget 2010, le maire central donnait un nouvel espoir aux ponténégrins, d’autant plus que le ministère des finances lançait un appel d’offres pour le remplacement du pont à voie unique :

Appel d'offres National N°026T / MFBPP-CAB / CGFPPTE / PURAC-UCEP-SPM/09 du 19 novembre 2009
"Construction d'un dalot triple sur l'avenue jacques OPANGAULT sur la rivière SANGOLO[3], arrondissement 2, commune de Pointe-Noire"

Une petite amélioration à laquelle la municipalité est étrangère

En février 2010, alors que rien à part la fourniture de quelques camions de terre jaune pour boucher les trous au droit de la propriété du préfet Paka n’avait été réalisé, la CORAF se sentait obligée d’entreprendre des travaux de couverture du pipe au sud du pont, la circulation se faisant directement sur les pipes. Ces travaux sur une longueur de 200m sont toujours en cours contraignant la circulation à emprunter une déviation malcommode.

La cerise sur le gâteau

Fin février 2010, une fuite est constatée sur le pipe de pétrole brut. Cette fuite pollue directement la rivière Songolo. La CORAF avec l’aide de TOTAL engage de couteux travaux de réparation de la conduite endommagée sous le tablier du pont, sans prévoir en aucune manière la déviation des tuyaux.

Aujourd’hui, nous doutons que la construction du dalot prévu tienne toujours, sinon comment comprendre que le pipe n’ait pas été dévié ?

De là à nous laisser penser que la municipalité n’a aucun propension à vouloir faciliter la vie des quartiers nord de Pointe-Noire, il y a un pas que de nombreux usagers n’hésitent pas à franchir.

 


[1] Trois ans plus tard, les usagers attendent toujours que cet engagement soit tenu.

[2] A noter que le budget municipal pour 2010 a été arrêté à plus de 13 milliards dont plus de 2 n’ont pu être retrouvés au trésor municipal.

[3] La faute d’orthographe est d’origine

 

 

 

PROSTITUTION ENFANTINE : LE DEVOIR D’AGIR

Principe : 2   Déclaration des droits de l'enfant 20novembre 1959:

« L'enfant doit bénéficier d'une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l'effet de la loi et par d'autres moyens, afin d'être en mesure de se développer d'une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité. Dans l'adoption de lois à cette fin, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être la considération déterminante. »

 

Dernièrement Monsieur Elie Sosthène - Président d'ATTAC 3 nous a interpellés sur le phénomène grandissant de la prostitution infantile au Congo-Brazzaville. Bien que le sujet soit déjà connu par les différents acteurs de la société congolaise, il n’est pas moins utile de le marteler de nouveau afin que les esprits  amnésiques s’en souviennent.  Il n’est pas très aisé d’aborder le sujet vu les multiples raisons qui aujourd’hui poussent nos jeunes sœurs et frères à se livrer à cette activité  indigne et dangereuse. Les contraintes auxquelles sont souvent soumises les personnes prostituées sont diverses. Elles peuvent être économiques, affectives et physiques. Le plus souvent issues de milieux sociaux économiquement défavorisés, les personnes prises dans l’engrenage  du  phénomène de la prostitution s'y laissent entraîner dans le but de " contourner " une injustice économique ou de réparer une frustration sociale. Pour le cas express du Congo-Brazzaville, les événements qu’a connus le pays en 1997 (guerres civiles) ont largement contribués à l’expansion de cette solution de facilité. L’absence d’une vraie prise en main de la jeunesse abandonnée, livrée à elle-même  est l’une des conséquences, parmi tant d’autres, que nous aimerions ici mettre en avant et surtout circonscrire quelques pistes pour tenter d’apporter tant peu soit-il une réponse.
                                                        
Le vide social qu’a généré la fin de la guerre civile de 1997, a propulsé une bonne partie de la population congolaise dans une situation de dénuement totale et de victimes psychologiques aux conséquences aujourd’hui dramatiques, hypothéquant ainsi l’avenir d’une société congolaise en pleine mutation. L’on s’est empressé de désarmer les milices, de récompenser certains violeurs et bourreaux, de colmater les traces visibles d’une instabilité et des violences politiques, mais rien n’a été réellement pensé pour les victimes silencieuses de cette tragédie qui sont : les femmes et les enfants. Comme le témoigne Madame S. Germaine  résidente du quartier BIFOUITI Arrondissement 1 Makélékélé «  J’ai perdu mon mari pendant la guerre, j’ai été violé et j’ai eu cette fille que tu vois là, je l’ai élevé seule dans la misère. J’arrive plus à assumer et voilà qu’elle sort et découche que puis-je faire ? Pourtant elle n’a que 13 ans … ». Cette complainte à elle seule résume en grande partie le désarroi de toute cette jeunesse.  Les autorités congolaises en occultant cette réalité ont plus ou moins condamnées cette jeunesse à la perdition. La pauvreté est un facteur déterminant qui pousse les enfants à s’engouffrer dans le monde de la prostitution. Sur le terrain, la constatation faite dans certains quartiers  auprès des jeunes enfants prostitués, pointent leurs conditions sociales : Pointe Noire, au quartier Matendé et sur l’avenue de l’aéroport à l’angle de la brasserie, le spectacle sur l’avenue dite de l’envoutement est inacceptable. Centre ville de Brazzaville ; le rond point de la coupole donne un spectacle humiliant dès la nuit tombée. A Moungali, il existe des ngandas de triste renommée, tel que celui de la rue Djambala appelé « Tao-Tao » et le « Nganda ba Sosso » dans le marché ; l’avenue de la paix devrait être rebaptisée avenue de la débauche... A Makélékélé, il existe le « Nganda Mabouaka ». Les Congolais appellent cyniquement ces ngandas « les lieux de la mort ». Dans un pays soucieux du respect des règles d'hygiène  et de santé publique, ces lieux seraient administrativement voir judiciairement fermés. Cette illustration n’est que démonstrative. Ce n’est pas une révélation, mais plutôt une confirmation sur le terrain. Pauvreté, éclatement de la cellule familiale, maltraitance au sein de la famille, démission de l’école, absence de repères éducatifs, sexuels et également le travail précoce...Tous ces facteurs ont fait des enfants des objets sexuels aujourd’hui. A cela s’ajoute ce pseudo « consentement » de la société, qui ferme les yeux sur les abus sexuels sur les enfants.
 
L’absence d’une véritable politique de prévention  engageant l'ensemble des citoyens à tous les niveaux de la société, de manière cohérente : Famille, Ecole, Travailleurs sociaux, Police, Gendarmerie, Justice, mais également responsables politiques est une erreur politique grave. C’est pour cette raison qu’il est totalement exclu de notre point de vue de considérer ce phénomène avec une certaine forme de légèreté inadmissible. 
 
Nous avons l’obligation tout autant que nous sommes de se mobiliser pour que ce phénomène risible de prostitution des mineurs puisse prendre fin et donc lutter contre les causes de leur vulnérabilité n'est pas une mission que l’on doit mener en vase clos. Elle nécessite une réflexion approfondie associant toutes les compétences en matière d'insertion dans le domaine de l'emploi, du logement, de la santé, de l'accès au savoir… autant de facteurs à même d'empêcher les jeunes d'envisager la prostitution comme un moyen de vivre ou de survivre. L'Etat se doit de protéger les personnes les plus démunies en se donnant les moyens d'organiser, avec des partenaires, des politiques de prévention et de développer des actions, par exemple, dans le domaine de la protection de l’enfance. Il doit aussi être cohérent dans son message, notamment à travers sa législation. Ainsi, en matière de prostitution, à quoi sert-il de vouloir éduquer les jeunes au respect de soi et des autres, si par ailleurs un Etat cautionne, par une attitude laxiste,  la prostitution, et de ce fait encourage le proxénétisme ?
 
En conséquence, il sera intéressant d’appliquer la loi qui interdit l'achat d'actes sexuels, et donc pénalise le client de la prostitution. Le Congo de demain que chaque citoyen rêve est une nation où les jeunes évolueront dans un   pays qui annonce aussi clairement ses valeurs de dignité, de responsabilité, de respect, et surtout d’éducation. L’arme pour atténuer ce phénomène existe et c’est la loi. Seulement faudrait-il qu’elle soit respectée par l’autorité elle-même qui en somme affiche un comportement de délinquant s’estimant au dessus de la loi. L’avenir de toute une jeunesse ne peut être mis en balance avec les préoccupations mercantiles, c’est un délit politique inexcusable.
Il est plutôt souhaitable qu’une sorte d’Etats généraux de l’enfance soit initié pour prendre en compte dans toute son essence le désarroi profond de la jeunesse congolaise.
 
Pour ce faire.
- Réintroduire la notion de l’école obligatoire pour tout enfant mineur.
- Responsabiliser les familles sur leur devoir d’éducation envers leurs enfants
- La mise en place d’un centre social d’accompagnement aux enfants mineurs en difficulté.
- Renforcement de la loi contre la prostitution infantile par l’interpellation et la condamnation des clients et un rappel à l’ordre aux parents.
- Mise en place des centres d’apprentissage pour enfants.
- Informer et éduquer les adolescents, les adultes et les familles sur les conduites à risque.
- Instaurer des campagnes de prévention de ce symdrôme qui gangrène la jeunesse congolaise.
 
Toutefois, ce problème exige une implication et une mobilisation de tous les acteurs, en rapport avec la société : Cela implique les parents, les acteurs des milieux associatifs, de la presse et surtout de l’autorité politique. De même, il incombe à chacun de nous de libérer sa part d’humanité et de tendre la main à ces enfants condamnés à la misère en ayant un comportement ferme et digne . Notre silence ou encore notre résignation est un aveu d’échec qui condamne davantage nos jeunes sœurs et frères. Avant d’accuser qui que ce soit, commençons par s’interroger sur nos propres actes et notre propre implication. C’est ainsi que nous avancerons ensemble vers une reconstruction d’une nation solidaire. Sans vouloir donner de leçons de morale à qui que ce soit, agir même par ces modestes écrits c’est apporter une contribution non négligeable. Construisons dès maintenant cette chaine de refus de la prostitution infantile. Chacun de nous est le frère d’un enfant abusé par la cupidité des hommes sans morale ni compassion. Agir c’est les aider à recouvrer une dignité.
 
Jean Claude BERI
http://berijc.over-blog.com/
DAC : developperautrementlecongo@gmail.com

Pointe-Noire - Lycée Victor-Augagneur vs Lycée Poaty-Bernard : Une rivalité de potaches tourne à la guerre ouverte

Du vendredi au mercredi derniers, les élèves des deux lycées se sont livrés une véritable guerre. Cette crise, aux causes inconnues, a vite dépassé le cadre scolaire pour devenir une affaire d'état. Seulement les causes réelles de cet excès de violence sont peut-être ailleurs et sont plus profondes qu'on le croit.

Rivaux depuis des années, les élèves des deux établissements sont sortis du cadre habituel de leur rivalité, celui des moqueries tournant essentiellement autour du choix scolaire (les élèves de Victor-Augagneur, lycée d'enseignement général, ''intellectuels'', nourrissant un complexe de supériorité à l’endroit de ceux de Poaty-Bernard, lycée d'enseignement technique, ''manuels'''), pour un autre terrain plus dangereux celui de la violence. Et ils n'ont pas fait les choses à moitié. De vendredi à lundi, ils se sont affrontés à mains nues et armes blanches. Et le bilan de ces affrontements : plusieurs élèves blessés et un enseignant brutalisé par la police. Des forces débordées et surprises par l'ampleur des événements.

Tout comme les proviseurs des deux lycées qui, depuis le déclenchement des "hostilités" le 14 janvier, n'avaient pris aucune mesure pour ramener leurs élèves à la raison.

Pointe-Noire est coutumière de ces tensions entre élèves de LVA et ceux de LTPB mais cette année, elle a atteint un degré de violence jamais vu d'autant plus les causes en sont pas claires: les uns parlent de querelle amoureuse et les autres d'un échange verbal qui aurait mal tourné. Qu'à cela ne tienne, l'une ou l'autre raison ne justifient  pas un tel excès de violence de la part des futurs cadres du pays.

Les vraies causes seraient peut-être à chercher loin de l'école, dans la cité tout simplement. L'état du pays ne pousse pas l'optimisme et pour les jeunes en mal de repère (système éducatif inadapté, manque de débouchées professionnelles...) la violence serait un moyen d'expression. L'école n'étant qu'un échantillon de la société, ce qui s'y passe n'est que le reflet du mal profond qui ronge les congolais dans leur ensemble. L'intervention du maire de la ville illustre bien le sérieux de la situation, mercredi matin, Roland Bouiti-Viaudo a entretenu tour à tour les proviseurs des deux lycées. "Ils doivent prendre leurs responsabilités !" a-t-il déclaré à l'issue de ces rencontres avec Jean-Baptiste Sitou, de Victor-Augagneur, et Séraphin Lomba, de Poaty-Bernard. Un conseil qui sonne comme une mise en garde.

Pour montrer la détermination des autorités à régler cette crise scolaire, le maire était accompagné du commandant de la compagnie territoriale de la gendarmerie et du commissaire central adjoint.

La volonté d'endiguer cette violence s'est remarquée le matin même par la mise en place d'un important dispositif des gendarmes et policiers aux abords des deux lycées. Dispositif qui n'a pas empêché les élèves des établissements rivaux de s'invectiver mutuellement. Pendant  toute la matinée, l'on a craint que la situation ne dégénère à nouveau mais le théâtre des affrontements s'est déplacé loin des lycées quadrillés par les forces de l'ordre. Ainsi l'on a pu voir des "bouchons" vers le CEG Antoine-Banthoud et le lycée Pointe-Noire 2. Des affrontements mineurs qui n'ont rien à voir avec ceux du week-end. 

Depuis deux jours, un calme rélatif règne au sein des deux établissements et les cours ont repris timidement. Espérons qu'au moment où se font les dépôts des candidatures pour les baccalauréats général et technique, les élèves ne penseront a rien d'autre d'à étudier. Est-ce pourtant dire que la situation est réglée ? Que les élèves ''nourris'' des préjugés sur les autres vont se calmer pour toujours?

Publication du rapport "Exploitation pétrolière et minière au Congo-Brazzaville..."

 Communiqué de presse

Publication Rapport « Exploitation pétrolière et minière au Congo-Brazzaville: quel impact sur les droits économiques et sociaux des communautés riveraines? » 

Trois ans après avoir publié le rapport "Exploitation pétrolière et violations des droits de l'homme au Congo-Brazzaville", la Commission Diocésaine Justice et Paix de Pointe Noire et la Rencontre pour la Paix et les Droits de l'Homme (RPDH), deux organisations congolaises de promotion et défense des droits humains, publient ce jour mardi 23 août 2011, avec le soutien de National Endowment for Democracy (NED), un nouveau rapport intitulé: "Exploitation pétrolière et minière au Congo-Brazzaville: quel impact sur les droits économiques et sociaux des communautés riveraines?"

Ce rapport porte sur les violations des droits des communautés riveraines des installations pétrolières et minières du Kouilou. Il met sur la table de discussion la problématique de la cohabitation entre les populations de cette zone et les industries extractives opérationnelles dans l’on shore. Cette problématique préoccupe les deux ONG depuis le lancement des activités d'extraction en terre ferme en 2000, rendant ainsi impérieuse la nécessité d'enquêter sur la situation sociale et environnementale des communautés exposées.

Le rapport marque la volonté de la Commission Justice et Paix et de la Rencontre pour la Paix et les Droits de l'Homme d'étendre leurs recherches à des communautés spécifiques confrontées à des difficultés relevant de l'activité minière et pétrolière; activité qui entravent significativement l’accès aux droits économiques et sociaux, et en particulier les droits à l'eau, à la santé et à l'alimentation. Il met aussi un accent particulier sur les droits à la participation et à l'information des communautés riveraines, droits souvent ignorés par l'Etat et les compagnies, en violation du cadre législatif national et des instruments juridiques internationaux en vigueur sur la protection des droits de l’Homme et de l’environnement.

Ledit rapport vise en définitive une exploitation responsable des ressources naturelles par les compagnies, dans la perspective de minimiser les nombreux impacts négatifs mis à jour lors des recherches, et améliorer le quotidien de communautés implantées dans des zones de mise en œuvre de projets d’exploitation.

Il a permis de constater des atteintes aux droits, depuis le début des opérations, en raison de la dégradation constante des facteurs naturels dont pouvaient se prévaloir les communautés du fait de leur environnement, à savoir : cours d’eau, terres fertiles et autres, pollués des suites de l’industrialisation croissante. Cette Situation mérite une attention particulière de la part de l'Etat, des compagnies, des organisations de la société civile, des communautés elles-mêmes, des institutions internationales, des partenaires au développement et des pays hôtes des compagnies, en faveur d'une amélioration progressive de la jouissance des droits susmentionnés en termes de disponibilité, d'accessibilité et de qualité.

Les recommandations contenues dans ce rapport répondent à cette logique car, du respect des droits économiques et sociaux des communautés, dépend une paix sociale véritable, propice au développement des activités industrielles auxquelles se greffent les enjeux de développement économique du Congo.                                                                                   

Les recommandations mettent également en avant les initiatives positives et les facteurs d'espoir pour que l'exploitation pétrolière et minière soit bénéfique aux communautés confrontées à une pauvreté endémique, comme c'est le cas pour plus de la moitié de la population du pays en général. Il y va d'un combat pour une exploitation responsable des ressources naturelles, d'une bataille pour la transparence, qui soit stimulée par un contrôle citoyen sur l'action des pouvoirs publics, élément essentiel de l'Etat de droit et de la démocratie

 

Fait à Pointe-Noire, le Mardi 23 Août 2011


Pour la CJP                                                                         Pour la RPDH
Brice Mackosso                                                                     Christian Mounzéo
 
Contacts Presse :
Brice Mackosso, 00242 05557 90 81
Christian Mounzeo, 00242 05 595 52 46
Alain Louganana, 00242 05 529 30 51
Franck Loufoua-Bessi, 00242 05 550 45 20

Pygmées - Bantous : un amour impossible ?

 

Pygmées - Bantous : un amour impossible ?

Les préjugés ont la vie dure

par Franck Salin dans Afrik.com

Des mariages entre Bantous et Pygmées ? Cela était impensable, il y a encore quelques années. Mais aujourd’hui, si les tabous demeurent prégnants, les mentalités évoluent. Reportage à Impfondo, au Congo-Brazzaville, où se déroulait du 16 au 19 mars le Forum international des peuples autochtones d’Afrique centrale (FIPAC).
 
B. Moubangwe

« Ca ne changera jamais de mon vivant. Les Bantous ne nous accepteront jamais. C’est un rêve irréalisable », soutient Benjamin Moubangwé. Chasseur, agriculteur, producteur de graines de palme et de miel de forêt, mari de deux femmes et père de huit enfants, M. Moubangwé ne se plaint pas de la vie qu’il mène et est plutôt fier de ce qu’il est. Mais lorsqu’on lui demande si, au Congo-Brazzaville, un Pygmée comme lui peut fonder une famille avec une Bantoue, sa réponse est sans appel. « Les hommes bantous ne nous acceptent pas, ils nous traitent comme des idiots. Si une femme bantoue se rapprochait d’un pygmée, les hommes bantous lui demanderaient des comptes : comment peux-tu être avec un inférieur ? Ils lui mettraient une barrière qui empêcherait tout rapport sexuel », estime-t-il. Pour Nicole Mbeki, 31 ans, serveuse dans un hôtel-restaurant d’Impfondo, le chef lieu du département de la Likouala où vit également M. Moubangwé, l’union entre un autochtone et une Bantoue est aussi du domaine de l’impensable. « C’est impossible ! C’est l’homme qui drague la femme », s’exclame la jeune femme, lorsque nous lui demandons si elle pourrait se marier avec un autochtone. « Un Pygmée ne peut pas approcher une bantoue, il se sent inférieur donc il n’y arrive pas », explique-t-elle. Et si un Pygmée avait le courage de lui déclarer sa flamme, céderait-elle à ses avances ? « Oui, peut-être, mais ce serait très difficile », lâche-t-elle du bout des lèvres.

Toutou Ngamiye

Pourtant, Benjamin Moubangwé a déjà été témoin d’un rapprochement entre un Pygmée et une Bantoue. « Le fils de l’un de mes amis couchait avec une Bantoue. Mais il s’est fait enfermer » à cause de la famille de la femme, raconte-t-il. Et libérer le jeune homme de prison n’a pas été une mince affaire. S’il reste très mal vu qu’un Pygmée noue des relations amoureuses avec une Bantoue, le tabou semble beaucoup plus lâche pour les hommes bantous sensibles aux charmes des autochtones. M. Moubangwé a lui-même une fille, Martine, qui a un enfant avec un Bantou. Et Nicole Mbeki confie connaître quelques couples mixtes dans le département de la Likouala. De même pour Jean-Denis Toutou Ngamiye, enseignant à la retraite vivant dans le village de Dwakami, dans le département de la Lékoumou, et président bantou de l’association pour la promotion socioculturelle des Pygmées du Congo (APSPC). Son oncle, affirme-t-il, est marié à une autochtone, et tous leurs fils ont épousé des Bantoues. M. Toutou Ngamiye se rappelle qu’autrefois la plupart des Bantous cachaient leurs relations avec des femmes pygmées, tandis qu’aujourd’hui ils en ont moins honte. Il estime donc que les mentalités peuvent aussi évoluer du côté des femmes bantoues. « Il y a déjà quelques cas, mais les femmes restent réticentes », constate-t-il.

Pour Hortense Bouanga Silas, présidente de l’association Action communautaire pour un développement durable (ACDD) basée à Indo Sibiti, dans le département de la Lékoumou, « c’est d’abord une question économique. La femme bantoue ne peut aller vers l’homme autochtone alors que l’inverse est vrai ». Le mode de vie nomade des Pygmées ne conviendrait pas aux femmes bantoues, qui n’y trouveraient pas le confort matériel et financier auquel elles aspirent. « Il y a aussi le problème de la propreté. Ils ne maîtrisent pas toutes les notions d’hygiène. Ils vivent dans un habitat vraiment dérisoire. Souvent, dans leurs campements, les hommes vivent ensemble de leur côté, les femmes de l’autre. Et quand ils se désirent, ils font leurs affaires en forêt. » Une manière d’être difficilement supportable pour un Bantou.

L’éducation et l’échange, les meilleures armes contre les préjugés

B. Ngola

De plus en plus de Pygmées se sédentarisent et intègrent l’économie marchande. Mais, travaillant en général pour des Bantous, ils sont exploités par ces derniers qui profitent de leur piètre connaissance de la valeur monétaire du travail. Une situation que dénonce Benjamin Ngola, Pygmée d’origine centrafricaine, enseignant depuis trois ans dans une école primaire du village d’Enyele, dans la Likouala. Pour lui, les deux ethnies ne pourront pas cohabiter harmonieusement et encore moins se métisser tant que l’une méprisera l’autre. « Se marier avec un Bantou ? Non, ça ne peut pas aller », déclare-t-il. « Souvent les filles autochtones approchent les Bantous, mais jusqu’à maintenant les Bantous prennent les Pygmées pour leurs esclaves. Aux champs, on les voit faire les Pygmées travailler dur, porter des fagots, pour juste un bâton de cigarette », dénonce le jeune homme.

A. Kombe

Les rapports Maître/esclave, Adrien Kombe-Mabojawa en sait quelque chose. Cet administrateur de services financiers et de santé, président de la Fondation Kombe pour le développement rural, se définit lui-même comme un « descendant de maître d’autochtones ». Son père était autrefois chef du village d’Enyele et sa famille avait de nombreux Pygmées sous sa coupe. Depuis 2003, exorcisant ce passé, M. Kombe-Mabojawa œuvre à l’amélioration de la qualité de vie de la minorité pygmée et à son insertion dans la vie économique du Congo. « La main qui reçoit est toujours faible devant celle qui donne », analyse-t-il, estimant qu’il faut « amener [les autochtones] à créer des activités génératrices de revenus pour les rendre autonomes » et, ainsi, mieux considérés. Une démarche qui passe par une plus grande scolarisation des Pygmées. Pour lui, il faut ouvrir plus d’écoles sur les lieux où ils demeurent afin de les faire progresser sans les dénaturer ; une démarche différente des politiques gouvernementales des années 1960-1970 qui en avaient drainé un grand nombre « vers la ville, pour les scolariser, leur permettre de cohabiter avec les Bantous, mais sans mesure d’accompagnement ».

Y. Salemba

Pour Jean-Denis Toutou Ngamiye, les progrès amenés par la scolarisation sont déjà visibles. Même si le mode de vie nomade pénalise les enfants pygmées qui doivent suivre leurs parents en forêt plusieurs fois par an, ceux qui accèdent au système scolaire, et par conséquent fréquentent des Bantous dès l’enfance, sont de plus en plus nombreux. « Autrefois, ils craignaient l’influence des enfants bantous sur les leurs, la possibilité qu’ils soient discriminés. Mais ça a évolué, aujourd’hui ils jouent ensemble, ils vont à l’école ensemble », explique M. Toutou Ngamiye. Pour Yvonne Salemba, originaire du pays voisin, l’éducation est aussi l’une des clés de l’évolution des mentalités et de la condition des pygmées. « Ici, au Congo-Brazzaville, les autochtones sont plus discriminés qu’en RDC. Au Kivu, ils ont accès au lycée, à l’université », constate-t-elle. Pygmée titulaire d’un diplôme de second cycle, infirmière dans la ville de Bukavu, mariée depuis 15 ans à un Bantou et mère de trois enfants, Mme Salemba continue sa lutte pour l’émancipation et l’égalité des autochtones au sein du PIDP (Programme d’intégration et de développement du peuple pygmée au Kivu). Mais, partant de son expérience personnelle, elle est optimiste quant à l’avenir des relations entre les deux groupes humains. D’ailleurs, nous confie-t-elle, quelque soit l’origine des conjoints, le secret d’une union réussie reste le même : « La femme doit être soumise à son mari ! »

Lire aussi :

 

Qui sont les délinquants ? Nouveau récit de brutalités policières à Pointe-Noire

A propos d'un fait divers dans lequel est impliqué un officier de police, nous écrivions hier : Tant que les dérives policières ne seront pas punies avec une sévérité exemplaire, et que la présence de voyous n’est pas éradiquée des rang des forces de l’ordre, on ne pourra pas espérer un regain de confiance et une revalorisation de la fonction policière dans l’esprit des populations. Ce n'est pas le récit qui suit, trouvé dans Facebook qui va nous faire changer d'avis.

Au moins deux des victimes nous sont parfaitement connues : Arnaud Kingat et Roland Kaya, elles sont dignes de foi.

 

Photo : Le visage tuméfié et la chemise déchirée de l'une des victimes des défenseurs de l'ordre.

 

Le Récit :

 

La nuit du samedi 30 au 31 juillet 2011, un groupe de 14 jeunes congolais et français passent une soirée amicale et se rendent dans le quartier Mawata. Dès leur arrivée, vers 1h du matin, des pick-ups de la police municipale s'arrêtent à hauteur du groupe et un policier cagoulé, suivi des ses collègues, saute du véhicule et arrache une fille du groupe sans explication ni interpellation. Face à la violence et à l'incompréhension, le groupe tente de s'interposer entre la police et la jeune femme. Au même moment : Arnaud KINGA (journaliste) se dirige vers les policiers pour s'informer et se fait frapper, menotter et placer dans le véhicule ; Guichel BITSY (agent de l’ONG Rénatura) subit le même traitement sans être menotté ; Roland KAYA (comédien) reçoit des coups de poing au visage et se fait frapper dans les jambes à coup de matraque. Dans la foulée, il perd son téléphone portable ; Deme Steve PAMBOU (artiste) est également violenté et étranglé.
Finalement, l'amie est placée dans le véhicule de la police.

Voulant connaître la cause de l'arrestation de leur amie, ils [les autres ndlr] décident de suivre la patrouille de police. En cours de route, devant le restaurant chez Andreas, la jeune femme est transférée dans un camion bâché où plus d'une quarantaine de filles sont déjà. Une autre jeune femme qui était dans la rue est frappée, ses vêtements sont déchirés par les policiers puis elle est placée dans le véhicule totalement nue. 

Devant le commissariat de l'arrondissement n°1 de Lumumba, Arnaud KINGA est relâché. A ce moment, les policiers expliquent que "la police congolaise a reçu l'ordre d'arrêter toutes les prostituées de Pointe-Noire". En tentant de comprendre la situation avec certains agents de la police et de leur expliquer que leur amie n'en n'est pas une, un policier demande la somme de 34 000 FCFA pour que la jeune fille soit libérée. Très rapidement le policier descend la somme exigée à 15 000 FCFA. Les jeunes gens refusent cette transaction, contraire à la loi et n'étant coupables d'aucun délit.
Après plusieurs minutes, les jeunes femmes sont convoyées par les policiers jusqu'au commissariat central. Toujours dans le même souci de protéger leurs amis, le groupe suit de nouveau les véhicules. Une fois arrivé, Guichel BITSY est relâché. Le groupe a de nouveau tenté de faire comprendre aux policiers que la manière avec laquelle ces femmes ont été arrêtées ne correspond pas à une procédure policière et ne respecte pas les droits des personnes. Le groupe d'amis ajoute que toutes les filles dehors à cette heure-là ne sont pas "automatiquement" des prostituées (parmi les femmes arrêtées, se trouvent également des épouses). 

Après de nombreuses réclamations devant le commissariat central, un colonel, qui n'est pas de service, s'arrête pour discuter avec le groupe. Suite aux déclarations faites et au constat de la violence policière avérée au commissariat, le colonel promet de faire ce qui est en son pouvoir pour faire sortir l'amie détenue puis quitte les lieux. Le groupe reste près d'une demi-heure devant le commissariat pour attendre la libération de leur amie. Puis leur attention est attirée par des cris de femmes à l'intérieur du commissariat. Pour cette raison, quatre membres du groupe entrent dans le commissariat pour savoir où en est la procédure. Ensuite, un lieutenant en service leur demande violemment de quitter les lieux. M.. Prince BAOUA rappelle aux policiers que le code de la famille stipule que « tout être humain est sujet de droit » et qu'on leur doit le respect. C'est pour cela que le lieutenant ordonne alors à ses collaborateurs de frapper M. BAOUA et de l'arrêter. Les subalternes et particulièrement un sergent répondant au nom de M. DOUNIAMA le battent jusqu'à le défigurer et le faire saigner. Puis, il est enfermé dans une cellule.

Juste après cette arrestation et suite aux réclamations exprimées par le groupe, la jeune femme et elle seule est libérée.
Les revendications continuent après la libération de la jeune femme pour innocenter leur ami incarcéré. Une somme de 72 000 FCFA est demandée par le lieutenant qui accuse M. BAOUA de l'avoir outragé (ce qui n'est que pire mensonge et mauvaise mise en scène). Il reste incarcéré pendant 6 heures.

Le groupe reste à proximité du commissariat jusqu'à la libération de M. BAOUA. Vers 8h, un colonel, se disant « commissaire au commissariat de Loandjili », revient au commissariat central pour ordonner la libération de M. BAOUA. Ce même colonel était présent au moment où M. BAOUA a été maltraité et incarcéré. Ce dernier présente des contusions à sa sortie de cellule. 

Aujourd'hui, la démarche du groupe d'amis concernés par ces événements est d'une part de réclamer justice, et de manière plus générale d'amorcer une prise de conscience par tous, afin de faire instaurer des procédures policières respectueuses des droits de l'Homme en République du Congo.

Il ne peut être toléré que des policiers agissant tel qu'il a été décrit, puissent déclarer, comme le sergent, M. DOUNIAMA "je suis la loi!".


Les policiers avaient reçu l'ordre d'arrêter les prostituées, pas de les brutaliser.

Ils ont embarqué sans distinction toutes les femmes noires accompagnées ou non, ce qui nous a été confirmé à diverses reprises l'opération ayant eu lieu dans toute la ville.

Ils n'ont tenu aucun compte des déclarations des gens présents et se sont même permis de frapper ceux qui avaient l'outrecuidance de leur faire remarquer la disproportion de leurs manières.

Si vous sortez le soir méfiez-vous surtout des hommes en uniforme.

Qui à part Zenga Mambu se souvient de Youlou Mabiala ?

ImageIngrat Congo qui adule ses artistes sans leur laisser les moyens de vivre de leur art, les abandonne à la première difficulté pour les élever ostentatoirement et dispendieusement rang de héros national une fois décédés.

Rapha Boundzeki a subi jusqu'au bout de cette logique absurde. Mort ruiné après avoir été explusé de sa maison, trahi par un producteur vampire qui prétendait l'avoir signé "A vie", spolié par le Bureau Congolais des Droits d'Auteurs, il a été porté en terre en présence de plusieurs ministres et d'une foule innombrable voici deux ans.

Avec son style qui n'engage que lui, Mbuta Muntu Zenga Mambu se souvient dans les forums de congopage.com d'un autre géant de la musique congolaise. Gilbert Youlou Mabiala, frappé dans sa chair au plus haut de son succès.

L'artiste est depuis six ans à Paris, où suite à un AVC lors d'un concert de gala il fut transporté par les bons soins de la présidence. Oublié là ? Il est aujourd'hui réduit à une quasi mendicité. 

Attendra-t-on, comme pour Rapha, qu'il meure pour dépenser sans compter afin de lui rendre hommage avec des funérailles nationales, ou mettra-t-on la main à la poche pour qu'il vive et nous enchante à nouveau ?

Intervention de Mbuta Muntu Zenga Mambu

(photos et smileys fournis par l'auteur)

Voilà bientôt 6 ans depuis que notre musicien chéri Youlou Mabiala Gilbert était tombé l'arme à la main suite à un AVC au cours d'un spectacle donné à Pointe-Noire, en l'honneur des hôtes de la Présidence de la République au cours des festivités marquant le 44 ème anniversaire de l’indépendance du Congo le 15 août 2004.

Ce dernier marche en ce moment en s'aidant d'une canne, ayant perdu l'usage de ses membres droits. Il était semble-t-il, sorti d'un hôpital de France à la suite de plusieurs factures impayées. 

Aux dires de son médecin, tout espoir n'est pas perdu qu'il chante de nouveau un jour, en lui administrant des soins appropriés et en ayant recours aux services d'un orthophoniste. Dans cet espoir, il préparait même un album de sept titres qui devrait consacrer ses 43 ans de carrière musicale, qu'il comptait larguer sur le marché du disque en juillet 2006.

Mais depuis, silence radio.

Youlou Mabiala est-il abandonné par l’Etat ? Youlou Mabiala est-il abandonné par les Congolais?

Dernièrement en suivant Mama Pierrette Biya : veuve Madilu sur Youtube ; j'ai été très enchanté de lui entendre dire que pour le premier anniversaire de la disparition de son feu époux Madilu System, notre richissime Vincent Gomes avait financé et érigé une stèle funéraire (commandée et fabriquée en Italie) sur la tombe de ce dernier.

Je me dis certainement qu'il attend également le décès de son compatriote Youlou Mabiala Gilbert et lui ériger aussi une grandiose stèle funéraire digne de l'artiste-musicien de grand talent, grand chanteur, chansonnier et guitariste qu'il a été :nono 

Image

Il y a quelques semaines de cela, j'ai eu la larme à l'oeil quand je l'ai revu sur Télé Nkombo, lors d'une réception le 22 avril à la Librairie-Galerie Congo à Paris (Photo :Le Prince (assis) pendant la fameuse réception). Réception donnée suite à la remise des prix (Tam-Tam d'or) aux artistes absents lors de la remise officielle des trophées de la musique congolaise, à Owando (?) par le propagandiste maître de cérémonie de l'ogre de Mpila, pour ne pas le nommer Médard Milandou avec à ses côtés le sinistre ambassadeur Henri Lopez.

Coiffé d'un "mouniéré" qui laissait apparaître quelques tresses, Y.M avait de la peine à s'exprimer et à marcher.

Le Prince, certains de tes compatriotes ne t'ont pas oublié :bina :bina :bina :bina 

Bon Week-end à tous (tes).



Z3M

RN1 : "Quand route finie, congolais finis"

 Il faut reconnaître que le Mayombe est vaincu et que désormais le voyage de Pointe-Noire à Dolisie est devenu une formalité que l’on peut expédier en un peu plus de deux heures. Sassou 3 a fait mieux que Sassou 1, Lissouba et Sassou 2.
L’ouvrage est sans nul doute plus performant que les autres routes nationales refaites que nous avons parcourues dans le pays (RN2 Brazzaville/Oyo ; RN4 Pointe-Noire/Frontière de Cabinda ; RN5 Pointe-Noire/Madingo Kayes). Pourtant, nous avons bien du mal à reconnaître l’ouvrage qui nous avait été présenté en grandes pompes sur l’avenue de Loango.
L’autoroute à deux fois deux voies avec terre plein central a fait long feu. D’évidence des contraintes, dont on nous a pas tenus au courant, ont fait réviser le projet à la baisse. Deux postes en ont fait les frais, les terrassements et la sécurité sur laquelle, malheureusement, l’impasse totale a été faite. Nous irons jusqu’à dire que la note HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) attribuable à cette route tend vers le zéro absolu. Ça semble aussi être l’avis des chinois qui n’hésitent pas à dire : « Quand route finie, congolais finis. ».

 

C'est juste après le cimetière de Mont Kamba que débute la route, au carrefour de l'avenue Thystère Tchicaya marqué par la présence d'un rond-point austère et quelque peu étroit.

Ici la route présente une plate forme à deux fois deux voies, d’une largeur  correcte mais sans terre plein central (TPC), ni bande d’arrêt d’urgence (BAU). elle possède cependant des trottoirs et comme un marché s’est développé de part et d’autre, la chaussée est fatalement rétrécie par des véhicules en stationnement. S’ajoute à cette gêne l’inévitable ballet des taxis qui font demi-tour en coupant la circulation sans le moindre scrupule.

Bien vite les trottoirs disparaissent et rien ne vient les remplacer, pas de BAU si toutefois dans le sens de la sortie les accotements sont assez larges pour permettre l’arrêt des véhicules.

D’autre part, de nombreuses voiries débouchent directement sur la chaussée principale, jusqu’au péage situé peu avant le village de Mengo.

La route partage Mengo en deux, on frémit à l’idée que des enfants vont devoir y traverser la route pour se rendre à l’école. On trouve dans cette traversée un refuge qui doit probablement avoir été prévu comme arrêt de bus.

Comme rien n’a été prévu pour connecter les voiries adjacentes, des îlots en béton sont en construction au droit de celles-ci, hélas ils sont construits sans qu’on ait eu la bonne idée de faire un élargissement de la chaussée où ils ont été implantés, les voies se réduisent donc subitement. Nombre de véhicules en cours de manœuvre de dépassement se feront sans doute surprendre par ces îlots dont certains sont placés dans des courbes de faible rayon. Entre Mengo et Hinda, sur une portion qui fait quelques centaines de mètres on trouve 4 de ces pièges mortels.

Sur cette même section, sur un long alignement droit, un brusque écart de la route surprend. A-t-on voulu épargner la parcelle d’un quelconque nabab local ou a-t-on voulu faire l’économie d’un remblai ? Il semble bien que ce qoit la première hypothèse la bonne, au fond du talweg se trouve une pisciculture qui n'aurait probablement pas survécu si elle avait appartenu a un citoyen lambda.

A Hinda, comme à Mengo, la route traverse la localité avec les mêmes dangers pour les personnes devant traverser. Un refuge a été prévu juste devant le poste de police.

Après Makola (traversée du village) la route devient très sinueuse et son profil en long se complique  beaucoup avec des rampes souvent très fortes dans lesquelles les gros véhicules ont bien du mal à conserver une vitesse compatible avec celle des voitures particulières. De nombreux virages auraient pu être minimisés si on avait terrassé davantage.

Les talus sont très raides et demandent des dispositifs de retenue des déblais. Bambous pour retenir de la terre supposée devant se végétaliser pour que les racines retiennent les talus, écailles de béton, boulonnages de structures de retenue en béton… Des talus moins pentus auraient sans doute évité ces travaux, certes esthétiques mais quelque peu pharaoniques. Ceci et une plate forme élargie pour l’installation de deux BAU auraient fourni un surplus de déblais qui auraient permis d’optimiser le tracé en plan de la route en lui donnant une meilleure sécurité en allongeant les rayons des virages, en en supprimant bon nombre, en lissant son profil en long et en offrant une visibilité accrue.

Après Boundi, la route est toujours considérée par ses constructeurs comme à deux fois deux voies, comme l’atteste la signalisation horizontale, cependant les voies se rétrécissent au point de ne pas permettre de dépassement de poids lourds sans que celui qui dépasse ne viole la ligne médiane continue. Il nous semble qu’il aurait été plus raisonnable et plus sécuritaire de ne considérer que trois voies avec une alternance du type deux voies dans les parties montantes et une voie dans les descentes. (Une partie a été peinte dans cette configuration, nous dit-on.)  A noter que les BAU sont toujours absentes, que quasiment aucun refuge n’existe et que les îlots des carrefours obéissent toujours à la même logique douteuse.

Peu après les Sarras, la route se rétrécit encore, elle offrira désormais jusqu’au pied du mont Bamba une voie confortable dans chaque sens.

Sous l'église de Pounga, on trouve ce dispositif de carrefour qui nous semble l'un des plus dangereux de tout le tracé, Il se termine entre les deux murets et la route y est particulièrement étroite.

Le passage du Mont Bamba n'offrait pas beaucoup d'alternatives, on y trouve de part et d'autre deux voies à la montée et une voie à la descente, cequi semble raisonnable pour une route nationale,

...hélas, l'absence de refuges ou de BAU fait que les véhicules en panne à la descente occupent l'ensemble de la voie.

Depuis les Bandas jusqu’à Dolisie le tracé retrouve son profil à 2x2 voies réduites. Il faudra contourner Dolisie par le Nord pour y accéder par l’Est au niveau d’un rond point construit à l’intersection de la route du Gabon, aucune sortie ouest n’ayant été prévue.

Tout du long du tracé, des caniveaux ont été construits le long des accotements à moins d’un mètre de la bande blanche de rive. Ils sont de deux types, en V...

...et en U et dans les deux cas trop profonds pour qu’un véhicule tombant dedans puisse espérer en sortir de lui-même, le profil en V risquant en plus de renverser le véhicule. Aucun dispositif de retenue efficace n’a été prévu, si par endroits des murs de pierre ont été construits. Les impacts en quelques endroits démontrent que ces murs sont incapables de résister à un choc, leurs extrémités présentent des points durs qui poinçonneront le véhicule venant les percuter.

Aucune aire de repos n’a été aménagée, aucune station service n’a été préparée, aucun lieu de restauration n’a été prévu. On nous dit que ces dispositifs seront confiés au secteur privé. Sous quelles conditions ?

L’impact écologique est lui aussi catastrophique, la forêt est en cours de destruction totale le long du tracé. Les arbres sont coupés et transformés en planches avant que les branches ne soient charbonnées et les friches détruites par le feu. Les terres végétales vont être lessivées par les pluies puis, les ruissellements, qui ne seront plus ralentis par la végétation vont s’attaquer aux terrassements. Pourquoi le ministère de l’économie forestière qui est aussi celui de l’environnement ne s’en inquiète-t-il pas ? Il est probable que d'ici un an ou deux la route ne traverse plus du tout la forêt. Quid du transit de la faune du Mayombe ? Celle qui va se retrouver coincée entre le tracé de la route et le cours du Kouilou, va trouver son territoire considérablement réduit. Elle est à terme condamnée.

Il apparait de plus en plus que les péages routiers sont de fait des droits d’accès et de sortie des grandes villes, sur l’ensemble du tracé il n’y a que deux péages, avant Mengo et avant Dolisie, un transporteur faisant exclusivement Hinda-Les Bandas, soit la plus grande partie du trajet ne paiera jamais un sou de péage.

Nous avons du mal à croire que l’ouvrage tel qu’il a été réalisé est conforme à ce qui a été commandé. L’entreprise chinoise a été contrôlée par la DGGT et par le BCEOM qui ont approuvé ce qui a été réalisé. Nous ignorons le prix kilométrique moyen de cette route, mais compte tenu des tarifs locaux exorbitants on peut supposer qu’ils ne sont pas inférieurs à 1 milliard de XAF/km, ce qui est très proche des prix européens pour une autoroute pourvue de tous ses équipements de sécurité, dotée d’un tracé, aussi bien en plan qu’en élévation, conforme aux normes internationales, ne présentant aucun carrefour, ce qui implique la construction de nombreux ouvrages d’art, et le rachat de l’emprise foncière.

Considérant que la route telle que réalisée ne vaut certainement pas plus de 400 millions du km, les questions sont :
-        Qui s’est emparé de la différence ?
-        Les chinois ayant entièrement financé l’ouvrage, quel a été le mécanisme de l’arnaque ?

 D'autres problèmes sont à mettre en évidence :

Le manque de formation des conducteurs qui fait que les voies de circulation ne sont pas respectées et que la plupart du temps les véhicules roulent contre la bande médiane,

La longue durée d'intervention sur les règlements des accidents, nous avons vu celui-ci à l'aller et le camion était toujours dans la même situation plus de 24 heures plus tard. Il avait d'ailleurs provoqué un sur accident, un autre semi remorque ayant quitté la route au même endroit.

Des déblais demandent encore des purges et la saison des pluies va certainement provoquer de nombreux éboulements de ce type. Ce n'est pas anormal, il faut que la montagne se purge, mais l'absence de BAU là encore fait que l'impact des éboulements risque d'être plus grave que si elles existaient.

Nous ignorons encore comment les remblais vont se comporter. Si leur réalisation n'a pas été faite dans les règles de l'art, ils risquent de glisser dans la pente comme le montre le schéma ci-dessus. Là encore la saison des pluies jouera le rôle de juge de paix.

Sans prétendre à l'exhaustivité, nous relèverons un dernier point qui s'avère être une généralité sur les routes construites dans les pays en voie de développement. Le parc automobile y est vétuste et la plupart des véhicules qui y roulent ne passeraient pas les contrôles techniques européens. Ils perdent de l'huile et du carburant qui dissolvent les enrobés. Pourquoi, ne fait-on pas des chaussées en béton ? Elles sont certes un peu pus chères mais sont capables de résister durant plusieurs décennies, preuve en est certaines chaussées ponténégrines qui ont plus de 70 ans d'existence et sur lesquelles on roule encore.

En conclusion, nous dirons que nous avons du mal à comprendre pourquoi on a fait une route à l'ancienne alors que l'on aurait dû faire une route moderne avec des équipements correspondant à un trafic lourd et important. C'est dommage c'est à notre avis un rendez-vous manqué, bien que le progrès soit évident.

RPDH : Communique de presse N° 01/2011/RPDH/BE /

 

Impunité et Déni du droit à la vie au Congo Brazzaville.

Après trois ans, le flou persiste quant aux circonstances de la mort en détention de Guy Sylvestre POATY.

 

RENCONTRE POUR LA PAIX ET LES DROITS DE L’HOMME

Organisation non Gouvernementale de promotion, Défense et Protection des Droits de l’Homme au Congo, membre de la « Coalition Congolaise Publiez ce que vous Payez ! », du Réseau ESCR-Network-Economic and socio-cultural Rights, Peace Tree Net work (PTN), membre de la Coalition des ONGS pour la Cour Pénale Internationale (CPI), et du Réseau Initiative pour l’Afrique Centrale (INICA).

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Pointe-Noire, le 21 février 2011. La Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH), organisation de défense et de promotion des droits de l’Homme au Congo, informe l’opinion publique nationale et internationale de l’introduction d’une plainte contre X par les ayants droit de feu Guy Sylvestre POATY le 17 février 2011, dans le but d’élucider les circonstances dans lesquelles ce dernier a trouvé la mort alors qu’il était incarcéré, le 19 Juillet 2008 à la Maison d’arrêt de Pointe-Noire. De même, les ayants droit Poaty viennent également de relancer le mercredi 9 février 2011, la procédure pour indemnisation introduite à la chambre civile du Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire et jugée irrecevable le 19 Aout 2010 pour vices de procédure.

La RPDH constate avec indignation l’indifférence des autorités congolaises dans le règlement de ce dossier. En effet, trente six mois après ce décès tragique, aucune enquête sérieuse n’a été diligentée afin de déterminer les circonstances de ce meurtre, et réprimer ses auteurs (1). Christian Mounzeo, Président de la RPDH « estime que le silence et l’impunité entretenus autour de cette mort en détention peuvent être manifestement perçus comme un mépris, voire une insulte à l’endroit des parents de la victime, et un blanc seing accordé aux éléments inciviques des services de sécurité».

Pour rappel, la RPDH et les ayants droit de feu Poaty avaient initié une requête aux fins de réparation du préjudice le 15 avril 2009 au Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire, sans succès. C’est dans la perspective d’établir la responsabilité des auteurs des traitements inhumains et dégradants ayant conduit au décès de Poaty, et permettre aux parents de la victime d’obtenir une réparation, que la RPDH et les ayants droit viennent de relancer l’affaire au Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire.

La RPDH rappelle enfin que la République du Congo est partie à divers instruments juridiques internationaux de protection des droits de l’Homme, dont la Déclaration Universelle des Droits de L’Homme et le Pacte International relatif aux droits civils et politiques. À cet égard, le Gouvernement a l’obligation de protéger les citoyens contre toute atteinte à leur intégrité physique et morale, et de mettre tout en jeu pour prévenir et réprimer les actes de torture.

Pour cela, la RPDH recommande au Gouvernement :

Fait à Pointe-Noire, le 21 février 2011 

Le Bureau Exécutif

 
Contacts Presse :
Christian Mounzeo, Président 242 05 595 52 46,
Franck Loufoua Bessi, Assistant aux programmes, 242 05 550 45 20
E-mail : rp.dh@laposte.net
Site Web: www.rpdh-cg.org
 
Note:
(1) Guy Sylvestre Poaty a figuré parmi cette vague de sympathisants du RDPS (Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès Social) habitant le quartier Mvoumvou à Pointe-Noire, parti du défunt président de l’Assemblée Nationale congolaise Jean Pierre THYSTERE TCHICAYA, qui furent l’objet de rafles à l’issue de troubles survenus lors des obsèques de celui-ci, les 5 et 7 juillet 2008. La victime avait alors séjourné au Commissariat central de police de Pointe-Noire ou d’intenses sévices lui avaient été infligés avant d’être transférée à la Maison d’arrêt de la même ville, où elle décèdera des suites de ses blessures quelques jours plus tard.

Rama Batchy élue plus belle fille du Kouilou

 A 19 ans, cette élève de première en série G2 comptabilité envoûte  quiconque l’observe. Le jury mis en place par le Comico (Comité Miss Congo) a choisi le 10 janvier Rama Batchy comme la plus belle fille du département du Kouilou au titre de l’année 2010.   

 « La beauté est un don de Dieu », a souligné Fidèle Dimou, préfet du département du Kouilou, qui présidait ce dimanche la soirée élective à Loango, siège de la préfecture, situé à quelques vingt kilomètres au nord de Pointe-Noire. Et Rama Batchy a eu l’honneur de bénéficier du don divin.

 

Il aurait fallu un certain Degas, De Vinci, Picasso ou même quelque poète pour faire avec tous les détails précis et les mots justes le portrait de cette jeune fille qui en réalité a toujours fait l’objet d’admiration au lycée technique Poaty Bernard ou dans les rues de Pointe-Noire. Elle est vraiment belle, diraient les adeptes d’expressions dithyrambiques.

 

Pour sa part, le jury présidé par Batchy Tchicaya, conseiller culturel du préfet a constaté que Rama avait une taille comprise entre 1,70 et 1,85 mètre, un âge recommandé par le COMICO (entre 18 et 25 ans). Célibataire sans enfant, Rama a déployé tout son talent dans l’art d’élocution lorsque elle a répondu aux questions du modérateur. Elle s’est exprimée dans un français « irréprochable et sans tache comme sa peau très lisse », selon un journaliste. Tous ces atouts ont valu à Rama une consécration devant les quatorze autres candidates. Autrement dit, « Rama Batchy venait de respecter tous les critères prescrits par le COMICO », a commenté Mireille Mbakadi, membre de la commission d’organisation du COMICO.

 

Mais le Kouilou regorge d’autres créatures féminines splendides. Le cas de Loemba Mackosso, 20 ans et Grâce Mayela, 20 ans, respectivement première et deuxième dauphines.

 

Et ces trois déesses de la beauté kouiloise ont reçu de Philomène Foutissoungou, marraine de l’édition et sénatrice du département, quatre cent mille francs Cfa (616 ) soit deux cent mille francs Cfa pour la miss, tandis que les deux dauphines devraient chacune avoir droit à cent mille francs CFA. Cerise sur le gâteau, les trois lauréates ont eu également leur part dans l’enveloppe d’un million de francs Cfa (1539 ) que Philomène Foutissoungou a allouée à toutes les candidates.

 

Et si Rama se distinguait au concours Miss Congo à Brazzaville ! En tout cas, beaucoup d’habitants du Kouilou nourrissent ce rêve !

 

John Ndinga-Ngoma  

Refus d'enquête en France sur des chefs d'Etats africains

Par Reuters, publié le 29/10/2009 à 11:

PARIS - La décision d'un juge d'instruction français ouvrant la voie à une enquête sur les logements de luxe et les avoirs bancaires détenus en France par trois présidents africains a été annulée en appel à Paris. La cour d'appel de Paris a annulé une décision d'enquêter sur les biens détenus en France par les familles de trois présidents africains, Omar Bongo (Gabon, mort en juin), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzavile) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale). (Reuters/Eric Gaillard) in lexpress.fr

Ce dossier visait les biens détenus par la famille d'Ali Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzavile) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale).

Suivant l'avis du parquet, qui avait fait appel de la décision, la chambre de l'instruction a déclaré irrecevable la plainte de l'ONG anticorruption Transparency International, estimant qu'elle n'avait pas de qualité juridique à agir.

En mai dernier, la juge d'instruction Françoise Desset avait créé un choc en Afrique et en France en rendant une ordonnance où elle déclarait la plainte recevable, ouvrant la voie à une information judiciaire pour "recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de biens sociaux, abus de confiance".

Transparency International va se pourvoir en cassation. "Le combat mené aura de toute évidence permis de briser un tabou sur la question des avoirs illicites en provenance des pays du Sud qui trouvent refuge dans ceux du Nord", dit l'ONG.

Une enquête de police de 2007 avait recensé en France 39 propriétés et 70 comptes bancaires détenus par Omar Bongo et ses proches, 24 propriétés et 112 comptes bancaires pour la famille Sassou Nguesso, et des limousines de luxe achetées par la famille Obiang. Les plaignants estiment que ces biens n'ont pu être acquis qu'avec de l'argent détourné.

Me William Bourdon, avocat de Transparency, considère que la décision de la chambre d'instruction est politique. "Aujourd'hui, c'est champagne pour l'association de malfaiteurs franco-africaine, qui organise et tire profit du pillage des deniers publics africains", a-t-il dit à la presse.

CONTRE-ATTAQUE

L'affaire a créé des remous dans les trois pays, pivots de l'influence diplomatique française en Afrique, et où la première société française Total a d'importants intérêts. Les plaignants ont accusé le parquet, qui a suscité l'examen du dossier en appel, d'agir comme "bras armé de la raison d'Etat".

Bien qu'ils ne soient pas partie à la procédure, deux des trois chefs d'Etats indirectement visés avaient dépêché des avocats à la cour d'appel jeudi. Me Olivier Pardo, avocat du président de la Guinée équatoriale, a lancé une contre-attaque en mettant en cause les plaignants, qu'il juge manipulés. "L'instrumentalisation de la justice n'a pas fonctionné. Maintenant, il faut se demander qui se cache derrière ceux qui se disent transparents ? Je ne suis pas certain qu'on soit dans une démarche purement humanitaire", a-t-il dit. Me Patrick Maisonneuve, avocat d'Ali Bongo, qui a succédé à son père mort en juin après 41 ans au pouvoir, a précisé que son client ne possédait pas de biens à son nom. "Il n'a pas de crainte particulière de la justice et de la transparence", a-t-il dit, jugeant l'arrêt conforme au droit.

Si l'enquête avait été lancée, les magistrats se seraient heurtés à l'immunité coutumière accordée aux chefs d'Etat en exercice. Mais leurs proches n'en bénéficient pas et pouvaient donc en théorie être arrêtés, sauf immunité diplomatique.

Le procès Elf à Paris en 2003 avait démontré que les revenus tirés du pétrole profitaient personnellement aux chefs des Etats en question. Ces derniers nient toute malversation.

Pour juger la plainte de Transparency recevable, la juge Desset avait procédé par analogie avec les associations antiracistes ou antitabac, habilitées par la loi et la jurisprudence à agir en justice sur des faits en lien avec l'objet de leurs activités. La cour d'appel de Paris rejette ce raisonnement en considérant que Transparency, qui n'est pas officiellement reconnue d'utilité publique, n'a pas de préjudice personnel et direct du fait des faits de corruption allégués.

Restauration

PNR : Afrique-Antilles, un restau modeste et recommandable

 Louise, la Doudou, est antillaise, gouadeloupéenne de Marie Galante. Enorme par devant comme par derrière, elle affiche l'âge de l'indépendance congolaise moins un jour. Propriétaire avant guerre à Brazzaville d'un établissement éponyme, sa cuisine faisait la joie des brazzavillois. Las, deux personnages éminents l'ont spoliée, elle vous en parlera si vous lui demandez.

Pour se mettre à l'abri, ils l'ont durant sept longues années interdite de visa pour le Congo. La voici revenue à Pointe-Noire où elle vient de monter un nganda/restaurant fort modeste dans la ruelle presque en face de l'entrée du club hippique de Pointe-Noire sur la route de l'aéroport, quartier KM4. (Premier nganda à gauche, à 80m du carrefour.)

Le nganda de la Doudou, Afrique-Antilles ne paie pas de mine, à l'heure où nous écrivons ces lignes il est loin d'être terminé, c'est un peu comme Congo Déchaîné, il y a encore du boulot à faire. Sans crainte allez manger chez elle, la nourriture y est excellente et à "prix démocratiques", le cadre est clean bien qu'austère, le service laisse souvent à désirer, Nina la serveuse, aussi plate que Louise est rebondie, n'est pas toujours très éfficace, mais qu'on y mange bien ! 

La Doudou vous fait frire juste avant de vous les servir de merveilleux accras de morue ou de crevettes, ses petits boudins antillais sont de pures merveilles et je vous laisse découvrir le colombo. Spécialités antillaises et spécialités congolaises. On trouvera aussi au menu (variable) quelques plats bien trouvés comme le civet de gazelle. Bonus si vous venez de notre part.

 

Avertissements

1- ti ponch  : se conformer à l'avis du médecin.
2- La Doudou : ne pas se risquer à vouloir démontrer à la patronne qu'on est meilleur buveur qu'elle. 
3- Si le menu proposé vous fait saliver, que votre position sociale ne vous permet pas d'être vu dans ces lieux douteux où sévissent des personnes délurées, ne vous faites pas de souci, Louise fait le plat à emporter et peut livrer dans un rayon raisonnable autour de son établissement,
4- Cet article n'est pas un publi-reportage.

 

Afrique Antilles

Pointe-Noire KM4

661 52 79

 

La Doudou, un incroyable personnage de roman.

Ce qu'on voit d'abord de Louise ce sont ses dents, éclatantes de blancheur, toujours découvertes par un immense sourire (on a aussi le son, son rire éclaboussant et ses prononciations sans R), puis son visage lisse et expressif.

Après, seulement on voit la Doudou. La doudou ce sont surtout des bosses, les énormes bosses qu'elle possède sur la poitrine et qui rivalisent de taille avec celles situées plus bas sur l'autre face du monument. Le tout se trouve perché sur des jambes normales. Louise a d'évdence été une très belle femme. C'est une vraie maman antillaise qui refuse de le reconnaître.

Louise est obsédée par le sexe, elle aura bien du mal à ne pas vous en parler.

Elle partage (parfois, souvent, ça dépend) sa vie avec Cyriaque, authentique congolais, qui lui même se partage entre la Doudou et ses innombrables maîtresses. Eternellement éconduit, Cyriaque, tel le phoenix, renaît toujours de ses cendres.

Retour du pays : les impressions de Calixte Baniafouna

 LU, VU ET ENTENDU AU CONGO BRAZZAVILLE 

TÉMOIGNAGE SUR L’ÉTAT DE LA NATION

Par Calixte BANIAFOUNA

 

Excusez pour le lapsus calami qui m’oblige de qualifier de "nation" le Congo de Mr. SASSOU NGUESSO. C’est toute la traduction de l’amour infini que j’éprouve chaque fois qu’il m’est donné l’occasion de séjourner dans mon beau pays, terre majestueuse de mes ancêtres.

J’en reviens après avoir entendu bruits et paroles, vu images et effigies, lu des panneaux de propagande... Tout cela m’a donné une idée sur l’état de la nation.

 

Qu’ai-je entendu ?

Les éternels éclats de rire d’une population en liesse bien sûr mais complètement résignée, les grands cris de joie en lieux publics mais aussi de douleur dans des endroits tels que la morgue, les incessants et continuels klaxons des voitures sillonnant les rues en chants de cigales d’été, les bruits d’une musique poussée à fond à dominance religieuse, les vrombissements de moteurs des groupes électrogènes pour obvier au manque patent d’électricité...